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16/11/2009

Procès des deux jeunes anti-otan à Strabourg: 3 ans fermes + 1 avec sursis

Jugement sans appel pour les deux jeunes étudiants.

Ancune clémence de la part de la "justice".

La défense s'est évertuée à la jouer solo vis a vis des différents soutiens et a même pointé du doigt un certain soutien "insistant qui cherchait à s'immiser"...cette même défense à passée la brosse à reluire au juge d'instruction et a qualifié l'enquête et le dossier à charge "d'exemplaire" ...

à suivre...

 

11:44 | Lien permanent | Commentaires (0) |

15/11/2009

16 millions d'euros pour l'Otan à Strasbourg...et moi et moi et moi....

France

Le Sommet de l'OTAN à Strasbourg a coûté 16 millions d'euros à la France

Les célébrations du 60e anniversaire de l'OTAN à Strasbourg en avril ont coûté plus de 16 millions d'euros à l'Etat français, soit autant que le sommet de l'Union pour la Méditerranée, dont la Cour des comptes critique le coût élevé dans son rapport d'octobre sur la présidence française de l'Union européenne.

L'information, relevée par le quotidien économique "La Tribune", figure dans un rapport de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale présenté dans le cadre du projet de budget pour 2010.

Si le rapport prévoit "des dépenses de fonctionnement courant prévues en forte baisse" pour 2010 et propose pour ce poste une enveloppe de "près de 26 millions d'euros", il précise que "c'est surtout le poste 'sommets, conférences internationales et manifestations' qui est en chute", car l'organisation du sommet du 60e anniversaire de l'OTAN a coûté 16,1 millions d'euros et qu'"aucune manifestation de cette ampleur n'est prévue en 2010".

"Les 9,28 millions d'euros de crédits de paiement devraient notamment financer la participation de la France à l'organisation du 25e sommet France-Afrique, à Charm-el-Cheikh (en Egypte), en février prochain, et à celle d'un sommet de la Francophonie dont le lieu et la date sont encore à fixer", estime-t-on. AP

st/com

http://www.latribune.fr/depeches/associated-press/le-sommet-de-l-otan-a-strasbourg-a-coute-16-millions-d-euros-a-la-france.html



mardi 10 mars 2009

Obama et l’Otan à Strasbourg : quel est le prix de la « visibilité mondiale pendant deux jours » pour la Ville ?

Par  Philippe Dossmann (19h15)

 

L’organisation du sommet de l’Otan doit « renforcer la notoriété de Strasbourg dans sa stature de capitale européenne et internationale », a souligné lundi en conseil municipal Roland Ries. « Strasbourg sera mondialement visible pendant deux jours », a résumé le maire de Strasbourg, fier d’accueillir Barack Obama pour son premier déplacement en Europe.

L’ambition pour l’hôte du président américain est de faire de ce 24e sommet « une réussite à tous égards » : « La difficulté est de rendre des contraintes fortes –au-delà de ce que nous avions imaginé– les plus acceptables possibles pour les Strasbourgeois ». Pour Roland Ries, le sommet comme « la contestation » des anti-Otan doivent pouvoir se faire « en parallèle » dans la ville qui abrite « la Cour européenne des Droits de l’Homme ».

« LE COUT DE LA QUALITÉ ». – Sur la « qualité » de l’accueil réservé notamment à près de 3 000 journalistes du monde entier, la municipalité va « jouer la transparence », a prévenu le premier magistrat, en mentionnant en vrac un « livre-cadeau » souvenir, « une réception pour le corps consulaire strasbourgeois », « un repas pour les journalistes », « des travaux de rafraîchissements au PMC », des « branchements électriques provisoires » et « un site d’accueil » pour les anti-Otan, ainsi que « la sécurisation de sites stratégiques ».

« Dépenses difficilement prévisibles »

Roland Ries n’a pas caché que toute opération exceptionnelle avait un coût : « Les dépenses pour la Ville et la Cus sont difficilement prévisibles » tant pour le matériel, les services et les personnels mobilisés ce jour-là. Des discussion sont en cours avec avec la Région et le Département, ainsi qu’avec l’État pour régler la note -qui devrait être présentée en conseil municipal au mois d’avril.

« CHIFFRES ASTRONOMIQUES » ? – Anne Schumann qui s’est félicitée de « la forte charge symbolique » de cet événement, a regretté cependant que la communication ne soit axée uniquement « sur les emmerdes (sic) que vont subir les Strasbourgeois ». « Il vous reste trois semaines pour rétablir la situation ! », a suggéré l’élue. Et la conseillère municipale d’opposition d’enfoncer le clou au sujet des « dépenses protocolaires » dont « les chiffres avancés sous le manteau » seraient « astronomiques rien que pour le repas du Palais des Rohan »...

« La fierté doit l’emporter »

RIPOSTE DE LA TETE DE L’EXECUTIF. – « Ce repas des chefs d’État ne sera pas pris en charge par la Ville », a rectifié Robert Herrmann, chargé de l’organisation du sommet pour la Ville. Et Roland Ries de conclure : « Au-delà des difficultés consécutives à l’organisation d’un tel événement (...) c’est la fierté de recevoir un nombre aussi important de chefs d’État à Strasbourg qui, au final, doit l’emporter ».

http://strasbourg.dna.fr/?Obama-et-l-Otan-a-Strasbourg-quel

09:56 | Lien permanent | Commentaires (0) |

10/10/2009

Solidarité ! Les procès des manifestants anti-Otan continuent à Strasbourg et à Colmar - Anti-Nato Demonstranten Prozess

Actualisation du texte "contre-sommet de l'otan- Déclaration de Presse en vue du procès du 19/10/2009 à la Cour d’appel de Colmar".

 

Hier matin, vendredi 9 octobre 2009, un jeune étudiant allemand a été condamné à deux mois de prison avec sursis (pendant 5 ans) au tribunal de grande instance de Strasbourg.

Il comparaissait pour dégradation : avoir peint un "A anarchiste" à la bombe de peinture sur un mur d’une enceinte militaire (une annexe de la caserne Lyautey). L’étudiant a essayé d’expliquer qu’il a tenté de faire un tag (sur un mur déjà copieusement tagué) mais que sa bombe de peinture ne fonctionnait pas. De plus, il a également fait remarqué à la juge que pour lui ce mur était déjà remplit de tag et qu’il ne savait pas que c’était un mur de bâtiment militaire. La juge a retenu la peine déclamée nonchalamment par le procureur : « deux mois avec sursis ».

Le 19 octobre 2009 aura lieu, à la Cour d’Appel de Colmar, la deuxième audience en appel d’un militant pour la paix condamné lors d’une comparution immédiate, après une audience de 15 minutes, à 6 mois de prison ferme (il était détenu depuis le 2 avril 2009)bien avant la grande journée de manifestation contre le sommet de l’OTAN à Strasbourg du 4 avril 2009. Dans la même journée et celles qui suivront, d’autres militants ont écopés de peines aussi lourdes, Nicolas Sarkozy ayant demandé lors d’un discours que « les peines devaient être exemplaires ». Le procès a eu lieu quatre jours après l’interpellation (donc le 6 avril 2009) mais il a fallut 4 mois pour passer en appel - le prévenu aurait pu sortir avant ces 4 mois avec réduction de peine s’il avait accepté le jugement de première instance, mais il a fait appel. On peut donc souligner son courage et sa détermination.

A cette première audience en appel du mercredi 5 août 2009, le procureur a expliqué l’histoire du black bloc "de 1980 à nos jours" à partir d’informations tirées du site Internet "Wikipedia". N’ayant pas de preuves concrètes, le procureur expliquait que le back bloc est une organisation terroriste très organisée.

Que lui est il reproché ?

La police déclare que le jeune homme de 25 ans a jeté une pierre et a titre de preuve une simple déclaration écrite (forma A/4) par eux mêmes et signée seulement par l’un d’entre eux. Le procureur avait essayé de charger le dossier en disant que des documents contenants (soi-disant) des propos antisémites avaient été trouvé dans la cellule du prévenu, ce qui entre parenthèse n’apparaît nul part dans le dossier. En fait les textes en question sont des textes antifascistes qui font référence à l’antisionisme, en outre les prévenus affirment que ces documents n’étaient pas dans leur cellule. Le 5 août, la cour n’acceptait donc pas cette preuve n’apparaissant pas dans le dossier mais il pourrait lui porter préjudice lors de l’audience du 19 octobre.

Aucun jugement n’a donc été rendu, la cour ayant décidé d’interroger les témoins de la police. Le 19/10/2009, la défense et les groupes de soutien espèrent une relaxe.

