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01/07/2009

Couverture médiatique ou comment faire taire les alternatifs


Mercredi 1 juillet 2009

De quoi la Voix du Nord est-elle la voix ?

Le camp No Border de Calais a été étouffé avec tant de soin que rien, ou presque rien, n’est paru dans les médias nationaux. Seuls les médias locaux se sont appliqués à en suivre le déroulement.
À leur manière.

 

La Voix du Nord,  et la presse locale "aux ordres" n'aiment pas qu'on leur rappelle leur subordination. La couverture médiatique de la répression des manifestations est très importante pour les gouvernements.

Un blog comme le Jura L. ne fait que pointer "l'objectivité" de certains papiers. Le "rappel à l'ordre"  législatif n'est en fait qu'un moyen pour LVDN d'éviter la critique. Ils peuvent donc continuer à faire leurs articles, en toute "objectivité" en censurant ceux et celles qui leur font remarquer la subjectivité de leurs infos...


La couverture du contre sommet de l'Otan était de la même veine, idem pour le Daubé (Dauphiné Libéré) et l'explosion à Cognin.

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Comment va être "couvert" le G8 début juillet ?

11:48 | Lien permanent | Commentaires (0) |

29/06/2009

Les faux résistants...Vraie conne ou fausse brune ?

SISSONNE (02) Liane Foly, une recrue de charme

Liane Foly au Centre d'entraînement aux actions en zone urbaine de Sissonne dans l'Aisne.

Liane Foly au Centre d'entraînement aux actions en zone urbaine de Sissonne dans l'Aisne.

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La chanteuse Liane Foly a échangé strass et paillettes contre treillis pour le tournage de l'émission « Au cœur de l'armée de terre » qui sera diffusée sur France 2, mi-juillet.

Les militaires du camp de Sissonne ont suivi un entraînement un peu particulier jeudi dernier. Les caméras braquées sur eux tout l'après-midi et sur leur nouvelle recrue : Liane Foly. La chanteuse, également imitatrice, a troqué le micro contre la tenue kaki.

Le capitaine Grégoire Hubsch lui a fait découvrir le quotidien du camp. « On m'a demandé de l'accueillir et de lui faire vivre ce que nous vivons. Je lui ai présenté le métier. Elle s'est insérée dans le groupe d'entraînement avec naturel, avec beaucoup d'aisance », confie le capitaine.

Après deux heures de tournage, Liane Foly est exténuée. « Si j'avais fait trois concerts de suite, je serais moins fatiguée », sourit la VIP du camp militaire. Avant de rentrer chez elle à Paris et de se mettre dans un bain, elle raconte : « J'ai suivi, j'ai regardé leur entraînement. Je suis impressionnée par la précision des armes, par le véhicule blindé. Avec ce tournage, j'ai eu une vraie prise de conscience. On oublie chaque jour qu'il y a la guerre, des combats. Quand je les vois en exercice, je suis touchée. On se dit que le reste, à côté, a peu d'importance. Pour moi, les militaires, le corps médical, les pompiers, ce sont des personnes très importantes. Il faut un courage immense pour s'engager dans l'armée. »

Appel à Franck Dubosc

Même si Liane Foly n'est pas prête à quitter la chanson pour l'armée, elle ne risque pas d'oublier de sitôt son expérience au camp militaire axonais, selon ses confidences.

Quant aux militaires du camp de Sissonne, ceux du 35e Régiment d'Infanterie de Belfort et du R.I de Marche du Tchad de Noyon, c'est pareil : l'expérience avec Liane Foly restera gravée dans leur mémoire. Avant que la célébrité quitte le CENZUB, les militaires ne se sont pas privés de séances photos.

Le sergent Harzi, le caporal Noulin et le caporal Nacimento attendent tous trois un autographe. « Le tournage s'est très bien passé. Liane Foly s'en est bien sortie. On n'a pas eu de souci particulier. »

Les trois militaires lancent un appel à d'autres stars qui aimeraient s'immiscer dans leur centre d'entraînement. « J'imaginerais bien Franck Dubosc ». Allez, l'appel est lancé.

CAROLINE SUEUR

 

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LE casque rivé sur la tête, l'équipement de combat sur le dos et… Un sourire dont elle ne se sera jamais départie de toute la journée : Liane Foly était à Sissonne, hier après-midi, pour le tournage d'une émission de France-Télévision qui aura pour titre « Au cœur de l'armée de terre ».
« L'idée est relativement simple », commente le réalisateur de ce divertissement, Laurent Perrigault, « nous avons souhaité braquer nos projecteurs sur les différents aspects de ce corps armé en demandant à des artistes de s'immerger dans différentes unités afin de mieux comprendre leur quotidien ».
Et pour le centre entraînement en zone urbaine de Sissonne (CENZUB), c'est donc Liane Foly qui s'y est collée avec un plaisir évident mais aussi avec… émotion.
« On arrive là comme dans un jeu et puis, très vite, lorsqu'on nous met dans le bain, on comprend les risques que courent ces hommes et ces femmes. Ils mettent leur vie en péril pour protéger celle des autres et la noblesse de leur mission ne peut laisser personne indifférent », nous a-t-elle confiés à l'issue de deux bonnes heures passées à « crapahuter » aux côtés des militaires du camp mais aussi ceux du 35 RI de Belfort ainsi que du Régiment de Marche du Tchad de Noyon.
Une structure unique

