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19/09/2012

JUJITSU-POLITIQUE : LE CONTRE-STORYTELLING - article 11

Elle a beau avoir pour elle la puissance de feu, la machine médiatique a ses points faibles, ses défauts. Avec un peu de persévérance et une bonne dose d’imagination, il est même possible de la faire dérailler. Des collectifs – les Yes Men, Luther Blisset, etc. – s’y sont joyeusement employés, au carrefour du militantisme et de l’art. Retour sur quelques cas d’école de hacking des médias.

à lire sur article 11

Extrait :

UN STORYTELLING À CONTRE-COURANT

Les journalistes savent à quel point leur audience aime les histoires, surtout si elles sont bien enrobées et si elles valident un point de vue auquel on est acquis d’avance. Plusieurs groupes d’activistes savent autre chose : les journalistes aussi aiment les histoires, et surtout y croire.

Deux d’entre-eux se sont fait largement remarquer : RTMark2 (devenus Yes Men) et Luther Blisset. Leur mode opératoire ? Renverser l’objectif du storytelling en racontant des histoires aux « narrateurs » professionnels. Ils critiquent en acte le système médiatique se nourrissant de récits fabulés, et font jouer à plein les effets mythifiant des histoires. Ils s’approprient et détournent ce qu’on a appelé la « grammaire culturelle, qui désigne la totalité des codes esthétiques et comportementaux qui préside au bon déroulement de la vie en société, ainsi que les nombreux rituels que celle-ci impose à tous les échelons »3. En maîtrisant ces codes, ils parviennent à insérer leurs « coups » et canulars dans le flux médiatique.

RTMark, qui se présente comme une entreprise en lutte contre les abus des entreprises4, a axé sa démarche sur la correction d’identité, c’est-à-dire le fait d’amener une personne physique ou morale à dire ce qu’elle pense vraiment. Le collectif s’appuie sur une grande connaissance de la « communication » : création d’infos-hameçons pour journalistes, réalisation soignée de communiqués de presse, imitation crédible des apparences de la cible.

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13:50 | Lien permanent | Commentaires (0) |

18/09/2012

Mort de Zyed et Bouna à Clichy-sous-Bois: une pétition contre le non-lieu des policiers

500 signatures recueillies en moins de 2 heures. Une pétition a été mise en ligne ce lundi sur le site Change.org (*), contre la confirmation du non-lieu des policiers mis en cause après la mort <http://actualites.leparisien.fr/mort.html> de Zyed et Bouna, en octobre 2005 à Clichy-sous-Bois. La Cour de Cassation examinera l'affaire mercredi19 septembre.

Les deux adolescents avaient été électrocutés dans un transformateur EDF <http://actualites.leparisien.fr/edf.html>, où ils s'étaient réfugiés pour échapper à un contrôle de police.

Le drame avait déclenché trois semaines d'émeutes en banlieue. En octobre 2010, deux policiers avaient été renvoyés devant le tribunal correctionnel de Bobigny, pour «non assistance à personne en danger». Mais en avril 2011, la cour d'appel de Paris <http://actualites.leparisien.fr/paris.html> leur avait accordé un non-lieu, et les familles ont décidé de se pourvoir en cassation pour contester cette décision. La pétition, mise en ligne par le collectif AC Lefeu (né à Clichy juste après les émeutes de 2005) et le collectif contre le contrôle au faciès, demande à la ministre de la Justice d'intervenir auprès de l'avocat général près de la Cour de cassation, qui a préconisé la confirmation du non-lieu.

(*) change.org/fr/petitions/justice-pour-zyed-et-bouna

LeParisien.fr
http://www.leparisien.fr/aubervilliers-93300/mort-de-zyed...

07:06 | Lien permanent | Commentaires (0) |

17/09/2012

"La domination policière. Une violence industrielle" - Mathieu Rigouste

 

Mathieu Rigouste présentera "La domination policière. Une violence industrielle" le mercredi 5 décembre à 19h30 au Lieu-dit (6, rue Sorbier, 75020 Paris - métro Ménilmontant ou Gambetta).

Mathieu Rigouste enquête sur la violence policière, en l'ayant observée au jour le jour pendant ses années passées à Gennevilliers et jusqu'aujourd'hui au cœur des luttes sociales. Ici l'expérience personnelle nourrit la réflexion et l'écriture, dans un creuset d'analyses collectives.

