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04/03/2011

Requiem pour une conne

De Tarnac à Tunis, tombeau pour une ministre

à lire sur UHD

11:53 | Lien permanent | Commentaires (0) |

TPI : les services français ont protégé durant des années des criminels de guerre

ancien article sur Probe ici



Coopérer avec la justice internationale ? Oui, mais d’abord protéger les « amis de la France ». Les carnets du général Rondot, saisis par la justice et largement utilisés dans l’enquête sur l’affaire Clearstream, recèlent des informations jamais utilisées jusqu’à aujourd’hui sur l’attitude de la France envers le TPIY et la poursuite des criminels de guerre. Mediapart et Le Courrier des Balkans se sont également procurés une note du général Rondot, qui explique comment les services français ont protégé des inculpés du TPIY, notamment le général croate Ante Gotovina.

Datée du 17 mars 2005, cette note est adressée au chef d’état-major particulier du président de la République, le général Georgelin, avec copie au ministre de la défense de l’époque, Michèle Alliot-Marie. Ce document atteste formellement des liens qu’ont entretenus les services secrets de la DGSE avec les forces croates dès 1991, puis, de 2000 jusqu’en 2005, avec des criminels de guerre recherchés par le TPIY.

Ces documents éclairent d’un jour nouveau le rôle des services français dans les guerres de l’ex-Yougoslavie puis leur collaboration à géométrie variable avec la justice internationale. Dans ses annotations, le général Rondot révèle en particulier comment la DGSE est restée en contact avec le général croate Ante Gotovina, inculpé et recherché par le TPIY, tout au long d’une cavale qui s’est poursuivie de 2001 à 2005.

Plus largement, le général expose comment les services de renseignements français ont suivi de près tous les dossiers concernant les criminels de guerre. Ils n’ont livré qu’au compte-gouttes des informations à la justice internationale, avec une ligne directrice : protéger leurs collaborateurs et leurs partenaires, même quand ceux-ci étaient inculpés.

En conséquence de cette collaboration bien hésitante de pays comme la France avec la justice internationale, le général Mladić court toujours, plus de quinze ans après son inculpation.

Dans les carnets, les mentions concernant les inculpés du TPIY reviennent presque chaque jour. Qu’il s’agisse de Mladić, de Karadžić, arrêté à Belgrade en juillet 2008, ou encore de Goran Hadžić (ancien président de la République serbe de Krajina accusé en 2004 de crimes de guerre et crimes contre l’humanité), lui aussi toujours en cavale, les communications sont constantes entre la ministre de la défense Michèle Alliot-Marie, le président Chirac, et la direction des services.

tLa priorité des priorités a longtemps concerné le général croate Ante Gotovina, ancien membre de la Légion étrangère. Il n’a été arrêté que le 7 décembre 2005. Quelques mois plus tôt, le général Rondot notait : « Cesser de traiter Gotovina ». Avant d’être ainsi « lâché » par la DGSE, l’homme, actuellement en jugement à La Haye pour « violations des lois et coutumes de la guerre » et crimes contre l’humanité, a joui d’une longue protection, qui s’explique par les nombreux services qu’il aurait rendu à la France.

Ante Gotovina, un itinéraire français

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Cliquez sur l’image pour accéder à la première page de la note

Ante Gotovina a toujours entretenu des liens étroits avec la France. Né en 1955, il fuit la Yougoslavie de Tito et s’engage le 1er janvier 1973 dans la Légion étrangère sous le nom d’Ivan Grabovac. Affecté au 2ème Régiment étranger de parachutistes basé à Calvi, en Corse, il fait alors une rencontre déterminante : Dominique Erulin. Les deux hommes servent sous les ordres du frère de ce dernier, le colonel Philippe Erulin, qui dirige le 2e REP. Leur fait d’arme est d’avoir sauté sur Kolwezi (Zaïre), en 1978, afin de rapatrier les Européens menacés par des rebelles. Ante Gotovina quitte la Légion en 1978 avec le grade de caporal-chef et obtient la nationalité française en avril 1979.

Après s’être reconverti un temps dans les officines de sécurité, il sombre dans le banditisme puis rejoint la Croatie en juin 1991 (pour lire le détail de cet itinéraire cliquez ici). Il connaît alors une ascension fulgurante jusqu’à devenir général de corps d’armée en 1995 et commandant du district militaire de Split. À ce titre, il participe à l’opération « Tempête » (Oluja) , la « guerre éclair » qui permet à l’armée croate de reconquérir en quelques jours le territoire occupé par les sécessionnistes de la République serbe de Krajina.

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Cliquez sur l’image pour accéder à la deuxième page de la note

Cette opération a en fait été préparée avec les services de renseignements militaires occidentaux, notamment américains et français. Dans la note du 17 mars 2005 que nous révélons, Rondot écrit : « C’est ainsi qu’en août 1995, l’un des personnels [de la DGSE] a suivi le déroulement de l’opération ’Oluja’ de reconquête des Krajinas par l’armée croate. C’est pour des faits remontant à cette période que le général Ante Gotovina est aujourd’hui poursuivi par le TPIY. »


Retrouvez notre dossier :
TPI : Ante Gotovina, criminel de guerre et « ami de la France »

 

 

 

 

 

la suite sur Le Courrier des Balkans

 

10:35 | Lien permanent | Commentaires (0) |

18/02/2011

La vie de Michèle Alliot-Marie est un long fleuve tranquille

Selon le contrat que Le Nouvel Observateur a pu se procurer, l'homme d'affaires tunisien Aziz Miled avait l'intention de céder la société civile immobilière Ikram aux parents de la ministre dès sa création.

MAM: Le contrat qui éclaire

Sur son site internet, Le Nouvel Obs publie vendredi le contrat liant les parents de Michèle Alliot-Marie à Aziz Miled. D'après le document, l'homme d'affaires tunisien et son fils avaient prévu de céder leurs parts pour que la SCI revienne dans sa globalité à Renée et Bernard Marie.

On en sait désormais un peu plus sur le contrat qui lie les parents de Michèle Alliot-Marie à Aziz Miled. En effet, Le Nouvel Obs, qui s'est procuré ledit contrat et qui le publie vendredi sur son site internet, indique que l'homme d'affaires tunisien – critiqué pour sa proximité du clan Ben Ali – avait prévu de céder la société civile immobilière (SCI) en question (lire: MAM, un bien immobilier qui pose question) à Bernard et Renée Marie dès la fin de sa construction. L'appartement est situé dans un complexe immobilier à Gammart, une banlieue huppée de Tunis.

Après avoir créé en octobre 2010, avec son fils Karim, une SCI d'un capital de départ de 5.000 dinars, soit environ 2.500 euros, Aziz Miled décide d'augmenter ce capital pour le porter à 755.000 dinars, "soit une augmentation de 750.000 dinars" (environ 375.000 euros). Cela passe, précise le contrat, par "la création de 75.000 parts nouvelles de 10 dinars chacune réparties à parts égales entre Madame Renée Marie et Monsieur Bernard Marie". Mais cela ne s'arrête pas là. Une fois les quatre parties ainsi liées, deux cessions de parts sont réalisées. D'abord, Aziz Miled cède les parts lui appartenant pour 4.000 dinars, soit environ 2.000 euros, au père de la ministre des Affaires étrangères. Et son fils fait de même avec la mère de MAM, pour une somme de 1.000 dinars. L'acte de cession de parts sociales est signé le 30 décembre par les époux Marie – lors de leur séjour très controversé en Tunisie – et le 4 janvier par Aziz Miled.

Suite à la révélation du Canard Enchaîné mercredi, Bernard Marie était monté au créneau pour défendre Michèle Alliot-Marie. "C'est privé et cela ne concerne en rien ma fille", avait-il déclaré sur i-Télé, assurant que la ministre n'était pas "partie prenante" dans cette affaire. Avant de conclure que, à 93 ans, il n'avait "pas besoin de consulter (sa) fille pour acheter quelque chose".

piqué au tas sur www.lejdd.fr - 18/02/2011

Alliot-Marie : le fameux contrat

L’homme d’affaires tunisien Aziz Miled a créé la société civile immobilière Ikram avec l’intention de la céder aux parents de Michèle Alliot-Marie, Renée et Bernard Marie. C’est ce qui ressort du contrat établi entre les deux parties que Le Nouvel Observateur a pu se procurer. Le 7 octobre 2010, Aziz Miled enregistre la fondation d’une SCI dotée d’un capital de départ de 5.000 dinars (environ 2.500 euros) réparti entre lui et son fils, Karim. Cette coquille juridique est visiblement destinée dès l’origine à être transmise à d’autres.

En effet, huit jours plus tard, les deux hommes décident d’augmenter "le capital social en numéraire pour le porter de 5.000 dinars à 755.000 dinars, soit une augmentation de 750.000 dinars (environ 375.000 euros) et ce par la création de 75.000 parts nouvelles de 10 dinars chacune réparties à parts égales entre Madame Renée Marie et Monsieur Bernard Marie". Puis, Aziz Miled a cédé ses parts à Bernard Marie pour la somme de 4.000 dinars (2.000 euros). Son fils, Karim a fait de même avec Renée Marie contre 1.000 dinars (500 euros). Renée et Bernard Marie s’engagent en échange à apporter à la société la somme en numéraire de 755.000 dinars, soit environ 326.000 euros. Ils profitent de leur séjour à Tabarka pour apposer leur signature sur l’acte de cession le 30 décembre 2010.

Dans un communiqué publié après les révélations du Canard Enchaîné, Bernard Marie a expliqué que cette SCI est propriétaire "d’une option d’achat sur un appartement en cours de construction, à Gammart", une banlieue huppée de Tunis qui abrite de nombreux palaces. Les statuts ont effectivement été déposés auprès de la Recette de l’Enregistrement des Actes de Sociétés 1er bureau Tunis, qui correspond à la zone de Gammart. Aziz Miled était associé avec Slim Chiboub, l’un des gendres de Ben Ali, aujourd’hui réfugié à l’étranger, à un très juteux projet de marina dans cette même baie de Gammart. Un immense complexe touristique qui mordait sur la forêt domaniale. Le terrain public, déclassé et rendu constructible, aurait été vendu par l’Agence foncière touristique au prix dérisoire de 12 dinars (6 euros) le mètre carré, dans une zone où les prix dépassent souvent les 5.000 dinars le mètre carré. Une opération qualifiée de "cadeau du pouvoir" par plusieurs hommes d’affaires tunisiens.

Ce contrat devrait être également bientôt disponible en ligne sur le site du registre du commerce de Tunisie, conformément à une politique de transparence de ces nouveaux responsables.

Christophe Boltanski

piqué au tas sur leNouvelobs.com - 18/02/2011

 

Voici une chronologie des événements qui ont conduit le président tunisien Zine el Abidine ben Ali à quitter le pouvoir, et à partir en Arabie saoudite :

17 décembre 2010 – Mohamed Bouazizi, un jeune marchand ambulant, s’immole par le feu à Sidi Bouziz (centre) pour protester contre la confiscation de sa marchandise.

19 décembre – Les manifestations de Sidi Bouzid prennent de l’ampleur et la police fait usage de gaz lacrymogène. Des dizaines de personnes sont arrêtées.

22 décembre – Houcine Neji, 24 ans, se donne la mort par électrocution. Il ne voulait “plus de misère, plus de chômage”.

