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23/07/2009

La légion met le feu à l'actu...

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23.07.09 - 11:07

Plusieurs quartiers de Marseille étaient menacés par un incendie de forêt depuis mercredi soir. Le commandant des marins-pompiers annonce, ce matin, avoir réussi à circonscrire le feu. A l'origine du feu: des tirs de balles traçantes par la Légion étrangère.

"La situation est bien plus calme et apaisée depuis 6H00. Vers 7H00, il y avait encore quelques foyers mais le feu est circonscrit et sous contrôle", a déclaré l'officier, interrogé sur la radio France Bleu Provence et rapporté par l'AFP.

Sur place, 480 hommes restent mobilisés avec une centaine de véhicules et d'importants moyens aériens. Au total, ce sont 1100 hectares de garrigue et de pins qui ont été ravagés par les flammes, a encore annoncé l'officier. Plusieurs maisons ont également été détruites. Les derniers chiffres évoquent une dizaine d'habitations.

Un légionnaire suspendu

Il semble que le feu soit parti à la suite de tirs de militaires, dans un camp au dessus des calanques. Le préfet de région s'est dit excédé face à une attitude scandaleuse et inadmissible. Il a demandé une enquête.

Le responsable de ces tirs de balles traçantes, un chef de section de la Légion étrangère à Aubagne, a été suspendu de ses fonctions, a annoncé à l'AFP le service d'informations des armées. L'utilisation de munitions traçantes est interdit par les consignes de l'armée...

"Il est avéré que l'emploi de munitions traçantes a été utilisé en infraction formelle aux consignes qui ont été données. En conséquence, le chef d'état-major de l'armée de terre a d'ores et déjà pris une décision conservatoire de suspension de ses fonctions du cadre responsable", a-t-il dit.

Dès mercredi, le préfet de région Michel Sappin, "excédé", avait dénoncé "l'imbécilité du geste" des militaires à Carpiagne. "L'an dernier, c'était la même chose près du camp de Canjuers (Var, ndlr), ça avait été le plus grand feu de l'été". Le député UMP des quartiers sud de Marseille Guy Teissier, président de la commission de la défense à l'Assemblée nationale et promoteur du futur parc national des Calanques, avait lui évoqué une "catastrophe humaine et écologique"...

...L'armée de Terre suspend un adjudant du 1er RE, directeur de tir hier au camp de Carpiagne (Bouches-du-Rhône)...

 

...Le SOA est un ancien. Son expérience et sa légitimité lui auraient permis de gérer cette violence. Il l’a souligné lors de son audition. L’enquête de commandement aussi : « Le lieutenant n’a pu bénéficier de l’expérience d’un cadre expérimenté et s’appuyer sur ses conseils. Il convient à l’avenir de rendre impérative lors d’activités terrain la présence du SOA lorsque le chef de section est un jeune lieutenant sortant d’école. » Ce 5 mai, Bertaud est seul. La brutalité de ses gradés lui paraît normale. Ces méthodes rugueuses n’ont-elles pas forgé toutes les unités d’élite ?...

 

...Le témoignage du lieutenant Bertaud, accusé de "torture" et de "barbarie" après le décès d'un légionnaire à l'entraînement.

Propos recueillis par Frédéric Pons, le 09-04-2009

Lieutenant saint-cyrien au 2e régiment étranger de parachutistes (aujourd’hui radié des cadres de l’armée), Médéric Bertaud, 26 ans, vient de passer presque trois mois à la prison de la Santé, du 5 décembre au 18 février, en compagnie d’un ancien légionnaire russe, incarcéré pour désertion.Le juge d’instruction auprès du tribunal aux armées de Paris a mis Médéric Bertaud en examen pour “actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner”, après le décès d’un légionnaire placé sous ses ordres, le 5 mai 2008, au cours d’un exercice militaire dans le désert de Djibouti. Trois autres anciens militaires (renvoyés de la Légion en 2008) sont mis en examen. Le dossier des expertises médicales n’est pas encore clos. Le procès n’est pas attendu avant la fin de l’année...

 

 

Une histoire, le périple d'un légionnaire, une vie mouvementée. Voilà le programme du livre " Légion Je T'accuse " qui vient de paraître aux éditions REXY. C'est l'histoire d'un jeune homme, qui devient par hasard légionnaire. Un ouvrage qui se lit rapidement et qui permet d'en savoir un peu plus sur la légion étrangère et surtout qui dévoile un aspect occulté de la période Kolwezi. Voici ci-dessous l'avant-propos du livre et l'adresse pour se le procurer. 

Avant-propos :  

" La grande muette garde ses vieux démons bien cachés. Avec le temps, les langues se délient pour nous rapporter des témoignages sur des conflits armés, occultés parfois pendant des décennies. Témoigner, révéler font office de thérapie pour certains soldats blessés dans leur corps sur le champ de bataille et plus encore dans leur âme après coup. C’est dans ce contexte, que nos dirigeants mènent la barque, que notre société contemporaine s’est construite. Le mensonge autour des guerres prédomine parfois sur la réalité des faits, laissant lesvictimes à leur propre sort. Depuis quelques années seulement, nous connaissonsla violence des tortures commises en Algérie. Un exemple parmi tant d’autres. Il manque dans nos livres d’histoire, dans les reportages télévisés formatés, un grand nombre de vérités sur les interventions militaires. Le secret défense permet de voiler le pire ; le silence camoufle les horreurs, les magouilles, les exactions ; l’honneur de la patrie est sauf.

Roger Rousseau, auteur de « Légion je t’accuse » aurait pu se contenter de garder ses vieux démons lui aussi, de tirer simplement un trait sur son passé de légionnaire. Il aurait pu se persuader que l’intervention militaire sur Kolwezi, au Zaïre, fut une réussite totale, une intervention propre. Il aurait pu porter sa croix de la valeur militaire sur sa tenue de sortie, encore des années, avec fierté ; faire une carrière exemplaire au sein de sa mère Légion. Mais voilà, Roger Rousseau, légionnaire engagé sous le nom Raymond Reignier, en décida autrement. En prenant le chemin de la désertion, il choisissait de passer dans le camp « des lâches », des fugitifs aux yeux de certains. Ce n’est que quelques mois après son retour de Kolwezi, qu’il préféra partir en cavale. Pourquoi une telle décision, alors que l’avenir lui souriait ? Simplement parce les images qu’il gardait du Zaïre, hantaient ses nuits d’affreux cauchemars. Sur place, il avait alors observé, impuissant, ses frères légionnaires violer des femmes, piller des maisons laissées vides par les Européens, des soldats commettre l’innommable sous les yeux d’officiers peu scrupuleux.

Bien sur, Roger Rousseau sait que l’action de l’armée sur Kolwezi a permis de sauver des vies humaines, que des soldats y sont intervenus en toute dignité. Il sait aussi que les guerres sont sales. Seulement voilà, au Zaïre, certains débordements auraient dû être évités. C’est pourquoi, pour se racheter une conscience, pour vider son sac après plusieurs décennies, il décide de balancer sans concession son témoignage. L’histoireest poignante et semble surréaliste par rapport aux mensonges officiels. Personne ne pourra cependant remettre en doute ce que Roger,allias Raymond, a vu de ses yeux.

Ce livre retrace également les tribulations cocasses d’un légionnaire. De son engagement au Fort Nogent en octobre 1975 au Nid D’Aigle en Corse ; de l’intervention au Zaïre aux « Nayas » de Djibouti. Sans omettre cette cavale de plusieurs années à travers la France, l’Allemagne, la Hollande et l’Irlande, au cours de laquelle, Roger Rousseau vécut tel un fugitif aux abois. « Légion, je t’accuse ! » n’est pas un pamphlet à charge contre la légion, ni un roman. C’est le récit d’une vie bien mouvementée. Un livre en hommage aux morts inconnus Zaïrois de Kolwezi. Au final, Roger Rousseau regrettera surtout d’avoir été trompé par « sa mère légion », qui lui avait dit un jour : « Légionnaire, tu es un volontaire servant la France avec honneur et fidélité ».

Certes, il est toujours possible dans ce monde déroutant qu’est devenu le nôtre d’accepter le silence, de s’enfermer chez soi, de fermer les yeux sur l’avenir qui se dérobe sous nos pieds. Il est plus facile, en ce troisième millénaire, d’entrer dans le rang et de s’asseoir dans le canapé. Ce genre d’attitudes offre toutes les libertés possibles aux décideurs, donne carte blanche à ceux qui voudraient souiller l’humanité, à ceux qui pensent plus aux profits qu’à la sauvegarde de notre planète. Dans le sillage de nos silences, traîne l’amertume, la douleur des peuples opprimés, les remords, un tas de victimes innocentes. Réveillons-nous, informons-nous et sachons dire non lorsqu’il est encore temps. Ainsi, peut-être qu’un jour, nous n’aurons plus à inscrire dans nos livres,le nom de guerres à venir, nous n’aurons plus à mentir. Servons-nous des témoignages du passé, comme celui de Roger Rousseau, pour nous souvenir qu’aucun conflit n’est propre. Seule la paix entre les peuples peut permettre d’envisager un avenir plus serein. Bien sur, l’idée semble utopique, mais n’avons-nous pas besoin d’un brin d’utopie pour espérer

18:59 | Lien permanent | Commentaires (0) |

20/07/2009

C'est curieux chez les vieux militaires xénophobes, ce besoin de faire des phrases !

