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15/03/2010

L'armement, une industrie plus prospère que jamais

Le 15 mars 2010 par Yann Le Houelleur (Usine-Nouvelle)


Dans une étude publiée le 15 mars, l’Institut international de recherches pour la paix fait valoir que les dépenses militaires planétaires ont augmenté de 22 % entre 2005 et 2008 par rapport à la même période antérieure (2000 et 2004).

S’il est une industrie qui a de beaux jours devant elle, c’est bien celle de l’armement. Qu’ils vivent en toute quiétude ou qu’ils soient impliqués dans des conflits avec des pays tiers, les états se montrent toujours plus dépensiers. Basé à Stockholm, l’Institut international de recherche pour la paix (Sipri) publie une étude selon laquelle les ventes d’armes entre 2005 et 2009 ont été supérieures de 22 % à ce qu’elles avaient été entre 2000 et 2004. Rien qu’en 2008, les dépenses militaires mondiales ont atteint 1464 milliards de dollars.

L’aéronautique se taille la part du lion dans ce commerce mondial : 27 % des transferts d’armes sur la période auscultée par le Sipri ont concerné des avions de combat.

L’Amérique latine dépensière


Comment expliquer ceci ? Les marchands d’armes n’équipent pas seulement des nations engluées dans des guerres locales ou régionales; de nombreux pays acquièrent du matériel de guerre pour prévenir des conflits ou pour veiller à leurs ressources naturelles qui pourraient attiser à l’avenir   - justifient leurs dirigeants -   les convoitises de puissances en mal de matières premières. C’est exactement le cas d’un pays comme le Brésil, qui de surcroît se profile comme la superpuissance dans la région sud-américaine, désireux de montrer sa musculature économique au reste du monde. On appelle ceci, dans la presse brésilienne, «le contrat militaire du siècle» En fait, un tel programme s’intitule « FX-2 »: les 36 Rafale que commanderait potentiellement le président Lula s'élèvent à cinq milliards d'euros. Une note salée qui s’ajoute à la commande de quatre sous-marins «made in France».

Plusieurs autres pays sud-américains sont en train de moderniser la flotte de leur forces aériennes : Chili, Venezuela, etc. Pourtant réputée pacifique, l’Amérique du Sud contribue à faire des Amériques la région dont les dépenses en matière militaire ont le plus augmenté entre 2005 et 2009 : + 63 %. Presque la même progression pour le Moyen-Orient : + 62 %. Asie : + 52 %. Moyen-Orient : + 62 %. C’est en Europe que ces dépenses ont le moins flambé : + 16 %.

Les dix premiers

Le Sipri a également établi le palmarès des «Top 100» de l’armement. Les Etats-Unis abritent le siège de cinq parmi les dix premiers constructeurs du secteur. Boeing (1 er du classement) ; Lockheed Martins (3) ; Northrop Grumann (4) ; General Dynamics (5) ; Raytheon (6) ; L-3 Comunications (8). Le Britannique BAE Systems occupe la 2 ème place. Le consortium européen EADS est 7 ème du classement. A la 9 ème place, l’on trouve l’italien Finmecanica, la 10 ème étant occupée par le français Thales.

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06/11/2009

L'outil du gendarme pour renforcer la cohésion sociale en Afghanistan

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Brice HORTEFEUX, ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales s'est rendu à Satory mardi 3 novembre 2009, pour rencontrer les 150 gendarmes qui s'apprêtent à partir en Afghanistan, en vue de contribuer à la formation d'une police afghane.

RENFORTS. Quelque 150 gendarmes français seront déployés en Afghanistan d'ici à la fin de l'année pour participer à la formation et au «conseil» de policiers afghans, a annoncé aujourd'hui la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN). Deux escadrons de gendarmerie mobile, venus de Chauny (Aisne) et de Versailles-Satory (Yvelines) et comptant une cinquantaine d'hommes chacun, seront par ailleurs déployés dans l'est de l'Afghanistan, respectivement à la mi-novembre et à la mi-décembre.

(AFP via le Figaro.fr)

 

00:15 | Lien permanent | Commentaires (0) |

02/11/2009

Marchands de canons, après le coucou, les faux culs suisse...


Berne ne vend plus d’armes au Pakistan, juste des obus

MATÉRIEL DE GUERRE | En mars, le Conseil fédéral a gelé l’exportation de biens militaires vers le Pakistan et l’Egypte en raison de l’instabilité politique. Le même jour, il a pourtant avalisé des ventes vers ces pays. Selon lui, la Suisse ne fait qu’honorer des contrats passés auparavant.

Cachemire
© EPA  /  RAJNEESH PARIHAN | Si la Suisse décide de ne plus exporter du matériel de guerre vers un pays (ici un enfant de 5 ans du Cachemire avec un débris d’obus pakistanais), elle peut en revanche continuer à livrer les pièces de rechange, et même des munitions, d’après le Secrétariat d’Etat à l’économie.


Serge Gumy | 02.11.2009 | 00:03

«Dans la presse et lors de débats publics, Doris Leuthard a menti en affirmant que la Suisse n’exporte plus de matériel de guerre vers le Pakistan.» Membre du Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA), Tobia Schnebli fait feu contre la conseillère fédérale en charge de l’Economie. Et pour défendre le oui à l’initiative visant à interdire les exportations de matériel de guerre, sur laquelle les Suisses votent le 29 novembre prochain, il a trouvé hier des munitions dans la NZZ am Sonntag.

Selon l’hebdomadaire zurichois, qui n’a pas la réputation d’être de gauche, le Conseil fédéral a autorisé le 25 mars dernier la vente au Pakistan d’obus destinés à des canons de défense antiaérienne, pour une valeur de 13 millions de francs. Il a aussi donné son feu vert à l’exportation vers l’Egypte de pièces de rechange pour des appareils de visée, pour 3 millions de francs. Deux transactions que confirme le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO).

Une décision passée sous silence
Le problème, c’est que ce même 25 mars le Conseil fédéral annonçait avoir refusé plusieurs demandes d’exportation de matériel vers le Pakistan, mais aussi vers l’Egypte et l’Arabie saoudite, «eu égard au contexte politique insatisfaisant et à la situation des droits de l’homme» qui prévalent dans ces pays. Mais alors, pourquoi le gouvernement a-t-il tout de même avalisé les deux transactions révélées par la NZZ am Sonntag? Et pourquoi n’en a-t-il pas parlé publiquement?

Selon le SECO, le Conseil fédéral a parfaitement respecté la loi fédérale sur l’exportation de matériel de guerre. Celle-ci stipule à son article 23 que «l’exportation de pièces de rechange destinées à du matériel de guerre dont l’exportation a été autorisée sera aussi autorisée, à moins que des circonstances exceptionnelles ne surviennent entre-temps, qui justifieraient la révocation des premières autorisations».

La munition est concernée
«Mais des obus ne sont pas des pièces de rechange!» s’étrangle Tobia Schnebli, du GSsA. Eh bien, si, réplique le SECO: «Si la livraison de matériel de rechange ou de la munition nécessaire n’était plus possible, le matériel de guerre serait alors sans valeur pour le client.» Il risquerait dès lors de réclamer des dommages et intérêts au fabricant. La Suisse n’a fait donc qu’honorer un contrat antérieur au 25 mars 2009.

Berne se défend par ailleurs «d’avoir autorisé en secret de nouvelles demandes d’exportation, comme le prétend le GSsA. La pratique du Conseil fédéral ne contredit ni la loi suisse ni le droit international.» Ces explications ne convainquent pas Tobia Schnebli: «L’administration se trouve une nouvelle fois à la croisée d’intérêts divergents: ceux des entreprises exportatrices d’armes, et ceux de la politique étrangère de la Suisse.»


De nouvelles transactions en perspective

Selon la NZZ am Sonntag, de nouvelles affaires pourraient se conclure entre la Suisse et le Pakistan, malgré le gel des ventes d’armes décidé en mars par le Conseil fédéral. L’entreprise Rheinmetall Air Defence SA – anciennement Oerlikon Contraves – a en effet signé en avril un précontrat de collaboration avec POF, l’entreprise étatique pakistanaise d’armement. Objet de cette collaboration, la fabrication de munitions pour des armes «à caractère exclusivement défensif», selon Rheinmetall Air Defence. A ce jour, aucune demande formelle n’a toutefois été déposée auprès du Seco pour le transfert de cette technologie vers le Pakistan.

http://www.24heures.ch/actu/suisse/berne-ne-vend-armes-pakistan-juste-obus-2009-11-01

 

 

Le Tchad aurait aussi armé son Pilatus PC-9


Un avion d'entrainement militaire de type PC-9 livré en 2006 par la société suisse Pilatus a «vraisemblablement» été armé par les forces tchadiennes, admettent les autorités suisses.

La polémique enfle, quelques jours après la révélation des missions de bombardement que mènent les PC-7 aux couleurs de N'Djamena, notamment au Darfour.

