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15.03.2010

Surveillance informatique - Extrait de Rebetiko n° 5

partie 2.1 - se protéger sur internet

Des serveurs relais qui enregistrent les flux de données circulant sur internet ; des logiciels espions injectés à distance dans les ordinateurs pour surveiller leurs activités (loppsi II) ; des procureurs qui traquent les crimes de lèse-majesté à l'aide des adresses IP de connexions : il y a des flics à tous les coins de rue aussi le cyber-espace. Dans ce deuxième volet (et dans le troisième, à suivre) de la série sur la surveillance informatique [note 0], quelques pistes pour tenter de protéger son ordinateur au cours d'une connexion au réseau.



Le problème prend ici une dimension particulièrement délicate, car, sauf efforts de configuration colossaux, tout ordinateur connecté à un réseau est susceptible de communiquer avec celui-ci sans que l'utilisateur l'ait demandé.

Comme la mise en réseau décuple les problèmes évoqués dans notre premier texte, le fait d'avoir installé un sytème d'exploitation de confiance est une condition pour que les outils présentés ici aient un mininum d'efficacité, quitte à utiliser systématiquement un système live (cf. première partie). Et même ainsi, une prise de contrôle de l'ordinateur par le réseau reste possible, permettant de tout savoir sur celui-ci. La question est complexe, et nous ne pourrons donner que des ébauches de pistes à creuser. Par ailleurs, comme certains des outils présentés sont déjà connus et utilisés (et parfois avec une confiance excessive), il est utile d'en aborder aussi les limites.

1. Limiter les attaques par le réseau

La « Box » [^note 1] (Freebox, Livebox, etc.) qu'on utilise pour se connecter à internet contient un système d'exploitation très basique, installé par son fournisseur (Orange, Free, etc.), sur lequel celui-ci détient tous les droits d'administration. Se pose dès lors la question de la confiance qu'on peut lui accorder, en particulier pour trois raisons :
- tout ordinateur connecté à une Box lui communique le numéro de sa propre carte réseau [note 1 bis](l'adresse MAC), qui est unique, et reste enregistré dans celle-ci à vie ; l'accès physique à la Box, ou sa simple consultation depuis le réseau par le fournisseur, permet de lui faire communiquer ces informations. Il est cependant possible d'obtenir qu'un ordinateur emploie une fausse adresse Mac, en configurant directement la carte réseau à cette fin [^note 2].
- se trouvant placée sur un réseau local, la Box bénéficie d'une confiance particulière de la part des ordinateurs qui sont sur ce réseau : elle est en position idéale pour ouvrir l'accès à une attaque.
- le système installé sur la Box inclut un firewall [note 2 bis], mais encore une fois, on ne contrôle pas ce qu'il fait. Il est donc intéressant d'installer un autre firewall sur son propre ordinateur [^note 3], voir d'attribuer toute la gestion du réseau local à un autre routeur, branché entre la Box et les ordinateurs, sur lequel on aura installé un système de confiance [^note 4].

Une attaque par le réseau peut aussi provenir de logiciels malveillants présents dans des données dont on a demandé soi-même le téléchargement (mails, programmes, micro-programmes comme JavaScript ou Flashplayer permettant l'affichage de pages dynamiques [^note 5]).

2. Limiter la transparence des informations échangées

Toutes les informations qui circulent sur un réseau ont une double nature : elles comprennent d'un côté les données elles-mêmes (le "contenu", dans le corps de texte d'un mail par exemple), et d'une
autre, des informations permettant à ce contenu d'être acheminé sur le réseau (on parle de "routage")[^note 6]. Le contenu comme les en-têtes sont échangés de manière transparente, et peuvent donc être enregistrés par les ordinateurs (routeurs) qui relaient les données sur le réseau, aussi facilement qu'une carte postale sans enveloppe peut être lue par quiconque l'a en main [^note 7].
On peut chiffrer le contenu des échanges de manière à le rendre confidentiel, mais cela n'a aucune incidence sur les informations d'en-tête ; on peut tenter de modifier les en-têtes de manière à en
masquer l'origine (pseudo-anonymat), mais cela n'a aucune incidence sur le contenu. Dès lors qu'on recherche, sur internet, la confidentialité ET l'anonymat, il faut combiner ces deux techniques, dont seule la première sera évoquée dans ce numéro.

2.a. Du bon usage des connexions chiffrées

Certains serveurs web, ceux dont l'adresse commence par https://, permettent d'établir automatiquement des connexions chiffrées. Dans ce cas, les logiciels des deux ordinateurs (le client - celui qui se connecte  - et le serveur) créent entre eux un « tunnel chiffré » par lequel les contenus seront échangés. Un usage bien compris de ce protocole demande quelques précisions :
- sa solidité repose beaucoup sur la possibilité, pour le client, de s'assurer de l'authenticité du serveur avec lequel se crée l'échange. Si cette authenticité ne peut être vérifiée, le navigateur le fait
savoir au moyen d'un message d'erreur ; il reste alors possible d'établir une connexion chiffrée... mais il se peut que la connexion ait été interceptée, et que le tunnel se crée avec le serveur qui effectue l'interception. L'établissement d'une connexion sécurisée devient alors possible, mais avec un serveur-relais mal intentionné qui, afin de rester discret, transmet ensuite les informations à la page demandée, mais en les déchiffrant-rechiffrant au passage. La seule solution pour éviter cette interception est de se procurer de manière certaine la signature (certificat) du site auquel on veut se connecter, et de l'installer dans son navigateur, avant d'établir la connexion.[^note 8]
- les données étant chiffrées uniquement pour le trajet, elles se trouvent à l'état déchiffré sur les ordinateurs qui communiquent.
- l'échange d'informations n'est parfois chiffré que sur une partie du trajet : par exemple, si l'utilisateur d'une boîte gmail envoie un mail à un utilisateur sur no-log, la connexion avec gmail est bien en https, et celle du destinataire, avec no-log, l'est aussi... mais gmail ne chiffre pas les connexions qu'il établit avec les autres serveurs : le mail est alors, sur cette partie du trajet, transmis en clair.

2.b. Crypter ses mails.

Certains logiciels, comme Mozilla Firefox, Claws Mail, ou Thunderbird, proposent d'installer un module complémentaire (FireGPG, Enigmail) qui peut prendre en charge le chiffrement et le déchiffrement des mails. On peut ainsi assurer leur confidentialité pendant la totalité du trajet. Là encore, il faut prendre en compte certaines limites :
- Lors de l'écriture d'un mail, ne pas oublier de désactiver l'enregistrement automatique des brouillons... sans quoi le brouillon non chiffré peut rester stocké sur le disque dur du serveur. Utiliser l'éditeur de texte de FireGPG rend inopérante cette sauvegarde automatique.
- Le chiffrement n'agit que sur le corps de texte des mails. Mais les mails disposent de leur propre en-tête, d'un autre type que celui évoqué plus haut, et qui contient le même genre d'informations, ainsi que le sujet du mail. Il n'existe aucun moyen de chiffrer ou masquer cet en-tête, ni d'empêcher son enregistrement éventuel sur les machines qui relaient le mail.
- Les mails échangés doivent être déchiffrés pour être lus : ils peuvent dès lors laisser toutes sortes de traces de leur présence, ou de la phrase qui a servi à les chiffrer, dans le système d'exploitation du destinataire ou de l'expéditeur.
Certaines pages web expliquent très bien le fonctionnement et l'usage du chiffrement des mails [^note 9].