"Bruno" vient de se lâcher, encore une fois... Bruno, c'est Bigeard..."Le" Bigeard de l'Indo, de l'Algérie...20 années de défaites militaires française...forcément ça marque un homme...

 

Il vient "d'écrire" encore un livre et il se lache...

 

"Adieu ma France des trafics en tous genres, du chômage, de l’islamisme, de la polygamie, du laxisme, de la permissivité, de la famille décomposée..."

 

Donc ne cherchez plus, si c'est le bordel, la crise,ce n'est pas à cause de Madoff.... c'est à cause des felouzes musulmans, des branlecouilles de feignasses de gauche,des divorcéEs,des fornicateTRICEurs et j'en passe...

 

Drôle de remerciement à des gens qui ont donnés leurs vies en 39-45 pour la France et en Algérie...Bigeard oublie les fils de harki et les "musulman et français"...le commando "Georges"... créé, sous les ordres du lieutenant Drillot, formé de rebelles ralliés et de musulmans. Le commando COBRA composé de 200 hommes (volontaires du secteur, pieds noirs et musulmans) sous les ordres du lieutenant GAGET.

 

 

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Vive la France...

18:15 | Lien permanent | Commentaires (0) |

17/07/2009

France 2, sponsor officiel de la guerre contre les taliban

vu sur le net !

bravo l'auteur !

 

Ma vie au poste
Le blog télé de Samuel Gontier

Le 15 juillet 2009 à 17h30

Il faut sanctionner l'adjudant Drucker



Je suis arrivé à Télérama à 6 heures du matin. Juste à temps pour le lever des couleurs. Au garde-à-vous sur la terrasse de la caserne, mes camarades et moi avons hissé l'étendard du régiment, un T blanc sur fond rouge. Puis mon capitaine féminin m'a convoqué : « Au rapport ! » Elle exigeait le compte rendu de ma mission d'observation consacrée à Michel Drucker au cœur de l'armée de terre, hier soir sur France 2. Le voici.

Rapport d'observation n° 54854/AH24 – SECRET DEFENSE
10h15, poste d'observation, nom de code : Canapé. Revêtu d'un treillis, je me prépare à la grande soirée de l'adjudant Drucker en regardant le défilé commenté par le 2e classe féminin Drucker – la vocation militaire, c'est héréditaire.

12h30. Pour sécuriser la mission, j'installe un poste avancé (nom de code : Fauteuil). Sur France 2, le défilé est terminé. Le 2e classe féminin Drucker interroge Notre Président dans un brouhaha qui rend ses propos inaudibles. Je retranscris ci-après les passages que j'ai pu décrypter : « Nos soldats »… « Afghanistan »… « Talibans »… « petites filles »… « vernis à ongles »… « mains coupées »… Après recoupements effectués par mes camarades de section, je peux certifier que Notre Président voulait dénoncer une rumeur vieille de quinze ans et notamment relayée par George Bush et Tony Blair, comme l'a montré Christian Salmon dans un article du Monde (le 3 mai 2008) et dans son livre Storytelling, la machine à raconter des histoires et à formater les esprits.

12h38. Mitrailleuse lourde installée dans le poste Canapé. Sitôt que Notre Président a fini de saluer le public massé derrière les barrières, le 2e classe féminin Drucker donne la parole à sa collègue en faction auprès des barrières de sécurité. Elle est chargée d'interroger les personnes qui ont serré la main de Nicolas Sarkozy « Alors, comment c'était, de serrer la main du Président ? » « Alors, vous êtes contents, vous avez serré la main du Président ? » « Alors, ça fait quoi, de serrer la main du président ? »

14h55. Ravitaillement.
Pendant que j'engloutis ma ration, j'en profite pour jeter un œil sur le Tour de France. L'étape est marquée par l'interdiction des oreillettes, qui suscite l'ire de Laurent Fignon : « Faut pas se mettre des œillères ni se voiler la face, l'oreillette est indispensable. » Effectivement, les coureurs, totalement perdus, sont obligés de déplier leur carte Michelin pour trouver leur route, comme le prouve le document ci-après :



20h37. Position de combat.
« Passez une bonne soirée en regardant votre divertissement », indique le sponsor de l'émission. Je suis rassuré. Ce soir, on ne fera pas de politique. Installé dans le jardin des Invalides, l'adjudant Drucker présente ses invités. « On applaudit l'armée de terre. Vous allez comprendre pourquoi cette émission est exceptionnelle. Ce soir, vous allez découvrir ces hommes et ces femmes d'exception. »

20h54. Canon de 120 mm armé. L'adjudant Drucker lance le reportage sur la visite de Gérard Darmon en Afghanistan. L'acteur y a partagé le quotidien de nos soldats, qu'il a voulu « regarder de manière décalée », c'est-à-dire en les faisant pleurer grâce à des vidéos de leur famille qu'il leur fait visionner. C'est beau, toute cette virilité submergée par l'émotion. De retour sur le plateau, l'adjudant Drucker donne la parole à deux militaires qui reviennent de Kaboul : « L'Afghanistan, ça forge le caractère. » Adjudant Drucker : « Merci beaucoup mon capitaine. Grâce à TV5, l'émission est retransmise dans 87 pays ce soir. »


21h16. Lancement d'un drone d'observation pour ne rien rater des discussions. Guy Marchand raconte les bons souvenirs qu'il a conservés de sa guerre d'Algérie : « La Légion, c'est devenu ma famille. » Adjudant Drucker : « Merci infiniment, mon colonel. »

21h26. Installation d'une batterie antiaérienne entre les postes Canapé et la base opérationnelle (nom de code : Buffet). Aux Invalides, Hervé Morin, ministre de la Défense, intervient : « Je voudrais vous remercier pour votre émission. » Adjudant Drucker : « Merci infiniment, mon ministre. » Et, un peu plus tard : « Tous les reportages ont été réalisés par les équipes de l'armée de terre, je vous demande de les applaudir. » Je n'ai pas bien compris. Hervé Morin a remercié l'adjudant Drucker pour une émission que les services d'Hervé Morin ont réalisée. Il aurait pu se remercier lui-même, on aurait gagné du temps.

21h47. La nuit tombe sur les Invalides.
Je chausse mes lunettes à visée nocturne pour la suite de mon observation. Au Liban, la chanteuse Nâdiya découvre que nos soldats sont instituteurs à leurs heures perdues. « Je suis accompagné d'un sergent féminin », explique un militaire en mission dans une école. Puis Nâdiya fait du char Leclerc, « un char exceptionnel ». Pour l'amuser un peu, nos soldats adoptent une conduite sportive avec virages à fond de train et dérapage au frein à main. En plateau, Nâdiya explique : « Je pense que ces hommes-là sont uniques et en cela très courageux. » Et vice-versa. Adjudant Drucker : « Merci beaucoup, mon général. »



21h58. Un char Leclerc
prend position dans mon salon pour sécuriser mon téléviseur. Bixente Lizarazu et Liane Foly participent chacun à des entraînements, l'un avec les forces spéciales, l'autre dans un camp de préparation au combat en milieu urbain. Le treillis leur va très bien, comme le prouvent ces documents :



22h18. Un Rafale arrive en renfort
par la fenêtre pour assurer la couverture aérienne de mon salon. L'adjudant Drucker lance le reportage sur Arielle Dombasle en visite au Tchad. « Le pays est très pauvre, très pauvre, je n'imaginais pas cette misère et pourtant, des pays pauvres, j'en ai vu », témoigne l'actrice. Heureusement, comme en Afghanistan, au Liban ou au Kosovo, nos soldats interviennent pour soigner les habitants dans leurs hôpitaux militaires, rehausser le niveau scolaire, distribuer de l'eau dans les villages et assurer la bonne gestion des orphelinats. « L'aide des pays riches ici se fait criante », résume Arielle Dombasle, avant de chanter dans une magnifique robe. On ne dira jamais assez combien le rose et le kaki s'accordent à merveille.