Depuis le début de l'année, les révélations se suivent sur le rôle que les Pilatus PC-7 tchadiens – pourtant achetés comme avions d'entraînement - jouent dans des opérations militaires, notamment au Darfour.

Pour en savoir plus, le Ministère des Affaires étrangères (DFAE) et le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) ont ouvert une enquête. Jeudi, le DFAE a convoqué l'ambassadeur du Tchad en Suisse, mais rien n'a transpiré de cet entretien. La veille déjà, Berne avait demandé des explications à N'Djamena.

Jean-Daniel Gerber, le chef du SECO a confirmé que le Tchad a aussi doté son PC-9 d'un équipement d'armement. «Il n'est pas sûr, mais vraisemblable» que l'avion a été armé. En revanche, il n'y a pas de preuve à ce stade de l'enquête qu'il a été utilisé à des fins militaires.

Berne entend poursuivre les investigations. Plusieurs questions restent en suspens, par exemple s'il est exact que le PC-9 a été envoyé en Israël pour être armé. Des éclaircissements sont aussi nécessaires sur l'activité de deux mécaniciens de Pilatus, rencontrés il y a une année au Tchad.

 

Les Verts montent au créneau

Depuis 1996, les PC-7 et PC-9 ne sont plus considérés comme matériel de guerre mais tombent sous la loi sur le contrôle des biens utilisables à des fins civiles et militaires. Ainsi, leur exportation ne peut être interdite que si le destinataire est sous le coup d'un embargo de l'Union européenne ou de l'ONU.

Le SECO précise tout de même qu'aujourd'hui, il ne serait plus question d'exporter ces appareils vers le Tchad.

Déjà opposés à la décision du Parlement à l'époque, le Parti socialiste, les Verts et le Groupe pour une Suisse sans Armée (GSsA) sont à nouveau montés au créneau mercredi. Ils demandent que ce type d'appareil soit soumis à la loi sur le matériel de guerre.

Vice-président du parti écologiste Ueli Leuenberger juge les explications des autorités «assez légères». «Elles doivent prendre des mesures beaucoup plus strictes pour éviter que des Pilatus se retrouvent dans des zones de crise ou des pays en guerre. Si ces mesures ne sont pas prises, nous pourrions demander l'interdiction totale de l'exportation de ces avions», explique-t-il à swissinfo.

Et de rappeler que les Verts soutiennent l'initiative populaire du GSsA, qui veut interdire toute vente de matériel de guerre. Déposée en octobre 2007, elle attend le verdict du gouvernement, puis du parlement avant d'être soumise à celui du peuple.

«Paradoxe» suisse

De son côté, l'organisation de coopération au développement Swissaid dénonce le «paradoxe» de la politique de la Confédération.

«D'un côté, la Suisse accorde une aide au développement et humanitaire au Tchad et pour le Darfour. Et dans le même temps, des avions suisses sont utilisés pour des attaques aériennes dans le contexte d'une guerre civile, qui, précisément, réduit fortement les efforts de développement», note l'ONG dans son communiqué.

Durant les années 90, le gouvernement suisse avait déjà essuyé un feu de critiques de différentes ONG contre les ventes d'avions Pilatus à des gouvernements comme la junte militaire birmane ou le régime d'apartheid en Afrique du Sud.

«Trop extrême»

Dans le camp de l'UDC (droite nationaliste), on juge que l'interdiction de vendre des Pilatus serait une mesure «trop extrême».

«En soi, le Pilatus n'est pas un avion fait pour bombarder des populations. Ici en Valais, on l'utilise depuis des décennies comme avion à tout faire», rappelle à swissinfo le député Oskar Freysinger.

Le Valaisan admet néanmoins que cet avion «peut être détourné» pour cet emploi, et que manifestement «cela a été fait dans ce cas». Pour lui cependant, il n'est pas possible d'interdire l'exportation de tout ce qui pourrait être détourné. Sans compter que cela entraînerait fermetures d'usines et mises au chômage...

swissinfo et les agences

 

http://www.sousrealisme.org/v2/image/pilatus.jpg

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Berne envisage des sanctions contre N'Djamena

 

 

Légende photo: Ce PC-9 aux couleurs tchadiennes n'a pas seulement servi à l'entraînement. (Keystone)

L'armée tchadienne a bel et bien utilisé un avion d'entraînement suisse Pilatus PC-9 pour des missions de combat. Le gouvernement suisse l'a confirmé pour la première fois vendredi.

Le Tchad a ainsi violé l'accord passé avec la Suisse. Berne envisage d'éventuelles sanctions économiques et politiques contre N'Djamena.

Des éléments «concrets» confirment que le Tchad a utilisé le PC-9 livré par l'entreprise Pilatus (sise dans le canton de Nidwald) en 2006 à des fins militaires, a indiqué vendredi le ministère suisse de l'Economie (DFE).

Lors de sa séance de mercredi, le gouvernement avait chargé le DFE et le ministère des Affaires étrangères (DFAE) «d'étudier s'il y a lieu de prendre des sanctions contre le Tchad». Les services des deux ministères doivent rendre leurs conclusions «dans les prochaines semaines», selon un communiqué du DFE.

Confirmation

Dans ce communiqué, le DFE confirme que le Tchad a utilisé l'avion d'entraînement PC-9 à des fins militaires. En janvier déjà, le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) avait indiqué que l'avion livré au Tchad par Pilatus avait été équipé du système d'accrochage nécessaire à son armement et que l'appareil avait été «probablement» armé.

Le SECO réagissait alors à des informations de médias selon lesquelles l'appareil de la société Pilatus avait été engagé lors de combats dans la région soudanaise du Darfour.

Selon le communiqué diffusé vendredi, «divers indices donnent à penser que l'appareil incriminé a été régulièrement impliqué dans des combats livrés le long de la frontière entre le Tchad et le Soudan». Le Tchad a nié jusqu'ici l'armement et l'utilisation du PC-9 à des fins militaires.



«Violation flagrante»

«L'utilisation de cet avion à des fins militaires est une violation flagrante de la déclaration de destination finale signée par le Tchad» au moment de l'achat, explique le DFE. N'Djamena avait assuré à l'époque que l'avion ne serait utilisé qu'à des fins d'entraînement et qu'il ne serait pas réexporté.

L'appareil de type PC-9 livré en 2006 par l'entreprise Pilatus de Stans n'était pas armé et était destiné uniquement à l'entraînement, rappelle le DFE qui ajoute dans la foulée qu'il va étudier la question d'une adaptation des critères d'autorisation pour l'exportation des avions d'entraînement militaire.

Violents combats

La situation s'est dégradée à la fin janvier au Tchad, une ancienne colonie française. Les rebelles ont tenté de renverser le président Idriss Deby. Des combats violents ont eu lieu à N'Djamena entre les forces gouvernementales et les rebelles au début février.

L'Union européenne (UE) fait actuellement pression pour que N'Djamena négocie avec les groupes rebelles. Bruxelles souligne que l'instabilité nuit aux efforts internationaux visant à venir en aide dans l'Est tchadien au demi-million de réfugiés du Darfour et de Tchadiens déplacés par les troubles.

swissinfo et les agences


La Suisse ne devrait plus livrer aussi facilement ses Pilatus à l'étranger. La loi sera revue

03.04.2008 11:56

La Suisse ne devrait plus livrer aussi facilement ses Pilatus à l'étranger à l'avenir. Après l'affaire du PC-9 tchadien, le CF veut durcir les conditions d'exportations d'avions de ce type. Le Conseil fédéral a chargé le Département fédéral de l'économie de préparer une modification de la loi sur le contrôle des biens, a noté jeudi le DFE.

Actuellement, la vente n'est refusée qu'en cas d'embargo international contre le pays acquéreur. Le CF veut qu'il y ait également un refus quand l'Etat destinataire est en proie à un conflit armé ou en cas de risque d'utilisation des avions contre la population civile.

(SWISS TXT)

Tour de vis aux exportations d'avions

Après la polémique autour de la vente de Pilatus au Tchad, qui a armé cet avion, le gouvernement décide fixer des conditions plus strictes aux exportations d'avions d'entraînement militaires.

Concrètement, ces exportations ne devraient plus être autorisées si l'Etat destinataire est en proie à un conflit armé interne ou international. L'interdiction s'imposerait aussi lorsque le risque existe que les avions soient utilisés contre la population civile.

Actuellement, la loi ne prévoit un refus de vente qu'en cas d'embargo international contre le pays destinataire ou si une décision similaire a été prise dans le cadre de mesures internationales de contrôle des exportations.

Il revient maintenant au Département fédéral de l'économie (DFE) de préparer une modification de la loi sur le contrôle des biens.

