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08/01/2013

Strasbourg et ses voeux d'artifices...

Alors qu'Olivier Bitz, adjoint anti-pyrotechnie au maire PS de Strasbourg, appelle à une «interdiction générale» des pétards pour mettre fin à une "tradition stupide", on découvre avec étonnement la page "Voeux d'Artifices" sur le site de la ville de Strasbourg, qui vous invite à créer une carte de voeux en 4 étapes...

A la première on choisit un des deux personnages, Jeanne ou Antonin :

strasbourg,artifice,bitz,pétards

la deuxième étape permet de choisir entre 3 couleurs de boîte d'artifices :

artifices,strasbourg,bitz,pétards,tradition

la troisième propose deux lieux : la cathédrale ou la presqu'île Malraux. La quatrième étape permet de finaliser l'envoi avec un message et l'animation commence pour se terminer par... un feu d'artifice :

bitz,artifice,strasbourg,pétards,interdiction,tradition

Détonnant, non ?

10:28 | Lien permanent | Commentaires (0) |

06/01/2013

"Les féministes blanches et l’empire", ou le récit d’un complot féministe fantasmé

Sociologue et militante féministe, coordinatrice des Cahiers du féminisme (1977-1998), Josette Trat a souhaité proposer une réponse au livre de Félix Boggio Ewanjé-Epée et Stella Magliani-Belkacem - Les féministes blanches et l'empire - dont nous avons publié des "bonnes feuilles" sur notre site. 

 

Nous avons hésité avant de répondre à cet essai1 par souci de ne pas relancer une polémique qui a divisé la gauche radicale depuis plusieurs années. Mais après réflexion, il nous a semblé impossible d’ignorer ce pamphlet qui accumule les contrevérités historiques et les calomnies. Nous pensions avoir apporté dans notre livre collectif Cahiers du féminisme, dans le tourbillon du féminisme et de la lutte des classes2 des données suffisantes pour la clarification des enjeux de nos luttes et de nos choix en tant que féministes « luttes de classe » dans les quarante dernières années. Ce n’est pas le cas, du moins, pour les auteur.es de ce livre.

Cet essai correspond en effet à un véritable jeu de massacre : aucun courant du féminisme, excepté celui qui s’identifie directement à celui des Indigènes de la république ne trouve grâce aux yeux de F. Boggio Ewanjé-Epée et de S. Magliani-Belkacem3. On y retrouve d’ailleurs toutes les thématiques propres à ce courant : une lecture de l’histoire sociale et politique focalisée exclusivement sur le rapport colonial ou postcolonial ; le refus de prendre en compte la menace que représente pour l’émancipation des opprimé.es la montée conjointe du néolibéralisme économique, du néo-conservatisme et des fondamentalismes religieux dans le monde ; la subordination totale d’une perspective féministe à la lutte contre l’impérialisme et le post-colonialisme.

Les auteur.es se proposent de mettre en évidence les supposés « points aveugles » du féminisme « blanc »4 ou « hégémonique » concernant le racisme et la question coloniale ; il s’agit pour eux non pas d’analyser « l’instrumentalisation du féminisme » ou du mouvement LGBTI par l’impérialisme « à des fins racistes » mais bien de comprendre « les convergences d’intérêts », voire la « collusion »5 pure et simple entre l’impérialisme et l’orientation majoritaire au sein de ces différents mouvements. Ils prétendent nous révéler les racines profondes de ce « ralliement ».

C’est pourquoi ils nous invitent à remonter le temps en 100 pages en partant des « suffragettes » du début du XXe siècle pour déboucher sur le mouvement féministe des années 1970 et ses prolongements. Ce dernier, même s’il a mené des luttes internationalistes, aurait été incapable de prendre en compte la situation des femmes les plus opprimées, celles des femmes immigrées et de leurs filles. Nous n’aurions pas compris l’importance du rapport postcolonial et de la lutte antiraciste, en raison d’un lourd passif qui pèserait sur notre inconscient collectif.