« Nous lui avons fait découvrir le matériel dont le véhicule blindé de combat de l'infanterie (VBCI) », indiquait le capitaine Grégoire Hubsch, chargé de « piloter » l'artiste durant cet entraînement, « de même, elle a été équipée du félin, un matériel individuel bardé d'électronique. Deux merveilles de la technologie que nos hommes apprennent à maîtriser sur le CENZUB et plus particulièrement dans la ville entièrement reconstituée de Geoffrecourt ».
Car c'est bien là que résident les raisons de la venue de Liane Foly à Sissonne : mettre en exergue le modernisme de l'armée de Terre et montrer que le département de l'Aisne s'apprête à devenir une référence européenne en matière militaire, ce CENZUB demeurant une structure unique en son genre.
« C'est un département que je connais bien et que j'aime », devait encore ajouter la chanteuse avant de raccrocher les armes, « je suis d'ailleurs tombée amoureuse de la cathédrale de Laon et s'il me reste un peu de temps ce soir j'irais y faire un saut. Ce sera l'occasion de redécouvrir les lieux, mais aussi de prier pour toutes les personnes que j'ai côtoyées aujourd'hui… ».
Quant à la diffusion de l'émission, animée par Michel Drucker, elle devrait avoir lieu dans le cadre de la fête nationale, en juillet. Mais nous y reviendrons plus en détail.
Nicolas

FOSTIER

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20:56 | Lien permanent | Commentaires (0) |

28/06/2009

Les faux résistants...Faux con ou vraie buse ?

Promo pour la chair à canon sur F2, ancienne chaîne publique...

Premier faux cul = Lizarazu ! Les autres vont suivre...

Dans la série "je fais croire que l'armée c'est bien" surtout quand on y est pas...avec Gillie Suit,Saco TRG et tout le toutim...


Lizarazu, Rapace d’un jour

Bonjour à tous,
c’est bon, je suis à jour concernant les photos. J’ai eu un petit soucis informatique en effet.
Soyez gentil, ne vous moquez pas de moi avec mon casque orange.
C’est de là qu’est née l’expression “Tete d’oeuf”!
Mis à part ce détail esthétique, j’ai passée une journée extraordinaire avec les forces spéciales du 1er RPIMa basé à Bayonne.
J’ai testé pour vous leur savoir faire…
Prise d’otage, saut en parachute à 4000M d’altitude avec un immense frisson de 45 secondes de chute libre, tir et close combat.
J’ai reçu un accueil musclé (c’était pas pour me déplaire) mais sympa et chaleureux. J’ai vraiment du donner de ma personne…pour suivre cette élite de l’armée dans leurs entrainements.
D’autant plus que l’AIR, c’est pas du tout mon domaine et c’était une première.
C’est à voir le 14 juillet sur France 2 et c’est présenté par Michel Drucker
A trés vite
Bixente
..
N.B1: vous commencez à etre faignant sur vos messages sur le blog.
Une précision pour ceux qui en doutent: je lis tous vos messages et j’écris mes articles!!!
Alors bougez vous les fesses maintenant.
..
N.B2: Ci dessous articles et photos parus dans Sud Ouest
..
..
..
1ER RPIMA. Le champion du monde de foot s’est entraîné avec les commandos au coeur de la Citadelle

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Lizarazu, Rapace d’un jour

 Lizarazu, Rapace dun jour
« Il y a plein de similitudes avec le sport de haut niveau : l’entraînement, l’esprit d’équipe, le capitaine, le don de soi. » (Photo P. Bernière)

Le 14 juillet à 20 h 35 sur France 2, Michel Drucker, star des animateurs télé, présentera un exceptionnel numéro d’« Au coeur de l’armée de terre ». Deux heures trente de reportage dans l’univers des militaires d’élite. Dix minutes seront consacrées au 1er RPIMa de Bayonne qui aura défilé à bord de 22 véhicules le matin sur les Champs-Élysées.

