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31/05/2012

LA MORT VUE DU CIEL

Extrait :

« Le rêve consistant à résoudre tous les problèmes par une extermination venue des airs existe avant même que la première bombe soit larguée d’un avion », rappelle Sven Lindqvist dans sa magistrale Histoire du bombardement6. L’utopie de tout bon général d’armée ? Aux boucheries façon Sedan ou Verdun, substituer une guerre zéro mort.... chez nous. Évidemment, il y a un hic : les « dégâts collatéraux ». Voilà pourquoi les premiers bombardements de masse sont dirigés contre des populations considérées comme inférieures. Évoquant le très oublié massacre aérien de Chechaouene (Maroc, 1925), Lindqvist écrit : « La vérité sur Chechaouene n’a pas besoin d’être occulté. Bombarder des indigènes est considéré comme une chose naturelle. Les Italiens l’ont fait en Libye, les Français au Maroc et en Syrie, les Britanniques dans tout le Moyen-Orient, en Inde et en Afrique de l’Est, et les Sud-Africains dans le Sud-Ouest africain. Y’aura-t-il jamais un ambassadeur pour s’en excuser ? De toutes ces villes et de tous ces villages bombardés, c’est Guernica qui est entrée dans l’histoire. Car Guernica se trouvait en Europe. Là où nous mourrons. » Logique implacable. Et très utile pour amadouer l’opinion publique. Le bombardé, civil ou militaire, n’est jamais comme nous : il appartient au camp d’en face. Ainsi en ira-t-il des bombardements massifs de cibles civiles en Allemagne ou au Japon, pays aux populations alors considérées comme fondamentalement « coupables ». Une logique également à l’œuvre dans les frappes américaine soi disant chirurgicales en Afghanistan ou au Pakistan. « Il est vrai que je larguais mes bombes d’une altitude de 9 000 mètres, tandis que les bombardiers à réaction d’aujourd’hui volent plus près du sol et sont munis d’ordinateurs hautement sophistiqués leur permettant d’atteindre leur cible avec une plus grande précision  », note Howard Zinn dans La Bombe. Avant de rappeler l’essentiel : « L’opération n’est pas moins impersonnelle, car même le soldat qui procède à des ’frappes chirurgicales’ ne voit aucun être humain. »

via Article11

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23/03/2011

L’idiotie sur le sentier de la guerre

Là où certains voient une « victoire » ou encore un « coup de maître » de la diplomatie française sous l’impulsion de l’ « omni-président » Sarkozy, je n’y voit personnellement que honte et exaspération.

Tout d’abord, il y a une étrange relation entre le sommet à Paris des « bons démocrates » du samedi 19 mars et les premiers tours des élections cantonales ayant lieu le 20, soit le lendemain. A posteriori, on peut affirmer que l’effet escompté n’a pas eu lieu, les voix n’ont en effet pas bénéficier à la machine de guerre (c’est maintenant officiel) UMP, mais bien pire : les vautours du FN planent aux second tours dans environ 400 cantons ! On aurait pu imaginer que les porte-parole du gouvernement appellent à un front républicain pour barrer la route au FN, mais c’était sans compter sur le clivage pseudo-idéologique (PS/UMP), ou plutôt sur la réactivation volontaire du clivage politique traditionnel (gauche/droite). Mais le pire n’est pas là : à force de s’exprimer comme le FN, l’UMP est vidé de sa substance et dé-légitimé lorsque les électeurs racistes (de l’UMP ou du FN) font fausse route à l’UMP et reviennent se faire materner dans le camp nauséabond de Marine Le Pen.

De plus, des écrans de fumées planent sur la France en même temps que le spectre du fascisme, depuis 2007. Cette déclaration de guerre de Sarkozy réveille de vieux démons et augmente l’exaspération de sa politique opportuniste. « Une bonne guerre, voilà ce qui leur faut à ces jeunes glandeurs sur-diplômés. Une propre qui fasse peur mais tu sais, de ces zéro mort là comme aux États-Unis... ». D’accord mais contre quoi au juste ? Ah oui , c’est plus contre le « terrorisme » maintenant puisque Kadhafi s’est repenti (sic) mais contre la terreur répressive qu’il impose à son peuple. Autrement dit, la France rompt avec sa tradition bien chauvine (ya qu’à demander à Michèle Alliot-Marie) des escadrons de la mort, testés et appliqués en Indochine, en Algérie, puis exportés en Amérique latine, aux États-Unis... etc. L’action de la France s’apparente donc comme étant pro-révolutionnaire, démocratique et finalement juste. Nul besoin de se justifier, encore moins de creuser ou de demander l’avis du peuple (« il s’en fout »), il faut agir ! Vous avez pas vu les infos ? BFM TV et Euronews en boucle clamant : « Vive la guerre et vive Sarkozy !! ». Sarkozy est un héros, allez les bleus, cocorico ! Affligeant. Les massacres perpétrés par Kadhafi sont-ils plus émouvants que ceux ayant lieu actuellement en Côte d’Ivoire ? L’intervention militaire n’est-elle pas intéressée ?

Rappelons quelques souvenirs enfouis : alors qu’en 2007, ce dernier « ne voyait pas pourquoi » recevoir Kadhafi pouvait choquer, que de cette rencontre il n’était question que d’enjeux économiques (pétrole, gaz, deux énergies dont la France ne dispose pas) et politiques (freiner les flux des migrants africains) qu’il semblerait qu’il ait financé l’UMP d’après un fils du colonel... etc. La construction de la figure du mal est bien ficelée, avec comme modèle médiatico-historique Saddam Hussein et Ben Laden. En France, cela correspond à la figure de l’arabe, « menaçant » depuis le début des années 80, sur une échelle beaucoup plus large, diffuse et pernicieuse car engendrant un racisme devenu quasi ordinaire. Dans le cas actuel, le terme « génocide » était abusivement employé par les médias de masse pour désigner la répression.

Cette guerre, qu’on se le dise, est de même nature que celles menées en Irak ou en Afghanistan par exemples, c’est-à-dire une guerre de conquête et de pillages. Que veulent Sarkozy au fond ? Consolider les réseaux françafricains ? Veut-il trouver le moyen de faire diminuer le chômage et de relancer la machine, comme au casino, même si c’est moins marrant ? Vient-il d’officialiser de manière fracassante sa candidature aux élections présidentielles de 2012, au moment où personne n’ose s’afficher UMP par honte, par peur ou les deux ?

Aussi, cette guerre est l’occasion de voir les ténors de l’oligarchie française au premier plan : les fabricants d’armes comme Dassault ou Lagardère fournissant les moyens à Kadhafi d’un jour ou l’autre s’en servir contre son peuple, fomentant du même coup un « auto-génocide », étant lui-même très isolé... Absurde ! Ou contre un autre peuple ! L’hypocrisie occidentale s’indignera ! Et l’attaquera au nom d’une politique agressive et rompant les accords internationaux ! Cela ne vous rappelle rien ? L’affaire étant tellement bien ficelée que Sarkozy s’appuie sur la crème de l’économie « made in France » : Dassault et Lagardère (ou d’autres peu importe) arment la Libye, celle-ci s’embrase, ils arment la France, et impose leur consensus va-t’en-guerre via leurs médias (à eux seuls, les deux hommes possèdent plus de 70 pour 100 de la presse française ! ) contre Kadhafi, après s’être fait des choux gras sur les révoltes tunisiennes, égyptiennes...etc. La figure du traître n’est plus d’ordre politique actuellement, le libéralisme a imposé l’ordre strictement économique, et à tout prix : Kadhafi un jour allié économique de l’Élysée se faisant bombardé par cette même alliance quatre ans après.

