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23/02/2012

Armement : net rebond des exportations françaises

La France a signé pour 6,5 milliards d'euros de contrats en 2011 contre 5,1 milliards en 2010.

Après un creux, les exportations de matériels militaires français se sont nettement redressées en 2011. «Le montant global devrait s'élever à 6,5 milliards d'euros, ce qui permet à la France de maintenir son rang de quatrième exportateur mondial d'armements», a annoncé mercredi Laurent Collet-Billon, le délégué général à l'armement (DGA).

La vente de deux bâtiments de projection et de commandement (BPC) de classe Mistral à la Russie, le contrat de modernisation des Mirage 2000 en Inde ou encore la vente de gros 4 × 4 protégés Aravis à l'Arabie saoudite ont accéléré de 27% l'activité export par rapport à 2010. Faute de gros contrats, elle était tombée à 5,1 milliards d'euros l'an dernier.

Laurent Collet-Billon relève que «les exportations françaises sont constituées pour les deux tiers de petits contrats qui constituent un socle solide». Plus sophistiqués, les grands contrats s'inscrivent dans des échéances de temps plus longues. Ils sont sujets à des délais et nécessitent de longues négociations très détaillées, d'autant que le pays client ne se contente plus de «signer un chèque», mais souhaite s'approprier une partie du savoir-faire du pays vendeur via des transferts de technologie.

«La performance» de la France est une bonne nouvelle pour les 100.000 emplois dont la moitié directs qui dépendent des contrats exports. Mais elle est encore loin de son objectif de 10 milliards d'euros à l'export, un niveau jugé idéal par le DGA car il serait alors équivalent en valeur à la commande nationale.

Axe franco-britannique

En 2011, la France a dépensé 10,7 milliards d'euros en R & D et en achats d'équipement pour les armées tels que 4 hélicoptères de transport NH 90, 6 engins de combat Tigre, plus d'une centaine de blindés (VBCI) ou encore 4000 équipements Felin pour les fantassins.

En matière de budget, la continuité est cruciale. Il faut maintenir l'effort de R & D afin de préparer les «systèmes de défense» des guerres du futur. Parmi les chantiers ouverts figurent la robotique navale, la cyberguerre ou les drones (avions sans pilote). En raison de budgets de la défense sous tension, une partie de la réponse passe par «une coopération pragmatique» avec nos voisins européens, souligne le DGA.

C'est pourquoi la France et la Grande-Bretagne, les deux premières puissances militaires européennes, ont décidé d'avancer en créant une filière drone - du petit drone tactique en passant par un appareil d'observation et un chasseur sans pilote (lire nos éditions des 17 et 18 février). Cela, en s'appuyant sur leurs champions respectifs - Dassault Aviation et BAE Systems - dans un cadre bilatéral. Avec pour perspective ultérieure d'en faire les deux moteurs des futurs programmes européens.

L'armée française devrait s'équiper, comme son homologue britannique, de drones tactiques Watchkeeper, construits par Thales UK, d'ici à 2013. «Dans quelques semaines, les DGA demanderont à BAE et Dassault de lancer la phase d'évaluation du futur drone d'observation Male», affirme Laurent Collet-Billon, qui indique avoir reçu «la semaine dernière une offre de la part de Dassault» concernant le futur drone intermédiaire sur plate-forme israélienne (Heron TP).

LIRE AUSSI: 

» L'Inde sélectionne le Rafale 

» DCNS prévoit de livrer le premier Mistral russe fin 2014

 

piqué au tas sur lefigaro.fr - 22/02/2012

via une info de yvette

07:15 | Lien permanent | Commentaires (0) |

01/10/2009

OTAN d'arnaques, les rétro-commissions de BAE Systems...Dassault est à l'affût...

LONDRES jeudi1 octobre 2009

GB : Le groupe d'armement BAE Systems de nouveau inquiété pour corruption

AFP

 

LONDRES, 1 oct 2009 (AFP) Quatorze mois après avoir été libéré d'une retentissante affaire de corruption d'officiels saoudiens, le groupe d'armement britannique BAE Systems fait de nouveau face à la menace de poursuites de même nature, une affaire à haute portée politique au Royaume-Uni.

Le Serious Fraud Office (SFO), spécialiste de la délinquance en col blanc, a demandé jeudi à l'Attorney General (ministre conseiller juridique du gouvernement, différent du ministre de la Justice, ndlr), la baronne Patricia Scotland, de "poursuivre BAE Systems en relation avec des faits de corruption à l'étranger".

Cette décision fait suite à une enquête menée dans les activités de BAE Systems "en Afrique et en Europe de l'est", selon le SFO, et notamment, selon la presse, en Tanzanie, en Afrique du Sud, en République tchèque et en Roumanie.

Le groupe d'armement, qui emploie 105.000 personnes, est très présent aux Etats-Unis et participe à des programmes militaires importants comme l'avion de chasse Eurofighter ou les deux futurs porte-avions britanniques.

Il a aussitôt assuré avoir "toujours agi de manière responsable avec le SFO, en prenant en compte les intérêts de ses actionnaires, de ses employés et les avis juridiques qu'il a reçus", sans évoquer directement sa responsabilité.

Cette affaire a réveillé d'un coup le souvenir du scandale qui a éclaté en décembre 2006, quand le SFO, à la demande de l'Attorney General de l'époque, et surtout de l'ancien Premier ministre Tony Blair, avait dû renoncer à poursuivre BAE Systems dans une autre affaire de corruption supposée, visant cette fois l'Arabie Saoudite. Le gouvernement avait invoqué le maintien des bonnes relations entre les deux pays en matière d'antiterrorisme.

Surtout, sa décision avait clairement permis de sauver un contrat de 72 Eurofighter Typhoon, alors que Ryad menaçait de se tourner vers le Rafale français.

