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15/12/2012

Vrai fausse bombe à Bonn... la suite

La presse nationale vient de prendre (enfin) connaissance de la découverte d'un sac bleu contenant "l'engin explosif" qui n'a pas explosé lundi dernier (10/12/12) à la gare de Bonn (en Allemagne) ...

Tu imagines bien qu'elle tournure peux avoir pris l'information chez Le Figaro, insistant sur le fait que la police allemande "privilégie une piste islamiste" :

Engin explosif/Bonn: piste islamiste
AFP Publié le 14/12/2012 à 19:05
Le parquet fédéral allemand a annoncé aujourd'hui qu'il se saisissait de l'enquête sur un engin explosif découvert lundi en gare de Bonn (dans l'ouest), la justice privilégiant désormais une piste islamiste.

«Suffisamment d'éléments ont été rassemblés pour affirmer qu'il s'agit d'une tentative d'attentat à l'explosif par une organisation terroriste islamiste», écrit le parquet fédéral, compétent pour les affaires de terrorisme et basé à Karlsruhe( dans l'ouest), dans son communiqué.

«C'est pourquoi le parquet fédéral s'est saisi aujourd'hui, en remplacement du parquet de Bonn, de l'enquête, et qu'il a chargé la police criminelle fédérale des investigations et de la recherche des auteurs», ajoute-t-il.

Un sac de sport de couleur bleue avait été trouvé lundi à la gare de Bonn, contenant quatre cartouches de gaz, un tuyau en métal de 40 cm de long rempli de nitrate d'ammonium - un composé chimique entrant dans la fabrication d'explosifs -, des piles et un réveil.

Mercredi, la police avait estimé qu'une explosion de l'engin «aurait causé des blessures sérieuses». «La raison pour laquelle l'engin n'a pas explosé reste inexpliquée», a ajouté le parquet.

Les magistrats de Karlsruhe évoquent également «des indices laissant penser que la personne suspecte dispose de contacts avec les cercles islamistes radicaux», mais, interrogés par l'AFP, ils ont refusé de se montrer plus précis sur cet éventuel suspect identifié.

Selon l'agence de presse allemande dpa, qui cite une «source proche des enquêteurs», plusieurs indices laissent à penser que les auteurs ont voulu déclencher la bombe, mais que le système de détonation n'a pas fonctionné.

Le quotidien berlinois Tagesspiegel affirme également que la fabrication de la bombe était quasiment conforme à celle figurant dans une publication éditée par une branche de l'organisation islamiste Al-Qaïda au Yémen.

Le ministre allemand de l'Intérieur, Hans-Peter Friedrich, a assuré dans un communiqué qu'il prenait «très au sérieux cette affaire».

publié le 15/12/12 - lefigaro.fr

Un peu plus de retenue de la part du Républicain Lorrain :

Engin explosif
Le parquet fédéral allemand a annoncé hier qu’il se saisissait de l’enquête sur un engin explosif découvert lundi en gare de Bonn (ouest), la justice privilégiant désormais une piste islamiste. Un sac de sport de couleur bleue avait été trouvé lundi à la gare de Bonn, contenant quatre cartouches de gaz, un tuyau en métal de 40 cm de long rempli de nitrate d’ammonium – un composé chimique entrant dans la fabrication d’explosifs -, des piles et un réveil. « La raison pour laquelle l’engin n’a pas explosé reste inexpliquée », a ajouté le parquet. La police recherche un homme que l’on voit portant le sac sur des images de vidéosurveillance. Mardi, la police avait arrêté deux hommes, dont un lié au milieu salafiste. Mais ils ont été tous deux libérés, les soupçons initiaux se révélant infondés. En 2006, des militants islamistes avaient placé des valises contenant des bombes artisanales dans deux trains régionaux en gare de Cologne (ouest). Les deux bombes n’avaient pas explosé, évitant un probable bain de sang.
publié le 15/12/2012 à 05:00 - republicain-lorrain.fr

D'après l'article en ligne du Franckfurter Rundschau, la bombe avait bien un système d'allumage (une ampoule) mais celui-ci n'aurait pas fonctionné (info Spiegel Online)

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09/11/2012

Des rumeurs circulaient à Artigat...