à suivre : quelques autres pistes pour protéger ses connexions... et
pour trouver des informations plus complètes

------------ post-scriptum au premier volet : Des données invisibles dans les documents
numériques ------------
Les fichiers numériques peuvent être enregistrés sous différents formats. Les formats de fichier complexes (.doc, .mp3, .tiff, .jgp, .pdf, etc.) enregistrent, en plus des données qu'on veut sauvegarder, des nombreuses informations complémentaires : ces méta-données peuvent indiquer le nom de l'auteur, la date de création,la géolocalisation d'une photo,la marque de l'appareil qui
l'a prise, voire parfois, contenir une miniature de cette photo avant modification (ce qui peut rendre par exemple inopérant le floutage des visages sur les photos publiées sur internet)... On peut vérifier leur présence (mais pas vraiment leur absence) en faisant simplement afficher, avec un clic droit, des « informations sur le fichier ». On ne connaît aucune technique ou aucun logiciel fiable pour se débarasser des méta-données : alors autant préférer des formats d'enregistrement plus basiques (.bmp pour les images, .txt pour les textes), qui en conservent beaucoup moins. [^note X]
---------------------------------------------------------------------------------------

[note 0] : le premier volet sur les moyens de protéger ses données peut être consulté sur le funkyssime juralibertaire.over-blog.com
[1: Le vrai nom de ces machines est « routeur »
[1 bis] : le matériel qui gère les connexions.
[2: Une petite recherche scroogle (https://ssl.scroogle.org) donne de bons résultats, comme par exemple http://free.korben.info/index.php/Changer_son_adresse_MAC
[2 bis] : ou pare-feu, c'est le logiciel qui gère les connexions entrantes et sortantes.
[3: Netfilter/Iptables sous Linux ; sous Windows, mieux vaut renoncer
à se connecter que d'espérer trouver une réelle protection
[4: Un bon exemple (en anglais) sur http://openwrt.org
[5: Les extensions FlashBlock et NoScript, qu'on peut installer sur Firefox ou Iceweasel, permettent de bloquer ces deux programmes
[6: Ces informations, appelées « en-tête », contiennent toujours a minima l'adresse d'expédition du message, son adresse de destination, et la date et l'heure de l'émission
[7: Les fournisseurs de services sur Internet (de Youtube à Gmail, de No-log à Libération.fr) ont d'ailleurs, dans la plupart des pays, l'obligation légale de permettre, pour toutes les connexions qu'ils établissent, leur mise en correspondance avec une adresse réseau (IP) d'émission, cf. prochain épisode
[8: La page internet https://aide.boum.org/CertificatSSL/ propose des explications détaillées sur ces questions, ainsi qu'un protocole pour vérifier efficacement l'authenticité d'un certificat
[9: Par exemple, http://globenet.org/IMG/pdf/manuel-crypto.pdf et les tutoriaux que cette brochure suggère de consulter. Le site https://mail.riseup.net propose lui des outils « en ligne » de chiffrement des mails
[X: Ce problème, ainsi que des tests vraiment effrayants, sont présentés par la brochure (en anglais) « Hidden Data in Internet »

23:03 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Opération Voisins vigilants

 

Toutes les photos sont tirées du film Dupont Lajoie et ne font pas partie des articles originaux


vendredi 05.03.2010, 05:07 - La Voix du Nord

La commune va participer à l'opération Voisins vigilants qui vise, selon la gendarmerie, à renforcer les liens entre forces de l'ordre et les populations périurbaines. Une décision voulue par le maire, Thierry Lazaro, qui, au terme d'un débat nourri, lundi soir, a décidé de l'expérimenter pendant un an, suite à quoiune décision formelle sera Dupont_Lajoie_01.jpgprise par le conseil municipal.

PAR JEAN BISCHOFF

1 Le principe.- Des habitants, volontaires, dont l'anonymat sera préservé, informeront les gendarmes de tout mouvement suspect dans le quartier. Selon le commandant Gervais, de la compagnie de Lille, à l'origine du dispositif, il s'agit de simples citoyens dont le rôle sera d'officialiser l'habitude qu'ont les habitants des communes rurales d'avertir quand il se passe quelque chose d'anormal.

Ce concept, le neighbourhood watch, est importé des pays anglo-saxons. En France, il n'a été testé qu'à Grasse, dans les Alpes-Maritimes. Dans l'arrondissement, hormis Phalempin, trois autres communes se sont portées volontaires : Santes, Bois-Grenier et Quesnoy-sur-Deûle.

2 Des inquiétudes.- Christophe Courmont, conseiller délégué au logement et élu de la liste Proposer et agir pour Phalempin, a fait part de ses inquiétudes dans une question écrite au maire. Des interrogations centrées sur la pertinence de cette initiative et sur les risques de dérive qu'elle pourrait entraîner. Ces doutes sont partagés par plusieurs élus, dont la deuxième adjointe, Marie-Élisabeth Henry, qui a parlé de risque de « délation ». Bref, sur ce thème, l'unanimité n'est pas encore de mise au sein de l'assemblée communale. Sauf que le panneau prévu pour être implanté à l'entrée des communes participant à l'opération, un oeil grand ouvert sur fond jaune, semble vraiment « trop voyant ».

3 Mauvais souvenirs.- Le maire, Thierry Lazaro, en a évoqué pour justifier son engagement dans cette opération. Des anciens souvenirs par exemple, en jetant un oeil complice à son prédécesseur Albert Lefebvre, pour évoquer le curieux ballet de voitures immatriculées en Belgique et dans la région parisienne, signe tangible d'un trafic de drogue auquel les forces de l'ordre mirent le holà. Un très récent, aussi, avec cet automobiliste qui, après avoir embouti des barrières de la rue du Général-de-Gaulle, avait déguerpi sans demander son reste... Mal lui en a pris, un riverain avait noté l'immatriculation et la couleur du véhicule. Et puis, le maire ou son premier adjoint, Henri Degand, sont un peu las d'aller, nuitamment, rappeler à la raison des noctambules souvent excités... 4 À expérimenter pendant un an.- Le député maire a souligné qu'il s'était engagé en fonction des pouvoirs de police dont il dispose. Si le sujet appelle à débat, même s'il a été discuté en commission, « je ne dis pas qu'il y a plus de délinquance ici qu'ailleurs mais qu'il faut utiliser tous les moyens qui peuvent faire baisser l'insécurité », a-t-il argumenté : « Il ne s'agit pas de faire des voisins des auxiliaires de la gendarmerie ni l'oeil de Moscou. » Puis, plus nuancé, il a conclu : « Je ne sais pas ce que ça apportera en plus j'ai pris cette décision d'autorité à titre expérimental. Entre les partisans et les adversaires du système Voisins vigilants, je propose un axe médian : son fonctionnement sera audité d'ici un an, après quoi la décision de poursuivre ou non sera prise, formellement, en conseil. »

 

"Attention, voisin vigilant"

Par Dominique Albertini, publié le 23/07/2009 12:50 - mis à jour le 23/07/2009 14:23

"Chaînes de vigilance" dans plusieurs communes du sud-est, projet de "service civique" regroupant des volontaires en tenue à Nice... la sécurité publique se met à l'heure du participatif.

"Voisins vigilants", annonce le petit panneau jaune à l'entrée du quartier des Quatre-Chemins, sur les hauteurs de Nice. Cette mention, et le petit oeil stylisé qui l'accompagne, sont là pour convaincre les cambrioleurs de passer leur chemin. Car ici, comme dans plusieurs autres communes de la région PACA, on s'organise pour veiller à la sécurité du quartier. (Yves Lion)

Dans plusieurs communes du sud-est, les voisins s'organisent pour surveiller leur quartier.i_1556_dupont_lajoie__4.jpg

Le principe des "chaînes de vigilance", est simple: constituer un réseau de voisins attentifs à tout risque d'agression ou de cambriolage. Quand l'un d'entre eux observe un comportement suspect, il prévient un voisin "référent" qui évalue la menace et, s'il l'estime nécessaire, relaie l'appel vers la police. Cette organisation permet une circulation rapide de l'information, tandis que le "référent" fait office de "filtre" entre les habitants et la police.

"Taux de réponse faramineux"

"A l'occasion d' une réunion de quartier début 2008, nous avons sollicité les voisins pour expérimenter le système chez nous, et le taux de réponses positives a été assez faramineux", raconte Jean-Marc Baudin, commercial d'EDF en retraite, à l'origine de l'initiative aux  Quatre-Chemins. "Depuis, le sentiment d'insécurité a reculé. Et cela a aussi permis de créer des liens entre les gens: on discute, on s'invite à l'apéro..."