2 autres militants de Berlin et Dresde sont jugés pour des cas similaires et ont eux aussi fait appel. Le militant de Dresde a été relaxé après 4 mois de prison et est en droit de demander une indemnisation. Mais le procureur a fait appel et le procès est toujours en cours. Pour le militant Berlinois, les 6 mois de prison ferme ont été confirmés, l’interdiction de rentrer sur le territoire français et l’amende ont été augmenté (5 ans et 2000 euro). Le juge de ce dernier procès est connu pour être un homme de droite particulièrement stricte.

"Dans les comparution immédiates, l’influence politique était très claire mais je ne perds pas espoir que la cour du 19/10 pourra juger avec plus d’indépendance et avec un point de vue critique les actes des policiers lors du sommet de l’Otan" déclare une personne d'un des groupes de soutien.

Durant le sommet de l’OTAN, tout le centre ville de Strasbourg était fermé pendant plusieurs jours, des dizaines de milliers de policiers étaient là. La grande manifestation était prévu en centre ville mais la mairie n’ayant pas accepté, elle c’est déroulé dans la banlieue éloigné du centre et c’est faite attaqué par gaz lacrymogènes venant de tout les cotés et entre autre des hélicoptères. Quand la douane et l’hôtel ont brûlé, les policiers et les pompiers on mis plus de 4 heure avant arriver sur les lieux. A ce sujet beaucoup de questions restent sans réponse.

 

 

articles précédents :

 

Report d’un procès à l’encontre d’un opposant...

05.08.2009

Suite manifs anti-Otan : Relaxe en appel à...

29.07.2009

Communiqué de presse de la Legale Team - Anti...

27.07.2009 |


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CPlegaleteam.pdf

 

Soliparty zur Finanzierung der

No-to-Nato-Proteste

Samstag, 10. Oktober, ab 21 Uhr (oder so)

K9

Filmchen, lecker Cocktails, gute Musik sowieso

Party für mehr und billige Demo-Busse!

Abschlusserklärung:

Selbstdarstellung der Bundeswehr fehlgeschlagen!

Gelöbnis in der Festung – Sechs Festnahmen

Der Anspruch der Bundeswehr, sich mit einem öffentlichen Gelöbnis in Szene zu setzen, ist erneut fehlgeschlagen. Nur inmitten einer Festung aus Polizisten und Feldjägern konnte sie ihr Gelöbnis durchziehen. Das ermutigt uns, weil es zeigt: Antimilitaristischer Widerstand ist machbar und effektiv.

Der Ausbau der Innenstadt zur Militärfestung zeigt aber auch: Demokratie und Militär sind unvereinbar. Erstmals seit es in Berlin semiöffentliche Gelöbnisse gibt, wurde die Gelöbnix-Demo verboten und konnte nur eine Kundgebung in einem Kilometer Entfernung stattfinden. Daran haben rund 500 Menschen teilgenommen.

Polizei und Gerichte wollten, dass Demokratie nur noch simuliert werden kann. Dem haben wir uns verweigert und die Kundgebung am Potsdamer Platz um 18 Uhr beendet. Hunderte von AntimilitaristInnen haben darauf hin nach Wegen gesucht, näher an die Bundeswehr zu kommen. Aus dem Tiergarten erschollen während des Aufsagens der Gelöbnisformel laute „Mörder“-Rufe, die Polizei schritt mit Gewalt gegen die DemonstrantInnen ein, setzte Hunde ein. Insgesamt wurden mindestens sechs Personen festgenommen.

Berlin hat heute das Gleiche erlebt, was beim G8-Gipfel in Heiligendamm und beim Nato-Gipfel in Strasbourg passiert ist: Die massive Einschränkung demokratischer Grundrechte zugunsten der Herrschenden und ihrer selbstherrlichen Propagandaveranstaltungen. Gleichzeitig haben entschlossene AntimilitaristInnen gezeigt, dass sie sich den Demokratieraub von oben nicht gefallen lassen. Wenn die Bundeswehr mit einer derartigen Selbstverständlichkeit einen zentralen Platz besetzen darf, dann müssen auch die GegnerInnen von Krieg und Militärgewalt das Recht haben, zeit- und ortsnah zu protestieren.

Gegen die schikanierenden Polizeiauflagen werden wir eine Feststellungsklage einreichen.

GelöbNIX, 20. Juli 2009, 22 Uhr.

23:30 | Lien permanent | Commentaires (0) |

05/10/2009

Assises du journalisme à Strasbourg ...« Je mets la fille publique, du point de vue éthique, au-dessus de l’éditorialiste libéral et je tiens l’entremetteuse pour moins punissable que l’éditeur de journal. » Karl Kraus

Karl Kraus, contre l’empire de la bêtise


Ceux qui auront l’occasion de se plonger dans la lecture des Derniers Jours de l’humanité et de Troisième nuit de Walpurgis, deux ouvrages majeurs de Karl Kraus publiés récemment, partageront sans doute le jugement que Jacques Bouveresse porte sur l’œuvre du satiriste autrichien : « Peu d’auteurs sont susceptibles de nous apporter une aide aussi précieuse dans les combats que nous avons à mener aujourd’hui. »
Aucune introduction à la lecture de ces ouvrages ne peut, mieux que la préface de Bouveresse à Troisième nuit de Walpurgis, aider les lecteurs à comprendre exactement ce que fut le rapport de Kraus à la société de son époque, et plus précisément le sens et la portée exacts de l’incomparable satire qu’il en donne. Ces ouvrages, élaborés quasiment à chaud, dans un esprit militant, l’un dans le contexte de la Première Guerre mondiale, pour stigmatiser la guerre et le bellicisme, l’autre dans le contexte de la montée du nazisme en Allemagne et en Autriche, pour en dénoncer la folie criminelle, conservent néanmoins une réelle actualité et ont encore quelque chose d’important à dire aux Français, et plus largement aux Européens, de ce début de XXIe siècle célébré à l’envi comme une ère de paix, de prospérité et de liberté pour tous.
Justement, une démarche dont on pourrait dire qu’elle est d’inspiration krausienne consisterait à dénoncer le règne du faux-semblant généralisé dans lequel la France et les autres puissances occidentales, sont installées. Contrairement aux apparences, ce monde « développé » moderne, ne connaît ni la paix, ni la prospérité, ni la liberté pour tous, sinon en trompe-l’œil comme privilèges de minorités dominantes, masquant une réalité fondamentalement faite de violence, d’inégalité et d’oppression. La barbarie moderne n’a pas diminué, mais elle a appris à se farder davantage.
On fera remarquer que cette dénonciation est déjà, de façon de plus en plus explicite, à la base du refus que beaucoup de gens opposent au système établi. Il n’est pas douteux, en effet, que des personnalités, voire des petits groupes militants, font preuve d’une lucidité, d’une rigueur de pensée et d’un courage intellectuel et moral qui pourraient être qualifiés de krausiens, même si ces qualités ne s’accompagnent pas nécessairement d’un égal talent de satiriste. Mais l’existence d’un courant de critique radicale ne saurait faire oublier la persistance massive de ce qui constituait la cible centrale de Kraus et qu’il désignait globalement du terme de « bêtise ». Pratiquement tous les ingrédients de l’effarante stupidité qu’il stigmatisait sans relâche dans sa revue Die Fackel et dans ses livres, sont toujours agissants dans le monde actuel, et souvent même se sont renforcés.

Kraus ne s’attaque pas à une idée métaphysique de la bêtise, mais à ses manifestations et incarnations concrètes dans la société de son temps. En démontant ses multiples formes environnantes, il en dégage des aspects essentiels, parfaitement reconnaissables à notre époque encore, dont le trait commun est l’incapacité d’analyser rationnellement la réalité et d’en tirer les conséquences. L’hitlérisme par exemple est pour Kraus un fatras d’insanités idéologiques et de mensonges éhontés qui ne saurait résister à un examen de la saine raison. Mais ce qui rend ce délire irrésistible, dans l’Allemagne des années 1930, c’est que les nazis sont passés maîtres dans l’art de soumettre l’intellect aux affects, de rationaliser des émotions viscérales, de « faire passer la bêtise, qui a remplacé la raison, pour de la raison, de transformer l’impair en effet, bref dans ce que l’on appelait autrefois : abrutir ». Comme le commente de son côté Bouveresse, cette entreprise de « crétinisation caractérisée » a pour résultat de faire « perdre tout sens de la réalité, aussi bien naturelle que morale » aux individus soumis en permanence au pilonnage de la propagande.
C’est très exactement l’état dans lequel la propagande d’aujourd’hui, développée, systématisée et euphémisée sous les espèces de la « communication » et de l’« information », tend à mettre les populations, au bénéfice des grands exacteurs de l’ordre établi. L’honnêteté oblige à dire qu’aujourd’hui comme hier, et peut-être plus encore, le processus d’abrutissement par l’évacuation de la réflexion critique, par le martèlement des slogans exaltant le vécu immédiat, le pulsionnel et le fusionnel, par la réduction du langage au boniment publicitaire et par l’appauvrissement intellectuel qui l’accompagne, a pénétré profondément l’ensemble de la culture et de la vie sociale et provoqué de terribles dégâts. Lorsque le discours public ne sert plus qu’à masquer le vide de la pensée, à proférer avec aplomb des arguments spécieux ou controuvés, à habiller d’une apparence de bon sens le déni de toute logique rationnelle, à rendre admirables et honorables des actes ou des idées ignobles et méprisables, lorsque parler et écrire ne sont plus, pour beaucoup, que des moyens, non pas de chercher vérité et justice, mais de séduire et de mentir aux autres comme à soi-même, bref quand le langage n’est plus que le véhicule d’une manipulation démagogique et un instrument de domination parmi d’autres, mis au service des puissants par des doxosophes de tout acabit (1), alors c’est une tâche primordiale, pour ceux qui savent encore ce que parler veut dire et refusent de s’en laisser conter, de mettre méthodiquement en lumière, comme faisait Kraus, le fonctionnement de la machine à abêtir.

