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15/09/2009

LE PRINCIPAL MOYEN DE CORRESPONDANCE DES MISSIONNAIRES ET DES AUTRES AGENTS : LES PIGEONS

Le monde du renseignement - et, par extension, celui de la guerre secrète - est mal connu. Il
utilise pourtant toute une palette de techniques qui ont contribué à imposer un genre de lutte du
faible au fort - la « petite guerre » - bien souvent utilisée au cours de l’histoire. « Détermine les
plans de l’ennemi et tu sauras quelle stratégie sera couronnée de succès et celle qui ne le sera
pas », disait Sun Tzu, 500 ans avant notre ère. « On doit examiner enfin les habitudes et le
caractère de l’ennemi », conseillait encore Machiavel en 1521…

L’équipement spécifique des espions français membres de la « Section de renseignements » et de la « Section de centralisation des renseignements » en 1914-1918

Chef d’escadron Olivier Lahaie
http://www.cairn.info/revue-guerres-mondiales-et-conflits-contemporains-2008-4-p-87.htm

En 1914, les agents de la SR possèdent un matériel hérité en grande partie des siècles passés. Le conflit impose l’adoption d’équipements à la pointe de la technique sans pour autant faire disparaître ceux qui ont fait leurs preuves. La fracture s’opère avec la guerre de position, puisqu’elle accroît les difficultés pour traverser les lignes ou les frontières.
Les espions de la SR et de la SCR sont donc dotés d’un matériel varié et spécifique qui améliore leur discrétion tout en les aidant à berner l’adversaire. Faux papiers, déguisements, objets truqués, appareils photographiques et télégraphiques permettent ainsi aux agents de remplir plus facilement leur mission de renseignement, mais signent immanquablement leur perte en cas de découverte par le contre-espionnage ennemi.

• DOCUMENTS D’IDENTITE ET FAUX PAPIERS
• APPAREILS PHOTOGRAPHIQUES
• ARMES
• OUTILS
• DEGUISEMENTS
• MATERIELS SERVANT A LA TRANSMISSION DES RENSEIGNEMENTS
• MOYENS PARTICULIERS POUR « MISSIONS SPECIALES »
• LE PRINCIPAL MOYEN DE CORRESPONDANCE DES MISSIONNAIRES ET DES AUTRES AGENTS : LES PIGEONS
• L’ADOPTION TARDIVE DES POSTES DE TELEGRAPHIE SANS FIL (TSF)

RENSEIGNEMENT ET SERVICES DE RENSEIGNEMENTS EN FRANCE PENDANT LA GUERRE DE 1914 - 1918 (2ème et 5ème Bureau de l’E.M.A. ; 2ème Bureau du G.Q.G. Section de Renseignement / Section de Centralisation


Mardi 20 juin 2006
14 heures
À la Maison de la Recherche
Salle D 040, Rdc
28, rue Serpente
Paris 6e

- M. Olivier LAHAIE soutient sa thèse de doctorat :

- RENSEIGNEMENT ET SERVICES DE RENSEIGNEMENTS EN FRANCE PENDANT LA GUERRE DE 1914-1918 (2ème et 5ème Bureau de l’E.M.A. ; 2ème Bureau du G.Q.G. Section de Renseignement / Section de Centralisation

En présence du Jury :

