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06/08/2009

Manifestations en Nouvelle-Calédonie : des jeunes encagoulés ont encore tenu des barrages toute la matinée !

Pourquoi faut-il toujours en venir aux armes pour trouver une solution ? Par ce qu'il n'y a pas le choix ?

 

Nouvelle-Calédonie : un accord synonyme d'apaisement

Le climat s'est apaisé jeudi en Nouvelle-Calédonie après la signature d'un protocole d'accord devant mettre fin au conflit à la compagnie Aircal, à l'origine de près de dix jours de violences dans l'archipel.

 

«Il fallait impérativement que chacun fasse un pas l'un vers l'autre parce que les positions s'étaient trop radicalisées», a déclaré à la presse Philippe Gomes (droite), président du gouvernement, qui a mené les négociations.

 

Le président d'Aircal, Nidoish Naisseline, et des dirigeants du syndicat indépendantiste USTKE, ont trouvé un terrain d'entente, notamment sur le paiement des jours de grève qui feront l'objet d'avances sur salaires remboursables. Dans un préambule, l'accord demande aussi le maintien du service public aérien à destination des îles Loyauté, assuré par Aircal, ainsi que le respect des autorités coutumières kanakes, alors que Nidoish Naisseline est également grand chef sur l'île de Maré.

 

«Nos revendications ont été entendues», s'est félicité Marie-Pierre Goyetche, vice-présidente de l'USTKE.

 

Le licenciement d'une employée pour faute était à la source du conflit, qui s'était ensuite embourbé dans des rivalités politico-coutumières.

 

La tournure inquiétante qu'ont pris les évènements mercredi a pesé dans cette sortie de crise. A la tribu de Saint-Louis, près de Nouméa, des dizaines de jeunes, extérieurs au conflit, avaient violemment manifesté, enflammant pneus et morceaux de bois sur la route.( Des impacts de balles avaient été constatés sur les véhicules de gendarmerie tandis qu'un officier a été touché à la cuisse par une balle de 7,5 mm, tirée par un fusil de «grande chasse».

 

Dans la soirée de mercredi, c'est la cité populaire de Montravel, dans les quartiers nord de Nouméa, qui s'était embrasée. Des voitures ont été calcinées, des magasins vandalisés et la gare routière a été en partie incendiée.

 

«La situation était devenue extrêmement dangereuse, avec l'agrégation des jeunes au mouvement. On ne pouvait pas attendre que quelqu'un meure pour qu'il y ait une prise de conscience», a déclaré Philippe Gomes.

 

Les manifestations et les blocages de l'USTKE, en grève générale depuis le 27 juillet, ont asphyxié l'économie de l'archipel, et fait plus d'une trentaine de blessés parmi les gendarmes et au moins cinq dans les rangs des manifestants.

 

Jeudi, la situation restait confuse aux abords de la tribu de Saint-Louis, où des jeunes encagoulés ont encore tenu des barrages toute la matinée.

 

Le syndicat devait se réunir en fin de journée en assemblée générale pour décider de la levée ou de la suspension de son mot d'ordre de grève générale. La crise n'est en effet pas totalement résolue, car l'USTKE s'était aussi mobilisée pour réclamer la libération de son président, Gérard Jodar, incarcéré depuis fin juin.

 

Après des exactions déjà dans le cadre du conflit Aircal, M. Jodar a été condamné à un an de prison ferme, et sera jugé en appel le 25 août prochain.

 

«Nous voulons que sa peine ne soit pas exécutoire», assène-t-on au siège de l'USTKE, qui pourrait relancer ses actions.

 

En paix depuis 20 ans, la Nouvelle-Calédonie fait l'objet d'un processus de décolonisation par étapes, prévu par l'accord de Nouméa (1998). A l'approche de 2014, date à partir de laquelle un référendum d'autodétermination, l'USTKE a récemment crée le parti Travailliste, aux orientations radicales.(l'Alsace 06/08/2009)

 

Et en France, c'est pour quand ?

 

Communiqué de presse du Parti Travailliste

La crise sociale qui frappe le pays depuis plusieurs semaines vient de prendre une tournure inquiétante qui pourrait se révéler même dramatique dans les jours et les semaines à venir tant les propos gravissimes tenus hier (lundi 3 août) par le Délégué du Gouvernement peuvent avoir des effets dévastateurs dans l’opinion et entraîner des réactions en chaîne aussi imprévisibles qu’incontrôlées.


En effet, alors que le Président du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie faisait preuve d’une certaine retenue en appellant les différentes parties à "raison garder" et à reprendre la voie du dialogue, Yves Dassonville a clairement choisi quant à lui l’option d’attiser le feu de la confrontation en se livrant à une véritable déclaration de guerre et en appellant voire en encourageant ouvertement la population à se dresser contre l’USTKE, à commencer par la frange la plus réactionnaire du patronat local. Nonobstant quelques précautions de langage, le message délivré par le chef de milice qui a élu domicile au Haussariat s’est voulu clair et sans ambiguïtés : je fais tous les jours ma part du boulot en gazant, en matraquant et en emprisonnant les militants et les responsables de l’USTKE, à vous maintenant de faire le vôtre !