Si Kraus pourfendait impitoyablement la bêtise sous toutes ses formes, ce n’était pas tant la bêtise puérile et honnête, si l’on peut dire, celle des esprits simplets, que celle des intelligents, la bêtise chic et distinguée, instruite et éloquente, spécialement chez ceux des intellectuels qui utilisent la culture et le raisonnement à rendre acceptable, par eux-mêmes et par les autres, la démission intéressée de l’entendement en face de certaines situations réelles. Ainsi, pour n’en donner qu’un exemple particulièrement significatif, Kraus fustigeait-il « ces hommes de main qui font dans la transcendance et proposent dans les universités et les revues de faire de la philosophie allemande une école préparatoire aux idées de Hitler ». Parmi eux, il s’en prenait particulièrement à Heidegger, dont les nazis avaient fait un recteur de l’université et qui « align[ait] ses fumeuses idées bleues sur les brunes » en appelant ses étudiants au culte du Führer et au « service militaire de l’esprit ». Sans aucun égard pour la réputation de philosophe éminent que s’était acquise Heidegger, Kraus décoche ce trait, qui n’est pas chez lui simple banderille : « J’ai toujours su qu’un savetier de Bohême est plus proche du sens de la vie qu’un penseur néo-allemand. »
Plus généralement Kraus excelle à mettre le nez dans leur incohérence à tous les faiseurs de démonstrations qui s’ingénient à bricoler des prémisses rationnellement acceptables pour justifier des conclusions dictées d’avance par des croyances affectives et des intérêts partisans, tels que les préjugés racistes ou nationalistes, ou, davantage encore, à tourner en dérision ceux qui, abdiquant toute exigence intellectuelle, se félicitent de faire partie des gens qui, comme l’écrivait un éditorialiste, « ont appris, comme nous, à renoncer à tout degré dans l’ordre de l’intellect pour non seulement vénérer un tel Führer mais l’aimer tout simplement ».


Se prostituer à l’ordre établi

Parmi les différentes catégories intellectuelles qui, de plus ou moins bonne foi, se complaisaient à prendre la nuit pour le jour, et travaillaient à croire et à faire croire que l’ordre nouveau nazi était, sinon toujours absolument irréprochable, du moins contrôlable, amendable, et donc acceptable, il y en avait deux en particulier qui fournissaient une cible de choix à Kraus : les partisans de la social-démocratie et les journalistes, chez qui cécité et surdité au réel composent une forme de bêtise proche de l’autisme.
L’aptitude des sociaux-démocrates à emboîter le pas aux nationalistes et bellicistes lors de la Première Guerre mondiale avait édifié Kraus sur leur inaptitude politique et morale à résister. Où trouveraient-ils la force de résister, demandait-il, « alors que chaque fibre de leur être incline à pactiser » avec le monde comme il va. Aussi ne les croyait-il pas en mesure de s’opposer à la barbarie montante. Kraus avait parfaitement compris que l’essence même de la « bêtise » sociale-démocrate, c’était le réformisme de principe, l’illusion de croire qu’on peut dîner avec le diable, le refus systématique de l’affrontement, la volonté forcenée d’intégration, le désir éperdu d’être bienséant, de « mener une vie bien tranquille dans une jolie petite opposition sécurisante », et l’irrémédiable naïveté de penser que les bandits d’en face allaient respecter ces beaux sentiments et être assez raisonnables pour entendre raison.
Si on peut dire aujourd’hui que les partis sociaux-démocrates et ceux qu’ils influencent n’ont pas su tirer de l’expérience d’un siècle d’histoire d’autre enseignement que celui d’un acquiescement encore plus délibéré à la dictature du « réel » (ennoblie de nos jours en « logique de marché »), que dire alors de l’activité de la presse et de ses journalistes, de cette « journaille libérale » pour laquelle Kraus éprouvait une exécration à la mesure du rôle essentiel qu’elle jouait dans l’entreprise d’abrutissement généralisé des populations. Une grande partie du travail de Kraus, pendant des lustres, a consisté à lire attentivement la presse de son époque et à en démonter savamment, méticuleusement, le discours, pour en montrer toute l’imposture, à partir « de l’usage qu’elle fait du langage, de la déformation du sens et de la valeur, de la façon dont sont vidés et déshonorés tout concept et tout contenu ». À ses yeux la pente naturelle de la presse était à la prostitution à l’ordre établi. Il prenait soin d’ailleurs de préciser : « Je mets la fille publique, du point de vue éthique, au-dessus de l’éditorialiste libéral et je tiens l’entremetteuse pour moins punissable que l’éditeur de journal. »
Kraus n’a eu de cesse de combattre l’emprise de la niaiserie, de l’inculture et de « l’ordure journalistique quotidienne » sur les esprits. Encore sa critique s’adressait-elle alors essentiellement à la presse écrite. Il n’aurait rien à rabattre de sa sévérité aujourd’hui, bien au contraire. Tout au plus, compte tenu de l’évolution sociologique de ce secteur, de sa croissance explosive, de la concentration des titres, stations et chaînes entre les mains d’un petit nombre de puissants groupes capitalistes, admettrait-il peut-être de faire une distinction entre la caste dirigeante et éditorialisante du monde journalistique, quasi tout entière acquise à l’économie libérale et au maintien de l’ordre idéologique, et l’armée des simples exécutants dont beaucoup connaissent les affres de la précarité et dont quelques-uns se battent courageusement, seuls ou avec leurs syndicats, contre l’arbitraire patronal privé ou public et contre la pente, plus prononcée que jamais, à la prostitution de la presse au pouvoir économico-politique de l’argent.

Kraus, qui est mort en 1936, n’a pu voir le règne nazi de la force s’effondrer sous l’assaut d’une force extérieure plus grande encore. Mais, bien qu’on puisse supposer dans toute posture satirique un appel à se battre, l’espoir d’être compris et le projet au moins implicite de corriger ce que l’on dénonce, il semblerait que, comme la plupart des esprits très acérés, en particulier chez les moralistes, Kraus n’ait pas été excessivement optimiste sur les dispositions de ses contemporains à faire preuve de lucidité et de courage. Peut-être est-ce là, peut-on penser, un « travers » d’intellectuels que leur vaste culture, et de surcroît la lecture intensive des journaux, inclinent à discerner le tragique dans toute farce et la farce dans toute tragédie, et à prendre ses distances avec les illusions communes. Il n’en reste pas moins que le cours historique des choses réserve bien des surprises. Le pire n’est pas toujours le plus probable et, s’agissant des luttes sociales, elles ne sont vraiment perdues, on le sait, que lorsqu’on se refuse à les livrer. Nous venons, en France, de l’expérimenter une fois de plus. Kraus, infatigable résistant, n’aurait certainement aucune réticence à admettre qu’en mai 2005 les Français ont porté un formidable coup d’arrêt à l’étouffante bêtise qui croyait avoir assuré son empire en Europe.


________________
(1) Doxologie : étymologiquement, prière à la gloire de Dieu ; doxosophe : personne impliquée dans le champ intellectuel et dont le fonds de commerce est la défense de la doxa (l’opinion commune et dominante).
Alain Accardo
Le Monde diplomatique, août 2005






Le programme des Assises 2009 en un coup d'oeilarticle thumbnail "Quelle information pour demain ?" Au menu des Assises du Journalisme et de l’Information 2009, ce sont près de 150 intervenants journalistes, éditeurs, universitaires, enseignants, et associations qui se réuniront à Strasbourg pour plus d’une trentaine de forums et 5 jours de débats.



