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01/07/2010

Académie du renseignement 2010

Vers un renforcement des moyens de renseignement

Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (Odile Jacob, La Documentation française, juin 2008) souligne la nécessité « d'un renforcement systématique de nos moyens de renseignement dans le cadre d’une planification d’ensemble, mise en œuvre selon quatre axes :

1. L'amélioration des ressources humaines se traduira par une attention renforcée au recrutement, tant sur le plan qualitatif que quantitatif, au développement de filières spécialisées, au déroulement des carrières et à la formation, avec notamment la création d’une académie du renseignement. Parallèlement, un effort sera porté sur le renseignement de source humaine, qui devra être mis en adéquation avec la hiérarchisation de nos priorités géographiques.

2. La mise à niveau et le développement de nos moyens techniques sont indispensables. Ils impliqueront un effort important, dans le domaine des nouvelles technologies de l'information et de la communication, dans le domaine de l'imagerie (satellites, capteurs embarqués sur avions, drones, etc.) et de l'écoute (satellites, stations terrestres, bâtiment de la Marine, capteurs embarqués sur avions, drones, etc.). L'espace fera l’objet d’un effort spécifique, avec un doublement de ses crédits annuels sur la période du Livre blanc (ces crédits s’élèvent à 380 millions d’euros en 2008).

3. La rénovation du pilotage et de la coordination des services de renseignement se traduira par la mise en place du Conseil national du renseignement. Présidé par le Président de la République, ce conseil fixera les orientations aux services de renseignement, répartira les objectifs et rendra les arbitrages nécessaires. Parallèlement, le coordonnateur national du renseignement sera le point d’entrée des services de renseignement auprès du Chef de l’Etat.

4. Un nouveau cadre juridique définira l’exercice des missions des services de renseignement et les modalités de la protection du secret de la défense nationale ».

dossier de presse sur le Livre blanc, juin 2008.

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Une grande école pour espions

Le principe a été repris dans la loi de programmation militaire adoptée le 29 juillet pour les années 2009-2014. "La gestion sera harmonisée et davantage croisée entre services et entre ministères, notamment dans les domaines du recrutement et de la formation, indiquait le texte. Les parcours de carrière offriront plus de possibilités de mobilité entre les services. Des filières de formation commune seront créées ; la future académie du renseignement y contribuera."

Plusieurs rapports ont parachevé l'édifice. Le premier, confié à Bernard Pêcheur, membre du Conseil d'Etat, était consacré aux ressources humaines dans le domaine du renseignement. Remis au mois de juillet, le document écartait la création d'un statut unique, qui aurait mêlé les agents, mais préconisait la mobilité inter-services. Il insistait, dans ses conclusions, sur la multiplication de passerelles afin de "favoriser l'esprit de communauté". Et sur la nécessité de recruter des contractuels de haut niveau. Ces derniers, tout autant concernés par l'académie, sont de plus en plus présents, qu'il s'agisse de linguistes ou d'ingénieurs en informatique. Et de plus en plus "mutualisés" entre les différentes directions du renseignement, autant par souci d'économie que par esprit de rationalité.

Un second rapport, rendu à la même date par Florian Blazy, maître des requêtes au Conseil d'État, s'attachait, lui, à définir les contours d'une formation commune. Dans le tronc commun, seraient ainsi créés des "modules" de culture générale sur le renseignement, le panorama des menaces, les "règles" du secret, l'encadrement juridique, l'éthique, l'organisation du renseignement et son insertion dans le fonctionnement de l'État. La formation s'étendrait sur quelques semaines, à l'issue desquelles les agents des services spécialisés auraient appris à mieux se connaître. L'école du renseignement pourrait devenir un point de passage nécessaire pour évoluer dans sa carrière et obtenir un grade supérieur.

Le projet se heurte cependant au problème financier, particulièrement sensible avec la révision générale des politiques publiques (RGPP). Le budget de l'académie sera d'ailleurs l'un des points essentiels que va devoir étudier la mission de préfiguration. Pour cette raison également, mais pas seulement, des choix ont été opérés.

A ce stade en effet, la communauté du renseignement exclut les 1 300 policiers de la sous-direction de l'information générale (SDIG), rattachée à la sécurité publique. Créée en septembre 2008 lors de la réforme du renseignement policier, la SDIG est composée d'une bonne partie des effectifs des anciens renseignements généraux, brutalement séparés de leurs collègues qui ont opté pour la DCRI. Les gendarmes, qui tentent de développer leurs missions de renseignement, parfois non sans frictions avec les policiers, et qui possèdent un bureau de liaison antiterroriste, sont également écartés du dispositif.

La mission de préfiguration de l'académie du renseignement ne devrait pas achever ses travaux avant six mois.

Isabelle Mandraud

piqué au tas dans Le Monde - 09/01/2010

 

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L'Académie du renseignement mise en place par Lucile Dromer-North

Lucile Dromer-North devrait piloter la mise en place de la prochaine académie du renseignement, prévue par le livre blanc sur la défense pour renforcer le recrutement des agents. Étrangère au monde du renseignement, la fille de l’ancien banquier Jean Dromer est, en revanche, une spécialiste de la formation, notamment à l’ENA, où elle chapeaute actuellement le secteur de la formation permanente. C’est Bernard Bajolet, le coordonnateur du renseignement à l’Élysée, qui porte ce projet d’académie du renseignement, dont l’ouverture est prévue en septembre.

piqué au tas chez Le Figaro - 08/02/2010

 

 

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Lassard : Alors comment ça s’passe ? Je veux que vous me fassiez un résumé de la situation.


Mahoney : C’est peut être inutile.

18:32 | Lien permanent | Commentaires (0) |

09/06/2010

Un deuxième policier mis en examen à Créteil pour des malversations

 

Un policier en poste en Alsace a été mis en examen dans une vaste affaire de malversations présumées pour laquelle un commandant de la police judiciaire (PJ) parisienne est écroué depuis mars, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Ce policier de l'est de la France, dont les chefs de poursuite n'ont pas été précisés, a été remis en liberté sous contrôle judiciaire et "aurait un rôle secondaire" dans ce dossier, a indiqué cette source.

Depuis mars, un autre policier, François Ancrenaz, en poste à la PJ parisienne, est écroué et mis en examen pour "trafic d'influence passif par personne dépositaire d'une autorité" et pour "menaces et acte d'intimidation à l'égard d'une victime".

L'enquête lancée et traitée par les gendarmes de la brigade de recherches (BR) départementale du Val-de-Marne vise une "vaste affaire" de "banqueroute, abus de biens sociaux et emploi de travailleurs clandestins" remontant à 2008.

Figure de la PJ parisienne et décrit comme un "flic de terrain chevronné", M. Ancrenaz avait été interpellé par l'Inspection générale des services (IGS, la "police des polices"). Son arrestation avait suscité une vive émotion parmi ses collègues.