Pour écrire ce livre, l'auteur a consulté les écrits et les blogs de policiers, les revues policières, les enquêtes des sociologues sur la police, il a recueilli des mémoires populaires et des récits de vie ; il a mené des entretiens ; il a recensé les émeutes, les blessés et les morts, les actions en justice qui ont jalonné la violence policière depuis les dernières années du 20e siècle ; il a comparé la situation française avec ce qui se passe à l'étranger, en particulier aux USA.

La thèse du livre est claire : la violence policière n'est pas faite d'accidents, de « bavures ».

La violence policière est structurelle : pas de police sans violence.

Cet ouvrage nous offre un éclairage nouveau et documenté sur un mécanisme essentiel du pouvoir d'État en France.

Format : 13x20
Nombre de pages : 208
ISBN : 9782358720458

Lien : http://www.demosphere.eu/node/31622
Source : http://www.lafabrique.fr/

« L’idéologie d’Alain Bauer reste implantée au sommet de l’État »

Introduite sous Sarkozy sur l’impulsion de son conseiller sécurité Alain Bauer, la criminologie vient d’être rejetée du Conseil national des universités. Chercheur en sciences sociales, fervent opposant à cette discipline, Mathieu Rigouste réagit à cette décision.

La décision de promouvoir la criminologie comme une discipline scientifique autonome n’a pas survécu à l’arrivée de la gauche au pouvoir. Chercheur en sciences sociales à l’université de Paris-VIII-Saint-Denis, Mathieu Rigouste, a consacré un livre à Alain Bauer, grand pape de la criminologie.

Réagissant à la décision ministérielle de supprimer la section criminologie du Conseil national des universités (CNU), Mathieu Rigouste livre son point de vue personnel sur l’idéologie sécuritaire qui sous-tend selon lui, la promotion de cette discipline.

Pourquoi selon-vous Alain Bauer tenait-il autant à ce que la criminologie devienne une discipline universitaire autonome ?

L’université est à la fois une formidable plateforme de légitimation pour une bande d’idéologues sécuritaires, c’est une pouponnière de réseaux d’influence et une vitrine commerciale pour faire valoir la reconnaissance de « menaces » rentables pour les marchés de la sécurisation. Même s’il est possible d’y acquérir des connaissances critiques et si toutes sortes de compétences et de résistances s’y croisent et s’y fabriquent, c’est aussi une vaste machine à domestiquer les mentalités. La direction du Conseil national des universités est donc un champ de luttes pour les fractions des classes dominantes. L’institutionnalisation de la criminologie au sein du CNU découlait d’une offensive des fractions sarkozystes pour restructurer la légitimation universitaire. Sa destitution marque la reprise en main du secteur par d’autres fractions (de gauche). Section de criminologie au CNU ou pas, les « études de défense et de sécurité » continuent à fonctionner dans l’université selon les mêmes soubassements idéologiques : former des « cadres de la nation » à la « pensée de défense et de sécurité », c’est-à-dire faire passer les intérêts de l’État et des grandes entreprises pour ceux de « la population » et tenter ainsi de légitimer l’expansion sécuritaire et la collaboration d’une partie des classes populaires à l’asservissement général.

Pourquoi vous opposez-vous à l’élévation de la criminologie en tant que science autonome ?

Je ne m’y oppose pas en particulier, j’essaie de fournir des outils analytiques à celles et ceux qui luttent contre cette société de misères et d’inégalités. Que ce soit une science, qu’elle soit autonome ou pas, ne change d’ailleurs pas grand chose aux intérêts que sert cette « criminologie » dont Bauer et ses collègues se font les promoteurs. L’université est une institution chargée par l’État et les classes dominantes de reproduire les rapports sociaux de domination (de classe, de race et de sexe). Si elle permettait en quoi que ce soit de changer les structures de cette société, « ça ferait longtemps que ce serait interdit » comme disait l’autre. Avec ou sans Bauer, ses amis et leur criminologie, l’université n’est pas faite pour nous permettre de nous émanciper collectivement. Je n’ai étudié Alain Bauer et sa « criminologie » que parce qu’ils sont caractéristiques d’un mouvement de fond. La destitution de cette « criminologie » du CNU ne changera rien au fait que l’université – sa forme de production et de répartition du savoir – participe fortement à la reproduction d’une société pyramidale.

