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12/09/2009

Espagne assassinat de Carlos Palomino ni oubli ni pardon !

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Manifestation unitaire à Madrid, 2 jours avant le début du procès contre l’assassin de Carlos Palomino.

Le samedi 12 septembre 2009 à 18:00. Plaza Elíptica (Madrid).

Le 11 septembre prochain, cela fera déjà un an et 10 mois que le militaire fasciste Josué Estébanez de la Hija assassina notre camarade et ami Carlos et tenta de tuer un deuxième camarade.

Après un long parcours de lutte de la part des camarades antifascistes, à Madrid mais aussi dans le reste de l’État Espagnol, et des actions de solidarité internationale partout dans le monde, l’attente de la mère de Carlos et de ses proches touchera à sa fin ; le procès se déroulera du 14 au 18 septembre à la Audiencia Provincial de la capitale (Cour d’assisses), 98 rue Santiago de Compostela Madrid.

Nous respectons le procès et souhaitons la meilleure issue pour sa mère, Mavi ainsi qu’à ses proches et ses amis ; nous espèrons que pour eux, la sentence aide à clore une étape. Mais pour nous, rien ne changera car nous ne croyons plus ni dans la justice bourgeoise ni dans ses tribunaux fascistes, notre procès eut lieu le jour même que Carlos fut assassiné tout simplement pour être antifasciste ; il fut un procès populaire qui se déroula dans chaque quartier, dans chaque foyer et dont le verdict fut emit il y a longtemps. Josué est coupable d’arracher la vie d’un gamin de 16 ans qui luttait pour la liberté de tous et contre le racisme, le fascisme et le capitalisme. Coupable d’un assassinat politique, un de plus parmi les milliers comis par les fascistes contre le peuple ; à travers Carlos nous pensons très fort à toutes ces victimes.

Ce que nous voudrions faire c’est d’appeler à la solidarité internationale, que les murs crient ce que la presse burgeoise tait, chacun/e avec ses moyens. Dévoilons la vérité ensemble !!

Nous devons identifier les responsables un par un, du principal coupable, le militaire néo-nazi Josué, auteur de l’assassinat, jusqu’aux autorités locales de la ville de Madrid, qui collaborent avec les fascistes en leur permettant de défiler dans les quartiers ouvriers pour essayer de faire passer leur message raciste, homophobe, sexiste et fasciste. Il ne faut pas oublier la responsabilité de l’armée, cette même armée fasciste qui a massacré (à l’aide d’Hitler et Mussolini) le peuple en 1939 et qui après la fausse « transition » n’a pas épuré ses cadres militaires. Encore aujourd’hui l’armée sert de réfuge aux fascistes, ils sont entrainés par notre « État démocratique » pour tuer. Et des médias bourgeois qui qualifient l’affaire de « bagarre entre bandes rivales » pour eliminer le caractère politique et de classe de ce crime. Pour finir, nous accusons directement l’État bourgeois, capitaliste et fasciste héritier direct du Franquisme qui permet cette situation. En fait il répresente en soi le pire ennemi du peuple et de la classe ouvrière.

Pour toutes ces raisons, nous vous invitons à participer à la manifestation du 12 septembre à Madrid (18 :00 Plaza Elíptica) pour rendre hommage à Carlos et à tous ceux qui ont été assassinés par les fascistes pour le simple fait de vouloir créer une nouvelle société, plus juste et meilleure.

CARLOS, NI OUBLI NI PARDON

LE MEILLEUR DES HOMMAGES, CONTINUER LA LUTTE MADRID SERA LA TOMBE DU FASCISME !

Organise : Ami/es et Camarades de Carlos

Collectifs et groupes antifascistes de l’État Espagnol s’expriment publiquement par rapport au procès contre l’assassin de Carlos Palomino

Manifeste 14 septembre : Ni oubli Ni pardon

Le dimanche 11 septembre 2007, le jeune antifasciste Carlos Palomino decida de ne pas rester les bras croisés chez lui et d’aller protester contre une manifestation xénophobe organisée par le parti nazi « Democracia Nacional » (Democratie Nationale) et autorisée par les autorités locales de la ville de Madrid.

Le fait d’être antifasciste fut la seule raison par laquelle un militaire néo-nazi, Josué Estébanez de la Hija, l’assassina d’un seul coup de poignard en plein cœur. Le discours que diffusent les médias de ce qui se passa ce jour-là (ils qualifient l’affaire de « bagarre entre bandes rivales »), a pour seul objectif que celui de détourner l’attention de l’opinion publique. L’engagement et la lutte contre les idées racistes, homophobes et fascistes ne peuvent, en aucun cas être considerées comme une appartenance à « une bande ». Car cette fameuse bande est formée par des milliers et des milliers de personnes. Nous assumons ce compromis comme un devoir.

Les agressions et assassinats perpétrés par les fascistes ne peuvent pas être qualifiés comme des « bagarres entre bandes » car cela supposerait la négation de quelques faits importants : l’existence de groupes fascistes qui utilisent la violence et qui agissent ici avec plus d’impunité que dans n’importe quel autre État européen ; l’héritage franquiste qui a permis que l’actuel Chef de l’État, Juan Carlos I ait été nommé directement par le dictateur Franco comme son successeur en 1969 ; dans ce même sens il n’y a pas eu d’épurations des cadres de l’époque franquiste dans les forces de l’ordre et la Justice.

C’est pour cela que le 14 septembre, jour d’ouverture du procès contre l’assassin de Carlos, nous voulons crier : ni oubli ni pardon !

Josué assessin. C’est ne fut pas de la légitime défense, ce fut un assassinat ! Ce ne sont pas des « bagarres de rue », c’est la lutte des classes !

Carlos, camarade, nous ne t’oublions pas !

LE MEILLEUR DES HOMMAGES, CONTINUER LA LUTTE !