Suivi par la caméra, Bixente Lizarazu a joué les reporters toute la journée hier. A son menu, l’entraînement ordinaire des « Rapaces » surnom des commandos : saut en parachute à 4 000 mètres, séance de tir, sport de combat, extraction en grappe suspendu au bout d’un filin fixé au ventre d’un hélicoptère. Pas de quoi effrayer le champion du monde 98, fondu de surf et de pirogue hawaïenne. Quoi que…

Avant un match

« Ca fait exactement comme avant un match, j’ai la bouche sèche, j’ai envie de boire un coup ». Caterpillar aux pieds, combinaison camouflage serrée au corps, seyant casque orange fluo vissé sur le crâne, lunette de cosmonaute, Bixente sourit et lève le pouce : tout baigne ! L’hélicoptère de transport s’arrache du sol dans un souffle d’ouragan. Quelques minutes plus tard : Bixente et son coéquipier de tandem sont largués au-dessus d’Hasparren pour un nouveau bol d’adrénaline. « Franchement, ça décoiffe », s’esclaffe l’intéressé.

Sous la conduite du capitaine de Monicault et du chef de corps, le colonel Éric Vidaud, l’athlète s’est dépensé sans compter physiquement en posant mille questions pour comprendre. Des séquences fortes en émotions entrecoupées par d’inévitables séances autographes. Interrogé sur l’image d’homme défenseur de la nature qu’il dégage comparée à la rigueur de la tenue militaire, il coupe court : « J’ai une espèce de fascination pour ces métiers. Ces mecs ont une vie atypique, ils sont là partout dans le monde, souvent pour sauver des gens. »

Auteur : Dominique Bayle-Siot
d.baylesiot@sudouest.com

20:27 | Lien permanent | Commentaires (0) |

27/06/2009

La voix de son maître du Nord tout droits réservés ...aux indiens

No Border : Calais sous haute tension

samedi 27.06.2009, 04:50 - La Voix du Nord

 La manifestation non déclarée de jeudi, en centre-ville, a été rapidement jugulée par les forces de l'ordre qui ont procédé à plusieursinterpellations. La manifestation non déclarée de jeudi, en centre-ville, a été rapidement jugulée par les forces de l'ordre qui ont procédé à plusieursinterpellations.

Pour les No Border (Pas de frontière), c'est le grand jour, mais du côté des forces de l'ordre et au sein de la population, on craint le grand soir. Installés depuis lundi dans un camp situé dans le quartier du Beau Marais à Calais, quelque cinq cents militants anarchistes et d'extrême gauche de France et des pays proches manifesteront aujour-d'hui en ville. Si les No Border se disent pacifistes, leur fonctionnement horizontal (sans responsables) fait craindre que des éléments plus énervés se glissent dans le cortège. L'ombre de Strasbourg plane sur Calais...

 

PAR LAURENT DECOTTE ET LA RÉDACTION CALAISIENNE

PHOTO « LA VOIX » À l'entrée du camp, des banderoles accrochées à des arbres : «  J'A le sabotage », «  Fight (Combat) social club », «  Nous danserons sur vos cendres de rétention ». Ou, en plus petit : «  Camp ouvert à tou(te)s, sauf aux policiers et aux journalistes ».

Le milieu n'aime pas la «  presse du grand capital » et n'organisait que deux rendez-vous cette semaine pour les journalistes. Le camp est écolo-communautaire et militant : on recycle, on se partage les tâches quotidiennes et on débat. Les militants réclament l'abolition des frontières et s'opposent donc aux politiques migratoires européennes. «  Contrairement au positionnement humanitaire oeuvrant dans la négociation permanente, il s'agit ici de montrer une opposition nette », lit-on dans Nomade, le journal quotidien écrit et imprimé sur le camp.

«  Opposition nette », est-ce à dire violence ? C'est tout le débat qui agite Calais depuis l'annonce de la venue des No Border. Le préfet du Pas-de-Calais, Pierre de Bousquet de Florian, ancien patron de la DST, répond par l'affirmative, fort de cet argument : « Partout où ils sont passés - le réseau No Border existe depuis 2000 -, des violences ont eu lieu. » Alors il a déployé un exceptionnel dispositif, avec quelque 2 000 policiers et gendarmes mobilisés, deux hélicoptères... Les No Border considèrent que l'accueil qui leur est fait est synonyme de provocation, quand le préfet parle de prévention. Depuis le début de la semaine, les militants ont mené des actions et ont joué au chat et à la souris avec les forces de l'ordre : ils se sont enchaînés aux grilles du centre de rétention de Lesquin, ont improvisé une petite manifestation dans Calais très rapidement dispersée. Et hier, une cinquantaine de militants encagoulés ont pointé leur nez. Vraisemblablement pas là pour rigoler, à moins qu'ils n'aient fait que provoquer... Autre action hier à 21 h, avec une intrusion sur la rocade, bloquant l'accès au port.

Les No Border, qui se présentent comme des oies blanches, appellent sur leur site à «  défier les autorités ». À l'entrée du camp, un bréviaire de conseils pour manifester : «  Reste en groupe », «  Protège les blessés », «  Emmène un foulard ou de quoi cacher ton visage en cas d'actions particulières »...