Plusieurs autres personnes sont mises en examen dans cette affaire, a ajouté la source judiciaire, sans pouvoir en préciser le nombre exact.

© 2010 AFP

Piqué au tas chez orange.fr - 09/06/2010

Derrick mit Bavaria-Bier Totale.JPG (826571 Byte)

18:24 | Lien permanent | Commentaires (0) |

08/06/2010

Pseudo débat démago cette nuit sur Arte : Les caves se rebiffent ?

Envie de rire ?

Que fait la police ?

En France, la police a mauvaise presse. En Allemagne, c’est le contraire.

Mais au-delà des faits divers spectaculaires, sait-on vraiment qui sont nos policiers ? Ont-ils les moyens d’exercer leur mission ? Daniel Leconte ouvre ce débat citoyen.

EXCLUSIVITÉS WEB
Extraits vidéos
Bibliographie

Présentation du film


Mardi 23 mars 2010. Melun s’apprête à rendre hommage au policier tué par ETA. Le chef de l’État, Nicolas Sarkozy, prend la parole. Soudain, une dizaine de policiers lui tournent le dos. Un geste de défi envers le président qui, il y a peu encore, avait la confiance de la police. Le symbole d’un malaise profond qui gagne l’institution. C’est par cette scène que s’ouvre La police et Sarko. Le film recueille les témoignages de flics « de base », ceux qui quadrillent les zones sensibles, ceux que l’on envoie en première ligne. Émeutes, trafics de drogue, misère sociale, violences répétées : ils nous font toucher du doigt leur réalité quotidienne. Lors des émeutes de Villiers-le-Bel, plus de trente policiers ont été blessés par balle. Ils se sont fait tirer comme des lapins, mais on leur a interdit d’en parler. Pris en étau entre des délinquants qui les considèrent comme une bande rivale et une hiérarchie qui ne leur donne pas les moyens de remplir leurs missions, les policiers ont une seule consigne : éviter à tout prix les émeutes. « La peur a changé de camp », résume l’un d’entre eux.
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Documentaire de Jean-Michel Décugis et François Bordes (France, 2010, 50 mn)
Coproduction : ARTE France, Doc en Stock

extrait vidéo

Toujours envie de rire ? Va jeter un oeil au posts :

Chat en direct

DERNIÈRE MINUTE - Victime d'un empêchement, Philippe Pichon n'est malheureusement pas en mesure de participer à notre chat.

Cet espace, qui reste ouvert de 20h35 à 22h30, est là pour vous permettre de discuter entre vous et d'apporter vos témoignages sur le métier de policier et sur les relations police-citoyens.



Rediffusion vendredi 2 juillet à 10H25
(France, 2010, 45mn)

Policiers en deuil tournant le dos à l'éloge funèbre de Nicolas Sarkozy, lors des obsèques du policier tué par l'ETA. Melun en 2010

Policiers en deuil tournant le dos à l'éloge funèbre de Nicolas Sarkozy, lors des obsèques du policier tué par l'ETA. Melun en 2010

 

Un documentaire sur le malaise de la police française.

Le 23 mars dernier, à Melun, alors que Nicolas Sarkozy rend hommage à un brigadier tué par l'ETA, une dizaine de policiers lui tournent le dos dans la foule rassemblée en silence. Un geste de défi symbolisant le malaise d'une institution au bord de l'implosion. C'est sur cette scène que s'ouvre le documentaire de Jean-Michel Décugis et François Bordes. Il sera sans concession ni langue de bois. Tétanisant.

Anonymement ou à visage découvert, des flics racontent la peur qui leur vrille le ventre quand ils patrouillent dans les quartiers sensibles. La hiérarchie qui les accable et les muselle au lieu de les soutenir. Les désirs de mort qui hantent les plus fragiles. Les suicides, le sentiment d'impuissance et les flambées de haine. Une dégringolade muette entamée il y a cinq ans lorsque Sarkozy, qui n'était encore que ministre de l'Intérieur, déclarait vouloir "nettoyer les cités difficiles au Kärcher", empêchant ainsi toute possibilité de dialogue.

Le résultat est là, terrible, dans le regard écoeuré de ces hommes et ces femmes qui ont juré de protéger les citoyens, guerriers désarmés d'un combat qui les dépasse.

Piqué au tas sur L'Express.fr - 07/06/2010 - Sandra Benedetti

 

 

"La vie de l'agent de police est pénible ; sa position au milieu de la société aussi humiliante et méprisée que le crime même... La honte et l'infamie l'enserrent de toutes parts, la société le chasse de son sein, l'isole comme un paria, lui crache son mépris avec sa paie, sans remords, sans regrets, sans pitié... La carte de police qu'il porte dans sa poche est un brevet d'ignominie."

22:51 | Lien permanent | Commentaires (0) |

03/06/2010

Banlieues, drones, hélicoptères et le fantasme sécuritaire...


Drones, dirigeables et camions 4 X 4 dans les banlieues
Comment intervenir en toute sécurité dans les banlieues chaudes ? La question est au cœur des préoccupations policières, mais aussi des pompiers, qui ont imaginé, avec plus ou moins de succès, une série de parades.

Discrets drones.
A l’instar des forces spéciales en Afghanistan, la police dispose depuis trois ans de drones. Baptisés Elsa (engin léger de surveillance aérienne), ces engins quasiment invisibles et silencieux, pèsent 1 kg, se déplacent à 70 km/h et sont équipés de caméras fonctionnant tant de jour que de nuit, avec des images transmises en direct au sol. Elsa n’aurait pas été testée en banlieue parisienne, les survols des drones étant interdit en zone urbaine par crainte d’accident. En revanche, deux avions de petite taille, avec pilote, ont bien fait des essais en Seine-Saint-Denis, munis de caméras embarquées. Un autre appareil a été testé à Strasbourg lors d’une nuit de Saint-Sylvestre, habituellement chaude dans la ville alsacienne.

Vidéosurveillance aérienne.
Long de 75 m et dotés d’une batterie de caméras sophistiquées, ce Zeppelin a fait son apparition au-dessus de Paris en juin 2005. Officiellement, il s’agissait, selon la Préfecture de Police, de surveiller la circulation routière ou les manifestations. Mais les caméras sont surtout capables de lire des plaques d’immatriculation à plus de 300 mètres d’altitude. C’est d’ailleurs l’utilisation qui en est faite par l’armée israélienne au-dessus de Gaza. Problème, l’engin n’est ni discret ni bon marché. Son exploitation coûte même particulièrement cher : 3.500 € de l’heure. L’expérience n’a pas été poursuivie.

