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10/09/2009

Ahmad Chah Massoud et Christophe de Ponfilly avaient BHL comme ami récent

 

article du blog russomania :

 

Christophe de Ponfilly, grand réalisateur franco-russe, s’est suicidé

Le 16 mai 2006
Christophe de Ponfilly venait de réaliser son premier film de fiction pour le cinéma, ’L’étoile du soldat’, tourné en Afghanistan et relatant les aventures d’un jeune soldat russe soviétique contraint d’effectuer son service militaire en Afghanistan.

Christophe de Ponfilly (né le 5 janvier 1951 et décédé le 16 mai 2006), était un auteur, réalisateur, producteur et journaliste français. Fils d’un célèbre écrivain franco-russe Raymond de Ponfilly, connu pour son livre ’Guide des Russes en France’.

Il est également le co-fondateur (avec Frédéric Laffont) de l’agence de presse Interscoop et de la société de production Albert Films.

Il a réalisé plus d’une quarantaine de reportages et de documentaires, dont plusieurs sur l’Afghanistan et le commandant Massoud. Il est également l’auteur de nombreux ouvrages comme Massoud l’Afghan (1998) ou Scoops (2002).

Christophe de Ponfilly venait de réaliser son premier film de fiction pour le cinéma, "L’étoile du soldat", tourné en Afghanistan et relatant les aventures d’un jeune soldat russe soviétique contraint d’effectuer son service militaire en Afghanistan. Il est fait prisonnier et découvre le véritable visage de ceux qu’il est censé combattre. Ce film devrait sortir en France en automne 2006, mais le livre associé au film vient de paraître (Editions Albin Michel).

Auteur des livres :
- « Lettre ouverte à Joseph Kessel sur l’Afghanistan » (document) Editions Bibilophane
- « Massoud, l’Afghan » (document) Arte Editions et Editions du Félin
- « Le clandestin » (document) Éditions Laffont
- « Les gobeurs de lunes » (roman) Éditions Laffont, réédité sous le titre "Scoops" aux Editions du félin
- « Poussières de guerre » (document) Éditions Laffont
- « Vies clandestines » (document) Éditions Florent Massot -

Prix littéraire des DROITS DE L’HOMME 2001
- « Chemins d’orient »
- « Femme en Asie Centrale »
- « Scoops »
- « L’étoile du soldat ».


La pétition "Pour saluer Ponfilly"

Gageons que la disparition de Christophe de Ponfilly sera annoncée par la presse sans que rien ne soit dit des causes de sa mort. Comme si elles étaient nécessairement honteuses. Une bonne vieille tradition, bien respectée, qui parfois tue un homme ou une femme une seconde fois, lorsque sa mort a l’éclat d’un geste ou d’un appel. Alors disons-le puisque cela a son importance : il s’est tiré une balle dans la tête en début de semaine, quelques jours avant que ses confrères du jury du prix Albert Londres, auquel il appartenait de longue date en sa qualité d’ancien lauréat, ne remettent leur prix à Marseille. Il y était attendu ; au lieu de quoi, on y annonca la tragique nouvelle à ses amis. Il a laissé une lettre expliquant son geste. Ceux qui le connaissaient de longue date, et qui donc savaient ses failles et sa fragilité, n’ont pas eu besoin de la lire pour comprendre. Ponfilly ne s’était jamais remis de l’assassinat du commandant Massoud. L’exceptionnelle empathie de l’un pour l’autre avait abouti à une solidarité absolue. Cette disparition l’avait plongé dans une mélancolie dont il n’était jamais sorti ; elle se nourrissait de ses violentes critiques à l’endroit des Occidentaux, coupables, selon lui, de n’avoir pas soutenu Massoud avec les moyens nécessaires quand il le fallait. Celui qu’il avait surnommé "le lion du Panshir" était son ami de longue date. Il avait consacré films, articles et livres (Lettre ouverte à Joseph Kessel sur l’Afghanistan, Poussière afghane, Massoud l’Afghan, Le clandestin, Les gobeurs de lune, Poussières de guerres, Vies clandestines) à défendre sa cause et à louer haut et fort sa personne.