«Des rumeurs circulaient à Artigat, dit-elle. Ça allait loin. Certains allaient jusqu'à dire qu'ils étaient impliqués dans les attentats de 1995 à Paris ! » Elle ajoute : «Vu qu'ils avaient un mode de vie repliés - tout était fermé chez eux-, on ne peut pas éviter d'être soupçonneux.»

Quant au dernier chef de famille islamiste du hameau, il considère que M. Corel est « un imbécile qui se prend pour le savant qu'il n'est pas ». Pour lui, c'est un « escroc », et il a deux facettes : « devant les gens du coin, il est plus français que les Français, et avec les petits jeunes musulmans de banlieue, il se la joue pur islamiste. »

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12:09 | Lien permanent | Commentaires (0) |

23/10/2012

interrogatoire à propos du blog

Les questions portent sur un texte publié sur des dizaines de sites fin avril 2010 : "Analyse d’un dossier d’instruction antiterroriste", concernant "le dossier d’instruction judiciaire sur ce qui fut, en janvier 2008, la première affaire traitée par une juridiction antiterroriste concernant ce que policiers, juges et médias nomment « la mouvance anarcho-autonome »".

Le délit supposé serait la divulgation de l'identité de fonctionnaires de police:

Arrêté du 27 juin 2008 relatif au respect de l'anonymat de certains fonctionnaires de police 

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14:54 | Lien permanent | Commentaires (0) |

20/04/2012

Les élucubrations d'Europol et de la DCRI autour de l'affaire Merah...

Lutte contre le terrorisme : à la lumière de l'affaire Merah

Fanny Bussac, magistrate spécialisée dans la lutte antiterroriste (à gauche) était lundi l'invitée de Lille2 avec Gilles de Kerchove (à droite).Fanny Bussac, magistrate spécialisée dans la lutte antiterroriste (à gauche) était lundi l'invitée de Lille2 avec Gilles de Kerchove (à droite).

À Lille 2, des étudiants ont réuni le directeur adjoint d'Europol, le coordinateur de la lutte contre le terrorisme de l'Union européenne, et la magistrate chargée de l'affaire Mohamed Merah. Débat instructif.

Exercice pratique de haute volée lundi soir pour des étudiants en Master 1 du droit international et européen : à l'initiative de leur professeur, Patrick Meunier, ils ont réussi à inviter sur le même plateau Michel Quillé, directeur adjoint (département des opérations) d'Europol, Gilles de Kerchove, coordinateur de la lutte contre le terrorisme de l'Union européenne et Fanny Bussac : cette dernière, vice-procureur à la section antiterroriste et aux atteintes à la sûreté de l'État auprès du Parquet de Paris, a été en charge du dossier Mohamed Merah au tout début de l'affaire.
Autant dire que sa seule présence dans l'enceinte de la faculté de droit était de nature à attirer ceux et celles avides d'en savoir un peu plus sur une affaire désormais à l'instruction.

 

Risque d'actes « isolés »


Avant cela, Gilles De Kerchove avait expliqué combien le dossier Merah, comme celui du tueur Norvégien Breivik, montrent « l'importance de la prévention et de ne pas faire que du répressif ». Michel Quillé, pour Europol, évoquant lui le rapport 2012 de l'agence européenne - créée pour soutenir les États membres de l'UE dans la lutte contre le crime organisé et le terrorisme - qui met en avant « le risque » de v oir se développer des « actes émanant d'individus isolés ». Constat étrangement prémonitoire quand on connaît la suite.