Dans la petite ville de Mougins, on mène l'expérience depuis 2006. Avec des résultats probants dont se réjouit le directeur du commissariat municipal, Marc Paillé: "L'aide de la population nous est très utile dans la surveillance du territoire : dans le quartier où a été mis en place ce dispositif , nous sommes passés de 15 cambriolages en 2006 à 7 en 2008, et, jusqu'à présent, un seul en 2009". Ici, c'est la police qui a proposé aux habitants de mettre en place la chaîne de vigilance, sur l'exemple du village voisin de Saint-Paul-de-Vence. "Là-bas, l'opération a été lancée par une dame ayant vécu plusieurs années aux Etats-Unis."

"Jouer au cowboy"

De fait, les initiatives du même genre sont nombreuses outre-Atlantique, où l'idée d'autodéfense des citoyens est plus répandue. Et en passe de s'adapter chez nous? les communes de Jonquières, Roquefort-les-Pins, Mornas, Lauris, notamment, ont lancé des opérations similaires. Un complément appréciable à l'action de la police dans des zones parfois isolées: selon des chiffres de l'Observatoire national de la délinquance, le nombre de cambriolages a augmenté de 10% depuis juillet 2008, le sud-est étant l'une des régions les plus touchées.

"Nous n'avons jusqu'à présent pas eu de problème avec ce système", assureMarc Ligot, responsable de l'Observatoire de la tranquillité publique à Nice. "Si jamais l'envie venait à quelqu'un de jouer au cow-boy en organisant des rondes nocturnes, nous lui ferions savoir qu'il n'a pas notre soutien." Une séance de formation sera organisée vers la rentrée pour les habitants. Le système pourrait ensuite être étendu à d'autres quartiers. "La demande est très forte, il faut temporiser pour mieux encadrer", déclare M. Ligot.

lajoie02.jpgLe succès des "Voisins vigilants" pourrait être suivie par une initiative de toute autre envergure. En janvier, le maire de Nice, Christian Estrosi annonçait la mise en place d'un "service civique" verrait des citoyens volontaires et bénévoles mis "à disposition de la collectivité pour procéder à des identifications, des signalements, des surveillances, collecter des informations, intervenir auprès de commerçants...".

Rattachés à un service spécial dépendant du premier adjoint au maire, Benoît Kandel, ces volontaires, non-armés, disposeraient tout de même d'une carte et d'une tenue spécifique facilitant leur identification par le public. A l'heure actuelle cependant, il ne s'agit encore que d'un projet: "Cela fait toujours partie de nos objectifs", affirme M. Kandel. "Mais sa mise en place implique une modification du cadre légal, qui est pour l'instant trop vague et inefficace."

"Mission régalienne d'Etat"

La sécurité publique serait-elle une affaire trop sérieuse pour la confier à la police? Selon le premier adjoint, un tel service s'inscrirait dans une certaine logique des choses:  "La ville ne pourra pas recruter indéfiniment des policiers municipaux. Or, la demande de sécurité se fait de plus en plus forte. Et le citoyen cherchent à devenir des acteurs de cette sécurité. Avec le service civique, nous cherchons à donner un cadre à cette aspiration".

Un projet qui laisse sceptique à l'UNSA Police, le syndicat majoritaire des gardiens de la paix. Si les "Voisins vigilants" sont vus comme un appréciable complément à l'action de la police, l'idée de M. Estrosi suscite la méfiance. "La sécurité doit rester une mission régalienne de l'Etat"déclare Phillipe Capon, secrétaire général de l'UNSA Police. "Faire appel à des groupes de volontaires, et en uniforme, c'est aller à terme vers des milices privées. Je ne suis pas pour la mise en place d'un tel service, mais si c'est le cas, il faudra fixer un cadre de mission très précis. Pourquoi ne pas plutôt se donner les moyens d'une vraie politique de sécurité publique, au lieu de diminuer les effectifs de la police?"

 

Des « voisins vigilants » contre la délinquance

Ce plan repose sur des habitants référents qui s'engagent à prévenir la mairie ou les gendarmes de situations suspectes

 

Depuis le 18 février, l'opération nationale « Voisins vigilants » est expérimentée à Traînel. La compagnie de gendarmerie de Nogent a choisi la commune du nord-ouest aubois pour tester ce plan de lutte contre la délinquance basé sur la « participation citoyenne ». Une convention a été signée avec le maire.
« Au regard de l'évolution de la délinquance, il a été décidé de mettre en place un moyen adapté aux contingences locales reposant sur une adhésion forte et responsable des élus et de leurs administrés », précise le capitaine Jeannesson, commandant de la compagnie. « Ce n'est pas qu'à Traînel il y a une plus grosse délinquance qu'ailleurs. Mais la commune a connu des faits importants : des destructions par incendie et une course-poursuite en voiture qui s'est terminée par des coups. Le village se trouve à proximité de la Seine-et-Marne et l'Yonne, et fait l'objet d'incursions d'habitants de ces deux départements. »

« Pas de l'espionnage »

L'objectif de ce dispositif est d'« apporter une action complémentaire et de proximité aux services de la gendarmerie ». Comment ? Par l'intermédiaire de référents locaux. « Les gens ne pensent pas toujours que ce qu'ils voient ou ce qu'ils entendent a une importance, constate le capitaine Jeannesson. L'idée est d'avoir une personne par quartier ou par rue qui s'interroge sur les situations anormales - la présence d'un véhicule suspect, de personnes qui semblent faire du repérage… - et fassent remonter l'information jusqu'au maire ou la gendarmerie. Ils peuvent aussi nous faire part de questionnements sur l'implantation de signalétique, les documents nécessaires pour l'organisation d'une manifestation… Il s'agit d'une participation active de la population à la tranquillité de son quartier et de sa commune.»
À Traînel, la compagnie peut s'appuyer sur six habitants qui ont souhaité intervenir anonymement. « Ce n'est pas évident de trouver des personnes qui acceptent de s'engager, à cause de la peur de représailles. »
Après quinze jours de fonctionnement, les « voisins vigilants » ont déjà commencé à remplir leur mission. « Le jour même du lancement, on nous a informés de la présence de deux véhicules qui semblaient n'avoir rien à faire dans la commune. Les gendarmes sont intervenus. L'un d'eux est parti, l'autre est en cours de traitement. » Une réunion est prévue dans quelques mois pour faire un premier bilan.

Le maire Didier Droy a accepté le principe pour la sécurité de son village… À condition que le système n'alimente pas un climat de délation. « Il ne faut pas que chacun se dénigre et suspecte son voisin. » « Les référents agissent pour le bien de tous. Il n'est pas question d'espionner les gens ni de faire de la dénonciation outrancière », assure le capitaine Jeannesson. Ce dispositif vient compléter une campagne de sensibilisation menée aussi par la compagnie mais à l'échelle de l'arrondissement, pour lutter contre les cambriolages. « La délinquance, c'est l'affaire de tous.» (L'Est Eclair - Auteur : Laurianne PERMAN Article paru le : 5 mars 2010)

dupont-lajoie.jpg

Dupont Lajoie est un film français d'Yves Boisset sorti en 1975.

Analyse

Georges Lajoie est un cafetier parisien. Chaque année il va en vacances au « Camping du soleil » où il retrouve les familles Schumacher et Colin. Le séjour de ces gens ordinaires est légèrement troublé par la proximité d’un chantier où travaillent des ouvriers étrangers. Des commentaires xénophobes sont prononcés. Une altercation éclate entre Albert Schumacher et deux ouvriers Nord-africains, un soir au bal.

Lors des jeux au camping, Georges Lajoie, peu intéressé, choisit d’aller se balader. Il retrouve, en train de bronzer à l’écart, la fille des Colin, Brigitte, une adolescente de seize ans aux formes naissantes qui navigue entre provocation et innocence. Lajoie, légèrement échauffé par l’alcool, tente de l’embrasser. Lajoie ne saura pas résister bien longtemps à la tentation de cette Lolita et il finira par violer l'adolescente avant de la tuer par accident. Il organise une mise en scène, pour que les soupçons se portent sur les travailleurs étrangers. L’enquête policière les met hors de cause, mais une ratonnade est cependant organisée, il y a un mort et un blessé du côté des ouvriers. Pour minimiser la gravité des faits, la thèse de l’accident est retenue.