Ainsi, le consensus interventionniste établit, les peuples émus et troublés par les déclarations délirantes du colonel aux RAYBAN et contents que le plus américain des présidents français mène le bal, sortent frileusement de leurs apathies, et intrigués par les bouleversements arabes ils commencent à s’indigner. « Aux armes de destruction massive » s’est substitué le « génocide » et le tour est joué. Alain Juppé jubile ! Lui qui est probablement le mieux placé pour parler de financements de partis politiques et donc donner des leçons démocratiques ! (mais c’est une autre histoire, hum.) Car ce qui est à l’œuvre actuellement en Libye est tout sauf une guerre révolutionnaire : Sarkozy n’a pas troqué son béret de CRS contre un béret du Che ; ce qui motive cette intervention est la crainte d’une ré-appropriation des moyens de production du gaz et du pétrole par la population, doublé d’une peur paranoïaque de manipulation des forces islamistes. Ce qui apparaît clairement est donc : l’Union européenne n’existe pas, d’ailleurs Sarkozy n’a pas demandé l’accord populaire (ce qui est dérangeant quand on va exporter la démocratie), elle se découvre des pouvoirs d’intervention à l’américaine, hors de ses terres. La dernière intervention de ce type ( d’« humanisme militaire » ou d’ »impérialisme humanitaire » ) remonte à la guerre du Kosovo et l’Europe porte encore en son sein les traces de cette guerre atroce. Ce qui existe en Europe, ce sont des intérêts des multi-nationales avides de tirer profit de cette barbarie, et de s’approprier l’énergie nécessaire aux démocraties dévorantes. Il s’agit, ainsi, d’accroître le fossé existant entre les démocraties « civilisées » du nucléaire et les dictatures « barbares » car arabes...

Pourtant cette « consensusalisation » de la France et d’une petite minorité d’Etats européens (Espagne, Italie, Royaume-Unis et Allemagne) a été un véritable rouleau compresseur d’information, le trop-plein favorisant une amnésie collective énorme. Les guerres « préventives » d’Irak et d’Afghanistan ne sont toujours pas finies, et « la guerre comme politique étrangère des États-Unis » est en passe de devenir le futur modèle politique de l’Europe forteresse, dans les limites que lui poseront les États-Unis, sous l’impulsion d’un ou deux coqs comme Sarkozy ou encore BHL. Ce dernier ayant bénéficier d’une médiatisation d’exception dans le système propagandiste machiavellement réformé, pour plus de « transparence »...

L’Europe veut consolider son mur invisible en contrôlant les migrations de populations sub-sahariennes. Elle payait jusqu’alors le colonel pour « juguler » les migrants. Inutile de décrire les conditions dans lesquelles sont sous-traitées ces populations (puisque monnayées), la France, la Belgique, et d’autre États européens ne veulent déjà pas voir comment ils traitent eux-mêmes les « sans-papiers ». C’est une des limites de la démocratie exportable, mais elle est fondamentale dans un moment où les exilés climatiques vont affluer. C’est aussi une question dont on entend jamais parler BHL ou d’autres intellectuels de gouvernement, ou encore du mur de la haine en Palestine.

Quoi de plus naturel en politique, que lorsqu’un événement embarrasse, on veuille tourner la page médiatique coûte-que-coûte ? Quant aux révoltes arabes résonnent les casseroles Islandaises, les insurrections anglaises, françaises, italiennes, américaines, et j’en passe, passées sous silence, il requiert de la « responsabilité » d’un bon patriote d’écrire, très vite, une nouvelle histoire dépoussiérant les souvenirs de la précédente, pour qu’elle devienne « de l’histoire ancienne ». On redonne alors un coup de pouce aux amis milliardaires des médias. L’événement embarrassant dont je veux parler, ce n’est pas la bonne vielle peur de « contamination » communiste (« voyons, c’est la fin de l’histoire », haha les cons), non non, là c’est tout chaud ! C’est la contamination radioactive de Fukushima due au séisme de Tokyo. Il est clair qu’en ce moment où les politiques les plus « responsables » de la planète font l’autruche quant à la dévastation de la planète (qui leur appartiens, c’est bien connu, et pis comme dirais l’autre « l’écologie ça commence à bien faire » haha) en capitalisant sur le « développement durable », sans rien changer aux problèmes qui viennent, c’est une question de vie ou de mort de l’industrie nucléaire française (1ère productrice mondiale) et donc du pouvoir politique, de faire changer les « Unes ». Here comes Story-telling ! On remarque que les intérêts publiques et économiques ont tendance à se substituer : les gens importent moins dans l’action des « démocrates » que les actions dans les cours de bourses !

En conclusion, il est utile de rappeler que l’intervention militaire européenne est sous commandement américain, les États-Unis ne pouvant « se battre sur tous les fronts » ! Tiens, tiens, non seulement l’Europe prouve qu’elle n’est pas capable (ou n’a pas le courage) de se gouverner elle-même, mais en plus la tutelle américaine par son « excuse » légitimerait les autres guerres préventives ? C’est étrange et désespérant de voir comment l’ « exportation » de la démocratie, s’accompagnant toujours de massacres atroces de civils, de dévastations écologiques... etc, n’a pour seul moteur que la haine de la démocratie, c’est-à-dire du et du pouvoir et du droit du peuple Libyen à disposer de lui-même. Il semblerait que le libéralisme économique a ses raisons que la raison ignore ; et qu’il rendre fortement aveugle et sourd par la même occasion !

post de Jbb - piqué chez A.11

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04/03/2011

Défense Conseil International - Le rayonnement Français à l'International

L'organisation des systèmes de défense au profit des armées amies

DEFENSE CONSEIL INTERNATIONAL a pour mission le transfert des savoir-faire des armées françaises vers celles de pays amis, notamment en soutien des exportations de nos industriels français.
Empreinte d'une culture militaire unique DCI garantit une compréhension globale des besoins de ses clients étrangers et leur propose les solutions les mieux adaptées. Afin d'optimiser l'emploi de ses équipements acquis par les forces armées étrangères, DCI les accompagne sur le long terme dans ses trois domaines de compétence :
la formation ;
l'assistance ;
le conseil.

En conformité avec le "label Armées françaises"

L'originalité et la valeur ajoutée de DCI résident notamment dans l'emploi de spécialistes et d'experts militaires en position statutaire de détachement, garants du "label Armées françaises".
Activité… en quelques chiffres

Un rayonnement international

DCI réalise un chiffre d'affaires de 150 M€ grâce à l'action de plus de 800 collaborateurs qui accompagnent clients et partenaires dans plus de 30 pays :
En Europe : France, Bosnie, Portugal, Espagne, Grèce...
En Asie : Japon, Taïwan, Malaisie, Indonésie, Singapour, Inde, Pakistan.
En Afrique : Algérie, Tunisie, Maroc, Gabon...
En Amérique Centrale et du Sud : Brésil, Chili, Equateur, Mexique...
Au Moyen-Orient : Arabie Saoudite, EAU, Koweït, Qatar, Turquie...

http://www.f-sc.org/index.php?ID=1010570


Depuis 1972, le groupe Défense Conseil International (DCI) propose aux pays étrangers amis de la France une expertise militaire reconnue. Opérateur de référence et prestataire de services du ministère de la Défense, DCI a pour objet essentiel la transmission du savoir-faire des armées françaises.

