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10/10/2012

Relaxe des 3 de Valognes

Cherbourg : les 3 militants relaxés

 

200 militants ont manifesté leur joie dans la salle d'audience à l'annonce de la décision.

Les trois militants antinucléaires qui comparaissaient ce mardi matin étaient accusés d'avoir incité à des dégradations pour bloquer un train de déchets nucléaires allemands en novembre 2011, le dernier convoi du genre entre la France et l'Allemagne.

Six mois de prison avec sursis avaient été requis contre un militant de 31 ans, déjà condamné à trois reprises pour des faits "sensiblement comparables", selon le président du tribunal correctionnel de Cherbourg, et trois mois de prison avec sursis contre une militante de 26 ans et un autre militant de 39 ans dont les casiers judiciaires sont vierges.

Les trois Bretons étaient poursuivis pour « provocation directe suivie d'effets à un attroupement armé », « complicité de destruction de biens d'autrui » et « organisation de manifestation interdite ».

Le 23 novembre 2011, des ballasts de la voie ferrée que devait emprunter le train de déchets nucléaires avaient été retirés, un ou plusieurs rails soulevés et deux guérites de signalisation de la SNCF incendiées.

Les prévenus ont nié être les organisateurs du mouvement auquel avaient participé plusieurs centaines de personnes et avoir appelé à des dégradations.

« Vous n'avez rien dans le dossier. Les accusations sont graves. La moindre des choses c'est d'arriver avec des preuves. On en est loin », a estimé l'avocat de la défense, Jérôme Bouquet-Elkaïm.

Le dernier train de déchets nucléaires allemands retraités par l'usine Areva de Beaumont-Hague avait donné lieu à de vifs affrontements entre militants et forces de l'ordre près du terminal de départ du convoi à Valognes. En Allemagne, des milliers de militants avaient aussi occupé les voies.

A l'issue d'une audience houleuse, et face aux cris de joie de la salle, le président du tribunal a averti que les personnes qui avaient perturbé le procès en l'interpellant ainsi que le procureur seraient entendues et éventuellement jugées.

FR3 Basse-Normandie, le 9/10/2012

par courriel

09:16 | Lien permanent | Commentaires (0) |

22/03/2012

Fukushima - Risques liés à la piscine du réacteur 4

Extrait d'un programme TV en direct d'informations matinales intitulé "Morning Bird" de TV Asahi, diffusé le 8 Mars 2012.

Le journaliste est M. Toru Tamakawa. L'expert est le Dr Hiroaki Koide, chercheur associé à l'Institut de Recherche du Réacteur de l'Université de Kyoto.

07:12 | Lien permanent | Commentaires (1) |

23/11/2011

Valognes... schottern !!!

Valognes schottenr.png

15:40 | Lien permanent | Commentaires (0) |

12/10/2011

Transport de matières nucléaires des Pays-Bas à la Manche

Du 11 au 13 octobre
Lieu : Plusieurs départements français

Dernière modification : 12 octobre 2011

Exclusif : Nous avons pu réaliser des mesures de radioactivité sur le convoi arrêté au triage du Bourget.
Au contact, sur point chaud (jointure des portes des CASTOR) : 1200 coups par seconde - 8 microsieverts.
A 1 mètre, 750 coups par seconde - 4,7 microsieverts.

Ce mardi 11 octobre, un train transportant du combustible usé néerlandais hautement radioactif a quitté Borssele, aux Pays-Bas aux alentours de 17h20. Il est arrivé à 22h à la gare de Mouscron, pour en repartir avec 10 min d’avance à 22h57.

Ce mercredi 12 octobre au matin, il a quitté le triage de Lille peu avant 7h. Il est arrivé en région parisienne à 11h. Il stationne maintenant au triage du Bourgey qu’il devrait quitter peu avant 19h pour poursuivre sa route vers l’ouest.

Le Réseau "Sortir du nucléaire", le réseau Belge "Nucléaire STOP" et le syndicat SUD-RAIL organisent des manifestations tout au long du trajet.

Vous trouverez ci-dessous les mobilisations et point presse prévus, ainsi que les horaires du transport et des informations sur le convoi.

Vous pourrez également suivre sur cette page l’avancée du train en direct.

Plan de la page :
1. Informations sur le convoi
2. Contacts
3. Points presse
4. Suivi du convoi en direct
5. Rassemblements
6. Horaires du transport - attention horaires du 12 octobre modifiés

via www.sortirdunucleaire.org/


17:07 | Lien permanent | Commentaires (0) |

01/03/2011

Blocage des convois Areva : des amendes pour Greenpeace

Plusieurs militants anti-nucléaires et l'association Greenpeace ont été condamnés ce mardi 1er mars à des amndes. En janvier 2010, ils avaient tenté de bloquer un convoi Areva.

Le délibéré est tombé dans l'après-midi de ce mardi 1er mars en ce qui concerne des militants de Greenpeace poursuivis pour « entrave à la circulation d'un train » à Cherbourg.

En janvier 2010, ils avaient tenté d'empêcher le passage d'un convoi de déchets nucléaires Areva à Cherbourg.

Les militants ont été condamnés à des amendes comprises entre 250 et 600¤. Greenpeace a écopé de 10 000¤ d'amende.

piqué au tas sur www.tendanceouest.com - 01/03/2011

 

 

 

18:20 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Castor Alarm - 2 et 3 mars 2011 - La Hague vers Würlenlingen en Suisse

Communiqué commun du 28 février 2011 de SUD-RAIL et du Réseau "Sortir du nucléaire"

 


Un nouveau transport de déchets hautement radioactifs se prépare dans le plus grand secret entre la France et la Suisse !


Les 2 et 3 mars prochains, un train transportant des déchets nucléaires suisses va traverser la France d’ouest en est. Trois conteneurs CASTOR, transporteront des déchets de haute activité «traités» à l'usine Areva de La Hague. Acheminés en camion de La Hague à Valognes, ils devraient quitter le terminal ferroviaire de Valognes, dans la Manche, mercredi 2 à 14h06, pour rejoindre celui de Würenlingen en Suisse. Puis ils seront à nouveau transférés par la route jusqu'au centre d'entreposage de Würenlingen.

En France, il traversera la Manche, le Calvados, l'Eure, la Seine Maritime, l'Oise, la Somme, l'Aisne, la Marne, la Meuse, la Meurthe-et-Moselle, la Moselle, le Bas-Rhin et le Haut-Rhin.