M. SOUTOU (Paris 4)
M. ALLAIN (Paris 3)
M. FORCADE (Amiens)
M. FREMEAUX (Paris 4)
M. GUELTON (Vincennes)

Résumés

En 1914, la France était bien renseignée sur la forme que prendrait l’agression allemande, mais les spécialistes du renseignement se sont heurtés au scepticisme du haut commandement. Avec le début de la guerre de tranchées, ce dernier désira connaître l’ordre de bataille adverse, l’état des pertes et la situation économique, politique ou morale en Allemagne. Des techniques nouvelles apparurent, servant à recouper les renseignements obtenus par voie humaine. Les S.R. obtinrent la mise en place du Contrôle télégraphique puis postal, comme ils échafaudèrent une coopération interalliée en matière de renseignement. Les procédés employés par les agents ont connu une évolution continuelle tout au long de ces cinq années. Pour s’affranchir des contraintes de la guerre de positions, la dépose d’agents par avion a vu le jour en 1915. La coopération avec les réseaux de résistance belge et l’Intelligence Service a permis d’étendre les possibilités de l’espionnage à un niveau inégalé jusqu’alors. La Grande Guerre, guerre totale, fut aussi l’occasion de mettre sur pied des organes de recherche spécifiquement prévus pour la lutte économique ; enfin, l’aspect psychologique et propagandiste n’a pas été oublié, tant sur le front que loin derrière les lignes ennemies. Le contre-espionnage se développa également. Néanmoins, la crise des mutineries de 1917 a montré le rôle déplaisant que peut jouer un S.R. quand il se tourne contre ses frères d’armes. L’implication de certains personnels des services secrets dans l’instruction des procès de trahison a achevé de ternir leur réputation.
Le renseignement français était constitué d’une nébuleuse d’organismes, indépendant les uns des autres et parfois rivaux, mais qui tous tendaient vers un seul objectif : faciliter la victoire sur les Puissances centrales. Coexistaient deux univers bien distincts mais complémentaires : d’un côté, la branche créée et développée par l’E.M.A., et de l’autre, celle créée par le G.Q.G. Au final, des trois généralissimes, ce fut Pétain qui tira le mieux parti de l’usage du renseignement ; il le fit avec intelligence, pour économiser la vie des soldats. Généralissime des armées alliées, Foch sut également s’en servir pour terrasser son adversaire. Parti de rien - ou d’à peu près rien - si l’on compare ses structures en 1918, le renseignement français a montré sa forte capacité d’innovation. Le conflit fut l’occasion d’expérimenter de nouvelles techniques d’action, lesquelles fixèrent peu à peu les règles en matière de guerre secrète, lesquelles permirent ensuite la naissance des services « spéciaux » de la Seconde Guerre mondiale. Par un habile mélange, fait de réflexion et d’improvisations, par la volonté de s’appuyer sur des personnalités marquées, les S.R. ont contribué très largement à vaincre l’Allemagne de Guillaume II.

On August, 1914, the French Intelligence Services knew German war plans, but intelligence specialists went against Joffre’s scepticism. With the beginning of Trench Warfare, the French High Commander wished to inquire about enemy casualties, but also economic and political situation or morale in Germany. New techniques helped to control information gathered by Human Intelligence. The Secret Service imposed Telegraphic then Postal control, initiated an allied cooperation dealing with Intelligence Warfare. On 1915, new spying methods appeared, including use of planes to shake off enemy defences. Cooperation with Belgian and British Intelligence Services created preference conditions for spying. The Great War, which was a Total War, developed new kind of services dealing with Economic Intelligence. Propaganda and Psychological Warfare were developed as well, both on frontline and inside Germany. Counter-Intelligence was strengthened too, but the mutiny crisis of 1917 showed the danger of it when used against Brothers of Arms. At the end of World War I, implication of some officers belonging to the Secret Service in high treason trials tarnished their reputation. French Intelligence gathered many independent and rival services, but working all together to facilitate military victory on Germany and its Allies. Two distinct but complementary branches coexisted in France : one created by the “Etat-Major de l’Armée”, and the other by the “Grand Quartier General”. Among the three French High Commanders, Pétain was remarkable by the clever use of intelligence he made, in order to spare soldiers’ blood. Supreme Commander of Allied Forces, Foch used it as well to lay Ludendorff low. From 1914 to 1918, French Intelligence proved its high capacity to innovate. W.W.I created favourable conditions to experiment new techniques, which were used after 1918 to develop the future “Special Services” of W.W.II. Thanks to a skilful mixing of consideration and improvisation, but also with the wish of gathering clever and firm individualities, French Secret Services really contributed to defeat Imperial Germany.

 

Lien PDF de la thèseRENSEIGNEMENT_ET_SERVICES_DE_RENSEIGNEMENTS_EN_FRANCE_PEN...



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