DCI est une société privée dont l’Etat français est l’actionnaire de référence avec 49,9% du capital de DCI. Son chiffre d’affaires s’élevait en 2008 à 128 Millions d’euros. Il compte aujourd’hui près de 600 salariés, dont près de 250 à l’étranger et dispose d’antennes permanentes aux Emirats Arabes Unis, en Arabie Saoudite, au Koweït, au Qatar et en Malaisie.

Son cœur de métier historique consiste à accompagner les grands contrats d’exportation d’armement signés avec des pays étrangers et amis de la France en assurant la transmission du savoir-faire militaire français sur les équipements vendus.

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25/02/2011

Gianfranco Ragona – Le pacifisme anarchiste de Gustav Landauer - 2006

extrait :

Chacun, selon lui, porte en soi un savoir transmis par les générations précédentes et appartenant à l’espèce : « Les personnes ne réussissent pas à penser leurs idées, elles cachent en elles-mêmes des connaissances infinies et une secrète sagesse, mais elles ne réussissent pas à les mettre en œuvre. [18] » Dans ce savoir générique se retrouve le désir de paix, écrasé par la société capitaliste moderne et par l’État, puisque les travailleurs ne sont plus en état d’agir de manière autonome et d’affirmer leurs intérêts et leurs valeurs. De façon critique envers la politique, il situa la cause de cette situation dans la séparation entre travail manuel et travail intellectuel ; elle a pour conséquence que la majeure partie du peuple ne peut plus réfléchir à l’intérêt général :
« Les ouvriers pensent lentement ; chez leurs parents on pensait avec lenteur et l’école ne les a pas améliorés, elle ne les a pas entraînés. Leur pensée est restée emprisonnée et ils ont toujours jugé favorablement la possibilité d’attribuer à d’autres la tâche de penser à leur place. Ceci, seulement ceci, est la cause du malheur dont nous parlons : le système de la délégation ! »

 

à lire chez Espace contre Ciment

 

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26/11/2010

Le mythe de la kalashnikov de banlieue ...

La presse en fait ses choux gras ses derniers jours :

Le trafiquant d’armes vivait en plein cœur des Mureaux

Deux pistolets-mitrailleurs, neuf pistolets, des centaines de cartouches de kalachnikov, la PJ de Paris a réalisé un beau coup de filet aux Mureaux. En toute discrétion, un armurier des Balkans alimentait le milieu en armes.

Vends kalachnikov, peu servi, pour 500 euros

BANDITISME - Les armes lourdes, en provenance de l'ex-Yougoslavie, sèment la terreur en France...

 

Qu'en est-il réellement ?


Envoye Special - Traffic D'armes 1-2


Sept clés pour comprendre les trafics d'armes

Publié le jeudi 22 février 2007 à 07H56

L’ important arsenal d’armes découvert à la cité du Castellas, à Saint-Joseph, mardi matin s oulève une série de questions sur les réseaux, les méthodes des trafiquants, la nature du marché et ce qu’il peut rapporter

D’où viennent les armes ?
Une affaire jugée mardi à Marseille a montré que le trafiquant s’approvisionnait en armes démilitarisées au Perthus, à la frontière franco-espagnole. Il allait ensuite acheter des pièces détachées au Luxembourg, où elles sont en vente libre, et les remontait. Il revendait le tout.

Mais on compte aussi beaucoup d’armes en provenance des Balkans, de l’ex-Yougoslavie, notamment depuis la fin du conflit. La porosité des frontières est une dure réalité à laquelle la police se heurte désormais chaque jour. Il y a aussi des contrefaçons d’armes fabriquées en Chine. Chez les pistolets mitrailleurs, les plus prisés sont le MP5, la Kalachnikov, le Uzi, d’origine israélienne, et le 44 Magnum, qualifié de "top des armes" par un grand voyou dans un gros dossier récent de banditisme.

Combien ça coûte ?
Un pistolet Glock s’achète 500 € et se revend jusqu’à 3 000 € sur le marché clandestin. Une kalachnikov approvisionnée (livrée avec les munitions), achetée une poignée d’euros en Albanie, se négocie entre 1 000 et 3 000 € dans certaines cités marseillaises ou parisiennes. Un kilo de dynamite peut dépasser les 4 000 €.

Combien d’armes ont été saisies ?
En 2004, 267 armes à feu avaient été saisies à Marseille, notamment des armes de poing (pistolets automatiques 11.43, 9 mm, revolver calibre 38, carabines) et des armes de guerre. Difficile de connaître le nombre exact d’armes saisies ces deux dernières années, la préfecture de police n’ayant pas souhaité communiquer les chiffres. Au regard des importantes saisies de ces dernières semaines, l’augmentation semble indiscutable.

Qui les garde ?
Les trafiquants d’armes préfèrent entreposer leur matériel dans les caves ou dans les tours HLM parce qu’ils savent qu’il est "plus ou moins en sécurité" puisque la cité est surveillée par des guetteurs. Les stocks, comme cela est certainement le cas dans la saisie du Castellas, sont confiés à "une nourrice", payée généralement en drogue. Pour sa consommation personnelle ou pour étoffer son petit trafic local. Des caches plus "reculées" dans les terres vont être préférées lorsqu’il s’agit de stocks encore plus importants, comme ce fut le cas en janvier dernier dans des habitations de Salon-de-Provence, du Rove et de Pélissanne.

A quoi servent-elles ?
Elles seront ensuite utilisées dans les meurtres sur fond de grand banditisme ou pour effectuer des braquages. "Le pistolet Glock 9 mm est de plus en plus utilisé dans les règlements de comptes, dit le procureur Nicolas Bessone. Il a remplacé le 11.43." Une munition jugée "trop lourde" et qu’on trouverait de moins en moins sur le marché.

Pour les braquages et notamment les attaques de fourgons blindés, ce sont surtout le lance-roquette et la kalachnikov qui sont prisés par les malfaiteurs. "Le problème, c’est pas tellement les armes, note un fin connaisseur, ce sont surtout les munitions. Concernant "la nouvelle mode" du 9 mm, c’est surtout un effet de la loi de l’offre et de la demande. C’est ce qu’on trouve le plus, tout simplement. Celui qui veut s’armer achète ce qu’il trouve de disponible".

Enfin, l’achat puis la revente au prix fort de stocks d’armes constituent une rentrée d’argent non négligeable pour les trafiquants de stups, notamment de cannabis. Une des raisons de la présence de véritables arsenaux dans les cités. L’argent de la vente des armes, achetées principalement par le milieu du grand banditisme, est ensuite réinjecté dans l’achat de stups.

Comment les fait-on parler?
Il y a une certaine traçabilité des armes. " Un bon truand ne l’utilise qu’une fois, de peur de se faire remonter sur les hold-up ou les crimes précédents" , témoigne un magistrat. C’est le laboratoire de police scientifique, et plus précisément la section balistique, qui est chargé de faire "parler" les armes, comme on dit dans le jargon policier. L’arme fatale des experts : "la Cible". Un fichier constitué d’éléments de munitions liés aux affaires criminelles, base commune à tous les laboratoires de police et mis à jour chaque nuit, qui permet de faire des comparaisons avec les balles retrouvées sur les lieux d’un braquage sanglant ou d’un règlement de comptes.

