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05/01/2010

Ante Gotovina, de Croatie au TPI en passant par Calvi...et VHP security-KO International

Selon les estimations de la commission Bouchet. 100000 écoutes sauvages aux lisières de l'Etat. Espionnage industriel ou social, soupçons conjugaux, curiosité ministérielle: les interceptions incontrôlées prolifèrent.

TOURANCHEAU Patricia

11/04/1997 à 01h09

La polémique sur le «secret-défense» a mis en lumière un autre

scandale: les quelque 100.000 écoutes sauvages qui portent atteinte chaque année à la vie privée des Français. C'est la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS) présidée par Paul Bouchet qui a estimé ce nombre «au terme d'enquêtes sérieuses.» De son côté, le capitaine Paul Barril, ex-gendarme de la cellule élyséenne reconverti dans la sécurité privée (société Secrets) parle de 200.000. Les écoutes illégales opérées de 1983 à 1986 par la cellule antiterroriste de l'Elysée qui a utilisé la voie du GIC (Groupe interministériel de contrôle), centre officiel de l'Etat, pour brancher des personnalités a mis en cause, par ricochet, les écoutes du gouvernement. Or, depuis 1991, ces «interceptions de sécurité» sont encadrées par une loi et strictement surveillées par une commission de contrôle indépendante (CNCIS). Pourtant, les écoutes interdites de professions dites sensibles (avocats, magistrats, journalistes, responsables politiques et syndicaux) prolifèrent. Hors du GIC. Ainsi, le 5 janvier 1995, le juge Eric Halphen de Créteil, qui instruit le dossier sur les fonds occultes du RPR et vient d'être victime d'une machination politico-policière (affaire Maréchal-Schuller), révèle au Conseil supérieur de la magistrature que ses conversations téléphoniques sont écoutées. Le 27 octobre 1994, c'est Gérard Longuet, alors ministre de l'Industrie, des Postes et Télécommunications, qui découvre, sur la ligne de son bureau au conseil régional de Lorraine, un mini-émetteur. Aujourd'hui, 11 avril 1997, des magistrats «financiers» ou critiques sur la réforme de la justice, un membre d'un cabinet ministériel en désaccord avec Matignon, un haut fonctionnaire de la chancellerie chargé d'affaires sensibles, des conseillers même de l'équipe de l'Elysée, et des journalistes d'investigations lancés sur les turpitudes du RPR, ont la conviction que leur ligne professionnelle, et parfois personnelle, sont espionnées. Et ce n'est pas toujours du fantasme.

Le nouveau scandale réside bel et bien dans ces 100 000 écoutes sauvages, interdites et incontrôlées, qui prolifèrent dans le dos de l'Etat. Dépoussiérer la ligne. Outre les particuliers qui peuvent s'acheter des kits ou des «pastilles» pour traquer le conjoint, le voisin ou l'ennemi, ce sont surtout les officines privées qui opèrent pour le compte de clients divers. Une large majorité des «sauvages» relève de l'espionnage industriel (les entreprises cherchent à percer les secrets des concurrents), un bon lot baptisé «écoutes cocus» visent le mari ou la femme infidèle, et une partie inconnue sont des écoutes «parallèles» sous-traitées par des services de l'Etat à des privés. En France, pas moins de 4 741 sociétés déclarent à l'Insee des activités «d'enquêtes et de sécurité» qui, à l'instar d'une boîte ayant pignon sur rue à Paris, jurent ne jamais pratiquer «l'offensif»: «On fait parfois du défensif, de la contre-écoute pour des clients qui ont l'impression d'être écoutés. Pour vérifier, on demande à une société-amie de dépoussiérer la ligne avec des appareils de détection», explique ce patron d'une entreprise de «consulting». Parfois, l'équipe de «contre-écoute» «dépoussière» la ligne qu'elle a branchée auparavant. Seuls une poignée de privés ont déjà été condamnés pour des «atteintes à la vie privée», notamment Jean-Yves Garnault, chef du secteur «investigations» à la société Century qui a écouté entre autres Séverine Scrivener, belle-fille de l'ex-secrétaire d'Etat à la Consommation sous Giscard, et Daniel Rémy, ex-directeur de VHP security-KO International, accusé de 18 écoutes liées à l'espionnage industriel et à la concurrence déloyale. La pose de ces «bretelles» avait été sous-traitée au technicien Philippe Mourleau qui, en octobre 1991, a été attrapé la main dans un magnétophone branché sur la ligne de Philippe Kieffer, alors journaliste de Libération, qui enquêtait sur la privatisation de TF1.