Comment définiriez-vous la « bande à Bauer » que vous décriviez dans votre livre ?

C’est une association d’intérêts entre des marchands et des ingénieurs en idéologie sécuritaire, au service des profiteurs de la peur, comme il en existe d’autres. Une sorte de secte idéologique qui a réussi à se faire confier certaines manettes de la restructuration en cours en cernant bien les intérêts des industries sécuritaires et des « bénéficiaires secondaires du crime » comme écrivait Karl Marx, et en étant particulièrement docile et malléable.

Avec l’arrivée de la gauche au pouvoir, Alain Bauer et ses proches ont-ils perdu leur influence au sommet de l’État ?

De toute évidence, les idées dont ils sont les marchands restent installées à la tête de l’État et de la restructuration impérialiste. Alain Bauer et sa bande ne sont que des incarnations d’intérêts, les vecteurs humains d’un processus général qui se moque totalement d’eux. N’en faisons pas les responsables d’une « dérive » pour dédouaner le système en place comme les fractions de gauche des classes dominantes ont commencé à le faire. Bauer et sa bande ont été assez habiles et volontaristes pour être chargés de mener les réformes mais ils sont complètement interchangeables. Les grandes écoles fabriquent des centaines de marionnettes de ce type chaque année, aptes à légitimer les logiques d’accumulation du profit et de la puissance qui se perpétuent à la tête de l’État impérialiste à travers l’alternance des fractions de gauche et de droite.

À Amiens, dans les destructions de campements de Roms et les expulsions, dans les camps pour étrangers illégaux et dans le système de leur déportation, dans les visites officielles du nouveau chef de l’État à des dictateurs affamés de sécurisation à la française, dans les plans d’intervention inter-impérialiste en Syrie… la technique idéologique dont Alain Bauer est le nom continue d’alimenter la reproduction et l’extension du capitalisme sécuritaire.

Malgré sa proximité avec Manuel Valls, Alain Bauer a démissionné de la plupart des présidences officielles (l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, le Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégique et la Commission de contrôle des fichiers de police) qui lui avait été attribuées. Comment l’expliquez-vous ?

La conjugaison de ses responsabilités à la tête des appareils idéologiques d’État et de ses activités d’entrepreneur sur le marché de la sécurité a commencé à le mettre en difficulté dès lors qu’elle a été rendue publique. On peut penser sans trop prendre de risque, qu’il continue et continuera plus discrètement à fournir l’État et à marchander ses services avec les gouvernements et les entreprises les plus offrants.

Mathieu Rigouste est l’auteur de La bande à Bauer et l’idéologie sécuritaire aux éditions Libertalia en 2011 et de L’ennemi intérieur : la généalogie coloniale et militaire de l’ordre sécuritaire dans la France contemporaine aux éditions La Découverte en 2009.

Leur presse (David Doucet, LesInrocks.com, 1er septembre 2012)

Article source: http://juralib.noblogs.org/2012/09/13/a-paraitre-la-domin...

 

16:35 | Lien permanent | Commentaires (0) |

CYBER-KAPO : un corps de réservistes spécialisés en cyberdéfense

cyberdéfense,Jean-Yves Le Drian,réserve citoyenne

une rare photo de "Rami", cyber consultant citoyen réserviste qui à maintenant délaissé la moîteur des forêts d'Amérique du Sud pour épauler Jean-Marie "malgré lui" Bockel à se pencher sur les cruels et fourbes réseaux chinois...

 

L'armée française va se doter d'un corps de réservistes dédiés à la cyberdéfense, issus de la réserve opérationnelle et de la réserve citoyenne. La création de ce corps a été notamment avancée dans le rapport d'information sénatorial sur la cyberdéfense.


Dans son rapport d'information(.pdf) sur la cyberdéfense, qui a fait couler beaucoup d'encre suiteà sa mise en gardeà l'égard des équipements de réseau chinois, le sénateur Jean-Marie Bockel a aussi défendu le principe d'une "cyber réserve" qui rassemblerait les "compétences de nos réservistes, tant au sein de la réserve opérationnelle que de la réserve citoyenne".

Cette recommandation prend aujourd'hui forme. Commel'a relevéNicolas Caproni sur Twitter, le ministère de la Défensea annoncéla création d'un réseau de réservistes spécialisés en cyberdéfense dans le cadre de la réserve citoyenne. Cette réserve sera constituée "d'un noyau de volontaires accrédités par l’autorité militaire" et "travaillera en étroite concertation avec les autorités nationales en charge du domaine".