Que risquent les trafiquants ?
Les peines encourues pour la détention ou le trafic d’armes ont été accrues. Désormais, tout détenteur encourt 3 ans de prison. Le port, le transport ou le dépôt d’armes est passible de 5 ans. Dès lors que les faits ont lieu en récidive ou sous la qualification d’association de malfaiteurs, la peine maximale est de 10 ans. L. Sariroglou et D. Trossero

piqué au tas sur www.laprovence.com




ROUBAIX Interpellé en pleine rue avec une Kalachnikov

En pleine nuit, les CRS ont interpellé un individu en état d'ivresse porteur d'une Kalachnikov. Placé en garde à vue, l'homme a reconnu avoir acheté l'arme de guerre en Espagne pour sa collection personnelle.



Une enquête est en cours.
C'est une étrange découverte qu'ont réalisée les CRS en poste à Roubaix. Dans la nuit de samedi à dimanche, une patrouille qui circule rue Desbonnet, dans le quartier du Pile à Roubaix, constate qu'un piéton est porteur d'une « arme longue » . Gyrophares, sirène deux tons. Ils tentent de procéder à l'interpellation du prévenu qui prend la fuite... avant de chuter au sol, en raison de son état d'ivresse avancée : près d'un gramme d'alcool dans le sang selon les analyses. Lors de sa fuite, le Roubaisien âgé de 20 ans a réussi à jeter son arme, qui a été retrouvée sous une voiture par les forces de l'ordre. Il s'agissait d'une arme de catégorie 1, de type Kalachnikov. Sans cartouche.
Interpellé et placé en cellule de dégrisement, le jeune homme a finalement été entendu ce week-end. Il a reconnu les faits, expliquant avoir acheté l'arme en Espagne pour sa « collection personnelle ». L'arme de guerre est partie pour analyse. Selon les premières hypothèses, il s'agirait d'une arme démilitarisée, sans percuteur et avec le canon obstrué. Elle pourrait être saisie par la justice.w


V.DE.

piqué au ats sur www.nordeclair.fr

 

Quatre interpellations pour trafic d'armes dans la région ajaccienne

Publié le jeudi 21 octobre 2010 à 01H09 -

Quatre hommes ont été interpellés mardi matin dans la région d'Ajaccio dans le cadre d'une affaire de trafic d'armes instruite par un juge de la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille.

L'opération a été menée dans la plus grande discrétion par les fonctionnaires de l'OCLCO (office central de lutte contre la criminalité organisée) de Paris et de la direction régionale de la police judiciaire d'Ajaccio.

Lors des diverses perquisitions qui ont été effectuées, les policiers ont découvert quatre armes de poing remilitarisées.

Et un certain nombre d'autres armes démilitarisées.

Il semblerait que les armes rendues inoffensives (destinées à l'origine à des collectionneurs) provenaient d'Espagne. Et que des canons arrivaient d'un autre pays ce qui permettait de refaire des pistolets opérationnels.

Cette affaire est, en fait, une suite d'une affaire plus ancienne. Celle d'une cache d'armes découverte à Ajaccio dans le quartier du Loretto au mois de février dernier. Puis d'une autre mise au jour dans le courant du mois de juillet avenue Noël-Franchini.

Dans ces affaires, trois personnes sont mises en examen : Jean-Marc Bonelli, Florent Leccia et Claude Chossat.

Il était difficile de savoir hier, si les personnes entendues sont de simples connaissances des hommes déjà incarcérés dans ces dossiers ou s'il s'agit d'un nouveau rebondissement de la lutte contre le trafic d'armes dans l'île.

En tout état de cause, les gardes à vue peuvent se prolonger jusqu'à vendredi. Ce sera ensuite au magistrat de décider si les hommes interpellés sont mis en examen ou hors de cause.

piqué au tas sur www.corsematin.com

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13/09/2010

La police s'humanise... elle change de munitions

Jugées "trop dangereuses", la police change de munitions

Les balles traversaient leurs cibles, au risque d’atteindre des passants. 48 millions de cartouches ont été commandées, pour près de six millions d’euros, cinq ans seulement après le dernier marché public.

23 novembre 2006, aux abords du Parc des Princes. Un supporteur du Hapoël Tel Aviv est pris à partie par des fans du PSG. Les insultes antisémites fusent, on craint un lynchage, jusqu’à ce qu’un policier intervienne et tire. Bilan : un blessé grave, atteint au poumon, et un autre, mortellement touché au cœur, par la même balle. Juillet 2008, Paris, XIe arrondissement. Deux policiers se blessent avec leurs propres armes en interpellant un homme qui brandit un couteau. Les balles ont ricoché. Ces deux épisodes dramatiques – parmi d’autres – ont poussé le ministère de l’Intérieur à changer les munitions qui accompagnent la nouvelle arme de la police nationale depuis 2003, le Sig Sauer. En cause, « des balles blindées très perforantes, trop », dit un fonctionnaire. L’énorme opération de remplacement (deux chargeurs de trente coups par fonctionnaire) commencé au printemps s’achève ces jours-ci. Dans une certaine urgence qu’ont déplorée les policiers.

Victimes collatérales

Le budget est conséquent. Attribué en mai 2009, le nouveau marché porte sur 5,8 millions d’euros. Il a été remporté par l’américain Alliant Techsystems [Alliant Techsystems (ATK)] et une filiale française du groupe Beretta (HUMBERT CTTS - distributeur exclusif des armes Beretta). Ils fabriqueront jusqu’à 48 millions de cartouches « Speer Gold Dot haute performance » pour l’ensemble des 250.000 policiers, gendarmes, douaniers et surveillants de prison. Des balles plus chères, mais « optimisées », pour, d’une part, « neutraliser » des personnes armées dans le cadre d’une fusillade et, d’autre part, éviter les victimes collatérales. Contrairement aux blindées, cette balle à pointe creuse, dite « expansive », se déforme en rencontrant un obstacle et sa vitesse est freinée.

Des balles pour la guerre

L’ancienne munition, commandée en 2005, aurait été choisie en dépit du bon sens. « Elle n’était pas du tout adaptée à l’usage police, commente un syndicaliste. Elle était destinée à un usage de guerre, pour blesser. Parce que, sur un champ de bataille, un blessé mobilise trois personnes. Dans la police, nous nous retrouvons dans des situations avec des mecs en face de nous qui prennent quatre à cinq balles et continuent de tirer. Aux Etats-Unis, ça fait trente ans qu’ils utilisent des balles expansives. C’est comme sur le plan routier. En France, on aménage un carrefour quand il a fait vingt morts. C’est un peu la même logique. »

Le marché du Sig Sauer, en remplacement du vieux revolver Manurhin, avait porté sur 260.000 pistolets et 90 millions d’euros, « la plus grosse commande d’armes de service d’après-guerre », s’était réjoui Sauer und Sohn, le fabricant allemand. Le marché des munitions, lancé en 2004, portait alors sur un minimum de 20 millions de cartouches, pour 2,2 millions d’euros. « Quand on change autant d’armes, on réfléchit tout de même un peu aux munitions qui vont avec », s’indigne un autre policier, basé dans le sud de la France. Des essais avaient pourtant eu lieu, avec des centaines de milliers de cartouches tirées. C’était pour tester les revolvers, pas les munitions. Pourtant, les gendarmes, qui ont reçu la même arme en dotation, ont fait un autre choix. Dès le début, ils avaient opté pour des balles avec une ogive plastique [la MEN QD-1 fabriquée chez RUAG Thun - Projectile de 5.9gr donnée à 420m/s ou 520 joules. Le projectile est en alliage cuivre. ], qui limite leur pouvoir de pénétration.


Le Flash-Ball, solution alternative ?