Camions spéciaux feux de forêt.
Fatiguée des embuscades et des camions dégradés à répétition, la brigade des sapeurs-pompiers de Paris y réfléchissait depuis les émeutes de 2005. Elle a franchi le pas. Depuis l’hiver, trois casernes du 93 sont équipées de camions 4 X 4 jusque-là réservés aux feux de forêt ou aux terrains particulièrement accidentés. Un test qui pourrait se généraliser à toutes les casernes intervenant en zone sensible. Ces impressionnants engins avec pare-buffle peuvent s’extraire facilement des situations délicates en franchissant trottoirs et pareterres. Ils peuvent aussi actionner un puissant canon à eau sans que les pompiers aient à quitter l’habitacle.

 

 

Banlieues - Des hélicos pour traquer les bandes
Démanteler les points hauts, prendre plus vite à revers les fauteurs de troubles, tel est le but de nouvelles tactiques d’intervention actuellement mises en place dans les CRS.

A la fin du mois de mai, dans l’ensemble des 61 CRS, les hommes des SPI (sections de protection et d’intervention) auront été entraînés aux interventions héliportées. Certes, comme le confie Hubert Weigel, le directeur central des CRS au ministère de l’Intérieur, « ces nouvelles tactiques ont aussi été imaginées par rapport aux importants services d’ordre qui seront mis en place dans certains points du territoire français, à l’occasion de manifestations telles que les réunions du G8 et du G20, en 2011… ». Mais, un officier de CRS confie qu’il ne faut pas « se cacher derrière son petit doigt : cette formation est surtout destinée à contrer les éruptions de violences urbaines, comme celles par lesquelles nous nous sommes laissés surprendre, voire déborder, à Villiers-le-Bel (Val-d’Oise), par exemple… ». M. Weigel le confirme volontiers : « C’est dans un souci tactique que nous avons imaginé ces nouvelles formes d’intervention. »

D’autres mesures seront d’ailleurs mises en place, parallèlement, dans 6 des 7 zones de défense du pays (Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Metz et Rennes), telle la mise à disposition des forces de maintien de l’ordre de canons lanceurs d’eau et de systèmes de grilles autoportées. Paris dispose de ces matériels depuis longtemps.

Guérilla urbaine

Dans le cas précis des émeutes qui secouent parfois les cités sensibles, l’expérience a permis de comprendre que, non seulement les émeutiers bombardaient les policiers depuis les toits des tours ou des immeubles les plus hauts, mais que c’est là qu’ils amassaient leurs réserves de projectiles : boules de pétanque, parpaings, pierres, cocktails Molotov, barres de fer, pièces de mobilier. « Tout ce qui peut aider les forces de maintien de l’ordre civiles à s’adapter aux nouvelles formes de guérilla urbaine est, de notre point de vue, bon à prendre, constate Eric Mildenberger du syndicat de police Alliance. Reste que quelques points doivent être analysés au plus près, dont le coût de telles opérations et la sécurité des personnels. »

Hubert Weigel souligne que c’est aussi dans le cadre de la réduction des moyens, imposée à l’ensemble des directions de la police nationale que ces nouvelles méthodes ont été mises en place. « Mais, avec des heures de vol qui coûtent chacune de 2.500 à 35.00 euros, on peut s’interroger sur les économies réalisées », se demande un brigadier – major de l’est de la France. Mais, c’est surtout la sécurité des personnels qui pose question aux différents intervenants, dont les pilotes de la sécurité civile. « Se poser au milieu d’une avenue, pour lâcher une douzaine de nos collègues d’une SPI qui doivent effectuer une tenaille, ne nous pose pas problème. Survoler la terrasse d’une tour, à quelques mètres de hauteur, pour débarquer des gars bardés de matériel, comme leurs boucliers, est plus pointu. Il suffit qu’un de ces boucliers s’envole dans les pales d’un appareil pour que celui-ci ne soit plus contrôlable. Il faut savoir que, lorsque nous transportons des CRS – montagnards qui doivent former une colonne de secours – tout leur matériel est attaché. Les skis sont fixés les uns aux autres, pour justement éviter que l’un d’entre eux soit projeté dans les pales. A contrario, compte tenu du déplacement d’air, un policier qui débarquera sur un toit avec son bouclier, en le tenant fermement pour ne pas qu’il endommage l’aéronef, peut être lui-même entraîné dans le vide. »

C’est justement pour imaginer toutes les situations, même les plus périlleuses, que les entraînements ont commencées voici plusieurs semaines. Reste l’impact psychologique de telles opérations. « Hormis pour du simple transport de personnels, la dernière fois que des hélicoptères ont été mis tactiquement à la disposition des CRS, c’était en Algérie », se souvient un policier retraité. Et même s’il s’agissait officiellement d’opérations de maintien de l’ordre, c’est bien d’une guerre qu’il s’agissait…

 

Piqué au tas sur fRance-Soir - édition en ligne du 14/05/2010

 

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Pneu vélo Michelin, le meilleur, le moins cher !

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02/06/2010

Des journalistes "embedded" dans la guerre contre l'ETA

Que sait-on réellement des arrestations, jeudi matin, de membres présumés de l’ETA ? Pas grand-chose. De source judiciaire, quatre personnes ont été mises en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », l’une d’elle également pour la mort de deux policiers espagnols en décembre 2007 à Capbreton. Trois juges d'instruction sont saisis de ce dossier ouvert par le parquet de Paris. Ce serait la sixième arrestation d'un chef présumé d'ETA en deux ans. Pour le reste, derrière le silence des enquêteurs français —la Sous-direction antiterroriste (SDAT), la Direction interrégionale de police judiciaire (DIPJ) de Bordeaux et le RAID— et la verve du ministère de l’intérieur espagnol —qui affirme que la Guardia civil a participé à l’opération— quelque chose ne tourne pas rond.

A 7h, jeudi matin, une dizaine de médias espagnols donnaient déjà l’information sur leurs site Internet, en précisant que les arrestations avaient eu lieu à 6h15. Plutôt réactifs les collègues et bien matinaux le jeudi matin. Mais là où le bât blesse, c’est dans le traitement de l’information. Le journal La Razon, par exemple, produisait un dossier complet sur l’arrestation, avec photos, soit 12600 signes de texte, l’équivalent d’une double page de tabloïd. Pour un événement censé être survenu, dans le même article, ¾ d’heure auparavant. C’est tout simplement impossible. L’explication était sur le terrain.

Rue du sergent Marcel Duhau, quartier Saint-Esprit à Bayonne, les journalistes locaux sont arrivés bons derniers. Télés et photographes espagnols occupaient déjà la place, chaises de camping pour être confortables, comme tout bon professionnel qui en a toujours une dans le coffre, et thermos de café, comme tout bon pique-niqueur qui prend le temps de préparer sa sortie. Une proportion significative de journalistes était au courant de cette arrestation avant qu’elle ne se produise. Pas les journalistes basques.