Deux organisations de lutte contre l'armement, CAAT et The Corner House, avaient obtenu de la justice que la décision de clôturer l'enquête soit déclarée illégale. Mais en juillet 2008, cinq Lords, siégeant comme juges suprêmes, avaient renversé cette décision, libérant définitivement BAE Systems dans cette affaire, non sans montrer dans leurs commentaires un certain malaise, évoquant "les menaces" saoudiennes.


L’enquête sur des commissions versées à l’Arabie saoudite déstabilise BAE Systems

jeudi 7 juin 2007 par marieagnes

L’enquête sur des commissions versées à l’Arabie saoudite déstabilise BAE Systems

LE MONDE | 30.11.06 | 13h08 • Mis à jour le 30.11.06 | 14h42

LONDRES CORRESPONDANT

Mike Turner, directeur général de BAE Systems, est sur la sellette : mercredi 29 novembre, le parquet suisse a donné une réponse favorable à la demande d’entraide britannique à propos du versement présumé de commissions illégales par le groupe d’aéronautique et de défense à des membres de la famille royale d’Arabie saoudite.

La requête du Bureau britannique de détection des fraudes graves (Serious Fraud Office, le SFO) porte sur les millions de livres découverts dans les comptes suisses de Wafic Saïd, marchand d’armes syrien installé à Monaco. Ce dernier aurait servi d’intermédiaire dans le projet de vente, par BAE Systems, de chasseurs Eurofighter à Riyad.

Le SFO soupçonne BAE d’avoir versé des commissions faramineuses, en espèces comme en nature (vacances, appartements, voitures de luxe, etc.) à des princes saoudiens pour obtenir ce contrat lucratif.

Pour M. Turner, l’enjeu de ce scandale est énorme. En effet, l’Arabie saoudite a tout simplement menacé d’annuler le contrat sur l’achat de 72 avions Eurofighter Typhoon et le support associé, si le SFO ne met pas fin à son enquête. Bien qu’un préaccord commercial entre les deux pays ait été signé en août, la signature de ce contrat d’au moins 10 milliards de livres (14,8 milliards d’euros) piétine.

Plus grave pour l’orgueil d’Albion, les Saoudiens seraient prêts à conclure, selon la presse londonienne, un contrat avec la France portant sur l’achat d’avions Rafale, le rival direct d’Eurofighter.

M. Saïd, 68 ans, s’est retrouvé à la tête d’une fortune colossale en tirant les ficelles dans les grands contrats d’armement entre l’Occident et les pétromonarchies du Golfe, au premier rang desquelles, bien sûr, l’Arabie saoudite.

Son coup d’éclat reste le "contrat du siècle" Al-Yamamah : la livraison, en 1985, d’avions britanniques Tornado au royaume wahhabite, un contrat s’élevant à 43 milliards de livres.

Prompt à monnayer ses hautes relations à Riyad, en particulier auprès du prince Sultan, actuel prince héritier, à l’époque ministre de la défense, l’entremetteur obligé avait utilisé comme émissaire Mark Thatcher, le propre fils du premier ministre de l’époque ! En enquêtant sur les montages alambiqués arrangés par M. Saïd au profit de BAE, le SFO a exhumé en pointillé des questions embarrassantes sur les méandres de la diplomatie britannique dans le Golfe.

ENQUÊTE ÉTENDUE À D’AUTRES PAYS

Tout a commencé par la descente de la police, en 2004, dans les locaux d’une compagnie écran, "Red DiamondTrading", utilisée pour opérer les versements de pots-de-vin à des hauts gradés de l’armée saoudienne.

Le problème est qu’aujourd’hui ni Tony Blair ni le Foreign office ne maîtrisent l’enquête du Bureau des fraudes, qui entend aller jusqu’au bout. Une loi de 2002 contre la corruption interdit, en effet, le versement par des compagnies britanniques de commissions occultes à l’étranger. L’enquête dépasse d’ailleurs le cadre proche-oriental. L’investigation sur les largesses de BAE Systems a été étendue au Chili, à la Roumanie, la Tanzanie et la République tchèque.

Issue du rapprochement de British Aerospace et de Marconi Electronic Systems en 1999, BAE Systems a vendu en septembre 2006 sa participation dans Airbus ; la plupart de ses activités concernent la défense.

M. Turner joue la carte de l’intérêt national pour tenter d’influencer le cours de la justice. Valeur phare, récemment encore, de la Bourse de Londres, BAE Systems est toutefois dans le collimateur des analystes. La City redoute que les retombées du scandale ne portent un coup sévère à l’image de la compagnie sur ses deux marchés les plus porteurs, les Etats-Unis et le Proche-Orient.

Le Monde

Marc Roche

 

Soupçons de corruption de la justice américaine sur BAE Systems

mardi 26 juin 2007 par marieagnes

Economie

Soupçons de corruption de la justice américaine sur BAE Systems

REUTERS | 26.06.2007 | 10:15

LONDRES (Reuters) - La justice américaine a ouvert une enquête sur BAE Systems pour tenter d’établir si le groupe britannique d’aéronautique et de défense a respecté ou non la législation anti-corruption, notamment dans le cadre de contrats avec l’Arabie saoudite.

L’annonce de l’ouverture de ces investigations fait chuter l’action BAE à la Bourse de Londres : vers 8h00 GMT, le titre abandonne 8,08% à 406,50 pence, la plus forte baisse de l’indiceFTSE (-0,6%).

Les activités de BAE Systems, numéro un européen de la défense, ont d’importantes ramifications aux Etats-Unis.

En Grande-Bretagne, le Serious Fraud Office, l’agence chargée de ce type d’affaires, a abandonné pour sa part ses investigations sur ce dossier en décembre dernier, le premier ministre Tony Blair ayant argué qu’elles mettaient en péril la sécurité nationale et les relations diplomatiques avec Ryad.

"BAE Systems s’est vu notifier par le département américain de la Justice que celui-ci a entamé une enquête formelle liée au respect par la société des lois anti-corruption incluant les activités de la société concernant le royaume d’Arabie saoudite", annonce le groupe dans un bref communiqué mardi.