Poseur de «bretelles». Au tribunal, le «plombier» Mourleau a été condamné à huit mois de prison et 80 000 francs d'amende pour 43 écoutes sauvages placées entre 1989 et 1991 sur des journalistes (Philippe Kieffer, Pierre Péan), un directeur de compagnie aérienne, un agent de la défense nationale, un inspecteur des impôts, des concurrents des parfums Yves Saint Laurent, ou d'anciens administrateurs de Moulinex. Les donneurs d'ordre de Mourleau ont été identifiés, jamais les commanditaires des écoutes. Mais les «bretelles» façon Mourleau ou Montoya (Robert), ex-gendarme arrêté en 1987 en train de dériver le fil téléphonique d'Yves Lutbert, huissier du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), sont supplantées par des moyens plus sophistiqués.

De grandes entreprises et même des ministères n'ont pas besoin des «plombiers» pour surveiller des «ennemis» de l'intérieur. Les plus argentés programment sur ordinateur au standard des numéros «sensibles», par exemple la CGT ou le Canard enchaîné qui, s'ils sont composés par un salarié, déclenchent automatiquement le magnétophone. Aux yeux d'un spécialiste, «le téléphone interministériel lui-même n'est pas sûr»: «Les surveillances sur des réseaux en circuit fermé sont assez faciles, mieux vaut ne pas passer par le fil de certaines entreprises pour critiquer le patron.» «Ecoutes parallèles». Enfin, Paul Bouchet, «contrôleur» des «constructions» autorisées par Matignon, cultive un gros doute: «Plus la commission resserre les boulons sur les interceptions de sécurité du GIC, plus la tentation est grande pour les services mal intentionnés de recourir à des officines tenus par d'anciens policiers ou agents des services secrets.»

A coup sûr, certains fonctionnaires de la DGSE, de la DST, des RG se livrent à des «écoutes parallèles», via des barbouzes ou des privés. Qui a branché en janvier 1995, l'amiral Lanxade, alors chef d'état-major des armées, son conseiller Afrique proche du RPR, les chefs des trois armes et un ex-colonel du Sirpa (selon les révélations du Canard enchaîné voilà deux ans), alors tous en bisbille avec le ministre de la Défense François Léotard? Ce dernier, qui avait essuyé la colère de Lanxade, a plaidé non-coupable. Selon nos informations, l'amiral n'a pas été écouté par le GIC, mais a pourtant bien débusqué un appareil-espion à son domicile.

 

 

 

(le pluche de PROBE) M. Rémy officie toujours !!!

http://www.groupedanielremy.com/site.php?n=confidentialite

Déontologie

Daniel Rémy Consultants s'interdit de pratiquer des recherches d'informations autrement que dans le cadre fixé par la loi.
Daniel Rémy Consultants s'interdit d'accepter toute mission susceptible de générer un conflit d'intérêt avec l'un de ses clients.





sur un forum on peu lire:

AIR Formation (Académie International du Risque) dirigé à l'époque par Monsieur Claude BOUCHER (directeur des formations, ex formateur au sein du Service des Voyages officiels de la Police Nationale).

AIR Formation était une des nombreuses filiales de VHP Security, groupe regroupant en son sein :

KO International (protection de personnalités)
SAI (Sécurité Assistance International) : société de sécurité des biens et des personnes.
CEDES France : matériel de sécurité
ISIS : société d'investigation et de renseignement économique.
et une dernière société, dont le nom m'échappe, dédiée à la vente et à la location de limousines blindées.


Le stage organisé était précurseur à l'époque et répondait à une demande des chauffeurs d'élus et d'hommes clé au sein des grosses entreprises traumatisés par les assassinats de Georges BESSE et du général AUDRAN par ACTION DIRECTE.

 

autre "ancien" de KO International et et VHP Security: Ante Gotovina

Le Monde, 04/02/2004

REVUE DE PRESSE

HORIZONS
La vie française d'un fugitif croate

Le général Ante Gotovina, recherché depuis 2001 pour "crimes contre l'humanité", a un lien particulier avec la France. Elle lui a donné une seconde nationalité. Lui a-t-elle aussi servi de refuge ? Itinéraire d'un baroudeur aux amitiés troubles.