Parade annulée

Et personne ne condamne clairement l'action violente. Ni Meriem, chargée de la communication : «  La vraie violence est d'État, ce sont ces migrants qui meurent en tentant de franchir illégalement les frontières. » Ni même Alex, jeune Anglaise souriante et ouverte d'esprit, venue prévenir les migrants que l'Angleterre n'est pas si rose : «  Les débordements dans les manifestations ? Ils se défendent.

Dans le pire des cas, il y a atteinte à la propriété privée, mais ce n'est rien comparé aux violences faites aux migrants que nous aimerions faire cesser.

» À Calais, à tort ou à raison, on tremble. La maire a annulé une grande parade. Le parcours de la manifestation - déclarée par les syndicats SUD et Solidaires - a été changé. Combien seront-ils ? Quelques centaines. Des Black Block (casseurs anarchistes) et des débordements ? Personne ne l'espère.

Parmi les quelques migrants présents dans le camp mardi, deux Irakiens. Après ce qu'ils ont traversé, le slogan No Border, ça leur parle. Pour le reste...

 

« Leur filiation est essentiellement anarchiste »

samedi 27.06.2009, 04:50 - La Voix du Nord

 «Ça correspond à une culture de la jeunesse.» «Ça correspond à une culture de la jeunesse.»

L'historien Serge Cosseron est auteur du « Dictionnaire de l'extrême gauche » paru en 2007 dont il prépare une réédition. Il y aborde la question des rassemblements No Border.

 

- Quelle est la filiation des No Border ?

« Essentiellement anarchiste. C'est un mouvement international, non centralisé, géré par des collectifs de militants de provenance anarchiste et qui ont décidé de focaliser leur militantisme sur la question des libertés de mouvements. Ils représentent une fraction qui s'étend dans la société et qui n'est pas visible à travers les processus électoraux puisqu'ils se situent en dehors et ne votent pas. » - Que veulent-ils ?

« Leur slogan, c'est : "Pas de frontières, pas de nation et pas de prison." C'est un slogan de nature totalement anarchiste puisque la manifestation principale de l'État, c'est de fixer des frontières et de vivre à l'intérieur de celles-ci. »

- Quand sont-ils nés ?

« Ça fait plutôt partie des cultures militantes qui se sont développées dans les années 1990. Dans le cadre du groupement d'altermondialisation, il y avait une frange anarchiste mais sans ce côté international qui regroupe des militants de différentes provenances sur un fond culturel anarchisant. »

- La violence fait partie des modes d'expression...

« C'est l'un des modes d'expression. Quand il y a un conflit, ça débouche sur des affrontements avec les symboles de la société dominante, les banques, les commerces et les policiers. Selon eux, c'est une contre-violence : ils considèrent que la véritable violence, c'est la présence d'un arsenal policier mais ça, c'est de la rhétorique... »

- Ce mouvement va-t-il se développer à l'avenir ?

« À l'avenir, ça se développera car ça correspond à une culture de la jeunesse qui se défie des organisations centralisées, et qui a trouvé via Internet la manière de s'organiser de façon locale et affinitaire... » •

RECUEILLI PAR

NICOLAS FAUCON

PHOTO ARCHIVES AFP

1. - « Dictionnaire de l'extrême gauche », Larousse, 286 pages, 2007.

 

Un climat pesant comme une veille d'orage

samedi 27.06.2009, 04:50 - La Voix du Nord

 La police montée à Calais : une première... La police montée à Calais : une première...

Comment ne pas se poser de questions quand

 

2 000 membres des forces de police sont présents pour faire face à une manifestation de No Border ? Les Calaisiens ne savent plus quoi penser de cette situation qu'ils ne maîtrisent pas.

Faut-il détaler en courant à la vue d'un jeune homme s'affichant comme No Border ? «  Ils sont trop cool », assure Steeven, jeune du quartier venu jouer avec eux mercredi. «  Ce n'est pas très rassurant de les voir en plein été, habillés tout en noir, de la tête aux pieds », estime pour sa part Stéphane après la manifestation d'hier après-midi.

Qui sont les No Border ? Quelles sont leurs intentions ? Pourquoi l'État met-il autant de moyens face à des pacifistes ? À chacun de se faire une opinion sur la réponse apportée par le préfet.

Le camp, c'est « le » sujet de conversation depuis que la ville de Calais a annulé sa première manifestation festive de l'été. Le premier domino est tombé. S'en sont suivies des annulations en série de kermesses, de petites fêtes, de tournois... le tout alimenté par les rumeurs. «  S'il y a autant de policiers, si autant de mesures sont prises, c'est qu'il y a danger ! » assure Brigitte, Calaisienne de 47 ans qui ne sortira pas le temps de la manifestation d'aujourd'hui. « Mes enfants resteront à la maison de crainte qu'ils ne soient pris dans une bagarre ou simplement une interpellation », reprend Jocelyn.