Avec discrétion mais fermeté, il avait mis les choses au point lors de la polémique au cours de laquelle Bernard-Henri Lévy avait abusivement excipé de ses liens privilégiés avec l’âme de la résistance afghane.

Au printemps 2002, Jacques Chirac confie à BHL une mission sur l’Afghanistan. Bernard-Henri Lévy accompagné par Gilles Hertzog, dépose dans le Panchir, une stèle à la mémoire du commandant Massoud, assassiné le 9 septembre 2001 par un commando d’Al-Qaeda. On peut lire sur le marbre : « Au commandant Massoud, au combattant de la liberté, au résistant, à l’ami de la France, l’hommage de ses amis de vingt ans : Bernard-Henri Lévy, Gilles Hertzog. »

Apprenant le dépôt de cette stèle, Christophe de Ponfilly, auteur de plusieurs films sur l’Afghanistan, a réagi immédiatement. Il sait que cette rencontre entre BHL et Massoud, en 1981, est un mensonge. Il le sait car, en 1998, BHL, après avoir visionné son film, Massoud l’Afghan, lui a demandé de l’aider à rencontrer Massoud.

C’est lui, Christophe de Ponfilly, qui l’a mis en relation avec Mehrabodin Masstan, conseiller et interprète du commandant, lequel a lui-même présenté les deux hommes l’un à l’autre. Masstan, aujourd’hui chef de cabinet du frère du commandant Massoud a témoigné que cette histoire de rencontre avec Massoud est une pure invention. En 1981, Bernard-Henri Lévy est resté cantonné à la frontière afghane. Il le rencontre effectivement, en 1998, il ne passe que quarante-huit heures au total avec lui, dont un entretien d’une ou deux heures au maximum. Un peu juste pour se proclamer l’ami de vingt ans de Massoud.

BHL avait déjà évoqué cette rencontre imaginaire de 1981 dans son ouvrage Réflexions sur la guerre, le mal et la fin de l’Histoire (Grasset), qui retraçait son reportage de 1998. A la fin du mois de juin 1981, Bernard-Henri Lévy et Marek Halter annoncent dans la presse leur projet de livrer du matériel aux fins de créer une radio de la résistance en Afghanistan, dans le cadre d’une action du Comité des droits de l’homme, ce qui déclenche aussitôt une réaction de l’agence Tass. BHL et Marek Halter publient ensuite plusieurs comptes rendus de leur voyage. En réalité, lui-même et Marek Halter sont restés à la frontière pakistano-afghane durant une dizaine de jours avec le photographe Alain Guillau. Pour les besoins de la promotion de l’opération, Alain Guillau a accompagné BHL et Marek Halter sur les collines de Peshawar, non loin de la frontière, afin d’y réaliser quelques photos des deux intellectuels-menteurs déguisés en combattants afghans.

Grand reporter, écrivain, documentariste et cinéaste, Christophe de Ponfilly, 55 ans, avait avant tout un regard et une éthique. Vendredi matin, il a raté le rendez-vous de Marseille. Lundi, il devait se rendre dans les studios de la télévision suisse romande à Genève pour y enregistrer l’émission Singulier, à lui consacrée à l’occasion de la parution de son nouveau livre, L’Etoile du soldat, dans lequel il raconte le destin d’un jeune soldat russe libéré par ses amis afghans puis tué par les Pakistanais lors d’une tentative d’évasion de sa prison. Entre temps, il s’est donné la mort, ce qu’on dit généralement quand on le dit, comme si c’était un cadeau.