La suite, c'est Fabienne Bussac, une magistrate propulsée bien malgré elle sous les feux de l'actualité à cause de l'affaire Merah, qui la raconte. Elle évoque la piste des adresses IP permettant l'identification des ordinateurs, « au début des investigations, on en avait plusieurs. On a cherché » . Cherché et trouvé d'autres adresses IP connectées à l'ordinateur de Mohamed Merah depuis la Belgique et l'Espagne. La convention du 29 mai 2000, qui a mis en place l'entraide judiciaire pénale entre les États membres de l'Union européenne, a facilité les « échanges d'informations » , dans l'affaire Merah comme pour d'autres dossiers. « Une révolution, cette convention », témoigne la magistrate pour qui « là où une demande mettait avant trois semaines, ça dure une seconde aujourd'hui », via un mail ou un fax transmis aux magistrats des pays concernés. La lutte contre le terrorisme s'est encore trouvée facilitée avec « un second grand apport, le mandat d'arrêt européen », explique Fanny Bussac. Le mandat permet des échanges de détenus, qui ont notamment servi pour le chef de l'ETA arrêté en 2008 par la France, réclamé par l'Espagne pour dix assassinats et finalement « prêté » mais dans des conditions très strictes.
Oui mais dans le cas de l'affaire Merah, « ne pouvait-on pas aller plus vite ? », interroge le public. « Le lundi à 11 h, on se saisit et le lundi soir, un suspect est sous surveillance. J'ai l'impression que l'on a fait un pas mauvais boulot », assure Fanny Bussac. Qui avouera cependant que dans une enquête de ce type, « tout le monde se dit qu'il y a peut-être quelques heures du dimanche où si l'on avait parlé à telle ou telle personne, on serait peut-être arrivé à une réponse le lundi matin et non le soir. C'est le genre de choses qui nous hante ».
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piqué au tas sur nordeclair.fr - 19/04/2012

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Comment le contre-espionnage a égaré la fiche de Merah

Dès 2006, l'auteur des tueries de Toulouse et Montauban était fiché comme susceptible d'attenter à la sûreté de l'Etat.

Bernard Squarcini, le chef de la Direction centrale du Renseignement intérieur (DCRI), est formel. Ses services n'auraient entendu parler de Mohamed Merah qu'en novembre 2010, et ce pour la première fois.

Dans l'entretien accordé au journal "le Monde" après les tueries de Toulouse et de Montauban, le patron du contre-espionnage français a expliqué qu'"après un simple contrôle routier à Kandahar, en Afghanistan en novembre 2010 (...) la direction de la sécurité et de la protection de la défense nous a signalé l'incident". Squarcini précise même qu'il n'y a aucun lien entre Merah et le démantèlement, fin 2006, à Artigat, à une soixantaine de kilomètres de Toulouse, d'une filière de combattants djihadistes en Irak. Pour lui, l'amitié entre Mohamed Merah et Sabri Essid, un Toulousain arrêté les armes à la main à la frontière syro-irakienne, tout comme le concubinage entre sa mère et le père d'Essid, n'en font pas un "activiste chevronné" qui aurait mérité d'être étroitement surveillé. Le chef de la DCRI affirme donc qu'il n'y a "pas de lien, en dehors de mandats que (Merah) a envoyés à l'un des condamnés en prison, ce qui peut être une simple solidarité de cité".

Or Mohamed Merah a bien été fiché comme susceptible d'attenter à la sûreté de l'Etat dès 2006. Suite à l'opération conduite à Artigat, les Renseignements généraux (ancêtres de la DCRI) avaient émis une fiche "S", comme sûreté de l'Etat, à son nom, le désignant comme "membre de la mouvance islamiste radicale, susceptible de voyager et de fournir une assistance logistique à des militants intégristes". La procédure implique que les policiers contrôlant un individu fiché "S" signalent sa présence aux RG et recueillent un maximum de renseignements sur lui (provenance, destination, moyens de transport, etc.). Bref, qu'ils le surveillent étroitement, "sans attirer l'attention".