« Premier week-end des soldes »

Le centre-ville de Calais veut lutter et faire face, à l'image de la présidente des commerçants : «  C'est le premier week-end des soldes, on ne peut pas se permettre de baisser les rideaux. On le fera si ça dégénère. » Même son de cloche à Cité Europe, le centre commercial situé face au centre de rétention de Coquelles visé par les militants.

Si, en début de semaine, l'ambiance se voulait digne de Woodstock, la multiplication des récentes provocations n'est pas pour rassurer les Calaisiens . Et comme le résume Michel, venu à la rencontre des No Border mardi : «  Les Calaisiens en ont assez de subir ces manipulations autour de la problématique des migrants. Quelle que soit l'issue de la manifestation, lundi, vous rentrerez chez vous... Et nous, on restera là ! »

LAURENT RENAULT

PHOTO PATRICK JAMES

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23:42 | Lien permanent | Commentaires (0) |

15/06/2009

Road to Serfdom 5

 

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Essais québécois - "Propaganda. Comment manipuler l’opinion en démocratie"
Edward Bernays, neveu de Freud et Machiavel de la propagande

Rousseau disait de Machiavel « qu’en feignant de donner des lois aux rois, il en a donné aux peuples ». Peut-on en dire autant de l’Américain Edward Bernays (1891-1995), ce double neveu de Sigmund Freud que Normand Baillargeon présente comme « l’un des principaux créateurs [...] de l’industrie des relations publiques » ? La question, à tout le moins, se pose à la lecture de son ouvrage de 1928 franchement intitulé Propaganda. Comment manipuler l’opinion en démocratie.

Dans cet ouvrage « de propagande en faveur de la propagande », selon la formule de Baillargeon, Bernays définit cette dernière comme « un effort cohérent et de longue haleine pour susciter ou infléchir des événements dans l’objectif d’influencer les rapports du grand public avec une entreprise, une idée ou un groupe ». Selon lui, cette technique est, par essence, amorale. Aussi, pour déterminer si son usage est un bien ou un mal, « il faut d’abord se prononcer, et sur le mérite de la cause qu’elle sert, et sur la justesse de l’information publiée ». Quand il apprendra, par exemple, que Goebbels se servait d’un de ses ouvrages pour orchestrer sa propagande contre les juifs, Bernays en sera scandalisé. Pour lui, la propagande est une réalité incontournable du monde moderne, mais elle doit être mise au service de l’intérêt commun.

Baillargeon rejette cette candeur. Il rappelle que les causes de la naissance de l’industrie de la propagande entachent déjà sa nature. Il s’agissait, précise-t-il, au début du XXe siècle, de sauver la réputation des trusts, affectée par des fraudes financières et des scandales politiques, et de justifier l’entrée en guerre des États-Unis en 1917. Dès leur apparition, donc, les relations publiques s’avèrent plus en phase avec la manipulation des masses au profit d’une élite qu’avec le souci de l’intérêt commun.

Après le premier conflit mondial, ajoute Baillargeon, naîtra « l’idée d’offrir la nouvelle expertise d’ingénierie sociale développée en temps de guerre aux clients susceptibles de se la payer en temps de paix — et donc d’abord aux entreprises, puis aux pouvoirs publics ». Cette expertise repose sur des savoirs empruntés surtout aux sciences sociales et se justifie, selon ses partisans, par une conception de la démocratie ouvertement paternaliste.

Impulsion, habitude, émotion

Bernays adhère à l’idée que la mentalité collective n’est pas guidée par la pensée mais « par l’impulsion, l’habitude ou l’émotion ». Selon lui, « la vapeur qui fait tourner la machine sociale, ce sont les désirs humains » et, pour cette raison, « ce n’est qu’en s’attachant à les sonder que le propagandiste parviendra à contrôler ce vaste mécanisme aux pièces mal emboîtées que forme la société moderne ».

Bernays multiplie les professions de foi démocratique, mais sa conception de la démocratie s’apparente plutôt, en fait, à du despotisme éclairé. Ainsi, avec une rare impudeur, il affirme que, le monde moderne étant complexe et traversé par une foule d’influences et d’intérêts divers, la démocratie a besoin d’un « gouvernement invisible », composé « d’une minorité d’individus intelligents », dont le mandat est « de passer les informations au crible pour mettre en lumière le problème principal, afin de ramener le choix à des proportions réalistes ». Ces « chefs invisibles » doivent donc, grâce à la propagande, « organiser le chaos » pour éviter « que la confusion ne s’installe ».