Plus tard à Paris, Georges Lajoie, dans son bistrot, raconte à ses clients comment il a maté ces étrangers. L’Algérien rescapé entre, pointe un fusil et tue le cafetier.

Le film fut mal accueilli par certains qui n’ont retenu que l’aspect caricatural du sujet, mais il fut un grand succès public. Il est vrai qu’Yves Boisset nous propose une peinture sans complaisance de gens ordinaires qui, dans une sorte d’hystérie collective, se laissent gagner par le racisme le plus primaire. La démonstration est imparable.

Le film n'aborde qu'un cas particulier et ne généralise pas.Pourtant, le tournage et la sortie du film ont été ponctués d'événements très violents provoqués par le groupe d'extrême-droite Charles Martel. Les comédiens d'origine maghrébine ont été victimes d'agressions physiques et morales sur le plateau, les bagarres se sont multipliées dans les cinémas. Le film a même été déprogrammé de certaines salles suite à ces affrontements.

La première partie du film est une mise en place minutieuse des différents protagonistes du film, en l'espace de quelques scènes seulement Boisset définit déjà les contours et la logique des futures actions de ses personnages. Georges Lajoie, dès la toute première scène dans son bistrot, est défini à travers trois traits marquants de son caractère. Tout d'abord son côté passéiste et réactionnaire, hostile aux changements et aux autres et cela à travers sa première réplique à connotation raciste à l'encontre d'un balayeur noir mais aussi avec son comportement vis à vis d'un jeune hippie à guitare. C'est aussi un homme qui clairement a peur de voir son petit monde changer, un homme qui craint pour son bien, il se déclare prêt à tuer pour sa caravane et qui n'aime pas les changements radicaux.

Une fois au camping il suffit à Boisset de suivre un simple dîner entre les différents amis pour croquer avec un trait précis et terriblement efficace les autres personnages du film. Schumacher est un petit bourgeois imbu de sa personne et terriblement fier d'un terroir qu'il étale sous les yeux des autres sous la forme d'un plateau de charcuterie, comme le chantait Brassens c'est "un imbécile heureux qui est né quelque part". Les Colin sont une famille très unie et un rien paillarde, le père est toujours prêt à tirer un coup et offre des soutifs comme on offre des fleurs. La fille des Colin a donc immédiatement cet aspect paillard et sexuel sur le dos lorsqu'elle arrive et rejoint ses parents au bras de deux garçons.

Boisset suit le repas comme on filmerait un repas entre amis avec un caméscope et il capture ainsi avec un naturel confondant des personnages qui deviennent à cet instant des gens profondément identifiables, humains, normaux et quotidiens en tout cas très loin d'être des pantins caricaturaux. C'est une évidence, car aussi énorme soit le trait, ces gens existent bel et bien.

La description des mécanismes de la haine par Boisset est brillante. Il y a une faculté à grossir le trait pour finalement dessiner les contours d'une société qui sera toujours plus sombre et plus extrême que la plus extrême des fictions. Le racisme ça commence toujours comme dans Dupont Lajoie par simplement des mots, des réflexions qu'on balance comme ça l'air de rien avec un petit côté humoristique et presque bon enfant. Boisset montre cela avec une grande intelligence puisque toutes les premières répliques racistes des personnages sont dites comme ça l'air de rien, presque le sourire aux lèvres, histoire de montrer à quel point elles sortent tout naturellement de la bouche des gens. Ainsi lors du repas au camping c'est encore sur un ton flirtant avec l'humour vache que Schumacher declare qu' "un allemand fait en deux heures ce que trente bicots ne sauraient pas faire en une journée", Boisset en plaçant ses mots dans la bouche de ce petit notable par ailleurs assez cultivé démontre aussi que le racisme ordinaire touche toutes les couches de notre société.

La qualité de la distribution n’est pas pour rien dans le succès du film, Carmet en tueur, Lanoux en va-t-en guerre, des acteurs généralement sympathiques interprètent à contre-emploi des personnages odieux. Marielle et Tornade sont tout aussi représentatifs d’une certaine France des années 1970. À noter l’apparition marquante d’Isabelle Huppert, dans le rôle de la victime du cafetier.(Source: Wikiafilm:Dupont_Lajoie )

 

08:49 | Lien permanent | Commentaires (0) |

14.03.2010

Pour rentrer en résistance, comme hier, aujourdhui et demain - Dimanche 16 mai 2010 - Plateau des Glières

 

« Qu’avons-nous fait des idéaux du Conseil National de la Résistance ? »


 

 

« Résister se conjugue-t-il au présent ? »

 

 

 

Walter, retour en résistance

Le nom de  « Walter » et le mot « résistance », Gilles Perret les a toujours associés. Avant même de savoir ce que cela signifiait, Gilles savait que son voisin Walter avait été déporté dans un camp de concentration du nom de Dachau …

Aujourd’hui Walter Bassan a 82 ans. Il vit avec sa femme en Haute-savoie, et mène une vie pour le moins active. D’écoles en manifestations, de discours engagés en témoignages de la guerre, Walter continue son long combat, fait de petites batailles, contre toutes les formes de démagogies, d’injustices et d’oppressions. De même que lorsqu’il avait 18 ans, et qu’il « jouait » comme il dit, à distribuer des tracts anti-fascistes dans les rues commerçantes d’Annecy alors occupée, Walter agit en écoutant son cœur. « Je n’ai pas changé », comme il se plait à rappeler.

Partageant ces mêmes « raisons du cœur », Gilles Perret réalise ici un portrait vivant de cet homme calme et insurgé. Nous sommes invités à les suivre en passant du Plateau des Glières à Dachau, à faire des retours en arrière pour mieux comprendre l’Histoire, à partager leurs inquiétudes face à un monde où l’inégalité et l’injustice gagnent sans cesse du terrain, à poser les questions qui fâchent...

Sans prétention, et avec la même simplicité et constance que Walter, ce documentaire révèle l’actualité, l’importance, et la nécessité, d’une résistance au quotidien.

N’en déplaise à Bernard Accoyer, président de l’Assemblée Nationale, qui met en garde le réalisateur contre toutes tentatives d’amalgames...

 

Un film pour entrer en résistance... comme hier ? - Quimperlé

L'histoire de Walter est un film qui circule sous le manteau ou presque. Un film engagé, militant qui fait le lien entre la Résistance d'hier et la résistance au libéralisme galopant...

« Un film magnifique, une leçon de civisme et de courage. Un élan d'optimisme ». Les mots viennent tout de même de Raymond Aubrac, l'ancien résistant, et qualifient le dernier film du réalisateur Gilles Perret : Walter, retour en résistance (lire ci-dessous).

Un documentaire qui circule cahin-caha dans les salles obscures de France et de Navarre. Poursuivant sa route. Parfois militant et engagé. Le réalisateur a pris lui-même son bâton de pèlerin pour accompagner son film à message. Walter ? On l'appréciera sur grand écran jeudi à la Bobine. Chlorofilm et la ligue des droits de l'homme se sont associés - comme un seul homme - pour projeter ce film.

« La diffusion de Walter est presque souterraine, le film circule quand même grâce au militantisme associatif, explique l'équipe de Chlorofilm. C'est un petit phénomène : en donnant la parole à d'anciens résistants il ose le parallèle entre la résistance des combattants d'hier face à l'oppression et celle du monde capitaliste et politique d'aujourd'hui. Ce film pose la responsabilité du détricotage de ce qui fut acquis jadis notamment des idéaux du conseil national de la Résistance... »

Vives réactions...