22h36. Je rampe sous le poste d'observation n°3 (nom de code : Chaise) pour mieux scruter la suite. Le colonel qui commande la mission Epervier remercie l'actrice : « Arielle Dombasle a laissé le souvenir d'une artiste extrêmement simple et au contact particulièrement facile avec tous nos hommes. » Adjudant Drucker : « Merci beaucoup, mon colonel. » Hervé Morin, de retour sur le plateau : « Depuis 1986, la mission Epervier a pour but d'assurer la stabilité du Tchad en maintenant au pouvoir Idriss Déby. Un dictateur qui, en raflant l'intégralité de la rente pétrolière, maintient sa population dans la misère et permet ainsi à Arielle Dombasle de s'extasier sur l'extrême pauvreté des Tchadiens. » Ah, pardon, il y a une erreur dans cette transcription. Sans doute une manœuvre du contre-espionnage soudanais. En réalité, la phrase d'Hervé Morin s'arrête à « stabilité du Tchad ».

22h43. Je rétablis un contact visuel avec l'objectif. L'adjudant Drucker annonce la diffusion d'un entretien avec Notre Président, réalisé quelques jours plus tôt. En voici la transcription (presque) intégrale.
Adjudant Drucker : « Mon général, merci infiniment de me recevoir. Avec la crise, le budget de la Défense sera-t-il pénalisé ? » Au contraire, il sera abondé, répond en substance Notre Président, car « ce que nous investissons dans le militaire sert aussi au civil, je pense notamment au nucléaire ». Etrange. Je croyais que le nucléaire civil n'avait rien à voir avec le nucléaire militaire et que, pour cette raison, on pouvait vendre des centrales à tous les dictateurs de la planète. Mais peut-être que je n'ai pas bien compris, que la transmission a été brouillée par les services secrets nord-coréens.
Adjudant Drucker : « Merci beaucoup mon amiral. Cette année, vous irez à nouveau suivre une étape du Tour. » « Je crois à cette institution qu'est le Tour de France. Dès que j'ai une minute, l'après-midi, je regarde l'arrivée de l'étape ou, si je la rate, je regarde le résumé. »
Adjudant Drucker : « Alors, vous êtes plutôt Armstrong ou plutôt Contador ? » « Je ne vais pas prendre parti, mais Armstrong, après le cancer, à 38 ans, être capable de faire ce qu'il fait, c'est exceptionnel. »
Adjudant Drucker : « Merci infiniment, mon maréchal. Vous allez rouler cet été ? » « Oui, derrière chez nous, il y a un petit col… »
Adjudant Drucker : « Oui, bien sûr, le col de la Mole… » « Je le fais tous les jours quand je suis en vacances. »
Adjudant Drucker : « Je vous remercie beaucoup mon… » « Rompez ! », l'interrompt Notre Président.

Conclusion du Rapport d'observation n° 54854/AH24 – SECRET DEFENSE
Je ne suis pas en mesure d'annoncer si Notre Président sera équipée d'une oreillette dans l'ascension du col de la Mole. En revanche, je suggère de mettre aux arrêts l'adjudant Drucker, qui a bafoué l'honneur et la discipline de l'armée française en ponctuant ses saluts militaires de « mon » (« mon général », « mon colonel », etc.). Or, si le « mon » est de rigueur dans les films américains, il est absolument proscrit au sein de nos unités. Quant au taliban Laurent Fignon, qui affirmait « faut pas se mettre des œillères ni se voiler la face », il conviendrait de lui faire regretter cette provocation.
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Samuel Gontier

 

 

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15/07/2009

Mais que fait la police ? Le Jura Libertaire

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Et oui, ma bonne dame, mon bon monsieur, que fait la police ?

Nous sommes bien à Montreuil, vous et moi : Montreuil, Seine-Saint-Denis. Qu’on y habite ou qu’on y passe, on a des yeux pour voir que ça ressemble peu à l’image qu’en donnent les journaux et les politiques. Aucune ville ne saurait ressembler à ces images abruties(-santes), alors j’ai décidé de commencer à décrire ce que c’est, aberrations optiques comprises.

Montreuil, c’est grand, ça fourmille de monde, c’est très complexe et c’est étonnamment tranquille. Sinon, ça ressemble beaucoup aux autres villes où j’ai vécu : l’État est partout et son administration nous octroie (ou pas) le droit d’être là, au prix de tous ces comptes à rendre sans cesse en montagnes de paperasse et de justifications d’existence. Il fait régner sa loi, sous l’infinie variété de ses uniformes, pour assurer le maintien d’un ordre réglé par le profit.

Comme partout ailleurs, c’est ça que fait la police.

L’argent est partout, mais pas pour tout le monde, évidemment. Le travail ne manque pour personne — il faut réussir à survivre dans la métropole —, c’est le salaire qui est rare, puisqu’on n’arrive pas à échapper vraiment à toute cette marchandise qui s’étale. Même les besoins les plus primaires, se nourrir, se loger, se déplacer, sont soumis à la propriété que tout l’arsenal répressif sert à protéger.

Comme partout ailleurs, c’est ça que fait la police.
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Malgré cela, ici, je connais des gens un peu partout. Ils sont très différents les uns des autres, mais ils me ressemblent plus que ceux des panneaux publicitaires (que l’on trouve en nombre grandissant dans la commune voisine de P., et qui sont blancs, jeunes, actifs…). En général, à leur façon, ils font comme moi : ce qu’ils peuvent. Et ils s’entraident. Ils s’organisent pour ne pas (trop) subir face aux patrons, aux Assedic, aux HLM, aux contrôleurs de tout poil. Souvent, ils travaillent à construire quelque chose qui leur plait : une maison, une crèche, un livre… Parfois, on partage une aversion certaine pour tout ce qui précède, on essaye de comprendre comment s’en débarrasser et quand on trouve une petite idée, on s’empresse de la mettre en œuvre. Ça non plus, ce n’est pas vraiment une pratique spécifiquement montreuilloise. Ces derniers temps, ça a donné en vrac : des occupations de maisons, de CAF, de tours de la mairie, des manifs, des actes de résistance aux rafles de sans-papiers, de solidarité avec des grévistes, des assemblées, des bouffes, des chansons… et j’en passe…

Mercredi soir, à Montreuil, c’est sur tout cela que la police a tiré au flash-ball. Dans la tête. Ce qui s’est passé ce soir-là arrive dans beaucoup d’autres villes et dans des situations très diverses (manifestation, intimidation des habitants de certains quartiers…). Une fois de plus, parler de bavure serait tout simplement mensonger.

Car elle fait quoi la police, hein ? Qu’est-ce qu’elle fait la police à Montreuil ?

Elle joue au ball-trap dans les rues de la ville, mon bon monsieur, ça tire sur tout ce qui bouge, sur tout ce qui ne rentre pas dans le rang. Avis aux amateurs de démocratie participative : pour garantir la pérennité de ce beau système, la police républicaine vise à la tête !

Et oui, la police républicaine.

Celle qui fait des auto-tamponeuses avec les mobylettes des adolescents — moratoire sur les voitures de police ! —, celle qui charge dans les avions des paquets humains en les étouffant avec des coussins — moratoire sur les coussins ! —, celle qui tamponne un procès-verbal de mise en garde à vue à 22 heures et un certificat de décès à 6 heures du matin — moratoire sur les gardes-à-vue ! — etc. La spécificité du recours systématique aux tirs de flash-ball, qui ont l’avantage pour les policiers qui les utilisent de mutiler sans tuer — ce qui les exposerait à quelques tracasseries administratives et à une légère prise de retard sur leurs points retraite —, doit être prise en compte mais il faut être particulièrement obtus ou parfaitement de mauvaise foi pour soutenir que la question de la violence de la police se résume à cela. Car au fond, ma bonne dame, mon bon monsieur, tout le monde sait ce qu’elle fait la police.

Tout le monde le voit, ça crève les yeux.
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14/07/2009

"Heia Safari" chanté sur F2 par l'armée française en Afghanistan

halluciant !

L'émission bourre le mou engage toi-r'engage toi fait très fort sur F2 en ce moment...

premier morceau d'antologie, la fin du reportage sur Darmon avec le chant "heia safari" ...perso "les trompettes d'Haïda" l'auraient mieux fait...jugez-vous même :

 

Donc,pour info, l'armée française vient de chanter LA chanson allemande de l'Afrika Korps !!!!

 

Que nous réserve la suite de l'émission ?

21:02 | Lien permanent | Commentaires (8) |

13/07/2009

Retour sur 'l'affaire de Cognin"

J'avais fait un article sur "Agoravox"sur ce qui est arrivé à ces deux jeunes gens. Voilà maintenant un très bon article pour la "suite" de cette non-affaire, comme celle de Tarnac....encore merci à touTEs ceux et celles qui soutiennent les mouvements de solidarité.