La démocratie à la Bernays, on le voit, a de forts relents de Big Brother. Ce qui, au fond, la distingue de la dictature, c’est son souci d’imposer des comportements non par la force et la répression, mais par la fabrication du consentement. Bernays, qui ne s’en cache pas, l’écrit noir sur blanc. Nous pourrions, suggère-t-il, procéder par la nomination d’un comité de sages qui nous dicterait nos comportements, mais mieux vaut « la concurrence ouverte ». Appréciez la définition de son idéal démocratique : « Il n’en est pas moins évident que les minorités intelligentes doivent, en permanence et systématiquement, nous soumettre à leur propagande. Le prosélytisme actif de ces minorités qui conjuguent l’intérêt égoïste avec l’intérêt public est le ressort du progrès et du développement des États-Unis. Seule l’énergie déployée par quelques brillants cerveaux peut amener la population tout entière à prendre connaissance des idées nouvelles et à les appliquer. »

Ne pas être dupe

On peut, bien sûr, on doit, même, se scandaliser d’un tel programme. C’est d’ailleurs ce que fait Normand Baillargeon dans sa solide présentation de cet ouvrage en rappelant que les propositions de Bernays contredisent l’idéal démocratique moderne. À l’éthique de la discussion rationnelle, elles opposent « une persuasion a-rationnelle » ; à la vertu de l’honnêteté et au droit à l’information, elles opposent la manipulation et « l’occultation de données pertinentes » ; à la participation du plus grand nombre et à l’intérêt vraiment commun, elles opposent le privilège de la « minorité intelligente » de définir l’intérêt commun en fonction des siens. Bernays a beau multiplier les appels en faveur de l’honnêteté et contre l’usage d’arguments fallacieux dans la propagande, on découvre toutefois rapidement qu’il souffle le chaud et le froid quand on lit, sous sa plume, qu’il importe de faire éprouver à l’opinion « l’impression voulue, le plus souvent à son insu », et que notre démocratie « doit être pilotée par la minorité intelligente qui sait enrégimenter les masses pour mieux les guider ». Comme disait l’autre, ils veulent notre bien et ils vont l’avoir.

On peut, donc, se scandaliser, mais il faut néanmoins reconnaître que, quoi qu’en dise la propagande, justement, c’est souvent ainsi que nos démocraties fonctionnent. Bernays, sur un point, a raison : la propagande est là pour de bon. Il s’agit de n’en être pas dupe et, pour cela, de développer inlassablement deux outils dignes de l’idéal démocratique non détourné : une école gratuite qui enseigne de solides rudiments d’esprit critique et un journalisme indépendant de qualité. Cela a l’air peu, mais ce peut être beaucoup.

louisco@sympatico.ca

***

Propaganda - Comment manipuler l’opinion en démocratie

Edward Bernays

Traduit de l’anglais par Oristelle Bonis

Présentation de Normand Baillargeon

Lux

Montréal, 2008, 168 pages

 

 

 

 

 

 

Louis Cornellier
Le Devoir
samedi 2 février 2008

 

 

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12/06/2009

Road to Serfdom 4

 

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A state controlled economic system:
The salesman asks his audience to make this pledge: "I hereby turn over to Ism, Incorporated, everything I have, including my freedom, and the freedom of my children, and my children's children, in return for which said Ism promises to take care of me forever." This doesn't scare them. So onlooker "John Q. Public" urges them to get better acquainted with the enemy.
"Before signing up, you boys ought to try a little taste of Dr. Ism's formula to see what you'd get in exchange for your 'freedom.' Go ahead! Try it." They drink and are plunged into a totalitarian dream. Clamped inside the State's iron fist, the worker cannot strike and is no longer protected by his union. The manufacturer is now irrelevant. "No more private property. No more you!" the State says to manufacturer, kicking him out onto the street. The farmer is controlled through a central production plan and turned into an industrialized employee of the state. One courageous politician speaks up for freedom, but is quickly brainwashed, becoming "State Propaganda speaker 3120," a phonograph where his head should be, saying "Everything is fine!" over and over again.

08:25 | Lien permanent | Commentaires (0) |

11/06/2009

Road to Serfdom 3

 

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Nuclear energy is playing a vital role in the life of every man, woman, and child in the United States today. In the years ahead it will affect increasingly all the peoples of the Earth. It is essential that all Americans gain an understanding of this vital force if they are to discharge thoughtfully their responsibilities as citizens and if they are to realize fully the myriad benefits that nuclear energy offers them.
- Foreword to the 'Plowshare' booklet1, Edward J Brunenkant, Director, Division of Technical Information, Atomic Energy Commission (AEC)

 

 

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10/06/2009

Road to Serfdom 2

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09/06/2009

Taxes for Democraty - Road to Serfdom

 

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09:37 | Lien permanent | Commentaires (0) |

04/06/2009

La guerre des idées. Les intellectuels se bornent-ils à mettre leurs idées au service du maintien de l’ordre social ?


Combien de divisions ?

