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02/02/2013

Le voyage du général De Gaulle en Afrique noire française - 1944

Ce document produit dans le cadre de la propagande de l'information en temps de guerre doit être considéré avec la distance critique nécessaire.

18:40 | Lien permanent | Commentaires (0) |

05/02/2011

Tantale - Coltan - Métaux rares...

Tantale, Antonov et condensateurs

Février 2010. Je me promenais avec des amis le long du lac Muhazi, endroit prisé par les expats et la classe moyenne rwandaise pour ses excursions de fin de semaine. Bill Gates y aurait une résidence, selon les rumeurs urbaines Kigaliennes. Bel endroit en effet, le lac offre de nombreuses criques, aux rives bordées d’une végétation tropicale dont les variations de vert se combinent harmonieusement avec la latérite rouge. Des pêcheurs en pirogue voguent sur le lac, c’est très exotique, « les blancs adorent voir ça ».

la suite sur : http://www.lejim.info/spip/spip.php?article192

Journal Indépendant et Militant

 











 

Très chers métaux rares

Tantale, sélénium, cobalt… Face à l’hégémonie chinoise, les pays occidentaux ont hissé le secteur au rang d’industrie stratégique et concentrent leur attention sur l’Afrique. Tour d’horizon des projets phares.

En un an, la capitalisation boursière totale de six entreprises minières juniors spécialisées dans les métaux rares et réparties aux États-Unis, au Canada et en Australie, a connu une croissance de 30 % à 50 %, pour atteindre 7 milliards de dollars (5,2 milliards d’euros). Du jamais vu. En annonçant la réduction de ses quotas d’exportation de métaux rares, la Chine, qui contrôle 97 % de la production – elle produit 120 000 des 124 000 tonnes annuelles –, a provoqué un véritable tsunami.

L’inquiétude est particulièrement vive dans les pays développés, soucieux de sécuriser leurs approvisionnements face à la forte demande : téléphones portables et autres tablettes numériques, technologies vertes (éoliennes, panneaux solaires, batteries des futurs véhicules électriques)… Des marchés en pleine croissance qui nécessitent l’utilisation de métaux non pas rarissimes, mais difficilement exploitables.

Sur les cours mondiaux, le tantale (téléphonie mobile principalement) a vu son indice progresser de 190 % en 2010 ; le sélénium (utilisé dans l’industrie métallurgique pour des alliages complexes) a augmenté de 85 %… « Pour la Chine, il s’agit de faire monter les prix et de forcer l’industrie mondiale à venir produire chez elle en échange de métaux meilleur marché », analyse Christian Hocquard, du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). L’Union européenne (UE) a ainsi classé comme stratégiques 14 métaux rares* et publié en octobre un rapport alarmant : une pénurie pourrait intervenir dans les vingt prochaines années.

Des cours très volatils

Face au monopole chinois, l’UE et les États-Unis cherchent de nouvelles opportunités. L’Afrique apparaît comme une zone potentiellement stratégique. La RD Congo était déjà l’un des principaux producteurs mondiaux de tantale, jusqu’à ce que Washington interdise aux fabricants de téléphonie l’utilisation de ressources ne pouvant répondre à certaines normes d’extraction, notamment en termes de droits humains. Globalement, si les projets africains de métaux rares se comptent encore sur les doigts d’une main, la dynamique s’accélère.

Producteur historique, l’Afrique du Sud a rapidement concentré de nouveaux intérêts. Frontier Rare Earths, basé au Luxembourg et présent dans le Namaqualand, dans le nord de la province du Cap, vient par exemple de débuter ses études de faisabilité ce mois-ci avec l’ambition de commencer à produire dès 2014. Le canadien Great Western Minerals Group a de son côté signé en juin 2010 un accord pour la réouverture de la mine de Steenkampskraal, à 350 km au nord-ouest du Cap. « Le jeu de la Chine a rendu les cours extrêmement volatils, les prix ne sont plus prédictibles », estime Hugo ­Schmitt, de l’entreprise minière française Eramet.

Présente au Gabon sur le site de Mabounié, la firme est positionnée sur le seul projet qui pourrait, à terme, devenir un point de ressource « européen ». Celui-ci est mené par sa filiale gabonaise, la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), en partenariat avec le groupe nucléaire Areva (actionnaire d’Eramet). « Le gisement pourrait être de classe mondiale, mais aujourd’hui nous n’avons aucune visibilité sur le montant des investissements nécessaires », rapporte Hugo Schmitt. Et pour cause : Mabounié, outre ses réserves de métaux rares, pourrait fournir de l’uranium et du thorium, des métaux hautement radio­actifs. « Le processus de séparation et de transformation n’est pas encore défini, poursuit le porte-parole d’Eramet, ce qui peut tout changer sur le montant du projet. »

Un secteur habitué aux crises

Le canadien Montero Mining & Exploration a quant à lui investi quelque 3,5 millions de dollars (2,6 millions d’euros) pour acquérir 60 % de Wigu Hill, à 200 km au sud de Dar ­es-Salaam, en Tanzanie. La mine regorge notamment de lanthanum, très utilisé dans l’industrie du verre et des pots catalytiques automobiles. Au Malawi, c’est l’australien Globe Metals & Mining qui s’est lancé dans l’aventure. La mine de Kanyika (niobium à 80 %, tantale et uranium pour le reste), après une étude de faisabilité en 2009, devrait entrer en exploitation en 2013. La société minière, cotée sur l’Australian Stock Exchange, a un autre projet de terres rares, à Machinga, dans le sud du pays, qui devrait bientôt voir le jour. Madagascar et le Kenya sont d’autres pays riches en métaux rares.

Mais avec 37 % des réserves mondiales (36 millions de tonnes), la suprématie chinoise n’est pas près de s’interrompre. D’abord parce qu’elle applique une politique de bas coûts (dumping social et économique). Ensuite parce qu’il faut au moins dix ans pour qu’un nouveau projet d’extraction voie le jour. L’industrie des métaux rares reste en outre opaque.

Selon Christian Hocquard : « Les déséquilibres offre-demande sont difficilement appréciables. Il y a peu de marchés spot, peu d’échanges, le marché est petit, les produits sont variés… » Un environnement favorable à la spéculation. Le secteur est cependant habitué aux crises : au début des années 2000, les prix ont été multipliés par cinq sous l’impulsion d’une nouvelle industrie alors en plein essor, celle du téléphone portable. Avant de redescendre à son niveau initial deux ans plus tard.

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* Antimoine, béryllium, cobalt, fluorine, gallium, germanium, graphite, indium, magnésium, niobium, platine, terres rares, tantales et tungstène.

piqué sur www.jeuneafrique.com

Kivu : Le projet de traçabilité des minerais de sang dans l’impasse


Le projet de traçabilité de l'étain provenant des mines de la République démocratique du Congo (RDC), est dans une "situation critique" à l'approche de l'échéance du 1er avril fixée par la loi américaine interdisant le commerce de minerais de sang, a annoncé l'Organisation des principaux producteurs et fonderies de l'étain (ITRI ou International Tin Research Institute).
L'interdiction officielle d'exploitation minière, mise en place en septembre dernier dans la région troublée du Kivu par le président Joseph Kabila est toujours en vigueur.
L'organisation s’est déclarée être incapable de continuer à développer un système de traçabilité pour les métaux en provenance de l'Est de la RDC tant que l'extraction est interdite, et a dû, de ce fait, suspendre tout son personnel sur le projet.

«Le projet pilote de traçabilité et de fourniture d’informations vérifiables concernant la provenance du minerais depuis le site d'exploitation par des creuseurs commençait tout doucement à se mettre en place lorsque la suspension a été décidée et tout le travail a du être arrêté», a déclaré à « Mining Weekly Online » la Directrice du développement durable et des questions réglementaires d'ITRI, Mme Kay Nimmo.
«Nous étions déjà en train de fixer un calendrier serré pour qu’aucun minerai non traçable puisse être accepté sur les marchés après le 1er avril - Tout retard ne fait qu’empirer la situation et les quatre à cinq mois de retard jusqu'à maintenant ont rendu la situation critique. »

La semaine dernière, l'ITRI a lancé un plaidoyer pour le financement du projet en disant qu'il fallait   $ 6,5 millions pour achever le programme de traçabilité à l'échéance d'avril.
« Si aucun financement substantiel n'est trouvé presque immédiatement le projet ne pourra pas continuer», a déclaré Mme Nimmo depuis l'Indonésie.
La RDC est le plus grand producteur d'étain et de tantale en Afrique dont une grande partie de cette production provient de l’Est du pays en proie à des conflits, et où les rapports ont démontré que les chefs de guerre ont utilisé les bénéfices de cette exploitation illicite pour financer leurs activités.
La Loi américaine Dodd-Frank, adoptée en juillet 2010, oblige les entreprises américaines sous l’autorité de la « Securities and Exchange Commission » [Organe de régulation de la Bourse des États-Unis] de faire rapport lorsqu'ils utilisent les minerais en provenance de la RDC ou de ses voisins, et de prouver qu'ils ne proviennent pas d’une zone de conflit.