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Participants :

Acción Antifascista Salamanca

Acción Antifascista de Tenerife

Coordinadora Antifacista d’Asturies

Coordinadora Antifascista de Jaén

Coordinadora Antifascista de La Rioja

Coordinadora Antifascista de León

Coordinadora Antifascista de Madrid

Coordinadora Antifascista de Málaga

Coordinadora Antifascista de Zaragoza

Coordinadora Antifeixista Intercomarcal del País Valencià

Coordinadora Antifascista de Sevilla

Plataforma Antifascista de Zamora

Plataforma Antifeixista de Barcelona

http://quebec.indymedia.org/fr/node/35877

08:40 | Lien permanent | Commentaires (0) |

06/09/2009

Pour une humanité exempte d'égoïsme - La Colonne Durruti - Espagne -1936- CNT- FAI

 

La bataille de Madrid:

12:56 | Lien permanent | Commentaires (0) |

17/08/2009

Manif anti-fasciste a Codnor - Derbyshire "No Pasaran !"

We condemn the BNP’s festival of race hate

UPDATE From the Independent: BNP festival 'rallying point for neo-Nazis'

UAF statement condemning the BNP's "Red, White & Blue" event:
email unite@ucu.org.uk to add your name

The fascist British National Party plans to hold its annual "Red, White & Blue" rally in Derbyshire on 14-16 August. The BNP bills this event as a "patriotic family festival". The truth is very different. The event will be a rallying point for neo-Nazis and racists from across Europe.

Last year guests invited to the "Red, White & Blue" by the BNP included Petra Edelmannova, a Czech neo-Nazi who calls for a "final solution to the Gypsy issue". The BNP's deputy leader Simon Darby defended this rhetoric, saying "What's wrong with people who talk frankly about their problems?".

Other guests included Marc Abramsson, a Swedish fascist who campaigns for "racially pure kindergartens". This year's guests are likely to include representatives of Jobbik, a violently racist Hungarian party that organises pogroms against Roma people.

The purpose of the BNP's event is to build up a hardened neo-Nazi core at centre of the organisation. Student BNP members have been ordered to attend a lecture on "ethno-nationalist theory" during the rally. Previous "Red, White & Blue" rallies have involved SS marching music as "entertainment". BNP leader Nick Griffin is a Holocaust denier with a criminal conviction for incitement to racial hatred.

We are already witnessing a spate of racist attacks in areas of high BNP activity. The BNP's "Red, White & Blue" will only to encourage more bigotry and violence on our streets. We condemn the BNP and its festival of race hate, and we urge people to reject this party's poisonous and anti-democratic agenda.

Dr Abdul Bari, secretary-general, Muslim Council of Britain; Lee Barron, Midlands regional secretary, Communication Workers Union; Jerry Bartlett, deputy general secretary, NASUWT; Weyman Bennett, joint secretary, Unite Against Fascism; Christine Blower, general secretary, National Union of Teachers; Sabby Dhalu, joint secretary, Unite Against Fascism; Billy Hayes, general secretary, Communication Workers Union; Chris Kitchen, national secretary, National Union of Mineworkers; Ken Livingstone, chair, Unite Against Fascism; Michael Rosen, author and former Children's Laureate; Mark Serwotka, general secretary, Public & Commercial Services union; Mick Shaw, president, Fire Brigades Union; Wes Streeting, national president, National Union of Students; Matt Wrack, general secretary, Fire Brigades Union

10:29 | Lien permanent | Commentaires (0) |

13/07/2009

Meurtres politiques et racistes en Russie

lundi 9 février 2009

Un « Kampf » sur fond de crise

Meurtres politiques et racistes en Russie

Leur « Kampf » … Le mot Kampf est en allemand dans le titre qui fait la une du bi-hebdomadaire russe d’opposition Novaïa Gazeta, dont quatre journalistes déjà ont été assassinés (1). Ce « Kampf » (combat), c’est celui des « nazis » dont le journal publie, pour édifier ses lecteurs, les réactions (sur des sites internet) au double meurtre, survenu le 19 janvier 2009, de l’avocat de 35 ans Stanislav Markelov, et de la journaliste stagiaire de 25 ans Anastasia Babourova.

Le Kampf en question, qui se réclame à plusieurs reprises d’Adolf Hitler, est un déferlement de joie mauvaise, de haine, d’appels au meurtre – invitant par exemple à tuer « dix russophobes par jour ». Une littérature qui fait froid dans le dos. Et qui n’est pas que littérature. En deux mois (décembre 2008, janvier 2009), les xénophobes ont tué, selon Novaïa Gazeta, 24 personnes, et deux fois plus en janvier qu’en décembre. Le bilan des agressions pour 2008 se monte à 87 morts et 378 blessés. Ne sont comptés ici que les actes à connotation raciste : il faudrait y ajouter le cortège, plus ordinaire, des assassinats relevant des « affaires » et de la politique.

La plupart de ces crimes racistes se déroulent à Moscou et à Saint-Petersbourg, très peu hors de ces deux capitales historiques de la Russie. Les victimes se recrutent presque toutes parmi les « nouveaux étrangers » (et, le plus souvent, récents travailleurs immigrés) des ex-républiques musulmanes de l’Union soviétique : principalement des citoyens du Tadjikistan, d’Azerbaïdjan, d’Ouzbékistan et du Kirgizstan. D’autres sont originaires de Géorgie, de Chine, du Vietnam. On compte aussi des étudiants africains.

Les brutalités et les meurtres visant des étrangers ont commencé vers le milieu des années 1990, lorsque la première guerre de Tchétchénie entraîna, à Moscou, des rafles policières en milieu caucasien et des contrôles au faciès (2). Ceux-ci se poursuivent actuellement, dans les transports et à la porte des clubs de nuit. Un racisme sans précédent gangrène la capitale de la Russie – ses lieux publics, ses polices, les mentalités de ses habitants.

Selon feu l’avocat Stanislav Markelov – qui défendait précisément les victimes de ce type d’agressions et de la répression et des tortures en Tchétchénie –, « nous nous trouvons dans une situation où, déjà, la guerre se déchaîne. La confrontation entre fascistes et antifascistes est un conflit politique réel, qui passe graduellement au stade de guerre ». A l’entendre, les forces de l’ordre légal ont laissé se former une « énorme force nazie souterraine », qui a commencé à « commander dans les villes et dans les rues » (3).