Ce nouveau convoi entre dans le cadre du contrat passé entre la COGEMA (devenue aujourd'hui AREVA) et les compagnies suisses d'électricité, dans les années soixante-dix. Envoyés en France à partir de 1975, ces déchets retournent depuis 2001 en Suisse, après leur passage à l'usine AREVA de La Hague.

Un nouveau transport à haut risque se prépare dans le plus grand secret

Les rayonnements radioactifs émis par les conteneurs « CASTOR » entraînent un risque d’irradiation des cheminots et des riverains. Comme tout transport de matières radioactives, ce convoi présente également des risques en terme de sûreté et de sécurité.

Et pourtant, les autorités ne fournissent aucune information sur ce type de transports. Elles taisent également sa dangerosité pour les riverains, la population et les salariés impliqués.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" et SUD-RAIL rappellent qu'il est conseillé aux agents et au public de se tenir éloigné d'un convoi hautement radioactif stoppé en gare et incitent les cheminots à exercer leur droit de retrait.

« Les services de l'Etat et des collectivités (SNCF, collectivités locales, hôpitaux, pompiers, agents de la SNCF) qui devraient être informés et formés pour pouvoir réagir et mettre en œuvre un plan d'urgence en cas de problème, sont tenus dans l'ignorance. Quant à la population, elle est souvent loin d'imaginer que des convois nucléaires passent ainsi à proximité de leur habitation. Cette situation ne peut plus continuer, il faut briser la loi du silence et l'omerta en matière nucléaire! » déclarent les deux organisations.

Retraiter les déchets : une fausse bonne idée !

Pendant des années, les pays étrangers ont envoyé leurs déchets nucléaires à La Hague pour qu'ils y soient « traités ». Ces tonnes de déchets retournent aujourd'hui à leurs envoyeurs et traversent l'Hexagone régulièrement, exposant ainsi les populations sans autre motif que de faire tourner l'usine de La Hague.

Loin d'être une solution, le « traitement des déchets » engendre des risques et des transports supplémentaires et contamine de manière irréversible la pointe du Cotentin en rejetant des effluents chimiques et radioactifs dans l'eau et l'environnement. Surtout, il ne sert à rien. Non seulement le traitement à l'usine de La Hague ne diminue pas la radioactivité des déchets mais il augmente leur volume. Pour une tonne retraitée, environ 65 m3 de déchets sont produits.

Partout en France des voix s'élèvent contre ces transports

Les mobilisations à l'occasion des derniers convois de déchets nucléaires (allemands, belges et italiens) attestent d'une vive volonté des populations d'être informées sur l'existence de ces transports, leur fréquence, leur contenu et les risques et dangers associés. Partout en France, des élus se sont joints aux rassemblements pour exiger le respect de la loi relative à l'information du public en matière environnementale.

L'inspection du travail de la SNCF à Paris a quant à elle exigé d'être informée de la fréquence et de la composition de ces convois. Elle demande également à ce qu'une évaluation des risques pour les agents soit réalisée et qu'une campagne de mesures soit menée.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" publie les horaires du transport et demande, conjointement à SUD-RAIL, que le HCSTIN (Haut Comité pour la Transparence et l'Information sur la Sûreté Nucléaire) se saisisse de la question et qu'il exige un moratoire sur ces convois tant que les mesures et les clarifications demandées par l'inspection du travail de la SNCF n'auront pas été effectuées et tant que l'industrie nucléaire ne se sera pas engagée à publier en amont de ces transports, les horaires et leurs inventaires radioactifs.


Pour consulter les horaires du transports:

http://groupes.sortirdunucleaire.org/agenda/evenement-national/article/train-de-dechets-radioactifs-2267?date=2011-03


Contacts presse
Réseau "Sortir du nucléaire"
Laura Hameaux: 06 85 23 05 11

François Mativet: 06 03 92 20 13
SUD-RAIL
Philippe Guiter: 06 28 94 82 99


Nucléaire : mercredi, un train de déchets ira de la Hague vers la Suisse via l’Alsace

"Mercredi 2 et jeudi 3 mars, un train transportant des déchets nucléaires suisses va traverser la France d’ouest en est", annoncent le Réseau Sortir du Nucléaire et le syndicat Sud Rail.

Trois conteneurs Castor transporteront ces déchets suisses, qui ont été «traités» à l’usine Areva de la Hague, pour les déposer au centre d’entreposage Zwilag, à Würenlingen (canton d’Argovie)». Ce train devrait quitter le terminal ferroviaire de Valognes (Manche) mercredi 2 mars à 14h06 et passer jeudi matin par Nancy, Sarrebourg, Saverne, Colmar, Mulhouse.

Le Réseau «Sortir du nucléaire» et Sud-Rail conseillent «aux agents et au public de se tenir éloignés d’un convoi hautement radioactif stoppé en gare et incitent les cheminots à exercer leur droit de retrait.» Les élus régionaux écologistes des régions traversées, dont l’Alsacien Jacques Fernique, dénoncent «le silence officiel. Comme à l’accoutumée, les populations concernées sont laissées dans la plus totale ignorance des risques inconsidérés que ce type de transport de déchets nucléaires leur fait courir.» Rappelant le droit des citoyens à une information sur les risques majeurs prévu par la constitution, ils annoncent qu’ils publieront sur leurs sites web le parcours du train et soutiendront «toutes les initiatives associatives non violentes contribuant à sensibiliser aux dangers inhérents à la production d’énergie nucléaire».

SE RENSEIGNERhttp://groupes.sortirdunucleaire.org/agenda/evenement-nat...

piqué sur www.lalsace.fr - 28/02/2011

Dimanche 27 février 2011 7 27 /02 /Fév /2011 22:41

Les 2 et 3 mars, dans la plus stricte opacité, un train emportant des déchets nucléaires suisses traversera plusieurs régions françaises