24 décembre – Le mouvement gagne Bouziane, 240 km au sud de Tunis, où un manifestant de 18 ans est tué d’une balle dans la poitrine lorsque la police ouvre le feu sur les contestataires.

27 décembre – Le mouvement de protestation gagne la capitale tunisienne. Un millier de jeunes diplômés au chômage manifestent et sont dispersés à coups de matraques. Des témoins font état d’une douzaine de blessés.

28 décembre – “Qu’une minorité d’extrémistes et d’agitateurs (…) ait recours à la violence et aux troubles dans la rue (…) est inacceptable”, affirme le président Ben Ali dans sa première allocution télévisée depuis le début des troubles.

29 décembre – Ben Ali effectue un remaniement ministériel partiel.

5 janvier 2011 – Décès du marchand de primeurs Mohamed Bouazizi

6 janvier – Plusieurs milliers d’avocats se mettent en grève pour dénoncer la répression policière, tandis que les manifestations se poursuivent.
La censure en ligne se durcit, plusieurs cyber-dissidents sont arrêtés.

9 janvier – Les autorités font état de 14 morts après les affrontements de la veille entre manifestants et forces de l’ordre à Thala, à Kasserine et à Regueb.

10 janvier – Le président Ben Ali intervient pour la deuxième fois à la télévision et dénonce des “actes terroristes” qu’il impute à “des éléments étrangers”. Il promet en outre 300.000 créations d’emplois en deux ans. Le gouvernement tunisien ordonne la fermeture de toutes les écoles et universités du pays jusqu‘à nouvel ordre.

11 janvier – Les violences gagnent la banlieue de Tunis. Samir Labidi, porte-parole du gouvernement, fait état de 21 morts depuis le début des troubles. Selon la Fédération internationale des ligues de droits de l’homme (FIDH), le nombre de morts dans les émeutes en Tunisie s‘élève à au moins 35.

12 janvier – Le chef de l’Etat limoge le ministre de l’Intérieur, Rafik Belhaj Kacem. Un couvre-feu est décrété dans la capitale et sa banlieue.

13 janvier – Le président annonce à la télévision qu’ il ne briguera pas de nouveau mandat en 2014 et promet la liberté de la presse. Son interventions ne calme pas les manifestations. Selon la FIDH, les émeutes ont fait au moins 66 morts depuis mi-décembre.

14 janvier – Nouvelle manifestation à Tunis pour réclamer le départ immédiat de Ben Ali
Vers 15h15 GMT, le chef de l’Etat annonce le limogeage du gouvernement et la tenue d‘élections législatives anticipées dans les six mois. Trois-quarts d’heure plus tard, il décrète l‘état d’urgence et impose le couvre-feu dans tout le pays.
Vers 17h45 GMT, le Premier ministre, Mohamed Ghannouchi, annonce que Ben Ali est temporairement dans l’incapacité d’exercer ses fonctions et déclare assumer la charge de président par intérim jusqu‘à des élections anticipées. Ben Ali quitte la Tunisie.

15 janvier – L’Arabie saoudite confirme peu avant 01h00 GMT que Ben Ali et son épouse se trouvent sur son sol pour une durée indéterminée.

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piqué au tas sur fr.euronews.net - 2011/01/15

 

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19/11/2009

Soldats tués en Côte-d’Ivoire, la juge veut entendre MAM

06/11/2009 à 00h00

Soldats tués en Côte-d’Ivoire, la juge veut entendre MAM

Justice . Alliot-Marie était à la Défense quand les neuf Français sont morts.

1 réaction

Par THOMAS HOFNUNG

Qui a donné l’ordre de bombarder, le 6 novembre 2004, un campement de l’armée française à Bouaké, en Côte-d’Ivoire, tuant neuf soldats et un civil américain ? Cinq ans après, la vérité n’a toujours pas été établie, malgré la ténacité de la juge du tribunal aux armées de Paris, Florence Michon, qui instruit une plainte contre X déposée en janvier 2005 par les familles des victimes pour «assassinats, tentative d’assassinats et destruction de biens».

La magistrate, qui a entendu ces derniers mois plusieurs responsables de premier plan, dont Dominique de Villepin (à l’époque ministre de l’Intérieur), souhaite auditionner la garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, alors à la Défense. «MAM», qui a déclaré qu’elle répondrait à une éventuelle convocation de la juge, a assuré que les mercenaires «slaves»pilotant les deux Sukhoï-25 de l’armée ivoirienne impliqués dans le raid contre les Français n’avaient pas été identifiés à l’époque des faits. Or, comme le rappelle l’avocat de plusieurs familles de soldats tués, Me Jean Balan, il est établi qu’ils ont été arrêtés au Togo, au sein d’un groupe de huit mercenaires, quelques jours seulement après les faits, et mis à la disposition de Paris. Mais les ministères de la Défense et de l’Intérieur n’ont pas donné suite. Comme le rapportait le site Mediapart, en juin 2008, Dominique de Villepin, pourtant très au fait du dossier ivoirien, a affirmé à la juge Michon qu’il n’avait pas été informé de l’arrestation de ces mercenaires lorsqu’il était Place Beauvau.

Autre bizarrerie, des techniciens biélorusses, ukrainiens et russes chargés de l’entretien des Sukhoï avaient été interpellés par les forces françaises sur l’aéroport d’Abidjan après le raid, puis avaient été remis à un diplomate russe au bout de quelques jours. Devant la juge, le patron des forces françaises de l’époque, le général Henri Poncet, a confié : «Nous avions bien compris que nous ne devions pas nous intéresser aux mercenaires.» Depuis le début de cette affaire, les autorités françaises se comportent comme si elles avaient quelque chose à cacher. Les corps des victimes ont été enterrés à la va-vite, sans autopsie. Si vite que deux corps ont été inversés dans les cercueils. De source proche de l’enquête, on se demande si cette précipitation n’est pas liée à l’implication embarrassante dans cette affaire d’un marchand d’armes français installé au Togo. Robert Montoya, un ancien de la cellule antiterroriste de l’Elysée sous Mitterrand, est soupçonné d’avoir fourni les avions de fabrication soviétique aux autorités ivoiriennes, ainsi que les pilotes et les techniciens pour les opérer. Après le bombardement de Bouaké, c’est lui qui aurait récupéré les équipages slaves, assurant leur exfiltration vers leur pays d’origine, via le Togo. A ce jour, il n’a pas été entendu par la juge. Après le bombardement de Bouaké, l’armée française avait détruit la quasi-totalité de la flotte militaire ivoirienne. En représailles, les partisans du président Laurent Gbagbo avaient attaqué la communauté française, entraînant l’évacuation de plus de 8 000 personnes.

fulbert (315)
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A l'épreuve de la vérité...
Bonjour,

Au siècle dernier, Madame Michèle Alliot-Marie a commis un ouvrage intitulé "la République des irresponsables."

Faisant la leçon à tout ce qui bouge, elle écrivait à la page 223 de son bouquin : « La responsabilité est le fondement même de notre République. Sanctionner au sein même de l'Administration la passivité voulue, obliger à réparer les conséquences d'une attitude irresponsable dans l'exercice professionnel paraît une exigence de bon sens, et qui surtout a besoin d'être rappelée ? »

A l'épreuve de la vérité, elle doit enfin dire ce qu'elle sait... Tout ce qu'elle sait... Dans tout ce qu'elle sait... Et non fuir ses responsabilités surtout pour ce qui me concerne...

En effet, elle en a dit des énormités notamment sur "l'assassinat" d'un gendarme sur l'île de Saint-Martin (Guadeloupe) ; c'est-à-dire d'un meurtre avec préméditation, faisant l'amalgame avec le meurtre du jeune Ilan Halimi par un certain "Fofana" qui faisait parti d'un gang dit "le gang des barbares", fustigeant par ses propos irresponsables le peuple noir des Antilles !

Or la mort du gendarmes - qui ne peut en aucune façon être passée sous silence et l'auteur doit être sévèrement condamné - est le fait d'un dramatique accident d'un jeune sur une moto.

Ce dernier a également failli y laissé la vie.

La ministre de la défense ne pouvait ignorer la vérité d'autant que le chef de l'Etat, Monsieur Jacques Chirac et le ministre de l'intérieur de l'époque, Monsieur Nicolas Sarkozy, s'étaient abstenus de tout commentaire, attendant le résultat des enquêtes en cours. Lire http://archives0407.philippe-folliot.fr/actu/?2006/02/28/546-deces-du-gendarme-raphael-clin

La presse - "qui s'est emballée" selon Libé - a remis tout cela à l'endroit. Lire ici http://www.liberation.fr/politiques/010140986-affaire-clin-l-emballement-de-la-metropole-denonce

Je me permettrai, dès lors, de reparler de l'affaire qui m'oppose à la ministre de la défense, Madame Michèle Alliot-Marie, qui a couvert un général corbeau auteur d'usurpation de l'identité de MAM pour me faire chanter, détournant l'adresse électronique du gouvernement (ministère de la défense) pour ce faire, etc.

J'ai transmis les nombreuses preuves à MAM - qui m'a accusé réception - mais a refilé le fric de l'Etat à ce corbeau pour me poursuivre parce que j'avais démasqué ce général qui m'insultait par ailleurs sur le net. Ci-joint le lien ad-hoc http://www.yoyotte-armee.com/usurpation.htm

Dès lors, il est urgent - vu la rupture - que Madame la ministre, Madame Michèle Alliot-Marie, dise tout ce qu'elle sait... dans toutes les "affaires"...

J'espère que je pourrai y arriver - tout comme dans l'affaire des soldats tués en Côte d'Ivoire si elle connaît des "choses" qui doivent éclairer la manifestation de la vérité - car selon qu'on est puissant ou misérable, etc.

Je ne sais si ce message sera publié par notre hôte, mais force est de constater - sans flagornerie aucune - que le seul quotidien qui laisse les "sans-grades" s'exprimer est bien LIBERATION.FR !

En tout cas, j'ai eu l'audace d'aller sur un forum d'un quotidien qui commence par F et finit par O et qui enjolive souvent la réalité des "chefs" qui nous gouvernent. J'ai réfléchi. Ils m'ont censuré !
Samedi 07 novembre à 15h48




Des avions et hélicoptères saisis chez un ancien gendarme

- [ 1/16/2006 ]

 

 

Les autorités togolaises ont saisi ces dernières semaines des avions et des hélicoptères de combats appartenant à un ancien gendarme français installé à Lomé, Robert Montoya, a rapporté dimanche la présidence togolaise citant le commandant Moïse Oyomé Kemence, porte-parole des Forces armées togolaises (FAT).

"Nous avons saisi deux aéronefs Mig 23 et deux hélicoptères Mi8, des appareils de combat stationnés à l'aéroport de Lomé appartenant à Robert Montoya", qui possède plusieurs sociétés travaillant notamment dans le secteur du gardiennage et de la sécurité, a déclaré le commandant Kemence.

 

"Le gouvernement lui avait demandé de fournir des explications sur la provenance et la destination de ces appareils lorsqu'il a constaté leur présence", a-t-il ajouté.

 

Selon le commandant Kemence, une perquisition a été effectuée en décembre dans les bureaux des sociétés de M. Montoya à la suite d'une plainte déposée contre lui par le ministre togolais de la Défense Kpatcha Gnassingbé.