Un porte-parole du bureau de Tony Blair a déclaré pour sa part : "Nous ne pouvons commenter une procédure judiciaire qui n’a pas encore débuté mais nous la surveillerons avec intérêt."

Aucun commentaire n’a pu être obtenu auprès du ministère britannique de la Défense.

BAE a toujours nié toute malversation ou infraction dans le cadre de ses relations avec l’Arabie saoudite.

UN MILLIARD DE LIVRES

L’enquête de la justice américaine porte sur le contrat Al Yamamah, le plus gros contrat d’exportation d’armement jamais signé par une entreprise britannique. Celui-ci remonte aux années 1980 et a représenté un montant global estimé à 43 milliards de livres sterling (64 milliards d’euros).

La presse britannique a rapporté récemment que BAE avait versé, avec l’aval du ministère de la Défense britannique, plus d’un milliard de livres au prince saoudien Bandar ben Sultan via des comptes bancaires aux Etats-Unis. BAE a nié ces informations.

Bandar, ancien ambassadeur saoudien aux États-Unis et actuel secrétaire général du Conseil national de sécurité du royaume, a vigoureusement démenti que ces sommes aient pu constitué des commissions occultes versées en sa faveur, et qualifié l’affaire de "pure invention".

Les avocats de Bandar répondent que les fonds versés sur des comptes en banque de la Riggs Bank ont été crédités au nom du ministère saoudien de la Défense et de l’Aviation et que cet argent a été exclusivement utilisé pour les besoins du ministère.

BAE souligne pour sa part que le contrat Al Yamanah a fait l’objet d’un accord entre les deux gouvernements, et que tous les paiements impliqués ont dont fait l’objet de la validation expresse de Ryad et de Londres.

Le groupe a demandé ce mois-ci à un ancien responsable judiciaire britannique, Lord Woolf, de mener un audit de ses pratiques éthiques mais les transactions passées avec l’Arabie saoudite ne sont pas concernées.

© REUTERS

Publié avec l’aimable autorisation de l’Agence Reuters.

 

 

BAE : le scandale qui fera chuter la City et la Couronne britannique

 

18 juin 2007 - 23:24

Par Jeffrey Steinberg

Le 6 juin, la British Broadcasting Corporation (BBC) a révélé au grand public une énorme affaire de corruption et de financement occulte : le producteur d’armes britannique, BAE Systems (British Aerospace Electronic Systems) a versé plus de 2 milliards de dollars de pots de vin au responsable de la sécurité nationale saoudienne, le prince Bandar bin-Sultan, l’ambassadeur saoudien à Washington pendant 22 ans. Ces accusations furent élargies le 11 juin au cours d’un documentaire de Panarama TV sous le titre « Des Princes, des avions et des dessous de table » , qui développait en détail les résultats d’une enquête longue d’une décennie menée par Le Guardian, la BBC et l’agence gouvernementale anglaise British Serious Fraud Office (SFO) dans les contrats de ventes d’armes Al-Yamamah (en arabe : la colombe), des accords vieux de 22 ans entre BAE Systems et le royaume saoudien, pour la livraison d’avions de chasse britanniques et de leur maintenance, signés en 1985.

Depuis, chaque gouvernement anglais, allant de Margaret Thatcher à Tony Blair en passant par John Major, est mouillé dans le scandale. Pire encore, en décembre 2006, le ministre de la justice britannique Lord Goldsmith étouffe l’enquête du SFO et déclare que toute investigation supplémentaire portera sérieusement « atteinte à la sécurité nationale britannique ». Blair donne son appui total à son ministre et tente de finaliser en dernière minute le quatrième volet des contrats d’armes Al-Yamamah avant sa retraite le mois prochain.

Le tollé provoqué par l’annonce de Lord Goldsmith a déclenché une floraison d’enquêtes, y compris de la part du gouvernement suisse et de l’OCDE basée à Paris.

Plus récemment, le Département de la Justice étasunien a ouvert une enquête sur le blanchiment d’argent et la violation possible par les britanniques et les saoudiens de lois sur les pratiques de corruption (Foreign Corrupt Practices Act). Les 2 milliards de dollars, somme cumulée des pots de vins dont a bénéficié le Prince Bandar comme négociateur principal des contrats, transitaient par les comptes du gouvernement saoudien à la Riggs Bank de Washington D.C., rendant ainsi compétente la juridiction américaine.

Si dans cette affaire les enquêtes anglaises ont mis en lumière un vaste réseau de sociétés écran, de planques off-shore et de politiciens véreux qui profitaient des largesses de ces contrats, notre enquête préliminaire fait émerger des enjeux plus fondamentaux qui déferleront aussi bien contre les cercles financiers de la City de Londres que contre des dignitaires de la monarchie anglaise, tous engagés dans un dessein qui est au cœur même du système financier anglo-hollandais actuellement en manque de souffle.

Al-Yamamah

En 1985, la guerre entre l’Iran et l’Irak entre dans sa phase la plus destructrice, celle de « la guerre des cités ». Effrayé, le pays voisin, qui est le Royaume d’Arabie Saoudite, envisage de se procurer un nombre conséquent d’avions de chasse modernes pour équiper sa propre Royal Air Force.

A l’origine, l’Arabie Saoudite cherche l’appui de l’Administration Reagan pour l’achat de F-15 américains. Cet achat nécessite l’autorisation explicite du Congrès américain. Pour torpiller le contrat, le lobby pro Israël AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) se mobilise. Selon des sources bien renseignées localisées à Washington, un certain Howard Teicher, à l’époque haut responsable du Conseil Nationale de Sécurité (NSC), joue un rôle néfaste, de pair avec l’AIPAC, pour saboter l’accord. Teicher, selon les sources, fait de la rétention d’information, ce qui conduit le président américain à remettre le moment du vote à une date ultérieure, permettant ainsi à l’AIPAC de faire monter la pression sur les membres du Congrès. Devant la réticence d’élus intimidés, il devient facile pour Teicher de convaincre le président de retirer sa demande plutôt que d’affronter le Congrès.

