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16/02/2010

Strasbourg, champ d'expérience...and what now ?

A propos des suites juridiques du camp No Border de Strasbourg. 19-28 juillet 2002

 

19.May.03 - Le camp No Border à Strasbourg vous en avez entendu parler bien sûr! Vous y êtes même peut-être allés.. Mais les suites, vous les connaissez ? Par exemple au niveau juridique ?

Ce texte est écrit par des gens qui se sont occupés de l'il-legalteam, et par quelques personnes solidaires, qui sont assez surpris et fatigués de se retrouver à une poignée pour gérer les suites d'un camp qui a réunit près de 3000 personnes au total.

Commençons donc par un peu d'information concrète sur ces fameuses suites, histoire d'avoir une base de discussion. Un premier inculpé a fait trois mois de prison du mois d'août au mois d'octobre dont un mois à l'isolement. Dix-sept personnes, pour protester contre cet isolement arbitraire et pour obtenir un parloir, ont occupé une annexe administrative du ministère de la justice. Les forces antiterroristes sont venues les arrêter, ils sont restés une journée en prison et ont étés inculpés de séquestration : crime passible de cinq ans de prison ferme. Le jugement final les a condamnés à 15 jours de prison avec sursis pour violation de domicile ; deux procès successifs ayant permis de lever l'accusation de séquestration. Trois personnes du collectif qui se trouvaient aux abords de l'occupation ont étés interpellées violemment par les flics qui les ont accusés de rébellion. Ils passent en procès le 15 mai. Ensuite deux allemandes sont passées en procès le 25 février pour avoir volé et abîmé des drapeaux français et européen pendant le camp. Elles ont reçu 1 mois avec sursis. La situation est similaire pour le français qui est passé en procès le même jour, sous l'accusation d'avoir transporté des armes alors qu'il ne s'agissait que d'outils servant au camp. Ces trois personnes ont décidé de faire appel qui, d'après les avocats n'aura lieu que d'ici un an. Enfin deux allemands sont passées en procès ce 28 février pour rébellion à agent, elles ont reçu dix jours avec sursis ainsi qu'une amende. Ensuite un espagnol a été condamné pour port d'armes à 2 mois avec sursis.

Cette liste peut sembler fastidieuse : elle l'est. D'autant plus quand il s'agit de s'en occuper concrètement. Les personnes de Strasbourg encore actives, et celles de l'il-legalteam sont simplement fatiguées de gérer des procès qui s'enchaînent sans pouvoir sortir d'une logique de gestion de la répression du fait du faible nombre de personnes solidaires. A ce titre, cette semaine de procès à Strasbourg est un excellent exemple. Il avait été décidé lors des rencontres de débriefing à Freiburg de mettre en place une semaine d'action reprenant la thématique du contrôle social. Des affiches ont été produites. Or, mis à part le collectif anti-expulsion de Paris et des personnes de Strasbourg, aucune action n'a été relevée. La plupart des inculpés durant cette semaine de procès sont des Allemands, mais aucune initiative n'est venue d'Allemagne.

A cette gestion relativement lourde et à cet isolement se rajoute une répression touchant les personnes mettant en pratique une solidarité active : l'Etat n'a de cesse de criminaliser tout ce qui est étiqueté No Border. (cf. les 17 personnes inculpées de séquestration pour une simple occupation). Il ne faut ainsi pas oublier le contexte français où l'Etat suit une logique de plus en plus sécuritaire d'une part ; le ministre de l'intérieur promulgue de nouvelles lois " sur la sécurité intérieure " particulièrement abjectes, et d'autre part tente de mettre sur la touche toute contestation qui se refuse à rentrer dans son cadre de compromis et de négociation. La tension psychologique est donc extrêmement forte du fait de la répression et de l'isolement : la solidarité tant locale qu'internationale est quasi inexistante !

La critique formulée par ce texte se dirige bien sûr contre celles et ceux qui sont venus " consommer " Strasbourg, mais également par rapport aux personnes qui ont lancé l'idée du camp, qui ont organisé le camp, mais qui ne semblent pas se soucier des conséquences que le camp a pu avoir sur la vie des personnes inculpées, et sur la réalité politique locale de Strasbourg. En effet, au lieu d'avoir crée une dynamique positive pour les personnes actives sur la ville, un climat de lassitude et de tension s'est instauré. Cette question des suites se pose aussi par rapport à toutes les personnes qui se réfèrent à Strasbourg pour d'éventuels futurs camps ou contre-sommets, comme les villages contre le G8 à Évian.