"Les réservistes auront pour mission d’expliquer la dimension stratégique de ce domaine en pleine expansion, d’y préciser la place des armées et de donner des clés de compréhension des différents enjeux. D’autres axes de travail seront définis ultérieurement", explique le site web. Parmi ces réservistes se trouveront des industriels et des universitaires qui auront le souci de promouvoir un "esprit de cyberdéfense" et d'alimenter le débat.

la suite sur numérama 

09:43 | Lien permanent | Commentaires (0) |

12/09/2012

Festival Selbst Gemacht les 22 & 23 septembre - La Semencerie - Strasbourg

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via L'alsace Libertaire

07:37 | Lien permanent | Commentaires (0) |

06/09/2012

Eternit s’attaque à l’avocat des victimes de l’amiante

C’est le monde à l’envers. Le procès de Jean-Paul Teissonnière, avocat « historique » des travailleurs victimes de l’amiante et de leurs familles s’ouvre aujourd’hui à Paris. Il est accusé de diffamation par l’entreprise de BTP Eternit, celle-là même qui fut le premier producteur d’amiante-ciment en France, jusqu’à l’interdiction de ce matériau très cancérogène en 1997. Eternit avait porté plainte suite à un entretien paru dans Télérama où l’avocat comparait les méthodes d’Eternit France et d’Eternit Italie.

la suite sur bastamag.net

13:56 | Lien permanent | Commentaires (0) |

05/09/2012

Mireille "Pussy Bigotte" Mathieu aux prises avec Anastasie !!!

Mireille Mathieu dénonce le "sacrilège" des Pussy Riot

"Une église n'est pas un lieu pour pouvoir manifester, on peut manifester autrement. Une église est un lieu de recueillement, et c'est un sacrilège" de manifester comme l'ont fait les Pussy Riot, a déclaré Mireille Mathieu à la chaîne de télévision moscovite TV Tsentr lors d'une visite à Moscou.

La chanteuse, très populaire en Russie, a donné cette interview à l'occasion de sa venue à Moscou pour participer à une festival international de musique militaire où elle a interprété des chansons en russe...

piqué au tas sur francetvinfo.fr - 05/09/2012

 

Mercredi 5 septembre Mireille Mathieu affirme avoir été coupée

 

Une partie de l'interview de la star, où elle réclame «l'indulgence pour les trois jeunes femmes», aurait été coupée au montage, indique son entourage contacté par Le Parisien . Interrogé sur l'action des Pussy Riot, la chanteuse, catholique pratiquante, aurait répondu ainsi: «Je pense que ces jeunes filles ont été un peu inconscientes car une Eglise n'est pas un lieu pour manifester. On peut toujours manifester autrement. Une église étant un lieu de recueillement, c'est un sacrilège. Mais en tant que femme, artiste et chrétienne, je demande l'indulgence pour ces trois jeunes filles.

 

Mercredi 5 septembre - La télé russe dément toute «censure»

 

Contacté par l'AFP dans l'après-midi, le directeur des programmes de la tranche matinale de TV Tsentr, Vladislav Chekoïan, dément toute coupure. Après vérification des enregistrements, le directeur afffirme qu'«il n'y a pas cette phrase» où Mireille Mathieu demanderait l'indulgence pour les Pussy Riot. «Là où s'arrête ce que nous avons diffusé, s'arrête l'enregistrement. Il s'agit probablement d'un malentendu, Mireille Mathieu a pu prononcer cette phrase dans une autre interview. Nous sommes prêts à communiquer les enregistrements», a déclaré Vladislav Chekoïan.

 

Jeudi 6 septembre - La télé russe revient sur son démenti

 

Nouveau rebondissement. La chaîne russe revient sur son démenti et confirme cette fois au Figaro avoir bel et bien coupé une partie des propos de Mireille Mathieu au montage. La chaîne TV Centre impute cette «faute» à une jeune journaliste qui aurait, par peur, caché les rushs. La jeune femme est depuis en entretien avec le directeur de la chaîne et sera «punie pour falsification».