D’autres sources racontent une version légèrement différente des causes de l’échec de la vente des F-15, prétendant que les services de renseignement prévoyaient une instabilité croissante dans le golfe persique à partir du milieu des années 1970, et que la révolution de Khomeiny en Iran les conduisait à fortement déconseiller toute vente de haute technologie américaine à l’Arabie Saoudite.

Peu importe les raisons, la vente des F-15 fut annulée. Le lendemain du jour où l’Administration Reagan avait enterré le dossier, le prince Bandar, de fait le diplomate le plus haut placé du Royaume Saoudien en charge des relations avec l’Angleterre, l’Union Soviétique, la Chine ainsi que les Etats-Unis, se rendait à Londres pour une rencontre avec le premier ministre Margaret Thatcher. En Angleterre, les ventes d’armes sont exemptes d’autorisation parlementaire, et depuis 1966 l’Angleterre a créé la Defence Export Services Organization (DESO) pour colporter ses armes au quatre coins du globe. BAE Systems a été créé en 1981, quand Thatcher a re-privatisé l’industrie de l’armement en Angleterre, après sa nationalisation quatre ans auparavant par les travaillistes. BAE Systems est de loin le plus grand groupe d’armement dans le secteur de la défense britannique.

Le voyage de Bandar à Londres pour s’entretenir avec Thatcher était préparé depuis des mois. Un document-briefing du Ministère de la Défense, préparé pour la rencontre, disait que « depuis le début de 1984, des efforts intenses ont été déployés pour vendre des Tornados et des Hawks aux saoudiens. Quand, dans l’automne de 1984, les derniers commençaient à porter leur choix vers des mirages français, M Heseltime s’est rendu en grande hâte en Arabie Saoudite avec une lettre du premier ministre adressée au roi Fahd. En décembre 1984, le premier ministre ouvrait une série de négociations importantes en rencontrant le prince Bandar, fils du prince Sultan... Le premier ministre a rencontré le roi à Riyâd en avril de cette année, et en août le roi lui faisait part par écrit de sa décision d’acquérir 48 avions Tornado IDS et 30 avions Hawk. » Thatcher avait toutes les raisons du monde de penser que Bandar était l’interlocuteur idéal pour le contrat du siècle. A l’âge de 16 ans, plusieurs années après que son père fut nommé ministre de la défense du royaume, le prince fut envoyé en Angleterre pour étudier au Royal Air Force College de Cranwell, l’école d’élite pour la formation des pilotes de la RAF. Un responsable du renseignement rapportait la rumeur que Bandar fut recruté au MI-6, le service de renseignement de l’armée, bien avant la fin de sa formation. D’autres sources, au cœur de l’affaire BAE Systems, rapportent que le géant « privé » de l’aérospatial britannique dispose d’une force de vente quasiment exclusivement composée de personnes ayant été recrutées par le MI-6.

Que ces rapports soient fiables ou non, il est incontestable que Bandar est très anglophile. Le meilleur récit à ce jour de ses aventures en Angleterre apparaît dans le livre de William Simpson « Le Prince -L’histoire secrète du membre royal le plus intriguant du monde » (HarperCollins, New York, 2006).

Simpson, un copain de classe de Bandar et toujours en excellents termes avec lui, a écrit cet essai biographique avec la bienveillante coopération de Bandar, et documente ses relations très proches avec chaque locataire du 10, Downing Street.

« A Londres », rapporte Simpson, « Bandar pouvait se présenter avec un panache sans pareil au 10, Downing Street. De Margaret Thatcher à John Major ou Tony Blair, l’accès de Bandar était extraordinaire. » Selon les dires de Bandar lui-même relatifs aux contrats Al-Yamamah « Quand nous avons conclu l’accord pour la première fois, nous n’avions aucun contrat. C’était une poignée de mains entre moi et madame Thatcher au 10, Downing Street. » C’était des mois avant que les détails exacts des contrats Al-Yamamah furent finalisés et signés. Avant même que l’encre eut séché, l’Angleterre fournit la première livraison des avions de chasse Tornado -provenant des réserves de la RAF.

Au moment où un protocole d’accord est signé entre les ministres de la défense saoudien et anglais, le 25 septembre 1985, la commande initiale est agrandie à 72 avions Tornado et 30 Hawk, ainsi qu’à l’assistance et la maintenance appropriées. Il y a eu deux volets de ventes supplémentaires : Al-Yamamah II et III et Al-Yamamah IV, une vente estimée à environ 40 milliards de dollars de fournitures supplémentaires qui entre aujourd’hui dans sa phase finale.

Pétrole contre avions

L’accord Al-Yamamah fonctionne comme un accord de troc. D’une part, les saoudiens acceptent de payer en liquide certains services ainsi que la construction d’infrastructures par des sous-contrats séparés. Ainsi, toute une série de paiements vont à des honoraires « de conseil » ou à des commissions occultes, dont les deux milliards de dollars virés sur les comptes du Prince Bandar à la Riggs Bank, ou les dessous de table dont ont profité le dictateur chilien Augusto Pinochet, ou encore le prince consort des Pays-Bas, le Prince Bernhard. Mais d’autre part, l’échange implique d’énormes livraisons de pétrole à l’Angleterre, en échange des avions de chasse.

Et c’est la où l’histoire devient vraiment intéressante.

L’Arabie Saoudite envoie chaque jour un tanker pétrolier en Angleterre, aussi longtemps que dure le contrat Al-Yamamah. Un pétrolier contient approximativement 600.000 barils de pétrole. Officiellement, les livraisons d’avions de BAE Systems à l’Arabie Saoudite commencent en 1989 et BAE Systems emploie actuellement environ 5.000 personnes en Arabie Saoudite pour l’exécution du contrat.