Mais ce texte n'a pas pour simple objet une culpabilisation des individus venus à Strasbourg, il est une tentative de mettre en lumière les raisons de cette démobilisation. En effet, au-delà d'une question de responsabilité individuelle, il nous semble que ce sont également les structures du camp, ou plutôt les non-structures du camp, qui ont créé cet état de fait : le problème des suites du camp ne semble pas avoir été pensé dans la préparation du camp lui-même. De fait après la dissolution et l'exode du camp, c'est un peu par hasard que certaines personnes se sont retrouvées en charge de la solidarité avec les inculpés, soit parce qu'elles habitaient Strasbourg, soit parce qu'elles étaient entrées en contact avec la legalteam. Mais il s'est agit toujours de logiques individuelles, jamais le problème de la solidarité n'a été pris en considération et pensé d'une manière collective.

Ce problème des structures s'est d'ailleurs posé pendant le camp lui-même. Du fait qu'elle était un des seuls groupe à fonctionner de manière claire, beaucoup de participants au camp se sont référés à la legalteam pour des problèmes dépassant clairement le simple cadre juridique, ainsi des personnes sont venues nous demander ce qu'elles devaient faire.. De fait, dès le camp, la legalteam s'est retrouvée à devoir combler un vide, créé en partie par l'échec du modèle des barrios. Ce rôle n'a fait que continuer après la dissolution. Si Strasbourg peut être considéré comme un champ d'expérience pour une tentative d'organisation non autoritaire, alors il est clair que le modèle est perfectible ! Notamment sur un point essentiel. A partir du moment où des structures explicites ne sont pas en place, se recréent des pôles de pouvoir implicites qui permettent tout sauf une gestion collective non autoritaire.. Maintenant il est vrai que la question de savoir quelles structures, reste complètement ouverte. Discuter de cette question profondément n'est pas l'objet de ce texte, mais au-delà des choix futurs qui seront fait, il faut bien voir que certaines tâches ne peuvent pas être directement traitées et résolues par une assemblée générale qui se dissout aussi vite qu'elle s'est mise en place. Ainsi, par exemple, sur le travail juridique. Il ne s'agit pas ici non plus de plaider pour des commissions de spécialistes. Mais bien de voir comment il serait possible de mettre en place des groupes chargés de certaines tâches tout en gardant des relais importants avec le reste des personnes du campement, que ce soit pendant ou même APRÈS le camp.

En fait, il semble que ce soit surtout sur les relations et les transmissions d'informations entre les différentes structures qu'il faille retravailler. Là encore, il semble que ce genre de question se doit d'être posée dès la préparation. Par exemple, il serait bien que les groupes impliqués dans la préparation du camp, s'engagent aussi sur les suites du camp de façon concrète, notamment au niveau juridique, à suivre les informations, à les relayer, et à mettre en place des actions de solidarité. Ceci suppose la mise en place d'un réseau d'échange d'informations un peu plus clair et précis qu'une simple liste Internet, avec éventuellement des personnes relais clairement désignées.

Pour finir, il est malgrè tout fort dommage que le camp de Strasbourg n'existe plus que du fait des suites juridiques. Nous faut-il remercier la répression de nous avoir donné de quoi alimenter une dynamique, aussi petite soit-elle, qui sinon aurait dépérit ? Ceci est surtout dommageable quand on pense que Strasbourg avait la spécificité de vouloir créer au niveau européen une dynamique autour des questions de politiques migratoires. Or nous ne sommes même pas capables d'assurer le minimum, à savoir la solidarité avec les inculpés. Il aurait été cependant possible d'utiliser les procès pour recréer une dynamique autour des thématiques du camps comme par exemple sur le contrôle social ou le SIS, encore aurait-il fallu que les engagements pris à Freiburg sur la semaine d'action en février soient respectés.