 

http://centrafrique-presse.over-blog.com/10-categorie-10337323.html

 

Dimanche 2 mars 2008


Interview de Heinrich Frei à propos des avions Pilatus utilisés au Tchad parue dans le journal suisse Horizons et débats (hd).


undefined L’information selon laquelle un avion Pilatus du gouvernement tchadien a été utilisé lors d’une opération militaire nous a amenés à interviewer Heinrich Frei de Zurich. Depuis plusieurs années, il s’intéresse à la question de la guerre et de la paix et en particulier aux exportations de matériel de guerre de sociétés suisses et à leurs bases juri­diques. Avec d’autres personnes engagées dans le même combat, il documente ces affaires et adresse des mises en garde. Il a été ­membre du Comité du «Groupe de travail pour le contrôle des armements et l’interdiction de l’exportation de matériel de guerre» (ARW). Il fait aujourd’hui partie du «Conseil suisse de la paix» et de l’association «Neue Wege in Somalia»


Horizons et débats
: La présence d’avions d’entraînement militaire PC-9 au Tchad constitue-t-elle une violation de la Loi sur le matériel de guerre?

Heinrich Frei: Les avions de type PC-7 et PC-9 des usines Pilatus de Stans ne re­lèvent plus, depuis 1996, de la Loi sur le matériel de guerre mais de la Loi sur le contrôle des biens [utilisables à des fins civiles et militaires et des biens spécifiques] (LCB). De telles exportations ne peuvent être inter­dites que s’il s’agit d’un membre de l’UE ou d’un pays sous embargo des Nations Unies, ce qui n’était pas le cas du Tchad. C’est du moins ainsi que les autorités fédérales, par la voix du Secrétaire d’Etat à l’économie Jean-­Daniel Gerber et du Département des Affaires étrangères interprètent les lois.

En outre, contrairement à la Loi sur le matériel de guerre, la LCB ne prévoit pas de «certificat d’utilisateur final». Un Etat qui achète des avions Pilatus en Suisse peut les revendre sans devoir informer les autorités suisses. Certes, les usines de Stans ont renoncé depuis un certain temps à livrer de nouveaux avions au régime de Déby. Mais selon un communiqué de Tchad actuel du 2 janvier 2007, le Tchad a déjà acheté trois autres PC-7, probablement pas directement à la Suisse mais par l’intermédiaire d’un Etat tiers. De toute façon, la rupture des relations d’affaires entre Pilatus et le Tchad ne paraît pas très cohérente. Selon la Neue Zürcher Zeitung du 27 janvier 2007, des mécaniciens de Pilatus ont été vus récemment à ­N’Djamena. Probablement qu’ils étaient là pour veiller à la mise en train des PC-9 nouvellement acquis.


L’avion a été armé au Tchad. Pouvait-on s’y attendre ?

Oui. Les PC-7 et les PC-9 sont munis de points d’emport pour y monter des bombes et des canons de bord. Les forces de l’air de petits pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine ne peuvent pas s’offrir des avions de combat et ne sont pas non plus en mesure d’entretenir ces appareils. Aussi achètent-ils des avions légers, dont des Pilatus, certainement pas uniquement à des fins d’instruction mais également pour les combats en cas d’urgence.

Le 7 juillet 2006, on a appris que les ­usines Pilatus étaient sur le point de livrer un avion léger de type PC-9 au régime d’Idriss Déby. Othmar Wyss, responsable des autorisations d’exportation de matériel de guerre du Seco a déclaré à l’époque qu’il supposait que l’avion ne servirait qu’à l’instruction. Cet argument était cousu de fil blanc car les forces de l’air tchadiennes ne possédaient par d’avions de combat qui auraient nécessité la formation de pilotes.

Un ancien directeur des ventes de Pilatus a déclaré à l’époque au Nouveau Quotidien, après que la Birmanie ait utilisé des Pilatus contre des rebelles, que «la plupart des PC-7 exportés n’étaient pas destinés à l’aviation civile mais étaient systématiquement armés avec ou sans l’assistance technique des usines Pilatus». On savait naguère que dans la plupart des pays, lors de la signature de contrats d’achat d‘avions Pilatus, des représentants de sociétés d’armement belges et françaises étaient également présents pour livrer en même temps des systèmes d’armement pour les PC-7 et les PC-9.

Le 25 septembre 1989, le conseiller ­fédéral Villiger a confirmé pour la première fois devant le Conseil national que des ­Pilatus ont été utilisés contre la population civile au ­Guatemala et en Birmanie.

Le 4 février 1993, le Groupe de travail pour le contrôle des armements et l’interdiction de l’exportation de matériel de guerre (ARW) a révélé que des techniciens de Pilatus collaboraient à l’armement d’avions d’entraînement militaire PC-7 et PC-9 en Birmanie.

Le 24 août 1993, les usines Pilatus ont reconnu dans un «livre blanc» que leurs avions d’entraînement ont été utilisés contre des personnes non armées en Angola, en Birmanie, au Guatemala et en Irak.


La firme Pilatus aurait-elle pu empêcher qu’on utilise ses avions dans des opérations militaires ?

Oui, car sans les renforts et les points d’emport montés par Pilatus, on ne pourrait pas accrocher de bombes et de missiles. Avant, les points d’emport étaient ­montés à l’étranger mais les renforts sous les ailes étaient déjà présents. Sans la possibilité de fixer des munitions, Pilatus n’aurait pas pu vendre les PC-9 au dictateur du Tchad. Il en avait besoin pour combattre les rebelles qui menaçaient sa vie et son régime.


Ne devrait-on pas, dans un tel cas, assu­jettir à nouveau les Pilatus à la Loi sur le matériel de guerre ?

Cela relève de la compétence du Conseil ­fédéral et du Parlement, comme l’a déclaré Jean-Daniel Gerber. En 1996, le Conseil fédéral et le Parlement ont décidé d’assujettir les Pilatus à la Loi sur le contrôle des biens par complaisance envers la firme, après tous les scandales qu’il y a eu.

Un crime non prescrit: l’attaque de Halabdja aux gaz toxiques qui a coûté la vie à 5000 personnes

Le 16 mars 1988, les forces de l’air irakiennes ont bombardé Halabdja aux gaz toxiques. 5000 personnes – hommes, femmes, enfants – ont été tuées. L’aviation a utilisé des avions à hélice, dont des ­Pilatus (cf. Tribune de Genève du 14/9/1992: «Un pilote kurde de Saddam dénonce l’utilisation des Pilatus»). Selon les statistiques du commerce extérieur, la firme Pilatus de Stans a livré à l’Irak, dans les années 1980, 53 PC-7 et 22 PC-9 en plus des petit appareils Bravo des usines suisses d’Altenrhein. Oerlikon Bührle a livré à l’Irak des canons de marine de 20 mm (Jane’s Fighting Ships 1994-95), des systèmes de contrôle de tir (via le Brésil pour des lance-roquettes multiples Avibras Astros) et Mowag des blindés 4 x 4 Roland Rad (Jane’s Armour and Artillery 1985-86).

Les Forces de l’air américaines ont bombardé des quartiers d’habitation à Belgrade, Novi Sad, Bagdad, Bassora, Kaboul, etc. et malgré cela les usines Ruag, entreprise appartenant à la Confédération, continuent de leur livrer du matériel.


On dit que les bombes à fragmentation qui ont été larguées depuis les PC-9 viennent également de Suisse. Comment est-il ­possible qu’elles arrivent au Tchad dont on sait que c’est un pays en crise ?

Souvent le matériel de guerre est revendu et on ne peut guère l’empêcher. Les Emirats arabes unis (EAU) ont revendu des blindés suisses au Maroc. Par la suite, ils ont déclaré qu’ils ignoraient avoir besoin d’une autorisation de la Suisse. Or c’est à cela que servent les «certificats d’utilisateur final» que doivent signer tous les pays destinataires. Malgré cela, le Conseil fédéral a autorisé par la suite de nouvelles livraisons de matériel de guerre aux EAU, baril de poudre du Proche-Orient. Depuis assez longtemps, les EAU négocient avec une firme zurichoise la livraison de nouveau matériel de guerre suisse (lance-roquettes anti­char Ruag) pour une valeur de 100 millions de francs. La décision concernant les nouvelles livraisons aux EAU rend également possible ce marché. A la lumière des expériences passées, rien n’est moins sûr que ces lance-roquettes resteront là-bas.


Quels moyens avons-nous d’empêcher que soit contournée la Loi sur le matériel de guerre ?

Depuis des décennies, le Conseil fédéral autorise des livraisons d’armes à des pays qui mènent des guerres: USA, Grande-Bretagne, Etats membres de l’OTAN, violant ainsi cette loi.
Elle est également violée par les ventes d’armements à des Etats ou régions en crise, à des régimes qui foulent au pied les droits de l’homme et à des régions où les hommes vivent dans la misère. Or la majorité du Parlement approuve cette politique laxiste d’exportation de matériel de guerre. Par conséquent, on ne peut pas faire grand-chose au plan parlementaire contre ces violations. Quant aux initiatives visant à interdire ces exportations, elles ont jusqu’ici échoué. En septembre de l’année dernière, la Coalition contre l’exportation de matériel de guerre dont font partie plus de 35 organisations a toutefois déposé une nouvelle initiative «pour l’interdiction d’exporter du matériel de guerre» sur laquelle le peuple va bientôt se prononcer.