Imbroglio administratif

C'est du reste ce qui s'est passé le 18 novembre 2007, à 1h30 du matin, lors d'un contrôle au col du Perthus, à la frontière espagnole, comme l'a révélé M6. Merah se trouvait dans une BMW immatriculée à Toulouse, en compagnie de deux petits voyous de cité. Bernard Squarcini paraît l'ignorer. Voici pourquoi.

Selon notre enquête, la fiche Merah de 2006 s'est volatilisée deux ans plus tard, soit en 2008, à la faveur d'un incroyable imbroglio administratif sur fond de guerre des polices, à l'occasion de la fusion entre les RG et la DST (Direction de la Surveillance du Territoire), devenus la DCRI. Un projet cher à Nicolas Sarkozy. "Les fiches S ont une validité de deux ans et doivent être renouvelées après ce délai par les services", explique un agent de renseignement qui s'est penché sur cette bévue. "Dans la nouvelle organisation, le pôle 'Islamisme radical' des RG, à l'origine de la fiche, a été presque entièrement démantelé pour faire la part belle aux spécialistes antiterroristes venus de la DST", explique ce même agent. "La mémoire des RG est partie en fumée, et la fiche S de Merah est passée à l'as."

Il franchit les frontières sans attirer l'attention

A l'époque, le jeune homme, incarcéré à Toulouse pour un délit mineur, ne se fait donc pas remarquer dans les milieux islamistes. A sa libération en septembre 2009, Merah, sorti des radars des services antiterroristes, peut franchir les frontières sans attirer l'attention. Et sillonner le Moyen-Orient, de l'Egypte à l'Afghanistan en passant par la Syrie, la Jordanie et Israël.

Ce n'est qu'en novembre 2011 que la DCRI rédigera une nouvelle fiche S sur Merah, après son retour du Pakistan et un léger débriefing à l'antenne toulousaine du service. Cette fiche, figurant au fichier des personnes recherchées (FPR) et dont "le Nouvel Observateur" a pu prendre connaissance, est étonnamment minimaliste. Elle présente Merah comme "un militant proche du milieu djihadiste international" mais n'est classée que "S 5" : une procédure qui demande de signaler ses passages aux frontières, mais n'implique ni de fouiller ses bagages, ni de le surveiller sur le territoire français. "Une surveillance très légère", reconnaît un agent de renseignement.

Le raté administratif durant lequel s'est perdue la première fiche Merah - celle de 2006 - a-t-il été évoqué devant la délégation parlementaire pour le renseignement qui a auditionné le chef de la DCRI, le 4 avril dernier, soit cinq jours après que M6 en eut fait état ? Les huit parlementaires concernés ont-ils posé la question ? "Secret-défense", répliquent-ils en choeur. Seul le président de la délégation, le député Guy Tessier, affirme qu'il n'y a eu "aucune faille ou aucune ombre au tableau" (dans le traitement de l'affaire Merah, ndlr). Contre toute évidence.

Cécile Deffontaines et Olivier Toscer

piqué au tas sur tempsreel.nouvelobs.com - 18/04/2012

12:06 | Lien permanent | Commentaires (0) |

04/03/2012

Procès antiterroriste pour 6 camarades du 14 au 22 mai 2012 à Paris

Ivan, Bruno et Damien sont arrêtés en janvier 2008 alors qu’ils se rendent à une manif devant le centre de rétention de Vincennes avec des fumigènes artisanaux et des crève-pneus, qui deviennent pour la justice et les médias une “bombe à clous”. Ivan et Bruno sont alors placés en détention préventive et Damien sous contrôle judiciaire.