 

Le porte-parole des FAT n'a pas précisé si les avions de chasse et les hélicoptères saisis étaient en pièces détachées ou en état de vol.

 

"Laissons la justice s'occuper de ce dossier avec précision et sans préjugés. Nous ne savons pas si ces appareils sont destinés à la Côte d'Ivoire. Seul M. Montoya peut nous dire la provenance et la destination des appareils", a ajouté le commandant Kemence.

 

L'officier a affirmé que le Togo "ne servira jamais de zone de transit d'armes et de munitions vers la Côte d'Ivoire ou tout autre pays".

 

La Côte d'Ivoire, coupée en deux depuis une tentative manquée de coup d'Etat en septembre et en proie depuis lors à une grave crise politico-militaire, est sous le coup d'un embargo sur les armes imposé en novembre 2004 par l'ONU.

 

La juge du tribunal aux armées de Paris (TAP), Brigitte Raynaud, a séjourné cette semaine à Lomé dans le cadre de l'exécution d'une commission rogatoire internationale (CIR) visant à obtenir des informations sur la provenance du matériel militaire des forces loyalistes ivoiriennes ayant servi au bombardement d'un camp militaire français à Bouaké (centre, zone rebelle) en Côte d'Ivoire le 6 novembre 2004.

 

Cette attaque, réalisée par des avions Sukhoï 25, avait fait dix morts, neuf militaires français et un civil américain.

 

La juge s'interroge principalement sur l'origine de ces deux Sukhoï 25.

(XINHUA)

 

 

 

 

PRESSAFRIQUE 31.10.05
Le massacre du 09.11.04 à Abidjan par l'armée française - un  crime contre l'humanité - un fusible nommé Poncet - panique à l'Elysée - la commission d'enquête n'aura pas lieu

Le soldat «respecte l'adversaire et veille à épargner les populations. Il obéit aux ordres dans le respect des lois, des coutumes de la guerre et des conventions internationales»
La carte du soldat.

"Quand on veut noyer son chien on dit qu'il a la rage"

Suite à l'enquête judiciaire sur un certain nombre d'exactions commises par l'armée française en Côte d'Ivoire, le ministère de la défense s'est empressé de livrer à la vindicte populaire le général Poncet qui aurait couvert l'assassinat d'un présumé "bandit", Firmin Mahé, le 13 mai 2005, dans des circonstances atroces. Lors de son transfert à l'hôpital pour blessures légères celui-ci aurait été achevé par étouffement à l'aide d'un sac en plastique par des soldats français (deux soldats du rang et un adjudant-chef). Il a été ensuite enterré dans une fosse commune sans que la famille en soit avertie. Ce présumé "bandit" a été présenté par les médias français comme un "violeur, assassin, coupeur de route" sans l'ombre semble-t-il  d'une enquête judiciaire et de la moindre vérification déontologique. 
Quand on veut étouffer son chien on dit qu'il a la rage.  La Croix (27.10.05
la Côte d'Ivoire retient son souffle) va même jusqu'à écrire dans un article : " L'Ivoirien de la rue a du mal à comprendre qu'on reproche à des militaires d'avoir tué un «bandit» comme cela se fait, hélas, couramment ici sans autre forme de procès." A peu de choses près on retrouve les mêmes propos dans une bonne partie de la presse française qui reprend les communiqués de l'Elysée et de l'armée ( un peu comme au rwanda) sans trop se poser de questions. On espère simplement que pour ces euphémisateurs et culturalistes de service qui savent si bien faire parler les autres, que les faits dont on accuse Firmin Mahé alias Fabien sont vrais. Et même s'ils l'étaient cela ne justifierait en aucun cas le comportement inadmissible de soldats français couvert par leur hiérarchie. Par contre lorsqu'il a fallu évoquer la responsabilité française, dans les massacres du 9 novembre, soulevée par le rapport d'Amnesty International , on a eu le droit à un petit encart  dans Le Monde, Libération (26.10.05) et Le Figaro du 26.10.05 et guère plus jusqu'à ce jour. Une sensiblité médiatique à géométrie variable en fonction des canons de la mode dictés par l'Elysée?  Le 1er décembre 2004 le Canard Enchaîné s'était étonné du traitement médiatique des évènements de novembre en Côte d'Ivoire dans un article de Jean-François Juliard intitulé "La psychose d'une guerre gagne nos "amis" d'AFrique francophone. Délire sécuritaire des collègues de Chirac. Et enquête discrète des gendarmes." (01.12.04). Extrait (Des télés très embarquées) : "Pourquoi les télés françaises - qui avaient pourtant brocardé le journalisme américain au garde-à-vous en Irak - se sont-elles longtemps contentées d'une seule version des faits? Un reporter, présent sur place, raconte : "pour des raisons de sécurité, les confrères étaient très encadrés par l'armée française. Le matin le commandant, responsable des relations avec la presse les réunissait et annonçait le programme. Très Club Med. Par exemple : "Activités de ce 10 novembre. TF1 : patrouille en VAB (un blindé léger). France 2 : extraction (évacuation) de compatriotes dans le quartier du Plateau" Etc ." 

Le général Poncet, le colonel Burgaud  ainsi qu'un autre haut gradé dont le nom devrait être connu dans les jours à venir ont subi des sanctions disciplinaires. Ils ont été reconnus coupables d'avoir "couvert" cet assassinat. Le général Poncet a été suspendu à titre provisoire et conservatoire à la demande du ministre de la défense. C'est la première fois dans l'histoire de la République françafricaine qu'un quatre étoiles est suspendu. C'est donc que l'heure est grave. Or si l'Elysée via Michèle Alliot-Marie a pris cette décision aussi sévère en portant la charge sur le général Poncet principal responsable des opérations de la Licorne en Côte d'Ivoire au moment des faits c'est que les faits reprochés à certains hauts gradés pouraient être beaucoup plus graves et risqueraient de porter atteinte aux politiques qui les ont couvert. En effet, on compte depuis l'intervention des forces "impartiales" françaises en Côte d'Ivoire un certain nombre d'exactions dont il est fort probable que certaines n'ont pas même encore été portées devant la justice. Pour celles qui ont été signalées on note un certain nombre de crimes : "sur les quelque 50.000 soldats français qui se sont relayés depuis trois ans  au sein du contingent Licorne, 12 ont déja été condamnés pour vol, 1 pour meurtre, et 6 en attente de jugement pour viol"(JAI 23.10.05
L'honneur terni du général Poncet ). A cela s'ajoute le cas de six autres qui ont braqué la banque de Bouaké ( Le Messager 21.10.05 L'étrange affaire Poncet).  Par ailleurs le laxisme de la justice militaire française a entraîné la libération par erreur de deux des soldats impliqués dans le cambriolage des agences de la BCEAO à Bouaké et à Man (Le général Henri Poncet humilié : les vraies raisons d'un sacrifice - Décryptage , Courrier d'Abidjan 18.10.05). Beaucoup plus problématique, même si la presse coutumière de la loi de l'omerta ne l'aborde pas,  sont les responsabilités politiques et militaires françaises au regard des massacres commis par certains soldats de la force Licorne lors des manifestations antifrançaises  à l'encontre des civils ivoiriens qui manifestaient début novembre 2004.

Le lâchage du général Poncet, responsable des opérations au moment des faits, pourrait constituer le fusible protégeant les politiques au plus haut niveau qui ont couvert ces exactions, à savoir la ministre de la défense et le président de la république. La panique est telle à l'Elysée que l'on soutient, en dépit de la réalité des faits avérés, la théorie de "la légitime défense élargie" et que l'on refuse toute commission d'enquête parlementaire demandée par la Fédération Internationale des Droits de l'Homme, de la Ligue des Droits de l'Homme, par des députés socialistes et communistes (Nouvel Obs.com PC et PS veulent
une enquête
; FIDH 30.11.04 La FIDH et la LDH demandent au Parlement français d'ouvrir une commission d'enquête sur la répression des manifestations du 9 novembre en Côte d'Ivoire ;FRATERNITE MATIN 27.10.05 Affaire Poncet : un député socialiste et Amnesty International chargent la France ). Un déni de démocratie au pays des droits de l'homme sous prétexte que "cela constituerait une défiance à notre armée". (JAI 08.02.05  Michelle Alliot-Marie, à propos d'une enquête sur les évènements de l'hôtel Ivoire "Ce serait une défiance à notre armée"). 

Ce "deux poids deux mesures" reste bien incompréhensible. Pourquoi ne pas alors envisager que l'enquête sur le général Poncet constituerait une défiance à notre armée? Si l'on remontait la chaîne du commandement dans les évènements de novembre 2004, il faudrait de toute évidence aborder les responsabilités politiques. Et déja les "plumitifs attitrés de l'Elysée et des cabinets ministériels français",comme les nomme Notre Voie ( 26.10.05 Acculé, Paris livre Poncet ), chargent au maximum un général Poncet qui décidément a le dos très large. François Soudan dans Jeune Afrique l'Intelligent écrit (JAI 23.10.05 L'honneur terni du général Poncet) :
"C'est lui et lui seul (le général Poncet, ndlr) qui prend ainsi la décision de détruire, sur l'aéroport de Yamoussoukro, les deux Sukhoï responsables du raid meurtrier sur la base française de Bouaké - informé qu'après coup d'un ordre de destruction qu'il avalisera et étendra aussitôt à la totalité de la flotte aérienne ivoirienne. C'est lui et lui seul qui, dans la nuit de ce même 6 novembre, décide de recourir aux hélicoptères de combat pour empêcher la foule des manifestants de traverser les deux ponts d'Abidjan. C'est lui et lui seul, enfin, qui, le 9 novembre, ordonne aux forces spéciales d'aller prêter main forte aux marsouins du colonel Destremau bloqués dans l'hôtel Ivoire, avec autorisation de tirer." En clair l'armée française fait ce qu'elle veut en Côte d'Ivoire et échappe à tout contrôle politique. Sommes nous entrés dans l'ère de la dictature en ce qui concerne la politique africaine de la France? Et s'agit-il pour les politiques de reprendre le dessus en sanctionnant un haut-gradé incontrôlable?