Existe-t-il une responsabilité pénale en matière de commerce d’armements ?

Les complices d’un crime doivent s’attendre à des sanctions. Le Code pénal suisse ne prévoit aucune exception à la complicité de crime en temps de guerre. Les délits de complicité de meurtre, d’assassinat, de lésions corporelles graves ou de dommages graves à la propriété tombent sous le coup de ­l’article 25. Est complice «quiconque a intentionnellement prêté assistance à l’auteur pour commettre un crime ou un délit» et également, selon la jurisprudence du Tribunal fédéral «quiconque, en position subalterne, encourage le crime ou le délit.» Il n’existe donc pas d’impunité pour les exportateurs d’armements et leurs complices des milieux politiques et économiques.

Condamnation d’un Hollandais pour crime de guerre

Un tribunal néerlandais a déjà donné ­l’exemple en condamnant à 15 ans de détention pour complicité de crime de guerre un Hollandais qui avait fourni au régime de Saddam ­Hussein du matériel de guerre (substances chimiques pour fabriquer un gaz innervant) (Neue Zürcher Zeitung des 24-25/12/2005). Cependant, le Ministère public de la Confédération n’a jamais ouvert d’instruction pour livraison de matériel de guerre à ­Saddam ­Hussein. Le droit exigerait d’instruire contre des entreprises qui, aujourd’hui encore, avec la bénédiction du Conseil fédéral, fournissent illégalement du matériel de guerre aux Etats-Unis, à la Grande-Bretagne, à l’Allemagne et à d’autres Etats qui mènent des opérations militaires en Irak et en Afghanistan.

Selon les statistiques de la Confédération, la Suisse a, entre 1975 et 2007, exporté du matériel de guerre pour 11,978 milliards de francs, et cela en grande partie vers des Etats en guerre, des régions en crise, des régimes qui violent les droits de l’homme, des pays dont les habitants vivent dans une misère indescriptible.    •

Par Ambenatna - Communauté : blogueur africains
http://ambenatna.over-blog.com/article-17239287.html

20:09 | Lien permanent | Commentaires (0) |

16/10/2009

L'OTAN payé pour ne pas faire la guerre...


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Un "Taliban repenti"...cette photo ne fait pas partie de l'article ci-dessous mais a été prise en même temps.

Payer les talibans, une pratique cachée mais répandue?

Marc BASTIAN
Agence France-Presse
Kaboul

Payer des insurgés pour avoir la paix est une pratique officiellement niée, mais répandue à relativement grande échelle parmi les forces de l'OTAN en Afghanistan, selon des sources militaires occidentales et afghanes, alors que l'Italie a démenti jeudi y avoir eu recours.

Le quotidien britannique The Times affirme jeudi que les 10 soldats français tués dans une embuscade en Afghanistan en août 2008 avaient mal évalué les risques, parce que les militaires italiens qui les avaient précédés ne leur avaient pas dit qu'ils payaient les talibans pour maintenir la paix dans leur région de Saroubi, près de Kaboul. Dans un communiqué, le gouvernement italien a démenti avoir «jamais autorisé ni consenti aucune forme de paiement d'argent aux membres de l'insurrection talibane en Afghanistan».

Un haut gradé afghan a laissé entendre le contraire.

Un taliban repenti pose devant l'attirail militaire qu'il... (Photo AFP)

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Un taliban repenti pose devant l'attirail militaire qu'il a remis aux autorités afghanes lors d'une cérémonie d'amnistie à Heart, le 14 octobre dernier.Photo AFP


«Nous savions que les forces italiennes payaient l'opposition (armée) en Saroubi pour ne pas être attaquées. Nous avons des informations sur des accords similaires dans la province de Herat (ouest) par les forces italiennes» basées là-bas, a-t-il déclaré sous couvert d'anonymat.

Un porte-parole de l'armée française à Kaboul, le lieutenant-colonel Jackie Fouquereau, a assuré que «les Français ne donnent pas d'argent aux insurgés».

Le général Eric Tremblay, porte-parole de l'OTAN en Afghanistan, a dit n'être «pas au courant» de ces pratiques de manière générale, et n'avoir pas d'information concernant le cas italien.

«Ce n'est pas une pratique de contre-insurrection. (...) Mais le gouvernement afghan peut parfois faire des arrangements locaux. Si c'est pratiqué, c'est plus par le gouvernement afghan que par les forces internationales», a-t-il assuré.

Mais selon divers officiers occidentaux et afghans sous couvert d'anonymat, cette pratique, visiblement politiquement sensible, est assez largement répandue au sein de l'OTAN en Afghanistan.


Une source militaire occidentale a évoqué des payements effectués par les soldats canadiens stationnés dans la violente province de Kandahar, dans le sud, tandis qu'un autre officier parlait de pratiques similaires par l'armée allemande dans le nord, à Kunduz.

«Beaucoup de pays de l'OTAN dont les soldats opèrent dans les zones rurales d'Afghanistan payent les insurgés pour ne pas être attaqués (...) à l'exception des forces américaines, britanniques et de l'opération Enduring Freedom» sous commandement américain, explique le haut gradé afghan.

Selon lui, «plus de la moitié des forces de l'OTAN déployées dans la campagne afghane ont passé de tels accords» de paiements en échange de leur tranquillité.

Sans vouloir chiffrer aussi précisément l'étendue de la pratique, un officier occidental explique que «comme ce n'est pas très valorisant et pas reconnu officiellement, on n'ose pas toujours en parler clairement, on a un peu honte... Du coup, parfois ça communique mal entre l'ancienne unité sur place et la nouvelle unité venant la relever», comme ce qui s'est peut-être passé entre les Italiens et les Français.

Selon The Times, les services secrets italiens avaient versé des dizaines de milliers de dollars aux commandants talibans et aux seigneurs de guerre locaux pour maintenir en paix la région de Saroubi.

Les soldats français étaient déployés depuis à peine un mois quand 10 d'entre eux furent tués et 21 blessés, le 18 août 2008, dans une des embuscades les plus meurtrières tendues par les insurgés contre les forces internationales.

 

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Un "Taliban repenti retourné". Il va bientôt pouvoir s'acheter une Harley-Davidson...cette photo ne fait pas partie de l'article ci-dessous mais a été prise en même temps.

La Brough Superior, c'était quand même plus classe...

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24/09/2009

Dassault vend rafale désespérément...sarko en VRP...Abu Dhabi en show-room...

 

Rafale: les dessous d'un fiasco

Par Eric Chol, publié le lundi 22 octobre 2007 l'Express

En avril 2007, le contrat était presque signé: le Maroc devait acheter 18 de ses avions de combat vedettes à Dassault. Six mois plus tard, Nicolas Sarkozy a atterri ce lundi au Maroc, pour une visite d'Etat de trois jours, sans espoir de reprendre ce formidable marché aux avionneurs américains. Récit d'un gâchis diplomatico-commercial.

Un certain nombre de contrats seront signés, nous l'espérons... Inch' Allah", avait promis David Martinon, porte-parole de l'Elysée. Pourtant, lorsqu'il s'est envolé pour Marrakech, ce lundi 22 octobre, Nicolas Sarkozy avait bien conscience que ni le lustre qu'entendent donner à son voyage les autorités marocaines, ni les cérémonies prévues pour honorer la "grande amitié" entre le royaume chérifien et la France, ni la série de contrats que le chef de l'Etat devait parapher ne parviendraient à faire oublier l'échec du Rafale. C'était le "contrat imperdable" par définition: le roi du Maroc n'en avait-il pas fait la promesse à Jacques Chirac, au début de 2006? Tellement "imperdable" qu'un protocole d'accord a même été signé entre les deux pays, à la mi-avril 2007: le document de deux pages dort aujourd'hui dans un coffre de la Direction générale de l'armement (DGA). Le contrat de plus de 2 milliards d'euros aurait pourtant soulagé notre balance commerciale si déficitaire. Surtout, il aurait mis fin à une série d'échecs du Rafale sur les marchés extérieurs, en donnant à l'appareil sa première référence à l'exportation. Autant de raisons qui expliquent l'activisme, pendant près de dix-huit mois, des négociateurs français pour arracher cette vente. Sans réussir à empêcher les Américains de surgir en bout de course et d'être désormais sur le point de leur damer le pion, avec leurs bons vieux F16... Aujourd'hui, ils n'ont pas de mots assez durs, en privé, pour fustiger l'incompétence et la légèreté de l'Etat, à l'origine de cet immense gâchis diplomatico-commercial. Retour sur les dessous de ce fiasco.