Quelques jours plus tard, Inès (*Isa) et Franck (*Farid) sont arrêtés lors d’un contrôle des douanes à Vierzon en possession de manuels expliquant des techniques de sabotage, du plan d’une prison pour mineurs et de chlorate. L’antiterrorisme se saisit de l’affaire. Les flics prétendent que l’ADN d’Isa correspondrait à une des 5 traces ADN présentes dans un sac contenant des bouteilles d’essence, retrouvé sous une dépanneuse de flics pendant l’entre-deux-tours des présidentielles de 2007.

Rapidement, ces deux enquêtes sont jointes en un seul dossier, instruit par les mêmes juges antiterroristes. La police ratisse alors dans l’entourage des personnes arrêtées et des personnes fichées “anarcho-autonomes” pour tenter de trouver qui se cacherait derrière les ADN manquants. Javier (*Juan), le frère d’Inès (*Isa), puis Damien (qui avait été arrêté avec Ivan et Bruno) sont mis en prison pendant plusieurs mois car leurs profils ADN correspondraient aussi aux traces retrouvées sous la dépanneuse. Par ailleurs, en juin 2010, Javier (*Juan) a, en plus, été mis en examen pour une série de sabotages par incendie sur des armoires électriques de signalisation SNCF qui ont paralysé une partie du trafic ferroviaire en 2006 pendant le mouvement "CPE". Son ADN aurait été retrouvé sur le lieu d’une tentative de sabotage.

Inès (*Isa), Javier (*Juan), Damien, Ivan, Franck (*Farid) et Bruno ont chacun fait entre 5 et 13 mois de détention préventive dans le cadre de cette procédure. Et ils restent sous contrôle judiciaire jusqu’au procès en correctionnelle.

 

via http://infokiosques.net

16:59 | Lien permanent | Commentaires (1) |

18/06/2011

Faut-il supprimer les juridictions d'exception ?

Préambule: A travers le cas particulier de Mr Adlène Hicheur, j’aimerais attirer l'attention des lecteurs sur le cas profondément injuste et arbitraire de notre législation antiterroriste, même si celui ci a déjà été dénoncé par des gens beaucoup plus doués que moi pour l'écriture et la synthèse, d'autant que je ne suis en rien un spécialiste du droit. Ainsi  ce rapport de la FIDH datant de 1999, préconisait-il  dans ses conclusions de supprimer l’incrimination d’“association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ” mais aussi de supprimer la spécialisation de la 14e section du Parquet du Tribunal de grande instance de Paris (les fameux juges "antiterroristes"), de renforcer les obligations légales de toutes les juridictions de fournir les motivations et les preuves fondant toute décision , ordonnance ou jugement qui affecte la liberté et les droits du suspect ou du prévenu  et enfin de supprimer l’allongement systématique de la garde à vue à 96 heures au seul motif qu’une question est déclarée initialement comme concernant le “terrorisme”. Force est de constater, à la lecture de ce que vit  aujourd’hui à Mr Hicheur, que ce rapport est toujours d’actualité, qu’en 12 ans rien n’a changé et que les procédures antiterroristes outrepassent les limites de l’acceptable en matière des droits de l’homme. Il serait donc intéressant de connaitre les propositions des différents partis politiques pour remédier à  la situation, même s'il semble exister dans l'opinion publique un consensus, probablement du à la désinformation, pour approuver les politiques actuelles. D'autres rapports dignes d'intérêt sont ceux, plus récents, de Human Rights Watch (HRW)  datant de 2008 et 2010.

la suite ici

 

18:58 | Lien permanent | Commentaires (0) |

24/07/2010

La Brigade spéciale des RG, principalement en charge de la répression « contre les terroristes »

« Ayez donc constamment à l’esprit qu’une lutte à mort est engagée entre les agents de l’autorité et les éléments de désordre dont le but principal, maintenant prouvée, est de supprimer ceux qu’ils considèrent comme un obstacle majeur à leurs entreprises néfastes ».