Un policier renvoyé en correctionnelle, un autre mis en examen et deux jeunes gens qui ont perdu partiellement ou totalement l’usage d’un œil. L’utilisation du Flash-Ball n’est pas sans risque, malgré les assurances faites lors de son introduction il y a maintenant plus de dix ans. Ces armes sont non létales et correspondent, selon le fabricant, à un coup de poing asséné par un boxeur professionnel. Elles ne tuent pas mais peuvent faire des dégâts, surtout si elles sont mal utilisées, comme à Montreuil (Seine-Saint-Denis), quand un manifestant de 34 ans en a reçu une en plein visage par un policier qui n’était pas en état de légitime défense. Idem à Toulouse en 2009, quand un étudiant en sociologie a été grièvement blessé à l’œil. Il s’agissait alors de la première génération de Flash-Ball. Depuis, le « LBD 40 », c’est-à-dire un lanceur de balles de défense de 40 mm, a été généralisé. Beaucoup plus précise, l’arme a passé la portée de tir de moins de 10 mètres à plus de 30 mètres. Alors qu’il était en phase de test, à Nantes en 2007, un lycéen de 17 ans a reçu un projectile en pleine tête. Et a perdu lui aussi la vue d’un œil. Le mois dernier, le policier qui tirait a été renvoyé en correctionnelle.


piqué au tas sur www.francesoir.fr - 13/09/2010

 

http://www.firearmstactical.com/images/Wound%20Profiles/9mm%20US%20M882.jpg

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26/08/2010

"La police municipale a fait son métier : elle s'est trouvée par hasard au milieu du champ de tir..."

alain Bauer chez Guillaume Durand - 24/05/2010

 

 

MISSION COMMUNE D'INFORMATION CHARGEE DE DRESSER LE BILAN DE LA DECENTRALISATION ET DE PROPOSER DES AMELIORATIONS DE NATURE A FACILITER L'EXERCICE DES COMPETENCES LOCALES


Audition de MM. Alain Bauer et Xavier Raufer, auteurs de l'ouvrage " Violences et insécurités urbaines "

Extrait:

Interrogé sur les polices municipales, M. Alain Bauer a noté la parution très récente des décrets d'application relatifs à la convention avec l'Etat et à l'armement. Il a approuvé la démarche législative tendant à reconnaître les polices municipales, à fixer un cadre et à affirmer le principe de complémentarité avec les forces de l'Etat. Il a appelé l'attention sur la définition des rôles respectifs de la police nationale et des polices municipales, lors de la signature de la convention. Il a ajouté que l'armement des polices municipales ne soulevait pas de problèmes sur le terrain mais qu'il n'était pas toujours indispensable.

www.senat.fr - 28/03/2000 - Présidence de M. Jean-Paul Delevoye, président.

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21/07/2010

Massacre à la Kalachnikov, le "nouveau" scénario du spécialiste (anonyme) de la lutte antiterroriste


Attentats terroristes: la terreur par l'arme à feu

PARIS — Il est [à priori] plus facile d'utiliser une Kalachnikov que de fabriquer une bombe: pour de nombreux experts, le risque d'attaques terroristes par des play_terrorism.jpghommes [sexisme ordinaire] armés, tirant dans une foule sans défense, n'a jamais été aussi grand.

Pour confectionner un engin explosif, il faut en réunir les ingrédients, qui sont sous haute surveillance en Europe, en Amérique du Nord et dans tous les pays-cibles, et disposer d'un certain bagage technique [contrairement à l'amalgame entretenu dans certains articles de presse].

Le fiasco de Faisal Shahzad, qui a échoué à faire sauter une bombe maladroitement assemblée dans sa voiture à Times Square (New York) en mai a démontré que ce n'était pas à la portée du premier jihadiste venu [Os Cangaceiros, malgré ce que certains en disent, est plutôt un manuel de  désassemblage d'artifices et d'ultra-arnaques de ces 30 dernières années].

Mais pour commettre un massacre à l'arme automatique, il suffit d'en trouver [et surtout la munition qui va avec], ce qui ne pose aucun problème, de choisir des lieux fréquentés et d'appuyer sur la détente.

Le carnage de Fort Hood (Texas), au cours duquel le commandant Nidal Hassan a tué treize soldats américains, a été, au cours des derniers mois, présenté sur des forums jihadistes comme l'exemple à suivre.

Le 23 mai l'imam radical [tu noteras la glissade de la sémantique démocrate chrétienne, on passe du jihadiste à l'imam radical] américano-yéménite Anwar al-Aulaqi appelait dans une vidéo "tous les musulmans qui servent dans l'armée américaine à suivre l'exemple héroïque de Nidal Hassan, qui a tué des soldats en route pour l'Afghanistan et l'Irak".

Alors qu'il était, à son insu, enregistré par un policier infiltré du New York Police Department (NYPD), Mohamed Mahmoud Alessa, un Américain d'origine palestinienne arrêté le 5 juin alors qu'il tentait de quitter les Etats-Unis pour la Somalie disait: "Ils n'ont peur de toi que quand tu as une arme et que tu commences à les tuer".

Pour le professeur Louis Klaveras [Alain B. et Xavier R. n'étant pas disponible], du Center for Global Affairs de la New York University, "les gens aux Etats-Unis et en Europe devraient s'inquiéter: cela pourrait bien être le prochain modèle d'attaque terroriste".

bullet_penetration.jpgLes jihadistes "ont compris qu'ils doivent employer des moyens plus simples, plus disponibles, à condition qu'ils soient mortels", dit-il. "Une arme à feu l'est: vous pouvez tuer une douzaine de personnes en une minute. Les armes sont faciles à trouver et peu chères: aux Etats-Unis, vous trouvez quelque chose de très puissant pour 300 à 400 dollars !" [Fini la vieille propagande genre M. Powell secouant sont échantillon d'urine sous les yeux des caméras]

Dans un rapport publié fin mai, l'agence privée d'investigation et d'analyse Stratfor écrivait: "Il y a une très forte probabilité que des jihadistes liés à ou inspirés par Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), le TTP pakistanais ou même les shebab somaliens tentent d'organiser des attaques simples, avec des armes à feu, dans un futur proche".[note que l'agence privée ne donne pas d'indication de lieu]

Le cauchemar de Bombay, où un commando d'islamistes pakistanais a fait 166 morts en novembre 2008 en jetant des grenades et tirant au pistolet-mitrailleur, a démontré la vulnérabilité des grandes villes à des offensives de ce genre.

Un scénario similaire en Europe ou aux Etats-Unis, par exemple dans des centres commerciaux à des moments d'affluence, empêche de dormir les spécialistes de la lutte antiterroriste [et c'est oublier les pétages de plomb de consanguins pur-souche en Europe, comme au McDonald de Porvoo en Finlande ou de l'adolescent meurtrier du collège de Winnenden en Allemagne].

A Paris, l'un d'eux, qui demande à ne pas être identifié [monsieur veut continuer à pouvoir acheter son pain], rappelle "que juste après Bombay, un exercice de coordination des secours et de la riposte a eu lieu au Ministère de l'Intérieur. Un scénario avec des tireurs dans Paris, à la Défense (banlieue parisienne), et à Lyon" (centre-est).

Mais "les terroristes n'ont - heureusement pour nous [blanc démocrate chrétien] - pas beaucoup d'imagination: ils sont souvent prisonniers de répertoires d'actions assez traditionnels. Ils reproduisent les mêmes schémas, presque toujours à base d'attentats et de bombes, de préférence dans les transports [l'auteur aurait pu préciser que c'est les transports en commun  (le ferroutage, niveau impact médiatique, c'est moyen, à moins qu'il ne s'agisse de train Castor)]".