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Comment créer des terroristes à partir d’un fait divers…

Durant la nuit du 30 avril au 1er mai, dans une usine désaffectée de Cognin (près de Chambéry), une explosion provoque le décès d’une jeune femme et blesse grièvement son compagnon. Ce tragique accident entraîne, par un jeu de leviers dont seul l’État a le secret, le débarquement de la Sous-Direction Anti-Terroriste (SDAT) du parquet de Paris dans notre bonne vieille ville de Chambéry.


Celle-ci procède à une série de perquisitions dans plusieurs squats, dont une est menée par 130 flics en tout genre comme même la mafia locale n’en a jamais vu, puis décide la mise en détention après 80 et 72 heures de garde à vue de deux dangereux squatteurs pour des motifs surréalistes, que seules les lois scélérates de l’antiterrorisme permettent de justifier.

Mais soyons plus précis : la police informe la presse locale, qui informe la population… La police, enfin la presse, nous dit que les deux victimes de l’explosion manipulaient des substances explosives (du chlorate de soude et du sucre) qui leur ont explosé à la gueule. La presse, enfin la police, dit aussi qu’ils préparaient un engin explosif et qu’il y aurait une troisième personne dans le coup. Dans le même temps, «de source judiciaire, on affirme qu’elle [la personne décédée] était proche des milieux anarchistes…» (20 Minutes, le 1er mai). À moins qu’elle ne soit de «la mouvance anarcho-autonome» comme le soulignera le Dauphiné Libéré dans ces innombrables articles… Et voilà un scénario bien ficelé qui permet à la SDAT de prendre l’affaire en main ! Surveillance, enquête, perquisitions amènent rapidement nos fins limiers à trouver deux autres personnes dans le milieu des squats chambériens pour leur coller sur le dos l’accusation d’«association de malfaiteurs en vue de commettre des actes terroristes et de nuire à la sécurité de l’État», leur permettant ainsi de justifier tout et n’importe quoi. Avec cette juridiction spéciale, qui prend ses ordres directement au ministère de l’Intérieur, la Justice, sur laquelle nous n’avons par ailleurs aucune illusion, ne s’embarrasse même plus de discours sur son indépendance et son impartialité, etc. Non, ici, avec l’antiterrorisme, c’est la machine gouvernementale qui est en marche, pour casser toute opposition, réelle ou fantasmée, quitte à enfermer des gens pour leurs idées. Alors, pour les deux individus qui ont le malheur de tomber entre ses mains, c’est le grand numéro et aucun échappatoire : garde à vue à rallonge (96 heures maxi dans le cadre de l’antiterrorisme), avocat au bout de 72 heures, détention provisoire assurée (depuis le 8 et 12 mai)… et l’incertitude sur leur sort, bien que le «dossier» soit complètement bidon.

À côté de cela, nous aurons eu le «plaisir» de lire la presse, locale essentiellement, qui se répandra en articles plus ou moins douteux, usant du qualificatif «anarcho-autonome», «anarchiste» ou «libertaire» comme d’un élément à charge. Or, depuis la bonne douzaine d’années que la Fédération anarchiste existe à Chambéry, ses membres qui, étonnamment, se revendiquent anarchistes, sont actifs dans de nombreuses luttes, au fil des mouvements sociaux et des coups portés par la classe dominante. Ils sont présents dans la plupart des manifestations avec leurs propres discours et slogans, bien visibles sous les drapeaux noirs, s’expriment au travers d’un site internet, de tracts, d’affiches, de conférences et de débats publics, de projections et autres évènements… Bref, diffusent les idées et pratiques anarchistes à Chambéry et en Savoie, comme le font des milliers d’anarchistes en France et dans le monde. Étrangement, nous n’avons jamais eu l’honneur de lire ne serait-ce qu’une seule fois le mot «anarchiste» ou même le plus soft «libertaire» dans la presse locale. Quant à citer la Fédération anarchiste, nous savons, de source sûre, comme les journalistes se plaisent à le dire, que cela leur est interdit. Mais à vrai dire, on s’en fout. Nous relevons juste que les anarchistes n’existent pour les médias que lorsqu’ils sont associés à des mots tels que «terrorisme»… Car depuis ce début de mois de mai, le mot «anarchiste» est soudain apparu dans le lexique des journalistes du canard local le plus lu et de quelques autres, au point d’apparaître quasi quotidiennement dans les colonnes de cette presse. Souvent mêlé à d’autres termes au sens plus ou moins ésotérique comme «mouvance anarcho-autonome» ou «ultra-gauche». Il faut dire que l’affaire est sulfureuse : des jeunes à qui la police colle l’étiquette de faiseurs de bombes et tant qu’à faire celle d’anarchistes ou quelque chose comme ça… Et voilà nos bovins journalistes qui foncent sur le drapeau rouge (et noir) que les flics leur agitent sous les yeux ! Il est vrai que manipuler des matières explosives et appartenir au mouvement scout ou au club d’échec local, ça sonne moins bien… Quoi qu’il en soit, la perfusion administrée à nos chers journalistes par la SDAT afin de mieux relayer le discours politico-judiciaire, mêlé à leur ignorance crasse de toute notion relevant de l’anarchisme pourrait expliquer tant d’amalgames. À moins qu’absence d’esprit critique, malhonnêteté intellectuelle et servilité soient des caractéristiques permettant de réaliser la basse besogne journalistique sans rechigner, au regard d’une affaire qui de toute évidence n’est qu’une grossière manœuvre…

Cette affaire nous en rappelle ainsi une autre, tout aussi grotesque, celle dite «de Tarnac» avec ses arrestations, ses détentions et son retentissement médiatique à l’échelle nationale.

On peut se demander dans quelle mesure ces opérations politico-médiatiques ont leur origine dans les fantasmes de la classe dirigeante, avec sa logique de complots, de réseaux clandestins et d’ennemis à traquer. Par contre, ce qui est clair, c’est la stratégie d’ensemble élaborée et appliquée depuis quelques années par l’État et son personnel, qui se renforce ces derniers temps et qui opère par la peur et la violence.

Quelques éléments de cette stratégie :

—  Diffuser dans la population, afin de mieux la «tenir», la peur d’un hypothétique ennemi intérieur, qu’il faut bien inventer de toute pièce.
—  Provoquer dans la population le rejet, ou tout au moins la distanciation, vis-à-vis des opposant-e-s au système (création d’un «cordon sanitaire»).
—  Instaurer un système de surveillance, de fichage et de renseignement qui permette de diffuser le sentiment d’emprise de l’État sur les individus et notamment les militant-e-s.
—  Criminaliser, avec l’intervention de plus en plus systématique du couple police-justice, toute contestation sociale qui sort des clous de la pseudo-paix-sociale, et qui utilise comme moyens la désobéissance civile, l’occupation, le blocage, la grève autogérée, l’action directe en général.
—  Faire quelques exemples, appliquer la violence d’État, afin de tenter d’installer un climat de peur parmi les militant-e-s en faisant planer la possibilité de la répression, même aux plus modéré-e-s.
Voilà quelques ficelles de la politique actuelle.


Que l’État invente ses «terroristes» pour tenter de légitimer son action ne nous étonne guère, le procédé est vieux comme le pouvoir…

Face à l’arbitraire de l’État :
Solidarité et liberté pour les inculpés !







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12/07/2009

Bourrage de mou-propagande-Engagez vous r'engagez vous qu'y disaient ...

Une vidéo pour la Paix dans le monde:

 

Noubliez-pas: la guerre c'est moche !

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1er RPIMa: Gilles Polin, mort à 28 ans

Polo_3_4 Un soldat français tué en opération n'est pas une simple statistique. Grâce à son régiment (que je remercie vivement), le 1er Régiment parachutiste d'infanterie de marine de Bayonne, voici deux photos de Gilles Polin, tué le 3 mars au cours d'un incident frontalier au Soudan.

Gilles Polin, né le 19 novembre 1979 à Bar-le-Duc (Meuse), s'était engagé au 1er RPIMa en juillet 2000. Après son BTS, il souhaitait absolument rejoindre cette unité des forces spéciales. "C'était le 1er RPIMa et rien d'autre", racontent ses proches.

D'abord militaire du rang, il est nommé sergent en 2004, après être passé, en semi-direct, à l'ecole des sous-officiers de Saint-Maixent. A la liste pour le grade de sergent-chef, il a été nommé adjudant à titre posthume.

Gilles Polin était specialiste des transmissions, affecté à la compagnie de transmissions Rapas (recherche aéroportée et actions spécialisées) du régiment. Depuis 2005, il appartenait également au groupe des chuteurs opérationnels, et avait, à ce titre, effectué des sauts à très grande hauteur lors d'exercice en Afrique.