Un chroniqueur s’étonnait ce matin-là, sur Euskadi irratia, que l’information ne figure pas sur les sites Internet des médias basques. Et d’en déduire une partialité dans le traitement de l’information. C’est tout le contraire. Pour le mesurer, il suffit de se demander pourquoi certains médias sont mieux informés que d’autres. Et d’où vient cette confiance de « sources anti-terroristes » envers des journalistes dont un seul mot prématuré compromettrait l’arrestation « de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ».

Car on n’est pas non plus au festival de Cannes, où les rédactions habituées obtiennent le palmarès avant la cérémonie, « sous embargo », histoire de préparer de beaux papiers dans des délais raisonnables. On est bien dans une situation de conflit entre l’État espagnol et l’ETA et les bonnes vieilles traditions du journalisme de guerre. Mais il s’agit pourtant, également, de préparer de beaux papiers dans des délais raisonnables.

Depuis le dernier conflit en Irak, l’armée américaine a passé un cap en créant le statut de « journaliste embedded » et en niant par la même occasion celui de tout journaliste non « embarqué ». Un journaliste considéré comme un soldat, que l’on protège et que l’on promène où l’on veut, en finançant d’ailleurs ses transports, avec droit de regard sur ses reportages. Pour autant, la pratique est ancienne et remonte au moins à la guerre de 14, en passant par celle de 39. L’emblématique Capa avait bien un uniforme de l’armée américaine en débarquant sur les plages de Normandie. C’est même l’armée qui assurait les tirages de ses photos, et qui en détruisit une grande part. Nulle raison que les conflits du XXIe siècle renoncent à une pratique si bien éprouvée.

Mais le phénomène est cette fois plus insidieux. D’abord parce qu’il ne dit pas son nom. Ensuite parce qu’il repose nécessairement sur la prime du bon élève, le journaliste en qui l’on a confiance pour sa lecture de l’information, son aptitude au off et sans doute ses idées. Une relation habituelle déclinée à tous les échelons de la presse. Et finalement une instrumentalisation. Car une fois autorisés à publier 12600 signes dans l’heure matinale qui suit les faits, les médias enclenchent un processus imparable, presque mécanique, d’emballement médiatique.

Il fallait voir ce matin là, les agences de presse, pressant leurs correspondants tombés du lit, pour confirmer dans la minute les identités des personnes arrêtées. Les radios improvisant des directs pour faire le point, les télés, interviewant inlassablement la même voisine qui répétait à l’envie qu’elle n’avait « rien vue et rien entendu », les photographes répétant au téléphone « j’envoie ce que j’ai ». Un rythme galopant qui ne peut entraîner que le faux pas. Et ça trébuche. Les informations tournent en vase clos, toujours les mêmes, celles que des « sources anti-terroristes » de Madrid ont offertes à des journalistes. Et le ministre de l’intérieur espagnol a beau jeu de déclarer à la presse, en milieu de matinée : « vous comprendrez que c’est une affaire extrêmement importante, je préfère attendre que l’opération soit terminée pour me prononcer ».

Au milieu de l’information, il y a de la communication. Et bien malin qui peut, ce jeudi matin, trier le grain de l’ivraie. A Urrugne, une perquisition est en cours, au domicile d’Eñaut Aramendi, permanent de Lab. Lui et sa compagne ont été arrêtés dans la même opération. Certains médias évoquent « cinq etarras arrêtés ». Sa compagne sera libéré deux jours plus tard. Lui est accusé d’avoir loué l’appartement. Puis d’avoir transporté les 3 membres de l’ETA. Le ministre espagnol de l’intérieur dira finalement qu’il a un rôle clé que c’est grâce à sa surveillance que les enquêteurs ont pu remonter jusqu’au commando. Depuis quand les enquêteurs révèlent leurs méthodes ? Quelques jours plus tard, c’est finalement le propriétaire de l’appartement, un breton, qui est recherché.

atxilot500Pour les journalistes d’agence, de radio, de télé, ceux qui doivent jouer de rapidité, c’est une torture que de résister à la vitesse en validant ses informations. Depuis la péninsule ibérique, un flot continu de détails se déverse jusqu’au pied de l’immeuble où la perquisition continue. L’un des militants présumé aurait participé à la fusillade de Dammarie-les-lys. L’autre à celle de Capbreton, en décembre 2007. C’est la cinquième personne à qui les médias et les spécialistes attribuent l’échauffourée, même si trois militants seulement étaient impliqués. Mais pas le temps de s’arrêter aux contradictions. Il faut du temps pour valider les informations. Les rédactions sont poreuses. « C’est lequel le chef ? » demande une rédaction parisienne à son correspondant sur place qui vient de valider les identités des prévenus. Comment savoir qu’il y a un chef ? Bien malin qui connaît l’organigramme d’une organisation clandestine. Mais Madrid affirme avoir débusqué un chef, pour la sixième fois en deux ans. Ironie : un gouvernement ne pratique pas la propagande en temps de guerre, c’est bien connu. Ce n’est pas comme si tous les médias s’étaient déjà laissé berner par Madrid lors des attentats d’Atocha, le 11 mars 2004.

Tout ce processus médiatique contribue à une baisse de la vigilance des médias. La vitesse imposée est trop intense. C’est une technique de commercial, qui consiste à faire signer un contrat en moins de temps qu’il n’en faut pour le lire. Il y a eu des précédents, notamment le 20 mai 2008, lors de l’arrestation d’un autre chef présumé de l’ETA à Bordeaux. Les journalistes espagnols ont bien failli arriver sur les lieux avant l’arrestation. Tous ces indices devraient contribuer au minimum à une réflexion des journalistes et au péril qu’ils suscitent. En jeu, ce n’est pas la liberté d’opinion qui est menacée, mais plus grave, la véracité des faits. A moins qu’il ne soit déjà trop tard et que la machine médiatique ne broie mécaniquement les journalistes affranchis, comme l’armée américaine qui ne fait déjà plus cas des non « embedded ».

Piqué au tas chez Paus Basque Info 2.0 - 24/05/2010

http://www-tc.pbs.org/wgbh/amex/oswald/program/images/enlarged/about_fd.jpg

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26/05/2010

Le contrôle du respect des emplacements réservés aux personnes handicapées à mobilité réduite appartient aux forces de police...

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Le contrôle du respect des emplacements réservés aux personnes handicapées à mobilité réduite appartient aux forces de police (police nationale, gendarmerie nationale, police municipale désormais habilitée à constater les infractions au stationnement).