Est-il possible de gager une valeur en cash pour BAE Systems sur les fournitures pétrolières ? Selon des sources proches du dossier, beaucoup du pétrole saoudien fut vendu sur le marché international spot, à la valeur du marché mondial, par l’intermédiaire de British Petroleum et Royal Dutch Shell.

L’économiste d’EIR, John Hoefle, en croisant les statistiques et les prix officiels de BP, chiffre le montant de la valeur totale de ces transactions à 125 milliards de dollars de l’époque, ou l’équivalent de 160 milliards de dollars d’aujourd’hui.

Par ailleurs, il est a remarquer que selon toutes les données dans le domaine public, le montant de l’équipement et des services fournis par BAE Systems à l’Arabie Saoudite, sur une période de 22 ans, se situe aux environs de 80 milliards de dollars. Et ce chiffre est gonflé à cause de quelques milliards de « largesses » diverses. En effet, en novembre 2006, un mini scandale a éclaté autour de la firme quand un document du ministère de la défense a laissé filtrer le prix réel des avions. Ce chiffre confirme la suspicion entretenue depuis longtemps que le prix des avions est surfacturé d’au moins quarante pourcents.

Ainsi, BAE Systems, une perle sur la couronne du système financier de la City de Londres, s’est attribué un pactole d’environ 80 milliards de dollars de profit net -avec la complicité de la BP et de Royal Dutch Shell !

Où est allé tout cet argent, et dans quelle type d’activités ? La réponse à ces questions, soulignent nos sources, circonscrit la clef même du pouvoir de la finance anglo-hollandaise dans le monde aujourd’hui.

L’ami et biographe du prince Bandar, William Simpson, nous livre une piste intéressante sur le fonctionnement interne du projet Al-Yamamah : « Bien que les contrats Al-Yamamah constituent une façon extrêmement non-conventionnelle de conduire les affaires, ses retombées lucratives sont le produit annexe d’un objectif politique : un objectif politique saoudien et un objectif politique britannique. Al-Yamamah est surtout, et avant tout, un contrat politique. Négocié quand la guerre froide battait son plein, sa structure unique a permis aux saoudiens d’acquérir des armes dans le monde entier pour financer la lutte contre le communisme. L’argent d’Al-Yamamah se retrouve dans l’achat clandestin de pièces d’artillerie russes employées pour chasser les troupes de Kadhafi du Tchad. On en retrouve également la trace lors des achats d’armes en Egypte pour finir en Afghanistan entre les mains des moudjahiddines luttant contre l’occupation soviétique. » Ainsi, le biographe du prince Bandar confirme que le système Al-Yamamah est le plus grand fonds secret de l’histoire -protégé par les lois du secret de sa majesté la Reine d’Angleterre et celles, encore moins transparentes, des financiers de la City de Londres ainsi que de l’empire dérégulé des paradis fiscaux qui peuplent les possessions et dépendances de l’empire.

Le monde vu du coté des saoudiens

Pour sa part, il est clair que la famille royale saoudienne n’a pas fait une mauvaise affaire avec Al-Yamamah. Quand le contrat fut signé en 1985, selon des insiders, l’Arabie Saoudite bénéficia d’une dérogation de l’OPEP, car l’accord de troc avec BAE Systems s’opère en dehors des quotas de production. En d’autres termes, pour effectuer les achats d’armes, l’Arabie Saoudite a obtenu le feu vert de l’OPEP pour produire 600.000 barils par jour, au-dessus du chiffre plafond.

Selon l’Agence d’information de l’énergie, qui dépend du Ministère de l’Energie américain, pendant toute la durée du programme Al-Yamamah, le coût moyen d’un baril de brut saoudien se chiffre en dessous des 5 dollars. A ce prix, le coût annuel pour les saoudiens pour les 600.000 barils par jour est de 1,1 milliards de dollars, c’est-à-dire 24,6 milliards de dollars du début jusqu’à maintenant. La valeur commerciale, comme nous l’avons déjà indiqué, totalise 160 milliards de dollars.

Les saoudiens forgent un partenariat crucial avec l’oligarchie financière anglo-hollandaise domiciliée à la City de Londres sous la protection de la couronne. Ils font naître, de mèche avec BAE Systems, Royal Dutch Shell, British Petroleum et autres grandes sociétés transnationales, une concentration dissimulée de pouvoir financier off-shore qui ferait baver d’admiration les gérants de la Compagnie des Indes Orientales des temps glorieux de l’empire britannique d’antan, quand l’Union Jack dominait les océans du globe.

A l’heure actuelle, il n’est pas possible de calculer la part exacte des fonds occultes dépensés dans les guerres secrètes et autres coups tordus anglo-américains des dernières décades. Il n’est pas possible non plus d’évaluer avec précision l’effet multiplicateur de portions de ces fonds occultes à l’oeuvre à travers les Hedge Funds des Îles Caïman, l’Isle de Man, Gibraltar, le Panama et la Suisse.

Ce qui est clair néanmoins, c’est que le scandale de BAE Systems dépasse de loin les 2 milliards de dollars d’argent de poche du prince Bandar et touche le cœur même de la puissance financière anglo-hollandaise.

Il y a encore énormément de choses à découvrir ; mais rien que cette porte légèrement entrouverte nous montre déjà fort bien ce qui entrera dans l’histoire comme la plus grande escroquerie du siècle.

Suivez les derniers développements :

« Pots de vin » de BAE : derrière la corruption, un Watergate international

http://www.solidariteetprogres.org/article-imprim.php3?id_article=3002




BAE Systems aurait versé des commissions secrètes au prince Bandar Version imprimable Suggérer par mail
15-06-2007
LONDRES – Les soupçons de corruption entourant les ventes d'armes de BAE Systems à l'Arabie saoudite sont revenus sous les projecteurs la semaine dernière avec la révélation dans la presse de commissions versées au prince Bandar, dont le groupe de défense britannique ne semble nier que l'illégalité.