Mercredi 2 et jeudi 3 mars, un train transportant des déchets nucléaires suisses va traverser la France d'ouest en est. trois conteneurs CASTOR transporteront ces déchets suisses qui ont été «traités» à l'usine Areva de la Hague.
Acheminés en camion de la Hague à Valognes, les déchets nucléaires suisses quitteront le terminal ferroviaire de Valognes, dans la Manche, à 14h06, pour rejoindre celui de Würenlingen en Suisse (Canton d’Argovie) où se trouve le centre d’entreposage Zwilag, leur destination finale.
Ce train traversera la Basse-Normandie, la Haute-Normandie, la Picardie, la Champagne-Ardenne, la Lorraine et l'Alsace avant de rejoindre l'Allemagne. Il devrait notamment passer par les villes suivantes : Caen, Sotteville-lès-Rouen, Amiens, Tergnier, Laon, Reims Bétheny, Chalons en Champagne, Vitry le François, Bar le Duc, Toul, Nancy, Lunéville, Sarrebourg, Saverne, Colmar, Mulhouse.
En France, il traversera la Manche, le Calvados, l'Eure, la Seine Maritime, l'Oise, la Somme, l'Aisne, la Marne, la Meuse, la Meurthe-et-Moselle, la Moselle, le Bas-Rhin et le Haut-Rhin.
Comme à l’accoutumée, les populations concernées sont laissées dans la plus totale ignorance des risques inconsidérés que ce type de transport de déchets nucléaires leur font courir. Aucune information officielle n’a été diffusée à deux jours de la circulation du train ! Les élu/es régionaux écologistes constatent une fois de plus le silence officiel qui est la marque de fabrique de l'industrie nucléaire française et le mépris dans lequel les pouvoir publics et les acteurs de la filière nucléaire tiennent nos concitoyens.Les élu/es écologistes rappellent à nouveau les termes de la Constitution française : « Toute personne a le droit, dans les conditions et limites définies par la loi, d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques » ainsi que ceux de l’article L 125-2 du Code de l’Environnement : «  Les citoyens ont droit à une information sur les risques majeurs auxquels ils sont soumis dans certaines zones du territoire et sur les mesures de sauvegarde qui les concernent. » La filière électro nucléaire ne saurait se soustraire encore une fois à la loi commune.

Dès lors, elles et ils considèrent que tous les habitants des Régions traversées doivent être informés par les pouvoirs publics du passage du train de déchets nucléaires, notamment par le canal des médias grand public ainsi que par celui des élus locaux.Dans l’attente, et comme elles et ils l’ont déjà fait à l’occasion du passage du « train d’enfer des 5 et 6 novembre dernier, ils publieront sur les sites webs de leurs groupes d’élus le parcours du train de déchets nucléaires qui traversera leurs régions dans la nuit du 2 au 3 mars.

Elles et ils soutiennent toutes les initiatives associatives non violentes qui jalonneront le parcours du convoi contribuant à sensibiliser les françaises et les français aux dangers inhérents à la production d'énergie nucléaire.Alors que le développement des énergies renouvelables, notamment solaire et éolienne, est menacé par les décisions du gouvernement français et qu’une hausse sévère des tarifs du gaz mais aussi de l’électricité va à nouveau frapper nos concitoyens, les élu/es écologistes rappellent l’urgence à repenser le modèle énergétique de notre société, ainsi qu’à privilégier la sobriété énergétique et la production d'énergies renouvelables.

Les président/es des groupes Europe Ecologie des Conseils régionaux :Cécile Duflot (Ile de France) - Mickaël Marie (Basse-Normandie) – David Cormand (Haute-Normandie) – Thierry Brochot (Picardie) – Jean-François Caron (Nord-Pas-de-Calais) – Eric Loiselet (Champagne-Ardenne) – Guy Harau (Lorraine) – Jacques Fernique (Alsace)

 

08:53 | Lien permanent | Commentaires (0) |

04/02/2011

A qui profite l’exploitation de l’or et de l’uranium nigérien ?

L’accord sur le relèvement des prix de l’uranium signé à Paris entre le groupe AREVA et la ministre en charge de la diplomatie nigérienne continue de défrayer la chronique. Si pour le pouvoir et ses structures relais, il faut célébrer le rétablissement de la souveraineté de l’Etat sur ses ressources naturelles, chez bon nombre de Nigériens prévaut un sentiment de colère mêlée à la déception. Pour contribuer à rendre ce débat moins abstrait, il convient d’examiner les gains effectivement tirés par l’Etat au regard du nouveau contexte des prix, ainsi que les responsabilités sociales de l’Etat comme celles des sociétés minières.

Contexte du marché international des prix des matières premières

Depuis 2002, nous vivons une conjoncture économique caractérisée par une hausse très importante des prix des matières et d’un certain nombre de produits agricoles. Pour la première fois depuis des décennies, les termes de l’échange de bon nombre de pays du sud, notamment ceux producteurs de pétrole, de gaz et de minerais, se sont améliorés.

Le pétrole a franchi le seuil historique de 75 US $ le baril alors que l’uranium a atteint un niveau jamais égalé par le passé avec plus de 130000F CFA la livre sur le marché spot. En février dernier, l’once d’or a franchi le cap de 660 dollars.

Cette envolée des prix des matières premières intervient dans un contexte de croissance de l’économie mondiale. Les Etats-Unis ont pu, en effet, surmonter la crise des années 2000-2001 et retrouvé un niveau de croissance soutenue par la consommation intérieure mais alimentée et financée de l’extérieur. Jouant le rôle de " locomotive économique mondiale ", ils ont entraîné la Chine dans leur sillage. Celle-ci a maintenu un taux de croissance de 10% en moyenne. Ses besoins en combustibles et en matières premières ont dopé les prix de ces produits sur le marché mondial. Ainsi, " entre 2002 et 2005, la Chine a représenté à elle seule, 86% de l’accroissement de la demande d’étain, 51% de celle du cuivre, 110% de celle du plomb et 113% de celle du cuivre ".

A la faveur de l’accroissement de leurs réserves de change, certains des pays du sud ont opté pour le payement anticipé de leurs dettes extérieures et/ou le placement de leurs avoirs à l’extérieur (acquisition de bons de trésor américains ou européens) ; d’autres envisagent de mettre en commun ces énormes ressources dans la création d’institutions alternatives à celles de Bretton Woods. C’est le cas de la banque du Sud censée réunir le Venezuela, la Bolivie, l’Argentine, l’Equateur et le Brésil. Cette dernière stratégie se renforce progressivement de la prise de conscience de l’impasse du néolibéralisme et des difficultés quasi insurmontables de son bouclier principal : l’armée des Etats-Unis d’Amé-rique.

Prolongement du Pacte colonial ?

Eu égard au contexte décrit plus haut, le manque d’audace caractéristique de la conduite des autorités du Niger est, on ne plus surprenant. Le fait est que de nombreux accords et conventions de longue durée signés aux premières heures de l’indépendance ont limité singulièrement les marges de manœuvre des différents régimes qui se sont succédés à la tête de l’Etat.

