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13/01/2013

Somalie : Opération Corned-Beef à Bulomarer…par ce qu'il n'y a ici que des actes de gouvernement.

somalie,bulomarer,otage,BPC,Mistral,opération,france

...elle est seulement la furie de la destruction.

 

Le journal La Croix n'y va pas avec le dos de la cuillière et titre  :

somalie,otage,bulomarer,denis allex

Fichtre,

Alors que nos braves soldats s'en vont, par la fuite en avant dans l'expansion coloniale au-delà des frontières, arracher un gentil otage des griffes crochues des vilains barbus islamo-gauchistes dit "terroristes", La Croix, plutôt que de rentrer dans les rangs et faire corps avec la realpolitique appliqué par la France dans une future jeune démocratie Africaine, joue le jeu des "terroristes" en pointant du doigt "l'opération ratée"...

D'autres journaux ont préférés faire profil bas quand à l'issue, fatale, de cette opération :

somalie,COS,BPC,otage

"Essuyer des pertes", c'est comme passer un coup de torchon, actionner des essuie-glace, on fera mieux la prochaine fois, l'important c'est de participer... 

 

Alors pourquoi lancer une invincible armada là-bas, à Bulomarer en Somalie en janvier 2013 ?

Mais si, souviens toi, le 14 juillet 2009, en pleine fête nationale, des barbus bien renseignés ont enlevés deux "journalistes" :

enlèvement, journalistes,somalie 14 juillet 2009,

A l'époque ça avait fait un peu de bruit dans le milieu de la presse car la couverture de "journalistes" empruntée par nos barbouzes qui venaient s'installer à l'hôtel Sahafi mettait du coup les vrais journalistes d'investigation dans une facheuse posture en risquant de les faire passer pour des indics emmbeded et tout le toutim...

Un an auparavant, en août 2008, deux autres journalistes avait déjà été enlevé à Mogadiscio : Nigel Brennan et Amanda Lindhout (ils ont été libérés en novembre 2009). Petit détail, les pourparler ont eût lieu à l'hôtel Sahafi, là où allait se faire enlever nos deux pieds-nickelés un an après :

hôtel Sahafi,mogadiscio,somalie,enlèvement,otage,

Voilou pour le contexte et le rappel de barême...

Donc vendredi 11 janvier 2013, l'opération visant à exfiltrer l'otage à Bulomarer nous est présentée en des termes mirifiques par Le Point, porte parole des opérations occultes et spéciales des "services" et qui ne manque pas, à travers son article, de présenter le fleuron du savoir faire français, la vitrine des chantier navals STX de Saint-Nazaire : le BPC Mistral.

Si tu cherches l'article en ligne, tu noteras, lecteur, que le pompeux plumitif ne parle pas des autres otages, de possible dégats collatéraux sur des civils... il y flanquera juste une citation de Corneille "l'obscure clarté qui tombe des étoiles" pour tenter d'alléger sa grosse promotion de l'opération foirée :

BPC Mistral,somalie,otage,bulomarer,COS

Tu auras donc vite compris que ces opérations, techniques politiques du capitalisme, sont avant tout une mise en avant "in situ" de notre industrie d'armement et de nos capacités de projection d'hommes et matériels (terre-air-mer), le bâtiment Mistral ayant succité l'intêret "outre-Atlantique" :

BPC Mistral,somalie,hélicoptère,projection

Même la Russie est intéressée par le Mistral :

BPC Mistral,russie,saint nazaire,armement,marine

Mais, dans la sagesse qu'on lui connait, le gouvernement Russe préfére "repousser la contruction de 2013 à 2016" afin de déterminer la place de ces derniers dans la flotte russe (et oui):

BPC Mistral,russie

Bref, sur fond de tractations d'armement entre grandes puissances, de marchés à prendre pour les chantiers navals STX de Saint-Nazaire, de jeux de barbouzes entre pays de la coalition, qu'est ce que peut bien peser le poids de la vie humaine ? 

bpc mistral,armement,somalie,otage,opération

Cynisme assumé ou bravade de potache, les sponsors officiels de la Marine ont offert un petit sac au personnels à ponpon du Mistral pour les fêtes de fin d'année avec le logo de l'association "Gueules cassées, sourire quand même" :

BPC Mistral,gueules cassées

Le vieux militantisme donne l’exemple inverse.