A noter que le journal qui publie ces commentaires appartient, pour 49 % des parts de capital, à l’ancien président soviétique Mikhaïl Gorbatchev et à l’homme d’affaires Alexandre Lebedev. Cette observation ne signifie pas nécessairement que les deux personnalités interviennent dans la ligne éditoriale. Le 29 janvier, l’un et l’autre propriétaires ont été reçus, avec le rédacteur en chef de Novaïa Gazeta, Dmitri Mouratov, par le président Dmitri Medvedev, qui aurait évoqué avec eux les problèmes de la liberté de presse et des mouvements néo-nazis, preuve que le plus haut dignitaire de l’Etat n’y serait pas insensible (4).

A en juger par les commentaires et hommages de mouvements et de militants de la protestation sociale aux victimes du double meurtre du 19 janvier, Stanislav Markelov et Anastasia Babourova n’appartenaient pas à la « famille libérale » qui domine le champ oppositionnel russe, du moins dans les médias russes et occidentaux. D’où, peut-être, le moindre écho donné chez nous à ces meurtres, par rapport à celui rencontré, en 2006, par l’assassinat la journaliste Anna Politikosvkaïa, dont Maître Markelov défendit d’ailleurs la cause.

La stagiaire Anastasia Babourova, fauchée à la fleur de l’âge, avait milité dans des associations écologistes et anarchistes. Stanislav Markelov considérait le libéralisme ravageur et le capitalisme brutal des années 1990 comme responsables de la catastrophe politique et humaine du début du XXIe siècle en Russie (5). Il était avocat, mais aussi militant de l’antifascisme et des protestations populaires sur les questions du travail et de la vie quotidienne. « Nastia » et « Stas » apparaissent aujourd’hui comme les figures emblématiques et les martyrs d’une gauche renaissante qui cherche sa place en Russie, et se veut dégagée aussi bien des pesanteurs du post-stalinisme que des illusions de la « démocratie libérale ». Ceux qui s’inspirent de leur exemple savent désormais qu’ils risquent leur vie.

Le pouvoir face aux « skins néonazis »

Mais quelle est l’importance réelle de la « vague nazie » ? L’émotion naturelle devant tant de crimes légitime-t-elle l’usage inflationniste, dans les milieux oppositionnels, des vocables « fasciste » et « nazi » ?

Dans la tradition soviétique qui se prolonge, « fasciste » représente moins un concept politique que l’injure suprême. La référence et l’expérience locales en la matière est le « fascisme hitlérien » et ses alliés, soit l’occupation nazie entre 1941 et 1945. Les mouvements ultranationalistes et xénophobes eux-mêmes renvoient à leurs adversaires ce vocable infâmant. Les mouvements de jeunesse officiels, tel que les « Nachi » (Les Nôtres), s’autodéfinissent comme « antifascistes », alors que leurs opposants les caricaturent comme « Poutinjugend ». Le terme « nazi » est plus récent, mais rares sont les groupes qui se réclament ouvertement de l’idéologie nazie. Certains se réfèrent plutôt à la « gauche » national-socialiste allemande des années 1920, aux frères Strasser et à leur combat – contre Hitler – en faveur d’un « national-bolchévisme ».

Nous entendons, en revanche, des opposants démocrates, depuis plusieurs années, nous annoncer un imminent « coup d’état nazi » ou qualifier de « totalitaire » ou de « fasciste » le régime de M. Vladimir Poutine. L’idéologue ultralibéral André Illarionov va plus loin, en caractérisant ce dernier comme comparable à celui de… l’Allemagne nazie d’avant 1939. Bref, les superlatifs ne manquent pas. Reste que des courants fascisants et nazis – au sens que ces termes ont dans le lexique occidental – se répandent et passent à l’acte de plus en plus souvent. Sont-ils, comme le dit la rumeur, « des dizaines de milliers, organisés en groupes para-militaires », ou y a-t-il confusion entre des groupes très idéologisés, effectivement militarisés, et la grande masse des jeunes à la dérive, « skins » ou pas, tentés par la « revanche sociale » et la xénophobie ?

Jusque récemment, les autorités russes parlaient plus volontiers, à propos des meurtres d’étrangers, de « hooliganisme », façon de ne pas reconnaître l’existence d’un problème politique et social d’envergure. Et pourtant : le chef de la police de Moscou, M. Vladimir Pronine, reconnaît 95 agressions, dont 48 meurtres « contre des personnes au physique non slave », rien que dans la capitale en 2008. La police a mis fin à l’activité de cinq groupes néonazis. Cinquante-deux actions pénales sont engagées. Sept activistes racistes ont été lourdement condamnés, le 15 décembre, à des peines de six à vingt ans de prison. Le directeur de la sécurité d’Etat (FSB) a fait appel à « des mesures fermes » contre les crimes « nationalistes et extrémistes ». Le même M. Pronine met en garde contre les agressions de travailleurs immigrés, en « riposte » aux crimes racistes, et de préciser : « Surtout dans les conditions où les travailleurs immigrés se heurtent à de sérieux problèmes. » Allusion claire à la surexploitation, aux bas salaires et aux conditions de vie précaires des ressortissants centrasiatiques occupés à Moscou, notamment dans la construction et l’aménagement… des villas de luxe des « nouveaux Russes ».

Commentant les meurtres d’Anastasia Babourova et de Stanislav Markelov, le ministère des affaires étrangères de la Fédération de Russie explique : « Ces événements sont tragiques. Nous déplorons qu’ils aient eu lieu. Les organes chargés de l’instruction mènent l’enquête. [Cependant, ces événements] sont artificiellement politisés et utilisés dans des buts malveillants de discrédit de la Russie. » La lecture des sites nazis et de la presse ultranationaliste n’est-elle pourtant pas éloquente quant à la nature politique de la campagne menée contre les immigrés, les étrangers, les journalistes qui se permettent de dénoncer les violences racistes et les procédés des forces de répression militaires et policières ?

On comprend mal l’aveuglement des autorités russes. A moins qu’il ne s’agisse de complaisances délibérées ? C’est le point de vue défendu de longue date dans les milieux d’opposition, par exemple au sein de la « Mission libérale », la principale « boîte à idées » de l’intelligentsia démocrate de Moscou (6). Laquelle n’est certes jamais bienveillante envers le Kremlin. Mais pas toujours dénuée de pertinence : le 8 décembre, « La Jeune Garde », glorieuse appellation dont se pare l’organisation de jeunesse du parti au pouvoir, « Russie Unie », a organisé des manifestations pour réclamer l’expulsion des immigrés « clandestins ». Ne s’agit-il pas de concurrencer l’extrême droite fasciste, dont le fer de lance, précisément, se nomme « Mouvement contre l’immigration illégale » (DPNI) ?