Ils nous précisent enfin qu’ils n’ont pas l’ambition de faire « une histoire » du mouvement féministe mais de faire un «autre récit » des choix stratégiques auxquels se sont trouvé confrontées les féministes depuis plus d’un siècle, comme si cela pouvait les dédouaner des nombreuses « erreurs », anachronismes ou calomnies qui jalonnent leur « récit ».

la suite sur contretemps

08:39 | Lien permanent | Commentaires (0) |

04/01/2013

Essai nucléaire : indemnisation et déclassification de documents

Essais nucléaires: cinq Polynésiens indemnisés

Publié le mardi 11 décembre 2012 à 15H05

 
 

 

Une réunion consultative du suivi des conséquences des essais nucléaires s'est tenue aujourd'hui à Paris, au Ministère de la Défense. Suite à cette réunion, le Comité d’indemnisation des essais nucléaires à donné son accord d’indemnisation à cinq Polynésiens suite à l’étude de leur dossier.

Une étude épidémiologique devrait également être réalisée en Polynésie française pour l’évaluation de l’impact sanitaire des retombées des essais nucléaires aériens de 1966 à 1974.

Mais pour le Ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, la modification de la Loi Morin n’est pas d’actualité malgré la demande des associations, qui souhaitent modifier l’article 4 alinéa 2 afin de supprimer la notion de risque relatif.

piqué au tas sur lesnouvelles.pf

déclassification de documents d'essais nucléaires en Polynésie française 

JORF n°0003 du 4 janvier 2013 page 

texte n° 86 

AVIS 

Avis n° 2012-20 du 20 décembre 2012 

NOR: CSDX1300001V

La Commission consultative du secret de la défense nationale, régulièrement convoquée et constituée, en ayant délibéré,

Vu le code de la défense ;

Vu l'article L. 2312-4 du même code qui dispose qu'une « juridiction française dans le cadre d'une procédure engagée devant elle peut demander la déclassification et la communication d'informations, protégées au titre du secret de la défense nationale » et que « cette demande est motivée » ;

Vu l'article L. 2312-7 du même code selon lequel l'avis de la commission « prend en considération les missions du service public de la justice, le respect de la présomption d'innocence et les droits de la défense, le respect des engagements internationaux de la France ainsi que la nécessité de préserver les capacités de défense et la sécurité des personnels » ;

Vu le jugement du 7 octobre 2010 du tribunal administratif de Paris, rendu à la requête de l'Association des vétérans des essais nucléaires et de l'association « Mururoa E Tatou », par lequel il est demandé au ministre de la défense de se prononcer à nouveau, après saisine et avis de la Commission consultative du secret de la défense nationale, sur la déclassification et la communication de divers rapports établis par les services mixtes en charge du contrôle biologique et de la sécurité radiologique à la suite des tirs nucléaires réalisés au Sahara et en Polynésie française entre 1960 et 1996 ;

Vu la lettre de saisine de M. Jean-Yves LE DRIAN, ministre de la défense, en date du 3 octobre 2012 ;

Considérant que, si par son jugement susvisé le tribunal administratif de Paris a notamment enjoint au ministre de la défense de saisir de certains documents la Commission consultative du secret de la défense nationale, il ne réclame pas à avoir lui-même communication de ces documents après leur éventuelle déclassification ;

Considérant dans ces conditions qu'il n'est pas possible à la commission, pour arrêter l'avis qu'elle doit rendre au ministre de la défense, de prendre en considération parmi les critères que la loi lui prescrit de mettre en œuvre celui qui est relatif aux « missions du service public de la justice » ;

Emet un avis favorable à la déclassification des 58 documents communiqués par les services du ministère de la défense.