Gilles Polin avait participé à plusieurs opérations extérieures : en Côte d'Ivoire (2002-03) et en Afghanistan (photo ci-dessus) à deux reprises dans le cadre de l'opération Arès contre les Talibans (2003-04 et 2006-07). Il était présent au Tchad, dans le cadre des forces spéciales de l'Eufor, depuis le 11 décembre 2007.

 

Selon le porte-parole militaire, le lieutenant-colonel Khalid al-Sawarmi, le soldat français avait été découvert vivant lundi par des nomades arabes qui l'ont abandonné, faute d'avoir pu communiquer avec lui.
"Il était vivant et il marchait, grièvement blessé. Ils ont tenté de l'aider mais a surgi un problème de langue. C'était le jour de l'affrontement", a-t-il dit à l'AFP.
Ce ne serait que plus tard que ces nomades de l'ouest du Darfour, région en proie à la guerre civile, ont retrouvé son corps, à 4 km à l'ouest du village d'Abou Jaradil, en direction de la frontière tchadienne.

 

 

analyse de Pierre Prier, Date de parution : lundi 17 avril 2006.LIBREVILLE, 17 avril.

Le Tchad était la chasse gardée de la France. Celle-ci le fit comprendre au colonel Kadhafi dans les années 80, quand une livraison massive de missiles Milan arrêta net les blindés libyens...A l’époque, de nombreux hauts gradés de l’armée française ne cachaient pas leur sympathie pour le rebelle du Nord, Youssouf Togoïmi, magistrat formé à Reims, adoubé pour remplacer un Déby qui ruait dans les brancards...Les Tchadiens se battent pour les revenus du pétrole ; mais ce pétrole est américain et malais. Déjà, quand Elf s’était retiré, c’était plus par désintérêt pour la région et par crainte de son instabilité que pour des raisons politiques. Dans un pays morcelé où aucun groupe ne domine par le nombre, la possibilité d’une plongée durable dans le chaos n’est pas négligeable. Les voisins soudanais et libyens y participeront forcément. Les Etats-Unis, impliqués dans le dossier de la paix soudanaise, y seront peut-être entraînés. La France joue une partie difficile au milieu de ce trop-plein d’acteurs.

 

TCHAD 1968 – 2002

Lorsque le Tchad accède à l'indépendance en 1960, l'Armée Nationale Tchadienne (ANT) embryonnaire et l'administration se montrent incapables d'assurer la continuité du pouvoir. Il est utile de rappeler que jusqu'en 1961, une notable partie du territoire tchadien, celui des nomades en particulier, était encore administrée par des militaires français ; en 1961, les premiers troubles éclatent au Logone et à Fort Lamy en 1963 ;en 1965, la France, en vertu des accords signés, évacue ses garnisons du Borkou, de l'Ennedi, du Tibesti, du Kanem et du Ouddaï, y laissant ainsi un vide administratif. A partir de 1966, le Front de libération nationale du Tchad (FROLINAT) tente d'exploiter à des fins politiques le mécontentement général, alors que les réfugiés Toubous de Libye commencent à organiser la rébellion de l'extérieur.

La première demande d'intervention est adressée à la France par le président Tombalbaye en août 1968. Dans ce contexte, le gouvernement français décide d'entreprendre une double activité militaire et administrative afin de régler globalement le problème tchadien. Le chef de la mission de réforme administrative et le général délégué militaire au Tchad sont mis en place en avril 1969. Tous deux sont des « anciens du Tchad », mais le climat se détériore rapidement et leurs rapports avec l'armée tchadienne sont tendus. A cet effet, l'Etat-major franco-tchadien (EMFT) est créé, avec à sa tête le général Cortadellas. Son objectif principal est d'enrayer au plus vite la progression des rebelles et de réorganiser l'armée tchadienne, opérations menées par la compagnie parachutiste du 6° RIAOM et un EMT du 2° REP, relevé en avril 1970 par un EMT de composition identique mis sur pied par le 3° RIMa et composé de jeunes engagés.

Bison

A la fin de l'année 1970, la région du BET (Borkou - Ennedi -Tibesti) est la préoccupation première du commandement français, puisque l'aide libyenne aux rebelles ne fait que s'accentuer. Cela débouche sur une opération d'envergure destinée à assainir cette région afin de faciliter le maintien de l'armée tchadienne après le retrait des forces françaises. Elle est dirigée par le colonel Gagnaux, commandant le 6° RIAOM, qui dispose de plus d'un millier d'hommes et de renforcements supplémentaires, d'appui aérien et de moyens de commandement. Elle se déroule du 11 janvier au 10 mars et sera reprise sous d'autres noms en octobre puis en février - mars 1972.

Même si les bandes rebelles ne sont pas détruites, le FROLINAT bénéficiant toujours d'un soutien libyen important, les forces francotchadiennes parviennent à ouvrir des itinéraires à la circulation et démontrent qu'aucune zone n'est hors d'atteinte de leur action. Parallèlement, l'intervention française a d'ores et déjà permis de rétablir l'autorité de l'État tchadien. L'EMFT est dissout et la présence française se réduit progressivement. Cependant, le désengagement en août 1972 n'est que provisoire.

Tacaud (février 1978 - mai 1980)

La stabilité du pays s'avère fragile. Les rapports avec la France ont déjà commencé à se détériorer lorsque, en 1975, un groupe d'officiers renverse le régime du président Tombalbaye, qui est tué au cours des affrontements. Le gouvernement militaire qui lui succède exige le départ des forces françaises, qui s'effectue fin octobre 1975. La mission d'Assistance Militaire Technique (AMT), comprenant une majorité de cadres des Troupes de Marine, demeure sur place, prolongeant avec abnégation sa mission.

A mesure que progressent les troupes de Goukouni Oueddeï, leader des opposants au nouveau gouvernement, les demandes d'intervention française se font plus pressantes, incitant la France à engager l'opération Tacaud en février 1978.

La première phase de cette campagne comporte une action de force réussie face à l'offensive rebelle soutenue par la Libye. La présence française s'accroît progressivement, alors que l'esquisse des futurs Détachements d'assistance opérationnelle (DAO) fait partie du nouveau dispositif déployé. Ces détachements composés de gradés ont pour mission d'assurer l'encadrement des unités tchadiennes.

Un calme provisoire s'installe, en vue de créer un gouvernement d'union nationale. L'échec de cette tentative entraîne un nouvel embrasement du pays. A partir de ce moment, les forces françaises jouent un rôle d'interposition entre factions opposées, essayant de porter secours aux populations, tout en s'efforçant de protéger la vie et les biens des ressortissants français.

Durant de nombreux mois, les forces françaises se retrouvent dans un imbroglio politico-militaire qui bloque complètement la situation. Cependant, leur présence est indispensable afin d'entretenir un espoir de pacification, puisqu'elles pallient les absences d'un Etat disloqué et engagent des actions en faveur des civils. La distribution d'eau et d'électricité est rétablie, alors que l'infirmerie de l'hôpital militaire de Tacaud est exclusivement consacrée aux soins des Tchadiens. Le colonel de Tonquedec, COMELEF au Tchad, est même sollicité pour faciliter le rassemblement des partis tchadiens afin d'entreprendre une nouvelle tentative de conciliation. Tacaud prend en charge la logistique et la sécurité de l'opération en aménageant sur le site de Douguia un terrain d'aviation et en y implantant un poste militaire.

Le 11 novembre 1979, un gouvernement d'unité nationale est formé. Pour la première fois depuis dix ans, grâce à l'action efficace des forces françaises, marsouins et bigors en tête, le Tchad est officiellement en paix.

En dépit de tous les efforts déployés, les combats reprennent en mars 1980. Mais, sous la pression de l'Organisation de l'unité africaine, et à la demande du gouvernement tchadien, les troupes françaises se retirent une nouvelle fois.

Manta (11 août 1983 -11 novembre 1984)

Durant la période 1980-1983, le Tchad est le théâtre d'affrontements entre les forces du président Goukouni et des rebelles de Hissène Habré, avec une intervention directe de l'armée libyenne. Cette dernière circonstance décide le président Mitterrand à intervenir militairement, tout en évitant un affrontement direct avec la Libye. Le contingent français, qui compte jusqu'à 3500 hommes, s'engage dans une nouvelle opération de sécurité et d'aide humanitaire massive. La ligne rouge instaurée au niveau du 16e parallèle est bien défendue. Les troupes libyennes sont obligées de se replier, même si elles ne respectent pas leur engagement de se retirer totalement du nord du Tchad, engagement pris au terme d'un accord avec la France pour le retrait parallèle et simultané des troupes étrangères.

Dans ce contexte, l'armée tchadienne se reconstruit progressivement avec l'appui de la mission d'assistance militaire (MAM). Elle n'est pas la seule: au cours de l'année 1985, les adversaires en présence au Tchad ne cessent de se renforcer.