Quelques personnes engagées dans le travail antirépressif suite au camp no border de Strasbourg

 

Strasbourg: a Testing Ground?

an analysis of the legal follow-up work to the No Border Camp in Strasbourg, July 19-29 2002.

 

19.May.03 - Of course you've heard of the No Border Camp in Strasbourg! Maybe you were even there. But are you aware of what happened afterward? Are you aware, for example, of the legal follow-up work that was necessary?

This text was written by some people who helped with the il-legalteam, and by some people who stand in solidarity, who were not a little astonished at and tired of finding themselves at a loss to manage the follow-up work for a camp that gathered almost 3,000 people in all.

So let's start with a little concrete information on this famous follow-up, so as to have a common starting point for our discussion. One of the first defendants served three months in prison from August through October, of which one month was spent in solitary confinement. Seventeen people occupied an administrative branch office of the Ministry of Justice, to protest this arbitrary isolation and to get the prisoner a visit. The anti-terrorist police forces came to arrest them; they spent a day in prison and were charged with hostage-taking, a crime that carries a sentence of five years without parole. The final sentence condemned them to 15 days of prison, suspended sentence, for "home invasion" -- two preceeding hearings having allowed the prosecutor to drop the charge of hostage-taking. Three people from the collective who were outside the building that was being occupied were violently arrested by the police, whoc accused them of resisting arrest. They will have a trial on May 15.

After this, two germans had a trial on February 25 on charges of having stolen and destroyed french and EU flags during the camp. They were sentenced to one month, suspended sentence. The french man who had his trial the same day was faced with a similar situation; he was charged with carrying weapons, which were actually only tools used for the camp. These three people decided to make an appeal, which, according to the lawyers, will not take place until a year afterward. Finally, two germans came to trial on February 28 for resisting arrest; they were given ten days, suspended sentence, and a fine. Finally, a spanish man was sentenced to two months, suspended sentence, on a charge of carrying weapons.

This sounds like a fastidious list: it is. Even more so when it's necessary to help take care of it in a concrete way. The people from Strasbourg who are still active, and the people from the il-legalteam are simply tired of managing the trials that have followed the camp, without being able to get out of this logic of "managing" repression, because of the small number of people standing in solidarity. An excellent example of this is this week of trials in Strasborug. It was decided during the debriefing meetings in Freiburg to hold a week of action to make public the thematic of social control. Posters were produced. However, besides the anti-expulsion collective in Paris, the people of Strasbourg, and a demonstration that was held against the forced "special registration" of immigrants in Philadelphia, USA, no actions were held. The majority of the people who had trials that week were german, but there were no reported solidarity actions from Germany.

On top of this relatively heavy work and this isolation from our supporters comes the repression that touches all those who put active solidarity into practice: the State continues to criminalize everything and everyone it can slap the "No Border" label onto, such as the 17 people charged with "hostage taking" for a simple office occupation. So it's important not to forget the context in France, where one one hand the State follows a more and more "security"-driven ideology; the Minister of the Interior promulgates despicable new laws on "internal security"; and on the other hand the State tries to keep all public dissent that refuses to fit within the State's framework of compromise and negotiation under its thumb. The psychological tension is therefore extremely strong, because of the repression and the isolation: local as well as international solidarity is almost non-existant!

The critique that this text forumulates is, of course, directed toward those who came as "consumers" to Strasbourg, but also to those who launched the idea of the camp, and who organized the camp, but who appear unconcerned about the consequences that the camp could have on the lives of the people who got arrested, and on the local political reality of Strasbourg. In effect, instead of having createda positive dynamic for the activists in the city, a climate of lassitude and tension was put into place. This question of follow-up is also omportant for all those who look to Strasbourg for eventual future camps and counter-summits, such as the villages against the G8 in Evian.

But this text doesn't just aim to make the individuals who came to Strasbourg feel guilty; it's an attempt to bring to light the reasons for this demobilization. In effect, beyond the question of individual responsibility, it seems that it was the structure of the camp -- or rather the non-structure of the camp -- was equally responsible in bringing about this state of affairs; the problem of follow-up to the camp seems not to have been taken into consideration during the preparation of the camp itself. In fact, after the dissolution and exodus of the camp, it's somewhat by accident that certain people found themselves in charge of organizing solidarity with the accused people, either because they lived in Strasbourg, or because they had been in contact with the legalteam. But it was always a matter of individual circumstances, and the problem of solidarity was never taken into consideration and considered in a collective manner.