Sont toutefois exceptés de cet avis favorable :

― le dernier paragraphe de la page 7 et le premier paragraphe de la page 8, les pages 64 à 86 du compte rendu de la campagne 1974. ― Rapport n° 149/74-11/SMSR/DIR du 26 novembre 1974 ;

― les pages 36, 37 et 38 du document « Conséquences radiologiques du tir Andromède » n° 113/SMSR de juin 1970 ;

― les pages 35, 36, 37 et la planche n° 37 du document « Conséquences radiologiques du tir Dragon » n° 136/70/SMSR de juillet 1970 ;

― les pages 22, 23, 32, 33 et 34 du document « Conséquences radiologiques du tir Canopus » n° 72/68/SMSR de décembre 1968 ;

― les pages 31, 32 et la planche 29 du document « Conséquences radiologiques du tir Cassiopée » n° 113/70/SMR de juin 1970 ;

― les spectres n° 15246, 15278 et 15276 du compte rendu de l'opération « Arcturus » n° 76/SMSR/PEL/PAC du 20 juillet 1967 ;

― la totalité de l'annexe IV du compte rendu de l'opération « Antares » n° 75/SMSR/PEL/PAC du 18 juillet 1967 ;

― la totalité de l'annexe 2 du document « Opération Altaïr » n° 72/SMSR/PEL/PAC du 6 juillet 1967 ;

― la totalité des annexes 5 et 6 du document « Bilan des mesures physiques concernant TUREIA » n° 3/SMSR du 28 juillet 1967 ;

― les pages 31 à 35 du document « Conséquences radiologiques du tir Licorne » n° 156/SMSR de juillet 1970 ;

― les tableaux I et II et la figure n° 3 du document « CENTAURE » n° 101/SMSR/PAC du 7 septembre 1974 (Retombées Centaure et divers Retombées Tahiti) ;

― la totalité de l'annexe 5 du document « Conséquences radiologiques du tir Capella » n° 68/DAM/SDE/SPS d'août 1968 ;

― la totalité de l'annexe 4 et de l'annexe 5 (pages 28 à 31) du document « Conséquences radiologiques du tir Castor » n° 69/DAM/SDE/SPS de septembre 1968 ;

― la totalité des annexes 3, 4 et 5 (pages 34 à 48) du document « Conséquences radiologiques du tir Pollux » n° 70/DAM/SPE/SPS de novembre 1968 ;

― la totalité de l'annexe 4 (pages 30 et 31) et la planche n° 26 du document « Conséquences radiologiques du tir Procyon » n° 73/DAM/SDE/SPS de janvier 1969.

A l'exception des mentions à caractère nominatif ou des mentions à caractère interne dont la suppression paraîtra nécessaire au ministre.

Fait le 20 décembre 2012.

Pour la Commission consultative

du secret de la défense nationale :

La présidente,

E. Ratte

13:59 | Lien permanent | Commentaires (5) |

30/12/2012

La domination policière. Une violence industrielle - Présentation par Mathieu Rigouste - Intervention d'Éric Hazan

Le mercredi 5 décembre 2012 au "Lieu-dit" (75020 Paris)


Vidéo : Lanval Monrouzeau

14:41 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Notre Dame des Luttes !

12:39 | Lien permanent | Commentaires (0) |

“Les Ch’tis d'Allah” : de Roubaix au djihad

Dans un documentaire glaçant, Olivier Pighetti remonte une des sources du djihadisme international jusqu'en Bosnie. A voir ce lundi 12 novembre, à 23h20, sur France 3.

Le 10/11/2012 à 00h00 - Mis à jour le 13/11/2012 à 16h27
Propos recueillis par Hélène Marzolf - Télérama n° 3278

Dans Les Ch’tis d'Allah, le gang de Roubaix, Olivier Pighetti retrace l'épopée du « gang de Roubaix », qui, en 1996, terrorisa le Nord de la France. A sa tête, deux Français convertis à l'islam et formés à l'action violente pendant la guerre de Bosnie. Par le prisme de ce fait divers, il revisite des aspects méconnus du djihadisme international.