Ante Gotovina | SIPA - Scepanovic

Le long de la côte dalmate un étrange phénomène s'est produit en novembre 2003, à l'approche des élections législatives. Des affiches représentant un militaire sont apparues, à côté de celles des partis politiques. "Un héros et non pas un criminel", y était-il précisé. La photo était celle d'Ante Gotovina, général croate inculpé en juin 2001 par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Depuis, Ante Gotovina est en fuite. En son absence, il a tout de même été nommé citoyen d'honneur de la ville de Zadar. Il faut dire que, dans ce pays, la guerre d'indépendance (1991-1995), ses fantômes et ses acteurs hantent encore les esprits.

Un journaliste croate, Ivo Pukanic, rédacteur en chef de l'hebdomadaire Nacional, a pu le rencontrer, en juin 2003, "dans un hôtel d'une capitale d'un pays de l'Union européenne". M. Pukanic a refusé d'indiquer à la police où se trouvait le général, mais il a précisé que celui-ci "pourrait vivre pour le restant de ses jours à l'intérieur des frontières de l'espace Schengen" grâce aux complicités dont il bénéficie. L'entourage de Carla Del Ponte, procureur du TPIY, se dit persuadé que, depuis deux ans, Ante Gotovina a passé 90 % de son temps en Croatie. Cet été, il a été signalé dans les eaux croates, à bord d'un yacht. Mais les autorités locales ont, une nouvelle fois, omis de l'interpeller. "Le général Gotovina a fait une offre à Mme Del Ponte, explique son avocat, Me Louka Misetic. Il est prêt à répondre à ses questions si elle se déplace à Zagreb. Si ses réponses ne sont pas jugées satisfaisantes, il se rendra à La Haye."

LIENS

Le cas Gotovina
Arrestation d'Ante Gotovina en Espagne

En Croatie, sa vie est une légende. Beaucoup voient en lui un croisé de la souveraineté nationale, si chèrement acquise contre les Serbes. Son sort est aussi un enjeu politique : la Grande-Bretagne et les Pays-Bas ont fait de son arrestation un préalable à l'entrée de la Croatie au sein de l'UE. Mais, dans un autre pays, sa vie est davantage inscrite dans les fichiers des services de renseignement et les archives judiciaires que dans la mémoire collective. Ce pays, c'est la France. Sa deuxième patrie. La vie française du fugitif est une histoire de voyages et de rencontres, de missions spéciales et de coups tordus. D'amitié virile aussi.

Ante Gotovina est né sur l'île de Pasman, près de Zadar, le 12 octobre 1955. Dans son autobiographie, publiée en Croatie en 2001, il raconte comment, étant enfant, il rêvait de grand large, sur les traces de Christophe Colomb. A 16 ans, il essaie de fuguer avec un ami à bord d'un rafiot, en direction de l'Italie. Leur expédition échoue, mais ce n'est que partie remise. Quelques mois plus tard, à Bordeaux, il s'embarque comme marin à bord d'un navire effectuant des allers-retours entre l'Europe et les Etats-Unis. Au bout d'un an en mer, lors d'une escale en Italie, il décide d'assouvir un autre rêve : la Légion étrangère. Toujours mineur, il rejoint Marseille, lieu de recrutement de la Légion. Le 1er janvier 1973, il s'engage pour cinq ans et rejoint les rangs du 2e régiment étranger de parachutistes, basé à Calvi (Haute-Corse). Le "2e REP" est un corps d'élite, souvent engagé dans des opérations commandos en territoire hostile. Le jeune Croate sera plongeur de reconnaissance, avant d'effectuer un stage à Pau pour devenir chuteur opérationnel.

Il fait alors la connaissance de Dominique Erulin, légionnaire et futur compagnon d'opérations spéciales. Son frère, le colonel Philippe Erulin, dirige le 2e REP. Son grand fait d'armes est d'avoir sauté sur Kolwezi (Zaïre), en 1978, afin de rapatrier les Européens menacés par des rebelles. Ante Gotovina sert de chauffeur et de garde du corps au colonel. Sans avoir participé à une activité opérationnelle, il quitte la Légion avec le grade de caporal-chef, en 1978. Son passage au 2e REP lui permet de réclamer la nationalité française, qu'il obtient en avril 1979. Officiellement, à cette époque, il s'est installé près de Calvi. Selon Dominique Erulin, il entre alors comme plongeur professionnel à la Comex, société spécialisée dans les chantiers sous-marins, dont certains à caractère militaire. En réalité, il rentabilise son passeport en parcourant le monde.