Le prince lui-même a confirmé dans la soirée des versements d'argent par BAE, insistant seulement sur le fait qu'ils n'avaient rien de «secret».

Le Guardian et la BBC ont affirmé que BAE avait versé secrètement, pendant au moins dix ans, 30 millions de livres (plus de 63 millions $ CA) par trimestre à l'ancien ambassadeur saoudien aux États-Unis, via une banque de Washington, dans le cadre du contrat de vente d'armes Al-Yamamah, signé en 1985 et renouvelé par la suite.


Au total, les versements présumés dépassent 1,2 milliard de livres, soit 2,54 milliards $ CA au taux de change actuel.

BAE Systems a démenti, dans un communiqué, «toutes les allégations de malversations liées à ce programme [militaire] important et stratégique».

Mais il n'a pas démenti des versements d'argent, soulignant que le contrat Al-Yamamah était «un accord de gouvernement à gouvernement» et que «tous les paiements de ce type effectués dans le cadre de cet accord, l'avaient été avec l'approbation expresse des deux gouvernements britannique et saoudien».

Selon la BBC qui a consacré son émission télévisée Panorama à l'affaire, le 11 juin, les commissions ont été versées sur deux comptes de l'ambassade saoudienne à Washington et étaient décrites comme des «services d'assistance» dans des clauses secrètes du contrat Al-Yamamah.


Le prince Bandar a pour sa part «catégoriquement démenti», dans un communiqué transmis par ses avocats, tout secret et tout «pot-de-vin» dans cette affaire. Mais il a confirmé que BAE, qui était pourtant le vendeur, a versé des sommes sur des comptes du ministère saoudien de la Défense (MODA) dans le cadre de ce contrat.

Tout en reconnaissant avoir la signature sur ces comptes, il a assuré que «les sommes payées depuis ces comptes étaient exclusivement pour des objectifs approuvés par le ministère saoudien de la Défense et de l'Aviation», qu'il ne précise pas.

Le prince Bandar ben Sultan a été ambassadeur à Washington de 1983 à 2005, avant d'être nommé secrétaire général du conseil de sécurité national saoudien. Il est considéré comme un négociateur clé du contrat Al-Yamamah aux côtés de l'ex-première ministre britannique, Margaret Thatcher.

Selon les deux médias, les versements ont été mis au jour par une enquête du Serious Fraud Office (SFO), le service britannique de lutte contre la délinquance financière, sur des allégations de corruption concernant les contrats Al-Yamamah. Ils portaient principalement sur la vente et la maintenance de chasseurs Tornado et ont rapporté 43 milliards de livres à BAE.


Les avocats de BAE avaient reconnu dès 2005 l'existence de «services d'assistance» fournis à des responsables saoudiens, dans le cadre des arrangements contractuels du programme Al-Yamamah, dans une lettre au SFO révélée au début d’avril 2007 par le Financial Times. La nature et le montant de ces services n'avaient pas été précisés.


Ouverte en 2004, l'enquête du SFO a été annulée en décembre 2006 par le ministère britannique de la Justice au nom de l'intérêt général du pays, notamment en matière de sécurité, alors que l'Arabie saoudite, selon la presse, menaçait d'annuler un nouveau contrat, cette fois pour des chasseurs Eurofighter, si certains de ses dignitaires étaient mis en cause.


Cette décision, endossée par le premier ministre britannique Tony Blair, a valu au Royaume-Uni des critiques du comité anti-corruption de l'OCDE, ainsi que d'ONG et d'élus britanniques. Depuis le sommet du G8 à Heiligendamm, en Allemagne, le 7 juin dernier, M. Blair n'a pas voulu faire de commentaires sur les accusations personnelles, tout en remarquant que les faits étaient anciens.

BAE Systems fait encore l'objet d'investigations visant des contrats de vente d'armes dans six pays (Roumanie, Afrique du Sud, Tanzanie, Chili, République tchèque et Qatar).

http://www.lagrandeepoque.com/LGE/Economie/BAE-Systems-aurait-verse-des-commissions-secretes-au-prince-Bandar.html

 

 

02 décembre 2006

Harofighter

L'Eurofighter connaît des déboires à l'exportation

En Autriche, EADS est soupçonné d'avoir contourné un appel d'offres. En Arabie saoudite, BAE aurait versé des pots-de-vin.

 

 

 










L'EUROFIGHTER, l'avion de combat développé par EADS, BAE et Finmeccanica, accumule les déboires à l'exportation. Commandé à 620 exemplaires par la Grande-Bretagne, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne, il devait également être vendu à l'Autriche qui en a commandé 18 exemplaires.
Mais cette transaction pourrait bien être purement et simplement annulée. Vainqueurs des élections législatives, le 1er octobre dernier, les sociaux-démocrates autrichiens (SPÖ) jugent son coût exorbitant : 2 milliards d'euros et même jusqu'à 6 milliards en tenant compte des frais de maintenance et de la fourniture de pièces détachées.
Une enquête parlementaire a été lancée. Elle remet en cause les conditions dans lesquelles s'est décidée la vente de ces chasseurs. Selon l'hebdomadaire News, le ministre des Finances Karl-Heinz Grasser aurait, avant même le lancement de l'appel d'offres, fin 2001, négocié avec EADS « les prix, les délais de livraison et le nombre d'appareils »
de son coût. Il s'était par la suite rangé à « la solution la meilleure, à défaut d'être la moins onéreuse ». À l'appui de ces affirmations, une lettre du coprésident du conseil d'administration d'EADS Manfred Bischoff, datée du 27 juillet 2001, qui évoque des contacts avec Karl-Heinz Grasser le mois précédent.
72 chasseurs en suspens
Sur ces bases, la commission d'enquête parlementaire pourrait recommander l'annulation sans pénalité du contrat. Le ministre de la Défense Günther Platter a évalué à 1,2 milliard d'euros ces pénalités.
De son côté, le ministre des Finances se défend d'avoir voulu contourner l'appel d'offres, rappelant qu'il était initialement opposé au projet Eurofighter en raison de son coût. Il s'était par la suite rangé à « la solution la meilleure, à défaut d'être la moins onéreuse ».
Karl-Heinz Grasser précise en outre avoir eu des contacts similaires avec les concurrents directs de l'Eurofighter.
Pour EADS, la polémique intervient au pire moment. Les quatre premiers avions de combat destinés à l'Autriche sont en cours de finition à Manching (Allemagne) et devraient être livrés début 2007.
En outre, le contrat signé en Arabie saoudite semble lui aussi avoir du plomb dans l'aile. Outré par l'enquête en cours en Grande-Bretagne sur les pots-de-vin qu'aurait versé BAE Systems à la famille royale saoudienne, Riyad a affirmé hier être prêt à annuler sa commande - 72 chasseurs pour une valeur estimée à 14,8 milliards d'euros - « d'ici à dix jours », si l'enquête n'était pas arrêtée dans ce délai.