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L'équipe éditoriale de TV Tsentr au prise avec la "jeune journaliste" afin de retrouver les "rush disparus" (photo via A.11)

 

«Les rushs avaient disparu. Nous avons débuté des recherches et avons finalement trouvé l'original qui avait disparu du serveur ainsi que d'une clé USB, et identifié la fameuse phrase», a indiqué Vladislav Chekoïan. Accusée de «fraude», la journaliste devrait être licenciée.

 

piqué au tas sur lefigaro.fr - 06/09/2012

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Mireille dans les coulisses d'un palais du Kremlin en novembre 2008... les rushs n'ont pas disparus !

13:51 | Lien permanent | Commentaires (3) |

30/08/2012

Militer face aux Nouveaux chiens de garde : entretien avec le réalisateur Gilles Balbastre

Extrait :

Donc on nous a transformé de citoyens, même si j’aime pas ce mot, éclairé à consommateurs, y compris malins, qui allons picorer du Plan B, un peu d’internet, qui surfons, faisons un peu de Politis, du Monde diplo, du Canard, de l’Huma, et qui laissons aux beaufs, au peuple, TF1 et la merde... C’est la même population qui parfois va, bien sûr, aller chercher ses carottes râpées biologiques sans ONG, qui va savoir se situer, qui a de plus en plus une posture « bobo-iste » en terme politique, pour le droit au mariage des homosexuels, pour les carottes bio, et quand je dis cela, je suis pour le droit au mariage des homosexuels bien entendu, mais qui, au fond, essaye d’aménager son pré carré, qui n’a plus d’idées économiques, de construction politique, de haine contre l’aliénation, qui a souvent un genre de racisme envers le peuple, de plus en plus fort, car ils sont cons, ils sont beaufs, ils votent FN, contre le mariage homosexuel, bouffent pas des carottes bio et consomment TF1. On mesure là ce côté très consumériste, en quoi nous nous sommes transformés. Dans les salles, souvent les gens me posent des questions comme si je devais donner des A +, comme si j’étais une agence de notation : « et Mermet, il est bien ? Schneidermann il est bien ? Dites nous quels médias on peut ». La question était pas celle-là. La question est, au fond : quel renversement politique, quelle question politique il faut remettre dans les médias ? Comme les résistants en 1944 se sont saisis de l’information, au regard de ce qu’elle avait été dans l’entre deux-guerre (corrompue) et pendant la guerre (collabo) – il ne faut pas oublier que la profession de journaliste fut une des plus épurées après-guerre, ¾ des cartes déchirées, un grand nombre embastillé, voire fusillé ou banni... Le Conseil National de la Résistance pensait même, peut-être pas mettre l’information en dehors de la marchandisation, mais en faire un bien de service public, comme l’éducation et la santé. Donc, les débats ont soulevé cette problématique. Même les gens engagés refusent la mal-information comme la mal-bouffe ou le mal-logement mais n’ont pas peut-être pris assez conscience de cette posture dans laquelle ils sont. L’information est une vraie question politique, comme toutes les autres, même les carottes bio. Les carottes bio, il ne suffit pas de savoir où en acheter, d’aller bouffer AMMAP, mais de poser la question des champs pollués/ONG, etc qui bientôt feront qu’on ne pourra plus bouffer de carottes bio. De même, il y aura tellement peu d’infos bios ou alternatives, les autres auront tellement décerveler les cerveaux, qu’il n’y aura plus d’information alternative. La question n’est pas de savoir où est cette information alternative, même si, bien sûr, on a pas le choix, il faut y aller actuellement. Mais c’est nécessaire, pas suffisant. C’est vraiment un point à soulever.

la suite sur autrefutur

07:31 | Lien permanent | Commentaires (0) |

28/08/2012

Stephen Graham, Villes sous contrôle. La militarisation de l'espace urbain

Stephen GrahamVilles sous contrôle. La militarisation de l'espace urbain

Paris, La Découverte, coll. « Cahiers libres », 2012.