En effet, les accords de défense signés à Paris, le 24 Avril 1961, entre la Côte d’ivoire, le Dahomey, le Niger et la France permettent à celle-ci de s’arroger un droit de regard sur l’utilisation des ressources minières et énergétiques des trois pays classées produits stratégiques. Ce contrat d’exclusivité relative a souvent été interprété comme la contrepartie du soutien militaire français aux régimes politiques installés après l’indépendance. En outre, les conventions de longue durée relatives aux conditions d’établissement et de fonctionnement de la SOMAIR et de la COMINAK signées respectivement le 2 février 1968 et le 9 juillet 1974 entre la République du Niger et les deux sociétés, garantissent à celles-ci " la stabilité des conditions générales, juridiques, économiques, financières et fiscales " dans lesquelles celles-ci exercent leurs activités, et " telles qu’elles résultent de la législation et de la réglementation applicables à la date de sa signature aux exploitations minières au Niger en général et à l’exploitation des gisements d’uranium en particulier ". Enfin le protocole relatif à la création d’une mine d’uranium au Niger signé le 7 juillet 1967 entre la République du Niger et le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) garantit à celui-ci "une priorité d’achat sur la production de la Société " à un prix de sa convenance et libellé en CFA.

Le Niger, actionnaire minoritaire (36,6% de la SOMAIR et 31% de la COMINAK), devient de fait spolié de son uranium.

Impact de l’exploitation de l’uranium sur l’économie nigérienne

Il n’est pas difficile d’imaginer quel peut être, dans le cadre juridique ci-dessus présenté, l’impact de l’exploitation de l’uranium sur les divers aspects de l’économie. Il convient d’abord de rappeler qu’en fin 2006 il y a eu quelques 100.000 tonnes d’uranium qui ont été extraites du sous-sol nigérien. Ce qui, sur la base d’un prix moyen de 25.000 FCFA /kg, équivaudrait à 2500 milliards CFA. Le Niger n’aura perçu depuis 1971 qu’un peu moins de 300 milliards. Ce que ne dément pas l’administrateur SOMAIR/COMINAK lors d’un entretien accordé à la télévision gouvernementale, relativement à l’accord sur le prix de l’uranium, le 17 août 2007.

1/ Impact sur les revenus de l’Etat

La contribution du secteur minier, principalement de l’uranium, aux recettes budgétaires était insignifiante sous la première République : 1,3 milliard en 1973 et 1,7 milliard en 1974, redevances et dividendes confondus. C’est pour y mettre un terme en obtenant la revalorisation du prix de cette ressource minière que le Président Diori s’est engagé dans une épreuve de force avec l’ex métropole. L’issue est connue de tous : son régime a été renversé.

C’est sous la junte militaire issue du coup d’état d’Avril 1974 que l’uranium a représenté une part importante des ressources publiques, culminant à 24 milliards CFA soit environ 40% des recettes budgétaires en 1979. Cela était plus lié à l’augmentation de la production consécutive à l’ouverture d’une seconde mine qu’à une envolée des prix. Mais à partir de 1980, avec le retournement du marché de l’uranium, on enregistre une baisse drastique des recettes qui passeront de 18,8 milliards, soit 25,68% à un peu plus de 5,39 milliards en 2002, représentant 3,35% du budget. L’ambitieux programme d’investissements en infrastructures, initié à la fin de la décennie 70, tourne court et le pays se lance dans une politique d’endettement auprès des banques privées, avec à la clé, un désengagement de l’Etat du financement des secteurs sociaux.

2/ Incidence sur les recettes d’exportation et le PIB

Pour mieux rendre compte de ce qu’a représenté l’uranium, il n’est pas superflu de considérer sa contribution aux exportations et au PIB. Il apparaît que ce produit a constitué depuis 1975 la principale ressource d’exportation du Niger (en moyenne 2/3 sur la période). Et cela même lorsque sa valeur a chuté et que son apport aux recettes de l’Etat était des plus faibles.

En revanche, la participation au PIB a été en moyenne assez faible et irrégulière. Elle a progressé de 7,33% en 1975 à 13,09% en 1979 pour ensuite décliner assez régulièrement pour atteindre un plancher de 1,20% en 2002. Depuis lors, la contribution de l’uranium se stabilise autour de 2% du PIB.

3/ Impact en termes d’emplois crées

L’analyse de l’évolution des effectifs nigériens des deux sociétés minières depuis 1980 fait apparaître une tendance nettement à la baisse à partir 1990. De 3018 employés en 1980, pour l’ensemble SOMAIR/COMINAK, le personnel se réduit à 1600 personnes en 2005.

Les différentes mesures de restructuration, dont la politique d’ " écrémage ", ont réduit drastiquement les offres d’emplois permanents. Parallèlement, les compagnies minières font de plus en plus recours à la sous-traitance. Cela permet de transférer une grande partie de leurs charges à de petites entreprises qui ne respectent pas les normes de protection requises.

Les revenus tirés par ces travailleurs sont à l’évidence inégalement répartis :
- les cadres des sociétés minières dont les salaires mensuels varient entre 500.000 FCFA et 2 millions F (300 cadres et leurs familles) ;
- les ouvriers des sociétés minières ont des revenus compris entre 100.000F et 500.000 FCFA (environ 2000 et leurs familles) ;
- les sous-traitants des sociétés minières vivant de revenus variant de 25.000 à 50.000F CFA (environ 1200 et leurs familles).

Impact de l’exploitation de l’or sur l’économie nigérienne

Pendant longtemps, à la différence de l’uranium, l’exploitation de l’or se faisait de façon artisanale avant l’implantation d’une unité industrielle dans le Liptako en 2003. La production de la SML (société minière dont l’Etat ne détient que 20% du capital) évolue en dents de scie : 1,605 tonne en 2004, 4,962t en2005 puis 2,628t en 2006. Cette production est associée à celle de l’argent dont les valeurs respectives pour les trois années sont 21kg ; 201kg et 199kg.

Au regard de la contribution globale du secteur minier, la contribution aux recettes budgétaires est très insignifiante et assez irrégulière : 276 millions CFA en 2004 ; 1579 millions en 2005 et 1280 millions en 2006. De plus, ces recettes ne reflètent pas la contribution attendue, puisque certaines données relatives à des impôts auxquels SML est astreint sont inexistantes (impôt sur le bénéfice industriel et commercial, droit de sortie et dividendes distribués notamment). C’est dire que la gestion de cette société est des plus opaques.