De plus, selon lui, "nous n'avons pas pour l'instant détecté une perméabilité [et pourtant] entre les réseaux jihadistes et les réseaux mafieux qui trafiquent les armes de guerre. Pour l'instant, en France comme en Europe, ces armes de gros calibre servent à attaquer les fourgons blindés" [Alors Ne devient pas fou qui veut ? - Lacan].

piqué sur www.google.com - Michel MOUTOT (AFP) – 20/07/2010

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09:04 | Lien permanent | Commentaires (0) |

09/07/2010

Autoréductions à Oakland en marge du procès du policier qui avait tiré sur Oscar Grant

article précédent :

Johannes Mehserle, le policier qui a tué Oscar Grant, plaide "Non coupable"

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Fearing Grant may have a weapon, Mehserle said he decided to shock Grant with his Taser but pulled his .40-caliber handgun instead.

 

Grant was shot as he lay face-down.

 

 

Des émeutes ont éclaté dans la nuit de jeudi à vendredi à Oakland, en Californie, en marge du procès à Los Angeles d'un agent de sécurité ferroviaire blanc accusé d'avoir tué un jeune noir non-armé en janvier 2009.

Des magasins ont été endommagés et plusieurs dizaines de personnes arrêtées à la suite de la décision du jury de retenir la charge d'homicide involontaire plutôt que volontaire pour Johannes Mehserle. Cet ancien agent de sécurité ferroviaire est jugé pour avoir tué d'une balle dans le dos Oscar Grant, un Noir de 22 ans, alors que celui-ci tentait de résister [il tentait de résister allongé par-terre sur le ventre...] à une arrestation sur un quai de gare à Oakland le 1er janvier 2009.

Le jury a estimé que Johannes Mehserle n'avait pas l'intention de tuer Oscar Grant et a donc retenu l'homicide involontaire, une charge passible de deux à quatre ans de prison. La prochaine audience du procès a été fixée au 6 août.

L'annonce de ce choix a déclenché des émeutes à Oakland, alors même que le procès avait été délocalisé à Los Angeles pour éviter une répétition des violences qui avaient déjà suivi à Oakland le meurtre d'Oscar Grant. Le contexte racial de l'affaire en fait l'une des plus sensibles en Californie depuis l'acquittement en 1992 de quatre policiers pour le [chahutage] passage à tabac de Rodney King.

Le gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger a diffusé un communiqué dans lequel il appelle les Californiens à rester calmes et indique au maire d'Oakland Ron Dellums que l'Etat est prêt à assurer le maintien de l'ordre dans sa ville. AP

piqué sur The Canadian Press - 09/07/2010

 

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LOS ANGELES — Un policier qui avait abattu un jeune Noir non armé en 2009 dans une station de métro de la banlieue de San Francisco a été condamné jeudi pour homicide involontaire par la justice californienne.

Johannes Mehserle, 28 ans, un officier de police de l'Agence des transports de la baie de San Francisco (BART), avait tué par balles le jeune Oscar Grant, alors âgé de 22 ans, le 1er janvier 2009 dans une station de métro de la ville d'Oakland, dans la banlieue est de San Francisco.

La sentence sera prononcée le 6 août. L'homicide involontaire vaut généralement à son auteur une peine de deux à quatre ans de prison, mais la sentence pourrait être plus lourde car le jury a reconnu l'existence de circonstances aggravantes dans cette affaire.

Le policier, appelé pour une bagarre, s'était défendu en assurant qu'il avait voulu utiliser son pistolet à impulsions électriques Taser pour immobiliser le jeune homme, mais qu'il avait par mégarde utilisé son arme de service, provoquant le drame.

La scène avait été filmée et sa diffusion avait provoqué une vague d'indignation à travers les Etats-Unis.

Le verdict a été rendu jeudi après-midi par un jury de la Cour supérieure de Los Angeles, où le procès avait été délocalisé en raison des tensions raciales qui l'entouraient: le policier est blanc et sa victime était noire.

La mort d'Oscar Grant, en 2009, avait été suivie de manifestations, dont l'une avait dégénéré dans le centre d'Oakland, quelque 200 personnes s'en prenant au mobilier urbain, incendiant des poubelles et endommageant des voitures, dont une de la police.

Des policiers avaient réagi en lançant des grenades lacrymogènes et une centaine de personnes avaient été interpellées.

En 1992, des émeutes sanglantes avaient éclaté à Los Angeles, après qu'un jury eut relaxé quatre policiers qui avaient roué de coups un chauffeur de taxi noir. La scène avait également été filmée et abondamment diffusée.

Johannes Mehserle n'a montré aucune réaction à la lecture du verdict, qui a été accueilli dans un grand silence, notamment de la famille de la victime, présente à l'audience.

Le jury, composé de huit femmes et quatre hommes, ne comptait aucun Noir.

Pendant les audiences, qui ont duré trois semaines, le procureur David R. Stein, avait accusé le policier d'avoir "perdu tout contrôle" et d'avoir tué le jeune homme intentionnellement.

"Il a laissé ses émotions dicter ses actions (...) provoquant la mort d'un innocent", avait-il déploré, avant de réclamer une condamnation pour meurtre sans préméditation, plus lourde que l'homicide involontaire.

L'avocat de la défense, Michael L. Rains, avait assuré pour sa part que "rien dans le dossier ne pouvait suggérer l'intention de tuer. Rien".

L'oncle de la victime, Bobby Johnson, a déclaré après le verdict que sa famille avait reçu "une gifle au visage de la part d'un système qui refuse de rendre la vraie justice".

L'avocat de la famille Grant, John Burris, s'est déclaré pour sa part "extraordinairement déçu". Il a cependant appelé la population d'Oakland au calme, à l'instar du gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger, qui a demandé à ses concitoyens de "ne pas recourir à la violence".

"J'ai parlé au maire d'Oakland Ron Dellums et lui ai dit que nous sommes bien préparés à l'aider à maintenir l'ordre", ajoute-t-il dans un communiqué.

Une foule a commencé à se rassembler à Oakland après l'annonce de la condamnation, selon des images diffusées par la télévision et des informations publiées sur le site internet de la municipalité. Cette dernière a indiqué que certaines rues dans le centre-ville d'Oakland ont été fermées.

Aucun incident n'a toutefois été signalé dans les heures qui ont suivi le verdict.

piqué sur AFP - 09/07/2010

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15/06/2010

Eurosatory : les marchands de canons vont la jouer comme Beckham...

Les industriels de l'armement terrestre redoutent les plans de rigueur européens

 

L'ambiance est morose au Salon de l'armement terrestre Eurosatory, qui a ouvert ses portes, lundi 14 juin, et jusqu'au dimanche 18, à Villepinte, près de Paris : la contraction des budgets de défense en Europe, dans le cadre des plans de rigueur, est en toile de fond de la plus importante manifestation mondiale consacrée, tous les deux ans, à l'armement (terrestre, aéroterrestre, sécurité).

Des mesures drastiques sont en cours, de l'Espagne au Royaume-Uni en passant par l'Allemagne. En France, le gouvernement cherche 5 milliards d'euros d'économie sur trois ans et les industriels redoutent que les coupes importantes affectent les achats d'équipements plutôt que le budget de fonctionnement des armées.