Le stationnement ou l’arrêt sur un emplacement réservé aux véhicules portant une carte de stationnement de modèle communautaire pour personne handicapée, ou un macaron GIC ou GIG, est considéré par le code de la route comme gênant (article R. 417-11, I, 3°). L’infraction est punie de l’amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe. Le montant de l’amende, en cas de condamnation pénale, est au plus de 750 euros (article 131-13 du code pénal). Le montant de l’amende forfaitaire, dont le paiement éteint l’action publique, est de 135 euros, majorée à 375 euros à défaut de paiement dans les 30 jours (pas d’amende minorée si paiement dans les trois jours), sans retrait de point. Le véhicule peut également être mis en fourrière.

17:36 | Lien permanent | Commentaires (0) |

19/05/2010

Caméra de vidéosurveillance - Conseil municipal de Grenoble - Débat démocratique ?

"Vous n’avez pas la parole, c’est la base de la démocratie"

 

Lundi 17 mai 2010 se tenait le conseil municipal de Grenoble. 4 mois après l’installation en douce des 15 nouvelles caméras, nos élus avaient enfin décidé de causer publiquement de vidéosurveillance au conseil municipal. Mais attention, il ne s’agissait même pas de discuter de l’implantation de nouvelles caméras ! Seulement était-il question de mettre en place un comité d’éthique, qui ne servira à rien, si ce n’est à rassurer les citoyens et faire accepter la vidéosurveillance à la population. (voir l’article du postillon à ce sujet)

Alors que les caméras ont été installées dans l’opacité la plus complète, et sans aucun débat, les opposant-e-s à la vidéosurveillance avaient donné un rendez-vous à 17 heures, afin de faire entendre leur refus de vivre en liberté surveillée.

Devant la mairie de nombreuses personnes distribuent des tracts. Entre autres, un tract intitulé « vive la politique », explique que la vidéosurveillance est une politique, et non pas un simple outil, contrairement à ce qu’en disent nos élus. Des personnes distribuent le troisième tract de la campagne « démontons les caméras ». Le NPA est aussi présent avec un tract contre la vidéosurveillance.

Même le PC est au rendez-vous, avec un papier dénonçant la vidéosurveillance. A ce sujet, il faudra qu’on nous explique pourquoi le PC est contre les caméras à Grenoble, et que le maire communiste d’Echirolles, Renzo Sulli, en installe à tour de bras sur sa commune.

Il faut croire que la mairie n’aborde pas ce conseil municipal de manière très sereine. Elle a mis en place, avec la préfecture, un dispositif policier impressionnant. 3 camions de police nationale sont stationnées dans la rue Haxo en face de la mairie, à côté de la voiture de Cellard, la commissaire de Grenoble. Au moins 3 camions de gendarmes mobiles sont garés dans le Parc Paul Mistral. Deux voitures de la BAC tournent autour de la mairie. Enfin, une douzaine de policiers municipaux se trouvent devant la salle du conseil municipal pour contrôler les entrées et fouillent systématiquement les sacs. A cela, on peut ajouter les personnes de la « sécurité incendie », qui se rapprochent plus du flic que du pompier, et qui tournent un peu partout.

A 17 heures 15, il n’y a plus moyen de rentrer dans la salle. La mairie a fait bourrer la salle de sympathisants, (au moins 15 personnes, soit quasiment un tiers de la salle) à grand renforts de MJS, et malgré les places vacantes, les policiers municipaux ont ordre de refouler le plus possible les personnes qui essaient de rentrer. Des dizaines de personnes restent à la porte. Dans la salle réservée au public, on remarque deux très jeunes flics en civil, plus d’autres qui prennent des photos.

Un certain nombre d’opposant-e-s a quand même réussi à rentrer. Le conseil municipal commence. La mairie a pris soin de placer la question de la vidéosurveillance en toute fin de soirée. Au bout d’une demi-heure, un groupe d’opposants resté à l’extérieur prend place devant les fenêtres avec une banderoles : « Le Parti Sécuritaire installe des caméras en douce, démontons-les ». Ils tapent sur les vitres.

A l’intérieur, des personnes dans le public leur emboîtent le pas. Ils réclament qu’on aborde tout de suite la question des caméras. Safar, l’adjoint à la sécurité, se permet des leçons de démocratie, il se fait remballer. « Ca fait des mois que les caméras sont installées, et ce n’est qu’aujourd’hui que vous en parlez en conseil municipal. La démocratie, c’est de discuter les choses avant ! » Les slogans commencent à fuser : « Destot, Safar, on est pas des pigeons, votre comité d’éthique, il est bidon » « Les caméras, on n’en veut pas » Safar fait suspendre la séance une première fois.

Le conseil reprend un quart d’heure plus tard.

C’est le moment des questions de l’opposition sur le budget. Les interventions sont aussi longues inintéressantes. Le public rebondit sur chacune des phrases des élus, en les attaquant sur la vidéosurveillance. Quand Djellal, le président du groupe PS commence à répondre à la salle, Safar lui rappelle : « pas de débat entre la salle et le public » ! Évidemment, vous ne pensiez pas que les élus allaient s’abaisser à rendre des comptes aux citoyens sur les décisions qu’ils prennent sans nous !

Des pancartes sont sorties : « Destot, Safar, Super-flics » « Le comité d’éthique est une arnaque » « La première des libertés, c’est la liberté » Plus tard, elles sont accrochées au mur du fond.

Destot et Safar sont sans cesse interpellés : « Michel, assume tes responsabilités jusqu’au bout, parlons-en maintenant de la vidéosurveillance » « Plus de flics, plus de caméras, c’est la seule réponse que le Parti Sécuritaire est capable de fournir » Destot se défile lâchement, comme à son habitude, incapable de tenir tête aux opposants, et d’assumer ses décisions. Deuxième interruption de séance.

L’interruption est assez longue. Quelques débats s’engagent dans le public. La séance reprend par une intervention de Michel Destot. La vidéosurveillance est un sujet qui le perturbe visiblement, puisqu’il nous demande « en cette journée de l’homophobie » (sic) de ne pas perturber le conseil municipal. Dans son discours auquel personne ne croit sur la démocratie et la république, il laissera échapper : « Vous n’avez pas la parole. C’est la base de la démocratie. » Tout est dit.

Le conseil reprend dans le brouhaha. Sans cesse, les opposants continuent leurs attaques et continuent de demander que le sujet de la vidéosurveillance soit abordé. Les élus, de droite comme de gauche sont attaqués, y compris Maryvonne Boileau, chef de file des verts lorsqu’elle fait son intervention. La séance se poursuit tant bien que mal. Le budget est voté. Lorsque Destot revient dans la salle, le brouhaha reprend alors de plus belle. Une banderole est déployée dans le public : « Destot, Safar, on est pas des pigeons, votre comité d’éthique, c’est du bidon ». Les slogans fusent. C’en est trop. Destot lève la séance et demande l’évacuation du public.