Pourquoi vous être intéressé à ce sujet ?
L'idée m'est venue l'année dernière lorsque, pour mon film Le 11 Septembre raconté par al-Qaida, j'ai rencontré des membres du réseau partout dans le monde. Chaque fois, j'ai été confronté à des gens éduqués, auxquels je pouvais m'identifier, ce qui m'a conduit à me demander comment ils avaient pu basculer dans la terreur. Je me suis alors souvenu du gang de Roubaix, dont les chefs étaient deux chrétiens convertis à l'islam. Partis en Bosnie, Christophe Caze et Lionel Dumont (1) se sont fait enrôler, comme d'autres étrangers, par la milice extrémiste El Moujahidin (ou El Moudjahid). Je me suis dit qu'il serait intéressant de partir de l'histoire de ces Français, pour comprendre comment des jeunes gens intégrés dans la société ont pu verser dans une telle violence. Au départ, le documentaire devait être diffusé au moment de l'affaire Merah. Mais celle-ci intervenant juste avant la présidentielle, la chaîne a eu peur que le film ne soit instrumentalisé et ne fasse le jeu de Nicolas Sarkozy.

Le film résonne-t-il dans l'actualité ?
Je pense que le contexte de l'époque était différent. Caze et Dumont ont sombré dans le terrorisme, mais, au départ, leurs motivations étaient quasi humanitaires. Il faut se souvenir que le conflit des Balkans a poussé énormément de Français à se mobiliser. Face aux atrocités que l'on attribuait aux Serbes ou aux Croates, les jeunes prenaient fait et cause pour les Bosniaques… Aujourd'hui, il me semble que des gens comme Merah ne sont pas animés, au-delà de leur révolte, par le même idéalisme.

Vous expliquez que le djihad en Bosnie a été à l'origine des réseaux al-Qaida.

La Bosnie a constitué un moment charnière du djihadisme international, car ce conflit a fait le lien entre les « Afghans » – les musulmans des pays arabes ayant combattu les Russes en Afghanistan – et l'Europe. De nombreux combattants européens, comme Caze et Dumont, sont rentrés de Bosnie enragés par les atrocités de la guerre, et ont voulu poursuivre le djihad chez eux. A cette époque, il y a d'ailleurs eu en Europe des centaines d'arrestations… C'est en Bosnie que se sont formés une partie des futurs cadres d'al-Qaida, ceux qui, plus tard, ont participé à l'attaque contre l'USS Cole [en 2000] ou au 11 septembre 2001. Et Ben Laden lui-même s'est rendu en Bosnie, et a rencontré le président Izetbegovic. Il semblerait même qu'il ait obtenu un passeport bosniaque…

Ces faits sont-ils reconnus ?
Pas vraiment. Izetbegovic a toujours nié que Ben Laden lui ait rendu visite. Quant à la brigade El Moujahidin, les militaires locaux connaissaient son existence, mais le monde extérieur était tellement concentré sur les problèmes entre Serbes, Croates et Bosniaques que les exactions de cette milice sont passées relativement inaperçues.