Le film est aussi la rencontre réussie entre un jeune réalisateur et une figure de la Résistance. Il interpelle sans verser dans la leçon de morale. Gilles Perret n'en est tout de même pas à son coup d'essai (une dizaine de films à son actif) mais l'histoire de Walter est sans doute celle qui donne un gros coup de pied dans la fourmilière en rapprochant volontairement deux époques. Provoquant au passage de vives réactions d'un côté et de chaleureux encouragements de l'autre. « Ce documentaire se veut une affirmation de l'actualité du programme du conseil national de la Résistance, souligne encore Henri Bouvier (combattant volontaire et déporté de la Résistance), 65 ans après la libération serait-il subversif de rappeler que la finalité de la Résistance était certes la libération du territoire national, mais aussi celle de l'Homme ? »

« Ce film, estime aussi Michèle Daloz de la Ligue des droits de l'homme, nous ramène au socle de valeurs incompressibles sur lequel se sont construits notre système de protection sociale et notre régime de libertés au lendemain de la guerre. Un système mis en oeuvre par des hommes, qui se sont montrés capables d'élever leur pensée jusqu'à l'universel, alors que la France, l'Europe, étaient ruinées ».

Jeudi 18 février, à 20 h 30, diffusion du film suivie d'un échange avec Pierre Cautin, ancien guide au musée de la résistance de Morette (plateau des Glières), Alain Méléard, président du comité départemental du Prix de la résistance et de la déportation, la ligue des droits de l'Homme (section Françoise Bosser Quimperlé, Riec, Concarneau). Pierre WADOUX.(Ouest fRance 16/02/2010)

 

 

"Il n'y a pas de retraites dans ce combat"

 

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FTP - MOI

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10.03.2010

La crise d'Oka - Juillet 1990 - "Même si nous n’approuvons pas leurs méthodes ni l’emploi des armes, nous devons aux Mohawks d’avoir réveillé les Canadiens."

 

Des minorités québécoises qui réclament leurs droits (Le Monde Diplomatique - juillet 1995)

Que faire des « premières nations » ?

Dans la perspective du référendum sur la souveraineté du Québec, les relations entre Blancs et autochtones canadiens - les « premières nations » - sont toujours marquées par des tensions, en particulier dans les grands centres urbains. Les autochtones de la province contestent vigoureusement tout projet de partition du Canada qui se ferait sans leur accord.

Par Philippe Bovet

Jusqu’en juillet 1990, le village d’Oka, situé à 30 kilomètres à l’ouest de Montréal, n’était connu que pour les fromages et les pâtés de son abbaye trappiste. Désireuse d’agrandir son terrain de golf, cette municipalité de 1 800 habitants décida d’exproprier quelques Amérindiens mohawks vivant à la périphérie du village. Pour faire entendre leurs droits, ces derniers bloquèrent la route 344 qui dessert Oka, ainsi que le pont Mercier, une des artères menant au cœur de Montréal, et paralysèrent la vie de la grande cité. Le conflit dura soixante-dix-huit jours et mobilisa plus de 3 000 militaires canadiens. A Oka même, on en arriva à l’affrontement armé, qui fit un mort, un policier.

Même si le projet d’agrandissement du terrain de golf d’Oka a été abandonné, les Mohawks font encore l’objet de la vindicte populaire. Vivant à cheval entre les provinces canadiennes de l’Ontario et du Québec, et l’Etat de New-York, ces Amérindiens sont implantés au cœur d’une des régions les plus riches de l’Amérique du Nord (1). Ils n’hésitent pas à profiter des écarts de taxation pour acheter ici et revendre là. Notamment les cigarettes, achetées aux Etats-Unis et revendues au Canada, presque moitié moins cher que le prix normal, jusqu’à ce que, en février 1994, Ottawa décide une forte baisse de la fiscalité sur le tabac, sapant ainsi les bases économiques de la contrebande.

M. Paul Charest, professeur d’ethnologie à l’université Laval de Québec, commente ainsi la situation : « Jamais un traité signé entre Blancs et Amérindiens n’a été respecté par les Blancs. Certains Mohawks considèrent donc que la frontière entre les Etats-Unis et le Canada est une simple affaire de Blancs et font leur commerce sans s’en soucier. »

Mal connus, les autochtones du Canada sont bien souvent réduits au seul rôle d’assistés sociaux ; souvent traités d’« alcooliques », de « paresseux » et de « profiteurs », vivant au crochet de l’Etat. Les Amérindiens ne paient ni taxes ni impôts ? Faux ! Sur les réserves, les autochtones ne paient ni leur logement ni leur électricité ? Faux ! (2). M. Paul Charest ajoute : « Tant que les Amérindiens ont aidé les Blancs à découvrir le pays, ils ont été des amis. Aujourd’hui, aux portes des métropoles, ils dérangent. On les préfère en bons sauvages vivant de chasse et de pêche dans le Grand Nord. »

« Une vie de dépossessions »

Dans la réserve montagnaise de Betsiamites, à 700 kilomètres au nord de Québec, 2 300 autochtones vivent en bordure du Saint-Laurent. D’un côté, le bouillonnement du fleuve, large d’une trentaine de kilomètres ; de l’autre les mystères d’une forêt - striée de pylônes électriques. « Nous avons vécu une vie de dépossessions, explique Mme Marcelline Kanapé, chef du conseil de bande (3) de Betsiamites, car les barrages, les ravages de l’industrie minière, les pluies acides, les coupes à blanc de l’industrie papetière... ont mis à mal notre culture millénaire. » Malgré cela, la chef du conseil de bande s’étonne que la compagnie nationale d’électricité Hydro-Québec (4) puisse encore avoir l’idée de vouloir freiner la repousse des arbres, sous les lignes à haute tension, en effectuant, par avion, des épandages de produits chimiques. Sur cette réserve, qui s’étend sur 255 kilomètres carrés, on pratique toujours la cueillette et la chasse. Les produits chimiques n’auraient aucun mal à remonter la chaîne alimentaire humaine. Mais que pèsent les réticences de quelques chasseurs-cueilleurs, face aux arguments d’ingénieurs qui ne rêvent que d’exporter du courant électrique vers les Etats-Unis ?

La nationale 138 longe la côte nord du fleuve Saint-Laurent et prend fin à Havre-Saint-Pierre, ville portuaire et minière à 400 kilomètres en aval de Betsiamites. Au-delà, des bouts de routes non reliés entre eux, et entrecoupés de forêts, remontent vers le Labrador. 100 kilomètres ici. 50 kilomètres par là. Un projet, estimé à 2 milliards de dollars canadiens (5), vise à raccorder ces parcelles de macadam entre elles pour relier directement Montréal au Labrador. Les partisans de cette idée relèvent son indéniable intérêt touristique. Rêvant d’un avenir qui ne serait pas qu’automobile, les Innus se sont promis de mettre un tel plan en échec. « Le monde moderne a été complètement occidentalisé, explique Mme Lyla Andrew, chargée des affaires sociales au sein de la communauté innue (6) de Sheshatshit. Un Blanc peut se sentir chez lui dans toutes les capitales du monde. Pas un Innu. Sa patrie, ce sont ses forêts. » Cette population amérindienne proteste régulièrement contre les vols à basse altitude (30 mètres) pratiqués à partir de la base aérienne de Goose Bay par les avions à réaction allemands, britanniques et néerlandais de l’OTAN. Chaque année, près de dix mille sorties aériennes sont effectuées, chaque vol ayant une durée de 60 à 90 minutes. Mme Lyla Andrew ajoute : « Blancs et Innus ne parlent pas de la même chose. L’OTAN ne voit, dans le Labrador, qu’un immense espace à peine peuplé. Evoquer des nuisances à long terme est impossible puisque les Blancs qui viennent travailler sur la base ne restent que quelques années, puis repartent gagner leur vie ailleurs. »