Circulaire du directeur de la police municipale de Paris, Emile Hennequin, 31 mai 1942

 

 

Telle que je l’ai comprise, la problématique qui fait le ciment de ce colloque ne consiste pas à établir un trouble parallèle, style zone grise, entre résistants et occupants, mais à affirmer l’impossibilité de les comprendre séparément. L’étude de cas que nous avons choisie, à savoir la confrontation entre résistants communistes et Brigades spéciales des Renseignements généraux face à la lutte armée à Paris, présente une configuration plus complexe puisque la répression dans la France occupée passe par la médiation de la police française. Cette répression ne fut pas moins efficace et la confrontation pas moins radicale, comme en témoigne la circulaire du directeur de la police municipale de Paris, Hennequin, dans une circulaire du 31 mai 1942 :
« Ayez donc constamment à l’esprit qu’une lutte à mort est engagée entre les agents de l’autorité et les éléments de désordre dont le but principal, maintenant prouvée, est de supprimer ceux qu’ils considèrent comme un obstacle majeur à leurs entreprises néfastes ».
La circulaire suivait immédiatement les incidents de la rue de Buci. Le PCF avait décidé d’organiser une prise de parole publique devant un magasin d’alimentation Eco, mais elle fut rapidement interrompue par l’intervention de la police. Dans l’opération, trois policiers étaient morts.
Dans cet affrontement qui dura de l’été 1941 à la Libération, dans cette « lutte à mort » pour reprendre les termes du directeur de la police municipale, il y eut constamment cette imbrication entre les résistants communistes engagés dans la guérilla urbaine et les policiers parisiens qui avaient pour tâche principale de les neutraliser. Les premiers étaient les seuls à mener la lutte armée à Paris dans la période. Sans occulter le rôle des autres polices, nous nous concentrerons sur la Brigade spéciale des RG, principalement en charge de la répression « contre les terroristes ».
Nous verrons que l’approche peut être plurielle. Elle relève de l’histoire politique et de l’histoire sociale. Elle doit aussi permettre de comprendre les cultures professionnelles et convoque donc l’histoire culturelle et la sociologie. Elle amène à s’interroger sur les comportements individuels en situation extrême et devrait donc également solliciter la psychologie historique. Les questionnements sont donc multiples. Les sources accessibles sont riches pour tenter d’y répondre : de la commission d’épuration aux cours de justice et aux dossiers professionnels, elles permettent d’appréhender l’ensemble du personnel des BS ; des procès verbaux d’arrestation aux synthèses de filatures, de la liste des attentats aux interrogatoires, elles sont une mine d’informations sur les résistants, d’autant que, dans leur très grande majorité, les combattants de la lutte armée à Paris ont été arrêtés. Une double prosopographie est donc possible sur des corpus quasi complets1.

 

extrait de : La confrontation radicale Résistants communistes parisiens vs Brigades spéciales - Denis Peschanski*

 

 

08:41 | Lien permanent | Commentaires (0) |

16/05/2010

La fabrique de l’ennemi du peuple






Tribune de Mathieu Rigouste parue le 15/05/2010 sur le Journal du Pays Basque


Criminaliser les résistances à l'ordre marchand, les traquer et les capturer publiquement permet au gouvernement de se mettre en scène comme protecteur de la population tout en facilitant l'avancée du capital. Les montages médiatico-policiers menés depuis un an contre des militants au Pays basque doivent être analysés sur ce principe. Ils constituent un rouage important de l'appareil répressif qui accompagne la marchandisation du territoire. Un montage médiatico-policier consiste à désigner un «ennemi du peuple» et à promouvoir «l'esprit de défense dans la population», il dérive d'une coopération approfondie entre des réseaux de journalistes, de magistrats, de policiers et de politiciens. Le but étant de rationaliser et de rentabiliser le quadrillage politique, d'inciter à participer à la surveillance, à sous-traiter la répression, à se dissocier des «suspects» à s'auto-contrôler. En pratique, cela revient à médiatiser sur la longue durée l'existence d'une «mouvance clandestine, cachée dans la population et risquant de passer à l'action», d'interpeller périodiquement des «présumés terroristes» puis d'organiser un «gros coup», une rafle collective dont la couverture médiatique aura été rigoureusement réglée.