Son entourage, implanté autour d'Aix-en-Provence et de Nice, est composé d'ex-légionnaires, de barbouzes et de militants d'extrême droite. Gotovina participe à la création de KO International, filiale de la société VHP Security, disposant d'une adresse à Paris et à Nice. Selon les renseignements généraux, KO sert de couverture au Service d'action civique (SAC), organisation secrète créée en 1959, en marge du mouvement gaulliste. Officiellement, KO assure la protection de personnalités, comme Jean-Marie Le Pen. Mais ses compétences s'étendent à des missions spéciales, partout où des mercenaires peuvent se révéler utiles. "On était une équipe de chasseurs de trésor, se souvient Dominique Erulin. Ante était un frère d'armes."

Les contrats conduisent les deux hommes en Argentine, au Paraguay, en Turquie et en Grèce. En France, aussi : en mai 1981, à La Seyne-sur-Mer, l'imprimerie de l'éditeur Jean-Pierre Mouchard, proche de M. Le Pen, est bloquée par la CGT. Erulin et Gotovina conduisent une opération de "nettoyage" des lieux, donnant du pied, des poings et de la pioche avec 50 compagnons, organisés de façon militaire pour faire plier les syndicalistes, plus nombreux.

Quelques mois plus tard, Ante Gotovina s'installe au Guatemala et voyage en Colombie, où il rencontre sa future compagne, Ximena, qui lui donnera une fille. De retour en France sous une fausse identité, il est arrêté pour un vol de bijoux commis en 1981, à Paris, chez un fabriquant de coffres-forts, en compagnie de Dominique Erulin. Condamné en 1986 par la cour d'assises de Paris à cinq ans de réclusion, il est libéré en septembre 1987.

A sa sortie de prison, il reprend ses aventures, au gré des contrats. Il se rend souvent en Amérique du Sud, notamment en Argentine, où il retrouve une fois de plus Erulin, qui a choisi l'exil. Les deux hommes conduisent des "stages de formation" paramilitaires. "En France, on était des gibiers, mais à l'étranger, on était appuyé par des gens des services de renseignement pour conduire des missions dangereuses", assure M. Erulin. Leurs engagements ne sont pas toujours glorieux : ils aident par exemple une Française à récupérer ses deux enfants, enlevés par leur père, comme le raconte Erulin dans son livre Gibier d'Etat (Albin Michel, 2002). Manque d'argent, aventures molles : l'ennui guette. Mais l'Histoire va fournir à Gotovina l'occasion de changer de vie.

« Il bénéficierait localement [dans le sud-est de la France] de suffisamment de protections mafieuses, voire de personnalités locales, pour vivre sans avoir à se terrer ».
NOTE DE LA DST.

Il revient en Croatie en 1990, à quelques mois de la proclamation de l'indépendance et du début de la guerre. Son expérience est la bienvenue face aux Serbes. Mais il ne cesse pas pour autant ses activités annexes. Fin 1990-début 1991, son passeport porte les visas d'entrée au Paraguay et en Argentine. Les services de renseignement français suspectent une filière de trafic de cocaïne, sans pouvoir étayer leurs soupçons.

Gotovina franchit rapidement les grades au sein de l'armée croate. En octobre 1992, il est nommé commandant du district militaire de Split, poste qu'il occupera jusqu'en mars 1996. Dans le même temps, il est signalé en France comme salarié de la société Assistance Protection Sécurité, installée en région parisienne, qui recycle de nombreux anciens de la Légion. Le militaire croate demeure malgré tout insaisissable. En avril 1992, puis en décembre 1995, le tribunal correctionnel de Paris le condamne par défaut à deux ans, puis deux ans et demi de prison pour "extorsion par force". Selon la direction de la surveillance du territoire (DST), il se livrerait à un trafic d'armes, notamment via l'Espagne, l'Italie et la Corse.