Quant à la contribution en termes d’emplois créés, elle est loin d’être substantielle : 186 employés en 2004, 197 en 2005 puis 109 en 2006. De plus, la mobilité des travailleurs est un phénomène très accentué car SML réprime énergiquement l’action syndicale.

Responsabilité sociale des entreprises et de l’Etat

Les impacts des exploitations minières ne sont pas seulement positifs et d’ordre financier. Les conséquences sur l’environnement, l’hygiène, la santé des populations et la sécurité au travail peuvent être très néfastes. C’est le cas du département d’Arlit, siège des deux mines d’uranium, qui est confronté à la contamination de l’eau et de l’environnement par la radioactivité. Les pâturages sont devenus rares à cause des rejets industriels. En outre, des menaces pèsent sur la santé des travailleurs et des populations des deux cités minières.

C’est également le cas du site aurifère de Samira (Liptako) qui produit des rejets très importants de cyanure très nocif pour l’environnement. Aussi, les conditions de vie dans les exploitations artisanales sont infra humaines. Dans les deux cas les populations riveraines sont loin d’être bénéficiaires.

Le concept de responsabilité sociale des entreprises intègre les préoccupations d’ordre social, environnemental et de gouvernance aux stratégies économiques et commerciales de celles-ci. Il est la déclinaison pour les entreprises de la notion de développement durable. Imposé par les Organisations de la société civile (OSC), il est l’expression d’une volonté d’infléchir la logique de profits des entreprises par la prise en compte des questions sociales.

Pour prévenir et minimiser les impacts négatifs des exploitations minières sur l’environnement et veiller au maintien des conditions sanitaires, d’hygiène et de sécurité au travail, l’Etat dispose d’un cadre réglementaire et de structures administratives affectées aux missions de contrôle sur le terrain. Mais la réalité est toute autre et la gestion de ce secteur échappe au contrôle des services compétents en la matière.

Rôle de la société civile

Il appartient donc aux organisations de la société civile d’engager des actions pour contraindre les entreprises à assumer leur responsabilité sociale, en particulier à respecter les cahiers de charges annexés au certificat de conformité environnemental. Il convient également d’exiger la publication régulière des bilans annuels des sociétés minières et de réaliser des audits citoyens de tous les aspects de l’exploitation minière.

Au niveau de l’Etat, il est impératif qu’il confirme son adhésion à l’ITIE. De plus, l’adoption d’une loi sur l’accès à l’information serait un gage de bonne foi.

Un partenariat avec les ONG du Nord peut donner des résultats à l’exemple de la collaboration CRIIRAD (France) - Aghiri’ in man (Niger) qui a permis de réaliser des mesures radiologiques mettant en évidence un taux anormalement élevé de radioactivité à Arlit.

Enfin, il est important de questionner la viabilité de la conception rentière de l’économie en vigueur dans le pays pour poser en termes nouveaux la problématique du financement du développement.

MAMANE SANI ADAMOU


Références bibliographiques :

1/Convention de longue durée relative aux conditions d’établissement et de fonctionnement de la SOMAIR ;

2/Convention de longue durée relatives aux conditions d’établissement et de fonctionnement de la COMINAK ;

3/Protocole relatif à la création d’une mine d’uranium au Niger ;

4/La situation de la prospection et de l’exploitation minières au Niger, Journée parlementaire d’information, Ministère des Mines et de l’Energie, Niamey, 7Mai 2007 ;

5/Statistiques Minières, Ministère des Mines et de l’Energie ;

6/Communication de l’ONG sur la vie des populations du département d’Arlit aux journées de réflexion sur les industries extractives, Niamey, 12-13 Juillet 2006 ;

7/Lois minières ;

8/www.cadtm.org.

piqué sur www.alternativeniger.org - 18/02/2008

 

LA RENTE DE L’URANIUM AU NIGER PDF

 

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26/01/2011

Caen - Prison avec sursis pour les anti Castor

Ils avaient tenté de bloquer un train chargé de déchets radioactifs qui partait pour l’Allemagne : sept militants - six Français et un Allemand - ont été condamnés par le tribunal de grande instance de Caen à un mois de prison avec sursis et 1.000 à 1.500 euros d’amende. Ils devront en outre payer solidairement 20.500 euros de dommages et intérêts à la SNCF et, individuellement, 1 euro symbolique au groupe nucléaire Areva.


Le parcours fut épique. Parsemé d’embûches, dressées par des militants anti-nucléaire. Des militants vigoureusement opposés au passage de ce train, chargé de déchets radioactifs...
Le convoi était parti le 5 novembre de la Hague, dans la Manche. Il avait mis trois jours pour arriver à destination, en Allemagne (voir nos articles).

La justice française s’en est mêlée, le mois dernier. Sept personnes ont comparu devant le tribunal de grande instance de Caen, pour avoir retardé le convoi pendant plus de trois heures dans la région. Certains s’étaient enchaînés aux voies.
A l’audience, les prévenus - six Français et un Allemand - avaient plaidé la désobéissance civile.

Le TGI n’en a pas tenu compte. Il les a condamné aujourd’hui à un mois de prison avec sursis, et 1.000 à 1.500 euros d’amende. Ils devront en outre payer solidairement 20.500 euros de dommages et intérêts à la SNCF et, individuellement, 1 euro symbolique au groupe nucléaire Areva.
Ils encouraient jusqu’à 3.750 euros d’amende, et six mois de prison.

Leur avocat s’est dit très déçu, et n’a pas exclu de faire appel du jugement.

piqué au tas sur france-info.fr - 26/01/2011

 

 

19:47 | Lien permanent | Commentaires (0) |

10/07/2010

Le nucléaire progresse de jour en jour : partenariat Areva - Rosatom, fin du moratoire en Suède - Finlande

Déchets nucléaires : le Conseil d’Etat rejette la demande de Greenpeace

Le 30 juin, le Conseil d'Etat a rejeté la demande de Greenpeace France d'annuler le décret du 3 mars 2008 relatif aux procédures applicables au traitement des combustibles usés. C'est une victoire pour Areva qui se veut rassurant sur le processus de traitement des combustibles.

Le traitement des combustibles usés constitue la première étape du recyclage. Il consiste à séparer les matières recyclables (96% du combustible nucléaire usé) et les déchets de haute activité (4%). Les déchets sont conditionnés "de manière sûre et stable" sur le très long terme dans des conteneurs en acier, précise Areva.

Les structures métalliques des combustibles constituent des déchets de moyenne activité. Ils sont compactés et conditionnés dans des conteneurs en acier.