Le programme détaillé, jour par jour
Au menu des Assises du Journalisme et de l’Information 2009, ce sont près de 150 intervenants journalistes, éditeurs, universitaires, enseignants, et associations qui se réuniront à Strasbourg pour plus d’une trentaine de forums et 5 jours de débats.


Deux blogs pour suivre Les Assises

30-09-2009

Toute la semaine prochaine, du 5 au 9 octobre 2009, les étudiants du CUEJ et du CFJ tiendront deux blogs pour suivre toute l'actualité des Assises.

Les Assises du Journalisme et de l'Information 2009 : Demandez le programme !

16-08-2009

La troisième édition des Assises se tiendra à Strasbourg du 5 au 9 octobre 2009, en partenariat avec le Conseil de l’Europe. Pour tout savoir sur les débats, les intervenants, et les thématiques des Assises 2009, consultez ici notre page spéciale dédiée aux Assises.

 

 

"Les guerres de Karl Kraus"

Agone3536_unehttp://revueagone.revues.org/index479.html

 

 

09:17 | Lien permanent | Commentaires (0) |

16/09/2009

Strasbourg :Il faut aider les habitants du squat de rue de l’Abbé-Lemire

Les occupants du squat rue de l’Abbé-Lemire ont choisi la vie en communauté mais sont sous le coup d’une décision d’expulsion. Les occupants du squat rue de l’Abbé-Lemire ont choisi la vie en communauté mais sont sous le coup d’une décision d’expulsion.

Salut / hallo / hi

Ce message s'adresse aux personnes de Strasbourg c'est au sujet d'une expulsion d'un squat à Strasbourg.
Diese nachricht ist für menschen von straßburg ist der gegenstand einer Ausweisung eines hocken in Straßburg.
This message is for people of Strasbourg is the subject of an expulsion of a squat in Strasbourg.

Un des deux squats de Strasbourg est en voix d'expulsion, La limite légale est fixé au 1 octobre 2009.
Suite aux expulsions violentes qui se sont effectuées dernièrement en France (voir les exemples à la fin du message), il est fortement envisageable que les chiens du RAID ou de la BAC  feront encore une fois le sale boulot.
Pour que la fin du squat ne se fasse pas dans le silence et pas sans résistance (oui je suis pessimiste ! ) les personnes habitants le lieu ont décidées de résister et de le faire savoir. La Legal Team est, il me semble, à même de ramener sa science, pour conseiller et couvrir de l'extérieur la défense des futures accusés/victimes.
Pour prendre contact et pour organiser la riposte une réunion et organisée le Samedi 19 Septembre a partir de 15h au 8, rue de l'Abbé LEMIRE.
Vous n'êtes pas obligé de venir en tant que LT, mais vous pouvez venir avec vos projets ArtisticoPoliticoCréativoDeliroEcolobidouilloGéniaux.

http://bonneuil.parti-socialiste.fr/files/violences-policieres.jpg

Chère toutes et tous, Habitants de Strasbourg & Alentours

Nous venons a vous pour vous avisé de notre situation désormais critique,
Au sein de La Belle Mire, nous avons le malheur de vous annoncez collectivement l'imminence d'une très probable expulsion

Notre Adjoint au Maire préféré, aussi connu sous le nom de Mr Philippe BIES, nous aura contraint et forcé a quitter les lieu d'ici au début du mois d'octobre, aux environs du 05.
Ce qui coïncidera avec la date d'ouverture du lieu un an auparavant..

Nous avons donc le plaisir de vous inviter a une réunion/apéritif/disscussion préparatoire en vue de l'organisation d'événements au sein du lieu.
Effectivement nous souhaitons réunir les énergies en présence afin de proposer une semaine entière d'ouverture a des actions artistique pluridisciplinaire(concerts, expositions, performance, lecture, projection...).

Qui se dérouleront du Dimanche 27 Septembre 2009 au Dimanche  03 Octobre 2009.

Pour ce faire nous vous accueillerons ce Samedi 19 Septembre a partir de 15h au 8, rue de l'Abbé LEMIRE ( Arrêt de tram C : Montagne Verte )
Toutes les propositions et bonnes volontés sont les bienvenues.
A samedi !!!

Les Habitants et Satellites de La Belle Mire.

PS : N'hésitez pas a faire circuler cette appel autours de vous !

Merci d'avance

 

 

Rappel des violences policières (non exaustif):

Expulsion et blessés graves Montreuil juillet

http://numerolambda.files.wordpress.com/2009/07/montreuiljuil09.jpeg

Mercredi 8 juillet à 6H du matin, la police et le Raid ont procédé à l’expulsion de la Clinique occupée, 42 boulevard de Chanzy à Montreuil,
Suite du texte ici :
http://montreuilriposte.blogspot.com/2009/07/squat-expuls...

Expulsion interpellation et perquisition au squatt Rennes septembre
D’un côté, une vingtaine de policiers, flash-balls et flingues en main. De l’autre, cinq jeunes, encore couchés, tout surpris par cette débauche de moyens policiers. Le temps d’être expulsés de leur lit et de comprendre ce qui leur arrivait, ils sont déjà perquisitionnés et contrôlés.Les policiers partent en emportant appareils photos, papiers, disques durs, ordinateurs portables. Et embarquent un des habitants du lieu, « connu des services de police » pour avoir déjà servi d’exemple dans une petite affaire liée à l’occupation de l’université Rennes 2 l’an passé. Le tout, il faut le préciser, SANS MÊME EXPOSER LE MOTIF DE CETTE INTERVENTION ...
Suite du texte ici :
http://nantes.indymedia.org/article/18114


Expulsion du camp de sans abris en avril à Strasbourg.
Pierre-Étienne Bisch est le nouveau préfet de notre région. Il  n’a pas mis bien longtemps pour montrer les dents. C’est sur les pauvres d’entre les pauvres, qu’il a lâché sa meute, sur le campement des EDQ, dans la nuit du 27 avril.
Suite du texte ici :
http://strasbourgcurieux.com/libre_cours/2009/04/29/avec-...

 

 

Ainsi squattent-ils
Avec ses quelque 11 000 logements inoccupés – 8% du parc immobilier privé –, Strasbourg apparaît comme un terrain privilégié pour les squatteurs.

Nombre de squats sont peu organisés et éphémères. Le temps pour les occupants de trouver autre chose », assure Monique Maitte, porte-parole du collectif SDF Alsace.
Le quartier Koenigshoffen-Montagne Verte accueille deux squats organisés et, par conséquent, bien connus de la mairie. 0Rue de l’Abbé-Lemire, ils sont huit à vivre dans les locaux d'un ancien jardin d’enfants. Installés depuis l’automne dernier, les « squatteurs » – comme ils n’aiment pas qu’on les appelle – ont fait leur chez-eux de cette maison laissée à l’abandon pendant plus d’un an et demi. Ils n'ont pas hésité à retaper les lieux, histoire de pouvoir y vivre, bien sûr, mais aussi d’y organiser leurs soirées débats, projections ciné ou répétitions destinées aux nombreux musiciens qui gravitent autour de ce lieu de solidarité.

« On est là par choix »

Cet après-midi de mai, quelques-uns dessinent une yourte à l’aide d’un architecte, tandis que dehors un étudiant, habitué des lieux, s’occupe du potager. « On est là par choix, lance un résident de 23 ans. On ne se sent pas marginalisé. La plupart d’entre nous pourraient vivre ailleurs, dans du « logement légal». Mais ce qui nous intéresse, c’est la vie en communauté, dans un lieu de solidarité. »
« Une situation inacceptable », pour le maire de quartier Eric Elkouby : « Le tribunal d’instance a rendu une décision d’expulsion en avril, j’attends que la préfecture l’exécute. » Très remonté sur ce sujet, stigmatisant « l’attitude provocatrice de ces gens qui s’attribuent le bien public », Eric Elkouby invoque également l’existence de projets pour la maison de l’Abbé-Lemire : « L’associationFemmes de Parole pourrait installer un foyer d’hébergement d’urgence. » (NDLR : Un vote de la CUS, en décembre dernier, va dans le sens de l’installation d’une maison-relais pour femmes sans domicile fixe.) Du côté des squatteurs, on voit dans ces projets un prétexte à une expulsion express.