 

Extraits exclusifs

Massoud, cet ami récent

Par Extraits de BHL, une biographie, de Philippe Cohen aux éditions Fayard
Titres et intertitres de ces extraits sont de la rédaction, publié le 10/01/2005 - mis à jour le 07/01/2005

uand BHL s'invente une amitié militante de vingt ans avec le commandant Massoud

Au printemps 2002, Jacques Chirac confie à BHL une mission sur l'Afghanistan. Cap, donc, sur Kaboul. Sitôt sur place, accompagné de son fidèle compagnon d'armes Gilles Hertzog, Bernard-Henri Lévy dépose à Bazarak, dans le Panchir, une stèle à la mémoire du commandant Massoud, assassiné le 9 septembre 2001 par un commando d'Al-Qaeda. On peut lire sur le marbre: «Au commandant Massoud, au combattant de la liberté, au résistant, à l'ami de la France, l'hommage de ses amis de vingt ans: Bernard-Henri Lévy, Gilles Hertzog.»

Apprenant en août 2002 le dépôt de cette stèle, Christophe de Ponfilly, documentariste, auteur de plusieurs films sur l'Afghanistan, bondit sur sa chaise dans les bureaux d'Interscoop, sa société de production. Il sait bien, lui, que cette rencontre entre BHL et Massoud, en 1981, est pure invention. Il le sait car, en 1998, BHL, après avoir visionné son film, Massoud l'Afghan, dont les images l'avaient sincèrement ému, lui a demandé de l'aider à rencontrer Massoud. C'est lui, Christophe de Ponfilly, qui l'a mis en relation avec Mehrabodin Masstan, conseiller et interprète du commandant, lequel a lui-même présenté les deux hommes l'un à l'autre. «Nous sommes très reconnaissants à Bernard-Henri Lévy de son engagement en faveur de la cause afghane», prévient Masstan, aujourd'hui chef de cabinet du frère du commandant Massoud, qui s'apprêtait, au moment de l'entretien, à rejoindre le gouvernement de Hamid Karzaï. «Mais, poursuit-il, cette histoire de rencontre avec Massoud est une invention. En 1981, Bernard-Henri Lévy est resté cantonné à la frontière afghane. Et, lorsqu'il le rencontre effectivement, en 1998, il ne passe que quarante-huit heures au total avec lui, dont un entretien d'une ou deux heures au maximum.» Un peu juste pour se proclamer l'ami de vingt ans de Massoud.

BHL avait déjà évoqué cette rencontre imaginaire de 1981 dans son ouvrage Réflexions sur la guerre, le mal et la fin de l'Histoire (Grasset), qui retraçait son reportage de 1998: «En deux heures donc, il [Massoud] n'a rien dit. Une phrase de bienvenue sur le tarmac. Une autre pour dire - mais simple courtoisie... - qu'il se rappelle mon premier voyage, il y a dix-huit ans, via Peshawar, à l'époque où, avec Marek Halter, Renzo Rossellini et d'autres, nous avions lancé une campagne pour «des radios libres pour le Panchir».» BHL y est revenu lors de l'émission Vivement dimanche du 11 novembre 2001, à laquelle l'a invité Michel Drucker: «Le commandant Massoud, vous le connaissez depuis longtemps, n'est-ce pas?» lance l'animateur, visiblement informé aux «meilleures sources». Et BHL de prétendre avoir compris dès 1981 que le jeune commandant était «l'incarnation de cet islam modéré» que l'Occident appelait de ses vœux.

A la fin du mois de juin 1981, Bernard-Henri Lévy et Marek Halter annoncent dans la presse leur projet de livrer du matériel aux fins de créer une radio de la résistance en Afghanistan, dans le cadre d'une action du Comité des droits de l'homme, ce qui déclenche aussitôt une réaction de l'agence Tass. BHL et Marek Halter publient ensuite plusieurs comptes rendus de leur voyage, dans lesquels le nom de Massoud n'apparaît jamais, ce qui est logique, Massoud étant tout à fait inconnu hors de son Panchir à ce moment-là. En réalité, lui-même et Marek Halter sont restés à la frontière pakistano-afghane durant une dizaine de jours avec le photographe Alain Guillau. Pour les besoins de la promotion de l'opération, Alain Guillau a accompagné BHL et Marek Halter sur les collines à l'ouest de Peshawar, non loin de la frontière, afin d'y réaliser quelques clichés des deux intellectuels déguisés en combattants afghans. Mais il dément formellement tout contact avec Massoud. Pour le rencontrer, il aurait fallu aux deux hommes franchir les cols de Paprouk, d'Anjuman et de Wana Bana, soit plusieurs dizaines de kilomètres de marche dans la poussière et le froid. Nul doute qu'ils auraient alors fait profiter l'opinion publique de leurs épreuves et de leur témoignage...