« Le secteur public et sa dette vont prendre une part plus importante dans l’économie de nombreux pays. Mais à long terme, beaucoup de choses dépendent de comment les responsabilités de cette catastrophe seront assignées. C’est là qu’une importante bataille intellectuelle doit et devra être gagnée. » Cet éditorial de l’hebdomadaire britannique The Economist, publié le 18 octobre 2008, en pleine bourrasque financière, a l’avantage d’annoncer la couleur : il n’est pas de crise économique, de transformation sociale ou politique dont les effets concrets soient séparables de l’interprétation qui en est proposée. Les plus terribles déroutes peuvent ainsi se convertir en victoires par la magie des commentateurs autorisés. Donner le sens des faits, trouver les mots ou les catégories pour les dire constituent des batailles décisives. Imputer le chômage de masse à la rigidité du marché de l’emploi n’a pas les mêmes implications que de l’analyser comme le résultat de la voracité des actionnaires. Produire des représentations du monde social constitue ainsi une dimension fondamentale de la lutte politique.

Qui construit ces représentations ? « Tous les hommes sont des intellectuels, mais tous les hommes n’ont pas dans la société fonction d’intellectuel. » Dans ses Cahiers de prison, Antonio Gramsci (1891-1937) attirait déjà l’attention sur l’existence d’« intellectuels de profession », disposant d’un quasi-monopole sur la construction de catégories de perception de la réalité. Après la seconde guerre mondiale, l’élévation continue des niveaux de scolarité dans l’ensemble des sociétés occidentales industrialisées y a largement accru leur nombre. Au point que l’économie de la connaissance occupe dorénavant une place sans commune mesure avec celle qui était la sienne dans un passé récent.

Néanmoins, la position de ces travailleurs de l’esprit est ambiguë. Les clercs du XIVe siècle détenaient certes le savoir mais, comme hommes d’Eglise, ils définissaient également les places et les hiérarchies dans l’ordre du monde. A leur tour, les philosophes des Lumières élaborèrent les analyses qui accompagnèrent l’émancipation de la bourgeoisie des structures féodales et aristocratiques. Par la suite, on ne compte plus ni le nombre de travaux de psychiatres soi-disant rigoureux destinés à établir l’infériorité intellectuelle des colonisés, ni celui des écrits produits par une armée de sociologues et de psychologues pour lutter contre le syndicalisme dans les usines ou les mouvements révolutionnaires, en Amérique latine notamment.

Dans une actualité plus récente, les recommandations des économistes en faveur des plans d’ajustement structurel du Fonds monétaire international (FMI), les commentaires des philosophes de cour sur les flambées de violence dans les banlieues françaises ou l’auscultation par d’éminents professeurs de science politique des penchants prétendument autoritaires et racistes des milieux populaires ont été dans le même sens.

Les intellectuels se bornent-ils à mettre leurs idées au service du maintien de l’ordre social ? Pas seulement. Car si la détention d’un savoir, d’une éducation les place du côté des privilégiés, ils n’en sont qu’une fraction dominée, face à ceux qui possèdent un capital plus économique.

Une bonne part des prises de positions, politiques notamment, de l’intellectuel découlent de cette tension. Soit, comme le disait Jean-Paul Sartre, il devient « quelqu’un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas », c’est-à-dire qu’il use de sa notoriété scientifique « pour critiquer la société et les pouvoirs établis au nom d’une conception globale de l’homme ». C’est le chemin qu’ont choisi, selon des modalités différentes, des savants de renom comme Michel Foucault, Pierre Bourdieu, Edward W. Said ou Noam Chomsky, mais aussi nombre d’intellectuels moins connus.

Soit il affecte de ne pas savoir ce qu’il sait du monde social et de ses injustices, et se transforme en ce que Paul Nizan appelait un « chien de garde ». Parfois de manière franche, comme le philosophe François Ewald, ancien maoïste devenu conseiller de la Fédération française des sociétés d’assurances, quand il explique : « La politique est devenue impuissante et décevante. Et les intellectuels ont compris que le vrai pouvoir se trouvait du côté des entreprises (L’Expansion, 1er décembre 2002). » Parfois de manière plus détournée, en prenant l’allure de l’intellectuel engagé et en commençant, comme lui, à critiquer les ravages de telle ou telle politique, mais en ajoutant aussitôt que les choses sont « plus complexes » et en condamnant les formes radicales de résistance. Il sera le théoricien de la « réforme », c’est-à-dire de l’adoucissement des conditions de l’exploitation, mais du maintien de ses fondements.

En 1843, James Wilson, un homme d’affaire écossais, voulut lutter contre les Corn Laws, des lois protectionnistes, en même temps que convaincre l’ensemble des élites de son temps de la nécessité du libre-échange. Il s’entoura d’intellectuels qui y étaient favorables, créa un organe de diffusion de qualité, The Economist, et se fit élire député. Pour lui, la guerre des idées pouvait commencer

Laurent Bonelli.