Graves préoccupations

Pour la Directrice du développement durable et des questions réglementaires d'ITRI, «personne ne sait » quand aura lieu la levée de l'interdiction.
Elle a affirmé que lors d’une visite effectuée deux semaines après que l’interdiction soit mise en place, l'impact de celle-ci pouvait déjà être ressenti sur la communauté locale.
«Nous n'avons pas de détails précis de la situation actuelle, mais étant donné que la population du Nord-Kivu dépendent du secteur minier pour 80% de leur revenu, une suspension aussi longue est évidemment une préoccupation sérieuse », a-t-elle déclaré.
Le Ministre des Mines, M. Martin Kabwelulu, qui avait annoncé la levée de l'interdiction pour le 20 octobre 2010, n’a pas pu été joint par « Mining Weekly Online» pour un commentaire.  
L'étain est utilisé dans l'électronique, le tantale est utilisé dans les condensateurs, et le tungstène est utilisé pour faire vibrer les téléphones cellulaires. Le prix de l'étain a grimpé de $1.800/T à $ 27.000/T à la Bourse des métaux de Londres au cours des 12 derniers mois.

Source:
Mining Weekly Online
http://www.miningweekly.com/article/funds-needed-urgently...
Edité par: Hill Liezel
Traduit par KD pour mediacongo.net

Kinshasa, 20/01/2011 (Mining Weekly / MCN, via mediacongo.net)

19:49 | Lien permanent | Commentaires (1) |

27/01/2011

EUROPOL : 294 attentats en Europe en 2009, 1 attribué au terrorisme islamiste

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La peur du terrorisme islamiste sur le Vieux Continent est inversement proportionnelle à sa réalité: c'est l'un des enseignements de la première enquête sur le sujet de l'agence Europol.

Le premier rapport annuel sur le terrorisme de la toute jeune, et très sérieuse, agence intergouvementale Europol vient d'être rendu public. Il met à mal un certain nombre d'idées reçues, sur l'état de la menace en Europe et ceux qui en sont responsables.

- Un seul attentat est à mettre au compte du terrorisme islamiste. Comme le relève ironiquement Dan Gardner, un journaliste du Vancouver Sun, au Canada, qui commente cette enquête, c'est autant que "le Comité d'action viticole, ce groupe français qui veut mettre un terme à l'importation de vins étrangers"...

Cet unique attentat à la bombe, revendiqué par un groupe islamiste, a été commis en Italie. Les responsables antiterroristes européens continuent néanmoins à considérer la menace islamiste comme la plus importante des menaces terroristes - qui, selon les mêmes, est de manière générale "réelle et sérieuse".

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A cela une raison: ils considèrent que, contrairement à leurs homologues séparatistes ou politiques, qui s'en prennent le plus souvent aux représentants de l'Etat, les radicaux musulmans visent à faire le plus de victimes civiles possibles et frappent à l'aveugle.

En outre, les terroristes islamistes ont choisi de mener leurs opérations contre les intérêts européens loin du Vieux Continent, essentiellement en Afrique saharienne et sahélienne, dans la corne de l'Afrique, en Irak, dans quelques Etats du Golfe, en Afghanistan et au Pakistan. L'actualité récente nous le rappelle tragiquement...

- L'immense majorité des attaques terroristes sont liées au séparatisme, exclusivement en France et en Espagne: 89 sur le sol Français, 148, pour l'essentiel attribuées à l'ETA, de l'autre côté des Pyrénées - pour un total de 237 sur 294 en 2009. 40 attentats ont été revendiqués par des mouvements anarchistes ou d'extrême gauche, 4 par des mouvements d'extrême droite.

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- Le nombre d'attentats ne cesse de baisser. La décrue, entamée en 2008, s'est accentuée en 2009: 581 attaques, effectives ou avortées, recensées il y a trois ans, 441 en 2008, 294 en 2009. Soit 33% de moins qu'en 2008, pratiquement moitié moins qu'en 2007. Plus inattendu encore, elles n'ont touché que six pays de l'Union européenne - la France, l'Autriche, la Grèce, la Hongrie, l'Italie et l'Espagne.

Le nombre d'arrestations liées à des affaires de terrorisme a lui aussi diminué, passant en trois ans de 841 à 587. Le nombre de tués a en revanche augmenté: quatre victimes en 2008, sept en 2009, toutes membres des forces de l'ordre.

Le nombre d'attentats a été pratiquement divisé par deux en Europe entre 2007 et 2009.

Europol

294 attentats en Europe en 2009, 1 attribué au terrorisme islamiste

- Internet et les réseaux sociaux sont devenus une arme. Que les terroristes utilisent pour communiquer, "organiser leurs opérations, collecter des informations sur leurs cibles futures, revendiquer leurs attaques, informer les autres membres du groupe et même recruter".

piqué au tas sur l'express.fr - 10/01/2011

19:27 | Lien permanent | Commentaires (0) |

21/06/2010

Grève sauvage de l'équipe des ouvriers de France - «Tous ensemble unis pour un nouveau rêve général (bleu)»

Les joueurs de l'équipe de France, sur la pelouse d'entraînement de Knysna, refusent de s'entraîner le 20 juin 2010

Les ouvriers de l'équipe de France, dans l'usine de Knysna, refusent de reprendre le travail - 20 juin 2010

 

07:27 | Lien permanent | Commentaires (0) |

04/02/2010

Chronique du racisme ordinaire : Pour TF1, l'Afrique ça pique

01/02/2010 09:25:21 | Jeune Afrique | Par : Marwane 
Ben Yahmed

Combien de temps faudra-t-il encore subir la litanie de clichés éculés sur l’Afrique dans les médias généralistes occidentaux ?

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Scène tournée en intérieur avec des décors réalisés par les techniciens de la Propaganda Staffel

 

Déjà si souvent réduit à son manque d’atomes crochus avec la démocratie, à sa pauvreté généralisée, à ses guerres ethniques ou à son goût prononcé pour la corruption, le continent n’a-t-il pas évolué au cours des derniers lustres pour qu’on le caricature encore, en 2010, comme une terre d’aventure hostile, peuplée de hardes d’animaux sauvages et dangereux, où la température ne descend jamais au-dessous de 45 °C et où les moustiques sont avides du sang frais des petits Blancs ?

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Quatre-vingts ans après Tintin au Congo – Hergé avait au moins l’excuse d’être, si l’on peut dire, de son époque –, la chaîne privée française TF1 (la première d’Europe) vient de relancer un programme de téléréalité qui, cette fois, flirte dangereusement avec les poncifs racistes. Son nom : « La Ferme Célébrités ». Réunir seize ersatz de sous-vedettes (si, si, c’est possible) pour les filmer 24 heures sur 24 en train de traire des vaches ou de nettoyer une écurie n’élève déjà pas particulièrement l’esprit. Mais le divertissement en question propose, à l’occasion de sa troisième édition, de quitter la campagne française pour poser ses bagages dans la réserve naturelle de Zulu Nyala, en Afrique du Sud. « ça va être chaud ! » comme l’écrit un très sérieux quotidien parisien : brousse, savane, bestioles et… maladies.

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Interrogés par la presse hexagonale, que cet exotisme inattendu interpelle visiblement, les deux animateurs vedettes de l’émission, que nous ne citerons pas, par charité, enchaînent les perles consternantes sans que personne n’y trouve à redire : « Entre les animaux qui piquent et la température qui dépasse 50 °C, les candidats ne vont pas être ménagés » ; « Notre rôle est de voir comment ils vont survivre en Afrique » ; « Qu’y a-t-il de mal à partir en Afrique pour voir des animaux et rigoler un peu » ; ou encore : « Les papillons ont la taille d’un deltaplane »

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… Angela Lorente, Madame Téléréalité chez TF1, elle, a rassemblé ses neurones pour résumer l’objectif du programme : « On va jouer sur l’hostilité, c’est ça le but en les emmenant en Afrique. Avec les animaux, on a tous les ingrédients pour faire un bon divertissement »… Fort heureusement, les concepteurs de l’émission n’ont pas songé à introduire quelques êtres humains, même pour séduire la fameuse ménagère de moins de 50 ans. Sinon, nous aurions eu droit à des autochtones cannibales vêtus de peaux d’antilopes… Bref, le pire est à craindre pendant les dix semaines que va durer ce bêtisier à ciel ouvert.

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Le racisme ordinaire, qui se nourrit essentiellement de l’ignorance, avait-il besoin d’une telle publicité ?