Quoiqu’on en pense, la question est à tout le moins posée de savoir si le Kremlin maîtrise… ou ne maîtrise pas un activisme nationaliste et fasciste, disposant de complicités au sein de l’appareil policier et politique du pouvoir. Dans les deux hypothèses – puissance ou impuissance du pouvoir central –, cette évolution a de quoi inquiéter.

La « question Kadyrov »

L’une des forces armées fréquemment mise en cause, et soupçonnée – dans le meurtre d’Anna Politkovskaïa en 2006 comme dans celui de Stanislav Markelov —, est la milice qui relève du président de la république de Tchétchénie, Ramzan Kadyrov. Celui-ci aurait, selon les déclarations d’un transfuge tchétchène à la police autrichienne, commandité le meurtre, perpétré le 13 janvier à Vienne, de l’ancien combattant de la guérilla Oumar Israïlov. Le président tchétchène aurait établi une liste noire de 5000 personnes, dont 300 au moins devraient être éliminées physiquement (7). « Ceux de Moscou » (le Kremlin) ne devaient pas en être informés, mais se peut-il qu’ils ne le soient pas ?

Le rôle joué par le président Ramzan Kadyrov pose sans doute problème au Kremlin. C’est grâce à lui que M. Poutine a réussi son pari de « tchétchéniser » la remise au pas de cette république du nord Caucase de la Fédération de Russie. Après deux guerres qui ont coûté des dizaines de milliers de vies tchétchènes et russes, les milices formées par Ramzan, fils de feu Ahmad Kadyrov, ancien mufti de Grozny, indépendantiste rallié à la Russie et assassiné dans un attentat le 9 mai 2004, se sont chargées d’achever la « pacification ». Elles ont largement recruté jusque parmi les anciens rebelles indépendantistes. Il est difficile d’apprécier dans quel état d’esprit, avec quelles ambivalences ou arrière-pensées s’effectue ce « ralliement » tchétchène à la puissance russe.

Avec les financements de Moscou, le pouvoir en place assure la reconstruction de la Tchétchénie. Les témoins s’accordent pour dire que Grozny, détruite pendant la guerre et désormais rebâtie, est devenue méconnaissable, et que la population est satisfaite de la paix revenue. Le Kremlin est donc très redevable au président Kadyrov. S’il dispose à Moscou de soutiens considérables, il n’y manquerait cependant pas non plus d’antipathies, ce qui rendrait sa position malgré tout précaire. Et ses méthodes féroces nuisent évidemment à l’image de la Fédération de Russie.

Selon certaines sources, du reste, « l’ordre » tchétchène lui-même serait fragile, une nouvelle génération de rebelles risquant de se former dans les montagnes, tandis que la situation demeure explosive dans la république voisine et ethniquement « sœur » d’Ingouchie. Eux aussi musulmans, les Ingouches sont en conflit potentiel avec les Ossètes voisins, chrétiens orthodoxes et prorusses. Lesquels se félicitent de l’« indépendance » acquise par leurs frères d’Ossétie du Sud, que l’armée russe a défendus contre l’attaque géorgienne d’août 2008 et, du même coup, soustrait à la souveraineté de la République de Géorgie.

On voit donc bien que, dans le traitement de la « question Kadyrov », le Kremlin marche sur des œufs. Surtout à quelques dizaines de kilomètres de l’oléoduc BTC, en Géorgie, dont l’armée dispose de conseillers militaires américains et israéliens (8).

La « crise » qui vient ?

Hormis les pistes tchétchène et néonazies, l’interprétation des violences « commanditées » ou « spontanées » contre les oppositions suggère, selon les milieux oppositionnels, une autre « piste » : la nervosité, voire même « la panique » de cercles de pouvoir inquiets de la « crise qui vient ». Quelle est la réalité de cette « crise » ?

Au Forum de Davos, tant le président Medvedev que le premier ministre Poutine et le réputé très libéral ministre des finances Alexei Koudrine se sont voulus rassurants. Au moment même où le nouveau président des Etats-Unis, M. Barak Hussein Obama, lance de grands programmes financés par l’Etat, M. Poutine s’autorise même à conseiller aux responsables occidentaux de ne pas abuser des interventions étatiques – ce que l’on reproche généralement à la Russie (9) !

Des experts occidentaux soulignent également les atouts de la Russie : la croissance élevée (7 % par an) est peu dépendante des marchés financiers internationaux, l’endettement des ménages reste faible, les réserves monétaires permettent d’amortir la chute des cours du pétrole. Il n’empêche, chaque mois qui passe grignote cet optimisme : le rouble se dévalue, les revenus budgétaires se tassent, la production réelle semble atteinte. D’autres experts se montrent très pessimistes, soit occidentaux, tel M. Aslund, qui fut l’un des inspirateurs de la « thérapie de choc » des années 1990 (10), soit libéraux russes, tels l’économiste Andréi Illarionov ou le leader des opposants radicaux Garri Kasparov.

Les uns et les autres prédisent une catastrophe imminente, qu’ils attribuent moins à la crise mondiale qu’à… l’interventionnisme d’Etat, ou à la politique « agressive » de la Russie sur le plan international : intervention militaire en Géorgie (11), pressions sur l’Ukraine, flirt avec l’Iran et les mouvements islamistes alors qu’Israël se battrait contre le terrorisme, et d’une façon générale anti-occidentalisme et anti-américanisme d’un Kremlin initiateur d’une « nouvelle guerre froide » (12)…

Cette « russophobie », ainsi qu’on la dénonce officiellement, n’est pas partagée par nombre d’observateurs occidentaux, qui ont au contraire remarqué la modération du propos russe à Davos, et la tendance du Kremlin à la bienveillance envers le nouveau locataire de la Maison Blanche à Washington.