Rénover le quartier

Et les riverains dans tout ça ? « On n’a aucun problème avec nos voisins, assure un squatteur. Seule une association, Portes de la Montagne Verte, veut nous voir partir. » Valérie Gobyn, présidente de l’association fait valoir qu’elle ne fait que déplorer que la décision de justice ne soit pas appliquée. Tout est dans la nuance.
Au 2, route des Romains, un autre squat perdure malgré un avis d’expulsion vieux de deux ans. Ici, pour la dizaine d’occupants, c’est discrétion et profil bas. Il s’agit de ne pas réveiller l’attention de la municipalité, qui avait pour projet de « requalifier l’entrée de Koenigshoffen ».
Si l’association artistique que les squatteurs avaient créée continue d’exister, sa publicité se limite au cercle des initiés. Dans tous les cas, la destruction du bâtiment est dans les cartons de la mairie : « On souhaite rénover cette entrée de quartier, y réaliser de nouvelles constructions. Et ça passe par la destruction de la maison », assure Eric Elkouby. L’adjoint PS fustige l’attentisme de ses prédécesseurs qui, selon lui, ont laissé la situation se gangrener. Face aux squats, l’heure est à la réactivité. « Aujourd’hui, confirme Monique Maitte, dès qu’un squat tente de se créer, la municipalité procède à des expulsions. On ne veut pas qu’ils aient le temps de prendre leurs aises. »
Par ailleurs, la porte-parole de SDF Alsace dénonce l’attitude ambiguë de la mairie : « Route du Polygone, il y a un squat mal famé, fréquenté principalement par des drogués. Là, la mairie laisse couler : elle préfère qu’ils restent entre eux ».

Expulsion musclée

SDF Alsace essaye « d’éduquer les politiques aux squats ». Mais trouve qu’ils sont surtout prompts à expulser : l’avancée des projets de remplacement laisse à désirer. En octobre 2006, les 27 occupants du squat du 204 route de Schirmeck, avaient été évacués manu militari par 144 policiers. La précédente municipalité a racheté le site, détruit le bâtiment avec la volonté d’y installer « un projet immobilier d'habitat mixte », une zone alliant commerces et logements privés. Aujourd’hui, si, selon la Ville de Strasbourg, « les permis de construire pour un plan immobilier sont en route », le « 204 » reste un terrain vague.


Anastasia LEVY
Vincent RUCKLY

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13/09/2009

Manifestation Anti-Otan avril 2009 à Strasbourg - proposition de création de commission d'enquête

 

N° 347

SÉNAT

SESSION ORDINAIRE DE 2008-2009

Annexe au procès-verbal de la séance du 9 avril 2009

PROPOSITION DE RÉSOLUTION

tendant à la création d'une commission d'enquête parlementaire sur le déroulement de la manifestation du 4 avril 2009 à Strasbourg,

PRÉSENTÉE

Par Mmes Éliane ASSASSI, Nicole BORVO COHEN-SEAT, Josiane MATHON-POINAT, M. François AUTAIN, Mmes Annie DAVID, Gélita HOARAU, M. Guy FISCHER, Mmes Isabelle PASQUET, Marie-France BEAUFILS, MM. Michel BILLOUT, Jean-Claude DANGLOT, Mmes Michelle DEMESSINE, Évelyne DIDIER, M. Thierry FOUCAUD, Mme Brigitte GONTHIER-MAURIN, MM. Robert HUE, Gérard LE CAM, Jean-Luc MÉLENCHON, Jack RALITE, Ivan RENAR, Mmes Mireille SCHURCH, Odette TERRADE, MM. Bernard VERA et Jean-François VOGUET,

Sénateurs

(Renvoyée à la commission des Lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d'administration générale, sous réserve de la constitution éventuelle d'une commission spéciale dans les conditions prévues par le Règlement.)

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

Les événements qui ont eu lieu à Strasbourg, lors du sommet de l'OTAN le 4 avril dernier, suscitent de nombreuses interrogations.

Les intentions des milliers de manifestants qui s'étaient réunis à cette occasion pour refuser de voir la France réintégrer l'OTAN étaient pacifiques. Ils se sont déplacés afin d'exprimer leur point de vue dans le respect des lois et des personnes. Hélas, les manifestants, venus défiler pour la paix, ont été finalement empêchés de défiler en raison des violences, exactions et dégradations commises par des groupes minoritaires et ultra-violents. Ces derniers étaient habillés de noir, avaient le visage masqué, et étaient munis de pierres ou de bâtons : leur objectif recherché était manifestement l'affrontement et rien d'autre.

C'est pourquoi il ne peut être fait aucun amalgame entre les manifestants et ces groupes, dont les actes sont évidemment intolérables.

La confusion qui est ainsi entretenue par les médias et le gouvernement masque opportunément les dysfonctionnements que tous ceux qui ont participé à la manifestation ont pu constater sur place.

Il faut en effet s'interroger sur le décalage entre l'important dispositif policier mis en oeuvre quelques jours avant la manifestation et la gestion du déroulement de la manifestation.

La vie quotidienne des Strasbourgeois a été perturbée par un important déploiement des forces de l'ordre et par des entraves à leur liberté d'expression -interdiction d'accrocher à son balcon ou à sa fenêtre un drapeau arc-en-ciel de la paix- et à leur liberté de circulation -des autoroutes et des rocades ont été totalement fermées à la circulation.

Le jour de la manifestation, le rassemblement des manifestants a en réalité été impossible, certains ayant été empêchés de rejoindre la manifestation, des CRS bloquant un parcours de manifestation pourtant négocié. Les points de tension entre manifestants et forces de l'ordre se sont ainsi multipliés, tensions exacerbées par l'usage de gaz lacrymogène pendant plusieurs heures par ces dernières.

Par ailleurs, selon plusieurs témoignages, certains manifestants se sont retrouvés pris en étau, dans une « souricière » dans laquelle les forces de l'ordre les incitaient à rentrer mais les empêchant ensuite de ressortir : cette stratégie a mis en danger de milliers de manifestants, de nombreux d'entre eux revenant choqués, tout au long de la journée, par les violences et les affrontements qu'ils avaient vus et subis. D'autres se sont retrouvés à l'extérieur du dispositif, ainsi privés de leur liberté de manifester.

De plus, les forces de l'ordre n'ont pas hésité à s'en prendre à la presse, contrôlant et fouillant, parfois au corps, les journalistes, qui ont même été empêchés de filmer ou d'enregistrer des interviews.

Enfin, le jour du départ, les manifestants, quittant la zone dans laquelle ils campaient, ont été fouillés par les forces de l'ordre, parfois au corps, et obligés d'abandonner certains effets personnels.

C'est pourquoi le groupe Communiste, Républicain, Citoyen et des sénateurs du Parti de Gauche demande qu'une commission d'enquête permette de répondre à plusieurs questions :

- Alors que, selon le gouvernement, près de 9 000 policiers et gendarmes, 1 500 militaires et 1 500 pompiers ont été mobilisés pendant ces deux journées de sommet de l'Otan, comment de telles violences ont-elles pu avoir lieu, sans qu'une réponse appropriée soit apportée ?

- Pourquoi les forces de l'ordre sont-elles restées inactives lorsque les groupes violents ont pu commettre leurs exactions en toute liberté, terrorisant ainsi les personnes venues manifester pacifiquement ?

- Pourquoi les manifestants ont-ils été pris au piège, se retrouvant ainsi dans l'impossibilité de manifester dans des conditions optimales de sécurité ? Pourquoi d'autres ont-ils été privés de la liberté de manifester, compte tenu de l'impossibilité de rejoindre le rassemblement ?

Ces questions attendent des réponses et c'est pourquoi il vous est proposé de bien vouloir délibérer et adopter la présente proposition de résolution tendant à créer une commission d'enquête.

PROPOSITION DE RÉSOLUTION

Article unique

Il est créé, en application de l'article 6 de l'ordonnance n° 58-1100 du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires et de l'article 11, alinéa 1, du Règlement du Sénat, une commission d'enquête composée de vingt et un membres sur le déroulement de la manifestation du 4 avril 2009 à Strasbourg, lors du sommet de l'OTAN.

doc en PDF

 

 

 

N° 1598

_____

ASSEMBLÉE NATIONALE

CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958

TREIZIÈME LÉGISLATURE

Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 8 avril 2009.

PROPOSITION DE RÉSOLUTION

tendant à la création d'une commission d'enquête sur les circonstances et les conséquences de la gestion du service public des forces de l'ordre dans le cadre du Sommet de l’Organisation du Traité Atlantique Nord les 2, 3 et 4 avril 2009,

(Renvoyée à la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale
de la République, à défaut de constitution d’une commission spéciale dans les délais prévus
par les articles 30 et 31 du Règlement.)

présentée par Mesdames et Messieurs

Martine BILLARD, Yves COCHET,
Noël MAMÈRE et François de RUGY,

députés.