Furthermore, this problem of structurelessness was posed during the camp itself. Because it was one of the only goups to be clearly functioning, many participants of the camp went to the legal team for answers to questions that clearly went beyond the framework of legal support; so people came to ask us what they should do. In fact, from the start of the camp, the legal team found itself having to fill a vaccuum, created in part by the failure of the "barrio" model. This role continued after the camp broke up. If Strasbourg can be considered a testing-ground for an attempt at non-authoritarian organizing, then it's clear that the model has a long way to go before it's perfect! Especially on this essential point: as soon as the explicit structures fail to be in place, implicit poles of power recreate themselves, which permit everything but a collective, non-authoritarian self-government. However, it is true that the question of which structures to have remains completely open. (see "The Tyranny of Structurelessness" by Jo Freeman, 1970)

It is not the object of this text to discuss this question deeply, but beyond the future choices that will be made, we must realize that certain tasks cannot by directly treated and resolved by a general assembly that dissalves as fast as it gathers. One example of this is legal work. But it is also not our object to argue in favor of commissions of specialists, but only to see how it would be possible to put groups into place that are responsibly for certain tasks while keeping the important lines of communication open with the rest of the people in the camp, both during and after the camp. In fact, it seems that it is especially the relationships and the transmission of information between the different structures that needs to be rethought. There again, it seems that this type of question ought to have been posed during the preparation. For example, it would be good if the groups involved in the preparation of the camp got concretely involved in the camp's follow-up work, notably as far as legal follow-up goes, to keep abreast of the changing situations, to relay information, and to organize solidarity actions. To do this assumes the putting into place of a network for the exchange of information that is a little more clear and precise than a simple Interet lists, eventually with clearly-designated people to relay information. (one example of this is the Europe-wide antirepression project currently forming under the European Association of Democratic Jurists)

Finally, despite everything, it is really too bad that the Strasbourg No Border Camp now only exists in the form of legal consequences and follow-up work. Perhaps we should thank the general state of repression for having given us an opportunity to create a dynamic, as small as it is, that without such repression might not even have been born? This is especially sad when you think that the Strasbourg camp had planned to create a Europe-wide dynamic around the question of migration politics. Despite all this, we are not even capable of assuring the minimum among ourselves: solidarity with those of us who have been arrested. It would have been nonetheless possible to use these trials to recreate a dynamic around the thematics of the camp such as, for example, social control or the SIS, had the engagements for the February week of action, which we had planned in Freiburg, been respected.

A few people engaged in the anti-repression work after the No Border Camp in Strasbourg.

 

 

Straßburg als Experimentierfeld...

Über die Solidaritätsarbeit nach dem noborder-camp. 19-28 Juli 2002

 

19.May.03 - Du hast bestimmt vom noborder-camp in Straßburg gehört, vielleicht warst du sogar dort... Aber weißt du auch, welche Folgen es hatte? Z.B. die juristischen Konsequenzen?

Dieser Text ist von Leuten geschrieben, die im il-legal team mitgearbeitet haben und Leuten, die sich an der Soliarbeit beteiligt haben. Wir sind ziemlich ausgelaugt und überrascht, dass wir so wenige sind die sich um die Folgen eines Camps kümmern, auf dem immerhin bis zu 3.000 Leute gewesen sind.

Um eine gemeinsame Diskussionsbasis zu haben aber erst mal einige Infos über juristischen Nachwirkungen des Camps: Der erste französische Angeklagte war von August bis Oktober 2002 3 Monate im Knast, davon 1 Monat in Isolationshaft. 17 Personen aus Frankreich haben daraufhin ein Verwaltungsbüro desJustizministeriums in Straßburg besetzt, um gegen diese Maßnahme zu protestieren und ein Besuchsrecht durchzusetzen. Sie wurden von der Antiterroreinheit festgenommen und für einen Tag in einem Straßburger Knast inhaftiert. Sie wurden angeklagt wegen Freiheitsberaubung, wofür man in Frankreich bis zu 5 Jahre Knast riskiert. Nach zwei Prozessen konnte die Klage wegen Freiheitsberaubung zwar abgewendet werden. Am Ende wurden die 17 dennoch wegen Hausfriedensbruch zu 15 Tagen verurteilt. Die Strafe wurde auf Bewährung ausgesetzt (auf 5 Jahre, wie es in Frankreich fast immer der Fall ist). 3 Franzosen, die während der Besetzung vor dem Gebäude waren, haben am 15. Mai eine Verhandlung wegen "rébellion" (in Deutschland wie Widerstand gegen die Staatsgewalt).