  

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25/12/2012

L'Allemagne exporte son armement

Monde, Angela Merkel , Allemagne, armement, Europe, exportation, armes, Défense,Sécurité

Selon le Sipri, un institut suédois qui effectue chaque année un classement des ventes d'armes et de services militaires, l'Allemagne serait le troisième fournisseur au monde sur la période 2007-2011, avec une part de marché de 9 %, derrière les Etats-Unis (30 %) et la Russie (24 %), et devant la France (8 %). Mais, dans un classement publié en août par le Congrès américain, l'Allemagne figure en quatrième position, avec un volume d'affaires de 9,3 milliards de dollars entre 2008 et 2011, soit la moitié de la France, qui est troisième.
«Dans le passé, la politique allemande contrôlait l'industrie de l'armement sans intervenir, mais, depuis environ dix ans, la chancellerie soutient activement les exportations d'armes » , souligne Guido Steinberg, expert à la Fondation pour la science et la politique (SWP). S'il y voit un moyen de stabiliser certaines régions, il craint que des chars allemands soient utilisés lors de soulèvements populaires.
THIBAUT MADELIN

lesechos.fr - 3/12/2012

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23/02/2012

Armement : net rebond des exportations françaises

La France a signé pour 6,5 milliards d'euros de contrats en 2011 contre 5,1 milliards en 2010.

Après un creux, les exportations de matériels militaires français se sont nettement redressées en 2011. «Le montant global devrait s'élever à 6,5 milliards d'euros, ce qui permet à la France de maintenir son rang de quatrième exportateur mondial d'armements», a annoncé mercredi Laurent Collet-Billon, le délégué général à l'armement (DGA).

La vente de deux bâtiments de projection et de commandement (BPC) de classe Mistral à la Russie, le contrat de modernisation des Mirage 2000 en Inde ou encore la vente de gros 4 × 4 protégés Aravis à l'Arabie saoudite ont accéléré de 27% l'activité export par rapport à 2010. Faute de gros contrats, elle était tombée à 5,1 milliards d'euros l'an dernier.

Laurent Collet-Billon relève que «les exportations françaises sont constituées pour les deux tiers de petits contrats qui constituent un socle solide». Plus sophistiqués, les grands contrats s'inscrivent dans des échéances de temps plus longues. Ils sont sujets à des délais et nécessitent de longues négociations très détaillées, d'autant que le pays client ne se contente plus de «signer un chèque», mais souhaite s'approprier une partie du savoir-faire du pays vendeur via des transferts de technologie.

«La performance» de la France est une bonne nouvelle pour les 100.000 emplois dont la moitié directs qui dépendent des contrats exports. Mais elle est encore loin de son objectif de 10 milliards d'euros à l'export, un niveau jugé idéal par le DGA car il serait alors équivalent en valeur à la commande nationale.

Axe franco-britannique

En 2011, la France a dépensé 10,7 milliards d'euros en R & D et en achats d'équipement pour les armées tels que 4 hélicoptères de transport NH 90, 6 engins de combat Tigre, plus d'une centaine de blindés (VBCI) ou encore 4000 équipements Felin pour les fantassins.

En matière de budget, la continuité est cruciale. Il faut maintenir l'effort de R & D afin de préparer les «systèmes de défense» des guerres du futur. Parmi les chantiers ouverts figurent la robotique navale, la cyberguerre ou les drones (avions sans pilote). En raison de budgets de la défense sous tension, une partie de la réponse passe par «une coopération pragmatique» avec nos voisins européens, souligne le DGA.

