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11/05/2010

Corto, le logiciel d'analyse de la sécurité urbaine

Pendant que les gros de l'armement vendent, ou espèrent vendre, des milliards d'euros de matériels guerriers au Brésil, une PME française spécialisée dans les systèmes d'information géographique (ou géomatique ) prépare à sa manière la Coupe du monde de football et les Jeux olympiques de Rio de Janeiro, en négociant avec l'État de Rio la vente d'un système de cartographie de la délinquance. Toujours au Brésil, elle discute aussi avec la ville de Santander un programme de cartographie des agressions contre les banques. Sao Paulo est également en discussions.

Itinéraires des délinquants

La société parisienne Althing , fondée en 1998 par Renaud Prouveur, est spécialisée dans la gestion des bases de données d'information sur la sécurité, dont disposent notamment les villes et les services de police et de justice, et qu'elle intègre dans des cartes numérisées. Elle compte une quinzaine d'employés, informaticiens, juristes criminalistes et urbanistes. Son système d'information géographique, baptisé Corto, propose une vision nouvelle de la sécurité urbaine. Dans telle ville d'Ile-de-France, il permet par exemple de repérer les itinéraires des délinquants en analysant les localisations des agressions, attaques et autres incidents urbains. Les données sont si précises qu'il est possible d'anticiper avec succès de futures agressions, en fonction des déplacements des bandes... Pour Renaud Prouveur, Althing est "une entreprise de conseil en sûreté". "Nous travaillons beaucoup sur la prévention. Avec l' Agence nationale de la rénovation urbaine , nous validons des plans architecturaux afin de ne pas créer de zone criminogène." Au regard d'autres entreprises du secteur de la sécurité, Althing signe des contrats modestes, sans doute, mais qui s'élèvent tout de même à 5 ou 10 millions d'euros à chaque fois. Actuellement, les villes de Moscou et de Londres sont en cours de discussion, et la Bulgarie est intéressée par Corto, pour la sécurité de ses frontières.

Toutes les sources possibles

Les fonds de cartes proviennent de toutes les sources possibles : cartes commerciales, photographies ou images satellitaires sont mises à profit. Althing a aussi ses propres sources : quand les données manquent sur les favelas, la société française se rapproche des entreprises d'électricité qui alimentent ces taudis-champignons et lui fournissent les données GPS de chacun des poteaux électriques qu'elles y installent ! Althing a vendu son logiciel Corto à plusieurs villes françaises, et se félicite de contrats récemment conclus avec le ministère des Transports et la préfecture de police de Paris. Mais elle demeure très discrète sur ses applications destinées à renforcer le contrôle et l'analyse permanents des mouvements urbains de la capitale.

Article de Le Point - Jean Guisnel - 05/05/2010

 

Corto, le logiciel qui traque la délinquance

UNE CONCENTRATION anormale d'incendies dans un quartier ? Une série de cambriolages inexpliquée à date fixe ? Des agressions à répétitions dans une impasse ? Pour la première fois dans l'Oise, un logiciel est capable de relever tous les actes de délinquance, de les recouper entre eux, de les classer par date, par type, par commune ou par rue. Mais aussi de les cartographier et de les superposer les uns aux autres... La précision de ce super-logiciel nommé Corto donne le vertige ! Vous êtes impressionnés par la finesse et le réalisme de Earth, ses rues, ses bâtiments et même ses haies d'arbustes. Eh bien, Corto montre tout cela, la localisation précise des actes de délinquance en plus ! « Il favorisera le croisement de données provenant de multiples partenaires, au-delà des forces de police » Hier après-midi, sapeurs-pompiers, gendarmerie, police nationale et municipale et six bailleurs sociaux (Opac, Picardie habitat, Sa HLM de l'Oise, SA HLM du Beauvaisis, francilien, la Sapi) ont signé une convention de partenariat avec l'agglomération du Beauvaisis. « Ce logiciel va nous permettre d'avoir une analyse fiable et affinée des phénomènes de délinquance et de leur évolution, tant dans ses caractéristiques que dans sa localisation, explique la présidente de l'agglo, Caroline Cayeux. C'est une première dans l'Oise. Nous sommes satisfaits et plutôt fiers d'avoir cet outil qui permettra à chaque habitant de vivre en sécurité et de travailler en toute quiétude dans le Beauvaisis. » Le logiciel couvrira les trente et une communes de l'agglomération du Beauvaisis. Il sera mis à jour une fois par mois par chacun des partenaires. « Corto favorisera le croisement de données provenant de multiples partenaires, au-delà des forces de police », poursuit Caroline Cayeux. En échange de leur apport, forces de l'ordre et bailleurs recevront, en retour, des données cartographiques qui livrent une vision globale et concrète d'un territoire, bien au-delà de leur spécialisation. Le logiciel peut ainsi, d'un simple clic, éditer des statistiques par mois, par rue ou par catégorie de délinquance. « En regroupant ainsi les indices, on peut voir si des troubles durables génèrent des dégradations par exemple, détaille un responsable de Althing, le cabinet qui fournit le logiciel Corto. Ou à l'inverse, si des squats génèrent des troubles. » A terme, Corto doit devenir « un outil d'aide à la décision quant aux mesures de prévention à mettre en oeuvre ». Pour être plus clair, un indicateur précis pour un meilleur positionnement des caméras de surveillance ou la fréquence des rondes de police.