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Arabie saoudite : Dassault gagnant face à Eurofighter ?

 

Eurofightertyphoon2Les rumeurs vont bon train ...

Si  selon la presse britannique, BAE Systems pourrait perdre face à Dassault un contrat de fourniture de chasseurs Eurofighter à l'Arabie saoudite après l'ouverture d'une enquête sur des soupçons de malversations visant la famille royale saoudienne, plusieurs personnalités importantes d'Arabie Saoudite ont modéré les menaces pesant sur le contrat pour la vente d'avions de combat Typhoon.

I – La presse britannique parle d’annulation

Selon l’édition de lundi du Sunday Telegraph, Ryad envisagerait d'annuler le contrat de l'Eurofighter Typhoon pour commander des Rafale à Dassault Aviation si le Serious Fraud Office (SFO) britannique obtient l'accès à des comptes bancaires suisses susceptibles d'être liés à des membres de la famille royale saoudienne.Un porte-parole de Dassault Aviation a déclaré que le groupe français n'avait pas été informé de l'éventualité d'une commande saoudienne. "Nous n'avons pas ouï dire que nous devions nous attendre à quoi que ce soit", a-t-il déclaré.

L'enquête du SFO a été évoquée, entre autres sujets, lors d'une rencontre ce week-end entre le ministre saoudien de la Défense, le prince Sultan, et l'ambassadeur britannique à Ryad, Sherrard Cowper-Coles. Un diplomate basé à Ryad a déclaré, en requérant l'anonymat que "les Saoudiens sont très irrités par tout cela", en référence à l'enquête du SFO.

Un porte-parole de l'ambassade britannique à Ryad a assuré que Londres était attaché à l'application efficace et harmonieuse des accords commerciaux bilatéraux signés avec d'autres pays, parmi lesquels l'Arabie saoudite."Le SFO est une administration publique indépendante et appartient au système judiciaire. D'autres administrations ne peuvent interférer avec ses investigations ou porter préjudice à celles-ci et elles ne le feront pas", a ajouté le porte-parole.

II – L’enquête du SFO

Le SFO a ouvert son enquête en 2004, au départ sur des soupçons d'irrégularités comptables, pour l’axer progressivement par la suite sur la relation entre BAE et deux agences de voyage ayant organisé des déplacements d'officiels saoudiens pour le compte du groupe.Mike Turner, le directeur général de BAE, a récemment exprimé son irritation sur la durée de cette enquête. "Nous continuons de coopérer pleinement avec l'enquête du SFO et nous sommes convaincus du fait que la société n'a commis aucune infraction", a déclaré lundi un porte-parole du groupe. Un porte-parole du SFO a déclaré que l'enquête se poursuivait. On ignore quand elle pourrait s'achever.

L'enquête qui dure depuis trois ans a établi que BAE avait une caisse noire de 60 millions de livres destinée à plusieurs membres de la famille royale saoudienne qui percevaient des avantages en nature, dont des voitures de luxes, en échange d'interventions pour favoriser les affaires de BAE.

III – Le contrat d’Eurofighter

Mardi, le groupe de défense britannique a indiqué que les négociations portant sur la vente de 72 avions Eurofighter Typhoon à l'Arabie saoudite "piétinent" depuis la fin du Ramadan fin octobre, alors que le dossier avait fait l'objet d'un pré-accord commercial entre Londres et Ryad en août, pour une signature définitive avant la fin de l'année. Le contrat sur l'Eurofighter portait initialement sur 10 milliards de livres (14,8 milliards d'euros) mais il s'élève à plusieurs dizaines de milliards si l'on inclut la maintenance des appareils.

Selon le quotidien The Independent de mardi, le gouvernement français et le groupe Dassault seraient sur le point de tirer profit de cette situation et de conclure "dans les prochains jours" un accord pour la livraison de 24 à 36 chasseurs Rafale du constructeur français. Pour rappel, BAE Systems possède 33% du consortium de construction de l'Eurofighter, aux côtés de l'européen EADS (46%) et de l'italien Alenia/Finmeccanica (21%).

IV – L’Arabie saoudite tempère les propos

L’Arabie Saoudite a cependant tempéré les menaces pesant sur le contrat pour la vente d'avions de combat Typhoon, développé par le consortium Eurofighter et assemblés par BAE Systems , à l'armée de l'air saoudienne, rapportait mercredi ce matin le quotidien "The Times".

Un responsable saoudien a indiqué que son pays demeurait attaché aux relations commerciales qui l'unissent à la Grande-Bretagne depuis 30 ans. Faisant référence aux informations selon lesquelles les dirigeants saoudiens, excédés par une enquête pour corruption lancée par le "Serious Fraud Office" britannique, envisageaient de préférer au Typhoon le Rafale de Dassault Aviation, le contact du quotidien a indiqué que la situation actuelle ne constituait pas une crise, mais que certains éléments devraient être clarifiés en vue de pouvoir faire progresser les négociations.