C'est d'ailleurs ce que précise Christophe de Ponfilly dans une «Lettre ouverte à Bernard-Henri Lévy», écrite après qu'il a lu son rapport sur l'Afghanistan, en 2002. La lettre de Ponfilly, très dure pour l'auteur dudit rapport, ne sera jamais rendue publique. Trois journaux contactés (Le Monde, Libération, Le Figaro) ayant refusé de la publier, le cinéaste l'envoie à son destinataire. Lequel lui téléphone et, d'après Ponfilly, soulagé de ce qu'aucun organe de presse n'ait jugé bon de publier sa diatribe, lui avoue n'avoir jamais rencontré Massoud en 1981, mais avoir voulu l'évoquer pour la bonne cause...

Reste à savoir quelle est la bonne cause: l'Afghanistan ou la statue de BHL?

 

 

«Caméra au poing», son ultime temoignage

Ponfilly, l'Afghan

Par Camille Tenneson

Alors qu'éclate le conflit soviéto-afghan en 1979, Christophe de Ponfilly se lance dans un autre combat : assurer la couverture médiatique de ce qui deviendra «un point aveugle de l'histoire contemporaine» n'attirant que trop peu l'attention des Occidentaux.

En amateur, il entre «clandestinement en Afghanistan, et tout aussi clandestinement dans le métier de grand reporter». C'est l'objet de la première partie de ce livre, qui retrace aussi bien l'avancée de la situation politique que celle des projets professionnels de l'auteur, au rythme de ses expéditions dans cette terre de violence qu'il chérit pour la «récompense du paysage». Parmi ses compagnons d'aventure, complices idéalistes, il livre un portrait admiratif du commandant Massoud, «ô combien lucide sur l'avenir de son pays et sur le danger représenté par Ben Laden et les milices arabes».

ponfilly-massoud.JPG
©Thomas Coex/AFP
Christophe de Ponfilly avec, en arrière-plan, un portrait du commandant Massoud.

C'est d'ailleurs à ce chef militaire qu'il consacra son premier film au début des années 1980. Suivirent une douzaine de documentaires sur la guerre, toujours «cachée, honteuse». Puis un film de fiction, pour toucher un public plus large, et parce que «le cinéma a certainement un rôle à jouer dans le changement des mentalités». C'est «l'Etoile du soldat», dont il raconte ici le tournage, et qui sortit fin 2006, six mois après le suicide de Ponfilly.

Dans une très belle préface, Atiq Rahimi, qui rencontra le reporter en 1993, s'adresse à son frère Khalil mort au front : «Tu t'es perdu dans le feu de tes illusions politiques, Christophe a été emporté par le vent de ses désillusions éthiques. L'un est mort à la guerre. L'autre, de guerre lasse.» Ce livre posthume est un hommage très humain au peuple afghan. Il réaffirme la force de l'engagement de celui qui a donné sa vie pour que «les caméras super-huit deviennent une arme contre la barbarie».

C.T.

«Caméra au poing», par Christophe de Ponfilly, Arthaud, 144 p., 18 euros

 

 

 

article du blog russie.tv

’L’étoile du soldat’ relance la polémique autour de la mort de Christophe de Ponfilly

Christophe de Ponfilly venait de réaliser son premier film de fiction pour le cinéma, ’L’étoile du soldat’, tourné en Afghanistan. Avec fermeté, il avait mis les choses au point lors de la polémique au cours de laquelle Bernard-Henri Lévy, Gilles Hertzog et Marek Halter avaient menti sur leur liens privilégiés avec l’âme de la résistance afghane.