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09:43 | Lien permanent | Commentaires (0) |

09/01/2010

FranceAfrique - AREVA - Uranium - Congo

8 janvier 2010
Robin Guébois
foexgood.blogspot.com


Après les promesses électorales de « rupture », le défilé des dictateurs africains reçus à l’Élysée par Nicolas Sarkozy avait donné le ton. Les événements de ces dernières semaines confirment que l’impérialisme français en Afrique ne connaît aucune inflexion de fond.

Non contentes de cautionner les manœuvres constitutionnelles et les scrutins truqués des traditionnels dictateurs « amis de la France » acharnés à se maintenir au pouvoir à vie, au Tchad, au Cameroun ou encore au Congo, les autorités françaises se sont fait une spécialité de l’aide aux nouveaux putschistes en manque de légitimité internationale.


Service après-vente pour putschistes

En Mauritanie, le chef de la garde présidentielle, le général Abdel Aziz, fraîchement entouré par des hommes des services secrets français après l’assassinat de quatre touristes1, renversait le président démocratiquement élu Sidi ould Cheikh Abdallahi en août 2008. Mal vus dans plusieurs pays, les putschistes sont discrètement reçus par l’Élysée et la DGSE. La France pousse à l’organisation d’élections sous le contrôle de la junte militaire. Alors que même le président de la commission électorale a préfèré démissionner plutôt que d’en cautionner le résultat, l’élection truquée est déclarée valide par des observateurs internationaux sous influence de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Proclamé président, le général Abdel Aziz a été reçu officiellement à l’Élysée, fin octobre, et Total s’apprête à reprendre l’exploitation pétrolière du pays.

Au Niger, après une visite du président français venu célébrer la signature par Areva du contrat d’exploitation de l’énorme gisement d’uranium d’Imouraren, le président Mamadou Tandja, arrivé en fin de mandat, tentait un coup de force pour jouer les prolongations. Après avoir dissout la Cour constitutionnelle et l’Assemblée nationale qui s’opposaient à ses projets, il a organisé un référendum pour changer la constitution, qui lui interdisait de se représenter, et renforcer les pouvoirs présidentiels. Bien que boycotté par la quasi-totalité du pays, comme les législatives qui ont suivi, la France a « pris note » des résultats du référendum et s’est abstenue de protester contre les arrestations d’opposants.

Au Gabon, berceau originel d’Elf devenu Total, c’est la succession du clan Bongo qu’il a fallu organiser après la mort du plus vieil autocrate françafricain. Si Sarkozy n’avait officiellement « pas de candidat », Ali Bongo, le fils d’Omar, a été le seul prétendant reçu à l’Élysée, et Robert Bourgi (conseiller spécial Afrique de Sarkozy) s’est chargé de faire savoir publiquement qu’il soutenait Ali Bongo et qu’il avait l’oreille de Sarkozy. Là encore, les autorités françaises se sont empressées d’avaliser le scrutin truqué, et le secrétaire d’État à la Coopération, Alain Joyandet, a demandé à l’opposition de laisser le temps à Ali Bongo de « démontrer qu’après le père, le fils peut être un président de rupture »...

À Madagascar, les élections n’ont pas encore eu lieu pour légitimer le jeune putschiste Rajoelina, bien plus attentif aux intérêts français que ne le fut son prédécesseur Ravalomanana, mais la diplomatie française pèse pour que soit mis en œuvre un scénario éprouvé. Jusqu’à maintenant, les négociations butaient sur la composition de l’autorité de transition qui doit organiser les élections, mais la France a déjà œuvré au retour de membres du clan Ratsiraka, dictateur françafricain renversé en 2002.


Qui contrôle ?

Comme au début des premiers mandats de Mitterrand et de Chirac, l’appareil d’État a été traversé par des oppositions plus ou moins feutrées entre les partisans d’une stricte continuité   françafricaine – avec ses coups tordus et ses réseaux parallèles – et certains « réformateurs » plus légalistes. Ces   derniers ne   remettent pas en cause le néocolonialisme, mais veulent en corriger les « excès », animés par des préoccupations   morales ou simplement d’efficacité, conscients  qu’à terme, en raison des   oppositions de plus en plus violentes qu’il suscite en Afrique, l’impérialisme français pourrait payer plus cher son refus de se réformer. Mais comme sous Mitterrand et Chirac, le début du règne de Sarkozy a sanctionné la victoire des « anciens » sur les « modernes ». Le précédent ministre de la Coopération, Jean-Marie Bockel, qui avait publiquement souhaité dresser « l’acte de décès » de la Françafrique, a été relégué aux Anciens combattants, et Bruno Joubert, responsable de l’Afrique subsaharienne au sein de la cellule diplomatique de l’Élysée, qui se disait inspiré par le discours « de rupture » tenu à Cotonou par le candidat Sarkozy, vient d’être remercié par un poste d’ambassadeur au Maroc. Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, est souvent réduit à une fonction purement décorative, et doublé par les émissaires officieux de Claude Guéant, comme l’omniprésent Robert Bourgi, ou, pour des affaires plus sensibles, par d’autres envoyés plus discrets, comme le député Patrick Balkany, qui a par exemple négocié la mainmise d’Areva sur l’uranium de la République démocratique du Congo.


Le bras reste armé

Forte médiatisation oblige, la France s’est pourtant démarquée de la junte militaire qui a pris le pouvoir en Guinée à la mort du dictateur Lansana Conté en décembre 2008. Celle-ci a en effet fait massacrer plus de 150 personnes lors d’un rassemblement des partis politiques qui demandaient que le chef des putschistes, Dadis Camara, respecte sa promesse de ne pas se présenter aux élections présidentielles. Quelques jours auparavant, malgré la position officielle de la diplomatie française, ce dernier venait de recevoir le soutien de Balkany pour un scénario à la mauritanienne. Après le massacre, la France a rompu sa coopération militaire, fait suffisamment rare pour être noté. Mais a contrario, cette décision souligne d’une part que la coopération militaire s’était poursuivie jusque là malgré les précédents crimes de l’armée guinéenne, en particulier la répression sanglante de la grève générale en février 2007 ; et d’autre part qu’il s’agit d’une politique à géométrie variable, puisque ni le Cameroun, qui a fait tirer à balles réelles contre les jeunes manifestants des émeutes politiques de décembre 2008, ni la Centrafrique, qui a mené pendant plusieurs mois une politique de la terre brûlée contre des populations supposées acquises aux rebelles, ni le Tchad qui continue malgré plusieurs avertissement internationaux de recruter des enfants soldats qu’il envoie au front, ni d’autres régimes tout aussi criminels n’ont vu la coopération militaire remise en cause.

C’est qu’au plan militaire aussi les effets d’annonce sont plus nombreux que les changements réels. Non seulement la volonté affichée de ne plus intervenir sans mandat de l’ONU a été violée à plusieurs reprises, mais en outre un mandat onusien ou des interventions multilatérales ne constituent nullement des garde-fous contre les manœuvres et les intérêts français, ainsi qu’on a pu le voir en novembre 2004 quand la force Licorne a massacré des civils ivoiriens désarmés. Le contrôle parlementaire sur les opération extérieures reste également de façade, limité au renouvellement des opérations de plus de quatre mois. Enfin, contrairement aux prescriptions du récent Livre blanc sur la défense nationale, il n’y aura finalement pas de base militaire française fermée à Dakar ou à Libreville. Le coût et le volume des opérations extérieures ne cesse d’ailleurs d’augmenter ces dernières années.


Retour économique sur investissement militaire

Les ingérences politiques et militaires de la France ne sont évidemment pas déconnectées des intérêts économiques des entreprises françaises, à commencer par certaines des principales du CAC 40. C’est ce que les militaires nomment dans leurs publications théoriques le « retour économique sur investissement militaire ». Car contrairement à une idée reçue et périodiquement réaffirmée, si les intérêts économiques français se diversifient au-delà du « pré carré » francophone, ils ne baissent ni en volume ni en rentabilité, qu’il s’agisse des domaines traditionnels des matières premières ou des secteurs plus récents, comme celui des télécommunications.

1 – Cf. Issa Bâ, « Comment réussir un putsch avec l’aide de la France », Billets d’Afrique n°185, novembre 2009.


George Forrest joue les «rabatteurs» pour Areva en Afrique

18/12/2009 10:24

Areva, le géant français du nucléaire, souhaite développer des gisements d'uranium en Centrafrique. Il a créé une joint-venture à 70/30 avec l'homme d'affaires George Forrest, afin de profiter des contacts noués par ce dernier dans la région.

Areva s'est récemment adressé à l'homme d'affaires belgo-congolais George Forrest pour développer ses activités en République de Centrafrique. Le géant français du nucléaire espère développer des gisements d'uranium, écrit vendredi L'Echo.