Reste la question : la Russie serait-elle ou non dans « le même bateau » de la crise mondiale, qui lui ferait perdre une partie des acquis du redressement opéré au cours des années 2000 ? Les réussites indéniables des années Poutine n’ont pas aboli, il est vrai, les tendances antérieures à la dégradation des infrastructures, de la santé, de la démographie, ni le fait que la Russie s’est enfoncée dans une économie de rente (13).

Sans doute est-il trop tôt pour établir un diagnostic équilibré, mais on s’aperçoit que le diagnostic lui-même fait partie de la guerre psychologique dont l’enjeu est : consolidation ou déstabilisation du pouvoir russe.

Les chiffres officiels ne dissimulent pas l’extension des difficultés. Le nombre de sans emplois (chômeurs enregistrés ou non) atteindrait déjà 7 % de la population active et pourrait doubler d’ici fin 2009. Une chute des revenus s’est amorcée du fait des réductions et du paiement différé des salaires (14). Des spécialistes et des militants du mouvement social observent des fermetures d’entreprises, des licenciements, de nouveaux retards et des non-paiements de salaires auxquels répondent des refus individuels (mais collectivement organisés) d’accomplir les tâches non rémunérées, et des manifestations publiques de travailleurs.

Ce 31 janvier, les communistes ont organisé dans plusieurs villes de Russie des meetings contre la politique gouvernementale, tandis qu’à Moscou, les partisans de MM. Garry Kasparov (libéral) et Edouard Limonov (national-bolchevique) ont tenu un rassemblement comme à l’habitude interdit, spectaculaire, et bien médiatisé en Occident. Rien de très considérable ! Ces petites manifestations ne sont néanmoins pas représentatives d’une protestation sociale éparse, mais plus vaste, dans les usines et sur les lieux d’habitat, qui se tient à distance des jeux politiciens Or, quelles pourrait en être l’ampleur, s’il se confirme que des licenciements massifs auront lieu en février-mars 2009 ?

Selon Carine Clément, sociologue à Moscou où elle dirige l’Institut de l’Action collective (IKD), l’un des risques serait que, faute de moyens d’expression tels que le droit de grève (très entamé dans le nouveau Code du travail) et de manifestation, le mécontentement social mène à des situations explosives (15). La situation en Russie évolue donc rapidement, y compris sur le plan politique, par des luttes de pouvoir et d’orientations ainsi que de regroupements d’oppositions extraparlementaires. Sur fond de crise mondiale accentuant les handicaps de l’économie locale, un nouveau climat d’incertitude s’installe en Russie.

Jean-Marie Chauvier

(1) La plus célèbre victime étant Anna Politkovskaïa, tuée le 7 octobre 2006.

(2) La toute première eut lieu, à notre connaissance, début octobre 1993, dans la foulée de la répression du Parlement opposé aux « réformes » du président Eltsine (et bombardé le 5 octobre après une tentative de rébellion armée).

(3) Novaïa Gazeta, Moscou, 27 janvier 2008.

(4) Agence RIA Novosti, 29 janvier 2008

(5) Selon Carine Clément, sociologue et directrice, à Moscou, de l’Institut de l’Action collective.

(6) « La “nouvelle Russie” de Vladimir Poutine », Le Monde diplomatique, février 2007.

(7) Natalie Nougayrède, « Tchétchénie : enquête sur un crime d’Etat », Le Monde, 23 janvier 2008.

(8) Le BTC (Bakou-Tbilissi-Ceyhan) est le principal oléoduc mis en chantier dès les années 1990, par la volonté des Etats-Unis, pour amener le pétrole de la Caspienne, d’Azerbaïdjan en Turquie via la Géorgie, en évitant les réseaux d’exportation traditionnellement contrôlés par l’URSS et la Russie.

(9) Rossiiskaïa Gazeta, Moscou, 31 janvier 2009.

(10) Le Figaro, 10 octobre 2008.

(11) Cf. Le Monde, 27 octobre 2008 : « Moscou préparait la guerre en Géorgie depuis 2004 », selon M. Illarionov, ancien conseiller du président Poutine.

(12) La presse d’opposition – dont le site de M. Kasparov, Novaïa Gazeta et Ejenedelnaïa Gazeta —, ont affiché, lors de l’opération israélienne à Gaza, des commentaires très favorables à Israël et très hostiles envers le Hamas… et la diplomatie russe.

(13) Cf. Le Monde diplomatique, février 2007.

(14) Agence RIA-Novosti, 30 janvier 2009.

(15) Cf. (en russe) « Les conflits du travail en 2008 : le mouvement ouvrier au carrefour »

 

 

Prison pour des skinheads coupables de crimes racistes

Lundi 15 décembre 2008

Un tribunal moscovite a condamné sept skinheads à des peines allant de six ans de réclusion à vingt ans de travaux forcés pour les meurtres de 20 immigrés au cours d'une série de crimes à caractère raciste.

AFP - Sept skinheads russes ont été condamnés lundi à des peines allant de six à 20 ans de prison pour une série de meurtres racistes dont ils avaient enregistré et diffusé des images sur internet, alors que les attaques ce genre sont de plus en plus nombreuses en Russie.

Le tribunal municipal de Moscou a reconnu les jeunes coupables de 19 meurtres et 12 tentatives de meurtre. Ils étaient aussi accusés d'avoir "volé les biens" de leurs victimes et "attisé la haine raciale".

Selon les enquêteurs, les jeunes communiquaient à travers des sites nationalistes pour organiser des "actions contre les gens à l'apparence non-slave" dans la région de Moscou. Il utilisaient des couteaux, des battes de baseball et des armatures métalliques pour les attaquer.

Ils ont "tué des citoyens de Russie, du Tadjikistan, d'Azerbaïdjan et de Chine", a rappelé le procureur, Marina Semenenko, devant la presse.

Les deux organisateurs de la bande, Artour Ryno et Pavel Skatchevski, se sont vu infliger une peine de dix ans parce qu'ils étaient mineurs au moment des faits, commis entre août 2006 et octobre 2007.

Roman Kouzine, né en 1988, a reçu la peine la plus élevée, soit 20 ans de prison en colonie pénitentiaire à régime sévère.

Quatre autres membres du groupe ont été condamnés à des peines allant de six à 12 ans de prison.

Deux jeunes, dont une fille qui filmait les crimes et les diffusait sur l'internet, avaient été innocentés par les jurés.