Christophe de Ponfilly (né le 5 janvier 1951 et décédé le 16 mai 2006), était un auteur, réalisateur, producteur et journaliste français. Fils d’un célèbre écrivain franco-russe Raymond de Ponfilly, connu pour son livre ’Guide des Russes en France’.

Il est également le co-fondateur (avec Frédéric Laffont) de l’agence de presse Interscoop et de la société de production Albert Films.

Il a réalisé plus d’une quarantaine de reportages et de documentaires, dont plusieurs sur l’Afghanistan et le commandant Massoud. Il est également l’auteur de nombreux ouvrages comme Massoud l’Afghan (1998) ou Scoops (2002).

Christophe de Ponfilly venait de réaliser son premier film de fiction pour le cinéma, "L’étoile du soldat", tourné en Afghanistan et relatant les aventures d’un jeune soldat russe soviétique contraint d’effectuer son service militaire en Afghanistan. Il est fait prisonnier et découvre le véritable visage de ceux qu’il est censé combattre. Ce film devrait sortir en France en automne 2006, mais le livre associé au film vient de paraître (Editions Albin Michel).


La pétition "La vérité sur la mort de Ponfilly"

Gageons que la disparition de Christophe de Ponfilly sera annoncée par la presse sans que rien ne soit dit des causes de sa mort. Comme si elles étaient nécessairement honteuses. Une bonne vieille tradition, bien respectée, qui parfois tue un homme ou une femme une seconde fois, lorsque sa mort a l’éclat d’un geste ou d’un appel. Alors disons-le puisque cela a son importance : il s’est tiré une balle dans la tête en début de semaine, quelques jours avant que ses confrères du jury du prix Albert Londres, auquel il appartenait de longue date en sa qualité d’ancien lauréat, ne remettent leur prix à Marseille.

Il y était attendu ; au lieu de quoi, on y annonca la tragique nouvelle à ses amis. Il a laissé une lettre expliquant son geste. Ceux qui le connaissaient de longue date, et qui donc savaient ses failles et sa fragilité, n’ont pas eu besoin de la lire pour comprendre. Ponfilly ne s’était jamais remis de l’assassinat du commandant Massoud. L’exceptionnelle empathie de l’un pour l’autre avait abouti à une solidarité absolue. Cette disparition l’avait plongé dans une mélancolie dont il n’était jamais sorti ; elle se nourrissait de ses violentes critiques à l’endroit des Occidentaux, coupables, selon lui, de n’avoir pas soutenu Massoud avec les moyens nécessaires quand il le fallait. Celui qu’il avait surnommé "le lion du Panshir" était son ami de longue date. Il avait consacré films, articles et livres (Lettre ouverte à Joseph Kessel sur l’Afghanistan, Poussière afghane, Massoud l’Afghan, Le clandestin, Les gobeurs de lune, Poussières de guerres, Vies clandestines) à défendre sa cause et à louer haut et fort sa personne.

Avec discrétion mais fermeté, il avait mis les choses au point lors de la polémique au cours de laquelle Bernard-Henri Lévy avait abusivement excipé de ses liens privilégiés avec l’âme de la résistance afghane.

Au printemps 2002, Jacques Chirac confie à BHL une mission sur l’Afghanistan. Bernard-Henri Lévy accompagné par Gilles Hertzog, dépose dans le Panchir, une stèle à la mémoire du commandant Massoud, assassiné le 9 septembre 2001 par un commando d’Al-Qaeda. On peut lire sur le marbre : « Au commandant Massoud, au combattant de la liberté, au résistant, à l’ami de la France, l’hommage de ses amis de vingt ans : Bernard-Henri Lévy, Gilles Hertzog. »

Apprenant le dépôt de cette stèle, Christophe de Ponfilly, auteur de plusieurs films sur l’Afghanistan, a réagi immédiatement. Il sait que cette rencontre entre BHL et Massoud, en 1981, est un mensonge. Il le sait car, en 1998, BHL, après avoir visionné son film, Massoud l’Afghan, lui a demandé de l’aider à rencontrer Massoud.