Dix-huit mois de couacs

Printemps 2006 - Promesse de Mohammed VI auprès du président Chirac d'acheter à la France un escadron d'avion de combat moderne. En juin,Dassault fait une offre ferme de 18 avions au prix de 1,83 milliard d'euros.
Mi-avril 2007 - Protocole d'accord prévoyant la vente de 18 Rafale. Paris découvre que Rabat n'a pas de sponsor, et  renacle à financer les avions. 
Avril 2007 - Le président Chirac refuse de trancher,  laissant le dossier à son successeur.
Fin mai 2007 - Contre-proposition américaine très concurrentielle : 24 avions pour 1,6 milliard d'euros.
10 Juillet 2007 - Sarkozy en Algérie. L'étape marocaine est étrangement annulée.
11 Juillet 2007 - Discours du représentant américain aux Nations-Unies saluant les « efforts sérieux et crédibles » du Maroc sur le dossier du Sahara Occidental.
20 juillet 2007 - L'Elysée donne son feu vert pour financer la vente des 18 avions. Rabat ne donne pas suite.
31 août 2007 - Aide américaine de 697,5 millions de dollars pour le Maroc : le « contrat du défi du millénaire » est  signé à Tétouan, en présence du Roi.
Début septembre 2007 - Ultime proposition française de 18 avions à 1,8 milliard.
Du 22 au 24 octobre 2007 - Visite d'Etat de Nicolas Sarkozy au Maroc. Le contrat Rafale n'est plus au programme.

Mars 2006. En visite en Algérie, le président Vladimir Poutine peut sourire: son allié traditionnel vient de signer l'acquisition de 70 avions de chasse russes. Un réarmement massif, susceptible de remettre en cause l'équilibre de la région. Pour le roi du Maroc, Mohammed VI, il est urgent de moderniser la flotte aérienne de son pays. Sa Majesté s'engage auprès de Jacques Chirac, dont il est très proche, à acheter un escadron d'avions de combat modernes. Un joli marché pour la France, qui entame les négociations. Avec une première interrogation: quel matériel proposer aux Marocains? Des Mirage 2000-5, parfaits pour assurer la police du ciel? Mais son fabricant, Dassault, a arrêté la ligne de production de cet avion il y a cinq ans. La France propose donc de racheter des appareils au Qatar, de les moderniser et de les revendre aux Marocains, pour un prix avoisinant 1 milliard d'euros. Compliquée, l'opération bute sur plusieurs obstacles: les Qataris ne possèdent que 12 avions qu'ils n'ont guère envie de vendre. Côté marocain, on insiste pour acquérir des avions neufs.

La solution "Mirage" est donc abandonnée, et les discussions s'orientent, dès avril 2006, sur le Rafale, certes beaucoup plus cher, mais du dernier cri technologique. Avec, côté français, un argument massue: vu l'efficacité du Rafale, les Marocains peuvent n'acheter que 18 exemplaires, au lieu des 24 avions initialement envisagés. La négociation démarre, ou plutôt les négociations, car le représentant de la DGA et les industriels vont mener chacun de leur côté des pourparlers. Pis: les représentants de Dassault, qui mettent sur la table, en juin 2006, une offre ferme de 1,83 milliard d'euros découvrent qu'un émissaire de la DGA a déjà parlé prix avec le client marocain, évoquant une somme inférieure de 300 millions... De quoi déconcerter le général Ahmed Boutaleb, le patron de l'armée de l'air marocaine, en charge de la négociation. "Nous n'avons pas su arbitrer entre une approche d'Etat à Etat et un contrat purement commercial mené par l'industriel", regrette un haut fonctionnaire. Ce flou artistique provoque, à la fin de l'été 2006, la colère des dirigeants de Dassault... Non sans effet.

Les contrats manqués du Rafale

Printemps 2002: Séoul loves US
Le Rafale a beau sortir vainqueur de la compétition,  la Corée du Sud, qui abrite une base de 40 000 marines,  lui préfère le F 15 de Boeing  (40 appareils). La même année, Dassault essuie un deuxième échec aux Pays-Bas, qui optent pour le Joint Strike Fighter.

Septembre 2005: le bambou singapourien
Singapour écarte le Rafale en faveur du F 15, et  commande  12 appareils (pour1 milliard de dollars). “ Le bambou pousse toujours du côté du plus fort ", conclut le groupe Dassault.

Juillet 2007: le mirage saoudien
L'Arabie saoudite signe le contrat du siècle: 15 milliards de dollars pour 72 exemplaires de l'Eurofighter, l'avion de combat européen (Grande-Bretagne, Allemagne,  Espagne, Irlande), qui bat ainsi le Rafale.
Octobre 2007: la fin d'un contrat “ imperdable "
Lockheed Martin est sur le point d'imposer, au Maroc, le F-16 face au Rafale.

Automne 2007: derniers espoirs?
Vingt ans après son premier vol d'essai, l'avion de Dassault n'a remporté aucune vente à l'exportation. Restent quelques pistes: la Suisse, la Libye, la Grèce et l'Inde.

Un nouveau directeur international est nommé à la DGA début décembre: cet ancien de Bercy, grand spécialiste du monde de la défense et des pays arabes, tente de remettre le contrat sur de bons rails. Pour éviter les ratés précédents, il joue la carte de la transparence: chacune de ses entrevues avec le client marocain donne lieu, dans les vingt-quatre heures, à un compte rendu adressé au ministère de la Défense, à Bercy, au Quai d'Orsay, à Matignon, à l'Elysée, et, bien sûr, aux industriels. Entre-temps, les exigences marocaines ont alourdi la facture, qui dépasse maintenant les 2,6 milliards d'euros... Soit 5 % du PIB marocain! Trop cher. Les équipes constituées autour du Rafale planchent, jour et nuit, pour revoir leur offre technique. Et, fin janvier 2007, Paris est en mesure de présenter une offre plus réaliste au Maroc. Le courant passe mieux entre Paris et Rabat: le roi et Jacques Chirac s'entendent pour boucler la négociation au plus tard le 15 avril, soit quelques jours avant l'élection présidentielle française.

Les réunions vont alors s'enchaîner car tout n'est pas réglé, loin de là. Outre un changement d'interlocuteur au Maroc, les négociateurs français acquièrent la preuve, en mars 2007, que la concurrence américaine tente de s'immiscer dans le jeu. Non seulement Lockheed Martin a demandé à une banque de lui bâtir une proposition pour le Maroc, mais des militaires marocains ont eux-mêmes sollicité le fabricant yankee. Autre épine: la question du financement. Depuis le début des pourparlers, les Français ont cru que le Maroc bénéficierait du soutien d'un généreux sponsor - on évoque l'Arabie saoudite ou des Emirats... Une simple rumeur, ni confirmée ni démentie par Rabat. Mais l'ambiguïté n'a jamais été levée, jusqu'à ce jour de la mi-avril, où le négociateur français reçoit un coup de fil du général Abdelaziz Bennani - le chef des Forces armées royales - lui demandant de se rendre dans la capitale marocaine. Sur place, les deux parties signent un document de deux pages, véritable protocole d'accord, précisant le prix (2,132 milliards d'euros), le nombre d'avions (18) et l'offre technique. Mais sur le papier figure une condition suspensive: l'octroi par la France d'un financement.

Le rouleau compresseur américain

Les Américains ont réduit à néant les espoirs français de vente de Rafale en jouant sur tous les tableaux, économiques et politiques :
- une offre hypercompétitive: 24 F 16  pour 1,6 milliard d’euros, avec un financement étalé sur vingt ans ;
- une enveloppe d’aide au Maroc: un chèque de 697,5 millions de dollars au titre du Millenium Account Challenge, signé le 31 août 2007.
- un appui politique au Sahara occidental: envoi de nombreux hauts fonctionnaires et diplomates américains au Maroc, entre juin et août, pour relayer le message.

Cette fois, le mythe du mystérieux sponsor a vécu! Or Bercy hésite à avancer les fonds: en versant 2 milliards d'euros pour l'achat des jets militaires, la Coface, l'organisme de financements publics, risquerait de déséquilibrer ses comptes et placerait le Maroc - déjà titulaire d'une ardoise de 800 millions d'euros - au même niveau que la Chine. Le ministère des Finances, ennuyé à l'idée de créer "un gros grumeau" marocain, traîne les pieds. Le dossier atterrit à l'Elysée. Mais, à quelques jours du premier tour du scrutin présidentiel, Jacques Chirac refuse de donner sa bénédiction au contrat. Il préfère laisser à son successeur le soin de trancher. Oubliant un peu vite que c'est à lui que Mohammed VI, avec lequel il entretient des relations quasi familiales, avait fait la promesse d'acheter des avions français. "Il fallait boucler cette vente sous Chirac, car nous savions qu'après ce ne serait plus pareil", confie, aujourd'hui, amer, un membre du "Rafale Team". La fenêtre d'opportunité vient de se refermer à moitié. Elle ne s'ouvrira plus.