Extrait:

Le projet est extrêmement stimulant mais malheureusement, la version française ne promet d’en avoir un aperçu que tronqué, déformant le propos de l’auteur, sans que les coupes effectuées ne soient aucunement commentées ni justifiées : c’est là une pratique indigne d’un éditeur ordinairement sérieux comme La Découverte. Le titre est déjà en soi une trahison, qui met l’accent sur le contrôle plus que sur l’idée d’état de siège. L’édition française nous prive hélas de deux des trois chapitres théoriques du livre de Graham. La présentation, en sept caractéristiques, du nouvel urbanisme militaire, avec la sociologie de ses servants, ses outils technologiques, sa doctrine et ses effets en termes de reconfiguration des espaces de la violence, est coupée de ce qui lui donne son sens : une mise en perspective historique de la place des espaces urbains dans les guerres et les théories de la guerre, ainsi qu’une analyse des idéologies occidentales (surtout aux Etats-Unis et au Royaume Uni) qui conduisent à cette nouvelle perception de la ville comme enjeu de la guerre. Suivent quatre études de cas qui offrent un aperçu des nouvelles approches militaires et de leur déploiement. « Rêves de guerres robotiques » insiste sur les nouvelles technologies numériques et opérant à distance, tandis que « Un archipel de parcs d’attraction » illustre les tentatives de modélisation de l’ennemi et de son espace urbain par les stratèges militaires. Graham souligne ici les affinités tant formelles qu’idéologiques de cet empire de la guerre à distance avec le monde des jeux vidéo et la culture visuelle dominante. Le chapitre suivant, « Leçons d’urbicide », montre le rôle séminal des stratégies israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés et leur réappropriation par les forces armées américaines. Le dernier chapitre « Eteindre la ville » est principalement une analyse de la place nouvelle des infrastructures à protéger ou à cibler en tant que levier d’action majeur sur la vulnérabilité urbaine. Trois autres études de cas ont été sacrifiées, notamment le dernier de l’ouvrage original, consacré aux mouvements d’opposition à ce nouvel urbanisme militaire2.

piqué au tas sur http://lectures.revues.org 

16:45 | Lien permanent | Commentaires (1) |

De la faible vue de Richard Millet sur la peau des Français - juin 2011

Par Nicole Caligaris, romancière

Extrait :

Que Richard Millet, en son comique, soit au moins l'occasion de mettre les points sur les i. Dans le sens qu'a adopté le français actuel, "racisme" désigne ce mélange de xénophobie proprette et de bêtise crasse qui fait proposer, par exemple, de rendre la nationalité française exclusive de toute autre nationalité quand la chance de la France est au contraire de pouvoir vivre des liens puissants que le peuple français, en train de naître d'un écheveau de cultures et de langues, est en train de construire avec le monde auquel nous sommes liés, que les ânes le veuillent ou non, pour la joie des aventuriers de l'esprit, des curieux, des asphyxiés de la blancheur illusoire, pour la tristesse des pitres qui agitent devant leur nez pincé l'illusion d'une intégration qu'ils voient comme l'entrée au chausse-pied dans le moule d'une culture aux formes fixes, quand la vitalité d'une culture est au contraire de se former, en permanence, dans ses mutations au contact des apports extérieurs ; et dans les tensions que ces contacts ne manquent pas deproduire.

Premièrement, le mouvement est irréversible : il se trouve que nous ne pouvons pas choisir de croupir, comme les ânes l'appellent de leurs effrois, entre les bornes des clochers mentaux de l'enfance de ceux qui ont passé la cinquantaine. Il se trouve que nous ne pouvons pas, raisonnablement, prétendre nousrenfermer. L'idée de protéger la culture française d'une éventuelle invasion, non seulement est stupidement xénophobe mais elle est stupide tout court car impossible. La naïveté est dans cette illusion protectionniste, non pas dans la pensée de l'ouverture, plus réaliste, mais escamotée sous le nom si parfaitement français d'"angélisme". Ce qui doit nous préoccuper, ce n'est pas la protection, c'est la transmission, relation complexe qui ne se conçoit pas sans l'attention, la curiosité et l'adoption mutuelles.

Deuxièmement, il ne peut se concevoir d'intégration à sens unique : la société d'accueil change, de toute évidence, en intégrant ses membres venus d'ailleurs, c'est bien là l'intérêt, la richesse, le dynamisme d'une culture, et c'est précisément ce qu'il nous faut penser avec intelligence, notre changement. C'est cette pensée qui permettra de trouver comment les français, et les nouveaux, et les anciens, peuvent tenir ensemble, respectueux car respectés, car établis, non seulement sur les banquettes des RER mais aussi aux places où la société que nous composons ensemble accorde aux gens du pouvoir, respectés car égaux en droits et en devoirs mais aussi en positions et en espoirs.

piqué au tas sur lemonde.fr - 29/06/2011

11:53 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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