La forme de ces montages a un lien avec la manière dont on veut contrôler, séparer le peuple et éparpiller ses forces. Les figures de «l'islamiste» et du «casseur» tentent de légitimer l'occupation, la division et la rénovation (destruction) des quartiers populaires, elles doivent dissuader le reste de la population de soutenir les résistances qui s'y développent. Pour soumettre la radicalisation des luttes et empêcher la jonction des révoltes des quartiers et des universités, on a brandi la figure de «l'ultra-gauche». L'«affaire de Tarnac» a notamment permis de ficher massivement les soutiens aux incarcérés.

Les rafles des jeunes militants basques de SEGI et de la gauche abertzale ont été réalisées publiquement mais peu médiatisées au niveau national, elles doivent pourtant être considérées sur le même plan : étouffer la campagne Euskal Herria ez da salgai (Le Pays Basque n'est pas à vendre), détourner l'attention pendant que le capital continue de s'approprier le territoire, effrayer et ficher la nouvelle génération de militants, empêcher l'association des luttes pour l'autonomie et des luttes pour l'égalité. Aujourd'hui comme hier, les machines de la violence d'Etat tentent de légitimer le souverain en divisant le cheptel, mais elles dysfonctionnent lorsque l'Etat n'est plus légitime, c'est-à-dire partout où s'organisent l'entraide et la solidarité entre opprimés.





Lire aussi : Retour(s) à la "guerre sale"?

14:23 | Lien permanent | Commentaires (0) |

26/03/2010

CALAS - "Antiterrorisme et libertés publiques"

 

Raymond Depardon, Clairvaux, 1998. Courtesy de l'artiste.

Depuis 1986, date où la législation antiterroriste a été instaurée en France, un empilement de lois successives a construit un système pénal d’exception qui renoue avec les lois scélérates du xixe siècle et rappelle les périodes les plus sombres de notre histoire.

Lire le texte de la pétition : Pour en finir avec les dérives antiterroristes

 

Le Comité pour l'Abrogation des Lois Antiterroristes - CALAS - est animé par Giorgio Agamben, Esther Benbassa, Luc Boltanski, Antoine Comte, Eric Hazan, Gilles Manceron, Karine Parrot, Carlo Santulli et Agnès Tricoire.

Voir le site du CALAS
http://calas-fr.net/

09:19 | Lien permanent | Commentaires (0) |

24/03/2010

Dammarie-les-Lys : l'assassinat du policier Jean Serge NERIN démontre l'imposture du discours sécuritaire.

Pris chez Médiapart

 

L'assassinat d'un policier en région parisienne amène à douter sérieusement de la sincérité de l'action politique en matière de sécurité au regard des évènements (RTV.es).

 

Le ministère de l'intérieur porte dans cette affaire une lourde responsabilité. Il est en effet paradoxal qu'un fonctionnaire de police d'un commissariat de banlieue se retrouve un soir face à un groupe terroriste armé quand on se souvient les déploiements de force consentis par ce même ministère dans le cadre de l'affaire de Tarnac.

 

Il paraît incohérent qu'un groupe de terroristes se promène en région parisienne, braque un garage, y vole plusieurs véhicules et ouvre le feu sur des fonctionnaires de police sans que les services spécialisés, très mobilisés pour poursuivre de prétendus poseurs de crochets armés de gants en en caoutchouc, ne s'en soient préoccupés avec autant sinon plus d'attention.