Le décret ainsi que la loi du 28 juin 2006 relative à la gestion durable des matières et des déchets radioactifs encadrent strictement le traitement des combustibles nucléaires usés provenant de l'étranger et imposent, notamment, le retour des déchets issus des combustibles usés étrangers après traitement.

Une stricte application de la loi

Le Conseil d'Etat a jugé que ce retour ne concerne que les déchets directement issus des substances ayant fait l'objet de ce traitement et non ceux qui résultent de l'utilisation, par Areva, de ses propres installations de traitement. Il considère donc qu'Areva applique strictement les obligations fixées par la loi et le décret.

Plus de 80% des déchets vitrifiés provenant de combustibles étrangers ont été retournés dans leur pays d'origine et les premiers retours de déchets métalliques ont débuté en 2009, affirme Areva.

piqué sur www.enviro2b.com - 30/06/2010

 

La mondialisation pousse à de nouvelles alliances

Nouveaux acteurs, nouveaux réacteurs, nouveaux clients. Les règles du jeu sont en train de changer dans le paysage nucléaire global. Une mutation qui amène chacun à repenser sa stratégie et ses partenariats.

Le 27 décembre 2009 restera gravé dans les mémoires de la filière nucléaire française. Ce jour-là, l'électricien des Emirats arabes unis, Enec, officialise son choix du coréen Kepco pour la construction de 4 réacteurs. Montant du contrat : 20 milliards de dollars. Battue, l'équipe France, avec à sa tête Areva, EDF et GDF Suez, est dépitée. Son EPR n'a pas fait l'affaire. Pas plus que les réacteurs de l'américano-japonais GE-Hitachi ou de l'américain Westinghouse, filiale du japonais Toshiba.

« Si quelqu'un pensait que, dans la compétition, les coûts ne comptaient pas, Abu Dhabi a démontré le contraire, déclare Luis Echávarri, directeur général de l'Agence pour l'énergie nucléaire. Bien sûr que la décision est politique, mais la compétition est économique, technique et financière. » Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Selon une étude de l'agence de l'OCDE, l'électricité produite par le réacteur coréen APR-1400, qui a remporté le contrat, coûte moitié moins que celle produite par l'EPR français.

Ce qui s'est passé à Abu Dhabi n'est que le début de la bataille. En Chine, les deux électriciens CNNC et CGNPC construisent 20 réacteurs, acquérant au passage les technologies phares de Westinghouse et d'Areva. « Outre la France, il n'y a que trois pays qui disposent des compétences industrielles intégrées de conception, de construction et d'exploitation pour conduire un programme nucléaire, affirme Hervé Machenaud, directeur de l'ingénierie et la production chez EDF. La Russie avec 2 tranches par an, la Corée du Sud avec une tranche par an et la Chine avec presque 10 tranches par an. » Après la Corée, qui, comme la France, a bâti son industrie nucléaire à partir d'une licence Westinghouse, la Chine pourrait être la prochaine à sortir de ses frontières grâce à un transfert de technologies.

Conscient du défi croissant de la compétitivité, Areva cherche à réduire ses coûts. « Entre le réacteur d'Olkiluoto, en Finlande, et celui de Taishan, en Chine, nous allons deux fois plus vite sur l'ingénierie », explique un cadre dirigeant du groupe. Il faut dire que la tête de série finlandaise a près de quatre ans de retard sur le calendrier. Les coûts d'achat vont aussi diminuer. Toutefois, ces efforts risquent de ne pas aller assez vite pour EDF, qui cherche à élargir sa gamme et à proposer des produits moins chers, en plus du réacteur français de troisième génération.

« L'EPR a été conçu dans les années 1990 dans un certain contexte, observe Hervé Machenaud, en référence aux impératifs de sûreté de l'époque post-Tchernobyl. Il faut mener aujourd'hui des réflexions sur d'autres modèles pour élargir notre gamme et tenir compte des exigences des pays qui s'engagent dans le développement nucléaire. » L'ancien patron de la région Pacifique pense sans doute au CPR-1000, la version « sinisée » du réacteur français de deuxième génération, développée par l'électricien chinois CGNPC, grand partenaire d'Areva et EDF. L'électricien tricolore lorgne aussi le russe Rosatom, avec lequel il vient de signer une alliance.

D'autres éléments seront décisifs dans la compétition. En premier lieu, le financement. A plusieurs milliards d'euros la centrale, le nucléaire nécessite de deux à quatre fois plus d'investissement que les centrales à charbon ou au gaz. « Au cours de la prise de décision, les électriciens regardent avec intérêt les fournisseurs qui sont aussi capables d'apporter des solutions de financement », observe Dominique Mockly, directeur international d'Areva. Les solutions varient. Rosatom, qui prépare une alliance avec l'allemand Siemens, ancien partenaire d'Areva, parie sur le triptyque « construire, investir, exploiter ». Le modèle a fait ses preuves en Turquie, où le groupe vient de remporter un contrat de 20 milliards de dollars pour 4 réacteurs. Mais ces offres ne sont pas toujours bienvenues politiquement. La Bulgarie a, par exemple, refusé un financement russe pour sa centrale de Belene, qui doit coûter 4 milliards d'euros - soit un quart de son PIB… « Ou bien on accepte la dépendance, ou bien on cherche des solutions », estime Dominique Mockly. Chez Areva, des prêts gouvernementaux sont à l'étude ainsi que l'apport d'actionnaires potentiels, comme le Qatar, qui pourraient investir dans des centrales.

Trouver des partenaires locaux

Dans ce jeu complexe d'alliances ouvertes et multiformes, les constructeurs doivent enfin prendre en compte la nécessité de trouver des partenaires locaux. En Italie, Areva va travailler avec Ansaldo, filiale du conglomérat Finmeccanica. Idem au Royaume-Uni avec Rolls-Royce ou en Inde avec Bharat Forge, qui travaille aussi avec Alstom. « Pour la centrale de Temelin, en République tchèque, nous proposons un degré de localisation de 70 % », se félicite de son côté Timur Ivanov, qui dirige Atomstroyexport, la filiale de Rosatom.