 

Le jour de sa nomination, François Fillon, nouveau locataire de Matignon, trouve sur son bureau le dossier marocain. Cette fois-ci, la balle est dans le camp de Paris: oui ou non, la France accepte-t-elle d'octroyer au Maroc un financement pour les 18 avions? Il faudra trois mois aux autorités françaises pour arbitrer. Trois longs mois d'indécision, de blocages, de rivalités entre ministères. On se demande s'il ne vaudrait pas mieux garder cet argent public pour d'autres projets civils au Maroc, comme un TGV ou des centrales nucléaires. Matignon réclame des études supplémentaires, n'hésitant pas à mettre en doute l'existence de la concurrence... En face, les Etats-Unis profitent de ce flottement et déposent, fin mai, une offre au Maroc portant sur des avions d'occasion. Quelques jours plus tard, ils reviennent avec une proposition de 24 appareils F16 neufs, au prix de 1,6 milliard d'euros. Washington dépêche, entre juin et août, une kyrielle de membres du gouvernement, de diplomates, de militaires, ainsi que le directeur du FBI, et fait passer au roi un message du président Bush, lui signifiant son soutien actif sur la question du Sahara occidental.

Pourtant, Paris ne semble pas s'émouvoir de cet activisme. Fin juin, Matignon, qui cherche à alléger la note, envoie encore un émissaire au Maroc, pour proposer de réduire le contrat de 18 à 12 avions. Refus du général Bennani, qui comprend mal les atermoiements français. A l'inverse, les Etats-Unis mettent le paquet sur le plan financier. Ainsi, non seulement le Maroc obtient un crédit quasi gratuit de vingt ans, mais l'oncle Sam octroie une aide de 697,5 millions de dollars au titre du "Millenium Account Challenge".
De plus en plus inquiets des lenteurs étatiques, les négociateurs français espèrent encore que le Président, attendu au Maroc à l'issue d'un périple en Algérie, les 10 et 11 juillet, saura convaincre le Roi. Mais quelques jours avant son départ, l'étape marocaine est étrangement annulée, à la demande des autorités locales, pour être reportée au mois d'octobre. On évoque alors un coup de froid entre Paris et Rabat, le roi ayant pris ombrage du déplacement présidentiel en Algérie. "Je suis persuadé qu'il s'agissait en fait d'un coup monté de la part du 'clan américain' au sein des militaires marocains, voulant éviter toute possibilité pour la France de conclure la vente", analyse l'un des proches du dossier.

Les derniers espoirs tricolores s'envolent au milieu de l'été. Certes, l'Elysée donne son feu vert au financement des Rafale vers la mi-juillet, et le vice-amiral Edouard Guillaud, chef d'état-major particulier de Nicolas Sarkozy, téléphone immédiatement au général Bennani pour lui annoncer la bonne nouvelle. Mais la ligne avec Rabat ne répond plus. Tout l'été, les équipes françaises s'activent, jusqu'au sommet de l'Etat, pour rétablir le contact, tandis que Bercy mouline ces chiffres. Début septembre, en guise de baroud d'honneur, deux négociateurs s'envolent pour Rabat, avec une ultime offre à 1,8 milliard d'euros. Cette fois-ci, tout y est: le prix, le financement, le nombre d'avions et, en prime, un accord politique plus global avec le Maroc. Trop tard: le rouleau compresseur américain est déjà passé. Et les "Dassault boys", qui ont assisté, impuissants, à la transformation de l'Etat en une machine à perdre, sont furieux. Fin septembre, le constructeur annule sa participation au salon aéronautique de Marrakech, qui devait constituer un temps fort de la visite présidentielle. Le cœur n'y est plus. Sauf miracle, le contrat imperdable semble, cette fois-ci, bel et bien perdu. En privé, les accusations fusent: "Un avion trop cher", disent les uns; "Une administration incompétente et inefficace", répondent les autres. Chacun attend la fin du voyage de Nicolas Sarkozy pour régler ses comptes. Une chose est sûre: après un tel gâchis, l'ensemble du dispositif des ventes d'armes est à revoir, et très vite. Avec, pourquoi pas, la mise en place d'une war room à l'Elysée. En attendant, le Rafale va devoir trouver une nouvelle piste d'envol. En Libye, par exemple, où il sera présent, du 29 au 31 octobre, au salon aéronautique de Tripoli.

 

 

 

 

 

 

27/05/2009 12:38:22 | La rédaction web de Jeune Afrique | Par : Lauranne Provenzano

Abou Dhabi, nouveau showroom de l'armée française

La France espère vendre 60 Rafales à l'armée émiratie© DR

La visite du président français dans les Emirats Arabes Unis a permis de poser les jalons diplomatiques et politiques d’une coopération durable en matière de défense…et de commerce.

Nicolas Sarkozy a inauguré mardi en fanfare la première base militaire française permanente installée dans le Golfe arabo-persique, à Abou Dhabi.

La « Base de la Paix » accueillera à terme près de 500 soldats français sur trois sites : ladite base, essentiellement navale, située dans le port de commerce d’Abou Dhabi, une base aérienne où seront stationnés au moins trois avions de combat, et un camp d’entraînement préparant au combat en zone urbaine et en terrain désertique.

Lors de son discours d’inauguration, le chef de l’Etat français a rappelé la dimension à la fois "politique, diplomatique et stratégique" de cette base. Politique et diplomatique, car elle découle directement de l’accord de défense qui lie la France et les Emirats Arabes Unis (EAU) depuis janvier 1995. Une coopération qui a d’ailleurs été reconduite lors de la venue de Nicolas Sarkozy lundi 25 et mardi 26 mai. "Soyez assurés que la France sera à vos côtés si votre sécurité devait être menacée", a ainsi affirmé le président français à l'agence officielle WAM.

Stratégique, car la France se positionne désormais dans une zone d’intérêt tactique, le détroit d’Ormuz par lequel passent près de 40% des échanges de pétrole et de gaz de la planète. Par ailleurs, cette implantation marque la volonté de Paris de s'impliquer pour la stabilité d'une région secouée par les ambitions nucléaires de l’Iran, qui contrôle une partie du détroit.

Vitrine d’exposition

Mais surtout, la base d’Abou Dhabi sera une vitrine du savoir-faire à la française, comme le suggère l’entourage présidentiel : "Et puis aussi peut-être que ça a une vocation d'exposition de nos matériels", renchérit un conseiller. En effet, les EAU sont des fidèles de l’industrie militaire française, et figurent parmi les meilleurs acheteurs de nos équipements.

En janvier dernier, l’armée émiratie avait laissé entendre qu’elle souhaitait remplacer sa flotte de 60 Mirages 2000-9 par les Rafales construits par Dassault, et pour l’heure utilisés uniquement par l’armée française. Le contrat porterait sur 6 à 8 milliards d’euros et permettrait de sortir l’équipementier français de la mauvaise passe qu’il traverse dernièrement, crise économique mondiale oblige.

Comme avant-goût, le prince héritier émirati, Mohammed ben Zayed Al Nahyane a assisté mardi après-midi, en compagnie du chef d’Etat français, à une démonstration en vol du Rafale, selon des informations du quotidien français Le Point.

Il n’en demeure pas moins que rien n’a été signé, les Emirats réservant leur réponse pour les mois à venir. C’est que les négociations pourraient achopper sur plusieurs failles : le prix des avions, qu’il est toujours bon de marchander, mais aussi des exigences techniques que la France n’a pas encore remplies. Les EAU demandent que les appareils soient équipés d’un radar à longue portée, et non de celui dont sont munis les Rafales utilisés en France.

La dernière condition, et pas des moindres, serait la reprise par la France des 60 Mirages que possède l’armée émiratie, et pour lesquels Paris devra ensuite trouver un acquéreur…

« Voyage d’échanges et de collaboration »

La visite de Nicolas Sarkozy intervient aussi sur fond de négociations pour la construction de 12 à 16 centrales nucléaires pour un montant d'environ 40 milliards de dollars (30 milliards d'euros). Total, GDF-Suez et Areva ont formé une proposition conjointe, mais restent en concurrence avec des offres américaines et coréennes.

Le président français a également participé à la pose symbolique de la première pierre dans la construction d'une succursale du musée du Louvre à Abou Dhabi, le « Louvre des sables » dans un bâtiment signé Jean Nouvel. « Ensemble, nous sommes engagés dans un extraordinaire voyage d’échanges culturels et de collaboration qui, je crois, renforceront pour toujours, les liens entre nos deux pays.», a prédit Nicolas Sarkozy.

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Serge, sur ce coup là je prend 15% de com...