"Il ne faut pas recommencer les erreurs des années 1990, prévient Hervé Guillou, président d'EADS défense & sécurité. A l'époque, on a sacrifié les budgets de recherche et développement pour maintenir les capacités de production. On s'est réveillé au début des années 2000 en se rendant compte que nous n'avions rien fait en matière de drones", souligne-t-il. Pendant ce temps, Américains et Israéliens confortaient leur avance. Il ne faut pas non plus que les réductions "entament le socle, c'est-à-dire le niveau d'activité en dessous duquel une entreprise perd de manière irréversible ses compétences industrielles et techniques", prévient Antoine Bouvier, PDG du fabricant de missiles MBDA.

Le troisième danger concerne l'avenir de la coopération européenne. Poussé par un repli nationaliste, un pays risque de supprimer un programme dans lequel il est peu impliqué sans regarder les conséquences sur le long terme. "La situation est paradoxale, affirme M. Bouvier. La tentation est grande, en cas de crise, de trancher dans les programmes de coopération. Or c'est l'inverse qu'il faut faire. Car plus les temps sont difficiles, plus ces programmes sont nécessaires. Ils permettent de partager les risques et d'avoir des séries plus longues à produire à des coûts unitaires plus bas."

La priorité est "d'éviter les effets domino qui remettraient en question des programmes internationaux de défense", prévient Louis Gallois. Le président exécutif d'EADS se dit "prêt au dialogue" avec les gouvernements européens afin de se coordonner pour "limiter les dégâts".

Si le ciel européen s'assombrit, les marchés à l'exportation restent porteurs. "Nous observons une croissance à l'exportation de 10 % à 20 % hors de la zone euro, dans des pays comme l'Arabie saoudite, le Qatar et le Brésil", constate M. Guillou (EADS).

Cette activité est principalement soutenue par la vente de matériels de sécurité ou d'équipements destinés à la surveillance des frontières. M. Bouvier s'inquiète de "l'écart qui se creuse entre l'Europe et le reste du monde".

Illustration des indécisions liées à cette période d'ajustement budgétaire : le report de l'annonce de l'attribution de la première phase du contrat Scorpion (modernisation des équipements de l'armée de terre), qui était attendue à l'ouverture d'Eurosatory. Les vainqueurs de la compétition sont pourtant connus : Thales, Nexter (ex-GIAT) et Sagem, qui ont été préférés à EADS pour bâtir l'architecture de ce programme.

Si le montant du premier contrat est peu élevé (autour de 20 millions d'euros sur trois ans), il devrait être suivi par des appels d'offres portant sur l'achat de blindés et l'installation de systèmes électroniques et de télécommunications d'un montant de 10 milliards d'euros sur quinze ans. Vu l'ampleur des investissements, Scorpion risque de connaître des décalages de calendrier.

Le ministère de la défense devrait profiter de cette période pour inciter les industriels à se regrouper en France mais aussi à nouer des alliances en Europe. Premier dossier à rouvrir : le rapprochement Thales-Safran dans l'optronique, pour constituer le numéro deux mondial. Les discussions ont échoué voici un mois malgré les pressions du ministre de la défense, Hervé Morin. En guise de sanction, le ministère a décidé de proroger le gel des financements des projets de recherche et de technologie destinés aux deux groupes.

Dominique Gallois

Piqué au tas sur Le Monde - 15-06-2010

 


Eurosatory, la grande braderie

L’armement terrestre et aéroterrestre ne connaît pas la crise. Ou pas trop – pour le moment – si l’on en juge par le nombre record d’exposants (1300) au salon Eurosatory, qui se tient à Paris-Villepinte du 14 au 18 juin. Le nouvel hélicoptère de combat EC645 d’Eurocopter doit y être dévoilé, de même que des nouveaux drones tactiques… Thalès, appuyé par Nexter et Safran, doit être désigné (de préférence à EADS) comme architecte de « Scorpion », le vaste plan de modernisation de l’armée de terre française (qui consommerait 20 milliards d’Euros sur vingt ans)… La présence israélienne à ce salon (58 exposants) est toujours aussi fournie, même si le déplacement à Paris du ministre de la Défense Ehud Barak a été annulé au dernier moment.

Dans le classement des exposants, la France – pays-hôte – figure naturellement en tête (400), devant les Américains (123), les Allemands (118), les Britanniques (88) et donc les Israéliens (58). Au total, plus de cinquante pays sont représentés, y compris la Chine qui dispose d’un pavillon national, tout comme le Brésil et l’Afrique du Sud, ainsi que des pays d’Europe de l’Est, traditionnellement très actifs dans l’armement terrestre (Russie, Ukraine, Bulgarie, Roumanie).

Mais sont présents également des Australiens, des Bosniaques, un groupe saoudien qui produit des blindés, une demi-douzaine d’exposants des Emirats arabes unis – le plus grand importateur d’armes (et d’avions civils) sur ces cinq dernières années… Une cinquantaine de milliers de professionnels sont attendus à Villepinte, transformé l’espace de quelques jours en un vaste centre d’affaires pour la discussion et parfois la signature de contrats d’armement.

En dépit de la crise, les dépenses militaires mondiales – toutes spécialités – ont atteint un nouveau record pour 2009, selon le rapport de l’Institut de recherche pour la Paix de Stockholm (SIPRI) publié le 2 juin dernier : 1531 milliards de dollars ont été consacrés au secteur militaire (+ 6 % par rapport à 2008, et + 49 % par rapport à l’année 2000), avec comme champions les Etats-Unis (661 milliards), la Chine populaire (une centaine de milliards), la France (63,9), etc. Les dépenses militaires ont été en hausse en 2009 dans les deux tiers des pays recensés par le SIPRI, la zone Asie-Océanie ayant été la plus active (+ 8,9 %).

Stocks dangereux Retour à la table des matières

Déjà, en mars 2010, l’institut suédois s’était ému de la constitution de stocks d’armes – avions, navires, missiles, etc – jugés « dangereux », notamment dans certaines zones de l’ex-tiers-monde. Il a calculé que le total des transactions sur l’armement a atteint 116 milliards de dollars de 2005 à 2009 (contre 96 milliards sur les cinq ans précédents), donc une augmentation de 22 %. Avec toujours les mêmes grands vendeurs : Etats-Unis (35 milliards, + 17 %), Allemagne (12 milliards, + 100 %), France (9,2 milliards, + 30 %), à l’exception d’un recul sévère du Royaume-Uni (5milliards, - 11 %).

Et du côté des acheteurs, des surenchères régionales ruineuses : la Grèce, sous prétexte de tenir tête à la Turquie, s’équipe au rythme d’un milliard de dollars par an ; la Malaisie a multiplié par huit ses achats, et Singapour est devenu le septième importateur du monde, derrière la Chine, l’Inde, la Corée du Sud, les Emirats arabes unis, la Grèce et Israël. L’Algérie s’est hissée à la 9ème place mondiale, après avoir consacré 3,4 milliards à des achats d’équipements militaires. Sur des volumes plus modestes, le Qatar, la Syrie, Oman enregistrent des progressions plus fortes.

La France, qui a signé 7,95 milliards d’euros de commandes en 2009 pour des équipements de défense à l’export – grâce notamment au contrat sur la vente de sous-marins de type « Scorpene » au Brésil –, espère atteindre les 10 à 12 milliards de commandes en 2010, à condition qu’un au moins des contrats envisagés sur la vente de chasseurs Rafale aboutisse, de même que le projet de vente des Bâtiments de projection et de commandement (BPC) à la Russie. « Nous renouons avec les chiffres des années 2000 malgré la crise », s’était félicité en février dernier Laurent Collet-Billon, le délégué général de l’armement, qui espérait pouvoir devenir le troisième exportateur mondial du genre, derrière les USA, le Royaume-Uni, mais devant la Russie, la Chine ou Israël.