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

Les 3 et 4 avril 2009 s’est tenu à Strasbourg le sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Organisation du Traité Atlantique Nord (OTAN).

En marge de ce sommet s’est organisé un « contre sommet », regroupant des organisations et des citoyens majoritairement issus de la société civile et du mouvement pacifiste de différents pays d’Europe. Ces organisations ont tenté d’organiser une série de manifestations pacifiques, parfaitement légitimes, en vue d’exprimer démocratiquement leur opposition aux orientations politiques et militaires de l’OTAN.

Le sommet des chefs d’État et de gouvernement ainsi que le contre sommet ont donné lieu à un déploiement des forces de l’ordre particulièrement important (plusieurs milliers).

En dépit de cette présence massive, des incidents matériels graves ont éclaté, notamment des incendies, qui ont dévasté l’un des quartiers pauvres de la ville de Strasbourg. Ces exactions sont dues à la présence d’individus, pour certains parfaitement organisés en commandos, venus souvent de loin pour semer la destruction dont ils sont coutumiers à chaque rassemblement international. Ces derniers, dont les pratiques et les valeurs sont aux antipodes de celles du mouvement de paix, n’ont strictement rien à voir avec les manifestants qui ont tenté de s’exprimer, en vain.

Au regard de ses événements qui ont traumatisé la population de Strasbourg et plus particulièrement ceux du quartier du Port-du-Rhin précité, il convient aujourd’hui de s’interroger sur la gestion des évènements par les forces de l’ordre le samedi 4 avril :

1) Il ressort de nombreux témoignages, (d’habitants, de manifestants, d’élus, comme de journalistes) qu’il s’est écoulé un laps de temps particulièrement important entre la commission de méfaits, notamment les agissements des incendiaires dans le quartier du Port-du-Rhin livré à lui-même, et l’intervention des forces de l’ordre : en témoigne le sauvetage de l’école du quartier par l’action courageuse de mères de familles venues à la rencontre des casseurs.

2) Dans le même esprit, des fonctionnaires de police présents en bordure de l’ancien poste de frontière ravagé par un incendie ayant demandé l’autorisation d’intervenir immédiatement, se sont vus curieusement invités à rester spectateurs, laissant ainsi le champ libre aux casseurs.

3) Tous les observateurs ont relevé une concentration de véhicules de pompiers en centre ville, notamment près de la place Gutenberg, qui contraste étrangement avec le déficit évident sur le tracé de la manifestation.

4) Contrairement à ce qui avait été conclu avec les organisateurs de la manifestation qui s’est toujours explicitement revendiquée pacifique, l’accès au Jardin des deux Rives, site de rassemblement excentré et bien sécurisable alentours, a été empêché par la multiplication des barrages, le plus souvent loin en amont du site. Les observateurs notent ainsi que le déploiement des forces de police semble avoir été conçu prioritairement pour limiter l’accès – et l’ampleur du cortège – plutôt que pour protéger les biens et les personnes, y compris les manifestants, tant sur le site et que sur le trajet convenu.

5) Si les autorités ont été amenées par les événements à modifier le parcours de la manifestation initialement convenu avec les organisateurs, elles ont ensuite piloté le cortége dans une véritable impasse. Les charges de forces de police à la poursuite des casseurs en queue de cortège ont créé une situation extrêmement dangereuse compte tenu du nombre de manifestants pris au piège, dans un véritable étau, entre barrages policiers et grenades lacrymogènes, bombes assourdissantes et flash-balls : si la panique s’était emparée des manifestants, le drame était inscrit.

L’ensemble de ces observations fonde la demande de création d’une commission d’enquête sur la gestion des forces de l’ordre (polices nationale et municipale, gendarmerie etc.) par la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie, notamment en vue de vérifier la véracité des témoignages et des déclarations des uns et des uns autres.

Sous le bénéfice de ces observations, nous vous demandons, Mesdames et Messieurs, d’adopter la proposition de résolution suivante.

PROPOSITION DE RÉSOLUTION

Article unique

En application des articles 140 et suivants du Règlement, est créée une commission d’enquête parlementaire de trente membres, chargée d’apporter toute la lumière nécessaire sur les circonstances et les conséquences des événements violents survenus à Strasbourg du 3 au 4 avril 2009, et plus particulièrement sur la gestion du service public des forces de l’ordre.

Comte tenu de la nature des événements qu’elle est chargée d’examiner, la commission veille particulièrement à recueillir des informations sur des faits n’ayant pas donné lieu à des poursuites judiciaires, conformément aux dispositions du troisième alinéa du paragraphe I de l’article 6 de l’ordonnance du 17 novembre 1958 précitée.

doc en PDF

 

 

 

détail d'un article de texte...le pti' plus de PROBE:

 

 

Il ne peut être créé de commission d'enquête sur des faits ayant donné lieu à des poursuites judiciaires et aussi longtemps que ces poursuites sont en cours. Si une commission a déjà été créée, sa mission prend fin dès l'ouverture d'une information judiciaire relative aux faits sur lesquels elle est chargée d'enquêter.

 

Article 6

I.-Outre les commissions mentionnées à l'article 43 de la Constitution seules peuvent être éventuellement créées au sein de chaque assemblée parlementaire des commissions d'enquête ; les dispositions ci-dessous leur sont applicables.

Les commissions d'enquête sont formées pour recueillir des éléments d'information soit sur des faits déterminés, soit sur la gestion des services publics ou des entreprises nationales, en vue de soumettre leurs conclusions à l'assemblée qui les a créées.

Il ne peut être créé de commission d'enquête sur des faits ayant donné lieu à des poursuites judiciaires et aussi longtemps que ces poursuites sont en cours. Si une commission a déjà été créée, sa mission prend fin dès l'ouverture d'une information judiciaire relative aux faits sur lesquels elle est chargée d'enquêter.

Les membres des commissions d'enquête sont désignés de façon à y assurer une représentation proportionnelle des groupes politiques.

Les commissions d'enquête ont un caractère temporaire. Leur mission prend fin par le dépôt de leur rapport et, au plus tard, à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la date de l'adoption de la résolution qui les a créées. Elles ne peuvent être reconstituées avec le même objet avant l'expiration d'un délai de douze mois à compter de la fin de leur mission.

II. Les articles L. 135-5 et L. 132-4 du code des juridictions financières sont applicables aux commissions d'enquête dans les mêmes conditions qu'aux commissions des finances.

Les rapporteurs des commissions d'enquête exercent leur mission sur pièces et sur place. Tous les renseignements de nature à faciliter cette mission doivent leur être fournis. Ils sont habilités à se faire communiquer tous documents de service, à l'exception de ceux revêtant un caractère secret et concernant la défense nationale, les affaires étrangères, la sécurité intérieure ou extérieure de l'Etat, et sous réserve du respect du principe de la séparation de l'autorité judiciaire et des autres pouvoirs.

Toute personne dont une commission d'enquête a jugé l'audition utile est tenue de déférer à la convocation qui lui est délivrée, si besoin est, par un huissier ou un agent de la force publique, à la requête du président de la commission.A l'exception des mineurs de seize ans, elle est entendue sous serment. Elle est, en outre, tenue de déposer, sous réserve des dispositions des articles 226-13 et 226-14 du code pénal. Les dispositions du troisième alinéa de l'article 41 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse lui sont applicables.

Toute personne qui participe ou a participé aux travaux de la Commission bancaire, du Comité des établissements de crédit et des entreprises d'investissement, de l'Autorité des marchés financiers, du Conseil des marchés financiers, du Conseil de discipline de la gestion financière ou de la Commission de contrôle des assurances est déliée du secret professionnel à l'égard de la commission, lorsque celle-ci a décidé l'application du secret conformément aux dispositions du premier alinéa du IV. Dans ce cas, le rapport publié à la fin des travaux de la commission, ni aucun autre document public, ne pourra faire état des informations recueillies par levée du secret professionnel.

III. La personne qui ne comparaît pas ou refuse de déposer ou de prêter serment devant une commission d'enquête est passible de deux ans d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende.

Le refus de communiquer les documents visés au deuxième alinéa du II est passible des mêmes peines.

Dans les cas visés aux deux précédents alinéas, le tribunal peut en outre prononcer l'interdiction, en tout ou partie, de l'exercice des droits civiques mentionnés à l'article 131-26 du code pénal, pour une durée maximale de deux ans à compter du jour où la personne condamnée a subi sa peine.

En cas de faux témoignage ou de subornation de témoin, les dispositions des articles 434-13, 434-14 et 434-15 du code pénal sont respectivement applicables.

Les poursuites prévues au présent article sont exercées à la requête du président de la commission ou, lorsque le rapport de la commission a été publié, à la requête du bureau de l'assemblée intéressée.