De tels conflits de cohabitation se retrouvent ailleurs au Canada. Néanmoins, ils sont d’autant plus paradoxaux au Québec (7), province reconnue depuis 1969 dans son particularisme culturel et linguistique, que celle-ci admet mal que, sur ses terres, d’autres cultures aient des prétentions similaires. Le Canada est, en fait, constitué de trois groupes de populations : des autochtones, qui vivent sur l’ensemble du territoire ; des francophones, essentiellement installés au Québec ; des non-autochtones et des non-francophones que l’on retrouve dans les autres provinces : « Ce sont les trois drapeaux du vaisseau canadien », explique M. Rémi Savard, anthropologue à l’université de Montréal, qui ajoute : « Si le troisième drapeau aspire à un gouvernement central de plus en plus fort, les deux premiers montrent une insatisfaction séculaire exaspérée devant le peu d’espace politique que leur réservent encore les institutions canadiennes (8). »

Pourquoi le Québec n’a-t-il pas développé une politique des minorités ? Réponse de M. Rémi Savard : « La rencontre, sur ce même territoire, des deux petits drapeaux insatisfaits de la quincaillerie politique du pays, fait que, au lieu de se renforcer par une alliance, ils se perçoivent souvent comme des concurrents. Cette concurrence n’est possible qu’au Québec. Ces difficultés rongent les institutions canadiennes dans leur ensemble. Cette maladie se nomme l’incapacité d’imaginer des structures politiques faisant place au pluralisme. » Et notre auteur d’enfoncer le clou : « Le Québec est devenu la partie la plus à vif d’un pays inapte à concevoir le pluralisme (9). »

En octobre 1993, le mensuel américain National Geographic émettait quelques doutes sur la politique d’Hydro-Québec à l’égard du groupe amérindien Cri : « Tout se passe dans une région si éloignée et si peu peuplée que c’est à peine si Hydro-Québec ressent la nécessité de consulter la population autochtone, persuadé que celle-ci considérera le projet comme un triomphe de la technologie et non comme un danger pour son mode de vie. » La réaction de M. Christos Sirros, alors ministre québécois aux affaires autochtones, fut très claire : « Les Cris doivent cesser de nuire à l’image du Québec (10) ». Deux ans auparavant, l’éditorialiste anglophone Peter Newman avait écrit, à propos de revendications québécoises au sein de la confédération : « Et si l’on compensait financièrement les francophones en leur demandant de renoncer à leur culture québécoise ? Langue, nourriture et loisirs compris (11). » Avec le même plaisir de renverser les points de vue, M. Roméo Saganash, chef des Cris, ironisait récemment : « Le premier ministre du Québec, Jacques Parizeau, s’est rendu en Europe pour promouvoir ses projets. Nous pouvons faire de même (12). »

M. Winston White est un Inuit né sur la Terre de Baffin (Territoires du Nord-Ouest). En âge d’être scolarisé, il fut envoyé en pensionnat à Terre-Neuve, 2 200 kilomètres plus au sud, un trajet effectué en bateau : « Je ne rentrais chez moi qu’en été. J’étais déchiré entre deux cultures, n’appartenant pas à celle des Blancs et ne comprenant plus la mienne. » Aujourd’hui, à cinquante-trois ans, il perfectionne son inuktituk (langue des Inuits). Présentateur de programmes en anglais de Radio Canada Nord, il animera bientôt des émissions dans sa langue maternelle. L’itinéraire professionnel de M. White n’est que le reflet de la création du Nunavut, qui, le 1er avril 1999, deviendra le troisième territoire du Canada (13). A cette date, une superficie de 2 200 000 kilomètres carrés sera détachée des actuels Territoires du Nord-Ouest et administrée par les autochtones. En inuktituk, Nunavut signifie « notre terre » (14).

Refus du séparatisme

Pour la première fois au Canada, une région parlera essentiellement au nom d’un groupe autochtone (15). « Le gouvernement fédéral gagnera ainsi des points sur l’échiquier des relations publiques », estime André Légaré dans une étude consacrée aux Inuits, car « l’échec de précédentes conférences, mais aussi le conflit avec les Amérindiens d’Oka ont persuadé plusieurs dirigeants canadiens qu’ils devaient améliorer leurs relations avec les premières nations (16). » Les discussions menant à la création du Nunavut ont duré dix-huit ans... M. John Amagoalik, l’un des principaux négociateurs inuits, admet que « même si nous n’approuvons pas leurs méthodes ni l’emploi des armes, nous devons aux Mohawks d’avoir réveillé les Canadiens. » A propos de la question québécoise, M. Amagoalik ajoute : « Si la majorité du sud du Québec déclarait unilatéralement l’indépendance sans le consentement des autochtones du nord, il pourrait y avoir des problèmes », rejoignant en cela M. Ghislain Picard, grand chef de l’assemblée des premières nations du Québec et du Labrador : « Les autochtones combattront toute tentative de séparer le Québec du Canada. »

Philippe Bovet.

(1) 60 % de la population canadienne vit le long de l’axe économique du Saint-Laurent, appelé le « corridor », une zone économique allant de Montréal à Toronto et Windsor (le pendant canadien de Detroit). On estime qu’elle génère environ 55 % du produit national brut canadien.
(2) Extrait du magazine Rencontre, trimestriel édité par le secrétariat aux affaires autochtones du Québec. Au printemps 1994, cette publication consacra six pages à un « Vrai ou Faux » sur les Amérindiens, avec huit affirmations tirées des conversations de tous les jours et... huit fausses réponses. (3) Les francophones d’Amérique du Nord désignent, par « bande », une communauté autochtone. (4) Hydro-Québec appartient à 100 % à la province du Québec. Cette société a conçu les barrages de la baie James, l’un des plus importants projets hydroélectriques du monde. (5) Un dollar canadien vaut, en juin 1995, 3,60 francs français. (6) Les Innus, encore appelés Montagnais-Naskapi, sont des Amérindiens vivant au Labrador et au nord Québec ; ne pas confondre avec les Inuits. La communauté de Sheshashit, située à 50 kilomètres au nord de Goose-Bay, compte officiellement 887 membres. (7) Le Canada compte 26,9 millions d’habitants, dont 7,2 millions au Québec. (8) Culture, magazine de la société canadienne d’anthropologie, 1992, vol. XII. (9) Ibid. (10) Le Devoir, Montréal, 3 novembre 1995. (11) Maclean’s, Toronto, 16 septembre 1991. (12) Globe and Mail, Toronto, 3 février 1995. (13) La confédération canadienne est composée de dix provinces et de deux territoires (le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest). (14) Lire Ignacio Ramonet, « Sculpter l’identité inuit », Le Monde diplomatique, juillet 1989. (15) Lire Fulvio Caccia, « Vers la balkanisation tranquille du Canada », Le Monde diplomatique, octobre 1992.

(16) « Projet Nunavut. Bilan des revendications des Inuits des Territoires du Nord-Ouest », Etudes Inuites, vol. 17, n° 2, 1993, université Laval de Québec.


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05.03.2010

Vers un groupe Vigilance CRA Geispolsheim hebdomadaire permanent

article de La Feuille de Choux

C’est aussi le but, avec l’accord de RESF d’un groupe de personnes qui ont commencé depuis deux semaines à se rendre assez régulièrement au CRA de Geispolsheim.

Nous avons suivi ou suivons récemment cinq « retenus ».

Sans vouloir donner des espoirs trop grands aux personnes que nous rencontrons, soit à travers les grilles, où on peut parler, soit lors de visites, lorsque nous connaissons leurs noms et parlons leur langue, notre objectif est pluriel:

nous informer de la situation au CRA

surveiller les surveillants afin que les droits démocratiques soient respectés

assurer un lien entre l’intérieur du camp et l’extérieur

informer les retenus de leurs droits

contribuer à ce qu’ils conservent le moral, sachant qu’on agit dehors pour eux

aider ceux qui n’ont pas de visite

servir d’intermédiaire

informer les familles

rendre public ce qui se passe au CRA comme au TA (Tribunal administratif) lorsque les médias sont silencieux

inciter les parlementaires français et européens (qui siègent une fois par mois à Strasbourg) à user de leur droit d’entrer dans les centres de rétention

Le groupe n constitution compte déjà 6 volontaires.

Il s’agit de parvenir à couvrir la semaine par périodes de deux à trois heures, le matin et l’après-midi, de 10h à 12h, et de 14h à 17h30, heures de visites autorisées à l’intérieur, à condition de connaitre le nom de la personne.