La police municipale entre dans la salle et nous demande de quitter les lieux. Pendant ce temps, Maryvonne Boileau donne une interview à Grenews. Bizarrement, la position des verts a évolué ces derniers jours. Ont-ils senti que le vent tournait ?

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Les journalistes de Grenews et du Daubé sont interpellés. « Pourquoi n’avez-vous pas parlé de l’installation de la vidéosurveillance ces derniers mois ? Vous n’étiez pas au courant, ou vous ne vouliez pas en parler ? » Un journaliste, qu’on appellera Stéphane Echinard, nous dit qu’il n’était pas au courant. Deux options : soit les journalistes de Grenews et du daubé sont complètement incompétents, soit ils ne voulaient pas gêner la mairie sur une question sensible. Stéphane Echinard a pourtant bien reçu un tract « démontons les caméras », il y a plus d’un mois, dans sa boite aux lettres personnelle. Il avait dans la main toutes les informations concernant ces installations, il n’avait plus qu’à « vérifier l’info » comme on dit dans le jargon...

A ce moment, c’est la police nationale qui entre en scène. Pas moins de 40 flics nationaux, entrent dans la salle du conseil, et évacuent tout le monde. Les gens sortent en scandant des slogans. Sur la parvis de la mairie, une rangée de 20 gendarmes mobiles en tenue anti émeute, casque, et gazeuse à la main nous attendent.

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Le conseil municipal reprendra plus tard. Cette fois, le public est filtré. Seuls les habitués de l’UMP et du PS pourront entrer. Tard dans la soirée, le comité d’éthique a été institué. Nous reviendrons plus tard sur sa composition.

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Article pris sur Indymédia Grenoble - 18/05/2010

08:28 | Lien permanent | Commentaires (0) |

11/05/2010

Police: "incitation à la révolte" dénoncée

L'Union Unité police/SGP-FO (premier syndicat de gardiens de la paix) a dénoncé aujourd'hui une "incitation à la révolte" contre la police en évoquant l'action d'un comité de soutien aux personnes poursuivies pour des jets de projectiles contre la police en novembre 2007 à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise).

Dans une lettre au ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, parvenue à l'AFP, le syndicat écrit que, depuis le début du mois, "un comité de soutien aux mis en cause" pour ces faits "effectue une propagande sur Internet qui ne manquera pas de retenir (son) attention".
Ce comité, selon lui, "calomnie l'action de la police" lors des incidents de 2007 et "incite à la révolte" contre elle et "le pouvoir".
Le même comité organise une série de concerts de rap et de rassemblements afin de venir en aide aux mis en examen lors de ces caillassages, selon ce site Internet.
Le syndicat dénonce "cet appel à la libération des inculpés (mis en examen dont un procès est prévu le 21 juin prochain, ndlr)" et "se déclare choqué par la tenue de ces concerts".

Des violences à Villiers-le-Bel, les 25 et 26 novembre 2007, avaient éclaté après la mort de deux adolescents dans la collision de leur mini-moto avec une voiture de police.
Lors de ces violences, une centaine de policiers avaient été blessés par des tirs d'armes à feu et des jets de projectiles et 31 d'entre eux s'étaient constitués partie civile.
De présumés auteurs ont déjà été condamnés pour ces faits, d'autres sont cités à comparaître le 21 juin et sont sous mandat de dépôt en l'attente.

Article du Figaro - 11/05/2010

 

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27.04.2010 - PROBE

Appel à un mois de solidarité avec les inculpés de Villiers-le-Bel


23.04.2010 - PROBE

Les "Tireurs" de Villers le Bel - La délation, nouvel organe de visée ...


DATES DE LA TOURNEE DE SOUTIEN:

Plus de confirmations et noms des groupes très bientôt!

19 Mai - Rouen - Concert: Demon One, DJ Plaiz, Abou2ner, Rdelite + d'autres à confirmer.

21 Mai - Nantes - Discussion: lieu à confirmer

22 Mai - Rennes - Concert: DJ Plaiz, Abou2ner, Rdelite, + d'autres

29 Mai - Villiers-le-Bel - Tournoi de Foot en salle

4 ou 5 Juin - Lyon - Concert

11 Juin - Genève - Concert

19 Juin - Pontoise - MANIFESTATION 15H devant la gare.

 

20:07 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Corto, le logiciel d'analyse de la sécurité urbaine

Pendant que les gros de l'armement vendent, ou espèrent vendre, des milliards d'euros de matériels guerriers au Brésil, une PME française spécialisée dans les systèmes d'information géographique (ou géomatique ) prépare à sa manière la Coupe du monde de football et les Jeux olympiques de Rio de Janeiro, en négociant avec l'État de Rio la vente d'un système de cartographie de la délinquance. Toujours au Brésil, elle discute aussi avec la ville de Santander un programme de cartographie des agressions contre les banques. Sao Paulo est également en discussions.

Itinéraires des délinquants

La société parisienne Althing , fondée en 1998 par Renaud Prouveur, est spécialisée dans la gestion des bases de données d'information sur la sécurité, dont disposent notamment les villes et les services de police et de justice, et qu'elle intègre dans des cartes numérisées. Elle compte une quinzaine d'employés, informaticiens, juristes criminalistes et urbanistes. Son système d'information géographique, baptisé Corto, propose une vision nouvelle de la sécurité urbaine. Dans telle ville d'Ile-de-France, il permet par exemple de repérer les itinéraires des délinquants en analysant les localisations des agressions, attaques et autres incidents urbains. Les données sont si précises qu'il est possible d'anticiper avec succès de futures agressions, en fonction des déplacements des bandes... Pour Renaud Prouveur, Althing est "une entreprise de conseil en sûreté". "Nous travaillons beaucoup sur la prévention. Avec l' Agence nationale de la rénovation urbaine , nous validons des plans architecturaux afin de ne pas créer de zone criminogène." Au regard d'autres entreprises du secteur de la sécurité, Althing signe des contrats modestes, sans doute, mais qui s'élèvent tout de même à 5 ou 10 millions d'euros à chaque fois. Actuellement, les villes de Moscou et de Londres sont en cours de discussion, et la Bulgarie est intéressée par Corto, pour la sécurité de ses frontières.

Toutes les sources possibles

Les fonds de cartes proviennent de toutes les sources possibles : cartes commerciales, photographies ou images satellitaires sont mises à profit. Althing a aussi ses propres sources : quand les données manquent sur les favelas, la société française se rapproche des entreprises d'électricité qui alimentent ces taudis-champignons et lui fournissent les données GPS de chacun des poteaux électriques qu'elles y installent ! Althing a vendu son logiciel Corto à plusieurs villes françaises, et se félicite de contrats récemment conclus avec le ministère des Transports et la préfecture de police de Paris. Mais elle demeure très discrète sur ses applications destinées à renforcer le contrôle et l'analyse permanents des mouvements urbains de la capitale.