2 Deutsche hatten am 25. Februar ihr Verfahren. Sie waren angeklagt wegen Diebstahl und Beschädigung von französischen und europäischen Fahnen. Sie bekamen einen Monat, ausgesetzt auf Bewährung. Am gleichen Tag wurde gegen einen Franzosen verhandelt, der angeklagt wurde wegen Waffentransports. Bei den beanstandeten "Waffen" handelte es sich um Werkzeug für das Camp. Diese 3, gegen die am 25. Februar verhandelt wurde, haben Berufung eingelegt. Die Berufungsverhandlung wird nächstes Jahr stattfinden. 2 weitere Deutsche hatten ihren Prozess am 28. Februar, ebenfalls wegen "rébellion". Sie wurden zu 10 Tagen auf Bewährung plus einer Geldstrafe verurteilt. Ein Spanier, der wegen Waffenbesitz angeklagt war, bekam 2 Monate auf Bewährung.

Diese Auflistung klingt vielleicht langweilig und ermüdend. Das ist sie aber vor allen Dingen, wenn man sich um die Fälle kümmern soll. Die Leute vom il-legal team und die wenigen, die in Straßburg noch aktiv sind, sind abgegessen davon, diese Prozesse lediglich zu verwalten. Sie sind aber zu wenige, um aus dieser Verwaltungslogik herauszukommen. In diesem Sinne waren die Gerichtsverhandlungen im Februar 2003 ein gutes Beispiel. Auf dem Freiburger Nachbereitungstreffen im November 2002 wurde entschieden, eine Aktionswoche zu planen die sich nicht nur auf Antrirepressionsarbeit beschränkt, sondern wieder auf die Campthemen bezieht: Soziale Kontrolle, SIS, Schengen etc. Plakate für die Aktionswoche wurden gedruckt, aber außer vom CAE (Comité Antiexpulsion Paris) und Leuten aus Straßburg gab es, so weit wir wissen, keine Beteiligung. Die meisten Betroffenen der Prozesse im Februar waren Deutsche, trotzdem gab es keine Initiative aus Deutschland.

Es waren also nur wenig Leute, die sich an der Solidaritätsarbeit beteiligt haben; zudem gab es sehr viele Prozesse zu begleiten. Dazu kommt, dass die Leute auch selbst von Repression betroffen sind: Der Staat kriminalisiert alles, was unter dem Etikett von no border organisiert wird (z.B. die 17 Leute, die aufgrund einer harmlosen Besetzung wegen Freiheitsberaubung angeklagt waren). Dabei sollte man nicht den französischen Kontext vergessen. Der Staat verfolgt eine Strategie der inneren Sicherheit: Soziale Bewegungen sollen vereinnahmt werden; diejenigen die nicht kompromissbereit sind werden mithilfe des neuen Gesetzes zur Inneren Sicherheit kriminalisiert. Die psychologische Spannung war durch die Repression sehr hoch, aber auch durch Isolation: Die lokale wie internationale Solidarität war nicht existent.

Die Kritik dieses Textes ist an die gerichtet, die nach Straßburg kamen um dort nur zu konsumieren. Aber auch gegen diejenigen, die zwar die Idee zu dem Camp hatten und es organisierten, aber sich nicht mit den Folgen beschäftigen: Die Angeklagten und die politischen Realitäten in Straßburg. Denn statt positiver Dynamik hat das Camp in Straßburg selbst ein negatives politisches Klima erzeugt. Die Problematik der negativen Konsequenzen stellt sich vor allem, wenn sich bei zukünftigen Ereignissen auf Straßburg bezogen wird, wie z.B. beim G8-Gipfel in Évian.