Article de Le Parisien - Adeline Daboval - 29/06/2007

 

La commune d’Aulnay sous Bois est nommée pour sa politique de la Ville, son contrat local de sécurité et ses dotations en la matière, parmi lesquelles l’acquisition du logiciel CORTO (Carthographie et Observation des Risques sur les Territoires Ouvert).

Gérard Gaudron, maire UMP à tendance sarkoziste d’Aulnay sous Bois ne jure plus que par la sécurité urbaine et déploie dans sa ville tous les outils préconisés par le Ministère de l’Intérieur : Contrat Local de Sécurité, vidéosurveillance, audits et "expertises urbaines",formation des élus et des agents municipaux création d’un « Observatoire de la Tranquillité Publique » (sic), et mise en place d’un logiciel de "cartographie de l’insécurité"

 

Ce logiciel baptisé Corto, est l’oeuvre de la société ALTHING, jusqu’alors connue comme cabinet de Conseil et de Formation auprès des Collectivités Territoriales, bailleurs, centres hospitaliers et entreprises. Corto est présenté comme un outil permettant "d’intégrer les bases de données des "co-producteurs de l’insécurité (si bien nommés !) que sont Police Nationale, Police Municipale, Pompiers , Bailleurs, Transporteurs, Chefs d’établissements scolaires...", mais aussi gardiens d’immeuble, agents d’espaces verts et travailleurs sociaux.

"En un clic", il permet par exemple de visualiser les 381 rassemblements de halls d’immeubles répertoriés en janvier 2006, et leur concentration. Ces Hot Spots, sont crés à partir de l’agrégation des données fournies par les fichiers des différents co-producteurs (STIC, SIGNA,...etc) et les renseignements qu’ils sont tenus de fournir dans des "Mains courantes", ou des "Bulletins d’Ambiance".

La campagne de publicité "officielle" a été lancée en octobre 2006 aux Assises Nationales de la Sécurité Urbaine généreusement hébergées à Aulnay sous Bois, et organisées par l’Association des Maires d’Ile de France et... le Cabinet ALTHING.

Largement utilisé depuis deux ans dans le cadre du Contrat local de sécurité (CLS), Corto recense "les atteintes à la tranquillité publique" les plus diverses, des vols avec violences aux injures. Cet outil a été tardivement déclaré à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) . Corto est présenté comme un outil d’aide à la prévention et à la décision, pour une meilleure gestion des effectifs. Ses utilisateurs restent très discrets sur des "partages d’information" qui, comme ceux préconisés par la loi Prévention de la délinquance, ressemblent à s’y méprendre à de la délation.

Pour Serge Colombié, responsable de l’Observatoire, seul habilité à manier le logiciel, il ne s’agit pas d’encourager la délation. "On ne travaille pas sur des noms mais sur des lieux d’infractions", rappelle-t-il, assurant que la charte de déontologie et le cryptage de certaines informations transmises "a rassuré les partenaires".

(...) Un travailleur social souhaitant taire son nom explique que "ces remontées de fiches finiront par se savoir dans les quartiers et risquent d’exposer dangereusement les médiateurs et les éducateurs, déjà suspectés d’être des collaborateurs et des auxiliaires de police. Si on lui demande, il refusera. "Quand un gosse fracasse une vitre d’arrêt de bus, c’est ce qu’on va faire de lui qui m’intéresse. Pas d’amasser des fiches", dit-il.

AFP - 12/10/06

 

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