C'est pourquoi la France et la Grande-Bretagne, les deux premières puissances militaires européennes, ont décidé d'avancer en créant une filière drone - du petit drone tactique en passant par un appareil d'observation et un chasseur sans pilote (lire nos éditions des 17 et 18 février). Cela, en s'appuyant sur leurs champions respectifs - Dassault Aviation et BAE Systems - dans un cadre bilatéral. Avec pour perspective ultérieure d'en faire les deux moteurs des futurs programmes européens.

L'armée française devrait s'équiper, comme son homologue britannique, de drones tactiques Watchkeeper, construits par Thales UK, d'ici à 2013. «Dans quelques semaines, les DGA demanderont à BAE et Dassault de lancer la phase d'évaluation du futur drone d'observation Male», affirme Laurent Collet-Billon, qui indique avoir reçu «la semaine dernière une offre de la part de Dassault» concernant le futur drone intermédiaire sur plate-forme israélienne (Heron TP).

LIRE AUSSI: 

» L'Inde sélectionne le Rafale 

» DCNS prévoit de livrer le premier Mistral russe fin 2014

 

piqué au tas sur lefigaro.fr - 22/02/2012

via une info de yvette

07:15 | Lien permanent | Commentaires (0) |

24/12/2011

C'est Géant : Décret n° 2011-1918 du 21 décembre 2011 relatif à l'armement des personnes chargées du gardiennage et de la surveillance de certains immeubles collectifs d'habitation


Objet : conditions d'armement des agents assurant des missions de surveillance et gardiennage pour le compte de personnes morales créées par des bailleurs sociaux.
Entrée en vigueur : le texte entre en vigueur le lendemain de sa publication.
Notice : le présent décret précise les armes que peuvent porter les agents chargés du gardiennage des immeubles concernés, ainsi que les conditions d'identification et de conservation de ces armes. Il prévoit pour ces agents une formation spécifique et fixe les conditions dans lesquelles ils peuvent se voir délivrer les autorisations de port d'arme individuel nécessaires.
Références : le présent décret est pris pour l'application de l'article 2 de la loi n° 2010-201 du 2 mars 2010 renforçant la lutte contre les violences de groupe et la protection des personnes chargées d'une mission de service public qui a créé un article 11-5 dans la loi du 12 juillet 1983 réglementant les activités privées de sécurité. Il peut être consulté sur le site Légifrance (http://www.legifrance.gouv.fr).
Le Premier ministre,
Sur le rapport du ministre de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration,
Vu le code de la construction et de l'habitation, notamment ses articles L. 121-7 et R.* 127-1 ;
Vu le code pénal, notamment son article 122-5 ;
Vu la loi n° 83-629 du 12 juillet 1983 modifiée réglementant les activités privées de sécurité, notamment son article 1er et son article 11-5, tel que rédigé par l'article 2 de la loi n° 2010-201 du 2 mars 2010 renforçant la lutte contre les violences de groupes et la protection des personnes chargées d'une mission de service public ;
Vu le décret n° 86-1099 du 10 octobre 1986 modifié relatif à l'utilisation des matériels, documents, uniformes et insignes des entreprises de surveillance et de gardiennage, transport de fonds et protection de personnes, notamment l'article 1er ;
Vu le décret n° 95-589 du 6 mai 1995 modifié relatif à l'application du décret du 18 avril 1939 fixant le régime des matériels de guerre, armes et munitions ;
Le Conseil d'Etat (section de l'intérieur) entendu,
Décrète :

 


La personne morale à laquelle les gestionnaires d'immeubles collectifs d'habitation visés à l'article L. 127-1 du code de la construction et de l'habitation peuvent en confier le gardiennage et la surveillance peut acquérir et détenir des armes définies au paragraphe 2 de la sixième catégorie du B de l'article 2 du décret du 6 mai 1995 susvisé et des bâtons de défense de type « tonfa ».