La « war room » de l’Elysée Retour à la table des matières

Mais, en dépit de la mise en place d’une soit-disant « war room » à l’Elysée, pour booster les grands contrats d’armement ou assimilés (comme le nucléaire), et éviter les déconvenues (comme le choix des Marocains en 2007 en faveur du chasseur F16 américain au détriment du Rafale), on a assisté à une suite d’échecs ou de reports retentissants : les réacteurs EPR rejetés par la Corée du Sud ; les atermoiements de la Libye, de la Grèce, de l’Inde et du Brésil à propos du Rafale ; les complexités politiques de l’éventuel accord qui serait passé avec la Russie sur la vente des BPC… tout cela malgré des déclarations arrogantes, des signatures enthousiastes, etc.

Dans l’armement terrestre – la spécialité d’Eurosatory – les Français sont cependant optimistes, après plusieurs années de vaches maigres : croissance de 20 % du chiffre d’affaires en 2009 (5,26 milliards d’euros) par rapport à 2008 ; 2 milliards à l’export ; une forte progression dans les hélicoptères et les véhicules blindés. Le groupement des industries de défense terrestre (GICAT) – qui organise Eurosatory – s’inquiète cependant des conditions d’exécution de la Loi de programmation militaire (LPM) « dans un contexte de restriction budgétaire ».

Il a sans doute raison de s’inquiéter. Ce lundi, dans son discours inaugural du salon Eurosatory, le ministre français de la défense, Hervé Morin, a déclaré : « Nous devons encourager les industriels à nouer des partenariats, des regroupements, des coentreprises et il nous faut réfléchir aux complémentarités européennes, la contraction considérable des budgets nous impose d’être déterminés et d’avancer dans ce sens.

Nous devons, pour chaque pays européen, définir quelles sont les compétences et les technologies que nous voulons conserver au niveau national, celles sur lesquelles nous sommes prêts à nous mettre en commun, et enfin celles sur lesquelles nous sommes prêts à nous mettre en situation d’interdépendance. »

Nouvel Angolagate ? Retour à la table des matières

L’ONG Oxfam considère que, pour atteindre ses taux de croissance actuels, « la France brade ses engagements européens sur le contrôle du commerce des armes », continuant d’exporter en direction de pays comme le Tchad, la Colombie ou Israël, notoirement impliqués dans de graves violations des droits humains ou dans des crimes de guerre.

Car, si les ventes augmentent, le contrôle effectif, lui, ne progresse pas. Oxfam estime que, « sans régulation, le commerce des armes n’est rien d’autre qu’un business de la mort ». Le régime d’attribution des autorisations d’exporter du matériel de guerre a été plutôt allégé ces dernières années. L’association considère qu’en l’absence d’une loi sur le contrôle des intermédiaires, passée au Sénat en 2007 mais jamais présentée à l’Assemblée nationale, un « nouvel Angolagate est toujours possible » en France.

Piqué au tas chez le blog du Diplo - Philippe Leymarie - 14/06/2010

 

 



Eurosatory : deux semaines avant les soldes, la France brade ses engagements européens sur le contrôle du commerce des armes

Alors que s’ouvre à Paris lundi 14 juin, sous l’égide du Ministère de la Défense, le salon Eurosatory, Oxfam France rappelle que sans régulation, le commerce des armes n’est rien d’autre qu’un business de la mort : 2 000 personnes meurent chaque jour en raison de la violence armée, soit plus d’un mort par minute.

En 2009, la France a maintenu son rang de 4e exportateur d’armes au monde avec des prises de commande s’élevant à près de 8 milliards d’euros, soit un chiffre supérieur de 21% à celui de 2008. Un chiffre plus élevé serait attendu en 2010.

Mais Oxfam France relève qu’au regard des informations disponibles, notamment dans le rapport annuel du Ministère de la Défense au Parlement sur les exportations d’armement de la France, ni les citoyens ni les parlementaires ne sont en mesure de vérifier la compatibilité de telles exportations avec les engagements internationaux de la France [1].

"Les ventes d’armes françaises sont en augmentation constante mais, contrairement à ce qu’affirme Hervé Morin [2], le contrôle effectif lui ne progresse pas. Le rapport annuel au Parlement demeure opaque, et systématiquement publié avec des mois de retard, sans aucun débat parlementaire sur le sujet. Surtout, la loi française demeure insuffisante et deçà de nos engagements internationaux", souligne Nicolas Vercken d’Oxfam France.

Chaque année, la France continue d’exporter des armes vers des pays en conflits ou suspectés d’être responsables de graves violations des droits de l’Homme ou de crimes de guerres, comme la Colombie, Israël ou le Tchad [3].

"Avant de promouvoir son arsenal militaire et doper ses ventes d’armes en organisant cette grande foire, ’premier salon mondial de la défense terrestre, aéroterrestre et de la sécurité’ qui se définit comme ’un accélérateur de business’ selon ses propres termes, la France devrait d’abord assumer sa responsabilité juridique, morale et politique de promouvoir un contrôle du commerce des armes qui soit davantage soucieux des droits humains, du Droit international humanitaire et du développement économique et social. C’est totalement irresponsable de promouvoir aussi activement nos exportations sans dans le même temps renforcer nos mécanismes de contrôle !", ajoute Nicolas Vercken.

A ce titre, l’association souligne qu’en France, contrairement à 21 Etats-membres de l’Union européenne, les dispositions législatives qui permettraient de prévenir un nouvel Angolagate n’ont toujours pas été prises. "Un projet de loi sur le contrôle des intermédiaires est dans les cartons de l’Assemblée nationale depuis huit ans. Tant qu’une loi de ce type ne sera pas adoptée en s’assurant qu’elle intègre les activités des Français résidant à l’étranger, un nouvel Angolagate sera toujours possible."

Oxfam France rappelle également que la France est tenue de faire respecter les embargos décidés par les Nations unies ou l’Union européenne mais n’a toujours pas transposé cette obligation en droit interne : un projet de loi relatif à la violation des embargos et autres mesures restrictives [4] a été adopté au Sénat à la fin 2007 mais attend toujours de passer devant l’Assemblée nationale.

Le salon Eurosatory se tient tous les deux ans. L’édition 2010, organisée du 14 au 18 juin, rassemble plus de 1 300 exposants et attend plus de 50 000 visiteurs.

Oxfam France a publié un rapport en 2009 intitulé "Armes et guerres : des choses pas assez sérieuses pour les parlementaires ?" dans lequel sont détaillées toute une série de recommandations en faveur de l’amélioration du contrôle français des exportations.

Contact médias

Notes

[1] Tous les critères de la Position commune sur les exportations d’armement de l’UE devenue juridiquement contraignante depuis décembre 2008.

[2] Dans le dernier rapport annuel au Parlement, Hervé Morin déclarait : "la dynamisation de notre dispositif de soutien s’accompagne d’une amélioration de notre dispositif de contrôle. Soucieux de la stabilité internationale, attentif à la sécurité de nos forces et à celles de nos alliés, notre pays veille scrupuleusement au respect de ses engagements".

[3] Dans les cas d’Israël et du Tchad, les livraisons d’armes françaises ont même cru respectivement de + 97% et + 57%2 en 2008, dernière année en date pour laquelle des chiffres ont été publiés à ce jour.

[4] Projet de loi relatif au régime d’autorisation des opérations d’intermédiation et d’achat pour revente portant sur des matériels de guerre ou assimilés (décret n° 2002-23 du 3 janvier 2002).

Piqué sans demander chez Oxfam France - 11/06/2010

 

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