Le 4 août 1995, la Croatie lance une offensive connue sous le nom d'"Oluja" (Tempête), dont l'objectif est de reprendre la région de la Krajina, tombée aux mains des Serbes. Cette opération, qui se poursuit jusqu'au 15 novembre, est dirigée par Gotovina. Durant ces trois mois, selon l'acte d'accusation du TPIY en date du 21 mai 2001, les forces croates se sont livrées à de nombreuses exactions contre les Serbes vivant dans la Krajina, tuant 150 d'entre eux et entraînant la disparition de centaines d'autres. "Ces crimes, dont le meurtre illicite de Serbes de Krajina qui n'avaient pas fui, l'incendie, la destruction et le pillage de villages ou de biens serbes, notamment de maisons, dépendances, granges et du bétail, ont continué à être commis à grande échelle pendant au moins trois mois après que les autorités eurent repris le contrôle de la région. L'accumulation de ces actes des forces croates a abouti au déplacement à grande échelle d'environ 150 000 à 200 000 Serbes de Krajina vers la Bosnie-Herzégovine et la Serbie", est-il écrit dans l'acte d'accusation.

En Croatie, on ne partage pas, évidemment, cette lecture de l'Histoire. Zagreb a tenté de faire appel de l'inculpation de Gotovina - pourtant rayé des cadres de l'armée en septembre 2000 - en faisant valoir que cette opération avait pour seul objectif de reprendre les territoires conquis par les Serbes en 1991. Armée contre armée, une guerre classique en somme, dans laquelle les Croates auraient bénéficié, selon l'hebdomadaire américain Newsweek, du soutien logistique de la CIA.

Le général Ante GotovinaAprès l'inculpation de Gotovina à La Haye, le TPIY envoie, fin août 2001, une commission rogatoire internationale à la France pour exécuter le mandat d'arrêt. La section de recherche des gendarmes de Paris est chargée de l'enquête. Le 14 novembre, le chef du bureau de l'entraide pénale internationale à la direction des affaires criminelles et des grâces du ministère de la justice transmet une note sur le fugitif à la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). "Les investigations effectuées ces dernières semaines -...- ont permis d'établir qu'il avait sa résidence habituelle dans le sud de la France", y explique-t-on. Dans son rapport de synthèse transmis le 19 novembre 2001 à Philippe Coirre, doyen des juges d'instruction, la section de la gendarmerie explique qu'elle a procédé à des vérifications dans un hôtel marseillais, où le Croate est fréquemment descendu "pour des mobiles professionnels" et qu'il avait même indiqué dans son dossier de naturalisation en 1979. Lors de sa dernière visite, l'intéressé "faisait partie d'un groupe de ressortissants croates, professionnels de la mer", selon les gendarmes. Etrangement, lorsque le TPIY reçoit le rapport de ces derniers, il y est précisé qu'"aucun passeport français ne lui est connu". Aucun ? Le premier date de 1979, le deuxième, de 1988. Quant au troisième, il a été délivré par l'ambassade de France à Zagreb, le 11 avril 2001, soit moins de deux mois avant son inculpation !

En décembre 2001, la DST est à son tour alertée. Elle apprend, par des informateurs, que Gotovina pourrait se trouver près de Nice. Selon le ministère de l'intérieur, il s'agit de l'unique fois où sa présence sur le sol français a été sérieusement envisagée. Des vérifications sont effectuées dans le milieu des anciens mercenaires en ex-Yougoslavie. En vain. En juin 2002, la DST inscrit Gotovina au fichier des personnes recherchées pour trafic d'armes.

EN février 2003, de nouveaux échos parviennent à la DST, de source croate cette fois. Le fugitif se serait installé dans un petit village montagnard des environs de Calvi, grâce à ses amitiés parmi les anciens légionnaires. Les investigations ne sont pas poussées au-delà. Pendant ce temps, sur le terrain diplomatique, la tension monte. A La Haye, Carla Del Ponte fustige le manque de coopération des autorités croates. Soucieux de montrer que les militaires serbes ne sont pas la cible unique de la justice internationale, les Etats-Unis offrent 5 millions de dollars pour l'arrestation du général.

En France, le dossier ressurgit. Dans un télégramme diplomatique daté du 18 avril 2003 à destination de son ambassade à Zagreb, avec copie à toutes les directions de la police, le ministère des affaires étrangères souligne l'erreur des gendarmes concernant le passeport de Gotovina, "évidemment commise de bonne foi" et "sans doute due au fait -...- qu'il n'existe pas en France de fichier central des passeports". Le télégramme précise que, "à la connaissance des autorités françaises, Gotovina ne réside pas en France".