Article 2


I. ― La personne morale mentionnée à l'article 1er justifie de l'existence d'un local, non accessible au public et sécurisé, permettant le dépôt des armes.
II. ― Elle tient à jour un registre précisant le nombre et la liste des armes détenues ainsi que la liste des agents autorisés à porter une arme et leurs horaires de travail.
Ce registre est tenu à la disposition des services de la police et de la gendarmerie nationales.

 


I. ― Une formation spécifique préalable à l'autorisation de port d'arme individuel est organisée par la personne morale mentionnée à l'article 1er ou pour son compte dans les conditions fixées par arrêté du ministre de l'intérieur. Cette formation comprend, d'une part, un module théorique sur l'environnement juridique du port d'arme ainsi que sur les règles du code pénal, notamment relatives à la légitime défense et, d'autre part, un module pratique relatif au maniement des armes du paragraphe 2 de la sixième catégorie ainsi que des bâtons de défense de type « tonfa ».
II. ― La formation est sanctionnée par un certificat individuel de réussite délivré aux agents. Il est transmis au préfet lors de la demande d'autorisation de port d'arme individuel.
III. ― L'arrêté du ministre de l'intérieur prévu au I fixe également les conditions dans lesquelles une formation annuelle pratique est organisée. Cette formation est sanctionnée par un certificat individuel de suivi.

Article 4


I. ― La personne morale mentionnée à l'article 1er présente au préfet du département de son siège et, à Paris, au préfet de police, pour chaque agent nommément désigné, une demande d'autorisation de port d'arme individuel.
Le dossier de demande comporte, outre la copie d'une pièce d'identité en cours de validité, le certificat mentionné au II de l'article 3, la copie de la décision attribuant un numéro de carte professionnelle à l'agent ainsi qu'un certificat médical datant de moins de quinze jours, placé sous pli fermé, attestant que son état de santé physique et psychique n'est pas incompatible avec le port d'une arme.
Ce dossier mentionne également le nombre d'agents dont l'armement a été autorisé ou est envisagé ainsi que le nombre et le type des armes concernées.
II. ― L'autorisation est délivrée pour une durée de cinq ans. Elle est refusée ou retirée en l'absence de l'un des éléments prévus au I du présent article et au III de l'article 3.
Le préfet s'assure en outre du respect des obligations prévues à l'article 2.
III. ― La personne morale mentionnée à l'article 1er informe, sans délai, le préfet de la cessation des fonctions ayant motivé la délivrance d'une autorisation de port d'arme à l'agent. Le préfet procède au retrait de l'autorisation délivrée.

Article 5


I. ― Tout agent, détenteur d'une autorisation, ne peut porter, dans l'accomplissement de ses missions, que les armes remises par la personne morale mentionnée à l'article 1er. Il ne les porte que le temps strictement nécessaire à l'exercice de sa mission. En dehors du service, les armes sont remisées dans un local sécurisé, dont l'accès est placé sous la surveillance du responsable du groupement ou de toute personne qu'il a désignée à cet effet.
II. ― Lors de l'exercice des missions justifiant le port d'arme, l'agent de sécurité porte celle-ci de façon continue et apparente.

Article 6


Le ministre de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration est chargé de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

 


Fait le 21 décembre 2011.

 


François Fillon

 


Par le Premier ministre :


Le ministre de l'intérieur,

de l'outre-mer, des collectivités territoriales

et de l'immigration,

Claude Guéant


12:48 | Lien permanent | Commentaires (0) |

19/05/2011

Libye - Terrain de jeux pour les marchands de canons...

Ici les marchands de canons déclarent :

Le ministre de la Défense Gérard Longuet l'a indiqué récemment aux députés : "l’opération Harmattan représente un surcoût de 53 millions d’euros, dont 31,7 millions en munitions". Ces propos ont été tenus le 3 mai alors que l'opération a débutée le 19 mars, soit 44 jours auparavant. Le surcoût de la guerre peut donc être évalué à 1,2 millions d'euros par jour. 