V -  Des versements de BAE sur des comptes syriens en Suisse

Des versements secrets de plusieurs millions de livres du groupe de défense britannique BAE Systems ont été découverts sur les comptes bancaires suisses du marchand d'armes syrien Wafic Said, rapporte mercredi The Guardian.

Citant des sources judiciaires, le quotidien précise que des enquêteurs de l'office britannique des fraudes ont cherché à savoir si l'argent déposé sur les comptes de Wafic Said a été reversé à des membres de la famille royale saoudienne. Interrogé par le Guardian, le marchand d'armes syrien, âgé de 68 ans et d'origine saoudienne, s'est refusé à tout commentaire sur ces informations.

Il a simplement rappelé qu'il a été au cours des vingt dernières années un intermédiaire pour les ventes d'armes aux Saoudiens. Mais il a toujours nié avoir perçu des commissions de la part de BAE qui a conclu depuis 1985 de juteux contrats avec l'Arabie saoudite.

Sources : AFP, Reuters, Boursier.com

http://www.leblogfinance.com/2006/11/dassault_vatil_.html

 

Télé chaud devant ! L’Arabie Saoudite et le Qatar enterrent la hache de guerre et, du coup, la chaîne de télévision Al Jazeera, basée à Doha, est contrainte de renoncer à son fond de commerce : les diatribes contre la monarchie des Al Saoud.

Le 19 mars dernier, Al-Jazeera était la première télévision à diffuser les extraits d’un message d’Oussama Ben Laden (OBL) menaçant les Européens. Mais la chaîne qatarie s’est bien gardée de faire profiter ses téléspectateurs de la saillie du chef d’Al Qaïda sur le roi d’Arabie Saoudite, qualifié par OBL de « roi sans couronne à Riyad ».

Zappées du même coup, ses accusations directes contre le dirigeant du royaume saoudien pour n’avoir rien « fait pour empêcher » le « scandale » des caricatures, alors qu’un seul de ses « ordres aux institutions judiciaires [britanniques] » a suffi « pour stopper les investigations sur le détournement de milliards dans le contrat Al-Yamamah », que « Blair s’est chargé » de faire exécuter.

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Explosion financière à Al-Jazeera
© Khalid

Ben Laden, qui entretient ses sources, ne pouvait pas envoyer flèche plus acérée. Evoquer Al-Yamamah, du nom du contrat juteux de vente d’armes passé entre l’Arabie Saoudite et le britannique BAE Systems, revient à accabler la famille saoudienne régnante : certains de ses membres se sont vus accusés d’avoir bénéficié de retro-commissions aussi faramineuses qu’illégales.

Rapprochement entre le Qatar et l’Arabie

En décembre 2006, l’ex-premier ministre Blair avait pesé de tout son poids politique sur la justice pour mettre un terme à l’enquête officielle diligentée contre ses « clients ». Argent sale et corruption sous la tente Al-Saoud : un sujet qui parle à la rédaction d’Al-Jazeera. Mais plus à la direction de la chaîne.

Depuis quelques mois, les « petits pas » diplomatiques entre le Qatar et l’Arabie Saoudite se multiplient. En septembre dernier, une rencontre au sommet décisive était organisée à Riyad entre l’Emir du Qatar et le Roi Abdallah. Objectif : lever les obstacles entravant la marche vers la réconciliation.

Face à un Irak en proie au chaos, un Iran qui piaffe et une Amérique affaiblie, il faut resserrer les rangs. Preuve de leur bonne volonté à aborder les sujets qui fâchent sa Majesté Al Saoud, les Qataris avaient embarqué avec eux le patron d’Al-Jazeera. En clair, la chaîne prendra désormais des gants avec son grand voisin.

La prose de Ben Laden filtrée

Du coup, elle a révisé ses « process », à commencer par la diffusion intégrale des œuvres de Ben Laden et consorts. Les enregistrements d’Al Qaïda sont dorénavant diffusés au compte-gouttes et sa prose soigneusement filtrée. Quitte à se mettre à dos les communicants de l’organisation qui ont rangé la chaîne dans le camp des traîtres.

Exit aussi les leaders de l’opposition saoudienne, notamment religieux, qui naguère fulminaient en direct sur les plateaux ou en duplex contre « les traîtres corrompus » pour avoir vendu leur âme et les lieux saint en package aux « croisés américains ». En 2002, un de ces talk-shows avait déclenché une telle ire des autorités saoudiennes, que Riyad en avait retiré aussi sec son ambassadeur à Doha, signant le début de la guerre froide entre les deux voisins. Comme par hasard, depuis le 7 mars, la représentation saoudienne a un nouvel occupant et Al Jazeera a miraculeusement été autorisée à couvrir le pèlerinage de la Mecque après cinq ans d’absence…

Des nouveaux visages ont aussi commencé à fleurir sur les écrans de la chaîne : des Saoudiens autorisés par sa Majesté Al Saoud. C’est le cas du grand Mufti du Royaume, appelant « chacun à coopérer avec le Ministre [saoudien] de l’Intérieur pour découvrir des projets terroristes et lui donner des informations sur les terroristes » ! Même le Prince héritier et Ministre (saoudien) de la Défense, Sultan ben Abdel Aziz, en visite à Doha le 10 mars pour officialiser la bonne entente retrouvée, a eu droit à un prime-time. Du jamais vu !

Al-Jazeera serait-elle en train de perdre son âme ? Heureusement, Israël est venu à sa rescousse en l’accusant de parti pris en faveur du Hamas dans sa couverture des récents événements de Gaza, et a menacé d’interdire l’accès à son territoire aux correspondants. De quoi faire bonne figure avant d’annoncer l’ouverture prévue d’un bureau de la chaîne à Riyad…

Voir en ligne : In Bakchich 74

http://www.bakchich.info/Dune-de-miel-entre-l-Arabie,03144.html

 

 

 

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