IV. Les auditions auxquelles procèdent les commissions d'enquête sont publiques. Les commissions organisent cette publicité par les moyens de leur choix. Toutefois, elles peuvent décider l'application du secret ; dans ce cas, les dispositions du dernier alinéa du présent article sont applicables.

L'assemblée intéressée peut décider, par un vote spécial et après s'être constituée en comité secret de ne pas autoriser la publication de tout ou partie du rapport d'une commission d'enquête.

Sera punie des peines prévues aux articles 226-13 et 226-14 du code pénal toute personne qui, dans un délai de vingt-cinq ans, sous réserve des délais plus longs prévus à l'article L. 213-2 du code du patrimoine, divulguera ou publiera une information relative aux travaux non publics d'une commission d'enquête, sauf si le rapport publié à la fin des travaux de la commission a fait état de cette information.


Cite:


Cité par:

Version consolidée à la date du 13 septembre 2009

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12/09/2009

The Washington Dead Cats "The Man with no Face"

20 années dans ta face...go vegetables go !!!

13:55 | Lien permanent | Commentaires (0) |

06/08/2009

Sommet de l'Otan à Strasbourg:Critique de la police française dans le Badische Zeitung

 

Kritik an Polizei in Straßburg !!!

Badische Zeitung


Donnerstag, 06. August 2009

FREIBURG (BZ). Die deutsche Polizei hat wegen des gemeinsamen Einsatzes während des Nato-Gipfels im April Kritik an der französischen Polizei geübt. In einem Geheimbericht des deutschen Einsatzleiters Bernhard Rotzingers werden laut SWR Kommunikationspannen und eine mangelhafte Kooperationsbereitschaft der französischen Polizei beklagt. Als schwierigste Situation beschreibe er die Demonstration an der Europabrücke bei Kehl, bei der die Deutschen ihren französischen Kollegen auf dem kleinen Dienstweg helfen mussten, als auf Straßburger Seite Gebäude brannten. Diese Hilfe habe man den Franzosen aufdrängen müssen. Doch auch unter deutschen Einsatzkräften gab es Missverständnisse: Zivilpolizisten seien als gewalttätige Demonstranten verkleidet gewesen, was zu Konfrontationen mit uniformierten Kollegen geführt habe. Die Sicherheit der Gipfel-Teilnehmer sei aber nie gefährdet gewesen.

 

La police allemande a raison de critiquer "l'engagement commun" que la police française a pratiqué au cours du sommet de l'OTAN en avril 2009 à Strasbourg. Dans un rapport secret, Bernhard Rotzinger selon SWR, des "pannes de communication et une mauvaise volonté de coopération de la police française" sont à déplorer. Il décrit la situation difficile "hierarchiquement", au pont de Kehl, quand les Allemands ont proposé de l'aide à leurs collègues français , alors que les bâtiments brûlaient. Cette aide, on doit l'imposer aux Français. Mais il ya eu aussi des malentendus dans forces allemandes, : des policers civils déguisés en violents manifestants , ce qui à donnés lieu à des confrontations avec des collègues en uniformes. La sécurité des participants au Sommet n'a toutefois jamais été en danger.

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05/08/2009

Report d’un procès à l’encontre d’un opposant au sommet de l’OTAN, libération provisoire après 4 mois de détention

Communiqué de presse du 5.8.2009

Contre-sommet de l'OTAN 2009 : Report d’un procès à l’encontre d’un opposant au sommet de l’OTAN, libération provisoire après 4 mois de détention

Ce matin, le 5 août 2009, un jeune allemand de 25 ans, étudiant en biomathématique, est passé devant la cours d’appel de Colmar. Il était venu manifester pacifiquement à Strasbourg le 2 avril 2009 lors du contre sommet de l’Otan. Le motif de son inculpation : jet de pierre sur agent de police. Contrairement au procès en appel du 29 juillet qui avait donné lieu à une relaxe, aujourd’hui dans un climat beaucoup plus tendu, le juge a demandé un complément d’enquête sur le témoignage des policiers. Dans son réquisitoire le procureur a tenté de faire croire à l’existence du black bloc, dont le jeune homme ferait parti. Le procureur a cherché à le criminaliser à outrance en énumérant : l’histoire des blacks blocs débutant avant la naissance de l’accusé, ainsi que les dégâts causés lors de la manifestation du samedi 4 avril durant laquelle le jeune homme était entre les mains de la police. Il s’est appuyé sur des sources « sérieuses» : Wikipédia et le Figaro. Pour le procureur, le bloc noir serait une organisation militaire, qui viendrait « comme des fourmis » provoquer à elle seule la fin du capitalisme, « le numéro de téléphone de la Legal Team écrit sur le bras ». Dans ce procès ubuesque les preuves sont inexistantes. Le témoignage du policier qui l’accuse ne fait mention ni de dégâts sur le véhicule, ni de blessures sur agent de police. La seule « arme » en sa possession : du sparadrap. Dans ces conditions, que dire des policiers filmés jetant des pierres sur les manifestants ? Comble de l’incongruité, le procureur a tenté de le faire passer pour un anti sémite, alors que c’est un anti raciste convaincu. Le juge n’a pas vu la nécessité de le maintenir en détention jusqu’au procès reporté au 19 octobre, cela montre le côté expéditif de la comparution immédiate qui condamne à de lourdes peines sans preuve tangible. Par ce système, le jeune homme a servi de lampiste à la justice, subissant pendant quatre mois les pénibles conditions de vie des prisonniers français. Celles-ci sont dénoncées par une récente pétition des détenus de la maison d’arrêt de Strasbourg déposée auprès du parlement européen.

Pour plus d'informations contactez legalteam-strasbourg@effraie.org





Presseerklärung vom 5.8.2009

NATO-Gipfel-2009: Berufungsprozess gegen NATO-Gegner vertagt, Freilassung nach 4 Monaten Haft

Heute morgen, am 5. August stand ein 25jähriger deutscher Student der Biomathematik vor dem Berufungsgericht in Colmar. Während des NATO-Gipfels in Strasbourg nahm er am 2. April friedlich an den Protesten teil. Er wurde beschuldigt, Steine auf Polizisten geworfen zu haben. Anders als beim Berufungsverfahren vom 29 Juli, dass mit einem Freispruch endete, war das Klima heute eher angespannt. Der Richter forderte eine Vernehmung der Zeugen, deren Aussagen bislang nur schriftlich vorlagen. In seinem Plädoyer versuchte der Staatsanwalt von der Existenz eines schwarzen Blocks zu überzeugen, dem der junge Mann angehören soll. Um ihn schwerer zu belasten, erzählte der Staatsanwalt die Geschichte des „schwarzen Blocks“ von ihren Anfängen, die vor der Geburt des Angeklagten lagen und listete die Schäden im Verlauf der Demonstration am Samstag, den 4. April auf, während derer er sich aber schon in Polizeigewahrsam befand. Er berief sich auf „seriöse“ Quellen: Wikipedia und die französische Tageszeitung „Le Figaro“. Für den Staatsanwalt ist der „Schwarze Block“ eine militärische Organisation, die „wie die Ameisen“ anreist, um „mit der Telefonnummer des Legal Teams auf den Arm geschrieben“ im Alleingang das Ende des Kapitalismus einläuten will. In diesem grotesken Prozess konnte nicht ein einziger Beweis vorgelegt werden. Die Zeugenaussage des Polizisten erwähnt weder Schäden an Fahrzeugen noch Verletzungen von Polizisten. Die einzige „Waffe“, die beim Angeklagten gefunden wurde, war Heftpflaster. Was sagt man unter diesen Umständen zu Polizisten, die beim Steinewerfen gefilmt wurden? Der Gipfel des Ganzen: der Staatsanwalt versuchte, den bekennenden Antirassisten als Antisemiten darzustellen. Der Richter sah keine Notwendigkeit für eine Fortsetzung der Haft bis zum neuen Prozesstermin am 19. Oktober. Dies zeigt, dass Schnellverfahren - bei denen ohne ausreichende Beweise schwere Strafen verhängt werden - übereilt sind. Durch das System der Schnellverfahren hat dieser junge Mann 4 lange Monate der Justiz als Sündenbock gedient und die unsäglichen Bedingungen im überbelegten französischen Strafvollzug erlebt. Diese Bedingungen sind inzwischen Gegenstand einer Petition von Insassen des strasbourger Gefängnisses an das europäische Parlament.