Les deux partenaires viennent de mettre en place une coentreprise dans le pays, du nom d'Areva Explo. Le capital de la joint-venture, dont le montant n'a pas été dévoilé, se divise en 70 % pour Areva et 30 % pour le groupe Forrest. La société dispose de sept permis d'exploration dans le pays, en particulier dans la région de Bakouma.

Areva espère profiter des nombreux contacts que George Forrest a noués dans cette région d'Afrique pour mener à bien ses projets.

Trends.be, avec Belga


Plus d'articles sur:

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Après avoir bataillé l'année dernière pour signer le coûteux avenant à la convention minière de sa filiale centrafricaine UraMin CAR Ltd (AMI nº187), Areva devrait bientôt décaisser de nouveaux fonds pour son projet dans ce pays. Le groupe nucléaire français y détient le gisement d'uranium de Bakouma, mais cherche à augmenter ses ressources et ses réserves avant de s'engager dans la phase de développement.

Areva souhaite en particulier sécuriser un certain nombre de blocs autour de son permis qui couvrent les extensions du prospect. Ceux-ci (Ndenguiro, Bakouma North, etc.) sont détenus par Uranio AG, la société enregistrée à Bâle de l'homme d'affaires Richard Ondoko. Or, selon nos informations, George Forrest, le célèbre entrepreneur minier du Katanga au Congo-K, aurait récupéré sept de ces titres en vue de les céder à Areva. Pour combien ? Les discussions sont en cours…

Anne Lauvergeon, la patronne du groupe français, s'est entretenue avec le président centrafricain François Bozizé le 29 septembre à Paris. Celui-ci était accompagné de son neveu et ministre des mines, Sylvain Ndoutingaï, et surtout de son conseiller particulier Fabien Singaye. Ce dernier, ainsi que Forrest avaient servi d'intermédiaires à Areva pour la signature, en août 2008, de l'avenant d'UraMin CAR Ltd. Cet accord prévoyait notamment le versement par le groupe français de 40 millions $ sur cinq ans à Bangui.

Rappelons que Forrest et Singaye ont également joué un rôle actif dans les négociations ayant abouti à l'accord avec Areva sur l'exploitation de l'uranium au Congo-K conclu le 26 mars.

Singaye a par ailleurs profité de son séjour dans la capitale française le 29 septembre pour être reçu à Levallois-Perret par le maire Patrick Balkany, en compagnie de son bras droit Renaud Guillot Corail. Balkany, un intime du président Nicolas Sarkozy qu'il accompagnait lors de sa visite à Kinshasa le 26 mars, s'est considérablement rapproché de Forrest depuis plus d'un an. Richard Ondoko était injoignable au moment où nous éditions cet article.

AFRICA MINING INTELLIGENCE

- Edition française N°211 30/09/2009

NDLR : Il ne manquait plus que Saifee Durbar à ce bal parisien autour de Bozizé pour que la boucle soit bouclée. L'opacité avec laquelle Bozizé et Ndoutingai gèrent les ressources minières qui devraient assurer la prospérité économique et sociale de la RCA et des Centrafricains doit  interpeller tous les fils du pays. Bozizé et Ndoutingai se sont alliés à une bande de mafieux étrangers pour mettre en coupe réglée les mines d'uranium de Bakouma comme si c'était leur propriété personnelle alors qu'elles appartiennent bel et bien au patrimoine national. Personne en Centrafrique n'a idée sur ce que  Bozizé et Ndoutingai ont déjà engrangé sur le dos du pays avec la délivrance des permis et toutes les magouilles auxquelles ils se livrent lieu depuis qu'ils ont on découvert que Bakouma pouvait faire d'eux de nouveaux richissimes. Il est temps que cette prédation s'arrête. L'Assemblée nationale étant aux ordres, il n'y a aucun espoir que le moindre député de cette institution ne pose le problème du vol organisé des ressources naturelles du pays par Bozizé, Ndoutingai et leur bande de mafieux.




AREVA-CENTRAFRIQUE: SARKOZY SE VENGE EN AFRIQUE.

On a appris le 04 août dernier que le gouvernement centrafricain, par l'entremise de son ministre d'Etat aux mines, à l'énergie et à l'hydraulique, Sylvain Ngoutingaï, et le groupe nucléaire français Areva ont signé un contrat pour l'exploitation d'un vaste gisement d'uranium situé à l'est de la République centrafricaine à Bakouma, ville située à 800 kilomètres de la capitale, Bangui.

Les deux parties auraient trouvé un accord après un très long bras de fer qui satisfait non seulement Areva, donc la France, mais aussi, la Centrafrique. Le ministre aurait même déclaré: "C'est un accord gagnant-gagnant car les droits de propriété de l'Etat centrafricain et son peuple ont été pris en compte par le fait que les Centrafricains seront employés dans la société. En plus la société Areva doit construire des centres de santé, des écoles, des routes et tenir compte de l'environnement de la région ".

Un an auparavant, au mois de juillet 2007, le groupe Areva avait racheté les droits d'exploitation du site de Bakouma à la société anglo-canadienne, UraMin. Un achat de façon tarabiscotée et obscure dans la mesure où, le contrat entre UraMin et le gouvernement centrafricain du président François Bozizé avait cessé.

A tort ou à raison, ces derniers dénoncèrent l'irrégularité de cette acquisition au détriment du peuple. Cette convention minière entre la société UraMin, signée en 2006 afin de mettre en valeur le gisement d’uranium de Bakouma, n'était qu'une vaste escroquerie, d'où la méfiance face à Areva.

Sentant le danger, Anne Lauvergeon, dirigeante du pôle nucléaire français Areva, fit donc appel au chevalier blanc, Nicolas Sarkozy. L'homme de la Realpolitik, voulant se refaire, ne peut que montrer ses biscotos en Afrique. Après avoir su que la France était une puissance parmi tant d'autres, notamment avec ses pérégrinations couronnées d'échec, il se vengea sur les Africains. Comme dans un péplum, bourré de testostérone, il a donc fait son show auprès du gouvernement centrafricain.

En décrochant son téléphone, le président de la République française, Nicolas Sarkozy, aurait donc menacé son homologue centrafricain, François Bozizé, qui doit son pouvoir à la France. Or les réticences centrafricaines étaient justifiées. D'abord, que les populations locales puissent bénéficier de la manne, ensuite, que l'exploitation se fasse dans le respect des clauses contractuelles et dans la plus grande transparence. C'est une autre affaire.

Selon les clauses de cet accord, l'Etat centrafricain obtient 12% de la production commerciale de la société Areva sur le site de Bakouma, soit environ 200 à 300 millions de dollars US. Des miettes, si l'on en juge les bénéfices du groupe français. Parce que, il aurait promis de construire des écoles et des hôpitaux ? C'est le retour de plain-pied de la Françafrique, avec ses mensonges, ses exploitations, ses menaces et ses chantages. René Dumont, en 1966, avait bien écrit, L'Afrique noire est mal partie.

Si tout va bien, L'extraction de l'uranium commencera fin 2009 ou début 2010.

Source: AJM (sur les liens)

 

 

07/04/2009 15:19:04 - Jeune Afrique | Par : Jean-Michel Meyer

Comment la France a mis la main sur l'uranium congolais

Comment la France a mis la main sur l'uranium congolaisComment la France a mis la main sur l'uranium congolais

Lors de la visite de Nicolas Sarkozy en RD Congo, le 26 mars, Joseph Kabila a décidé de confier la relance de la filière uranium à Areva. Mais le gouvernement et les concurrents maintiennent la pression.

Tarmac de l’aéroport international de Kinshasa-Ndjili, le 26 mars au petit matin. Dans un voile de lumière, un jet privé loué par Areva dépose en douceur Anne Lauvergeon, la présidente du directoire du groupe nucléaire français. « Atomic Anne », comme la surnomment quelquefois les Américains, précède d’une heure environ l’arrivée de l’Airbus présidentiel de Nicolas Sarkozy, attendu à 8 h 30 pour la première étape de son périple de deux jours en Afrique qui l’a mené dans les deux Congos et au Niger, les 26 et 27 mars.

Mais alors que le chef de l’État français s’apprête à prononcer un discours devant les parlementaires congolais, à 11 heures, l’ancien sherpa de François Mitterrand à l’Élysée a déjà déserté le cortège officiel pour rejoindre, boulevard du 30-Juin, Martin Kabwelulu, le ministre des Mines de la République démocratique du Congo. Jupe noire, veste blanche à fines rayures rouges et gros boutons noirs, Anne Lauvergeon signe alors avec le représentant du gouvernement un accord-cadre d’un genre nouveau. Il attribue au numéro un mondial du nucléaire civil un permis de recherches de gisements d’uranium, ou « yellow cake », sur l’ensemble du territoire de la RD Congo ainsi que l’exploitation future du minerai enfoui dans le sous-sol.