Ces propos nauséabonds, à forts relents séditieux et factieux, outre qu’ils sont constitutifs d’un délit d’incitation à la haine, sont d’autant plus scandaleux qu’ils émanent d’un représentant de l’
État censé être le garant de la loi et de l’ordre. Mais qu’on ne s’y trompe pas : il ne s’agit ici ni de dérapage verbal, ni de maladresse ou de bavure de langage, mais bien au contraire d’un acte de provocation parfaitement calculé. Dassonville ne fait qu’appliquer à la lettre la feuille de route que lui a fixé Sarkozy et Fillon : casser l’USTKE, et plus généralement casser du kanak, et à plus long terme contenir par tous les moyens, par la répression voire la confrontation intercommunautaire si besoin, la poussée de la force politique qui monte dans le camp indépendantiste, à savoir le Parti Travailliste.

L’erreur serait justement de prendre ces propos à la légère ou de les mettre sur le compte d’une simple logique de communication. Comme par hasard, nous venons d’apprendre que le commandant de la brigade de gendarmes mobiles de Koné vient de faire savoir aux responsables USTKE du Nord qu’en cas de nouveaux affrontements ses troupes auraient pour consigne de riposter à balles réelles. Menaces en l’air ? Pas sûr. Le 26 mai 1967, en Guadeloupe, une simple manifestation d’ouvriers du bâtiment en grève a fini en massacre et en bain de sang. Bilan : plusieurs centaines de guadeloupéens tués "à coup de balles réelles" par les gendarmes français et la milice aux ordres et sur instructions du préfet Pierre Bollotte. Et comme par hasard, sur les antennes de RRB ce mardi 4 août à midi, un porte-parole des patrons de Ducos a affirmé en direct que les patrons avaient reçu du Délégué du Gouvernement en personne l’aval pour bloquer Ducos ! Fanfaronnade ? Voire.

Sous couvert de menaces et d’outrances verbales
l’USTKE, à l’instar des talibans ou de la Camorra napolitaine, "terroriserait" le pays depuis des années (!) qui s’inscrivent dans une stratégie menée de longue date de criminalisation de l’action syndicale de l’USTKE, Dassonville, en montant d’un cran dans la provocation, cherche surtout à préparer psychologiquement l’opinion à un net durcissement de la politique de la matraque, à justifier à l’avance toutes les dérives répressives exercées à l’encontre de l’USTKE, qu’elles viennent des forces de polices ou des secteurs de la population qui doivent avoir le courage, dixit Dassonville, de ne plus se laisser intimider par l’USTKE.

Pour nous Parti Travailliste de Kanaky, Yves Dassonville n’est qu’un dangereux provocateur, un fauteur de troubles patenté. Cet homme-là n’est tout simplement pas à la hauteur de la situation, il n’a aucune qualification pour traiter des graves problèmes que connaît actuellement le pays, et il cherche à compenser son incurie et son incompétence par une posture d’homme à poigne. On a connu par le passé, aussi, quelques grands commis de l’
État qui avait de la consistance, du style, et un certain sens de l’État et de la République. Yves Dassonville ne fait manifestement pas partie de cette catégorie. Nous disons qu’il n’a plus rien à foutre en Kanaky, si tant est qu’il se soit jamais rendu utile une seule fois pour ce pays. Monsieur Sarkozy, il est plus que grand temps de rapatrier votre énergumène et de le réaffecter ailleurs…en Corse pourquoi pas !

En tout état de cause, nous disons que Gouverneur, par ses propos indignes et ses tentatives de dresser les citoyens les uns contre les autres, porte l’entière responsabilité de la situation si celle-ci venait demain à s’aggraver. Quant aux patrons de Ducos qui seraient tentés d’en découdre, nous leur rappellerons simplement l’épisode de la FPME qui s’était ouvertement engagée à mettre définitivement fin "aux agissements de l’USTKE". Que sont devenus les forts en gueule, les Descombels, Nicole Andréa, Patricia Van Ryswick et consorts ? Qu’est devenue la FPME ?

Aux milliers de militants et de sympathisants que comptent l’USTKE et le Parti Travailliste dans toute la Kanaky, nous leur disons de rester mobilisés, de faire preuve de discipline dans la mise en pratique et le suivi des mots d’ordre, d’éviter de répondre à toutes les formes de provocation, et enfin de se tenir prêts à faire face à toute éventualité. Et qu’ils se le disent : les Dassonville aboient et passent, nous nous restons, et nous serons toujours là.

En dernier lieu, le Parti Travailliste tient à saluer l’engagement de l’Union Calédonienne, de l’UCR, du SLUA, de Rhéébù Nùù, des étudiants et des associations de quartier au sein du Collectif pour la Défense des Droits et Libertés et la Libération des syndicalistes emprisonnés et adresse ses respects au trois courageux membres du Gouvernement qui ont apporté leur soutien.

L’Unité nécessaire se construit tous les jours surtout dans les périodes de difficulté.

Louis Kotra Uregei, Président du Parti Travailliste, 4 août.

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