C’est lui, Christophe de Ponfilly, qui l’a mis en relation avec Mehrabodin Masstan, conseiller et interprète du commandant, lequel a lui-même présenté les deux hommes l’un à l’autre. Masstan, aujourd’hui chef de cabinet du frère du commandant Massoud a témoigné que cette histoire de rencontre avec Massoud est une pure invention. En 1981, Bernard-Henri Lévy est resté cantonné à la frontière afghane. Il le rencontre effectivement, en 1998, il ne passe que quarante-huit heures au total avec lui, dont un entretien d’une ou deux heures au maximum. Un peu juste pour se proclamer l’ami de vingt ans de Massoud.

BHL avait déjà évoqué cette rencontre imaginaire de 1981 dans son ouvrage Réflexions sur la guerre, le mal et la fin de l’Histoire (Grasset), qui retraçait son reportage de 1998. A la fin du mois de juin 1981, Bernard-Henri Lévy et Marek Halter annoncent dans la presse leur projet de livrer du matériel aux fins de créer une radio de la résistance en Afghanistan, dans le cadre d’une action du Comité des droits de l’homme, ce qui déclenche aussitôt une réaction de l’agence Tass. BHL et Marek Halter publient ensuite plusieurs comptes rendus de leur voyage. En réalité, lui-même et Marek Halter sont restés à la frontière pakistano-afghane durant une dizaine de jours avec le photographe Alain Guillau. Pour les besoins de la promotion de l’opération, Alain Guillau a accompagné BHL et Marek Halter sur les collines de Peshawar, non loin de la frontière, afin d’y réaliser quelques photos des deux intellectuels-menteurs déguisés en combattants afghans.

Grand reporter, écrivain, documentariste et cinéaste, Christophe de Ponfilly, 55 ans, avait avant tout un regard et une éthique. Vendredi matin, il a raté le rendez-vous de Marseille. Lundi, il devait se rendre dans les studios de la télévision suisse romande à Genève pour y enregistrer l’émission Singulier, à lui consacrée à l’occasion de la parution de son nouveau livre, L’Etoile du soldat, dans lequel il raconte le destin d’un jeune soldat russe libéré par ses amis afghans puis tué par les Pakistanais lors d’une tentative d’évasion de sa prison. Entre temps, il s’est donné la mort, ce qu’on dit généralement quand on le dit, comme si c’était un cadeau.


Auteur des livres :
- « Lettre ouverte à Joseph Kessel sur l’Afghanistan » (document) Editions Bibilophane
- « Massoud, l’Afghan » (document) Arte Editions et Editions du Félin
- « Le clandestin » (document) Éditions Laffont
- « Les gobeurs de lunes » (roman) Éditions Laffont, réédité sous le titre "Scoops" aux Editions du félin
- « Poussières de guerre » (document) Éditions Laffont
- « Vies clandestines » (document) Éditions Florent Massot -

Prix littéraire des DROITS DE L’HOMME 2001
- « Chemins d’orient »
- « Femme en Asie Centrale »
- « Scoops »
- « L’étoile du soldat ».

 

 



http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/autres-conflits/video/I00010694/massoud-parle-francais-pour-exposer-les-atouts-de-la-resistance.fr.html


http://www.ina.fr/fictions-et-animations/feuilletons-et-series/video/CAB89026499/afghanistan-visa-pour-l-ennui.fr.html

http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/autres-conflits/video/I00010694/massoud-parle-francais-pour-exposer-les-atouts-de-la-resistance.fr.html


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