Für weitere Informationen wenden Sie sich bitte an:
legalteam-strasbourg@effraie.org

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04/08/2009

Discours de l'ex U.S. Sergeant Matthis Chiroux et de Malalai Joya à Strasbourg

 

Apology of Sergeant Matthis Chiroux to Afghan leader Malalai Joya
Strasbourg, France, April 5, 2009


Malalai Joya, 31, is the youngest person to become a member of the Afghan Parliament (one of 68 women elected to the 249-seat National Assembly, or Wolesi Jirga, in 2005); after she spoke out against the fundamentalists and former warlords in parliament, she was suspended. She was one of 1,000 women nominated for the Nobel Peace Prize in 2005, is one of the World Economic Forum’s 250 Global Leaders for 2007, and was nominated for the Sakharov Prize for Freedom of Thought by the European Parliament.  In 2007, she was in Berlin and spoke at the Human Rights Commission of the German Parliament.  She heads the non-governmental group Organization for Promoting Afghan Women's Capabilities (OPAWC) in the west of Afghanistan.  She has survived many assassination attempts and can only travel in Afghanistan with armed guards.


CHIROUX: Hi everybody.  My name’s Matthis, and I’m still a sergeant in the U.S. Army, hopefully not for much longer.  And this is Malalai Joya, who’s from Afghanistan.  And in 2005, for a brief time, I helped occupy Malalai’s country, and it was wrong. It was my mistake. I should not have been there.  I should not have been supporting this oppression of her people. Today I want to look Malalai in the eye, and I want to tell you, Malalai, how sorry I am for the violence that my Army has done to your people, to your country. I want to apologize to you for the role that I played in it. I was wrong, and I will show you that my country and the rest of the world can come to a place where they can admit wrong, apologize, and offer some sort of reconciliation.


I don’t have much to give, Malalai, but I would like to offer you this small symbol of my reconciliation and our good friendship, which happened here at this conference, and this friendship will continue, and hopefully MalalaI’s and my friendship can serve as a model for the other people in our countries. That just because our governments want to fight—the people can be friends, and we can force a peace by refusing to hate each other and refusing to kill each other.. And I want to give Malalai this: it’s a dove pin, an international symbol of peace. I would like to present it to you, Malalai, and ask --(applause) -- and ask you to accept it as a token of our reconciliation and of our new and enduring friendship, and thus can hopefully inspire others to do the same. If American and other soldiers could come to the same place, knowing they have done wrong, and apologize to the people they have wronged, and seek friendship, then we can have peace, and it doesn’t matter what our governments do. (applause).


JOYA: I’m speechless in thanks -- my dear brother. I have nothing to pass to you but the love of my people. I pass it to you, and I pass your love to them. 
And I want to tell you that it is your government that must apologize first of all to great people like you: they are deceiving you and they use you for not a good cause; they use you for a war which only adds to the suffering of my people. And it is your government that must apologize to the Afghan people for invading their land and imposing a mafia government of warlords and drug-lords on them.  Not only to the Afghan people, but to the people of Iraq as well, because they occupied that country and they betrayed them and they are going to war in Pakistan as well now.  And the U.S. government first of all must apologize to the peace-loving people of the U.S. that your government tries to give the wrong view of the people of Afghanistan and commits every war crime in your name.

And yesterday I was at the demonstration, and I wanted to give a speech on behalf of my people here, to expose the wrong policy of the U.S. government and especially of NATO -- because unfortunately, these governments also have followed the devastating policy of the U.S. for seven years now -- which is a mockery of democracy.  Please, as much as you can, raise your voice against the war-mongerism of your government, and also against the U.S. that wants to occupy and occupy. Please raise your voice against the wrong policy of the Obama administration that now wants to send more troops to Afghanistan and to compromise with the brutal Taliban and other terrorists for its own strategic gains, which will bring more conflict and war to my people.

And at this catastrophic moment we need more moral and material support for the democratic-minded people of Afghanistan, who are the only alternative for the future of Afghanistan: they alone are able to fight against terrorism and fundamentalism. The suffering people of Afghanistan, nobody listens to their voice -- while these troops are killing our innocent people, most of them women and children, and on the other side these Taliban and the Northern Alliance terrorists are continuing their fascism under the rule of the US/NATO. So join with our sisters and brothers in Afghanistan, especially democratically minded people there, who neither want occupation, nor Taliban, but an independent, free and democratic Afghanistan.

I have a small gift as well, to dear Matthis, on behalf of my people. I hope in the future I will have an Afghani gift for him.  This is from all of us (applause as she gives him a dove pin).

CHIROUX: Just in closing, I would like to say that I met Malalai here at this NATO Summit. The legacy of this Summit will not be violence.  It will be this grassroots friendship that was formed here between U.S. troops and the Afghani people, who refuse to fight and hate each other anymore.


JOYA: Thank you.

 

http://linksunten.indymedia.org/fr/node/4819

 

Mali Isle Paquin, collaboration spéciale
La Presse

Elles ont un passé et des horizons différents, mais leur envie de faire bouger les choses est la même. La Presse vous présente trois femmes de combat. Aujourd'hui, rencontre avec Malalaï Joya, «la femme la plus courageuse de l'Afghanistan». Cette députée afghane, bannie de son Parlement pour avoir dénoncé la corruption qui frappe son pays, tire à boulets rouges sur le gouvernement fondamentaliste qui «légalise l'oppression des femmes». Notre correspondante à Londres l'a rencontrée alors qu'elle donnait une conférence sous haute surveillance.

Malalaï Joya ne se déplace plus sans gardes du corps. La jeune Afghane a déjà échappé à cinq tentatives d'assassinat. Son crime? Avoir traité des députés de «criminels de guerre».

C'était au Parlement de Kaboul, en mai 2005. Malalaï Joya, élue dans la province de Farah, n'avait pas encore 30 ans.

La «femme la plus courageuse de l'Afghanistan» était de passage à Londres à quelques semaines des élections afghanes, prévues le 20 août.

Infatigable, elle donne des entrevues dans le monde entier pour dénoncer Hamid Karzaï et son gouvernement «mafieux». Mais aussi pour exiger le départ des troupes de l'OTAN.

La «libération» de l'Afghanistan n'est que de la poudre aux yeux, répète-t-elle.

«Pourquoi la guerre en Afghanistan serait-elle plus juste que celle en Irak?» demande-t-elle à La Presse.

La députée féministe a fait circuler des photos de bébés brûlés par des explosions, mardi dernier, à une assemblée d'admirateurs et de journalistes. «Voici la vraie vie en Afghanistan», dit-elle, la gorge nouée.

La situation ne s'est-elle pas améliorée depuis l'arrivée des troupes de l'OTAN? «Les écoles se vident à cause des kidnappings d'écolières. Et des mères affamées vendent leur bébé pour 10$», répond la femme de 31 ans.

Récompensée par plusieurs prix internationaux, Malalaï Joya est entrée en politique grâce à son travail humanitaire. Son projet de fonder une clinique dans sa province l'a menée jusqu'au Parlement en 2005.

Là, elle s'est rendu compte qu'elle siégeait en compagnie de loups: d'anciens talibans et seigneurs de la guerre civile qui a secoué le pays entre 1992 et 1996. «Ce sont des meurtriers, aussi intégristes les uns que les autres», dit-elle.

Elle a ouvert son premier discours en offrant ses condoléances aux Afghans pour les tyrans qui les représentent. Furieux, des parlementaires hurlaient qu'ils allaient la violer et la tuer.

Une féministe en burqa

Stephen Harper était de passage à Kandahar lorsque la députée s'est fait expulser du Parlement, en mai 2007. L'Assemblée venait de voter une loi qui interdisait aux membres de se critiquer entre eux.

Malgré les pressions de députés canadiens et du chef du NPD, Jack Layton, Stephen Harper n'a jamais condamné l'expulsion de Malalaï Joya.

Menacée de mort, elle ne dort jamais deux nuits au même endroit.

Elle ne va plus dans sa province natale. Trop dangereux. Elle se couvre d'une burqa pour échapper à ses bourreaux.

Comparée à la Birmane Aung San Suu Kyi, Malalaï Joya déplore le changement de ton de Hamid Karzaï face aux talibans. Le président afghan et le chef de la diplomatie britannique, David Miliband, ont suggéré cette semaine qu'il était temps «de parler aux talibans modérés».

«Qui décide quels talibans sont modérés ou non? C'est la preuve que les puissances occidentales ont gaspillé tout cet argent et ce sang», dit-elle.

Et les élections qui approchent? Elle s'insurge du fait que Karzaï ait dépensé environ 2 millions de dollars canadiens en deux semaines de campagne alors que sa victoire semble assurée.

«Nous avons un dicton en Af­ghanistan: L'important, ce n'est pas qui vote mais qui compte les bulletins de vote.»

L'autobiographie de Malalaï Joya sera publiée au mois d'octobre.(cyberpresse)

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