Les accusés ont écouté leur verdict debout dans leur cage. Artour Ryno a regardé droit devant lui et souri tandis que Pavel Skatchevski, une casquette vissée sur le front, baissait la tête. Certains des accusés portaient des masques anti-grippe.

Dmitri Agranovski, avocat de Pavel Skatchevski, a laissé entendre qu'il ferait appel du verdict.

Selon lui, les crimes commis par les accusés "reflètent un phénomène social qui a un caractère massif et témoignent du caractère malsain des relations inter-éthniques".

Soulignant que son client était "un élève brillant", l'avocat a appelé à "éduquer les jeunes au lieu de les punir". "Ils représentent une certaine couche sociale comme l'a montré ce procès", a-t-il conclu.

Prenant la parole une dernière fois avant le verdict, Pavel Skatchevski a accusé la semaine dernière les autorités de fermer les yeux sur le problème des migrants illégaux.

"Nous avons dû nous y mettre avec les moyens les plus accessibles et les plus radicaux", a-t-il lancé, se présentant comme "un soldat russe" nettoyant "la ville de ses occupants".

Skatchevski et Ryno ont été arrêtés après le meurtre en avril 2007 de l'entrepreneur russe d'origine arménienne Karen Abramian, tué de 55 coups de couteaux à 46 ans et retrouvé ensanglanté par l'un de ses trois enfants dans la cour de son immeuble.

Lors des interrogatoires, Artour Ryno a avoué les autres tueries, se disant fier de ses actes. Il a alors expliqué "détester depuis l'école les Caucasiens et les Asiatiques qui oppriment les Russes".

Assia Abramian, la mère de Karen Abramian, a jugé le verdict trop clément et s'est insurgée contre le fait que la fille qui avait filmé les crimes ait été innocentée.

"Ils ont envoyé des mineurs pour qu'ils tuent parce qu'ils ne peuvent pas être condamnés à de lourdes peines", a-t-elle affirmé. "Je veux que la mère de celui qui a fait ça souffre comme moi", a-t-elle lancé.

Les attaques racistes ont presque quintuplé ces cinq dernières années en Russie, faisant près de 300 morts et plus de 1.300 blessés au total depuis 2004, selon les chiffres de l'ONG Bureau pour les droits de l'Homme.

Surfant depuis peu sur les peurs liées à la crise financière, la presse populaire agite la menace de "l'étranger" tandis que des jeunes du parti Russie Unie, présidé par le Premier ministre Vladimir Poutine, ont lancé une campagne contre l'immigration illégale.





Depuis maintenant deux ans, la Russie connaît une vague de violences néo-nazies dont bien souvent, les habitants d’Europe de l’Ouest n’ont pas idée. Ces violences, qui ont connu une accélération depuis novembre 2005, prennent pour cible des étrangers (étudiants, demandeurs d’asile), des personnes originaires d’anciennes républiques soviétiques ou appartenant à des minorités ethniques et des militants antifascistes : elles sont, selon les autorités russes, le fait de skinheads souvent jugés pour « hooliganisme » ou « vandalisme » alors que leurs motivations racistes ou leur stratégie anti-antifasciste sont évidentes.

Dans le contexte russe, la violence néo-nazie n’est pas une nouveauté : depuis la fin de l’ancien régime « communiste », les nationalistes de toutes factions ont le vent en poupe, et certains partis ouvertement nationaux-socialistes ont pu rassembler plusieurs dizaines de milliers d’adhérents, leurs services d’ordre bénéficiant même parfois d’entraînements armés dans des camps militaires tout à fait officiels.

Depuis douze ans, la guerre en Tchétchénie a permis de laisser libre cours au racisme anti-caucasien, au niveau de la rue comme des administrations. Certains groupes en ont profité pour déclencher parfois de véritables pogroms sur des marchés de Moscou ou de Saint-Pétersbourg.

Dans la rue, il ne fait pas bon se promener isolé si on n’a pas le visage « européen ». L’agression est courante, parfois mortelle. Les ambassades et consulats donnent à leurs ressortissants « visibles » des consignes de prudence, de se déplacer en groupe ou même celle de rester chez soi tous les 20 avril, jour anniversaire d’Adolf Hitler. De fait, tout au long de l’année 2005 se sont succédées les attaques racistes, pourtant pas toujours jugées comme telles par les autorités russes. Lorsqu’en février, un étudiant en médecine originaire de Guinée Bissau a été tué à l’arme blanche à Voronej, les trois jeunes gens qui ont été arrêtés ont été reconnus coupables de meurtre raciste, ce qui a constitué un précédent important en Russie. En revanche, le procès de cinq personnes ayant participé à une attaque lancée en 2001 par plus d’une centaine de skinheads contre des commerçants appartenant pour la plupart à des minorités ethniques sur un marché de Moscou s’est soldé par l’acquittement de deux des assaillants présumés, tandis que deux autres étaient condamnées avec sursis et le dernier à une peine d’emprisonnement de six mois. Toujours en février, une fillette tadjike de neuf ans a été tuée à coups de couteaux à Saint-Pétersbourg alors qu’elle rentrait chez elle, en compagnie de son père et de son cousin. Plusieurs jeunes gens ont été arrêtés et poursuivis dans le cadre de cette affaire, mais finalement, le jury a exclu tout mobile raciste, alors même que les agresseurs ont proféré des injures racistes avant de poignarder la petite fille à onze reprises.

Force est de constater que le gouvernement de Poutine a tout misé sur le chauvinisme et le patriotisme pour suppléer au sentiment de frustration dû à la chute de l’ancien empire et s’en servir à l’occasion dans ses stratégies politiques, sans se soucier des conséquences. Or aujourd’hui, face aux violences d’extrême droite enregistrées, Poutine réagit en créant de toutes pièces un « mouvement antifasciste » dont l’organisation de jeunesse appelée Nashi (cf. encart) assume les actions de rues.