Le massacre commis le 9 novembre à l'encontre des manifestants ivoiriens, peut être qualifié sans encombre de crime contre l'humanité dans le sens où il y a eu tirs à balles réelles sur des manifestants belliqueux mais non armés comme le montrent les images de la télévision ivoirienne reprise dans l'émission 90 minutes (Canal Plus 90 minutes 14.02.05 le mardi noir de l'armée française). Cette émission, du fait des pressions exercées par la Françafrique, a été mise sous contrôle et est devenue étroitement surveillée quant au contenu des thèmes abordés d'après le Canard Enchaîné (Pressafrique 21.09.05 Haro sur 90 minutes - La Françafrique muselle Canal Plus ) .  L e rapport d'Amnesty International met lui aussi en cause la méthode utilisée par les forces françaises pour réprimer les manifestations anti-françaises autour de l'Hôtel Ivoire. Dans ce rapport il est écrit noir sur blanc que "les forces françaises ont, à certaines occasions, fait un usage excessif et disproportionné de la force létale alors qu'elles se trouvaient face à des manifestants qui ne représentaient pas une menace directe pour leurs vies ou la vie de tiers» (Côte d'Ivoire : un avenir lourd de menaces, Amnesty International 26.10.05).  Le ministre de la défense en dénonçant l'omission de certains faits dans ce rapport et en arguant que les forces françaises étaient en "légitime défense élargie" se place en protecteur des soldats de la Licorne qui ont réprimé les manifestations et semble bien décidé, selon son bon vouloir, à déclarer ce qui doit être sanctionné et ce qui ne doit pas l'être (Nouvel Obs.com 28.10.05 Abidjan : Alliot-Marie conteste Amnesty ). Or, le mandat des Nations-Unies n'autorise en aucun cas l'armée française à tirer à balles réelles sur des civils désarmés. Cette attitude ne peut être en aucun cas assimilée à une « opération de maintien de l'ordre sous mandat de l'ONU ». Rien ne semble plaider en la faveur d'une telle opération à en croire les images de la télévision ivoirienne repris dans l'émission de Canal Plus 90 minutes, le 14.02.2005 (Le mardi noir de l'armée française). La volonté de couvrir les exactions de l'armée française au plus haut niveau ne relève-t-il pas du même délit attribué au général Poncet sur l'assassinat de Firmin Mahé? La question reste entière mais la communication de Michèle Alliot Marie avant de plaider "une légitime défense élargie" a connu de nombreuses vicissitudes et des variations pour le moins surprenantes montrant un cafouillage et un manque d'accordage dans la communication entre le ministère de la défense et les haut-gradés de l'armée. Une confusion qui ne semble toujours pas dissipée mettant les responsables politiques directement concernés dans une position d'équilibriste intenable. D'autant plus que certains éléments ne semblent pas aller dans le sens d'un général Poncet seul aux commandes. Ainsi dans le journal d'Antoine Glaser, la Lettre du Continent (N°460, du 9 décembre 2004) dans l'édito de première page ("Le profond "trauma" ivoirien!", il est évoqué les liens étroits entre Poncet et MAM lors de la crise ivoirienne : "Mais aux moments de la crise à Abidjan, le commandant de la force Licorne, le général Henri Poncet, était en direct avec la ministre de la défense, Michèle Alliot-Marie, et les diplomates étaient complètement déconnectés...". Le Canard Enchaîné du 01.12.04 signale dans un article intitulé "Enquête discrete sur le secret de la Licorne" : "qu'une enquête interne ordonnée par Alliot-Marie concerne les conditions d'ouverture du feu, les dispositifs de protection et d'organisation des sites occupés ainsi que la présence et le rôle d'éventuels tireurs d'élite". Ce rapport a l'époque n'avait pas donné lieu à une enquête par le parquet. Ces éléments attestent que la ministre de la défense a été assez rapidement mise au parfum sur les "dérapages" des troupes françaises devant l'hôtel Ivoire pouvant expliquer certains revirements rhétoriques. Retour sur un cafouillage et un brouillage de la communication sur le drame du 9 novembre flirtant avec la désinformation.

Déclaration de Michèle Alliot-Marie le 10.11.04 :  
C'est qu'il y a eu des échanges de coups et de tirs entre la foule, les jeunes patriotes et les soldats (ivoiriens,ndlr), les militaires (ivoiriens, ndlr) et gendarmes ivoiriens qui étaient en interposition entre la foule et les blindés français". (Canal Plus 14.02.05 90 minutes le mardi noir de l'armée française).

Déclaration du général Poncet responsable de l'armée en Côte d'Ivoire le 13.11.04 qui contredit MAM et admet les tirs français mais évoque la légitime défense:
" Des tirs sont partis sur nos forces depuis les derniers étages de l'hôtel ivoire de la grande  tour que nous n'occuppions pas et depuis la foule. Dans ces conditions nos unités ont été amenées à faire des tirs de sommation et à forcer le passage en évitant bien évidemment de faire des morts et des blessés parmi les manifestants. Mais je répète encore une fois les premiers tirs n'ont pas été de notre fait".(Canal Plus 90 minutes 14.02.05 le mardi noir de l'armée française)

Le 15 novembre 2004, le colonel Gérard Dubois enfonce le clou, "porte-parole de l'état-major français, s'exprimant à la télévision suisse romande, dément implicitement les premières explications de la ministre Michèle Alliot-Marie (les soldats français n'ont pas tiré, mais il y a eu échange de coups de feu entre manifestants et militaires ivoiriens), en reconnaissant : « Nous avons effectivement été amenés à tirer, des tirs en légitime défense et en riposte par rapport aux tireurs qui nous tiraient dessus. » Il est à noter que TV5, chaîne francophone émettant en direction de l'Afrique, a soigneusement veillé à ne pas reprendre cette interview du porte-parole de l'état-major" (L'Humanité, 27.11.04 ; Et les soldats français ont tiré....)

Le chef de la gendarmerie ivoirienne Guiabi lance la polémique, il accuse le colonel français qui dirigeait les opérations à l'hôtel Ivoire d'avoir provoqué la fusillade :
" Il a donné l'ordre de tirer il n'y avait pas de tirs auparavant, il n'y avait pas eu  un seul coup de feu avant que les militaires français commencent à tirer.  Ils n'ont pas tiré au hasard les militaires français, c'est leur chef de corps qui a donné l'ordre de tirer"(Canal Plus 90 minutes 14.02.05 le mardi noir de l'armée française)

Le chef d'état-major Henri Bentégeat monte au créneau et déclare le 3 décembre 2004 : "Nous avons eu le sentiment d'un bout à l'autre que ce fameux colonel de  gendarmerie qui accuse aujourd'hui  l'armée française avait en réalité chercher à provoquer l'incident que ce sont les gendarmes ivoiriens qui ont cherché à se saisir à un moment de certains de nos soldats pour les envoyer dans la foule et c'est là que nous avons du ouvrir le feu après les tirs de sommation".(Canal Plus 90 minutes 14.02.05 le mardi noir de l'armée française)

De toute évidence la ministre de la défense a dû adapter son discours sur celui de l'Etat-major et dès lors a défendu l'idée d'une "légitime défense" : 
"Les soldats "ont réagi dans le cadre des règles, c'est-à-dire avec des tirs de sommation, des tirs de dissuasion et ils n'ont de toutes façons agi qu'en totale légitime défense" (Nouvel obs.com 01.12.04, Alliot-Marie défend à nouveau ses soldats),

Ce qu'infirme complètement le reportage de la télé ivoirienne qui montre des manifestants pacifiques et sans armes mais qui débordent le cordon de sécurité mis en place par les militaires français et les gendarmes ivoiriens. Le colonel Destremau responsable des opérations militaires du 9 novembre 2005 devant l'hôtel Ivoire  contredit aussi l'hypothèse avancée par MAM de simple légitime défense, dans les colones de Libération il déclare :

Libération 10.12.04
"Pour l'honneur de mes soldats", le colonel Destremau témoigne de la fusillade devant l'hôtel Ivoire
" On arrivait pas à éloigner cette foule qui, de plus en plus était débordante. Sur ma gauche, trois de nos véhicules  étaient déja immergés dans la foule. Un manifestant grimpe sur un de mes chars et arme la mitrailleuse 7-62. Un de mes hommes fait un tir d'intimidation dans sa direction ; l'individu redescend aussitôt du blindé. Le coup de feu déclenche une fusillade. L'ensemble de mes hommes fait des tirs uniquement d'intimidation". assure le colonel Destremau, ajoutant que seuls les COS auraient visé certains manifestants avec leurs armes non létales. A propos du corps décapité que montrera la télévision, le colonel assure que ses "hommes n'ont pu faire cela". "Nous n'avions pas les armes pour infliger de telles blessures. Si nous avions tiré au canon dans la foule, ça aurait été le massacre" conclut-il. Aujourd'hui, le colonel Destremau souhaite pouvoir témoigner devant une commission d'enquête "pour l'honneur de (ses) soldats, qui se sont remarquablement bien comportés"...

Images de la Radio Télévision Ivoirienne reprise par l'émission 90 minutes sur Canal Plus le 14.02.05 Le mardi noir de l'armée française
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Ces tirs de sommation ajoutés aux tirs du COS équipés d'armes dites non létales et qui ont visé les manifestants selon le colonel Destremau ont fait selon Le Parisien (cité dans le reportage de Canal Plus le mardi noir de l'armée française), 16 morts et des centaines de blessés parmi une population civile désarmée.

De même, le Canard Enchaîné du mercredi 8 décembre 2004 (L'armée recule sur le front des chiffres...En Côte d'Ivoire, l'enquête interne conclut à une cinquantaine de morts. La thèse de la légitime défense a pris du plomb. Et pas la moindre image des cameramen militaires pour y voir plus clair), cite les propos d'un officier français qui remet sérieusement en cause la thèse de la légitime défense : "Il ne s'agissait pas, comme on nous demande de le dire, de légitime défense au sens strict du terme, précise un officier, mais plutôt d'envoyer ce message : "ça suffit. On arrête de jouer". Et ça a marché. On a tenu les points stratégiques d'Abidjan, ceux qui nous permettaient l'accès au port et à l'aéroport en vue de l'évacuation des ressortissants. On savait qu'on devait tenir ce carré-là. Nos soldats ont limité le nombre de morts en faisant des tirs ciblés. Et si on s'était vraiment lâchés, il y aurait eu des centaines de morts." Dès lors la thèse de la "légitime défense élargie" va apparaître dans le discours de légitimation de la tuerie. Quant au Canard Enchaîné (08.12.04), il reprend à nouveau les propos de cet officier déclarant : "la gestion de la crise a été un festival de grosses conneries". Le Canard en révèle trois : la première est d'avoir envoyé les éléments du RICM qui ont subi les bombardements de Bouaké assurer la sécurité à Abidjan autour de l'hôtel Ivoire alors qu'ils avaient perdu 9 de leur camarade dans les bombardements. De plus ils n'avaiant pas été relevés, ils n'ont pas dormi pendant deux jours avant d'arriver devant l'hôtel Ivoire. La deuxième est d'avoir cantonné les trois escadrons mobiles de la gendarmerie au 43ème Bima alors qu'ils sont rôdés aux opérations de maintien de l'ordre. Troisièmement, étrangement aucun cameramen des services militaires pourtant présents à Abidjan n'a couvert la situation autour de l'hôtel Ivoire alors que la Radio Télévision Ivoirienne a couvert le drame heure par heure.

Il s'en est suivi une guerre des chiffres selon le Canard où la désinformation a sévit dans les deux camps. Le Canard (du 08.12.04) révèle que "Le Commandement des opérations spéciales (COS) a beaucoup sollicité sa cellule psychologique qui fait appel à des consultants extérieurs. Ce sont eux qui ont souflé à la pauvre MAM le chiffre de "78 blessés" français lors de ces affrontements. Face aux "57" morts annoncées (mais pas vérifiées non plus) des Ivoiriens, il fallait faire bon poids. En fait de "blessés", ce chiffre de 78 correspond au nombre recensé de consultations des militaires ces jours-là, petites blesures comprises."