Comment fonctionnait la brigade El Moudjahidin ?
Elle n’a pas immédiatement existé en tant que telle. Au tout début, les djihadistes – tous des combattants étrangers – ont été intégrés dans l’armée bosniaque. Mais des dissensions sont vite apparues. Les tenants de la guerre sainte considéraient les soldats de l’armée comme des pleutres. Surtout, ils leur reprochaient de ne pas obéir aux lois de la charia et ne supportaient pas que les Bosniaques fument, boivent, ou écoutent de la musique. Les combattants étrangers ont donc fini par créer une milice indépendante, sous contrôle de la présidence. Celle-ci était d’autant plus redoutable que ses membres n’avaient pas peur de mourir au combat, contrairement aux Bosniaques. Au début la brigade était composée d’une centaine de membres. Mais sur toute la durée de la guerre, entre 5 000 et 8 000 hommes se sont relayés. Ils étaient implantés dans différentes zones, allaient dans les endroits les plus dangereux lorsqu’il fallait regagner une position prise par les Croates ou les Serbes. Ils ont d’ailleurs réussi des coups incroyables grâce à leur vaillance.
Dans ce film, vous abordez le rôle de pompiers pyromanes qu’ont joué les Américains dans le conflit bosniaque. Et vous êtes même revenu sur ce sujet depuis, dans un autre documentaire intitulé Guerre de Bosnie, les combattants d’Allah
Dans ces deux enquêtes, j'explique comment, par peur que la Serbie tombe entre les mains des Russes, la CIA a coordonné l’ensemble des troupes de djihadistes, financées par l’Arabie saoudite ou l’Iran. Les Etats-Unis ont même directement entraîné des combattants. Donc l’Amérique a créé ce monstre, et s’est rendue compte à la fin de la guerre qu’il était devenu incontrôlable. Exactement comme en Afghanistan dans les années 80, lorsque les USA ont soutenu les Talibans contre les Russes… L’histoire se répète à chaque fois.

Quel a été le rôle du président bosniaque dans tout cela ?
Alija Izetbegovic a toujours joué double jeu. D’un côté il se rangeait du côté des Américains, et recevait leur aide pour obtenir des informations ou gagner des positions. Et de l’autre côté, il a soutenu la brigade El Moudjahidin, lui a permis d’être le fer de lance de l’armée bosniaque, alors même qu’elle commettait des crimes de guerre.

Comment avez-vous obtenu les séquences rares que l'on voit dans le film ?

J'ai fait travailler des enquêteurs. Nous avons récupéré des images provenant de la brigade El Moujahidin, par le biais d'un ex-militant, mais aussi par celui des services secrets bosniaques et du TPI (Tribunal pénal international) de La Haye. Concernant les entretiens, j'ai réussi, en passant par une famille de détenus, à obtenir un rendez-vous téléphonique avec Lionel Dumont, aujourd'hui enfermé à la prison de la Santé. Ce qui relève du miracle, car il est particulièrement surveillé, et je ne sais même pas si l'administration pénitentiaire est au courant de ce coup de fil. En Bosnie, nous avons pu rencontrer des militants et des ex-membres des services secrets ainsi que des anciens de la brigade El Moujahidin.

 

Ces derniers sont-ils encore nombreux ?
A la fin de la guerre, le président bosniaque a donné des passeports par centaines à tous ces combattants radicaux, pour qu'ils restent en Bosnie. Aujourd'hui, s'ils sont cinquante, c'est encore beaucoup. Et ils ont tellement peur de se faire expulser qu'ils se cachent et font profil bas.

.(1) Christophe Caze a été tué par les forces de l'ordre et Lionel Dumont est en prison.

4.png Les Ch’tis d'Allah, le gang de Roubaix, lundi 12 novembre 2012, à 23h20 sur France 3.

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09:06 | Lien permanent | Commentaires (0) |

29/12/2012

Khomeiny et la France + l'Operation Eagle Claw

Les 112 jours de Khomeiny en France

Ce documentaire démonte les rouages d’une extraordinaire opération de marketing idéologique et en décrypte le fonctionnement.
Un documentaire de Gérard Puechmorel
Une production Et la suite Productions

Le vendredi 6 octobre 1978, un avion en provenance de Bagdad atterrit à Paris. Sur la passerelle apparaît un homme de 76 ans à la longue barbe grise, vêtu d’une immense cape brune et portant un imposant turban noir sur la tête : l’Ayatollah Khomeiny.
L’image du héros prophétique est déjà là, à la sortie de l’avion, prêt à faire la conquête du monde et d’abord celui du monde médiatico-politique de l’époque.