Intimidations, menaces... et assassinat

On peut difficilement marquer le début de cette vague de violence néo-nazie : pourtant, l’assassinat le 19 juin 2004 de Nikolaï Guirenko, éminent défenseur des Droits de l’Homme et spécialiste de la lutte contre le racisme et la discrimina-tion en Russie, semble constituer un tournant du fait de la place officielle qu’occupait ce chercheur, tué par balle à travers la porte de son domicile. Difficile, cette fois-ci, pour les autorités russes, d’invoquer le règlement de compte entre bandes rivales de hooligans, lorsque la victime se trouve être le président de la Commission des Droits des Minorités de l’Union scientifique de Saint-Pétersbourg et avoir régulièrement alerté l’opinion sur les groupes néo-nazis et les skinheads sur lesquels il avait réalisé plusieurs études en direction des pouvoirs publics ; il a été notamment l’un des très rares experts intervenant lors des procès contre les auteurs d’attaques ou d’actions racistes et permettant parfois une qualification comme telle de ces actes. L’enquête de police n’a pas abouti à ce jour : ni les auteurs de ce crime (que personne n’a vus car ils ont tiré à travers la porte) ni l’arme utilisée, une arme ancienne datant de la Seconde Guerre mondiale d’après les balles, n’ont été retrouvés. Il faut signaler que ce meurtre a eu lieu quelques jours après la libération d’un néo-nazi arrêté pour avoir saccagé les locaux de l’association Memorial de défense des Droits de l’Homme, connue pour ses positions antifascistes et y avoir agressé puis ligoté son président. Des menaces de mort (coups de téléphone nocturnes, graffiti sur la porte d’entrée) ont été enregistrées après cette attaque au domicile d’une autre responsable de Memorial.

Fait remarquable : un homme appartenant au FSB (nouveau nom du KGB) a été arrêté dans l’enceinte de la prison où était détenu l’un des agresseurs du président de Memorial (un néo-païen, l’autre, identifié comme skinhead n’ayant pas été retrouvé), au moment où il essayait de faire parvenir à ce dernier une liste de noms de personnes chargées de lui fournir de faux alibis...

Il faut préciser que les antifascistes [1] russes sont très divisés et isolés : quelques militants d’associations, des défenseurs des Droits de l’Homme, des militants issus de partis libéraux, tant au sens politique qu’économique, des anarchistes classiques et une mouvance alternative radicale qui se défie de toutes les forces précédemment citées. Cette scène musicale alternative, qui n’hésite pas à affronter les néo-nazis dans la rue, quitte à renverser la vapeur en allant les chercher, parfois avec succès, organise une riposte antifasciste radicale.

Des violences ciblées : des meurtres anti-antifascistes

À partir de l’assassinat de Guirenko, les violences prenant pour cibles des militants antiracistes et antifascistes semblent s’accélérer notamment sur trois villes : Moscou, Saint-Pétersbourg et Voronej (au sud de Moscou).

Le 13 novembre 2005, c’est un jeune militant punk de Saint-Pétersbourg, Timur, qui a été poignardé à mort devant une librairie par un groupe d’une dizaine de néo-nazis qui connaissaient son nom et son visage, sous les yeux de son ami Maxim, lui aussi blessé. Ces deux jeunes musiciens, qui venaient de participer à l’initiative hebdomadaire « Food no bombs » [2], étaient des militants de la scène antifasciste radicale de Saint-Pétersbourg, qui avaient déjà été menacés par les néo-nazis un mois auparavant. Timur est mort avant l’arrivée de l’ambulance sur les lieux de l’attaque : il avait 20 ans. Maxim en a réchappé malgré 5 coups de couteaux dans le corps : désormais unique témoin du meurtre de son ami, il a été invité par la police dès sa sortie de l’hôpital à reconnaître ses agresseurs parmi des naziskins interpellés. Face à face. Sachant que les procédures de protection de témoins sont inexistantes et dans le contexte actuel, cela équivaut à une condamnation à mort pour ce jeune de 20 ans. À ce jour, les meurtriers de Timur ont tous été arrêtés, à l’exception du chef de la bande, dont le nom est connu de la police, mais qui est toujours en cavale.

Le 7 avril 2006, un étudiant originaire du Sénégal, Samba, a été abattu d’une balle dans la nuque à Saint-Pétersbourg. Militant antiraciste de 28 ans, Samba était engagé dans une ONG appelée African Unity et avait participé à l’organisation de festivals inter-culturels, en lien avec le mouvement de jeunes pro-Poutine Nashi autoproclamé antifasciste. Samba a été tué au petit matin, après une soirée en discothèque où avait été célébrée l’amitié inter-culturelle entre Russes et étrangers. Le ou les agresseurs attendaient les étudiants africains, embusqués sous une porte cochère et, lorsqu’ils se sont rués dans la rue en hurlant des slogans nazis, les étudiants, pris de panique, sont partis en courant ; un coup de feu est parti, et les étudiants ont pu voir un homme avec une arme à feu. L’homme s’est enfui vers une cour et a disparu après s’être débarrassé de l’arme sur laquelle était gravée une svastika. À ce jour, l’enquête de police suit son cours ; le procureur a d’ores et déjà qualifié ce crime de « meurtre à caractère racial » et a déclaré en avoir fait une priorité. Contrairement au meurtre de Timur, le meurtre de Samba a fait l’objet d’un traitement médiatique international.

Le 16 avril 2006, un groupe de six skinheads néo-nazis a assassiné à Moscou un musicien punk antifasciste de 19 ans, Alexander (Sasha), alors qu’il se rendait avec un ami à un concert. Sasha a reçu de nombreux coups de couteaux au cœur et dans le cou : les néo-nazis portaient des gants en caoutchouc afin d’éviter de laisser des empreintes. La police a déclaré avoir trouvé des autocollants antifascistes dans les poches de Sasha, et les amis de ce dernier ont affirmé qu’ils avaient toutes les raisons de croire que ce meurtre avait été planifié par les néo-nazis. Les informations sur l’enquête et les divers témoignages recueillis sur cet assassinat sont assez limités pour l’instant, mais il n’en demeure pas moins que la situation va en s’aggravant et que la terreur anti-antifasciste s’installe en Russie.