MAM  tend même à amoindrir les faits dramatiques qui ont eu lieu à l'hôtel Ivoire au regard de la réussite extraordinaire qu'a constitué l'exfiltration par l'armée des ressortissants français : "
La ministre a également évoqué "les exactions, les vols, les attaques, les propos racistes et xénophobes, l'appel au meurtre qui a été le fait de la presse d'Abidjan (...) et le fait d'un certain nombre de responsables politiques ivoiriens". "Face à cette réalité, je crois que les militaires de Licorne, qui sont là à la demande de l'ONU, pour soutenir les forces de l'ONUSI, pour protéger les ressortissants étrangers, ont fait preuve d'une maîtrise totale, d'un grand professionnalisme et d'une extraordinaire patience" (Nouvel Obs.com 07.12.04, Alliot-Marie dénonce la "désinformation" ). Il est à noter qu'aucun ressortissants français n'est mort suite à l'insurrection antifrançaise d'Abidjan. Jacques Chirac se dira même assez impressionné par la discipline des Patriotes selon un article du journal JAI. Il y avait visiblement des consignes venues du pouvoir loyaliste de Gbagbo pour terroriser les ressortissants français sans qu'il y ait de tueries.


A  la lueur de la législation internationale sur les crimes contre l'humanité, il s'avère que ceux-ci sont imprescriptibles et que nul ne peut y échapper du militaire au chef de l'Etat.  La question qui reste en suspend concerne la part de responsabilité de Michèle Alliot-Marie en tant que ministre de la défense et du président de la République, Jacques Chirac, chef des armées dans ce qu'il faut bien appeler un crime contre l'humanité (voire encadré plus bas).  La meilleure façon de les blanchir serait sans aucun doute d'accepter une commission d'enquête. Si le colonel Destremau accepte de témoigner devant une commission d'enquête pourquoi les politiques au pouvoir la refusent-ils? En l'occurence les intéressés en ont sans doute une peur bleue non pas parce qu'elle constituerait une défiance à nos militaires mais parce qu'elle serait avant tout une défiance à la chaîne de commandement politique qui supervise l'armée. Un déni de justice en quelque sorte dans un pays qui ne s'est que très rarement accoutumé des droits de l'homme dans son pré-carré francophone africain .  Plus grave encore, la commission d'enquête demandée par la gauche française demande à faire la lumière sur l'implication française depuis le début de la crise ivoirienne, et on comprend la panique de l'Elysée s'il était avéré, comme bon nombre de spécialistes le laisse entendre, qu'il y avait une
responsabilité françafricaine dans l'armement des rebelles . La loi de l'omerta règne, des lampistes ont trinqué et le discours soporifique des médias contribue à l'anesthésie des consciences collectives sur ce qui ressemble à s'y méprendre à un crime contre l'humanité.  François Soudan écrit dans JAI : "en faisant de la mort d'un Ivoirien une quasi-affaire d'État, MAM se rattrape des lenteurs, des hésitations et des contradictions qui furent les siennes en novembre 2004, lorsqu'il s'est agi de reconnaître que l'armée française avait bel et bien fait des victimes civiles à Abidjan" (JAI 23.10.05 L'honneur terni du général Poncet).

Wikipedia
Le crime contre l'humanité est défini par l'article 6,c du statut du Tribunal militaire international de Nuremberg et appliqué pour la première fois lors du procès de Nuremberg en 1945. Il définit ainsi le crime contre l'humanité : « assassinat, extermination, réduction en esclavage, déportation et tout autre acte inhumain commis contre toute population civile [.], ou bien les persécutions pour des motifs raciaux ou religieux [.]. L'article 7 du statut de Rome ratifié par la France définit onze actes constitutifs de crimes contre l'humanité, lorsqu'ils sont commis « dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique dirigée contre toute population civile et en connaissance de l'attaque » : meurtre, extermination, réduction en esclavage, déportation ou transfert forcé de population, emprisonnement [.], torture, viol, esclavage sexuel [.], persécution de tout groupe ou de toute collectivité identifiable pour des motifs d'ordre racial, religieux [.], disparitions forcées de personnes, crime d'apartheid, autres actes inhumains [.]. Chaque terme est ensuite redéfini plus en détail, comme les termes extermination, déportation, etc. La notion de crime contre l'humanité est définitivement extraite de son contexte initial et définie rigoureusement. A la lumière de l'article 7 et des textes qui le précèdent, trois grands principes de droit international peuvent être dégagés qui régissent le crime contre l'humanité : il peut être commis en tout temps (en temps de guerre extérieure ou intérieure comme en temps de paix) ; il est imprescriptible ; personne ne peut échapper à la répression, des chefs de l'État aux exécutants (article 27 du Statut). On notera que le crime contre l'humanité consacre donc une certaine primauté du droit international sur le droit national par sa nature même, puisqu'il peut s'agir aussi bien d'agissements légaux qu'illégaux dans le pays concerné. Ce qui peut être déclaré légal par un certain régime peut devenir illégal compte tenu de la législation de la justice pénale internationale...


Le refus d'accepter une commision d'enquête sur ces évènements dramatiques apparaît implicitement comme un aveu de culpabilité mais aussi comme un mépris envers les victimes ivoiriennes de ces massacres. Comment se fait-il que la mort d'un photographe espagnol dans l'affaire du Rainbow Warrior devienne une affaire d'état entraînant la démission du ministre de la défense Charles Hernu, devenu le lampiste de service, tandis que le massacre de dizaines d'ivoiriens, par l'autoproclamé pays des droits de l'homme, n'a eu aucun retentissement médiatique et encore moins judiciaire?  Comment se fait-il que lorsque les Américains sont accusés de tortures en Irak cela donne lieu à des procès retentissants et médiatisés alors qu'en France c'est le règne de l'Omerta ? Comme si les tirs à balles réelles de l'armée française sur des centaines de civils ivoiriens sans défense n'avaient aucune importance.

S'il devait y avoir une commission d'enquête dans un pays qui respecterait les principes démocratiques et humanistes de sa constitution à savoir que tous les hommes quelque soit leur origine, leur confession, leur niveau social ont le droit à une justice transparente et équitable, et cela d'autant plus qu'elle implique certains de nos militaires sur un territoire étranger, cette commission d'enquête devrait faire la lumière sur plusieurs questions :

1. Quelle est la part de responsabilité de la France dans le soutien apporté à la rébellion ivoirienne à partir du Burkina Faso?
2. Pourquoi les forces françaises ont tardé à intervenir pour sauver le régime de Gbagbo lors du coup d'état de septembre 2002 en dépit des accords de défense entre la Côte d'Ivoire et la France?
3. Comment le camp militaire français de Bouaké a été bombardé et qui en est l'instigateur?
4. Qui a ordonné le bombardement et la destruction totale de la flotte aérienne ivoirienne?
5. Pourquoi le corps expéditionnaire de Bouaké qui a subi la perte de 9 hommes dans les bombardements du camp militaire français a été chargé d'assurer la protection de l'hôtel Ivoire face aux manifestants ivoiriens anti-français?
6. Pourquoi les gendarmes français armés de balles en caoutchouc présent à l'hôtel Ivoire n'ont pas été déployés en première ligne avec les gendarmes ivoiriens face à des manifestants non armés?
7. Qui a donné l'ordre de tirer sur la foule ivoirienne?
8. De quelle manière des tirs de sommation peuvent ils entraîner la mort par balles de manifestants (femmes, enfants, hommes) ?
9. Quel a été le rôle du COS et pourquoi ont-ils visé des manifestants avec des armes soit disantes non létales?
10. Quel est le rôle du général Poncet responsable du COS?
11. Les gendarmes ivoiriens ont-ils une responsabilité dans le massacre du 9 novembre? Ont-ils favorisé en abandonnant leurs positions face aux manifestants l'exposition de ceux-ci aux tirs français?
12. Quel est le fondement des rumeurs de coup d'Etat contre Gbagbo lors des évènements de novembre 2004?
13. Que faisait les services secrets israëliens dans la tour de l'hôtel Ivoire?
14. Que signifie "légitime défense élargie"? Et quelles sont les justifications pour employer ces termes?
15. Le ministre de la défense couvre-t-il ces exactions?
16. Quelle est la part des responsabilités de l'exécutif français dans ce crime contre l'humanité?

 

 

 

PRESSAFRIQUE 17.03.06
Qui arme la Côte d'Ivoire (2) ?

Selon Le Monde, et d'après des informations en provenance de l'ONU, "les deux tiers des marchés militaires de la Côte d'Ivoire entre 2002 et 2004 ont transité par la Darkwood", une société détenue par un ancien gendarme de l'Elysée bien en vue dans certains réseaux de la Françafrique (LE MONDE 11.01.06, Robert Montoya, un "plombier" en Afrique ). Selon Libération (Robert Montoya rattrapé par ses trafics d'armes en Afrique), "cet ancien gendarme de l'Elysée sous François Mitterrand, condamné en France pour des écoutes illégales en 1992, s'était reconverti, avec succès, en marchand d'armes sous les tropiques. A Lomé, à la tête de plusieurs sociétés de sécurité, il a fait fructifier ses affaires, tout en rendant de fiers services au pouvoir répressif du général-président aux éternelles lunettes noires, Gnassingbé Eyadéma".

Suite à l'enquête du juge Brigitte Raynaud sur le bombardement du camp militaire de Bouaké qui a entraîné la mort de neuf soldats français et en dépit du secret défense apposé à de nombreux dossiers touchant à cette affaire, un mandat international a été demandé par la juge à l'encontre de Robert Montoya présumé pourvoyeur d'armes de guerre et d'avions de chasse pour les "Patriotes" (LE MONDE 31.01.06 Côte d'Ivoire: l'enquête sur l'attaque antifrançaise de Bouaké se focalise sur Robert Montoya) . Hormis l'Israëlafrique (LE POINT 21.12.04 Révélations. Côte d'Ivoire: La piste étrangère ) qui a soutenu logistiquement les FANCI et leur a fourni assistance militaire technique et matérielle (les fameux drones), il semble que les réseaux françafricains soient d'importants pourvoyeurs d'armes en Côte d'Ivoire. Et qui plus est, aux différents belligérants de la crise depuis 2002. Une situation qui n'est pas sans rappeler le rôle de la Françafrique en Angola en synergie avec les réseaux transatlantiques et russafricains confluents dans une mafiafrique informe (?), ainsi que son action au Congo-Brazzaville .

La privatisation de la violence par Xavier Renou aux éditions Agone, p. 311

"C'est le cas par exemple de la société Elf, très impliquée dans les conflits d'Afrique australe dans les années 1990 et jusque très récemment. Le conflit angolais présente un avantage immédiat pour qui est en mesure de négocier l'accès aux immenses ressources pétrolifères de ce pays : il rend les belligérants extrêmement dépendants de la vente de ces ressources, qui peut seule permettre de financer la guerre et, avec elle, leur survie politique. La société française (Elf, ndlr), avait donc intérêt à faire durer un conflit qui lui permettait d'accéder à vil prix aux champs pétrolifères. Aussi a-t-elle répondu aux demandes exprimées par les différentes parties, armant et fournissant en mercenaires l'UNITA autant que le MPLA au pouvoir en Angola. Au passage la firme multinationale réalise de copieux bénéfices qui vont alimenter ses multiples caisses noires".


Un processus qui n'est pas sans rappeler les déclarations d'un ancien PDG de la compagnie, ''compatissant'' aux sorts des Congolais.

Le Floch-Prigent, Affaire Elf, affaire d'Etat. Entretiens avec Eric Decouty. Folio documents. p.123-124.