Dieser Text will aber nicht dabei stehen bleiben, die Leute, die nach Straßburg kamen zu kritisieren. Er soll auch versuchen, die Gründe für die Auflösung der Mobilisierung zu beleuchten. Sie scheinen in der Struktur, oder besser "Nichtstruktur" des Camps angelegt zu sein. Es scheint als wurden die Konsequenzen des Camps in der Vorbereitung nicht bedacht. In der Tat war es mehr Zufall, wer sich nach dem "Exodus" des Camps weiter mit der Solidaritätsarbeit beschäftigte: Wer in Straßburg wohnte oder irgendwie im il-legal team mitgearbeitet hat. Sich an der Soliarbeit zu beteiligen war eine individuelle Entscheidung; die Frage der Solidarität wurde nicht kollektiv gedacht oder organisiert.

Das Strukturproblem hat sich aber bereits während des Camps gestellt. Weil das il-legal team eine feste Instanz war, die immer funktioniert hat und sichtbar war, kamen viele TeilnehmerInnen des Camps mit Fragen und Anrufen, die über die juristische Arbeit hinausgehen; manche kamen um zu fragen, was sie auf dem Camp tun können. Tatsächlich hat das il-legal team eine Lücke gefüllt, die sich durch den Misserfolg des barrio-Modells auftat. Und diese Rolle hat das il-legal team nach Auflösung des Camps weiter inne gehabt. Wenn Straßburg als Experimentierfeld für eine nichtautoritäre Organisation betrachtet wird ist offensichtlich, dass es perfekter sein kann! Vor allem im Hinblick darauf, dass wenn es keine expliziten Strukturen gibt, sich implizite Machtstrukturen manifestieren, die alles ermöglichen außer eine nichtautoritäre, kollektive Organisation. Wie explizite Strukturen aussehen können bleibt offen. Über diese Frage grundsätzlich zu diskutieren ist nicht Absicht dieses Textes. Aber eine Antwort ist sicherlich, dass einige Aufgaben, wie z.B. die Arbeit des il-legal team, nicht in einer Vollversammlung stattfinden können. Wir plädieren nicht für geschlossene Arbeitsgruppen von SpezialistInnen. Aber wir fragen uns, wie wir Arbeitsgruppen ins Leben rufen können, die für bestimmte Aufgaben verantwortlich sind und dabei trotzdem enge Verbindungen mit den TeilnehmerInnen des Camps haben: während und vor allem auch NACH dem Camp.

Offensichtlich müssen wir nicht nur über die Strukturen reflektieren, sondern vor allem über die Rückkopplung, Kommunikation und Abstimmung. Solche Fragen sollten auch bei der Vorbereitung berücksichtigt werden. Ein Vorschlag wäre, dass die vorbereitenden Gruppen sich auch bei den Konsequenzen eines Camps engagieren, vor allem den juristischen: Informationsweitergabe und Organisation von Solidaritätsaktionen. Dies bedeutet den Aufbau eines Informationsnetzwerks, das klarer und präziser als eine Camp-Mailingliste funktioniert; vielleicht durch die Bestimmung von Personen, die für jede Gruppe verantwortlich sind Informationen weiterzugeben und z.B. den Kontakt zum il-legal team zu haben.

Es ist sehr schade, dass das no border Camp in Straßburg nur noch wegen der Antirepressionsarbeit existiert. Sollen wir der Repression dafür etwa dankbar sein? Besonders schade ist auch, dass das Camp eigentlich den Anspruch hatte auf europäischer Ebene eine Vernetzung um die Fragen der Migrationspolitik zu installieren. Aber wir sind nicht einmal in der Lage, ein Minimum, nämlich die Solidarität mit den Angeklagten zu gewährleisten. Es wäre möglich gewesen, die Gerichtsverhandlungen zu nutzen um das Anliegen des Camps wieder in die Diskussion zu bringen. Dafür wäre es nötig gewesen, die auf dem Nachbereitungstreffen getroffenen Entscheidungen zur Aktionswoche im Februar 2003 umzusetzen.