« On ne peut plus aborder le sujet avec un seul industriel, conclut Jean-Benoît Colomb, membre du directoire du cabinet de conseil Eurogroup. On va vers des Meccanos globaux entre exploitants, constructeurs, meneurs de projets et fournisseurs… » « On ne peut pas débarquer sur des appels d'offres avec un drapeau tricolore, résume un dirigeant du secteur. Cela ne veut pas dire pour autant qu'on néglige la filière nucléaire française. »

T. M., Les Echos

piqué sur www.lesechos.fr - 28/06/2010

 

Ce nucléaire qui vient du froid

La Suède et la Finlande ouvrent la porte à l’accroissement de leur parc électronucléaire. Non sans avoir phosphoré sur l’aval du cycle du combustible. Reportage.

L’histoire passe parfois par la petite porte. Quelques heures avant que ne soit célébré le mariage dela princesse Victoria , le parlement suédois a pris, vendredi 18 juin, une décision historique. Presque en catimini. Par 174 voix contre 172, le Riksdag a mis un terme à 30 ans de moratoire portant sur la construction de nouveaux réacteurs nucléaires. En 1980, à la suite de l’accident de Three Mile Island, Stockholm avait interdit l’érection de nouvelles tranches. Les 10 réacteurs (3 réacteurs à eau pressurisée et 7 réacteurs à eau bouillante) étaient donc condamnés à mourir sans être remplacés. Jusqu’à vendredi.

Attendu par les acteurs du secteur électrique, le vote de la Diète suédoise n’ouvre pas la porte à une nucléarisation à outrance du royaume scandinave. Le texte prévoit seulement de remplacer les réacteurs dès qu’ils auront atteint leur limite d’âge. En clair, la Suède ne pourra jamais compter plus de 10 réacteurs. « Et encore, il faudra pour ce faire que les communes, qui ont tout pouvoir en la matière, acceptent les futurs machines », souligne Rolf Persson, en charge des questions nucléaires au conseil municipal d’Oskarshamn. Installées à Oskarshamn, Ringhals et Forsmark, les trois centrales nucléaires du royaume produisent 40 % du courant consommé par les Suédois.

La prolongation annoncée de l’âge nucléaire suédois fait bouillonner Svensk Kärnbränslehantering (SKB). Créée par les propriétaires des centrales, l’entreprise est, légalement, en charge de la gestion du cycle du combustible. Une tâche à laquelle elle se consacre depuis1973. Acette époque, SKB s’occupe uniquement de l’achat de l’uranium enrichi. « Les déchets n’étaient pas un problème », se souvient Kaj Ahlbom, l’une de ses têtes pensantes. Ils le deviendront. En 1976, le gouvernement social-démocrate perd les élections législatives. La crise économique et les déchets nucléaires l’ont fait chuter. Nouveau premier ministre, le centriste Thorbjörn Fälldin doit remanier à plusieurs reprises son équipe. Les déchets nucléaires, toujours… Le gouvernement de coalition prend le taureau par les cornes. En 1977, il fait voter par la chambre unique du parlement la loi sur la gestion des déchets nucléaires. Le texte grave plusieurs principes dans le marbre législatif : les producteurs sont responsables de la gestion de leurs résidus qui devront être gérés de façon sûre ; le financement devra être apporté par les propriétaires des centrales (via une taxe sur le kilowattheure) ; l’Etat se porte garant du système. Last but not least, le recyclage du combustible usé est interdit. « Cette décision a, certes, été la conséquence de fortes pressions politiques, mais aussi d’études qui ont montré que le stockage définitif de combustibles usés était le mode de gestion le plus sûr et le moins cher», note Kaj Ahlbom. Un long travail commence.

En partenariat avec de nombreuses universités, SKB mène plusieurs travaux de recherche en parallèle. Dans un premier temps, il s’agit de mettre au point une stratégie pérenne. Le stockage géologique est finalement retenu, non seulement pour les déchets à faible et moyenne activité (déchets technologiques, médicaux, industriels et de démantèlement), mais aussi pour les déchets à haute activité (les combustibles usés). La géologie commandera le reste des opérations. Assise sur un lit de granite, la Suède n’a pas beaucoup de possibilités. « Contrairement à la France et à la Belgique, qui ont choisi de stocker leurs déchets dans de l’argile étanche, la Suède doit travailler dans le granite qui est une roche dure, résistante, mais pleine de fractures par lesquelles l’eau s’infiltre », explique François Besnus, de la direction de la sûreté des usines, des laboratoires, des transports et des déchets de l’Institut (français) de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

Après des années de test dans le laboratoire souterrain d’Äspö, l’autorité de sûreté suédoise (SSM) tranche. Une fois évacué du réacteur, le combustible devra être refroidi dans les piscines spéciales du Clab, un centre d’entreposage construit à-32 mètresdans la roche cristalline d’Oskarshamn. Après plusieurs années de refroidissement, les grappes de combustible seront « encapsulées » dans des colis de 27 tonnes de cuivre pur, un métal réputé (bien que ce sujet fasse l’objet d’un débat scientifique) pour sa résistance à la corrosion en milieu réducteur. Puis, en route pour le centre de stockage géologique où les conteneurs de cuivre seront mis dans des silos verticaux, creusés à500 mde profondeur. Cette opération réalisée, une couche de bentonite sera coulée entre le cylindre de cuivre et la paroi de granite. Gonflant avec l’eau, cette argile (qui sert aussi à la fabrication du gravier des caisses à chat) constituera la troisième et dernière barrière (après le granite et le cuivre) entre l’eau et les déchets fortement radioactifs.

Voilà pour le concept suédois. Un concept qui commence à être traduit dans les faits. Après 16 ans d’investigations géologiques et de concertation, le site de Formark (où se trouvent déjà trois réacteurs à eau bouillante) a finalement été choisi le 3 juin 2009 par SKB. Coincé entre forêts, marais etla merBaltique , Forsmark se situe à470 kilomètresau nord d’Oskarshamn. Les transports de déchets se feront, comme aujourd’hui, par bateau. Mitonné de longue date, le futur site sera creusé dans le granite. Les tunnels dans lesquels seront forés les silos de stockage se situeront à500 msous la surface.

Depuis plus d’un an, l’entreprise prépare son dossier de demande d’autorisation. Devant peser entre 5.000 et 10.000 pages, il est attendu non sans inquiétude par les gendarmes du nucléaire suédois. « Même si nous nous sommes préparés, il faudra inventer des méthodes de travail et des procédures », concède Björn Dverstorp, de SSM. Malgré tout, les Suédois restent confiants. « Si tout se passe bien, estime Kaj Ahlbom, les premiers coups de pioche devraient être donnés en 2015. Et le centre pourrait ouvrir dès 2020. » Il pourra alors recevoir les premiers des 6.000 conteneurs prévus. A cette date, le travail des géologues de SKB sera loin d’être terminé. Car, avec la relance de son programme électronucléaire, la Suède aura besoin d’un second site de stockage définitif. « Et même si nous le construisons à proximité du premier, il faudra totalement repartir de zéro », confirme Mikael Gontier, du département Environnement de SKB.