Du jamais vu ! Côté français, on jubile. « Nous sommes dans un monde de concurrence et notre accord va faire des jaloux », s’est réjouie le jour même Anne Lauvergeon. Depuis la fin de l’époque coloniale, aucun groupe occidental n’avait obtenu le permis d’explorer seul la totalité de la superficie d’un pays africain. « Je crois bien que nous sommes l’unique entreprise dans le monde à avoir ce type de mandat. De plus, nous brisons un tabou. C’est la première fois que l’on ose parler d’exploration d’uranium en RD Congo, une activité qui participait jusque-là du domaine réservé de l’État », ajoute le Burkinabè Zéphirin Diabré, président pour l’Afrique et le Moyen-Orient d’Areva et conseiller de la présidente pour l’international.

L’accord exhale-t-il un parfum de néocolonialisme ? En ouvrant son territoire au numéro un mondial du nucléaire civil, la RD Congo ne prend-elle pas le risque de se transformer en « filiale » d’Areva SA ? « Nous étions à la recherche d’un partenaire sérieux qui nous offre la garantie d’utiliser des technologies fiables dans une industrie sensible et dangereuse afin de relancer les mines d’uranium du Katanga. Il est capital que l’uranium ne tombe pas entre les mains d’États ou de bandes criminels. La réputation d’Areva et de la France a convaincu le gouvernement de reprendre l’exploitation des mines fermées depuis des années, explique Lambert Mende Omalanga, le ministre de la Communication et des Médias de RD Congo. Les négociations, secrètes, ont duré plusieurs mois. »

 

Ménager Pékin

A priori, la RD Congo fait coup double. D’une part, le pays s’ouvre une nouvelle source de revenus prometteuse sur un marché très porteur avec le retour en grâce du nucléaire civil dans le monde. La construction de plus d’une cinquantaine de réacteurs nucléaires est programmée d’ici à 2020 (Chine, Inde, Russie, Japon, Canada…), selon la World Nuclear Association. De l’autre, le président Joseph Kabila ménage la susceptibilité de son partenaire et principal bailleur de fonds, la Chine. Le géant Areva, qui contrôle de 20 % à 25 % du marché mondial de l’uranium, fournit en effet les centrales nucléaires chinoises en combustible et a vendu deux centrales EPR de dernière génération à la compagnie d’électricité chinoise CGNPC. Demain, elles seront alimentées par du combustible congolais. « Avec Areva, la RD Congo a l’assurance de vendre l’uranium à un prix garanti », promet Anne Lauvergeon. Une bonne nouvelle pour un pays qui souffre de l’effondrement des cours du diamant et du cuivre, sensible depuis 2008.

Vrai jackpot pour Areva ou simple mirage sans lendemain ? « Nous aurons de bonnes surprises », assure Zéphirin Diabré, le chasseur de gisements d’Areva, qui parie sur la richesse supposée du pays. Outre d’importants gisements de manganèse, de bauxite, d’or ou de minerai de fer, l’actuelle RD Congo, souvent décrite comme un « scandale géologique », renferme plus de la moitié des réserves mondiales de cobalt, 10 % de celles de cuivre, 30 % de celles de diamant et plus de 70 % des réserves de coltan, utilisé dans la fabrication des téléphones portables. Pour l’uranium, c’est dans le Bas-Congo, au Nord-Kivu, au Katanga, et peut-être au Kasaï, que les espoirs sont les plus grands, même si à ce jour seule la mine katangaise de Shinkolobwe, à 35 kilomètres de Likasi, atteste d’un gisement connu et exploitable. C’est d’ailleurs Shinkolobwe qui a fourni aux Américains, via les colonisateurs belges de l’époque, l’uranium nécessaire à la fabrication de la bombe atomique de Nagasaki, en 1945. Le maintien sous contrôle américain de cette mine fut d’ailleurs l’une des raisons qui ont convaincu la CIA de placer, puis de soutenir, Mobutu à la tête du Zaïre.

 

Des rêves de grandeur

Officiellement fermée depuis près de quarante ans, Shinkolobwe a en réalité toujours été exploitée illégalement par la population locale, alimentant des trafics vers les pays voisins. Elle a également fait l’objet des plus folles rumeurs de vente d’uranium à la Libye, à la Corée du Nord ou à l’Iran… Des fantasmes et des rêves de grandeur qui, au milieu des années 1970, se retrouvent dans le projet fou d’un Mobutu, s’imaginant concurrencer la Nasa et le programme Soyouz avec l’aide d’une obscure société allemande, l’Otrag, dans son projet avorté de créer un centre spatial en pleine brousse afin de mettre sur orbite la fusée des pauvres, la « Volkswagen de l’espace » ! Démesure encore lors de la signature, en septembre 2007, du « contrat du siècle » avec Pékin. Pour 6,5 milliards de dollars d’investissements dans les infrastructures (chemins de fer, routes, logements sociaux…), les entreprises chinoises se sont ouvert l’accès des mines de cuivre, de cobalt et d’or du pays.

Est-ce pour matérialiser le rêve qu’on lui prête de doter son pays de 65 millions d’habitants d’une centrale nucléaire que Joseph Kabila paraît privilégier Areva aujourd’hui ? Outre le ministère des Mines et la direction de Gécamines, l’entreprise publique détentrice jusque-là de tous les droits miniers en RD Congo et pilotée par Paul Fortin, le projet de la relance de l’exploitation de l’uranium en RD Congo passe obligatoirement par la présidence. Et si ce n’est directement par le bureau de Joseph Kabila, c’est immanquablement par celui de son très proche conseiller, le Katangais Augustin Katumba Mwanke.

C’est d’ailleurs le président congolais en personne qui a donné son feu vert au groupe français lors de son séjour à Paris, à la mi-2008. En marge d’un entretien officiel à l’Élysée avec Nicolas Sarkozy, le 16 juillet dernier, Kabila a reçu dans sa suite de l’hôtel Ritz Anne Lauvergeon et Zéphirin Diabré. Aussitôt, le numéro un mondial du nucléaire civil place ses pions sur le terrain dans la plus grande discrétion. Pour prendre le pouls de la stratégie du gouvernement congolais en matière d’exploitation minière, le groupe avancera sous un nom d’emprunt pendant dix-huit mois à travers une filiale créée pour la circonstance. Baptisée Songhaï, « en référence à un peuple du Niger », explique Zéphirin Diabré, qui la dirige, cette société est théoriquement basée en Afrique du Sud. « Nous avons choisi de ne pas nous afficher en tant qu’Areva pour ne pas éveiller l’attention de nos concurrents, ce qui aurait fait grimper les enchères », justifie-t-il.

 

L’Élysée mobilisé

Le groupe français n’a ménagé ni ses forces ni ses appuis. Les politiques ou les « avocats » du groupe nucléaire s’affairent auprès des autorités congolaises depuis des mois. Le 9 janvier, Bruno Joubert, le « Monsieur Afrique » de l’Élysée, a profité d’un séjour à Kinshasa destiné à préparer le déplacement de Nicolas Sarkozy pour évoquer le sujet Areva avec le président congolais. Dans l’ombre, George Forrest, l’incontournable homme d’affaires belge implanté depuis des lustres dans le secteur minier congolais, et Patrick Balkany, le député-maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), intime de l’hôte de l’Élysée, sont les intermédiaires d’Areva en Centrafrique et en RD Congo depuis au moins deux ans. Accueillant régulièrement des émissaires africains à Paris, invité à chaque déplacement présidentiel en Afrique, Patrick Balkany, en voyage dans les Antilles, nous a fait savoir par son service de presse qu’il n’avait rien à voir avec Areva. « Je connais Balkany, c’est un homme dynamique qui pousse les entreprises françaises à s’installer en RD Congo », confiait pourtant George Forrest à Jeune Afrique, début 2008, lors d’un voyage de presse organisé par son groupe pour visiter ses gisements congolais de cuivre et de cobalt. Et pour cause. L’ami de Nicolas Sarkozy est un familier du jet privé de l’homme d’affaires belge. « Il est clair que Balkany a joué un rôle en RD Congo », complète un industriel français présent dans le pays.

Malgré tout, rien n’est joué définitivement en faveur d’Areva. Si le numéro un mondial du nucléaire civil a une longueur d’avance sur ses concurrents, il ne possède aucune exclusivité sur l’uranium congolais. « Malgré les déclarations de Nicolas Sarkozy, le ministère des Mines et Areva n’ont signé qu’un mémo d’intention. C’est un bon départ pour le groupe français, mais ce n’est pas encore un contrat en bonne et due forme. Le gouvernement congolais a fait part de son intention d’ouvrir l’exploitation de l’uranium à d’autres partenaires, russes, américains et chinois. Ces derniers se sont déjà montrés très intéressés », tempère Jean-Marie Longonya Okungu, patron de l’Agence congolaise de presse et proche du pouvoir.