Les personnes sans véhicule pourront s’associer avec celles qui en ont un.

Tous les détails du projet, tout ce qu’il faut savoir sur le centr, sa localisation, son fonctionnement, les procédures de visite, les relations avec les gendarmes, etc, pourront être expliqués par les personnes déjà expérimentées afin que le cercle des intervenants s’élargisse.

Contact:

Vigicrage

resf67@laposte.net qui transmettra en attendant qu’une adresse spéicfique soit créée

 

 

08:24 | Lien permanent | Commentaires (0) |

01.03.2010

Le Quick Hautepierre n'a pas cédé sous la pression des identitaires de jeune alsace

antifafs quick.JPG
(photo La feuille de Choux)

Retour sur une non-manifestation annoncée

 

Tu m'excusera de ce titre un peu accrocheur mais il fallait bien attirer le chaland..

Tu l'avais vu venir, et comme nous tu te doutais bien que l'«Appel à la manifestation devant le Quick Hautepierre pour dénoncer la politique de la chaîne de ne proposer à ses clients que des hamburgers halal dans un certain nombre de restaurants» fait par jeune Alsace dans les DNA du 26/02/2010 allait partir en eau de boudin...mais il fallait en avoir le coeur net, et Probe a donc rejoint Hautepierre par le tram, ce matin, comme un grand...d'abord seul, puis rejoint au Quick par des petits groupes de gens au fur et a mesure que le coup des 11h approchait.

Des identitaires de Jeune Alsace et Alsace d'Abord allaient-ils réellement descendre de "leurs" collines du 68 pour venir aux abords du quartier de Hautepierre ? Evidement que non !

Malgré les appels virtuels et les gesticulations dématérialisées des régionalistes européens, les effets d'annonces sur fonds de xénophobie et de pratique d'abattage n'ont éclos d'aucun mouvement.

La vigilance des réseaux solidaires a encore une fois manifesté son efficacité sur le terrain.

Les journalistes-reporters d'investigations aggréés sont restés sur leur fin, trois véhicules, caméras...aucun affrontement, aucun incendie, même pas quelques injures. Pourquoi ? Pas un identitaire n'était présent...

La police a assurée une présence syndicale minimum avec 1 fourgon, doutant certainement, avec leur clairvoyance habituelle (ou un coup de fil anonyme ?), que la manifestation n'allait pas avoir lieu et n'a donc pas jugé nécessaire de redéployer le même dispositif que devant l'Ancienne Douane...

Étions nous encore en alerte météo « vigilance orange » ?

Le choix de la date du 1er mars paraissait bien choisie...Mars, dieu de la guerre, fils de Jupiter et de Junon...mais manifestement, la conjoncture des astres n'était pas de bonne augure en ce lundi...en tout cas pas du côté des identitaires dont finalement personne n'a de nouvelles...tant mieux, diras-tu.

 

guerrier.jpg

dessin piqué sans demander chez lui

Mais où sont donc passés les régionalistes ?

Les Identitaires sur Google

En apparence, Novopress a tout d'une agence de presse ordinaire, au même titre que l'Agence France Presse, Reuters ou Associated Press. Google, sur sa page d'information continue, reprend régulièrement ses dépêches: mi-mai sur les violences en Afrique du Sud, voilà quinze jours sur Yannick Noah. Mais Novopress n'est pas l'agence "indépendante" qu'elle prétend être.

Elle a été créée il y a deux ans par le Bloc identitaire, formation d'extrême droite qui compte parmi ses responsables Fabrice Robert, ex-dirigeant d'Unité radicale (organisation dissoute après la tentative d'assassinat de Jacques Chirac par l'un de ses militants, Maxime Brunerie, le 14 juillet 2002), et Guillaume Luyt, ancien dirigeant du Front national de la jeunesse. Refusant toute participation aux élections, les Identitaires préfèrent "une prise du pouvoir via un enracinement local"? ou "via Internet".

Google France continue à y voir une source d'information

Animée par une trentaine de bénévoles, Novopress produit des dépêches rarement neutres idéologiquement. Celle concernant Noah n'était que la reprise d'un article du journal d'extrême droite Présent. Parfois, le début du texte est trompeur, apparemment objectif. Mais la suite ne laisse que rarement place au doute.

Contacté par le JDD, Google France s'étonne, découvre le côté tendancieux de Novopress mais continue à y voir une source d'information répondant aux critères exigés: "Un organe de presse collectif qui ne lance pas d'appels à la haine raciale, n'a aucun contenu pornographique et est régulièrement mis à jour." "Ce n'est pas à nous de les interdire ni de les juger", ajoute une porte-parole. Avant d'ajouter, gênée aux entournures: "Nous allons tout de même regarder avec beaucoup plus d'attention le contenu de ces dépêches." Depuis cet entretien, en huit jours, Novopress a été reprise une demi-douzaine de fois sur Google Actualités.(le JDD 8/6/2008)

 

Tu ne sera donc pas étonné de voir tartiné en long, en large et en travers, des articles concernant nos « preux » gardiens de la consanguinité dans les régions sur Novopress.

Internet est pour eux un excellent moyen d'avancer masqué.

Je te recommande, lors de tes lectures, de toujours vérifier les sources et les liens des articles qui te sont proposés hors de la sphère "classique".

Peinture_rupestre_Akakus.jpg
Peinture rupestre Akakus

21:06 | Lien permanent | Commentaires (0) |

26.02.2010

la jeunesse emmerde le front national - Tu prends mon bled comme étiquette (collectif 6.8.7.7.0)

18:01 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Paris : Thalès occupé par des opposant-e-s à la tyrannie technologique

article repris de chez le JL :

Aujourd’hui mercredi 24 février 2010, un rendez-vous pour une action contre la tyrannie technologique avait été donné à 10 heures place du Châtelet. Cette action intervenait le lendemain de la fin de la campagne de promotion et d’acceptation des nanos initiée en octobre par la CNDP. À cette occasion, plus de 200 opposant-e-s au nanomonde et à la tyrannie technologique en général (OGM, biométrie, nucléaire, vidéosurveillance…) s’étaient réuni-e-s pour un vrai débat public à la CIP à Paris (Voir compte rendu).


Ce matin 80 personnes se sont donc rassemblées place du Châtelet. Un camion de police était déjà présent, et quelques flics en civil. Vers 10h30, nous prenons le métro en groupe pour nous rendre vers notre premier objectif : le siège de l’entreprise «I&E consultant», spécialiste en «stratégie d’opinion», et embauchée par le ministère de l’Écologie pour épauler la CNDP dans sa campagne pro-nanos (Plus de précisions sur cette agence de com’).

Des flics en civil nous suivent plus ou moins discrètement dans les couloirs du métro. Arrivés à la station «Bonne Nouvelle», nous sommes accueillis par six camions de la police nationale. Deux camions nous dépassent avec les gyrophares, et prennent position devant I&E. Qu’à cela ne tienne, ce ne sont pas les objectifs qui manquent. Retour au métro pour de nouvelles aventures.

Le plan B, c’est Thalès, une boîte spécialisée dans les systèmes informatiques militaires et de sécurité. C’est l’entreprise qui vient de mettre au point le système Hypervisor. Nous sortons cette fois à la station Anatole France, et nous nous dirigeons au pas de course vers les bureaux de Thalès. Cette fois, la police est prise de cours, et nous entrons dans le hall de l’entreprise.

Un vigile tente de nous empêcher de rentrer. Parmi les dernières personnes du groupe, deux se font attraper par le vigile et un employé zélé de Thalès qui s’est senti obligé de lui prêter main forte. Un flic en civil qui nous avait suivi depuis le début intervient pour les aider. Des personnes reviennent en arrière et parviennent à faire rentrer nos amis.