Einige Leute aus der Solidaritätsarbeit zum no border Camp in Straßburg

 

La repression contre le campement de Strasbourg: mecanisme et consequences

 

14.Aug.02 - Avertissement: De nombreuses questions qui sont tres liees au probleme de la repression (relation avec les medias, structures, ...) ne sont pas abordees volontairement.

Avant le campement

On a d'abord eu le refus du terrain de Lingolsheim, la volonte de nous faire traîner pour les accords ecrits, les installations, etc. Puis l'installation d'une C.R.S. a l'hotel Mercure; au debut du campement, cette compagnie venait de la Moselle, elle a ete relevee par une autre venant du Rhone. Les tournees de RG (ou BAC?) dans le campement ont ete facilement arretees.

Il faut prendre en compte qu'un fonctionnement de responsabilite collective comme le notre est un profond mystere pour la pensee bourgeoise (Marx disait un sphinx) et en particulier pour les elus. Il a fallu qu'il y ait des directives venant du gouvernement: la CUS a certainement contacte la prefecture quand elle a compris l'importance de l'affaire et un prefet ne prend pas de decision importante sans en referer au ministere de l'interieur: ce serait contraire aux regles de la survie en milieu administratif, sutout en periode de changement de gouvernement. De toute facon, les CRS venues d'autres departements ne relevaient pas de l'autorite de la prefecture.

La montee de la tension

Entre la pluie et le retard des services techniques, on peut dire que les activites du campement ont effectivement commence le dimanche. Il y a eu le lundi deux arrestations avec reaction immediate: manif en direction du commissariat et blocage du pont avec comme resultat une liberation assez rapide.
Le mardi, plusieurs arrestations. Le scenario est toujours le meme: militants arretes isolement ou a l'ecart d'une manifestation; le pretexte est une broutille, typiquement un tag qui normalement donnerait lieu a un simple proces verbal et a une amende; l'affaire est dramatisee par une qualification demesuree (degradation aggravee, ...) et une garde a vue.

D'apres une information de presse, la maire de Strasbourg demande au prefet d'interdire les manifestations des le mardi soir (il est naturellement possible que ce soit le prefet lui-meme qui lui a suggere de le faire). Ce qui est certain, c'est que les arrestations des premiers jours, et surtout leur dramatisation, ont constitue une campagne de criminalisation qui a servi a preparer la montee en force de la repression qui a eu lieu le mercredi.

Il faut insister sur le fait que la manifestation du mercredi s'est d'abord deroulee pendant une heure et demie sans incident notable. Le bris d'une vitrine de banque dont il a ete fait grand cas a eu lieu apres les premieres charges de la police.

Si on reflechit a cette suite d'evenements, on ne peut pas croire que l'interdiction des manifestations a ete la consequence de la"degeneration" de la manifestation du mercredi. Ce qui est vraisemblable, c'est que l'attaque de la manifestation etait prevue comme etape finale de la criminalisation pour justifier l'interdiction.

Sur l'assemblee generale de la nuit du mercredi au jeudi

Il etait inevitable que cette repression particulierement brutale et la campagne de criminalisation qui l'a precedee exacerbent les divisions a l'interieur du campement. De toute facon elle constituait un choc.

Une attaque massive du campement par la police faisait partie des eventualites envisagees par le groupe Bertha. Elle etait consideree comme improbable mais les mesures a prendre etaient prevues. De la part de nombre de participants il y a eu une veritable paranoïa a ce sujet. Quelqu'un a pourtant fait judicieusement remarquer qu'elle devenait encore plus improbable, du moins dans l'immediat. Premierement, il ne servait a rien d'interdire les manifestations si le campement etait immediatement disperse. Deuxiemement, il etait tres vraisemblable qu'avant de faire intervenir la police, le prefet nous aurait fait signifier un ordre de deguerpir, ou alors la police aurait d'abord tente de provoquer des incidents a l'interieur du campement.

Quoi qu'il en soit, il n'y a pas eu d'exode massif le jeudi et la plupart des groupes qui avaient prevu de faire ou de continuer des actions en ville l'ont fait (bus noborder ZONE, presence devant la prison, rassemblement pour les prisonniers politiques...).