Pour l’instant, beaucoup reste à faire même si les choses avancent vite. Les partenaires franco-congolais doivent régler les détails sur le fond (calendrier des zones de prospection, constitution d’équipes binationales, investissements consentis par les deux parties…). Le principe d’une société commune est arrêté, avec une participation de Gécamines et d’Areva en actionnaire majoritaire, pour mettre en musique l’accord de coopération. Autre point défini : la priorité donnée à la remise en route de la mine de Shinkolobwe, avant d’explorer les autres gisements potentiels du pays.

Les avocats du groupe français sont actuellement mobilisés pour faire enregistrer dans les semaines à venir, à Kinshasa, la naissance d’Areva Congo ou d’Areva RD Congo – le nom fait encore débat. De leur côté, le ministère des Mines et la haute direction de Gécamines peaufinent les exigences congolaises. « L’accord, avec toutes les modalités de mise en œuvre, devrait être validé dans les quinze jours », assure-t-on au ministère des Finances à Paris.

Reste qu’avec un gouvernement congolais qui maintient la pression et des concurrents qui digèrent mal cet accord-cadre concocté en catimini par Areva avec l’appui de l’Élysée, la partie est loin d’être gagnée. Américains et Canadiens sont à l’affût. Ainsi que la China National Uranium Corp., déjà présente au Niger, ou le magnat du diamant israélien Dan Gertler. À 40 ans, le patron de DGI Group (Dan Gertler Investment) diversifie ses activités minières en RD Congo (fer, cuivre, cobalt…). Très proche des cercles dirigeants, il avait convaincu en 2000 Laurent-Désiré Kabila de lui confier l’exclusivité de l’exportation des diamants congolais – un contrat cassé depuis par Joseph Kabila. La bataille pour l’uranium congolais n’est pas terminée.

 

 

Areva et l'exploitation de l'uranium en République Centrafricaine: négoces et coût à payer

Matières premières et l’uranium: les phosphates sédimentaires

Teneur de l'écorce terrestre : 3 à 4 ppm. C'est un élément relativement répandu : il est approximativement aussi abondant que l'étain ou le zinc, 50 fois plus que le mercure et 1000 fois plus que l'or.

Eau de mer: 3 mg d'U/L soit au total 4,5 milliards de t d'uranium. Par exemple, le Rhône charrie près de 100 t/an d'uranium naturel qui provient, en partie, du ruissellement des pluies sur les massifs cristallins. L'extraction de l'uranium de l'eau de mer est techniquement possible, mais elle n'est pas rentable en 2005.

L'exploitation des gisements est économiquement rentable lorsque les teneurs en uranium dépassent 0,05 % à 0,1 %. En général, la teneur des gisements exploités est de 0,1 à 0,3 %. Des gisements exceptionnels peuvent atteindre des teneurs plus élevées : 10 à 20 % à Cigar Lake et Mc Arthur au Canada.

Minerais

De différents typesd : à pechblende, à uraninite (contiennent de l'oxyde U3O8), à brannerite (contiennent du titanate d'uranium)…

L'uranium se trouve sur tous les continents et dans tous les types de terrain. Les plus grands producteurs mondiaux sont donc souvent des pays d'une grande superficie. En particulier, les plus grands gisements connus en 2006 se trouvent en Australie, au Canada et au Kazakhstan.

Les phosphates sédimentaires naturels, matières premières des engrais phosphatés, renferment des teneurs de 50 à 300 ppm d'U, en substitution dans la structure apatitique (exceptionnellement de 0,2 à 0,5 % dans le gisement de Bakouma en République Centre Africaine). Lors de l'attaque sulfurique du phosphate, U est libéré et passe en solution dans l’acide phosphorique duquel il peut être extrait à l'aide de solvants organiques. En 1984, 6 unités, dont 4 aux États-Unis étaient en service dans le monde occidental, avec une production de 1400 t d'U. En Irak, à Al Qaim, une unité fut construite en 1984 et détruite en 1991.

Gisement d'Oklo (Gabon) : dans ce gisement, durant 600 000 ans, a fonctionné, il y a 1,8 milliard d'années, un réacteur nucléaire naturel. A cette époque, l'uranium naturel avait une teneur de 3,07 % en 235U. L'uranium du cœur de la zone de réaction a actuellement une teneur de 0,004 % en 235U (0,72 % normalement) : 2 t de 235U ont été consommées par fission.

NDLR sangonet - Source : Uranium-96 - http://www.sfc.fr/Donnees/metaux/ura/texura.htm



De l’uranium à tout prix


D'étranges parrains ont veillé sur la convention conclue - laborieusement - à la fin juillet par le géant nucléaire Areva et la présidence centrafricaine pour la reprise du gisement d'uranium de Bakouma. A commencer par le sulfureux Rwandais Fabien Singaye, conseiller spécial à la sécurité de François Bozizé. Autres intermédiaires insolites : un proche de Patrick Balkany, ainsi que le négociant belge Georges Forrest, virtuose des contrats miniers et consul honoraire de France au Katanga (RDC).

Ndlr Centrafrique-Presse : Les dessous de cette convention commencent à se faire jour et on voit bien que beaucoup d'opacité entoure cette affaire contrat d'uranium de Bakouma. Rien ne dit aussi  que eu égard à la nature des requins qui sont autour de  Bozizé, la RCA puisse vraiment tirer les profits auxquels elle est en droit de s'attendre de  l'exploitation des mines de Bakouma par Areva.

12 août 2008
L'Express / Centrafrique Presse

 

Uranium: prix élevés poussent des Etats à renégocier leurs contrats

Les prix élevés de l'uranium sur le marché poussent certains pays producteurs, comme le Niger ou désormais la Centrafrique, à renégocier leurs contrats avec les entreprises qui exploitent leurs mines afin de vendre plus cher ce minerai très convoité.

La Centrafrique, après le Niger, a contesté mercredi la reprise de l'exploitation d'une de ses mines par le groupe nucléaire français Areva. Cette mine de Bakouma (est) appartenait jusqu'à présent au producteur canadien d'uranium UraMin, racheté par Areva fin juillet.

Le gouvernement centrafricain a qualifié «d'irrégulière» l'opération de rachat et souhaité que l'exploitation de la mine «soit aussi profitable au peuple centrafricain».

Areva a concédé jeudi qu'il y avait «des bases de discussions» possibles dans la convention minière qui lie depuis février 2006 la Centrafrique à UraMin, et a promis de ne pas faire moins que ce contrat.

Le Niger, quatrième pays producteur dans le monde, a de son côté annoncé le 5 août la fin du «monopole» que détenait depuis quarante ans le groupe français sur la prospection, l'exploitation et la vente de son uranium.

«C'est une partie de bras de fer», explique Philippe Chalmin, spécialiste des matières premières.

Les pays riches en uranium «espèrent arriver à vendre plus cher leur minerai» dans les contrats à long terme qu'ils concluent de gré à gré avec les groupes miniers, voire «se rapprocher du petit marché spot» de court terme, où les prix de l'uranium ont atteint des sommets.

«Le gros des contrats à long terme a été signé sur un prix de 20 ou 30 dollars» la livre d'uranium, alors que depuis huit ans le prix de ce minerai sur le marché spot n'a cessé d'augmenter, note M. Chalmain.

Son prix est passé de 25 dollars la livre début 2005 à 135 dollars en juin 2007, avant de redescendre à environ 85 dollars en septembre.

Cette hausse des prix de l'uranium est liée notamment à sa rareté. La production mondiale d'uranium couvre actuellement un peu moins des deux tiers de la consommation, elle-même en croissance avec le développement de l'électricité d'origine nucléaire.

Le Canada est le premier producteur mondial, devant l'Australie, le Kazakhstan, le Niger et la Russie. Une part importante d'uranium provient aussi du recyclage de stocks militaires.

Au Niger, les relations avec Areva se sont tendues depuis l'expulsion, fin juillet, du directeur local du groupe, mais Niamey a en même temps obtenu le renouvellement de ses contrats miniers pour 2007 à un prix plus élevé qu'auparavant (42 dollars la livre d'uranium, contre 28,6 dollars).

En attendant la renégociation des contrats pour 2008, Niamey accuse toujours le groupe nucléaire de soutenir des rebelles dans le but d'empêcher d'autres compagnies étrangères concurrentes de s'installer dans le pays pour exploiter l'uranium, ce qu'Areva dément.

Areva présente aussi ses arguments pour limiter la surenchère. Pour la Centrafrique, il souligne que la mine est plus «compliquée à exploiter» que d'autres car le gisement contient du phosphate, ce qui ajoute «des surcoûts».