En effet, en plus des agressions physiques, les actions psychologiques vont aussi bon train : après l’assassinat de Timur, des autocollants représentant un naziskin pointant son flingue sur la tempe d’un antifasciste pissant de peur, agrémenté du commentaire « Ainsi finiront tous les antifascistes » étaient visibles partout dans Saint-Pétersbourg. En outre, de nombreux défenseurs des droits des minorités et activistes antiracistes sont visés ; les données personnelles de certains d’entre eux ont même été affichés sur Internet et sur les murs, assortis de menaces, et ce dans plusieurs villes de Russie.

Les assassinats ciblés de Guirenko, Timur, Samba et Sasha, tout autant que les crimes racistes prenant pour cibles étu-diants africains, immigrés ou Roms, montrent bien que les néo-nazis ont identifié les militants antifascistes et antiracistes comme leurs ennemis, dont ils sont prêts à se débarrasser par tous les moyens, y compris le meurtre. Face à cela, les militants qui ont choisi de vivre à Saint-Pétersbourg, à Moscou, à Voronej ou n’importe où en Russie, doivent pouvoir compter sur nous autres, militants antifascistes et antiracistes français et européens, pour les soutenir et diffuser les informations qui les concernent dans nos pays et dans nos médias.

[Tina et Wash], avec le concours précieux de Antifascist Motive dans [No Pasaran], mai 2006

NASHI, la jeunesse poutinienne « antifasciste »

Les Nashi, qui s’appelaient Ceux qui marchent ensemble au moment de leur création, sont ni plus ni moins que les nouveaux komsomols mis en place par Poutine il y a quatre ou cinq ans pour embrigader la jeunesse russe. La signification du nouveau nom de l’organisation en russe (Les Nôtres) est largement évocatrice de par l’identité restrictive qu’elle suggère et ne promet pas un engagement des plus progressistes aux jeunes qui choisissent d’y participer.

Les Nashi s’autoproclament aujourd’hui antifascistes*, après s’être concentrés sur bien des terrains de « luttes » désignés par Poutine : créés pour combattre le NBP de Limonov que Poutine avait déclaré être l’ennemi du régime, ils ont occupé quelques temps le terrain de la lutte contre la drogue, s’adressant aux jeunes dans les établissements scolaires. De fait, leur caractère officiel et le lien qui les unit au gouvernement de Poutine leur ouvrent toutes les portes (écoles, administration) et leur permettent tous les financements, y compris en Tchéchénie où les Nashi possèdent des locaux splendides dans la ville de Grozny, en l’occurrence peut-être la plus belle maison de toute la ville.

À côté de leur tout nouvel engagement antifasciste, les Nashi n’hésitent pas à fustiger les défenseurs des Droits de l’Homme qui mettent en cause l’action de Poutine et de son gouvernement en Tchéchénie. Ainsi, en février de cette année, ils se sont mobilisés au moment du procès d’un homme qui avait publié un appel contre la guerre en Tchéchénie, mais pas pour le soutenir... Cet homme fut en fin de compte condamné pour incitation à la haine raciale ( !) et condamné à deux ans avec sursis. Après la mort de Samba, dont l’organisation African Unity avait auparavant travaillé à des mobilisations inter-culturelles avec les Nashi, ces derniers ont appelé à un rassemblement en mémoire de Samba. Parmi les antifascistes de Saint-Pétersbourg s’est posée la question de la participation à un tel rassemblement, face à une organisation gouvernementale qui s’était prononcée pour la condamnation pour incitation à la haine raciale d’un défenseur des Droits de l’Homme. Au bout du compte, quelques 2000 jeunes (18-19 ans) des Nashi se sont rendus au rassemblement, mais l’émotion n’était pas vraiment présente, malgré les bougies, les fleurs, les t-shirts Nashi et les blousons noirs et blancs que tous avaient revêtus pour l’occasion. Les mots d’ordre des Nashi étaient : « On nous tue, Poutine aide-nous », de sorte que Poutine était réellement présenté comme le sauveur attendu, comme le veut tout bon culte de la personnalité.

* Depuis deux ans, le nom officiel de la structure est : Mouvement antifasciste Nashi

http://www.avoixautre.be/article.php3?id_article=550




40 meurtres racistes en Russie en 2004
Article posté par Stéphane Bourgoin le Vendredi 6 mai 2005

" Les états d'esprit nationalistes et fascistes parmi la population de la Russie sont fréquents à faire peur, concluent les auteurs du rapport du Bureau moscovite des droits de l'homme intitulé "Le racisme, la xénophobie et le néonazisme dans les régions de Russie", écrit le quotidien Novyé izvestia.

Ils citent les résultats d'un sondage effectué récemment par la fondation Expertiza. Selon les données statistiques, la moitié de la population du pays n'a rien contre l'idée d'introduire des restrictions au séjour dans leur pays des Chinois, des Vietnamiens et des ressortissants des pays de l'Asie centrale post-soviétique. Mais 43% des sondés ont avoué que la présence de "non-Russes" assombrit leur existence.

A Moscou où les tendances démocratiques sont les plus fortes, la situation n'est pas meilleure. 48% des habitants de la capitale constatent une prédominance de ressortissants du Caucase. En Extrême-Orient, on n'aime pas les immigrants chinois. Dans la région de Kaliningrad, les tendances anti-lituaniennes s'amplifient.

Les sociologues ont enregistré une croissance en dents de scie de la xénophobie après la tragédie de Beslan, le "terroriste tchétchène" étant relayé par l'"intrus", nom collectif désignant les éléments poussés par les services secrets étrangers à monter toute sorte de crimes en Russie.

D'après le Bureau moscovite des droits de l'homme, 40 homicides et plusieurs centaines d'attaques ethniques ont été commis en 2004.

Le directeur du Bureau, Alexandre Brod, affirme qu'aujourd'hui le nombre des éditions extrémistes a augmenté par rapport à l'année passée. "La littérature nazie a tendance à être publiée par des maisons d'édition respectables", a-t-il dit. En ce qui concerne la tonalité des périodiques marginaux, "ils n'ont jamais appelé avec autant de force à la déportation, à l'assassinat, à la violence qu'aujourd'hui".

Les sociologique du Bureau voient dans la croissance des tendancesfascistes un intérêt direct de certaines forces politiques qui cherchent, à la faveur d'une rhétorique ethnique, à se faire ouvrir les portes de la Douma lors de la campagne électorale de 2007-2008. "

Source : NOVOSTI (6 mai 2005)

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