Je sais, effectivement qu'en 1997 la FIBA (banque d'ELF, ndlr)  a joué un rôle dans la livraison des armes qui ont permis de faire un carnage à Brazzaville [...]. Des hommes sont morts. Et tous les mois, lorsque leur pétrole est vendu, les Congolais voient une partie de leur argent aller directement chez Elf pour rembourser ces armes. Cette ignominie dure depuis quatre ans qui s'en soucie? On applaudit à la fermeture de la Fiba quelle acte de bravoure! Mais des milliers de Congolais sont morts et les survivants doivent payer les armes qui ont tué les leurs...


D'ailleurs le rapport de l'ONU de mai 2005 (PRST/2004/17) intitulé "Commission d'enquête internationale sur les allégations de violations des droits de l'homme en Côte d'Ivoire" évoquait  la découverte de quinze champs pétrolifères en Côte d'Ivoire comme l'une des causes externes du conflit.

Commission d'enquête internationale sur les allégations de violations des droits de l'homme en Côte d'Ivoire
mai 2005 (PRST/2004/17). p.88

...Jadis le pays le plus riche de la sous-région doté d'une économie solide, la Côte d'Ivoire avait commencé à sombrer dans la crise vers la fin du règne d'Houphouët Boigny. Cette déstabilisation du pays a engendré la fuite des investissements et la délocalisation de certaines usines vers d'autres pays de la sous-région. La découverte de quinze champs pétrolifères en Côte d'Ivoire est considérée par certains médias nationaux et internationaux comme étant un élément renforçant cette déstabilisation. Cela constitue en outre un centre d'intérêt au conflit voire de la main mise sur les ressources économiques du pays par les Etats voisins et par les Occidentaux. ...




Voici une série d'infos extraites de la presse et d'instance spécialisées sur l'implication probable des réseaux françafricains dans les livraisons d'armes ou sur le soutien logistique et technique apporté aux différentes factions armées en Côte d'Ivoire. Il est évident que les informations sont en partie déséquilibrées dans la mesure où l'armement arrivant dans le camp des "forces loyalistes" est beaucoup plus surveillé (notamment par l'ONU) et donc médiatisé que celui transitant par le Burkina Faso, chantre de la françafrique et de la francophonie, pour finir chez les rebelles où l'opacité reste encore de mise.  


Extraits :

La privatisation de la violence par Xavier Renou aux éditions Agone, p. 311

...On se rappelle que le Français naturalisé sud-africain Richard 'Sanders' Rouget était condamné en juillet 2003 pour avoir recruté et envoyé en Côte d'Ivoire des mercenaires. Il a fourni ses services de recrutement aux deux parties en conflit, forces gouvernementales du président Gbagbo et rebelles du MPIGO ! L'ancien militant d'extrême droite a-t-il agi en toute indépendance, comme un simple intermédiaire à la recherche du plus fort gain, ou a-t-il été sollicité  par une puissance étrangère, la France peut-être ? Qui l'a mis en contact avec ses clients, pas fâchés que des mercenaires renforcent les deux camps ?...


Commission d'enquête internationale sur les allégations de violations des droits de l'homme en Côte d'Ivoire
mai 2005 (PRST/2004/17). p.88

...Il est indéniable à l'heure actuelle que les deux parties ivoiriennes en conflit ont eu recours aux services des mercenaires originaires notamment du Libéria, d'Afrique du Sud, de l'Angola, de la France pour le gouvernement et de ceux en provenance du Libéria et de la Sierra Léone en ce qui concerne les rebelles du MPCI.

Selon des témoignages, les rebelles libériens engagés étaient des opposants au régime de Charles Taylor. Leurs unités de combat étaient baptisées "Lima" ou "Fire".

Il y avait aussi des Ghanéens, des Guinéens, des Burkinabés, des Français, des Sud-Africains. La Commission a reçu une liste avec des noms des mercenaires notamment français et sud-africains ...

Reste à savoir si ces réseaux agissent de manière totalement indépendante pour améliorer leurs fins de mois difficiles ou s'ils ont reçu un quelconque "feu orange".

Une commission d'enquête sérieuse serait la bienvenue. Malheureusement, ni le parlement français pour cause de déficit démocratique (non accès à la politique étrangère, domaine réservé de l'Elysée), ni l'ONU pour cause d'allégeance aux puissances règnantes au sein du conseil de sécurité ne semblent réellement en mesure de mettre à jour les réseaux qui alimentent en armes les deux factions en présence.

AFRICA INTELLIGENCE 21.11.05
Armurier et armements...

...Les experts de l'ONU ont enquêté sur les "prélèvements" opérés par le pouvoir dans les caisses du cacao pour acheter de l'armement (180 millions $ en 2004) et ceux des "Forces nouvelles" sur les recettes du coton. Les mêmes Forces nouvelles pillent allègrement, selon les experts, les diamants de la mine de Séguéla et exportent les "cailloux" par la Guinée et le Mali. Sur ce dossier sensible, le groupe d'experts a préféré ne pas donner les noms des intermédiaires européens qui récupèrent ces diamants pour ne pas gêner les enquêtes internationales en cours...



A suivre...

Lire aussi
PRESSAFRIQUE 20.02.06
Qui arme la Côte d'Ivoire?

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Dernières modifications 19.04.06

 

PRESSAFRIQUE 05.03.07
L'émission Pièces à convictions sur France 3 revient sur le bombardement de Bouaké et l'assassinat des 9 soldats français

Une fois n'est pas coutume, France 3 au travers de son émission Pièces à convictions fournit une excellente enquête sur un sujet ayant trait aux relations françafricaines en Côte d'Ivoire. L'émission intitulée "Côte d'Ivoire : roquettes sur nos soldats" a été diffusée vendredi 02.03.07 à 23h25. D'une durée d'environ deux heures, au travers d'un reportage suivi d'un débat, Pièces à conviction retrace le déroulement du bombardement de Bouaké et évoque les entraves qu'a subies la juge Brigitte Raynaud pour mener à bien son enquête. On ne peut que se féliciter du sérieux de l'enquête journalistique qui semble renouer avec un journalisme d'investigation digne de ce nom auquel France Télévisions ne nous avait pas habitué sur l'Afrique et les relations françafricaines. Bien sûr, on a le droit dans le court historique qui nous est donné sur la Côte d'Ivoire au poncif du Général de Gaulle qui "a voulu la décolonisation" en omettant soigneusement de préciser la manière dont le Général Président à réussi à mettre sous sa coupe les anciennes colonies en portant à leur tête des hommes liges (Bokassa en Centrafrique, Bongo au Gabon, Houphouët Boigny en Côte d'Ivoire, Eyadéma au Togo, ...). Bien sûr lorsque le reportage revient sur le déclenchement de la guerre civile, rien n'est dit sur les allégations selon lesquelles des réseaux françafricains auraient été à l'instigation de la rebellion à partir du Burkina Faso ni sur le refus initial de l'armée française de porter secours à Gbagbo en dépit des accords de défense franco-ivoirien. Bien sûr le terme Françafrique évoqué de manière allusive n'est pas même expliqué au téléspectateur mais là n'est pas le sujet principal du documentaire. Sa thématique porte essentiellement sur le bombardement de Bouaké.

Et l'on doit dire que pour la première fois à la télévision française, trois ans après les faits, un documentaire revient en profondeur sur ce drame qui a vu la mort de 9 soldats français et d'un ressortissant états-unien bombardé par des avions ivoiriens en novembre 2004. On y découvre bon nombre d'informations qui méritent leur pesant d'or médiatique.

En résumé, on apprend que les militaires français et l'ONU ont laissé les avions bombarder les rebelles lors de leur offensive début novembre 2004, que la France n'a rien fait pour arrêter les pilotes biélorusses qui commandaient les Sukoi-25 qui ont bombardé le camp de Bouaké. Pis que les autorités françaises ont demandé qu'ils soient relâchés peu après qu'ils aient été arrêtés à la frontière par la police togolaise. Enfin on y apprend que les avions ont été vendus à la Côte d'Ivoire par un ex-gendarme français, le même qui a été à l'origine de la venue des pilotes en Côte d'Ivoire. On apprend que la juge Brigitte Raynaud a du constamment affronter le secret défense et qu'elle n'a pu accéder à de nombreux documents alors qu'il s'agissait d'une enquête portant sur des soldats français assassinés. Enfin que les soldats ont été enterrés avec leurs effets personnels tandis que les familles n'ont pu voir les dépouilles et qu'il n'y a jamais eu d'autopsie. Autant de zones d'ombres sur cette affaire, autant d'entraves du ministère de la défense à l'enquête du juge Raynaud qui pose la question de la responsabilité et du degré d'implication des autorités françaises dans cette affaire

D'une part, on notera le sérieux de l'investigation et une approche à même de démêler la complexité de l'affaire et de la situation.  Des documents exclusifs ont pu être diffusés tels que le bombardement tel qu'il a été filmé par un soldat français du camp de Bouaké, une interview de l'ex-gendarme de l'Elysée qui a fourni les Suk
oi à la Côte d'Ivoire, le bombardement par hélicoptère de manifestants antifrançais sur des ponts à Abidjan (déja diffusé sur Canal Plus dans l'émission 90 minutes ). Enfin les journalistes ont interviewé, outre Robert Montoya, la juge Brigitte Raynaud, le colonel Destremaut qui était en charge du camp de Bouaké et qui a du assurer la sécurité autour de l'hôtel Ivoire avec les forces du COS, le général Beth, le ministre de l'intérieur togolais, le président Laurent Gabgbo, les familles des victimes, l'avocat des victimes....
De nombreux faits que la presse a rapporté sont repris dans le reportage. Par exemple, la non intervention délibérée de l'Etat-major français face aux bombardements des rebelles par les forces ivoiriennes : en dépit de leur mission de paix et d'interposition entre les forces en guerre, ni l'ONU, ni la force de Licorne ne sont intervenues pour arrêter les bombardements. Le prétexte étant qu'il n'y a pas eu de mandats de l'ONU demandant une intervention expresse. Le reportage nous montre des films tournés par les militaires français des bombardements effectués par les Sukoi sur les forces rebelles. Les militaires commentent en temps réel les vols des Sukoi. Puis tout bascule, les Sukoi bombardent délibérément le campement de Bouaké faisant 10 morts et une trentaine de blessés. Puis c'est l'escalade, l'armée française sur ordre de l'Etat-major, alors qu'elle avait refusé d'intervenir entre les forces en guerre, décide de bombarder toute la flotte aérienne ivoirienne. En quelques heures la situation s'embrase, des manifestations antifrançases sont instrumentalisées par les nationalistes de Gbagbo, les citoyens français sont pris pour cible. Pour stopper les manifestants les hélicoptères tirent sur la foule tandis que l'armée française réprime dans le sang les manifestations à l'Hôtel Ivoire faisant des dizaines de morts et des centaines de blessés. Interviewé dans le reportage le colonel Destremaut reconnaît avoir fait "un tir d'intimidation" à "balles réelles" au-dessus de la foule et reconnaît que des civils ont pu être tués par des "grenades à main offensive" lancés lors des "tirs d'intimidation". Alors que Destremaut demandait une commission d'enquête pour montrer sa bonne foi et être mis hors de cause, alors que les Verts et les socialistes demandaient une commission d'enquête parlementaire pour faire la lumière sur cette répression sanglante d'une manifestation de civils aux mains nues, les députés UMP majoritaires à l'assemble nationale ont refusé toute enquête parlementaire au motif que ce serait "une défiance à notre armée". Michèlle Alliot-Marie parlera dans cette situation de "légitime défense élargie ". Un concept au contour flou pouvant tout justifier. Une histoire abracadabrantesque. Il n'y aura pas non plus de commission d'enquête sur l'assassinat des soldats français.