C'est une somme légèrement inférieure à celle de l'opération française en Afghanistan. Comme nous l'indiquions alors sur ce blog, le ministère de la Défense prévoyait lors de l'élaboration du budget de consacrer 470 millions d'euros en 2011 au théâtre afghan, soit 1,3 millions par jour. Nous sommes donc dans les mêmes ordres de grandeur, la seule différence provenant de la durée des opérations en question.

Ce constat permet de faire fi des accusations selon laquelle la guerre aérienne serait, par nature, très couteuse. Certes, le coût des munitions air-sol - souvent très sophistiquées - représente 60% de la dépense. Mais ce poste est composé par la relative faiblesse de celui des RCS (remunérations et charges sociales) qui représentent le principal de la dépense en Afghanistan - où plus de 4000 hommes sont déployés.

piqué au tas sur sercret-défense

 

Et encore un pti' coup de pub pour les marchands de canon :

Libye : un Rafale a détruit un blindé à plus de 55 km

Un Rafale de l'armée de l'air est parvenu à détruire un blindé en larguant une munition A2SM (image ci-contre) à plus de cinquante-cinq kilomètres de sa cible, au premier jour des opérations.

Une première dans l'histoire de l'aviation française, rendue possible grâce à l'Armement air-sol modulaire, une munition stand-off, capable d'être tirée à longue distance et avec une précision remarquable. Elle permet à l'avion de rester hors de portée des défenses aériennes de l'ennemi. Jusqu'à présent, l'A2SM était qualifiée jusqu'à une distance de 50 kilomètres. 

Cette arme est fabriquée par le français Sagem. Certes, son prix est élevé, de l'ordre de 115.000 euros pièce, mais elle permet de détruire d'un coup des matériels beaucoup plus couteux. Un Rafale peut en tirer jusqu'à six.

Lundi 4 Avril 2011 - Jean-Dominique Merchet

[A titre de comparaison, les concurrents américains Paveway 2 et Enhanced Paveway de Raytheon, coûtent "seulement" à 18 000 et 35 000 euros.]

Mais il n'y en a pas que pour SAGEM :

L'arme air-sol de précision tirée par le Rafale, fabriquée par l'industriel Sagem, est l'armement air-sol modulaire (AASM). Elle a été commandée à 744 exemplaires en 2000, et les dernières livraisons de ce premier marché sont prévues en 2011. Le député François Cornut-Gentille précise dans un rapport en date du 14 octobre 2010 : "En 2009, la cible de dotation en AASM est passée de 3 000 à 2 348 unités, dont 1 200 avec le kit laser." La France en achètera donc moins que prévu, mais ses stocks lui permettent de poursuivre ses opérations en Libye sans difficulté. Selon le rapport, le coût de ce programme est de 846 millions d'euros, ce qui mettrait le kit AASM à plus de 350 000 euros. Cela fait cher pour détruire un pick-up kadhafiste qui en vaut 15 fois moins...

Les Français ont aussi tiré des missiles de croisière SCALP-EG, en nombre limité (une douzaine). Selon des informations de source parlementaire, ils disposent actuellement de 500 de ces engins, dont 400 doivent être rénovés. Là encore, aucun problème de stocks pour ces armes de précision.