Pourtant, le 8 octobre, dans une note de synthèse, la DST affirme que le général "aurait choisi de s'installer dans le sud-est de la France en raison du réseau relationnel qu'il avait tissé alors qu'il était légionnaire dans les milieux d'extrême droite et du banditisme implantés dans cette région. (...) Il bénéficierait localement de suffisamment de protections mafieuses, voire de personnalités locales, pour vivre sans avoir à se terrer et serait en mesure de se déplacer à l'étranger sans difficultés particulières."Depuis l'exécution de la commission rogatoire par les gendarmes, aucun service de police français n'a été officiellement chargé de rechercher le fugitif.

Piotr Smolar

 

 

Fin de cavale pour un général croate

N/A ZZZN/A 9 décembre 2005 Europe
Ante Gotovina hier, lors de son arrivée à Madrid.
Photo : Agence Reuters
Ante Gotovina hier, lors de son arrivée à Madrid.
Le général croate Ante Gotovina, recherché depuis plus de quatre ans par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), a été arrêté aux îles Canaries et présenté hier soir à un juge de l'Audience nationale, à Madrid.

Gotovina, dont l'arrestation avait été annoncée à Belgrade par Carla Del Ponte, procureur en chef du TPIY, a été inculpé en juillet 2001 pour atrocités présumées au cours d'une offensive lancée en août 1995 par les forces gouvernementales contre les séparatistes serbes de la Krajina. Il était en fuite depuis lors.

http://www.ledevoir.com/international/europe/97294/fin-de-cavale-pour-un-general-croate




07/09/2009 à 00h00

Où l’on protège un criminel de guerre

Le Croate Ante Gotovina aurait bénéficié d’un soutien français.

http://www.liberation.fr/societe/0101589154-ou-l-on-protege-un-criminel-de-guerre

Par KARL LASKE

«Que "A.G." reste là où il est», a noté Rondot, le 8 avril 2003. "A.G.", c’était Ante Gotovina, général croate recherché depuis 2001 pour «crimes contre l’humanité» par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) et finalement capturé en décembre 2005 aux Canaries.

En avril 2003, le général Rondot, pourtant très impliqué dans la traque des criminels de guerre des Balkans, est envoyé en mission secrète à Dubrovnic. Après avoir rencontré l’un de ses contacts croates, il écrit : «Gotovina ne se rendra pas.» Et le directeur de cabinet d’Alliot-Marie lui répond : «Nous y avons intérêt.» Les Français voulaient sauver la peau d’"A.G.". Ils envisageaient de négocier sa liberté contre la capture d’un autre criminel recherché.

Carla Del Ponte, la présidente du TPIY, n’était pas dupe. Elle s’était montrée «très critique» devant Michèle Alliot-Marie, en juin 2003. «On la mène en bateau, résume Rondot. Au sujet du Gal Gotovina, pense qu’on freine.»

A juste titre. Le 17 mars 2005, Philippe Rondot rédige pour l’Elysée un rapport sur les relations de la DGSE avec Gotovina. «La DGSE a entretenu des relations avec les Croates à partir du second semestre 1991», explique-t-il. Il s’agit d’une «mission d’assistance clandestine aux Forces spéciales croates», qui a duré jusqu’en 2000.

«Des officiers de la DGSE, sous couverture, se sont trouvés en relation avec le général Ante Gotovina, d’abord à Zagreb puis à Zadar. C’est ainsi qu’en août 1995, l’un de ses personnels a suivi le déroulement de l’opération "Oluja" ("Tempête") de reconquête des Krajinas par l’armée croate. C’est pour des faits remontant à cette période que le général Ante Gotovina est aujourd’hui poursuivi par le TPIY», résume Rondot.

Rondot redoute les «traces» laissées par l’action de la DGSE. «Le général Ante Gotovina m’avait fait savoir qu’il ne révélerait jamais les liens qui ont pu exister, à l’époque de la guerre, entre lui et nous, écrit-il. Je pense, comme la DGSE, que ce soutien français pourrait être mis à jour dans le cadre d’une enquête poussée.» En avril 2005, Rondot est encore plus clair devant Michèle Alliot-Marie : «Mon refus de capturer le Gal Gotovina par la ruse : MAM d’accord.»

Le procès Gotovina s’est ouvert en mars 2008, sans que ses «soutiens français» soient encore dévoilés.

 

 

Requête du TPI: la police croate saisit un grand nombre de documents

ZAGREB, 10 déc 2009 | La police croate a indiqué jeudi avoir saisi un grand nombre de documents officiels "disparus", qu'elle pense liés à l'opération militaire "Tempête", ayant mis fin à la guerre de Croatie (1991-95), et qui sont réclamés par le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie.