Plus stupéfiant encore, tout semble avoir été mis en place pour entraver l'enquête du juge Brigitte Raynaud suite à la plainte des familles des victimes des soldats. La juge s'est heurtée au secret défense, une "sorte d'omerta générale" de la part de l'Etat.  Pourtant lors de l'enterrement des soldats français, l'Etat français avait fait une promesse par l'intermédiaire de son plus haut représentant Jacques Chirac "je veux vous dire qu'au nom du peuple français nous ne vous oublierons pas ".  Le tribunal aux armées de Paris ne sera saisi de l'enquête que 2 mois après les assassinats. Un délai anormalement long, d'habitude il ne faut que quelques jours. Le reportage note une première erreur : le défaut d'autopsie après les bombardements. Lors des funérailles nationales, le ministère de la défense s'est opposé à l'ouverture des cercueils. "Motif officiel : les corps n'étaient pas présentables ". Ce n'est qu'un an après que les familles des victimes vont avoir accès aux effets et aux photos de leurs enfants. Une mère de famille découvre que les photos qu'ont lui a envoyé ne sont pas celles de son fils. Les corps ont été intervertis. Seule l'autopsie aurait permis d'éviter ces erreurs. Les familles disent ne pas avoir été convaincues par les explications de la ministre de la défense Michèle Alliot-marie. L'enquête sur l'asssassinat des soldats français va connaître de nombreuses autres difficultés.
Alors qu'elle enquête sur l'assassinat de militaires français, la juge Brigitte Raynaud va se heurter systématiquement au secret-défense de la part du ministère de la défense français. "C'était sans fin" déclare Brigitte Raynaud. Malgré tout Brigitte Raynaud, dont nous avons déja souligné le courage et la probité exemplaire, va découvrir que les Sukoi qui ont servi à bombarder le camp de Bouaké sont venus de Biélorussie avant même l'embargo. Les deux Sukoi 25 ont été vendus par Robert Montoya, un ancien gendarme de la cellule élysée sous François Mitterrand. C'est aussi lui qui a fait venir l'équipage biélorusse en Côte d'Ivoire. Robert Montoya est "un gendarme impliqué dans des secrets d'Etat notamment l'affaire des plombiers de la République. Il écopera de 3 mois de prison pour une affaire d'écoute illégale au profit de François Mitterrand". Le dossier est aujourd'hui classé. Devant les caméras de France 3, Robert Motoya, vendeur d'armes, déclare qu'il n'a "pas de leçons de patriotisme à recevoir de qui que ce soit et qu'il est profondément Français" et enfin "ne rien regretter".  "Robert Montoya est aujourd'hui installé au Togo", "un petit pays ami de la France à seulement une heure d'avion de la Côte d'Ivoire ". Cet ancien gendarme  au service de réseaux françafricains est aujourd'hui reconverti dans la sécurité et la vente d'armes.

Enfin, des images prises sur l'aéroport de Yamoussoukro par un militaire français montre les pilotes de l'avion en train de descendre de leur avion après les bombardements de Bouaké. Images diffusées dans le documentaire. Les militaires français sur le tarmac vont filmer les pilotes mais ne les arrêteront pas. Deux thèses sont développées. Celle du général Emmanuel Beth (commandant des forces de Licorne) qui déclare que les soldats à Yamoussoukro ne pouvaient savoir ce qui s'est passé tandis que le colonel Destremaut qui était à Bouaké déclare que les personnels qui étaient à Yamoussoukro ont eu une connaissance exacte de ce qui s'était passé quasiment en temps réel grâce au réseau radio : "les personnels qui sont à Yamoussoukro en ont eu une connaissance exacte". Le documentaire montre qu'à plusieurs reprises les militaires français ont laissé échapper les pilotes biélorusses alors qu'ils savaient ce qu'ils avaient fait. Les services de renseignement français avaient toutes les informations nécessaire (photos, déplacements, localisation). Des centaines de photos ont été versés au dossier. Selon les services secrets français l'équipage était constitué par deux pilotes Biélorusse et deux co-pilotes Ivoiriens. Les co-pilotes ivoiriens ont été formés en France à Salon-de-Provence. Fait incroyable, ces co-pilotes ivoiriens sont aujourd'hui en poste actuellement à Abidjan. Les reporters ont pu les joindre au téléphone mais n'ont pu les rencontrer. Pendant que les pilotes biélorusses passeront quelques jours à Abidjan, les militaires français du 43ème BIMA vont arrêter 15 témoins directes. Il s'agit des techniciens de maintenance, tous sont d'origine slave. Ils étaient là lorsque les pilotes ont atteri sur le tarmac de Yamoussoukro. Ces techniciens seront en garde à vue pendant 4 jours au 43ème BIMA sans avoir été interrogés, du moins officiellement. Au bout de 4 jours ils sont remis à l'ambasade russe et seront évacués après. La juge Brigitte Raynaud ne croit pas un instant qu'ils n'ont pas été interrogés. Quant aux pilotes, ils s'enfuiront tranquillement en minibus vers le Togo. Malheureusement ils seront arrêtés à la frontière togolaise par la police togolaise. Durant 10 jours ils seront à la disposition des autorités françaises qui refuseront de les arrêter. Le ministre de l'intérieur du Togo de l'époque témoigne. Il a prévenu l'ambassade française qui a transmis les informations à Paris. Aucune consigne de Paris n'a été transmise en retour. Pour se couvrir le ministre de l'intérieur décide de prévenir l'officier de la DGSE à Lomé en envoyant les photocopies des passeports des deux pilotes. "Dix jours après le colonel X a dit qu'il n'en voulait pas parce que Paris n'en voulait pas" selon l'ex-ministre de l'intérieur togolais. Au bout de dix jours les deux pilotes sont relâchés et seront extradés par les militaires togolais. La juge Brigitte Raynaud évoque le rôle de l'ex-gendarme de l'Elysée dans l'exfiltration.

Extrait de la lettre de démission du juge Brigitte Raynaud adressé à la ministre de la défense Michelle Alliot-Marie diffusé dans le reportage:

"Aucun concours spontané ne m'a été fourni par les services qui dépendent de votre autorité [...] Aucun renseignement ne m'a été fourni sur les raisons pour lesquelles les mercenaires et leurs complices, identifiés comme auteurs de ce crime avaient été libérés sur instruction ou avec le consentement des autorités françaises."


La ministre de la défense n'a pas souhaité venir assister au débat organisé dans le cadre de l'émission Pièces à conviction, elle n'a pas souhaité répondre aux questions de l'équipe. Le débat se fera donc sans elle avec une mère d'une des 9 victimes françaises Mme Josette Tiloi, l'avocat des familles Maître Jean Balan, un Français rapatrié en novembre 2004 Daniel Revet, et le journaliste de Libération Thomas Hofnung.

Personne ne semble s'expliquer l'attitude des autorités et de l'armée françaises dans cette affaire. La mère d'un soldat français relate, d'après le procès verbal, que son fils a été enterré avec toutes ses affaires : sa montre, sa carte téléphonique, ses photos. Elle déclare on les a "mis (dans les cercueils, ndlr) comme des bêtes". Elle n'a jamais pu voir le corps de son fils. 

Concernant les raisons du bombardement de Bouaké, Thomas Hofnung reprend la thèse développée par François Soudan de JAI. Selon cette thèse il s'agissait pour les forces loyalistes ivoiriennes de sortir la tête haute du conflit avec les rebelles. Les forces de Gbagbo ne parvenant pas à atteindre les rebelles, pour masquer l'échec de leur offensive ont décidé de bombarder le camp de Bouaké afin de faire croire que si l'opération de reconquête a échoué cela serait de la faute des militaires français. L'avocat des familles quant à lui évoque s'interroge sur la responsabilité des autorités françaises dans les obstacles qui ont été mis en travers de l'enquête du juge Raynaud. Il évoque de manière implicite la responsabilité du procureur et du ministère de la défense dont il dépend. Il reste à savoir à quel degré les autorités françaises sont impliquées dans cette affaire. Malheureusement, il est fort à craindre, comme il est de coutume en Françafrique, que l'affaire ne soit pas résolue. Cela donne un aperçu des injustices draînés par ce système et que peuvent vivre les Africains. On ose espérer que la lumière soit faite un jour sur cette histoire et qu'une commission d'enquête parlementaire soit mise en place suite à la répression sanglante des manifestations antifrançaises devant l'Hôtel Ivoire pour que justice soit rendue un jour.


A lire chez Pressafrique :
07.11.06
"Le parquet ne veut pas poursuivre les deux pilotes biélorusses soupçonnés d'avoir tué neuf soldats (français) de l'opération Licorne" selon Le Figaro

15.06.06
"Black-out sur les mercenaires de Côte d'Ivoire"

24.02.06
Tribunal aux Armées de Paris (TAP) : la juge d'instruction Brigitte Raynaud tire sa révérence. Retour sur l'instruction du Rwandagate, de l'affaire Firmin Mahé et de l'affaire Bouaké.

31.10.05
Le massacre du 09.11.04 à Abidjan par l'armée française - un crime contre l'humanité - un fusible nommé Poncet - panique à l'Elysée - la commission d'enquête n'aura pas lieu

21.09.05
Haro sur 90 minutes - La Françafrique muselle Canal Plus





ROBERT MONTOYA
ÂME DAMNÉE DE
FRANÇOIS MITTERRAND

avril 2006

Il aime jouer entre ombres et lumières. Des écoutes téléphoniques au service de Mitterrand à la vente d'armes à la Côte d'Ivoire. Ancien gendarme français, il aurait même vendu les avions qui ont bombardé nos soldats à Bouaké le 6 novembre 2004. Il s'appelle Robert Montoya. Itinéraire d'un aventurier comme les aimait son maître.

En France, devant la juge d'instruction Brigitte Raynaud, le général Michel Masson, directeur du renseignement militaire, accuse. " C'est bien la société de Montoya, Darkwood, qui a livré les deux avions Sukhoi (…) avec les munitions, " pour attaquer les militaires Français à Bouaké, affirme-t-il.

Robert Montoya

Mais qui est Montoya ? Pour lui, tout commence à Bastia, où il sert comme adjudant de gendarmerie. Le commandant Prouteau, chef de la cellule anti-terroriste de François Mitterrand, cherche des éléments connaissant le dossier des indépendantistes corses. Il le recrute en 1982. Déjà, le terrorisme faisait recette pour justifier les dérives du pouvoir.

Montoya travaillera pour la cellule élyséenne jusqu'en 1986. Il la quitte pour fonder " sa " société de sécurité privée, SP2I.

En 1988, éclate " le scandale des plombiers. " Une affaire d'espionnage téléphonique visant un huissier du CSM (Conseil supérieur de la magistrature), un syndicat gauchiste actif dans les milieux judiciaires. Montoya est retraité du corps de gendarmerie mais, avec SP21, il continuait d'exécuter des contrats pour la cellule élyséenne. Il est impliqué dans le scandale.