Enfin, la France a acquis aux États-Unis, pour ces Super-Étendard et ses Mirage 2000, plusieurs dizaines de kits Paveway, de différents modèles. Montés sur des bombes lisses à gravité, ils permettent de les transformer en armes de précision, et la France dispose, depuis plusieurs années, de cet équipement. Le Point.fr a précisé que les avions français avaient tiré des bombes à guidage laser GBU-12 de 250 kilos, des bombes GBU-24 de 500 kilos, et que les Mirage 2000-D de l'armée de l'air avaient tiré des GBU-49. Ce modèle le plus récent est équipé du kit de guidage Enhanced Paveway II et la France en a acheté 200 exemplaires en février 2008 pour son Mirage 2000D.

piqué au tas sur lepoint.fr

Encore un pti' contrat :

Safran : Sagem emporte un contrat pour 1.175 jumelles infrarouges auprès de la DGA

(Boursier.com) -- A la suite d'un appel d'offres international, la Direction Générale de l'Armement (DGA) a notifié à Sagem un contrat portant sur 1175 Jumelles Infrarouges Multifonctions longue portée JIM LR 2 destinées aux armées françaises, dans le cadre du programme JIR - TTA - NG (Jumelle Infrarouge Toutes Armes de Nouvelle Génération).

JIM LR 2 permettra la détection des menaces, la désignation précise des cibles et le renseignement au profit du commandement et des unités au contact. Elément de la numérisation de l'espace de bataille (NEB), JIM LR 2 sera interopérable avec les moyens de commandement et de coordination de FELIN.

Le contrat inclut également 500 terminaux tactiques de télé-opération, optimisés en termes d'ergonomie et de compacité, avec une nouvelle tablette au format A4.

Le déploiement des JIM LR 2 bénéficiera de la chaîne de soutien (niveau 1 et 2) des JIM LR déjà en service, Sagem assurant également la formation des personnels utilisateurs et ceux en charge de la maintenance.

Ce contrat porte à 4 500 le nombre de JIM LR en commande ou en service dans des forces armées et de sécurité, dont plus de 2 000 pour les armées françaises.

piqué au tas sur www.boursier.com

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04/03/2011

Défense Conseil International - Le rayonnement Français à l'International

L'organisation des systèmes de défense au profit des armées amies

DEFENSE CONSEIL INTERNATIONAL a pour mission le transfert des savoir-faire des armées françaises vers celles de pays amis, notamment en soutien des exportations de nos industriels français.
Empreinte d'une culture militaire unique DCI garantit une compréhension globale des besoins de ses clients étrangers et leur propose les solutions les mieux adaptées. Afin d'optimiser l'emploi de ses équipements acquis par les forces armées étrangères, DCI les accompagne sur le long terme dans ses trois domaines de compétence :
la formation ;
l'assistance ;
le conseil.

En conformité avec le "label Armées françaises"

L'originalité et la valeur ajoutée de DCI résident notamment dans l'emploi de spécialistes et d'experts militaires en position statutaire de détachement, garants du "label Armées françaises".
Activité… en quelques chiffres

Un rayonnement international

DCI réalise un chiffre d'affaires de 150 M€ grâce à l'action de plus de 800 collaborateurs qui accompagnent clients et partenaires dans plus de 30 pays :
En Europe : France, Bosnie, Portugal, Espagne, Grèce...
En Asie : Japon, Taïwan, Malaisie, Indonésie, Singapour, Inde, Pakistan.
En Afrique : Algérie, Tunisie, Maroc, Gabon...
En Amérique Centrale et du Sud : Brésil, Chili, Equateur, Mexique...
Au Moyen-Orient : Arabie Saoudite, EAU, Koweït, Qatar, Turquie...

http://www.f-sc.org/index.php?ID=1010570


Depuis 1972, le groupe Défense Conseil International (DCI) propose aux pays étrangers amis de la France une expertise militaire reconnue. Opérateur de référence et prestataire de services du ministère de la Défense, DCI a pour objet essentiel la transmission du savoir-faire des armées françaises.

DCI est une société privée dont l’Etat français est l’actionnaire de référence avec 49,9% du capital de DCI. Son chiffre d’affaires s’élevait en 2008 à 128 Millions d’euros. Il compte aujourd’hui près de 600 salariés, dont près de 250 à l’étranger et dispose d’antennes permanentes aux Emirats Arabes Unis, en Arabie Saoudite, au Koweït, au Qatar et en Malaisie.