Article de Le Point - Jean Guisnel - 05/05/2010

 

Corto, le logiciel qui traque la délinquance

UNE CONCENTRATION anormale d'incendies dans un quartier ? Une série de cambriolages inexpliquée à date fixe ? Des agressions à répétitions dans une impasse ? Pour la première fois dans l'Oise, un logiciel est capable de relever tous les actes de délinquance, de les recouper entre eux, de les classer par date, par type, par commune ou par rue. Mais aussi de les cartographier et de les superposer les uns aux autres... La précision de ce super-logiciel nommé Corto donne le vertige ! Vous êtes impressionnés par la finesse et le réalisme de Earth, ses rues, ses bâtiments et même ses haies d'arbustes. Eh bien, Corto montre tout cela, la localisation précise des actes de délinquance en plus ! « Il favorisera le croisement de données provenant de multiples partenaires, au-delà des forces de police » Hier après-midi, sapeurs-pompiers, gendarmerie, police nationale et municipale et six bailleurs sociaux (Opac, Picardie habitat, Sa HLM de l'Oise, SA HLM du Beauvaisis, francilien, la Sapi) ont signé une convention de partenariat avec l'agglomération du Beauvaisis. « Ce logiciel va nous permettre d'avoir une analyse fiable et affinée des phénomènes de délinquance et de leur évolution, tant dans ses caractéristiques que dans sa localisation, explique la présidente de l'agglo, Caroline Cayeux. C'est une première dans l'Oise. Nous sommes satisfaits et plutôt fiers d'avoir cet outil qui permettra à chaque habitant de vivre en sécurité et de travailler en toute quiétude dans le Beauvaisis. » Le logiciel couvrira les trente et une communes de l'agglomération du Beauvaisis. Il sera mis à jour une fois par mois par chacun des partenaires. « Corto favorisera le croisement de données provenant de multiples partenaires, au-delà des forces de police », poursuit Caroline Cayeux. En échange de leur apport, forces de l'ordre et bailleurs recevront, en retour, des données cartographiques qui livrent une vision globale et concrète d'un territoire, bien au-delà de leur spécialisation. Le logiciel peut ainsi, d'un simple clic, éditer des statistiques par mois, par rue ou par catégorie de délinquance. « En regroupant ainsi les indices, on peut voir si des troubles durables génèrent des dégradations par exemple, détaille un responsable de Althing, le cabinet qui fournit le logiciel Corto. Ou à l'inverse, si des squats génèrent des troubles. » A terme, Corto doit devenir « un outil d'aide à la décision quant aux mesures de prévention à mettre en oeuvre ». Pour être plus clair, un indicateur précis pour un meilleur positionnement des caméras de surveillance ou la fréquence des rondes de police.

Article de Le Parisien - Adeline Daboval - 29/06/2007

 

La commune d’Aulnay sous Bois est nommée pour sa politique de la Ville, son contrat local de sécurité et ses dotations en la matière, parmi lesquelles l’acquisition du logiciel CORTO (Carthographie et Observation des Risques sur les Territoires Ouvert).

Gérard Gaudron, maire UMP à tendance sarkoziste d’Aulnay sous Bois ne jure plus que par la sécurité urbaine et déploie dans sa ville tous les outils préconisés par le Ministère de l’Intérieur : Contrat Local de Sécurité, vidéosurveillance, audits et "expertises urbaines",formation des élus et des agents municipaux création d’un « Observatoire de la Tranquillité Publique » (sic), et mise en place d’un logiciel de "cartographie de l’insécurité"

 

Ce logiciel baptisé Corto, est l’oeuvre de la société ALTHING, jusqu’alors connue comme cabinet de Conseil et de Formation auprès des Collectivités Territoriales, bailleurs, centres hospitaliers et entreprises. Corto est présenté comme un outil permettant "d’intégrer les bases de données des "co-producteurs de l’insécurité (si bien nommés !) que sont Police Nationale, Police Municipale, Pompiers , Bailleurs, Transporteurs, Chefs d’établissements scolaires...", mais aussi gardiens d’immeuble, agents d’espaces verts et travailleurs sociaux.

"En un clic", il permet par exemple de visualiser les 381 rassemblements de halls d’immeubles répertoriés en janvier 2006, et leur concentration. Ces Hot Spots, sont crés à partir de l’agrégation des données fournies par les fichiers des différents co-producteurs (STIC, SIGNA,...etc) et les renseignements qu’ils sont tenus de fournir dans des "Mains courantes", ou des "Bulletins d’Ambiance".

La campagne de publicité "officielle" a été lancée en octobre 2006 aux Assises Nationales de la Sécurité Urbaine généreusement hébergées à Aulnay sous Bois, et organisées par l’Association des Maires d’Ile de France et... le Cabinet ALTHING.

Largement utilisé depuis deux ans dans le cadre du Contrat local de sécurité (CLS), Corto recense "les atteintes à la tranquillité publique" les plus diverses, des vols avec violences aux injures. Cet outil a été tardivement déclaré à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) . Corto est présenté comme un outil d’aide à la prévention et à la décision, pour une meilleure gestion des effectifs. Ses utilisateurs restent très discrets sur des "partages d’information" qui, comme ceux préconisés par la loi Prévention de la délinquance, ressemblent à s’y méprendre à de la délation.

Pour Serge Colombié, responsable de l’Observatoire, seul habilité à manier le logiciel, il ne s’agit pas d’encourager la délation. "On ne travaille pas sur des noms mais sur des lieux d’infractions", rappelle-t-il, assurant que la charte de déontologie et le cryptage de certaines informations transmises "a rassuré les partenaires".

(...) Un travailleur social souhaitant taire son nom explique que "ces remontées de fiches finiront par se savoir dans les quartiers et risquent d’exposer dangereusement les médiateurs et les éducateurs, déjà suspectés d’être des collaborateurs et des auxiliaires de police. Si on lui demande, il refusera. "Quand un gosse fracasse une vitre d’arrêt de bus, c’est ce qu’on va faire de lui qui m’intéresse. Pas d’amasser des fiches", dit-il.

AFP - 12/10/06

 

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09/05/2010

Depuis Athènes, de la part de deux (parmi 200'000) provocateurs

 

Il n’y a pas d’issue de secours

 

Note au sujet de la manifestation du 5 mai et de la mort des trois employés de la banque Marfin, à l’attention des grévistes qui continuent à foutre la merde.