Pour la première fois, un documentaire retrace les 112 jours de Khomeiny en France. 112 jours entre le 6 octobre 1978 et le 1er février 1979 durant lesquels, depuis sa résidence à Neauphle-le-Château, le religieux iranien entreprend - aidé par la fascination qu’il exerce très vite sur l’intelligentsia et la presse françaises - de conquérir une partie du monde musulman et de le convertir à ses thèses extrémistes.
Entrer dans l’histoire de cet exil de Khomeiny en France, c’est entrer dans l’histoire de l’une des grandes mystifications de notre histoire contemporaine : faire d’un ayatollah exilé en Irak, isolé, encore sans grand rayonnement dans son pays et totalement inconnu sur la scène mondiale, le chef emblématique d’une révolution qui allait prendre le pouvoir en Iran, la plus grande puissance alors du Moyen-Orient ! Et changer ainsi la face du monde et de l’histoire contemporaine.

A l’aide de nombreuses archives et d’entretiens avec les protagonistes de l’époque, ce documentaire démonte les rouages de cette extraordinaire opération de marketing idéologique. Il en en décrypte le fonctionnement et en révèle les moyens mis en jeu.

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12:37 | Lien permanent | Commentaires (0) |

28/12/2012

Maurizio Cattelan – Le grand jeu

L’artiste italien Maurizio Cattelan aime jouer. Il pirate les règles esthétiques et les conventions sociales, crée un faux Picasso et expose des coffres-forts fracturés. A 38 ans, il s’impose comme l’artiste le plus désopilant et le plus cinglant de ces dix dernières années.

Le 6 novembre dernier, Picasso est sorti du MoMA et a profité de son temps libre pour se promener dans les rues de New York, des jeunes filles excitées et une troupe de policemen sont venus le saluer et se sont fait prendre en photo aux côtés de la Grosse Tête. Ceci n’est pas une blague, ou plutôt si : c’est même la dernière pirouette de l’artiste italien Maurizio Cattelan. Invité à présenter un projet au Museum of Modern Art de New York, il retourne la situation en un tour de main, fait du musée lui-même le sujet de son intervention : en effet, pour aussi drôle qu’elle puisse être, cette parade burlesque de Picasso à travers les rues de Big Apple jette un éclairage ironique sur la culture US et révèle dans un grand éclat de rire la disneylandisation des grands musées américains ­ voire du Louvre ?

Né en 1960 à Padoue, vivant entre Milan et New York, Cattelan joue avec les structures, s’amuse avec les lois, les règles artistiques et les conventions sociales, se joue sans arrêt du milieu de l’art ­ son terrain favori. Il déguise son galeriste parisien, Emmanuel Perrotin, en lapin lubrique, crée un prix récompensant tout artiste qui refusera d’exposer pendant un an (Oblomov foundation, 1992), s’évade du château de Rivara où il était amené à faire sa première exposition collective, fait faire son portrait-robot par la police. Côté histoire de l’art, il renouvelle profondément le genre de l’intervention in situ : son art à la fois loufoque et critique est toujours la prise en compte d’un contexte très précis (une galerie huppée, un centre d’art français, une foire…).

Mais les propositions plastiques auxquelles il aboutit jouent comme un révélateur de la structure, s’imposent comme un pied de nez hilarant fait à la puissance invitante et nous renseignent sur la situation particulière de l’artiste face à la pression du contexte : pour sa première expo dans la très chic galerie Daniel Newberg de New York en 1994, et après le refus par le galeriste de deux propositions trop coûteuses, Cattelan s’est contenté d’installer dans la galerie un âne et un lustre en cristal. Autoportrait de l’artiste en âne jeté dans le monde du luxe et menaçant de le briser ! De même, comment ne pas voir dans ce Picasso de carnaval la réponse subversive de l’artiste à ce que le MoMA attendait de lui : un one-man show époustouflant ? Maurizio Cattelan joue le jeu en le déjouant.