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I. Producteurs d’idées

Les sociétés contemporaines traversent-elles une crise de la pensée ? C’est en tout cas ce que l’on pourrait croire à écouter les complaintes de certains intellectuels dont journalistes et éditorialistes se font régulièrement l’écho. Pourtant, jamais les intellectuels n’ont publié un tel nombre de livres, d’articles ou de tribunes de presse. Jamais leurs textes, leurs conférences n’ont autant circulé, grâce au développement d’Internet. Jamais, enfin, ils n’ont pu bénéficier d’un public instruit aussi large, résultant de la progression des effectifs de l’enseignement supérieur dans la plupart des démocraties occidentales.

Cette sensation de crise provient sans doute du fait que l’essor de leur rôle public s’est accompagné d’un durcissement des tensions portant sur la définition même de la figure de l’intellectuel.

Le développement des médias de masse donne en effet une prime à ceux capables de s’adapter aux formats et aux exigences des journalistes. Ils seront ceux qui donnent « de la profondeur » à un reportage, habillant – avec style parfois – des problématiques dans l’air du temps. L’activité – hyperactivité diront certains – de ces savants des apparences contraste largement avec celle de scientifiques construisant patiemment un objet de recherche dans leur laboratoire et destinant leurs résultats d’abord à leurs pairs. Parmi ces derniers, rares sont ceux qui engagent leur savoir dans les débats de société. Au point d’ailleurs de donner facilement prise à un antiintellectualisme dont certains hommes politiques peuvent habilement jouer, comme les républicains aux Etats-Unis, ou plus récemment M. Nicolas Sarkozy en France. Mais l’autonomie de pensée de ces universitaires et scientifiques n’est en rien acquise définitivement. La part croissante du nombre de chercheurs précaires, comme celle des entreprises dans le financement de leur travail, contribue à redéfinir les problématiques et même les objets de leur travail intellectuel.

II. Lieux stratégiques

Les récentes réformes du monde universitaire et de la recherche ainsi que les mobilisations qu’elles ont suscitées rappellent que l’enjeu est considérable. S’agit-il de produire des savoirs immédiatement fonctionnels dans l’entreprise, comme le souhaitent nombre de gouvernants, ou de défendre un projet d’émancipation sociale par la connaissance ? L’énergie des chercheurs doit-elle se concentrer sur des brevets industriels, sur la meilleure rationalisation des tâches dans une institution, ou peut-elle s’employer à montrer les ravages de telle politique de sécurité ou de la concentration des médias ?

Cela vaut également pour le marché de l’édition. Est-il possible de faire exister une pensée qui ne serait pas immédiatement rentable économiquement, car elle reste minoritaire et va contre l’air du temps ? Que valent les connaissances élaborées dans des institutions privées de recherche (les think tanks), dont la principale préoccupation est de défendre les intérêts de leurs bailleurs de fonds ? Ces questions ne sont pas marginales. La guerre des idées nécessite en effet des infrastructures qui constituent à la fois des lieux de production et les principaux vecteurs de diffusion de la pensée. Un savant ne devient un intellectuel, disait Jean-Paul Sartre, qu’à partir du moment où il quitte son laboratoire pour élargir son audience au-delà de ses collègues. De là l’importance du contrôle de l’ensemble de ces structures de médiation, qui, par l’enseignement, des livres, des articles ou des notes de synthèse, fournissent à des millions d’individus des grilles de lecture et d’interprétation du monde qui nous entoure.

III. Querelles intellectuelles

Le libéralisme économique et la démocratie représentative sont-ils la « fin de l’histoire », comme l’énonçait le philosophe américain Francis Fukuyama, ou allons-nous vers un « choc des civilisations », comme le laissait entendre son collègue Samuel Huntington ? L’effondrement des modèles alternatifs semble donner raison au premier.

En tout cas, les libéraux de tout poil le proclament haut et fort même au coeur d’une crise profonde de leur système. Quant aux analyses du « choc des civilisations », elles sont nourries par les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis et par le regain de la violence politique commise au nom de l’islam. Voire par le rôle croissant occupé par la Chine dans les relations internationales.

Apparemment contradictoires, ces deux thèses partagent pourtant le même présupposé, celui de la supériorité des « valeurs occidentales » sur toutes les autres. Loin d’être seulement descriptives, elles participent d’un travail de rationalisation de la domination qu’exerce une partie du Nord sur le Sud, le capital sur le travail.

Il en va de même pour l’histoire, qui reste souvent celle des vainqueurs. L’un des privilèges de ces derniers est en effet de pouvoir dire ce qui s’est passé, de l’écrire et donc de le transmettre. Les peuples colonisés, les minorités ethniques ou sexuelles pas plus que les classes populaires n’ont généralement droit de cité dans le grand récit de la saga des nations. A moins qu’à la faveur d’un changement des rapports de forces ils ne puissent retourner les armes du savoir contre ceux qui se croient leurs maîtres, et faire apparaître dans toute leur brutalité les dominations que dissimule la mémoire officielle.

 

http://www.monde-diplomatique.fr/mav/104/

 

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