 

 

 

Kadhafi: comment la France l’a armé dès ses débuts

3 septembre 2009

Les festivités du 40ème anniversaire de l’arrivée au pouvoir du colonel Kadhafi se sont déroulées avec faste cette semaine, sans la présence de chefs d’Etat occidentaux. Toujours aussi provocateur et imprévisible, le chef du régime libyen peine à être fréquentable, malgré ses visites officielles des derniers mois, en France, en Espagne et très récemment en Italie.

le leader libyen dans sa tenue de Guide suprème

Malgré son caractère turbulent, ses idées socialistes mâtinées d’islamisme, ses nombreux revers diplomatiques (son panarabisme n’a guère davantage eu de succès que son panafricanisme), son sponsoring du terrorisme jusqu’aux années 2000, ses lubies économiques, celui qui a été désigné comme le “Guide de la grande révolution de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste” règne sans partage sur son pays pétrolier, avec une longévité digne des dictateurs hors de commun.

Mais la mémoire des Occidentaux est courte. A peine arrivé au pouvoir au terme d’un coup d’Etat assez peu démocratique,  le 1er septembre 1969, le jeune colonel libyen reçut le soutien de la France.

Un accord secret franco-libyen dès novembre 1969

En effet, le président Georges Pompidou donna son feu vert à la signature d’un énorme contrat de ventes d’armes à Kadhafi.  Comme peu de gens le savent (je raconte les coulisses diplomatiques de ces contrats dans le livre “des secrets si bien gardés”), un protocole franco-libyen secret fut signé le 28 novembre 1969 entre le gouvernement français (alors dirigé par Jacques Chaban-Delmas) et le gouvernement libyen.

Selon les archives de l’Elysée que j’ai pu consulter, celui-ci prévoyait notamment la fourniture de 110 Mirage, des avions de combat particulièrement redoutables construits par la firme Dassault. La vente de ces Mirage, alors même que de Gaulle avait bloqué  en 1967 la livraison de 50 Mirage à Israël, provoqua une polémique.

Révélation: la France n’annonça pas publiquement qu’elle vendait également à Kadhafi, dans le cadre de ce même protocole, des hélicoptères, des bombes, des missiles air-air Matra, des systèmes de défense aérienne, des radars de surveillance… Ni que la Libye réclama ensuite des chars, des patrouilleurs,  et même des missiles sophistiqués Excocet ( la France refusa poliment…)

Informé de ces négociations, Israël accusa la France de vouloir armer ses ennemis, Kadhafi n’ayant pas fait mystère de sa volonté de fusionner la Libye avec l’Egypte ( ce qui n’advint finalement pas) et de donner ou coup de main aux Egyptiens pour s’en prendre à l’Etat hébreu.

Les Etats-Unis s’émurent également de ce contrat français, jugé très risqué, alors même que Kadhafi exigeait en même temps le départ des Américains de leur vieille base aérienne en Libye. La communauté juive américaine manifesta bruyamment son opposition à Pompidou, jugé pro-arabe, lors de son voyage aux Etats-Unis en mars 1970, au point de provoquer émeutes et incidents diplomatiques.

Des livraisons plus rapides qu’annoncées

En dépit des explications rassurantes de Pompidou à Tel Aviv et Washington sur l’entrée en vigueur de ce contrat militaire et l’usage contrôle de ces avions, la livraison des Mirage eut bien lieu à partir de 1970. Le calendrier des livraisons fut même beaucoup plus rapide que ce que les Français avaient promis aux Israéliens et aux Américains. Un petit mensonge pour un gros contrat aux retombées économiques importantes.

L’hypocrisie était à son comble: un diplomate français en poste à Washington confia, en avril  1973, à un de ses collègues américains, que les “Français étaient parfaitement au courant que certains pilotes qu’ils entraînaient pour les Mirage étaient égyptiens, et non pas libyens”. Il ne fallait simplement pas que cela se sache, car, selon le diplomate, cela serait “très embarrassant” pour le gouvernement français…

Kadhafi reçu à Paris fin 1973: “il fait impression par sa pureté”

Lorsque le colonel Kadhafi effectua sa première visite officielle à Paris en novembre 1973, il fut reçu comme un roi par le président Georges Pompidou. En pleine crise du pétrole, les conseillers de Pompidou se félicitaient, dans des notes confidentielles, du “bilan positif”  des relations franco-lybiennes et des gros contrats en cours avec Tripoli.“Dans l’ensemble, le protocole du 28 novembre 1969 a été appliqué à la satisfaction réciproque” écrivirent-ils.

Quant à  Kadhafi, les conseillers de l’Elysée jugeaient , juste avant cette visite à Paris, qu’il était solidement en place: “Quatre ans, après le coup d’Etat qui a chassé la monarchie, le colonel Kadhahi a affermi son régime et le conseil de commandement de la Révolution demeure soudé autour de sa personne. En dépit de ses outrances, il fait impression par sa pureté, son dynamisme, son messianiamse arabe.

Nul doute que Kadhafi aurait été enchanté de lire pareille prose à sa gloire, rédigée par l’Elysée, en 1973. Les déconvenues allaient suivre, mais plus tard….

http://www.lesinfos.com/nouzille/2009/09/03/kadhafi-comme...

 

http://www.fessenheim.org/images/upload/kadhafi-sarkozy-nucleaire-epr.jpg

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La Légion étrangère joue à Tripoli le1er septembre 2009 pour les 40 ans de prise de pouvoir de l'ex terroriste Kadhafi, maintenant devenu fréquentable car il "peux" acheter du matériel militaire...alors que la France chasse le terroriste barbu en Afghanistan...

http://a7.idata.over-blog.com/0/33/35/02//Kadhafi---Sarkozy.JPG

19:39 | Lien permanent | Commentaires (0) |

01/08/2009

« Les conditions d’usage des armes à feu pour le maintien de l’ordre public sont définies à l’article 431-3 du code pénal. »

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TEXTE ADOPTÉ n° 326

« Petite loi »

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ASSEMBLÉE NATIONALE

CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958

TREIZIÈME LÉGISLATURE

SESSION EXTRAORDINAIRE DE 2008-2009

23 juillet 2009

PROJET DE LOI

relatif à la gendarmerie nationale.

 

 

Article 4

L’article L. 1321-1 du code de la défense est ainsi rédigé :

« Art. L. 1321-1. – Aucune force armée ne peut agir sur le territoire de la République pour les besoins de la défense et de la sécurité civile sans une réquisition légale.

« Le premier alinéa n’est pas applicable à la gendarmerie nationale. Toutefois, lorsque le maintien de l’ordre public nécessite le recours à des moyens militaires spécifiques, leur utilisation est soumise à autorisation dans des conditions définies par décret en Conseil d’État.

« Les conditions d’usage des armes à feu pour le maintien de l’ordre public sont définies à l’article 431-3 du code pénal. »

Article 5

Les deux derniers alinéas de l’article 431-3 du code pénal sont remplacés par trois alinéas ainsi rédigés :

« Il est procédé à ces sommations suivant des modalités propres à informer les personnes participant à l’attroupement de l’obligation de se disperser sans délai.

« Toutefois, les représentants de la force publique appelés en vue de dissiper un attroupement peuvent faire directement usage de la force si des violences ou voies de fait sont exercées contre eux ou s’ils ne peuvent défendre autrement le terrain qu’ils occupent.

« Les modalités d’application des alinéas précédents sont précisées par décret en Conseil d’État, qui détermine également les insignes que doivent porter les personnes mentionnées au deuxième alinéa et les conditions d’usage des armes à feu pour le maintien de l’ordre public. »

 

 

Article 431-3 Version en vigueur au 1 août 2009, depuis le 3 janvier 1994


Constitue un attroupement tout rassemblement de personnes sur la voie publique ou dans un lieu public susceptible de troubler l'ordre public.

Un attroupement peut être dissipé par la force publique après deux sommations de se disperser demeurées sans effet, adressées par le préfet, le sous-préfet, le maire ou l'un de ses adjoints, tout officier de police judiciaire responsable de la sécurité publique, ou tout autre officier de police judiciaire, porteurs des insignes de leur fonction.

Il est procédé à ces sommations suivant des modalités propres à informer les personnes participant à l'attroupement de l'obligation de se disperser sans délai ; ces modalités sont précisées par décret en Conseil d'Etat, qui détermine également les insignes que doivent porter les personnes mentionnées à l'alinéa précédent.

Toutefois, les représentants de la force publique appelés en vue de dissiper un attroupement peuvent faire directement usage de la force si des violences ou voies de fait sont exercées contre eux ou s'ils ne peuvent défendre autrement le terrain qu'ils occupent.
Cité par:

 

 

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27/07/2009

Le mirage Africain, ou comment l'ONU prend 58 millions d'euro à l'Eufor

Vertueusement appelé "La délicate transition entre l’Union européenne et l’ONU au Tchad" dans le rapport n° 1790 du sénat datant du 1er juillet 2009, on apprend que l'Europe se fait "enfler" de 58 millions d'euros par l'ONU :

 

La délicate transition entre l’Union européenne et l’ONU au Tchad

Outre les difficultés liées au retard pris par la Minurcat pour succéder à l’Eufor, obligeant les forces de l’Union européenne à prolonger leur présence dans l’est du Tchad, le passage de relais entre l’Europe et les Nations unies achoppe également sur une question financière.