Cependant, quand il est condamné, en 1992, il a pris le large. Il vit en Afrique et c'est au Togo qu'il installe sa base. Dans ce pays, il forme et équipe la police anti-émeutes et, selon des indiscrétions, se charge des écoutes téléphoniques pour le compte du général Eyadema (1).

Puis Montoya emporte les contrats du groupe pétrolier américain Exxon-Mobil, pour assurer le transport de marchandises pour Doba. C'est à partir de là, au Tchad, qu'Exxon-Mobil bâtit un oléoduc de 1000 km pour évacuer, vers le Cameroun, le pétrole des champs dont il a écarté le groupe français Total. L'affaire sent déjà la trahison de la mère patrie.

Reconnu pour sa compétence en matière de logistique africaine, Montoya créé alors une nuée de sociétés, basées dans sept pays et employant 2 500 personnes. Parmi elles, " Darkwood logistique, " qui représente en Afrique occidentale BVST, une société biélorusse spécialisée dans la vente de matériel militaire. Rien que de plus légal, cependant. Si le business respecte les lois.

Voilà bien où l'aventure pourrait mal tourner. Depuis le 15 novembre 2004, les Nations unies ont décrété un embargo sur les armes à destination de la Côte d'Ivoire. Or, dans un rapport daté du 9 décembre 2005, la gendarmerie de l'air de Lomé accuse Montoya d'avoir vendu des armes à Laurent Gbagbo, le président ivoirien.

Le 2 décembre 2005, une information judiciaire est ouverte, contre le Français, suite à une plainte déposée par le ministre délégué togolais chargé de la défense nationale, pour trafic illicite d'armes de guerre et de munitions. Brièvement interrogé, Montoya a néanmoins vu ses locaux de Darkwood logistique perquisitionnés par la police à l'aéroport de Lomé.

Le général Henri Poncet, ancien chef de la force française en Côte d'Ivoire, se fait plus accusateur que les pandores togolais. Selon lui, Montoya aurait aidé le régime ivoirien " au niveau de la fourniture des armes, et probablement des techniciens. "

Il aurait même recruté les pilotes de l'attaque, dont certains " parlaient en langue russe ", d'après un enregistrement radio. Il a du reste reconnu avoir aidé à l'exfiltration par le Ghana des deux pilotes biélorusses qui ont attaqué le camp français. " Pour des raisons humanitaires," affirme-t-il.

Laure Carion

 

 

François Mitterrand

 

 

 

 

 

 

 

Laurent Gbagbo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Général Henri Poncet

 

Note
* Le général Etienne Eyadema Gnassingbé a pris le pouvoir en 1967 à la suite d'un coup d'État. Il est mort en février 2005.

 

 

Grande saisie d'avions et d'hélicoptères de combats chez Montoya à LOME
Les autorités togolaises ont saisi ces dernières semaines des avions et des hélicoptères de combats appartenant à un ancien gendarme français installé à Lomé, Robert Montoya, a annoncé samedi le commandant Moïse Oyomé Kemence, porte-parole des Forces armées togolaises (FAT).
"Nous avons saisi deux aéronefs Mig 23 et deux hélicoptères Mi8, des appareils de combat stationnés à l’aéroport de Lomé appartenant à Robert Montoya", qui possède plusieurs sociétés travaillant notamment dans le secteur du gardiennage et de la sécurité, a déclaré le commandant Kemence.

"Le gouvernement lui avait demandé de fournir des explications sur la provenance et la destination de ces appareils lorsqu’il a constaté leur présence", a-t-il ajouté.

Selon le commandant Kemence, une perquisition a été effectuée en décembre dans les bureaux des sociétés de M. Montoya à la suite d’une plainte déposée contre lui par le ministre togolais de la Défense Kpatcha Gnassingbé.

Le porte-parole des FAT n’a pas précisé si les avions de chasse et les hélicoptères saisis étaient en pièces détachées ou en état de vol.
"Laissons la justice s’occuper de ce dossier avec précision et sans préjugés. Nous ne savons pas si ces appareils sont destinés à la Côte d’Ivoire. Seul M. Montoya peut nous dire la provenance et la destination des appareils", a ajouté le commandant Kemence.

L’officier a affirmé que le Togo "ne servira jamais de zone de transit d’armes et de munitions vers la Côte d’Ivoire ou tout autre pays".

La Côte d’Ivoire, coupée en deux depuis une tentative manquée de coup d’Etat en septembre et en proie depuis lors à une grave crise politico-militaire, est sous le coup d’un embargo sur les armes imposé en novembre 2004 par l’ONU.

La juge du tribunal aux armées de Paris (TAP), Brigitte Raynaud, a séjourné cette semaine à Lomé dans le cadre de l’exécution d’une commission rogatoire internationale (CIR) visant à obtenir des informations sur la provenance du matériel militaire des forces loyalistes ivoiriennes ayant servi au bombardement d’un camp militaire français à Bouaké (centre, zone rebelle) en Côte d’Ivoire le 6 novembre 2004.

Cette attaque, réalisée par des avions Sukhoï 25, avait fait dix morts, neuf militaires français et un civil américain.

La juge s’interroge principalement sur l’origine de ces deux Sukhoï 25.
source Republiqueoftogo.com



Côte d’Ivoire : violation de l’embargo ?
L e Togo a annoncé lundi 16 janvier au avoir inculpé le Français Robert Montoya pour trafic d'armes à la suite de la saisie de quatre avions et hélicoptères de combat soupçonnés d'être destinés à la Côte d'Ivoire malgré l'embargo sur les ventes d'armes à ce pays.

"Nous avons saisi deux aéronefs Mig 23 et deux hélicoptères Mi8, des appareils de combat stationnés à l’aéroport de Lomé appartenant à Robert Montoya", qui possède plusieurs sociétés travaillant notamment dans le secteur du gardiennage et de la sécurité, a déclaré le commandant Kemence, porte-parole des Forces armées togolaises (FAT).

"Le gouvernement lui avait demandé de fournir des explications sur la provenance et la destination de ces appareils lorsqu’il a constaté leur présence", a-t-il ajouté.

Selon le commandant Kemence, une perquisition a été effectuée en décembre dans les bureaux des sociétés de M. Montoya à la suite d’une plainte déposée contre lui par le ministre togolais de la Défense Kpatcha Gnassingbé.

L’officier a affirmé que le Togo "ne servira jamais de zone de transit d’armes et de munitions vers la Côte d’Ivoire ou tout autre pays".

Il a ajouté que l'ancien adjudant de gendarmerie était propriétaire en titre de ces appareils et qu'il avait été inculpé de trafic d'armes après avoir été "incapable de fournir une explication satisfaisante sur l'origine et la destination des aéronefs de combat".

La juge du tribunal aux armées de Paris (TAP), Brigitte Raynaud, a séjourné la semaine dernière à Lomé dans le cadre de l’exécution d’une commission rogatoire internationale (CIR) visant à obtenir des informations sur la provenance du matériel militaire des forces loyalistes ivoiriennes ayant servi au bombardement d’un camp militaire français à Bouaké (centre, zone rebelle) en Côte d’Ivoire le 6 novembre 2004.

Cette attaque, réalisée par des avions Sukhoï 25, avait fait dix morts, neuf militaires français et un civil américain.

La juge s’interroge principalement sur l’origine de ces deux Sukhoï 25.

A la tête, notamment, de la société Darkwood, basée au Togo, Robert Montoya, ancien gendarme de l’Elysée sous François Mitterrand, mis en cause dans l’affaire des écoutes téléphoniques, est l’agent pour l’Afrique de l’Ouest de la compagnie biélorusse BVST.

source Republiqueoftogo.com




Montoya et les Lettons

Barbouze / mercredi 4 juillet 2007 par Hyacinthe Seillat

La célèbre Barbouze française se ballade maintenant dans la riante Lettonie où il attire encore les foudres de la collante justice.

Pauvre marchand d’armes ! La justice cherche noise à Robert Montoya depuis qu’il a livré au président de Côte d’Ivoire Laurent Gbagbo deux avions Sukhoï, dénichés en Biélorussie, qui ont servi à bombarder le camp des soldats français de Licorne, en décembre 2004, entraînant la mort de 10 personnes dont neuf militaires français. Mais l’ancien gendarme, proche de la cellule des coups tordus à l’Élysée sous Mitterrand, qui préfère depuis quelques années résider dans la chaleur accueillante du Togo, où il s’est rapproché du dictateur Eyadéma avant d’être inculpé de « trafic d’armes » par ses anciens protecteurs Togolais, fait l’objet d’une nouvelle enquête à Paris.

Robert Montoya

Il faut dire que l’empire Montoya s’étant subitement agrandi en Lettonie, début 2004, un flic tenace de l’ambassade locale s’est mis sur le dossier. Et n’a pas manqué de bombarder sa hiérarchie de notes alarmistes. Car l’ancien képi tricolore se pique désormais de jouer au banquier à Riga, comme l’a raconté Le Canard enchaîné. Début 2004 donc, il a créé à Riga « RM Holdings », une société de droit letton au capital de 2 millions d’euros, et pris une petite participation (400 000 euros tout de même) dans le capital de la principale banque locale, la Parex Banka, « la plus grande banque de Lettonie », selon un rapport confidentiel de juillet 2004 que Bakchich a pu consulter.

Sa société est représentée à Riga par un ancien banquier, Patrick Imbert, et a ouvert un compte bancaire à la Parex Banca. La boîte est même propriétaire d’un avion bi-moteur de tourisme et d’un hélicoptère russe MI 8 « dont le pilote n’est autre que Ricardo Ghiazza », explique le rapport. Ghiazza, comme le savent les connaisseurs du Togo et les lecteurs de Bakchich, n’est autre qu’un proche de feu Eyadéma, dont il bichonnait les animaux, et promoteur d’un grand parc national au nord du pays. Et comme l’empire Montoya déborde largement des affaires de sécurité et de défense, RM Holdings a également acquis 51% d’une fabrique… de sacs de coton, dans la région de Nantes.

Le commissaire de l’ambassade en Lettonie s’est pris de passion pour Robert Montoya et a enquêté tous azimuts sur notre bon gendarme expatrié et voit partout malice. Sa prise de participation dans la banque lettone ? « Cela pourrait lui permettre, le cas échéant, de blanchir, pratiquement en toute impunité, des capitaux d’origine suspecte (ventes d’armes, trafics d’animaux) », s’inquiète-t-il en septembre 2004. Quelle langue de vipère ! S’en prendre à un fabricant de sacs…

Mais à force de déranger les pontes de l’Intérieur sur son sujet fétiche, le flic a suscité une enquête de Tracfin. Le service anti-blanchiment de Bercy s’est penché sur les comptes bancaires du pandore et n’a pas manqué de remarquer d’importants transferts et sorties d’argent entre les comptes français et lettons, avec de beaux versements en provenance de Côte d’Ivoire. Résultat, Tracfin s’est fendu d’une transmission au parquet de Paris qui s’est fait un plaisir d’ouvrir une information judiciaire pour « blanchiment de capitaux », confiée au juge Henri Pons, et sur laquelle la Division nationale des investigations financières (DNIF) est chargée de faire la lumière.

Voir en ligne : in Bakchich # 41

 

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