AFP | 10.12.2009 | 20:17

La police croate a indiqué jeudi avoir saisi un grand nombre de documents officiels "disparus", qu'elle pense liés à l'opération militaire "Tempête", ayant mis fin à la guerre de Croatie (1991-95), et qui sont réclamés par le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie.

Lors des perquisitions menées mercredi et jeudi, "plus de 10.000 pages de documents, dont un certain nombre marqués comme étant +secret d'Etat+ ou "secret militaire+, ont été saisis", précise le ministère de l'Intérieur croate dans un communiqué.

Par ailleurs, une quinzaine de cartes géographiques, également marquées comme "secret militaire", ont été saisies, ainsi que plusieurs ordinateurs et du matériel audio et vidéo, selon la même source.

La police n'a pas révélé d'autres détails à propos des documents saisis, ajoutant qu'elle allait procéder à leur analyse.

Au total, vingt perquisitions ont été menées dans des maisons, appartements et des voitures de personnes accusées d'avoir eu en leur possession des documents officiels liés à l'opération "Tempête".

Le nombre de personnes visées par cette opération policière n'a pas été révélé.

Selon le quotidien local Jutarnji List, il s'agit de huit anciens officiers croates de haut rang et d'un avocat faisant partie de l'équipe de défense de l'ex-général croate Ante Gotovina, jugé par le TPI.

"Les institutions font leur travail, conformément à la détermination du gouvernement d'apprendre la vérité sur les documents (réclamés par le TPI, ndlr), de voir s'ils ont existé et où se trouvent-ils maintenant", a déclaré à la presse le Premier ministre croate, Jadranka Kosor.

Le TPI demande depuis septembre 2008 à la Croatie de lui fournir certains documents contenant des informations sur l'utilisation de l'artillerie par les forces croates pendant l'opération "Tempête", qui avait mis fin, en août 1995, au conflit serbo-croate.

Cette opération a eu pour conséquences l'exode de près de 200.000 Serbes de Croatie et la mort de 350 civils, selon le TPI.

Un des commandants de l'opération "Tempête", Ante Gotovina, est jugé depuis mars 2008, aux côtés de deux autres ex-généraux croates, Ivan Cermak et Mladen Markac, pour crimes de guerre et contre l'humanité commis contre des civils serbes.

La coopération avec le TPI est l'un des critères à remplir par la Croatie dans ses négociations d'adhésion à l'Union européenne, qu'elle espère intégrer en 2011 ou en 2012.

rus:JUV E

http://www.tdg.ch/depeches/people/requete-tpi-police-croate-saisit-grand-nombre-documents

 

 

20 décembre 2009 - 07:12 Envoyer cet article Imprimer cet article swissinfo.ch

Croatie: crimes de guerre contre civils serbes, cinq arrestations

Zagreb - La police croate a indiqué avoir interpellé cinq personnes dans le cadre d'une enquête sur des crimes de guerre commis contre des civils serbes à la fin de la guerre de Croatie (1991-1995). Les cinq suspects seront interrogés lundi par un juge du tribunal régional de Zagreb, selon l'agence Hina.
Trois d'entre eux sont soupçonnés d'avoir tué cinq civils serbes le 25 août 1995, dans la bourgade de Grubori, près de Knin et d'avoir incendié des maisons appartenant à des habitants serbes de la bourgade. Le quatrième suspect, leur supérieur direct, ainsi que Zeljko Sacic sont accusés pour leur responsabilité dans la chaîne de commandement.
Sacic avait été à l'époque l'adjoint du général croate Mladen Markac, alors commandant de la police spéciale. Ce dernier est jugé depuis mars 2008 par le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie, aux côtés de deux autres anciens généraux croates, Ivan Cermak et Ante Gotovina.
Ils sont accusés pour leur responsabilité dans l'opération "Tempête", qui avait mis fin au conflit serbo-croate en août 1995, mais qui a aussi eu pour conséquence l'exode de près de 200'000 Serbes de Croatie et la mort de 350 civils, selon le TPI.
La proclamation par la Croatie de son indépendance de la Yougoslavie, en 1991, a été suivie d'une guerre entre les forces de Zagreb et des sécessionnistes serbes appuyés par Belgrade. Ce conflit a fait près de 20'000 morts.

http://www.swissinfo.ch/fre/index/Croatie:_crimes_de_guerre_contre_civils_serbes,_cinq_arrestations.html?cid=7939818

 

 

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