Epervier (14 février 1986 - 2 décembre 2002)

A la demande du président tchadien Hissène Habré, le gouvernement français décide, d'une part, d'apporter aux Forces armées nationales du Tchad (FANT) le soutien nécessaire pour s'opposer efficacement à toute agression au sud du 16° parallèle et, d'autre part, de neutraliser la base aérienne de Ouaddi Doum afin de paralyser le soutien aérien libyen. A la différence de Manta, cette opération privilégie désormais l'action aérienne.

A partir du mois de janvier 1987, la décision est prise de chasser les libyens hors du Tchad.

Malgré la victoire des forces du président Habré, appuyées par le soutien logistique français, la situation du pays demeure critique, ce qui prolonge la durée de l'opération Epervier.

Toutefois, l'essentiel du territoire est libéré. La France entreprend des actions de déminage et de contrôle des zones menacées par la présence libyenne. La normalisation de la vie politique est également accompagnée par les éléments français, dont la présence se réduit progressivement.

En décembre 1990, le président Habré est renversé par Idriss Deby. Le DAO du 3° RIMa intervient pour assurer l'évacuation des ressortissants étrangers. Dans ce contexte, les forces françaises observent une stricte neutralité dans ce nouveau conflit. L'opération Epervier se poursuit encore en 2002 au profit du nouveau régime avec le groupement terre des éléments français au Tchad (EFT).

 

 

 

 

 

 

 

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11/07/2009

ENGAGEZ-VOUS ! Tristes Tropiques...Le service militaire adapté !!!

Après les essais nucléaires à Mururoa...la grotte d'Ouvéa..."Apprendre et réussir par l'effort et le travail " pour 300 par mois !!!!

Le sevice militaire adapté ?

Outre-mer : le service militaire adapté va doubler ses effectifs d'ici 2012

C'est un engamement du président de la République en faveur de l'Outre-mer : les effectifs du Service militaire adapté vont doubler d'ici 2012, passant de 3000 volontaires formés en 2009 à 6000 en 2012.

Le secrétariat d'Etat à l'outre-mer va bénéficier d'un abondement très substantiel de son budget, lui permettant de construire de nouvelles infrastructures (90 millions d'euros entre 2010 et 2012) et de recruter  300 cadres militaires supplémentaires, venant essentiellement de l'armée de terre.

Deux nouvelles implantations seront également ouvertes : Futuna, dans le Pacifique, et Saint-Martin aux Antilles.

Le SMA s'adresse uniquement aux jeunes de l'Outre-Mer et leur propose une formation professionnelle dans un cadre militaire. Libération l'avait présenté en mars dernier. Lire l'article sur ce blog et les propos de son chef, le général Frétille.

 

Volontaire dans les armées, stagiaire au Service Militaire Adapté, il suit une formation professionnelle de son choix au sein de l'unité du SMA de son département.

Qui est concerné ?

  • Tous les jeunes ayant leur résidence outre-mer, âgés de plus de 18 ans et de moins de 26 ans.

Où se renseigner ?

  • Lors de l'appel de préparation à la défense (APD).
  • Auprès de l'unité du SMA la plus proche.

Incorporations :

  • Dans l'unité du SMA du département ou territoire du lieu de naissance. La date exacte sera précisée lors de la souscription du contrat.

Nombre de postes offerts :

  • Environ 2300 pour l'ensemble du SMA.

Durée du volontariat :

  • 12 mois, pouvant être exceptionnellement renouvelés, pour atteindre une durée maximale de 24 mois.

Niveaux requis :

  • Aucun. Le SMA a pour vocation d'accueillir les jeunes ayant eu des difficultés de formation.

Dans quelle spécialité :

  • Celles dispensées dans les unités du SMA.. La nature de ces formations varie selon les unités du SMA.

Quelles rémunérations :

  • Environ 300 € par mois.
    Engagez-vous Rengagez-vous dans les troupes coloniales Maurice Toussaint 1938.jpg

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10/07/2009

Les faux résistants...Gérard DARMON fait de la promo pour la chair à canon


 

La semaine dernière nous avons eu la visite de Gérard Darmon, ce dernier venait soutenir les troupes, et tourner un sujet qui sera diffusé le 14 juillet sur France 2 ou 3.

Je l'ai croisé hier soir à l'apéro, il est plus petit qu'à la télé,(je sais, c' est petit) mais très sympa, disponible et drôle, il a même la politesse de ne pas soupirer quand pour la 200éme fois de la journée on lui met une grande claque dans le dos en l'appelant Amonbeaufils ( l'architecte dans un avatar cinématographique d' une aventure d' Astérix) On a eu de la chance, au Tchad ils ont eu Liane Foly (saucisse lyonnaise).

 

 

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Il faudrait arrêter de faire cette propagande !!! La guerre c'est moche !!! Tu as des soucis de trésorerie gérard ou c'est un soutien moral ?

 

Lucian_Read_american-soldier-ramadi-wounded-by-ied-iraq-2006.jpg
inside the gallery the caption reads: Lucian Read Iraq 2006 American soldier lies on an operating table in Ramadi after being wounded in an IED blast

18:38 | Lien permanent | Commentaires (0) |

04/07/2009

Les Etats-Unis réinventent le Macchartisme - Glenn Beck de Fox TV n'a pas lu l'Insurrection qui vient...(réactualisé)

 

Le journaliste politique Glenn Beck livre sur la chaîne américaine Fox News son analyse du livre «L'insurrection qui vient», dont la version traduite en anglais sort le 9 août. Selon lui, il s'agit d'«un livre dangereux» qui «appelle à la révolution violente» et que les Américains doivent prendre très au sérieux.

The Coming Insurrection : panique à Fox News

Trouvé dans la bibliothèque de Julien Coupat à Tarnac lors de son arrestation, et considéré par ses accusateurs comme une pièce à conviction, L’insurrection qui vient, publié en 2007 à La Fabrique, a connu depuis un succès inattendu. La traduction anglaise paraîtra en août aux Presses du Massachusetts Institute of Technology (MIT), et elle semble bien partie pour susciter autant d’émoi aux Etats-Unis qu’en France (1). Le 1er juillet, sur Fox News, le chroniqueur Glenn Beck brandit le brûlot du Comité invisible en le qualifiant de « livre dangereux ». Sur fond d’images d’émeutes dans les banlieues françaises ou ailleurs, il en extrait quelques citations terrifiantes et annonce que Julien Coupat est en passe de pénétrer clandestinement sur le territoire américain. Il conclut en soupirant que, partant en vacances le soir même, il va maintenant devoir... lire ce livre, « pendant que toute sa famille lira des choses amusantes », afin de pouvoir, à son retour, dire à son public « ce qu’il y a dedans » !

« En dépit des exorcismes, le spectre de la révolution, l’immense espoir qu’un jour tout pourrait changer, filtre de la conscience collective et naît de l’enchaînement des événements. Les colères soulevées par la crise économique inquiètent les commentateurs conservateurs. Conscients que leur modèle idéologique s’effrite, ils scrutent avec inquiétude les signes du surgissement... Un autre monde ? La course folle du capitalisme vient en tout cas de fissurer celui que nous connaissons », écrivions-nous en ouverture de notre dossier de mai, « Comment naissent les révolutions », désormais accessible en ligne.

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-07-03-The-Co...

 

«L'extrême gauche appelle activement à la violence. [...] Ils veulent abattre le capitalisme et le mode de vie occidental. Cela a commencé en France et s'est étendu à des pays comme le Grèce ou l'Islande, des pays où les gens n'ont plus de travail, plus d'argent et plus de patience. [...] L'Europe est au bord de la destruction depuis plusieurs années. Maintenant, le phénomène est sur le point d'arriver aux Etats-Unis.»

Le présentateur révèle que Julien «Coupé», l'un des auteurs présumés du livre, a visité le Canada avec son amie en janvier 2008 et s'est «glissé» de l'autre côté de la frontière pour visiter New York. «Qui s'inquiète de la frontière canadienne? Au fait, nos frontières sont sûres, pas vrai?» ironise-t-il.

Conclusion de Glenn Beck, qui avoue tout naturellement n'avoir pas encore lu le livre: «Je ne demande pas à une interdiction de ce livre. Il est important que vous lisiez ce livre. Vous savez ce que les gens pensent, vous savez qui sont les ennemis, et vous êtes prêts.»

Slate : http://www.slate.fr/story/7605/lam%C3%A9rique-doit-se-pr%...

 

 

 

 

 

 

Autre analyse mais même conclusion sur Libération :

http://www.liberation.fr/brut-de-net/06011086-fox-news-fa...