 

rauss,maurizio cattelan

photo newsnetz-blog.ch

Mais ses interventions ne concernent évidemment pas le seul milieu de l’art, elles jouent aussi avec la société dans sa totalité. En 1990, Cattelan entreprend une de ses actions les plus tonitruantes et les plus directement politiques : il crée sa propre équipe de football, l’AC Forniture Sud, composée de travailleurs sénégalais illégaux, de sans-papiers homologués dans le monde du football mais interdits sur le sol italien ! Sur les maillots des joueurs, le slogan nazi Rauss fait office de sponsor et révèle tout le mal qu’on pense d’eux. Pour manager son équipe, ce pirate de l’art détourne le langage publicitaire et les techniques marketing : il monte un stand illégal à la foire artistique de Bologne, développe un arsenal de gadgets siglés Rauss (fanions, maillots, ballons…). “C’était en 90-91, au début des questions d’immigration, et ça renvoyait évidemment l’Italie à son propre passé, à sa longue tradition d’émigration. Mais ce n’est pas un constat, ni une dénonciation. J’ai surtout voulu créer un problème, provoquer une situation dans la société réelle. Autrement dit, Cattelan est un joyeux fouteur de merde…

Dix ans à ce rythme, et son oeuvre prend l’allure d’un catalogue de pirouettes hilarantes et subversives. Mais il ne faut pas s’en tenir à ce côté blagueur : car il y a aussi dans cette oeuvre des animaux empaillés, le suicide d’un écureuil, un cheval pendu et la propre tombe de l’artiste, creusée à Dijon. Autant de figures tristes et inertes, prises au piège de la forme fixe et des structures trop étroites. Cattelan pratique une variété vitale des genres et des supports, refuse de s’enfermer dans un style. Le jeu n’est donc pas chez lui une simple arme de dénonciation, une façon de retourner la société contre elle-même : c’est avant tout une philosophie pratique, un principe de vie.

le 16 décembre 1998

maurizio cattelan,rauss

photo newsnetz-blog.ch

article piqué au tas chez Lesinrocks.com

 

09:17 | Lien permanent | Commentaires (0) |

27/12/2012

G8 Venue confirmed

The UK Government has confirmed that the G8 Summit will take place at Lough Erne, County Fermanagh, in the north of Ireland. This comes after various speculation that it would be in the Lake District, or in London. They have also confirmed the dates: it will be 17-18 June (not 13-14 June as reported before.) The Stop G8 Network has released this statement about the news:

As we are not based in Ireland, we do not feel we are able to make a call out for a mobilisation in Ireland. We are continuing to organise a week of action to coincide with the summit and as a part of this there will be a convergence in London. We do not want this to preclude any action at the summit and we would like to support and work with groups that have similar aims and principles to ourselves. We understand that the political focus in Ireland may be elsewhere and want to know if our network can show solidarity with mobilisations against the EU presidency or the G8 summit. We are stronger together and we are all part of the same anti-capitalist, anti-imperialist struggle.

 

call out to stop G8 UK

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25/12/2012

L'Allemagne exporte son armement

Monde, Angela Merkel , Allemagne, armement, Europe, exportation, armes, Défense,Sécurité

Selon le Sipri, un institut suédois qui effectue chaque année un classement des ventes d'armes et de services militaires, l'Allemagne serait le troisième fournisseur au monde sur la période 2007-2011, avec une part de marché de 9 %, derrière les Etats-Unis (30 %) et la Russie (24 %), et devant la France (8 %). Mais, dans un classement publié en août par le Congrès américain, l'Allemagne figure en quatrième position, avec un volume d'affaires de 9,3 milliards de dollars entre 2008 et 2011, soit la moitié de la France, qui est troisième.
«Dans le passé, la politique allemande contrôlait l'industrie de l'armement sans intervenir, mais, depuis environ dix ans, la chancellerie soutient activement les exportations d'armes » , souligne Guido Steinberg, expert à la Fondation pour la science et la politique (SWP). S'il y voit un moyen de stabiliser certaines régions, il craint que des chars allemands soient utilisés lors de soulèvements populaires.
THIBAUT MADELIN

lesechos.fr - 3/12/2012

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