La Guinée, qui a annoncé en août la découverte de réserves d'uranium, sait déjà qu'elles susciteront «un engouement des différentes sociétés minières», selon son ministre des Mines.

Face à la raréfaction du minerai, Areva a montré son intention de sécuriser sa production en rachetant cet été UraMin, pour produire 19.000 tonnes d'uranium d'ici en 2012.

Paris, AWP/AFX - 21 septembre 2007 10h32

© http://www.romandie.com/infos/news2/200709211032001AWPCH.asp

 

 

 

fleche

La France et la République centrafricainepointillés

Reprise d’une mine d’uranium en Centrafrique qui serait exploitée par Areva (21 septembre 2007)

L’Etat centrafricain avait signé une convention minière avec la société UraMin en 2006 afin de mettre en valeur le gisement d’uranium de Bakouma. Effectivement, Areva a acheté cette société UraMin au mois de juillet 2007.

Sur le souci des autorités centrafricaines que l’exploitation bénéficie aux populations locales, nous partageons ce souci. Il nous paraît effectivement important que soit menée dans ce pays une politique d’utilisation optimale des ressources naturelles qui doivent être exploitées au bénéfice des populations.

La France est attaché à ce que l’exploitation de ce gisement se fasse dans le respect des clauses contractuelles et dans la plus grande transparence.

Dans cette optique, nous encourageons le gouvernement centrafricain à rejoindre les pays africains qui ont adhéré à l’initiative de transparence des industries extractives, qui est un mécanisme que la France soutient. Cette adhésion ne pourra que conforter la transparence du processus d’extraction.


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27/07/2009

Le mirage Africain, ou comment l'ONU prend 58 millions d'euro à l'Eufor

Vertueusement appelé "La délicate transition entre l’Union européenne et l’ONU au Tchad" dans le rapport n° 1790 du sénat datant du 1er juillet 2009, on apprend que l'Europe se fait "enfler" de 58 millions d'euros par l'ONU :

 

La délicate transition entre l’Union européenne et l’ONU au Tchad

Outre les difficultés liées au retard pris par la Minurcat pour succéder à l’Eufor, obligeant les forces de l’Union européenne à prolonger leur présence dans l’est du Tchad, le passage de relais entre l’Europe et les Nations unies achoppe également sur une question financière.

L’Eufor s’est installée au début de l’année 2008 à Abéché dans l’attente du déploiement Onusien devant intervenir en mars 2009. Pendant ce mandat d’un an, l’Union européenne a financé l’installation d’une immense infrastructure en bordure de l’aéroport, le Camp des étoiles, destiné à héberger les soldats d’abord de l’Eufor, ensuite de la Minurcat.

Pour un mandat d’un an, l’Eufor aurait pu s’installer de manière sommaire. Au lieu de cela, elle a intelligemment intégré la mission de l’ONU qui devait lui succéder et a commencé à bâtir un camp destiné à durer plusieurs années. L’expérience prouve, en effet, que la durée des opérations de maintien de la paix se compte davantage en années, voire en décennies, qu’en mois. Il en est résulté une facture de 72 millions d’euros pour un camp largement opérationnel et correctement bâti.

Or, quelques jours avant la rétrocession de ces installations à la Minurcat, l’ONU, arguant de travaux réalisés mais non contractualisés, accepte de ne payer que 14 millions d’euros pour la reprise du camp bâti par l’Union européenne. Ce litige, qui vient s’ajouter au retard pris par le déploiement des casques bleus, constitue une source de tensions entre les deux organisations supranationales. Les rapporteurs considèrent que si une certaine décote peut être appliquée pour un camp ayant déjà servi près d’un an, la différence entre le coût des installations et le prix qu’accepte de payer l’Organisation des Nations unies n’est pas justifiée.

4.– Il est temps de mettre en œuvre Euro recamp

En 1998, la France a imaginé et mis en œuvre avec ses principaux partenaires africains le processus Recamp (Renforcement des capacités africaine au maintien de la paix) destiné à aider matériellement et humainement quelques nations cadres africaines à assurer par elles-mêmes des opérations de maintien de la paix sur leur continent. Devenu européen en 2007 sous le nouveau sigle d’Euro Recamp, ce processus regroupe désormais quarante pays et est censé être devenu un instrument de la PESD au service de la paix en Afrique. Les résultats obtenus inclinent toutefois à la modestie.

Proposition n° 11 – Impliquer chaque fois que possible les partenaires européens de la France pour mettre en place des opérations à l’échelle de l’Union européenne, plutôt qu’à l’échelle nationale. Dans le cas de l’Afrique, impliquer chaque fois que possible les pays membres d’Euro Recamp dans les opérations de maintien de la paix.

 

Le "coup de folie" en avril 2009 au Camp des Etoiles :

Reuters - Un légionnaire français qui avait tué mardi trois autres soldats à Abéché, dans l'est du Tchad, a été interpellé jeudi, a annoncé l'Onu.

Selon Michel Bonnardeaux, porte-parole de la Mission des Nations unies au Tchad (Minurcat), l'homme a été arrêté près du Camp des étoiles à Abéché.

Selon l'état-major de l'armée française, le militaire français avait été pris d'un "coup de folie" et avait tué deux de ses camarades puis un soldat togolais avant de prendre la fuite.

Le forcené et les deux autres légionnaires, tous trois membres du 2e régiment étranger d'infanterie, étaient stationnés au Camp des étoiles de l'opération européenne Eufor Tchad-République centrafricaine.

Le militaire togolais était membre de la Minurcat 2, l'opération de l'Onu qui a pris la succession le mois dernier de l'Eufor Tchad-RCA.

En vertu de ce changement, le nombre de soldats français au Tchad devrait être réduit de moitié et passer à environ 800 d'ici l'été.


 

Il faudrait peut-être songer à arrêter des frais....


09:42 | Lien permanent | Commentaires (0) |

12/07/2009

Bourrage de mou-propagande-Engagez vous r'engagez vous qu'y disaient ...

Une vidéo pour la Paix dans le monde:

 

Noubliez-pas: la guerre c'est moche !

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1er RPIMa: Gilles Polin, mort à 28 ans

Polo_3_4 Un soldat français tué en opération n'est pas une simple statistique. Grâce à son régiment (que je remercie vivement), le 1er Régiment parachutiste d'infanterie de marine de Bayonne, voici deux photos de Gilles Polin, tué le 3 mars au cours d'un incident frontalier au Soudan.

Gilles Polin, né le 19 novembre 1979 à Bar-le-Duc (Meuse), s'était engagé au 1er RPIMa en juillet 2000. Après son BTS, il souhaitait absolument rejoindre cette unité des forces spéciales. "C'était le 1er RPIMa et rien d'autre", racontent ses proches.

D'abord militaire du rang, il est nommé sergent en 2004, après être passé, en semi-direct, à l'ecole des sous-officiers de Saint-Maixent. A la liste pour le grade de sergent-chef, il a été nommé adjudant à titre posthume.

Gilles Polin était specialiste des transmissions, affecté à la compagnie de transmissions Rapas (recherche aéroportée et actions spécialisées) du régiment. Depuis 2005, il appartenait également au groupe des chuteurs opérationnels, et avait, à ce titre, effectué des sauts à très grande hauteur lors d'exercice en Afrique.

Gilles Polin avait participé à plusieurs opérations extérieures : en Côte d'Ivoire (2002-03) et en Afghanistan (photo ci-dessus) à deux reprises dans le cadre de l'opération Arès contre les Talibans (2003-04 et 2006-07). Il était présent au Tchad, dans le cadre des forces spéciales de l'Eufor, depuis le 11 décembre 2007.

 

Selon le porte-parole militaire, le lieutenant-colonel Khalid al-Sawarmi, le soldat français avait été découvert vivant lundi par des nomades arabes qui l'ont abandonné, faute d'avoir pu communiquer avec lui.
"Il était vivant et il marchait, grièvement blessé. Ils ont tenté de l'aider mais a surgi un problème de langue. C'était le jour de l'affrontement", a-t-il dit à l'AFP.
Ce ne serait que plus tard que ces nomades de l'ouest du Darfour, région en proie à la guerre civile, ont retrouvé son corps, à 4 km à l'ouest du village d'Abou Jaradil, en direction de la frontière tchadienne.

 

 

analyse de Pierre Prier, Date de parution : lundi 17 avril 2006.LIBREVILLE, 17 avril.