Son cœur de métier historique consiste à accompagner les grands contrats d’exportation d’armement signés avec des pays étrangers et amis de la France en assurant la transmission du savoir-faire militaire français sur les équipements vendus.

rayonnement_international.jpg

 

 

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13/09/2010

La police s'humanise... elle change de munitions

Jugées "trop dangereuses", la police change de munitions

Les balles traversaient leurs cibles, au risque d’atteindre des passants. 48 millions de cartouches ont été commandées, pour près de six millions d’euros, cinq ans seulement après le dernier marché public.

23 novembre 2006, aux abords du Parc des Princes. Un supporteur du Hapoël Tel Aviv est pris à partie par des fans du PSG. Les insultes antisémites fusent, on craint un lynchage, jusqu’à ce qu’un policier intervienne et tire. Bilan : un blessé grave, atteint au poumon, et un autre, mortellement touché au cœur, par la même balle. Juillet 2008, Paris, XIe arrondissement. Deux policiers se blessent avec leurs propres armes en interpellant un homme qui brandit un couteau. Les balles ont ricoché. Ces deux épisodes dramatiques – parmi d’autres – ont poussé le ministère de l’Intérieur à changer les munitions qui accompagnent la nouvelle arme de la police nationale depuis 2003, le Sig Sauer. En cause, « des balles blindées très perforantes, trop », dit un fonctionnaire. L’énorme opération de remplacement (deux chargeurs de trente coups par fonctionnaire) commencé au printemps s’achève ces jours-ci. Dans une certaine urgence qu’ont déplorée les policiers.

Victimes collatérales

Le budget est conséquent. Attribué en mai 2009, le nouveau marché porte sur 5,8 millions d’euros. Il a été remporté par l’américain Alliant Techsystems [Alliant Techsystems (ATK)] et une filiale française du groupe Beretta (HUMBERT CTTS - distributeur exclusif des armes Beretta). Ils fabriqueront jusqu’à 48 millions de cartouches « Speer Gold Dot haute performance » pour l’ensemble des 250.000 policiers, gendarmes, douaniers et surveillants de prison. Des balles plus chères, mais « optimisées », pour, d’une part, « neutraliser » des personnes armées dans le cadre d’une fusillade et, d’autre part, éviter les victimes collatérales. Contrairement aux blindées, cette balle à pointe creuse, dite « expansive », se déforme en rencontrant un obstacle et sa vitesse est freinée.

Des balles pour la guerre

L’ancienne munition, commandée en 2005, aurait été choisie en dépit du bon sens. « Elle n’était pas du tout adaptée à l’usage police, commente un syndicaliste. Elle était destinée à un usage de guerre, pour blesser. Parce que, sur un champ de bataille, un blessé mobilise trois personnes. Dans la police, nous nous retrouvons dans des situations avec des mecs en face de nous qui prennent quatre à cinq balles et continuent de tirer. Aux Etats-Unis, ça fait trente ans qu’ils utilisent des balles expansives. C’est comme sur le plan routier. En France, on aménage un carrefour quand il a fait vingt morts. C’est un peu la même logique. »

Le marché du Sig Sauer, en remplacement du vieux revolver Manurhin, avait porté sur 260.000 pistolets et 90 millions d’euros, « la plus grosse commande d’armes de service d’après-guerre », s’était réjoui Sauer und Sohn, le fabricant allemand. Le marché des munitions, lancé en 2004, portait alors sur un minimum de 20 millions de cartouches, pour 2,2 millions d’euros. « Quand on change autant d’armes, on réfléchit tout de même un peu aux munitions qui vont avec », s’indigne un autre policier, basé dans le sud de la France. Des essais avaient pourtant eu lieu, avec des centaines de milliers de cartouches tirées. C’était pour tester les revolvers, pas les munitions. Pourtant, les gendarmes, qui ont reçu la même arme en dotation, ont fait un autre choix. Dès le début, ils avaient opté pour des balles avec une ogive plastique [la MEN QD-1 fabriquée chez RUAG Thun - Projectile de 5.9gr donnée à 420m/s ou 520 joules. Le projectile est en alliage cuivre. ], qui limite leur pouvoir de pénétration.