 

Voilà une pub inattendue pour la sortie américaine imminente du livre qui a empêché Michèle Alliot-Marie de dormir... Le très droitier Glenn Bleck a consacré sa chronique du 1er juillet sur la chaîne conservatrice Fox News à l'Insurrection qui vient, que le gouvernement français soupçonnait Julien Coupat d'avoir écrit.

La traduction anglaise -The Coming Insurrection- doit être publiée aux Etats-Unis début août, aux presses du Massachussets Institute of Technology. Et Glenn Beck voit là de "gros problèmes en perspective", tant les "désaffiliés" du monde entier ont tendance à se rebeller ces derniers temps.

Lors de son show -en version traduite par Libé ci-dessus- Glenn Beck lit des extraits du livre sur fond d'images d'émeutes en France et de manifestations au Japon ("Ils ne font pas ça, normalement, les Japonais!", s'étrangle-t-il).

Pour le chroniqueur -qui annonce emmener le livre en vacances- il est urgent de lire l'Insurrection qui vient "afin de connaitre ses ennemis".

 

Comme part hasard, le ROS Italien vient de mettre la main sur les auteurs d’un vaste complot :

 

Présentés comme appartenant à «la mouvance anarchiste», ils ont été arrêtés alors qu’ils s’apprêtaient à saboter une ligne de train en Italie. Ils doivent être inculpés pour «association subversive» «dans un but terroriste».


Deux jeunes Italiens, présentés comme appartenant à «la mouvance anarchiste», ont été arrêtés vendredi 3 juillet en Italie, alors qu’ils s’apprêtaient à saboter une ligne de train. C’est la section anti-terroriste de la gendarmerie italienne (Ros) qui a effectué cette arrestation, a-t-elle elle-même annoncé.

Ils ont été interpellés à 5h (3h GMT), sur un pont au-dessus de la ligne ferroviaire Orte-Ancône (nord-est). Ils étaient à bord d’une voiture volée qui contenait des crochets artisanaux en fer pouvant servir à provoquer un court-circuit sur le réseau d’alimentation de la ligne, a indiqué à l’AFP un porte-parole du Ros, sous le couvert de l’anonymat.

«Nous sommes intervenus un peu avant qu’ils ne mettent leur projet de sabotage à exécution», a affirmé le porte-parole.

Une quarantaine de perquisitions

Dans le même temps, les gendarmes ont procédé, sur instruction du parquet de Pérouse (nord-ouest), à une quarantaine de perquisitions chez des sympathisants du groupement «anarcho-insurrectionnel» auquel appartiendraient les deux jeunes arrêtés, selon les mêmes sources.

Pour ce qui est des deux jeunes interpellés dans la voiture près de la ligne Orte-Ancône, l’un d’eux est né à Rome en 1982 et l’autre à Pérouse en 1987, a précisé le porte-parole, qui n’a pas fourni plus de précision sur leur identité.

«Dans un but terroriste»

Les deux jeunes seront inculpés pour «association subversive» et «atteinte à la sécurité des transports publics dans un but terroriste», a-t-il indiqué. 37 autres personnes de ce mouvement «anarcho-insurrectionnel» ont été inculpées d’«association subversive» à l’issue des perquisitions, selon le porte-parole. Mais ces dernières ont été laissées en liberté, a-t-il souligné.

Le mouvement «anarcho-insurrectionnel» est un mouvement subversif interdit, a précisé le porte-parole des Ros qui a précisé qu’à ce stade l’enquête ne faisait pas apparaître de liens avec l’étranger.

Le G8 en toile de fond

La police et la gendarmerie italiennes sont en état d’alerte maximale en raison de l’imminence de la tenue du 8 au 10 juillet du sommet du G8 à L’Aquila dans les Abruzzes (centre) et de l’arrivée en Italie de 39 chefs d’État ou de gouvernement étrangers.

Le 11 juin dernier, les forces de l’ordre avaient déjà arrêté six personnes qu’elles soupçonnaient de préparer un attentat contre le G8.

La sécurité des transports ferroviaires est également au centre des préoccupations des autorités italiennes après la catastrophe de Viareggio (nord-ouest) qui a fait lundi 21 morts dans l’explosion accidentelle d’un wagon-citerne chargé de GPL (gaz de pétrole liquéfié).

Cette affaire intervient alors qu’en France se poursuit l’enquête controversée de la section sur les neuf inculpés de Tarnac, soupçonnés eux aussi par les enquêteurs d’avoir voulu saboter des lignes ferrovières en France.

Leur presse (Le Nouvel Observateur), 3 juillet.

 

 

Après le fantôme des Brigades rouges ressuscité il y a trois semaines, c’est maintenant aux «anarcho-insurrectionnels» d’occuper la scène répressive, en remake de «Tarnac».

Dans la nuit américaine du spectacle, toutes les vaches sont grises.

À bas l’État ! Et gare à ses flics de tout poil — en face comme parmi nous !

Avait posté hier le visionnaire « Le Jura Libertaire ».

 

 

Herr Grimaud, 23 mars 2009

Des sorcières aux autonomes : les hérétiques, de l’Antiquité à nos jours

 

Un lien entre le traitement fait aux supposés tenants de la sorcellerie, dans le passé, et celui réservé aux prétendus membres de la mouvance anarcho-autonome, aujourd’hui ? Allons donc, faut pas pousser mémé dans les orties… Pourtant : si. Et je vous le prouve, au long d’un rappel historique s’appuyant sur le travail de Norman Cohn. Sortez vos balais et vos chapeaux pointus, fini de rire !
Retour aux sources : cette bonne vieille Antiquité

La sorcellerie telle qu’elle est conçue et imaginée au Moyen-âge est un héritage de l’Antiquité. Les accusations de démonolâtrie et d’infanticides rituels sont prononcés pour la première fois à l’encontre des chrétiens, à l’époque une secte dissidente du judaïsme refermée sur elle-même et qui prétend que son Dieu est le seul labellisé 100% divin. C’est l’aspect mystérieux et confidentiel de cette secte, la confusion par rapport à l’Eucharistie (manger le corps du christ sous forme de pain) et à l’Agape (nom donné au repas que prenaient les premiers chrétiens pour commémorer la cène et pendant lequel ils échangeaient le baiser de la paix) qui conduisent de nombreux observateurs de l’époque à décrire les chrétiens comme participant à des orgies incestueuses et cannibales et à des sacrifices rituels. Certaines descriptions carrément grotesques en deviennent comiques, notamment l’accusation d’adorer un Dieu à tête d’âne et de lui baiser l’anus (dans le monde antique, si certains dieux ont effectivement des parties animales, peu sont aussi mal considérés que l’âne). Les chrétiens étant une secte marginale, ils servent de boucs émissaires et agrègent tous les fantasmes morbides de l’époque.

Le système religieux romain est une concrétion à même d’assurer l’unité de l’empire et la « pax romana ». Au fur et à mesure que l’empire s’étend, les Dieux et les peuples sont pareillement intégrés. Parallèlement, la société romaine évolue vers une déification de l’empereur. A ce stade, le monothéisme des premiers chrétiens est considéré comme une atteinte à la société dans son ensemble, d’où les persécutions dont ils sont victimes.

La religion catholique finit par sortir de son ornière et, bien entendu, il n’est plus question de ces accusations lorsque la religion chrétienne, prosélyte et universelle, devient religion d’empire.

Paradoxe historique

L’évolution que connait l’idée de sorcellerie au cours du Moyen-âge est parallèle à la diabolisation des hérétiques. En pratique, il s’opère un retournement historique audacieux : les chrétiens accusent ceux qui dévient du dogme de ce qu’on leur reprochait à l’origine. D’où : ces accusations sont toujours une manière d’exclure les personnes incriminées de la société humaine en les accusant de transgresser l’ensemble des tabous communément admis (inceste, partouze, manger les bébés, zoophilie…). C’est valable pour les Vaudois, les Cathares et les Fraticelli. Ça a également été le cas pour les Templiers, qui n’ont eu d’autre tort que d’avoir une immense fortune aiguisant l’appétit de ce psychopathe de Phillipe le Bel. Ces affaires démontrent l’utilisation machiavélique qui a pu être faite de ce type d’accusations.

Par la suite, il s’opère une confusion entre la perception paysanne de la sorcellerie (qui s’exerce sous forme de « malleficum » : maléfices ayant pour objet de nuire à quelqu’un), la conception du magicien (lettré qui fait appel à des forces démoniaques sur la base de rituels établis par écrits) et ces hérésies dont les adeptes, par la force des choses, ont une pratique collective et secrète de leur foi. Si le fait de transformer ces derniers en adorateurs du démon bons pour le feu relève incontestablement de la manipulation, une grande part des procès individuels et collectifs dans les villages relèvent du fanatisme religieux, de l’obscurantisme et de la connerie humaine. Avec ce constat : les personnes taxées de sorcellerie s’étaient souvent, au cours des années, mis une grande part de la population du village à dos ; cette accusation matérialisait ainsi un consensus villageois pour se débarrasser de quelqu’un.