Le Tchad était la chasse gardée de la France. Celle-ci le fit comprendre au colonel Kadhafi dans les années 80, quand une livraison massive de missiles Milan arrêta net les blindés libyens...A l’époque, de nombreux hauts gradés de l’armée française ne cachaient pas leur sympathie pour le rebelle du Nord, Youssouf Togoïmi, magistrat formé à Reims, adoubé pour remplacer un Déby qui ruait dans les brancards...Les Tchadiens se battent pour les revenus du pétrole ; mais ce pétrole est américain et malais. Déjà, quand Elf s’était retiré, c’était plus par désintérêt pour la région et par crainte de son instabilité que pour des raisons politiques. Dans un pays morcelé où aucun groupe ne domine par le nombre, la possibilité d’une plongée durable dans le chaos n’est pas négligeable. Les voisins soudanais et libyens y participeront forcément. Les Etats-Unis, impliqués dans le dossier de la paix soudanaise, y seront peut-être entraînés. La France joue une partie difficile au milieu de ce trop-plein d’acteurs.

 

TCHAD 1968 – 2002

Lorsque le Tchad accède à l'indépendance en 1960, l'Armée Nationale Tchadienne (ANT) embryonnaire et l'administration se montrent incapables d'assurer la continuité du pouvoir. Il est utile de rappeler que jusqu'en 1961, une notable partie du territoire tchadien, celui des nomades en particulier, était encore administrée par des militaires français ; en 1961, les premiers troubles éclatent au Logone et à Fort Lamy en 1963 ;en 1965, la France, en vertu des accords signés, évacue ses garnisons du Borkou, de l'Ennedi, du Tibesti, du Kanem et du Ouddaï, y laissant ainsi un vide administratif. A partir de 1966, le Front de libération nationale du Tchad (FROLINAT) tente d'exploiter à des fins politiques le mécontentement général, alors que les réfugiés Toubous de Libye commencent à organiser la rébellion de l'extérieur.

La première demande d'intervention est adressée à la France par le président Tombalbaye en août 1968. Dans ce contexte, le gouvernement français décide d'entreprendre une double activité militaire et administrative afin de régler globalement le problème tchadien. Le chef de la mission de réforme administrative et le général délégué militaire au Tchad sont mis en place en avril 1969. Tous deux sont des « anciens du Tchad », mais le climat se détériore rapidement et leurs rapports avec l'armée tchadienne sont tendus. A cet effet, l'Etat-major franco-tchadien (EMFT) est créé, avec à sa tête le général Cortadellas. Son objectif principal est d'enrayer au plus vite la progression des rebelles et de réorganiser l'armée tchadienne, opérations menées par la compagnie parachutiste du 6° RIAOM et un EMT du 2° REP, relevé en avril 1970 par un EMT de composition identique mis sur pied par le 3° RIMa et composé de jeunes engagés.

Bison

A la fin de l'année 1970, la région du BET (Borkou - Ennedi -Tibesti) est la préoccupation première du commandement français, puisque l'aide libyenne aux rebelles ne fait que s'accentuer. Cela débouche sur une opération d'envergure destinée à assainir cette région afin de faciliter le maintien de l'armée tchadienne après le retrait des forces françaises. Elle est dirigée par le colonel Gagnaux, commandant le 6° RIAOM, qui dispose de plus d'un millier d'hommes et de renforcements supplémentaires, d'appui aérien et de moyens de commandement. Elle se déroule du 11 janvier au 10 mars et sera reprise sous d'autres noms en octobre puis en février - mars 1972.

Même si les bandes rebelles ne sont pas détruites, le FROLINAT bénéficiant toujours d'un soutien libyen important, les forces francotchadiennes parviennent à ouvrir des itinéraires à la circulation et démontrent qu'aucune zone n'est hors d'atteinte de leur action. Parallèlement, l'intervention française a d'ores et déjà permis de rétablir l'autorité de l'État tchadien. L'EMFT est dissout et la présence française se réduit progressivement. Cependant, le désengagement en août 1972 n'est que provisoire.

Tacaud (février 1978 - mai 1980)

La stabilité du pays s'avère fragile. Les rapports avec la France ont déjà commencé à se détériorer lorsque, en 1975, un groupe d'officiers renverse le régime du président Tombalbaye, qui est tué au cours des affrontements. Le gouvernement militaire qui lui succède exige le départ des forces françaises, qui s'effectue fin octobre 1975. La mission d'Assistance Militaire Technique (AMT), comprenant une majorité de cadres des Troupes de Marine, demeure sur place, prolongeant avec abnégation sa mission.

A mesure que progressent les troupes de Goukouni Oueddeï, leader des opposants au nouveau gouvernement, les demandes d'intervention française se font plus pressantes, incitant la France à engager l'opération Tacaud en février 1978.

La première phase de cette campagne comporte une action de force réussie face à l'offensive rebelle soutenue par la Libye. La présence française s'accroît progressivement, alors que l'esquisse des futurs Détachements d'assistance opérationnelle (DAO) fait partie du nouveau dispositif déployé. Ces détachements composés de gradés ont pour mission d'assurer l'encadrement des unités tchadiennes.

Un calme provisoire s'installe, en vue de créer un gouvernement d'union nationale. L'échec de cette tentative entraîne un nouvel embrasement du pays. A partir de ce moment, les forces françaises jouent un rôle d'interposition entre factions opposées, essayant de porter secours aux populations, tout en s'efforçant de protéger la vie et les biens des ressortissants français.

Durant de nombreux mois, les forces françaises se retrouvent dans un imbroglio politico-militaire qui bloque complètement la situation. Cependant, leur présence est indispensable afin d'entretenir un espoir de pacification, puisqu'elles pallient les absences d'un Etat disloqué et engagent des actions en faveur des civils. La distribution d'eau et d'électricité est rétablie, alors que l'infirmerie de l'hôpital militaire de Tacaud est exclusivement consacrée aux soins des Tchadiens. Le colonel de Tonquedec, COMELEF au Tchad, est même sollicité pour faciliter le rassemblement des partis tchadiens afin d'entreprendre une nouvelle tentative de conciliation. Tacaud prend en charge la logistique et la sécurité de l'opération en aménageant sur le site de Douguia un terrain d'aviation et en y implantant un poste militaire.

Le 11 novembre 1979, un gouvernement d'unité nationale est formé. Pour la première fois depuis dix ans, grâce à l'action efficace des forces françaises, marsouins et bigors en tête, le Tchad est officiellement en paix.

En dépit de tous les efforts déployés, les combats reprennent en mars 1980. Mais, sous la pression de l'Organisation de l'unité africaine, et à la demande du gouvernement tchadien, les troupes françaises se retirent une nouvelle fois.

Manta (11 août 1983 -11 novembre 1984)

Durant la période 1980-1983, le Tchad est le théâtre d'affrontements entre les forces du président Goukouni et des rebelles de Hissène Habré, avec une intervention directe de l'armée libyenne. Cette dernière circonstance décide le président Mitterrand à intervenir militairement, tout en évitant un affrontement direct avec la Libye. Le contingent français, qui compte jusqu'à 3500 hommes, s'engage dans une nouvelle opération de sécurité et d'aide humanitaire massive. La ligne rouge instaurée au niveau du 16e parallèle est bien défendue. Les troupes libyennes sont obligées de se replier, même si elles ne respectent pas leur engagement de se retirer totalement du nord du Tchad, engagement pris au terme d'un accord avec la France pour le retrait parallèle et simultané des troupes étrangères.

Dans ce contexte, l'armée tchadienne se reconstruit progressivement avec l'appui de la mission d'assistance militaire (MAM). Elle n'est pas la seule: au cours de l'année 1985, les adversaires en présence au Tchad ne cessent de se renforcer.

Epervier (14 février 1986 - 2 décembre 2002)

A la demande du président tchadien Hissène Habré, le gouvernement français décide, d'une part, d'apporter aux Forces armées nationales du Tchad (FANT) le soutien nécessaire pour s'opposer efficacement à toute agression au sud du 16° parallèle et, d'autre part, de neutraliser la base aérienne de Ouaddi Doum afin de paralyser le soutien aérien libyen. A la différence de Manta, cette opération privilégie désormais l'action aérienne.

A partir du mois de janvier 1987, la décision est prise de chasser les libyens hors du Tchad.

Malgré la victoire des forces du président Habré, appuyées par le soutien logistique français, la situation du pays demeure critique, ce qui prolonge la durée de l'opération Epervier.

Toutefois, l'essentiel du territoire est libéré. La France entreprend des actions de déminage et de contrôle des zones menacées par la présence libyenne. La normalisation de la vie politique est également accompagnée par les éléments français, dont la présence se réduit progressivement.

En décembre 1990, le président Habré est renversé par Idriss Deby. Le DAO du 3° RIMa intervient pour assurer l'évacuation des ressortissants étrangers. Dans ce contexte, les forces françaises observent une stricte neutralité dans ce nouveau conflit. L'opération Epervier se poursuit encore en 2002 au profit du nouveau régime avec le groupement terre des éléments français au Tchad (EFT).

 

 

 

 

 

 

 

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