Sur l’autre rive du golfe de Botnie, le programme nucléaire finlandais poursuit son bonhomme de chemin. Déjà doté de 4 réacteurs, l’ancien Grand-duché russe est impatient de mettre en service sa 5e tranche. Après des débuts difficiles (4 ans de retard), la tête de série de l’EPR prend forme. « 90 % du génie civil est désormais achevé, 50 % des matériels sont déjà positionnés. A ce rythme, la production électrique devrait démarrer en 2013 », confirme Jouni Silvennoinen, le chef du projet pour TVO, le consortium finlandais ayant passé commande du réacteur franco-allemand. Vendredi 18 juin, la cuve du réacteur (420 tonnes) a été installée dans le bâtiment réacteur. Les 4 générateurs de vapeur devraient suivre avant la fin de l’année. « Il sera alors temps de procéder aux opérations de piping (raccordement) », avance Jean-Pierre Mouroux, directeur général du projet OL3 d’Areva.

En charge de la construction du premier EPR, le duo Areva-Siemens semble quelque peu rasséréné. Certes, une procédure d’arbitrage est toujours en cours pour savoir qui, des constructeurs ou de leur client, est responsable du formidable dérapage du chantier. Mais l’avenir se dégage. Anticipant une hausse de la demande d’électricité, TVO entend mettre en service, d’ici 2020, un 4e réacteur sur son site d’Olkiluoto (OL4). Et malgré son divorce annoncé, le couple franco-allemand n’est pas mal parti. « Contrairement à ce que l’on pense, OL3 n’est pas un contre-exemple, mais un chantier qui donne des leçons pour l’avenir », souligne Jouni Silvennoinen. TVO aimerait bien coupler un second EPR au réseau électrique. Mais sa décision n’est pas encore prise. « Nous avons plusieurs possibilités : l’EPR, l’ABWR de Westinghouse-Toshiba, l’ESBWR de General Electric-Hitachi, l’APR de KSNP et l’APWR de Mitsubishi », rappelle Jouni Silvennoinen. Un peu échaudé par le chantier en cours, le Stuk, l’autorité de sûreté finlandaise, a fait savoir qu’il n’autoriserait pas une technologie de réacteur non encore éprouvée. Or, à ce jour, seul l’EPR dispose de licence d’exploitation. Un bon point.

Créé en 2007, l’électricien finlandais Fennovoima entend construire, lui aussi, son réacteur. S’il n’a pas encore choisi son site (son cœur balance entre Pyhäjoki et Simo), il a déjà sélectionné trois technologies : l’EPR, son petit frère Kerena (qui n’existe pour le moment que dans les plaquettes d’Areva) et l’ABWR. Quoi qu’il en soit, la décision est pour bientôt. « Le parlement doit se prononcer sur les deux projets le 1er juillet prochain », confirme Jaana Avolahti, du ministère finlandais de l’énergie.

Largement inspirée du modèle suédois, la gestion des déchets à la finlandaise comporte néanmoins quelques spécificités. La Finlande est l’un des membres de l’Union européenne (avec la Bulgarie, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie,) à exploiter des réacteurs d’origine soviétique. Grandement modernisés, les deux VVER 400 de Loviisa disposaient d’un exutoire bien pratique. Au terme d’une convention passée entre la Finlande et l’Union soviétique, Rosatom fournissait l’uranium enrichi et récupérait le combustible usé. Hélas, l’accord a pris fin en 1996. Et Fortum, l’exploitant des deux réacteurs, a dû trouver un autre mode de gestion de ses déchets à haute activité.

A la demande du gouvernement, TVO et Fortum ont créé une co-entreprise chargée de la gestion des déchets nucléaires. Baptisé Povisa, elle conçoit le futur site de stockage géologique (Onkalo) ainsi que les colis. Les designs du vaste réseau souterrain et des conteneurs seront assez proches de ceux validés en Suède. A ceci près que Povisa enfournera les grappes de combustible dans une chaussette d’acier avant d’insérer le tout dans le canister de cuivre. Au total, la gestion des déchets à haute activité finlandais devrait coûter 3 milliards d’euros, entièrement payés par un fonds abondé par une taxe sur l’électricité.

En attendant l’ouverture en 2020 du site de stockage géologique (creusé à400 mde profondeur dans le granite de l’île d’Olkiluoto), les deux compagnies entreposent leurs grappes de combustible chauds dans des piscines, construites à proximité des centrales. Des piscines dont l’eau, été comme hiver, doit être maintenue à36°C . Sûreté oblige !

piqué sur www.journaldelenvironnement.net - 22/06/2010

 

09:12 | Lien permanent | Commentaires (0) |

03/05/2010

Convoi d'uranium bloqué: amendes pour 12 militants de Greenpeace

CRÉTEIL - Des peines d'amende de 1.000 euros assorties, pour une part, de sursis ont été prononcées lundi au tribunal correctionnel de Créteil à l'encontre de 12 militants de Greenpeace jugés pour avoir bloqué un convoi d'uranium Areva dans la gare de Valenton (Val-de-Marne).

Dix d'entre eux ont été condamnés à une amende de 1.000 euros dont 500 assortis du sursis et deux, ayant déjà été condamnés pour des faits similaires, ont écopé de 1.000 euros d'amende.

Dans la nuit du 10 au 11 mars, ces 12 militants de l'ONG écologiste s'étaient enchaînés aux voies de chemin et de fer et aux wagons pour bloquer un convoi d'uranium appauvri en provenance de l'usine Areva de Pierrelatte (Drôme) et réclamer un "moratoire sur l'exportation de déchets nucléaires", notamment vers la Russie.

Des amendes allant de 750 à 1.500 euros avaient été requises lors du procès le 21 avril.

Aucun des douze prévenus jugés pour "entrave à la circulation d'un train", ni leur avocat, Me Alexandre Faro, n'étaient présents lundi.

Partie civile au procès, la SNCF a estimé que 83 de ses trains avaient été affectés par cette action et chiffré son préjudice à près de 83.000 euros.

La question des dommages et intérêts est renvoyée au 28 juin.

AREVA

Article Romandie News - (©AFP / 03 mai 2010 15h38)

 

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