Méthode inquisitoriale

En ce qui concerne la justice, la méthode inquisitoriale est une innovation intéressante de la période. Auparavant, le procédé de droit utilisé était largement issu du droit germain : la méthode accusatoire imposait au plaignant d’engager personnellement sa responsabilité dans la plainte déposée. Et s’il n’apportait pas la preuve matérielle de ses accusations, c’est lui qui se mangeait un châtiment équivalent. Ce système avait l’avantage de limiter les procédures aux cas où les personnes étaient prêtes à prendre ce risque considérable pour obtenir justice.

A contrario, la méthode inquisitoriale consiste en une mise en accusation par la puissance publique. Cette dernière se charge d’obtenir des aveux par la torture et de brûler l’accusé s’il revient sur ses aveux. Pratique, n’est-ce pas ? D’où la possibilité d’obtenir ce qu’on veut de qui ont veut, de suggérer et de voir immédiatement la personne contresigner.
(Pour information, la raison qui sous-tendait l’utilisation de la torture dans les procès en sorcellerie est la suivante : les personnes étant sous l’emprise du démon, seule une torture bien menée pouvait permettre de rompre le lien entre la victime et les puissances infernales ; la torture était donc vivement recommandée par Dieu lui-même, puisque les aveux pouvaient permettre de sauver l’âme du pauvre pêcheur(resse).)

La grande chasse au sorcière des XVIe et XVIIe siècles, et les procès de masse qui ont eu lieu, proviennent de l’exigence de délation de la part des autorités, persuadées d’avoir affaire à une force occulte organisée. Sous la torture, les gens dénonçaient n’importe qui. Pour exemple, dans la petite ville de Wiesensteig, en Allemagne, 63 femmes ont été brûlées pour la seule année 1562 ; et en une année, des villages ont perdus prés de 10 % de leur population.

Ésotérisme et falsification historique

Question : y avait-il une organisation structurée de sorciers ? L’auteur de Démonolâtrie et sorcellerie au Moyen-Âge, fantasmes et réalités, Norman Cohn, pose que l’amalgame opéré entre hérésie et sorcellerie, entre des pratiques individuelles et des pratiques collectives, a conduit de nombreux auteurs modernes à verser dans cette erreur historique postulant l’existence de « covens », ces sociétés secrètes de sorciers(ères) se livrant à des sabbats, réunions périodique comportant leur lot d’activités plus ludiques les unes que les autres. Telles qu’invocation du démon ou du diable en personne, grosse partouze et dévoration de bébés…

Les principales sources d’information à ce sujet sont les comptes-rendus de procès d’inquisition. Au vu des méthodes employées, on peut se poser des questions sur la crédibilité de ces témoignages. Et supposer que ces compte-rendus sont surtout des projections d’inquisiteurs obsédés par leurs propres démons. Ainsi de cet abbé persuadé que des diablotins s’acharnaient sur lui, lui donnant des gaz et le faisant dormir pendant la messe…

Ce qui est amusant, c’est que l’ouvrage de référence en la matière, celui de madame Murray, publié au début XXe siècle, a conduit à la renaissance du mouvement païen et à la constitution de la Wicca, néo-paganisme moderne né dans les années 30 sous l’influence de l’ouvrage de Murray et d’un individu nommé Gardner. Pourtant, aucune preuve historique sérieuse n’existe pour confirmer ce postulat de l’existence d’une société secrète de sorciers. Par ailleurs, sa théorie se fonde largement sur l’oeuvre d’ethnologie de Frazier, le « Rameau d’Or », qui ramène la plupart des croyances antiques à la fertilité. Pour Murray, les cercles de sorcières étaient des cercles de femmes adorant une sorte de religion primitive de la terre et de la fertilité, en opposition au patriarcat du catholicisme.

A la suite de Murray, de nombreuses théories historiquement invérifiables ont été échafaudées, comme celle de Michelet, postulant que les cercles de sorciers étaient en fait des réunions de personnes en rébellion contre l’autorité de la religion et des seigneurs. Il est intéressant de constater que ces théories suivent très fidèlement le Zeitgeist du moment : celle de Michelet par son enthousiasme pour l’émancipation des classes laborieuses et le féminisme naissant ; celle de Murray par Frazier ; enfin, celle de Rose par l’époque psychédélique (il postule de grandes réunions de défonces à base de décoctions de plantes et des orgies avec des gens déguisés en animaux).

Les liens à établir avec notre époque, maintenant, chez nous

D’après Norman Cohn, les historiens ont gravement sous-estimé les capacités de l’imagination humaine : les récits de sorcellerie sont manifestement des compilations de faux documents et de délires montés de toute pièce. Il en ressort aussi un archétype au sens Jungien [1] de la société secrète, que l’on retrouve dans l’antisémitisme au XXe siècle (notamment à travers le Protocole des sages de Sion), mais également dans le traitement du terrorisme et la paranoïa sécuritaire actuelle.

La continuité est de deux ordres.

- Sur la forme : le traitement fait aux « terroristes » présumés dans les prisons israëliennes ou américaines est du même ordre que celui réservé aux hérétiques du Moyen-âge ; de même, alors qu’au Moyen-âge existaient des manuels de la « question » pour faire avouer l’hérétique, des manuels de torture ont été réalisés à destination des marines américains.
On peut constater aussi que la procédure inquisitoriale a déteint sur la conception juridique actuelle, en tout cas en matière de lois antiterroristes. Une des principales caractéristique de la procédure inquisitoriale comme des lois antiterroristes est l’absence presque totale de protection de l’accusé. La puissance publique accuse, cherche les preuves, condamne et applique la sentence. En pratique, elle part de sa propre conviction, sans qu’elle soit motivée par une plainte ou une dénonciation (comme c’est le cas en droit romain, par exemple), et cherche ce qui peut étayer sa thèse. Pour moi, les hérétiques du XXe siècle sont les personnes suspectées de terrorisme (étant donné qu’une infime part de ces dernières sont effectivement des terroristes actifs).

- Sur le fond : il apparaît clairement que le fantasme terroriste, bien qu’il soit en partie fondé sur la réalité, est largement amplifié et manipulé par les autorités capitalistes, occidentales et impérialistes (pas de raisons d’exclure le gouvernement chinois du cercle très ouvert des enfoirés). Sans revenir sur les différentes théories qui font du terrorisme une manipulation d’Etat, l’opportunité de l’ennemi intérieur et extérieur est évidente dans une situation de contestation politique grandissante et généralisée. Les masses terrorisées se concentrent alors sur le danger le plus immédiat : celui qu’on leur fait manger à l’heure du journal télévisé en accompagnement des petits pois.

[2]

D’une certaine manière, les membres de la mouvance anarcho-autonome incarnent les sorciers du XXIe siècle, et il est difficile de dire si l’acharnement dont elle est victime (si tant est qu’elle soit autre chose qu’un fantasme du pouvoir) est de la manipulation ou du fanatisme dogmatique. Dans l’affaire de Tarnac, on a pu voir la preuve de cette procédure inquisitoriale dans la recherche de pièces à conviction : harnais, horaires de trains et, pour montrer que Julien Coupat était le chef de la « bande », ce qui justifie encore son incarcération, un dessin d’enfant sur lequel il figure au-dessus (tout simplement parce-que l’enfant l’avait tout d’abord oublié).
Et si la soi-disant mouvance anarcho-autonome représente la sorcellerie du XXIe siècle, il n’y pas loin à chercher pour trouver l’Eglise prosélyte et universaliste, avec ses conciles (G8) et ses instances prétendant gouverner le monde (OTAN, ONU, FMI, OMC), par la force s’il le faut. Si au niveau franco-français, les autonomes font une bel épouvantail, à l’échelle du monde c’est l’ensemble des mouvements alternatifs et de contestation qui sont régulièrement attaqués.

La dérive sécuritaire paranoïaque me paraît n’être rien de plus qu’une énorme baudruche remplie de ces gaz fétides que produisent la peur et le fanatisme. Ça me fait bien marrer quand des gens disent : « Ça n’arriverait pas chez nous, on est pas des barbares »… Alors que « chez nous », on revient à grand pas aux bonnes vieilles méthodes médiévales de traitement de la contestation.


[1] Soit une « image primordiale » renfermant un thème universel, commun à toutes les cultures humaines mais figuré sous des formes symboliques diverses, et structurant la psyché inconsciente

[2] Affiche de Matt Mahlen.

Un article issu de : Des sorcières aux autonomes : les hérétiques, de l'Antiquité à nos jours

À voir en ligne ici : http://www.article11.info/spip/spip.php?article331

 

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