Les interventions en ville a partir de jeudi

Des le jeudi apres-midi, deux"groupes d'affinite"se sont reunis pour reprendre des manifs en ville. Il y a eu des interventions en dehors du campement jusqu'a la fin:

• plusieurs interventions du groupe Samba,
• rassemblement au palais de justice le vendredi pour le proces d'Ahmed,
• blocages de ponts dans la ville,
• occupation d'une peniche,
• manif a Kehl et nouveau blocage du pont de l'Europe,
• presence tres remarquee a la braderie.

Il est evident qu'elles ne pouvaient pas avoir la meme ampleur qu'avant et il est difficile d'an avoir une idee d'ensemble. En tout cas elles ont ete assez importantes pour que la police requisitionne des bus pour ramener les manifestants au bercail.

Dans l'ensemble, la repression a ete moins forte pendant cette deuxieme phase du campement. C'est sans doute largement du au caractere disperse des interventions. Malgre son admirable devouement et les renforts recus, la police ne peut pas etre partout a la fois. En plus, les agressions policieres avaient desormais comme resultat de rendre plus manifeste l'echec de l'interdiction.

Enfin, il y a eu le depart en cortege de"l'exode"qui a ete un succes tactique que nous n'avons pas su suffisamment exploiter. Ce point n'a pas a etre developpe ici.

Conclusion

En resume, deux points se degagent. Les evenements du mercredi ont ete prepares par une campagne de criminalisation du campement. L'agression (tres probablement calculee) contre la manifestation du mercredi a servi de pretexte a l'interdiction et n'en a pas ete la raison.

L'important est la persistance d'interventions en ville apres l'interdiction et jusqu'a la fin du campement. La prefecture de Strasbourg (et derriere elle l'Etat francais) ne se serait-elle pas comporte comme ces gens qui soulevent une lourde pierre pour se la laisser retomber sur les pieds?

Le Collectif Anti-Expulsions d'Ile de France

 

Vers une convergence de la lutte des Sans Papiers, refugies et migrants en europe

 

29.Jul.02 - Défendant leur liberté de mouvement, des représentants de collectifs de sans-papiers et réfugiés de France, Allemagne, Belgique, Espagne, Italie, Grande-Bretagne, Finlande, Etats-Unis se sont rencontrés au campement Noborder à Strasbourg (19 au 27 juillet 2002) afin de jeter les bases d´un mouvement de lutte autonome et Européen.

Les situations de désespoir que vivent les migrants en quête de régularisation doivent être mises en parallèle avec l'exploitation politique, économique et militaire que les pays industrialisés font subir à leurs pays d'origine.

Partout la clandestinité nourrit les pires systèmes d'exploitation, partout les procédures d'asile abandonnent leur finalité première pour devenir des antichambres d'isolement avant expulsion. Tout concourt à rendre l'étranger invisible. Aveuglement dont la conséquence ne peut être qu'une répression criminelle.

La répression s'harmonisant sur tout le territoire européen, chaque lieu de résistance à la dégradation des droits des étrangers en Europe est important.

Transmettre nos tactiques de résistance et de survie, informer sur nos actions, c'est élaborer une nouvelle entraide. Nous n'avons pas d'autres choix que de lutter pour nos droits ici, mais aussi dans nos pays d'origine, ensemble, réfugiés et sans-papiers quelles que soient nos nationalités, cultures ou langues.

Nous avons partagé nos expériences de luttes singulières et communes. Singulières car issues de contextes politiques locaux et d'histoires migratoires différentes, et communes car tendant vers de mêmes objectifs clairs et fondamentaux, l'abolition des politiques qui poussent les migrants dans l'illégalité.

Nous exigeons :

• la liberté de circulation • la régularisation inconditionnelle de tous les sans-papiers • la défense du droit d'asile • l'arrêt des expulsions • la fermeture des centres de détention et la libération des Sans-Papiers emprisonnés • la fin de la précarité des titres de séjour • l'abolition de l'assignation à résidence et de toute autre forme de restriction de résidence ou de déplacement. • l´abolition de la double peine • le droit à une vie digne pour tous

Les rencontres internationales sont un pas vers l´élaboration de pratiques d'échanges mettant fin à notre isolement. Nous devons nous rencontrer en tant que Sans-Papiers, en tant que travailleurs, en tant que citoyens...du monde.

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