L’Eufor s’est installée au début de l’année 2008 à Abéché dans l’attente du déploiement Onusien devant intervenir en mars 2009. Pendant ce mandat d’un an, l’Union européenne a financé l’installation d’une immense infrastructure en bordure de l’aéroport, le Camp des étoiles, destiné à héberger les soldats d’abord de l’Eufor, ensuite de la Minurcat.

Pour un mandat d’un an, l’Eufor aurait pu s’installer de manière sommaire. Au lieu de cela, elle a intelligemment intégré la mission de l’ONU qui devait lui succéder et a commencé à bâtir un camp destiné à durer plusieurs années. L’expérience prouve, en effet, que la durée des opérations de maintien de la paix se compte davantage en années, voire en décennies, qu’en mois. Il en est résulté une facture de 72 millions d’euros pour un camp largement opérationnel et correctement bâti.

Or, quelques jours avant la rétrocession de ces installations à la Minurcat, l’ONU, arguant de travaux réalisés mais non contractualisés, accepte de ne payer que 14 millions d’euros pour la reprise du camp bâti par l’Union européenne. Ce litige, qui vient s’ajouter au retard pris par le déploiement des casques bleus, constitue une source de tensions entre les deux organisations supranationales. Les rapporteurs considèrent que si une certaine décote peut être appliquée pour un camp ayant déjà servi près d’un an, la différence entre le coût des installations et le prix qu’accepte de payer l’Organisation des Nations unies n’est pas justifiée.

4.– Il est temps de mettre en œuvre Euro recamp

En 1998, la France a imaginé et mis en œuvre avec ses principaux partenaires africains le processus Recamp (Renforcement des capacités africaine au maintien de la paix) destiné à aider matériellement et humainement quelques nations cadres africaines à assurer par elles-mêmes des opérations de maintien de la paix sur leur continent. Devenu européen en 2007 sous le nouveau sigle d’Euro Recamp, ce processus regroupe désormais quarante pays et est censé être devenu un instrument de la PESD au service de la paix en Afrique. Les résultats obtenus inclinent toutefois à la modestie.

Proposition n° 11 – Impliquer chaque fois que possible les partenaires européens de la France pour mettre en place des opérations à l’échelle de l’Union européenne, plutôt qu’à l’échelle nationale. Dans le cas de l’Afrique, impliquer chaque fois que possible les pays membres d’Euro Recamp dans les opérations de maintien de la paix.

 

Le "coup de folie" en avril 2009 au Camp des Etoiles :

Reuters - Un légionnaire français qui avait tué mardi trois autres soldats à Abéché, dans l'est du Tchad, a été interpellé jeudi, a annoncé l'Onu.

Selon Michel Bonnardeaux, porte-parole de la Mission des Nations unies au Tchad (Minurcat), l'homme a été arrêté près du Camp des étoiles à Abéché.

Selon l'état-major de l'armée française, le militaire français avait été pris d'un "coup de folie" et avait tué deux de ses camarades puis un soldat togolais avant de prendre la fuite.

Le forcené et les deux autres légionnaires, tous trois membres du 2e régiment étranger d'infanterie, étaient stationnés au Camp des étoiles de l'opération européenne Eufor Tchad-République centrafricaine.

Le militaire togolais était membre de la Minurcat 2, l'opération de l'Onu qui a pris la succession le mois dernier de l'Eufor Tchad-RCA.

En vertu de ce changement, le nombre de soldats français au Tchad devrait être réduit de moitié et passer à environ 800 d'ici l'été.


 

Il faudrait peut-être songer à arrêter des frais....


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26/05/2009

Afghanistan: mort d'un soldat français

Afghanistan: mort d'un soldat français

PARIS — Un soldat français, qui venait d'arriver en Afghanistan pour une relève, a été mortellement blessé à la tête, dimanche, "manifestement par son arme de son service", a annoncé dans la soirée l'état-major des armées à Paris.

Ce caporal-chef de 31 ans, dont l'identité et le régiment d'affectation n'ont pas été précisés, est décédé lors de son transfert vers l'hôpital militaire américain de Bagram, ville située à une soixantaine de kilomètres au sud de la capitale Kaboul, a précisé l'état-major.

L'incident s'est produit dans le camp Dubs, au sud de Kaboul, où sont basées les OMLT (Operational Mentor and Liaison Team), ces équipes de soldats étrangers qu'on envoie pour encadrer l'armée afghane, a ajouté le lieutenant colonel François Marie Goujon, porte-parole de l'état-major des armées.

"Un caporal-chef qui était arrivé depuis une semaine pour une relève a été retrouvé blessé très grièvement à la tête, manifestement par son arme de son service", a déclaré le lieutenant-colonel Goujon, interrogé sur France Info. "Il a ensuite été évacué par hélicoptère à destination de l'hôpital militaire américain de Bagram et il est malheureusement décédé pendant son transfert."

Le porte-parole a jugé prématuré de se prononcer sur les causes du décès, notamment sur l'hypothèse d'un suicide ou celle d'un accident par suite d'une erreur de manipulation de son arme. "Il n'y avait pas de témoin au moment où l'incident s'est produit, donc il est impossible de savoir ce qui a causé cette blessure et le décès. On en saura plus dès que l'enquête aura progressé", a dit le lieutenant-colonel Goujon.

 

 

Afghanistan. un soldat français tué

Le Télégramme‎24 mai 2009‎
Un soldat français -un caporal-chef servant au sein d'une OMLT (équipe conseillant et entraînant l'armée afghane) - stationné en Afghanistan est mort, hier, ...

Afghanistan: mort d'un soldat français

La Presse Canadienne‎24 mai 2009‎
PARIS — Un soldat français, qui venait d'arriver en Afghanistan pour une relève, a été mortellement blessé à la tête, dimanche, "manifestement par son arme ...

Un soldat français tué en Afghanistan

nouvelobs.com‎24 mai 2009‎
PARIS (Reuters) - Un soldat français est mort dimanche en Afghanistan des suites d'une blessure par balle avec sa propre arme de dotation mais dans des ...

Afghanistan : un militaire français tué avec son arme de service

France Info‎24 mai 2009‎
Suicide ou accident ? Un soldat français stationné en Afghanistan est mort aujourd'hui, tué par son arme de service. Une enquête a été ouverte… ...

Afghanistan: un soldat français tué par son arme, quatre blessés ...

AFP‎24 mai 2009‎
KABOUL (AFP) — Un soldat français stationné en Afghanistan est mort dimanche d'une blessure infligée par son arme de service, a annoncé l'armée française, ...

Le soldat français mort en Afghanistan était basé à Nantes

maville.com‎25 mai 2009‎
Un soldat français est mort ce dimanche en Afghanistan à la suite d'une blessure par balle causée par son arme de service. Le militairen, un caporal-chef ...

Un militaire français décède en Afghanistan.

Bellaciao‎25 mai 2009‎
Un militaire français est décédé d'un coup de feu qu'il se serait lui-même infligé tiré par sa propre arme, déclarent les autorités militaires officielle, ...

Un soldat français tué par son arme

Bien Public‎25 mai 2009‎
Un soldat français stationné en Afghanistan est mort hier d'une blessure infligée par son arme de service, a annoncé l'armée française, qui a lancé une ...

Un soldat français tué, 4 autres blessés

RFI‎24 mai 2009‎
Un militaire français est décédé des suites d'une blessure infligée par son arme de service en Afghanistan. Une enquête a été ouverte afin de déterminer ...

Afghanistan : Un militaire français meurt d'un tir de sa propre arme

Radin Rue‎24 mai 2009‎
Les circonstances de la mort d'un militaire français en place en Afghanistan restent floues. L'homme est mort par balle, cette dernière provenant de son ...

AFGHANISTAN - Un militaire français tué par son arme de service

Le Point‎24 mai 2009‎
Un soldat français stationné en Afghanistan est mort dimanche à la suite d'une blessure infligée par son pistolet de service. Le soldat, un caporal-chef ...

Un soldat français meurt en Afghanistan

Actualite-Francaise.com‎25 mai 2009‎
Un soldat français est mort dimanche en Afghanistan à la suite d'une blessure par balle causé par son arme de service. Agée de 31 ans, le de caporal-chef ...

Soldat français tué par son arme de service en Afghanistan: que s ...

Le Post‎25 mai 2009‎
Les premiers éléments de l'enquête évoquent les thèses du suicide ou d'une mauvaise manipulation de l'arme. Le lieutenant-colonel Bertrand Fayet, ...




18:26 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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