Nous investissons le hall — des employés s’empressent de mettre en lieu sûr les maquettes de drônes et de chars qui le décorent… On nous dit aussi que «c’est dommage vous n’êtes pas venus la bonne semaine», tous les directeurs sont au ski, du PDG Luc Vigneron au directeur «éthique et responsabilité des entreprises»…

Une banderole est déployée devant l'entrée : «Ta laisse électronique, une usine à fric». Sous les slogans et chants «Flics, chercheurs ou militaires qu’est-ce qu’on ferait pas pour un salaire», «Ordre, croissance, sécurité», «Ta Laisse électronique, Tyrannie technologique»… les employé-e-s de Ta Laisse partent déjeuner bien tôt, nous évitant pour la plupart au maximum. Après avoir diffusé de nombreux tracts (voir ci-joint), l’action s’est conclue par un départ en cortège dans Neuilly jusqu’au métro.

Nous avons saboté la campagne de promotion de la CNDP, et nous n’en resterons pas là !


le pluche de Probe :

LES ENTREPRISES ENGAGEES DANS LES NANOTECHNOLOGIES dossier PDF

deuxième lien: entreprisesnano.pdf

connection vente arme.jpg

source image Le Monde Diplomatique : http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:_otFYb2viiSNYM:http://www.monde-diplomatique.fr/IMG/jpg/artoff14209.jpg

09:24 | Lien permanent | Commentaires (0) |

25.02.2010

"On s'acharne sur Cipriani et Rouillan"

Me Jean-Louis Chalanset

Le parquet s'est une nouvelle fois opposé, mercredi, à ce que Georges Cipriani, un membre d'Action directe emprisonné depuis 23 ans, bénéficie d'un régime de semi-liberté. Son avocat, Me Jean-Louis Chalanset, dit sa colère.

Le tribunal d'application des peines (Tap) de Paris a accordé, mercredi, un régime de semi-liberté à Georges Cipriani, 59 ans, l'un des deux derniers anciens d'Action directe encore en prison. Mais l'appel aussitôt formulé par le parquet de Paris suspend cette mesure. Détenu depuis 1987, Cipriani, comme Jean-Marc Rouillan, Nathalie Menigon et Joëlle Aubron - le "noyau dur" du groupe terroriste d'extrême-gauche des années 1980 - a été condamné à deux reprises à la réclusion criminelle à perpétuité pour les assassinats de René Audran, inspecteur général de l'armement, en 1985, et de Georges Besse, PDG de Renault, en 1986.

Jean-Louis Chalanset, l'avocat de Cipriani et de Rouillan - à 57 ans, ce dernier a été remis en détention en 2008 pour avoir enfreint, dans une interview à L'Express, l'interdiction d'évoquer les faits incriminés - dénonce "l'acharnement judiciaire" qui, selon lui, frappe les anciens membres d'Action directe.

Comment réagissez-vous à cet appel du parquet?

Je m'y attendais, malheureusement. L'année dernière, il avait bénéficié d'une mesure identique et le parquet avait également fait appel. Il opposait à Cipriani le fait de ne pas avoir indemnisé les victimes, de ne pas présenter un "projet professionnel" suffisant - il devait travailler 24 heures par semaine dans une association caritative - et d'être "manipulable" parce que trop fragile psychologiquement. Cette fois, il avait la possibilité de travailler une trentaine d'heures pour la banque alimentaire et le Secours populaire. Il devait indemniser les victimes, même si, compte tenu de son petit salaire, il s'agit évidemment d'une mesure symbolique. Mais là, encore, on lui dit non. C'est la quatrième fois, depuis 2005, qu'on lui refuse cette mesure de semi-liberté. Le parquet fait preuve d'acharnement.

En quoi?

Georges Cipriani a près de 60 ans. Il est détenu depuis plus de 23 années, c'est à dire qu'il a purgé cinq ans de plus que la peine incompressible qui avait été prononcée. Il me paraît évident qu'il n'y a aucun risque de récidive. C'est un homme malade [il a séjourné en hôpital psychiatrique - NDLR] même si l'administration ne prend pas en compte les affections psychiatriques. En fait, cela va au-delà de l'acharnement: nous sommes face à une volonté d'anéantissement de la personne. C'est une forme de vengeance d'Etat à l'encontre des anciens d'Action directe. Quel que soit le regard que l'on porte sur leur passé, il faut bien constater que la France est le dernier pays à détenir des activistes pour des faits remontant aux années 1980. En Italie et en Allemagne, les personnes emprisonnées à cette période, pour des faits plus graves encore, ont été relâchées.

Où en est Jean-Marc Rouillan, le fondateur d'Action directe?

Depuis mai 2009, il sait qu'il est atteint d'une maladie dégénérative rare [le syndrome d'Erdheim Chester, une maladie qui calcifie certains organes - NDLR]. En France, il n'y a qu'un spécialiste pour ce type d'affection, à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière (XIIIe arrondissement de Paris). Actuellement, Jean-Marc Rouillan se trouve à la prison de Fresnes pour six semaines, mais d'ordinaire il est détenu près de Toulouse. A ce jour, il n'a toujours pas été examiné par ce spécialiste, qui est pourtant prêt à le recevoir! Il n'a aucun traitement adapté. En décembre dernier, nous avons déposé une plainte pour non-assitance à personne en danger. En octobre, j'ai également déposé une nouvelle demande de libération conditionnelle.

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/on-s-acharne-sur-cipriani-et-rouillan_851288.html

18:08 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Intersquat - ATTAQUE FRONTALE du 20 au 28 mars 2010 à Grenoble

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ATTAQUE FRONTALE du 20 au 28 mars 2010 à Grenoble

C'est la fin de l'hiver. C'est le retour des expulsions.
Eh oui, car pour les squatteureuses, les mal-logé-es, les Rroms, les
sans-papiers, les personnes ayant des difficultés à payer leur loyer, le
retour des beaux jours, cela signifie également la fin de la trêve
hivernale.
Pour montrer que des formes de solidarité collective existent contre ces
sombres aberrations, et pour faire la lumière sur les méfaits de la
propriété privée, du 20 au 28 mars 2010 se tiendra une « Attaque frontale
»: un festival intersquat contre les expulsions et la propriété privée,
pour se réapproprier la ville. Durant ce festival, de nombreuses activités
seront organisées par / dans différents squats de l'agglo grenobloise: une
semaine de concerts, projections de films, balades, repas vegans,
discussions, et bien plus encore, pour faire front face aux politiques
gestionnaires qui nous pourrissent la vi(ll)e.
En effet, investisseur-euses privé-es et décideur-euses publics-ques
entretiennent une logique d'aseptisation de la ville: destruction des
quartiers populaires au profit de complexes HQE (Haute Qualité
environnementale) pour cadres dynamiques du CEA (Commissariat à l'Energie
atomique), expulsion et répression des populations gênantes... A Grenoble
comme ailleurs, la gentrification bat son plein.
Et ce ne sont pas les élections régionales des 14 et 21 mars qui pourront
apporter des solutions: quelle que soit leur appartenance politique, les
élites au pouvoir continueront d'entretenir ces logiques urbaines et
sociales.
Parce que nous sommes tou-tes confronté-es à des difficultés de logement,
pour pouvoir affronter collectivement ces questions, et parce que nous ne
sommes pas une avant-garde éclairée, nous vous invitons à participer à
cette « Attaque frontale », une mise en lumière de la ville de Grenoble à
faire pâlir d'envie la MC2...

FESTIVAL INTERSQUAT
contre les expulsions et la propriété privée... réapproprions-nous la ville!

Plus d'infos à venir sur:
http://grenoble.squat.net/

L'affiche du festival (grand format):
http://grenoble.squat.net/2010-03_Grenoble_Festival_Intersquat-B.jpg

Pour nous contacter:
attaque-frontale at squat.net

NB: Pour la période du festival, on essaiera d'héberger tout le monde,
mais n'hésitez pas à venir avec des tentes, plusieurs squats ont des
jardins qui seraient à vous accueillir également de cette manière...
Envoyez un mail à l'avance pour nous prévenir de votre arrivée SVP. Début
mars, un programme d'activités plus précis devrait être publié, histoire
de vous donner un peu plus envie de participer.

07:36 | Lien permanent | Commentaires (0) |

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