Il est bien sûr inapproprié de rejeter  «lentière responsabilité» de la faute sur M. Vgenopoulos en ce qui concerne la mort navrante des trois employés dans lincendie de la banque Marfin. Que celui-ci ait forcé ses employés, sous la menace du licenciement, à rester enfermés dans les bureaux des étages supérieurs dune banque vide et non protégée, sans aucune installation contre le feu ou issue de secours, à lépicentre de la plus grande manifestation de grève générale des trente dernières années, nest pourtant pas un autre sacrifice dune négligence criminelle sur lautel du profit [Pour le moment, gardons cela en tête : les bénéfices nets de la banque Marfin ont cru cette année de 36,1%, au moment de la «plus dure des crises» alors que tout travailleur devait se résigner face à son travail, et obéir au nom de la nation.], à laquelle sa classe nous a habitués. Cet usage conscient des travailleurs comme bouclier humain pour les banques et les entreprises [Des incidents similaires à celui de la banque Marfin ont éclaté au 23 rue Stadiou, dans un supermarché Bazaar derrière la place Omonoia, où un employé à lintérieur a pu éteindre le feu avec un extincteur, et à la librairie Ianos, qui était ouverte (car cest bien connu, lindustrie culturelle se fout totalement des grèves).] est une des réponses de la classe des patrons aux événements de décembre et à la violence partagée de linsurrection qui sétend, sort des lois et détruit la circulation des biens, frappant et incendiant véhicules, boutiques, ses corps de police et plus que tout ses quartiers généraux : les banques.

 

Pour être clair, il sagit de répondre en tant que telle à la volonté de Vgenopoulos et de sa classe de sacrifier quelques travailleurs pour stopper le processus insurrectionel à l’œuvre jusquà maintenant. Les discussions juridiques ou les sorties gauchistes telles que : linsurrection coïncide avec la prise du Parlement, et non des banques et des boutiques, nayant aucune conscience de ce qui se déroule actuellement, ne font rien moins que refuser de faire face au problème.

 

 

Vous voyez, il est fréquent quun patron sache mieux que les travailleurs où sont ses interêts et comment sy consacrer. Et nimporte quel patron sait toujours que «nous sommes en guerre», même si ils ne le crieront jamais haut et fort, tandis que ces personnes naïves croient quen guerre, il est bon de frapper, mais quil sagit après de se remettre à la soit-disant neutralité de la justice. En nous plaçant sous la tutelle de l’État, nous plaçons même lacte le plus extrême sous la seule égide dun violent réformisme. La seule justice dans la rue, jusquà ce quils soient en notre pouvoir, est nôtre. La responsabilité de nimporte quel événement, de la vie et de la mort de tous, est nôtre : cela correspond à la dictature du prolétariat (sic). Si nous manquons dune confiance essentielle entre nous — autre que celle effective, dun service dordre qui ne laisserait aucun collègue aux mains des patrons, une confiance créée dans et par nos expériences communes au sein des luttes et dans les réunions de rue —, alors la prochaine étape serait de nous appeler nous-mêmes «police» au sein de nos manifestations, dêtre en charge et de porter la responsabilité de tout ce qui pourrait advenir. Celui qui exerce la violence, impose la justice. Utiliser la violence, en dépit du droit par rapport auquel elle se définit, vouloir aboutir à un chaos — abstrait —, ne fait la promotion de rien dautre que des structures hautement organisées et de leur préconçue «justice» armée (les staliniens, la police, la mafia, les groupes para-étatiques). La victoire appartient à ceux qui amènent le chaos sans pour autant le porter à lintérieur deux.

 

Le fait de fétichiser linsurrection comme lacte de destruction représentant une phase antérieure de notre mouvement, qui fut faible et marginale en son temps, après Décembre, et le décapage de cette fétichisation de la violence par la «mise en commun» spontanée qui laccompagne, doit maintenant être dépassé. Un second Décembre ne serait alors pas une victoire, mais bien une défaite. Toute invocation des événements de lannée dernière ne montre rien dautre quun manque total de plan pour ce qui allait suivre. Notre ennemi a avancé, nous sommes forcés de faire de même si nous ne voulons pas disparaître de la scène de lHistoire.

 

 

Nous ne devons pas rester assis à la maison, soumis à la discipline de leur programme télé comme si nous étions de méchants garnements à qui trop a été donné trop vite. Nous devons nous réemparer du Logos (la parole) et le porter dans la rue. Cracher sur la justice médiatique et bourgeoise qui «justifie» la souffrance des uns en utilisant la douleur les autres, accumulant la misère pour tous et socialisant le cannibalisme qui est le sien. Le moins intelligent de ces vautours, avant dasséner que la mort des trois employés allait nous paralyser, sefforçait de nous rendre coupables pour un tas de choses ridicules, telles que la chute prévue du tourisme ou la mauvaise image du pays à létranger. De nous faire culpabiliser parce que nous nous battons. De nous diviser entre «travailleurs pacifiques» et «criminels encapuchonnés armés de molotov», maintenant que tout le monde sait (à lexception bien sûr du parti communiste qui ny voit que des provocateurs) que le 5 mai, il nest aucun des travailleurs pacifiques qui ne se soit soulevé — avec ou sans capuche, avec ou sans molotov — face au va-tout de l’État : sa terreur policière.

 

Cette justice dévore de la chair, la chair de ses opposants, de nimporte qui leur ressemblant, et plus encore des anarchistes, puisquils ont généreusement offert leur drapeau à nimporte quelle violence insurrectionelle, même celle des éléments les plus isolés de notre classe [La nuit du 5 mai, des escadrons armés de Delta, Zeta, police en uniforme et anti-émeute ont pris dassaut le squat des «anarchistes pour un mouvement polymorphe» dans la rue Zaimi, le centre social «Accueil des migrants» de la rue Tsamadou, et de nombreuses maisons et cafés dExarchia, frappant et intimidant les personnes présentes. Au même moment à la télévision, rien de plus ou de moins nétait exigé que les têtes des anarchistes.]. Mais elle veut plus que cela. Il sagit douvrir un traumatisme encore plus grand dans la mémoire sociale, qui nous couperait de toute familiarité avec notre propre violence, avec la violence de notre lutte, avec ses sujets et les liens quils entretiennent. Notre justice ne soccupera que dune seule chose : la réparation. Nous ne savons pas quel genre de personnes étaient ces morts, si leur sens de la dignité aurait ou non fait face à lordure fasciste et aux vautours télévisés négociant leur mort, mais nous sommes sûrs quen tant que travailleurs, leur interêt aurait été la victoire de notre lutte, avec lensemble des travailleurs dEurope et du monde. Nous ne nous entraînerons pas mutuellement vers le fond, mais nous nous soulèverons ensemble : GRÈVE SAUVAGE ET GÉNÉRALE ! Participons aux occupations ! Tenons les rues ! Prenons la parole !

 

Traduit de l’anglais (Act for freedom now!) pour le JL, 8 mai 2010.

 

 

 

Article pris chez Le Jura Libertaire - 8/05/2010

Solidarité avec Exarchia ! PROBE

10:39 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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