Il ne s'agissait pas de matériel de bricolage à Dammarie, mais d 'armes de guerre, de groupe armé violent supposant une logistique très importante pour se loger, se déplacer, s'armer, s'entraîner, se nourrir. Comment admettre une telle négligence du ministère de l'intérieur quand la région parisienne compte l'une des proportions les plus élevées du monde - sinon la plus élevée - de policiers par habitant ? Comment imaginer qu'un tel groupe ait pu passer inapperçu ? L'action antiterroriste, dans de telles conditions, n'est pas crédible.

 

Les policiers du commissariat n'avaient pas à être sur les lieux ; mais les services censés lutter contre le terrorisme - si les choses étaient bien faites et cohérentes au discours tenu lors de l'affaire de Tarnac. Le ministre de l'intérieur devra expliquer comment il mobilise des centaines de fonctionnaires pour retrouver Treiber à Melun - dont Dammarie est limitrophe – ou un simple voleur – comme Musilin – et qu'il n'y a personne derrière des membres de l'ETA, dont l'action est de tuer, pas de fuir.

 

La liberté d'action laissée à des terroristes avérés paraît incongrue en considération des forces envoyées de Paris pour arrêter les épiciers de Tarnac. Pas de service spécialisé derrière l'ETA en Seine et Marne non plus, quand la Brie en grouillait au moment des filatures de l'enquête de Tarnac. Cette disproportion des moyens et des faits reprochés rend très sceptique sur les priorités politiques et les objectifs dévolus aux services antiterroristes.

 

Se posent dès lors l'utilité réelle des Lois Perben, des moyens d'investigation technique attentatoires à la vie privée,  des moyens matériels et légaux sans cesse réclamés à cor et à cris pour soit-disant assurer la sécurité contre le terrorisme...

On voit que, d'une part, le discours sécuritaire a justifié l'enfermement pendant plusieurs mois d'un intellectuel, pour des raisons demeurant obscures, et que, d'autre part, il est incapable d'assurer la sécurité même de fonctionnaires de police, qui auraient du être avertis de la présence de terroristes sur leur circonscription. Cela leur aurait permis de prendre des précautions, évitant la mort de l'un d'eux et réaliser l'arrestation de toute une bande armée dans un lieu ne mettant pas en danger la vie d'un passant.

La mort de ce policier est donc un terrible fiasco et un démenti de la politique et du discours sécuritaires.

Elle démontre l'inutilité des moyens réclamés et obtenus (Loppsi, Hadopi, Edvige & Co, lois Perben, etc).

Un discours se servant de la disparition tragique de ce fonctionnaire pour réclamer vengeance et plus de moyens n'est donc ni sincère ni décent.

Les mobilisations policières pour Tarnac, Treiber, Musilin montrent qu'il y a assez de moyens - il est même prévu de les réduire. Ce n'est donc pas un manque de moyens à l'origine de l'assassinat du fonctionaire de police. Cela amène à s'interroger sur l'objet véritable du discours sécuritaire et de la lutte anti terroriste. S'ils étaient sincères, l'assassinat du policier n'aurait jamais du se produire et ce n'est pas Julien Coupat que la SDAT aurait mis en prison mais des terroristes de l'ETA.

Tout cela aurait du conduire les autorités à faire preuve d'humilité et de circonspection lors de l'hommage rendu au fonctionnaire de police assassiné par l'ETA, parce qu'elles en portent la responsabilité. L'employeur a une obligation de résultat en matière de sécurtié à l'égard des ses employés. Le gilet pare-balle inefficace à arrêter les coups des tueurs montre combien cette obligation est négligée, au-delà de l'inefficacité de la lutte anti terroriste.

La décence commandait donc à s'incliner en silence devant la dépouille d'une victime de son échec et ne pas renchérir opportunément dans l'escalade sécuritaire ou répressive. L'assassinat du policier de Dammarie témoigne de l'imposture d'un discours et montre qu'il n'est qu'un prétexte à porter atteinte aux droits et libertés fondamentaux.

Toutes mes sincères condoléances à la famille du policier disparu.

 

 

10:00 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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