Le Flash-Ball, solution alternative ?

Un policier renvoyé en correctionnelle, un autre mis en examen et deux jeunes gens qui ont perdu partiellement ou totalement l’usage d’un œil. L’utilisation du Flash-Ball n’est pas sans risque, malgré les assurances faites lors de son introduction il y a maintenant plus de dix ans. Ces armes sont non létales et correspondent, selon le fabricant, à un coup de poing asséné par un boxeur professionnel. Elles ne tuent pas mais peuvent faire des dégâts, surtout si elles sont mal utilisées, comme à Montreuil (Seine-Saint-Denis), quand un manifestant de 34 ans en a reçu une en plein visage par un policier qui n’était pas en état de légitime défense. Idem à Toulouse en 2009, quand un étudiant en sociologie a été grièvement blessé à l’œil. Il s’agissait alors de la première génération de Flash-Ball. Depuis, le « LBD 40 », c’est-à-dire un lanceur de balles de défense de 40 mm, a été généralisé. Beaucoup plus précise, l’arme a passé la portée de tir de moins de 10 mètres à plus de 30 mètres. Alors qu’il était en phase de test, à Nantes en 2007, un lycéen de 17 ans a reçu un projectile en pleine tête. Et a perdu lui aussi la vue d’un œil. Le mois dernier, le policier qui tirait a été renvoyé en correctionnelle.


piqué au tas sur www.francesoir.fr - 13/09/2010

 

http://www.firearmstactical.com/images/Wound%20Profiles/9mm%20US%20M882.jpg

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15/06/2010

Eurosatory : les marchands de canons vont la jouer comme Beckham...

Les industriels de l'armement terrestre redoutent les plans de rigueur européens

 

L'ambiance est morose au Salon de l'armement terrestre Eurosatory, qui a ouvert ses portes, lundi 14 juin, et jusqu'au dimanche 18, à Villepinte, près de Paris : la contraction des budgets de défense en Europe, dans le cadre des plans de rigueur, est en toile de fond de la plus importante manifestation mondiale consacrée, tous les deux ans, à l'armement (terrestre, aéroterrestre, sécurité).

Des mesures drastiques sont en cours, de l'Espagne au Royaume-Uni en passant par l'Allemagne. En France, le gouvernement cherche 5 milliards d'euros d'économie sur trois ans et les industriels redoutent que les coupes importantes affectent les achats d'équipements plutôt que le budget de fonctionnement des armées.

"Il ne faut pas recommencer les erreurs des années 1990, prévient Hervé Guillou, président d'EADS défense & sécurité. A l'époque, on a sacrifié les budgets de recherche et développement pour maintenir les capacités de production. On s'est réveillé au début des années 2000 en se rendant compte que nous n'avions rien fait en matière de drones", souligne-t-il. Pendant ce temps, Américains et Israéliens confortaient leur avance. Il ne faut pas non plus que les réductions "entament le socle, c'est-à-dire le niveau d'activité en dessous duquel une entreprise perd de manière irréversible ses compétences industrielles et techniques", prévient Antoine Bouvier, PDG du fabricant de missiles MBDA.

Le troisième danger concerne l'avenir de la coopération européenne. Poussé par un repli nationaliste, un pays risque de supprimer un programme dans lequel il est peu impliqué sans regarder les conséquences sur le long terme. "La situation est paradoxale, affirme M. Bouvier. La tentation est grande, en cas de crise, de trancher dans les programmes de coopération. Or c'est l'inverse qu'il faut faire. Car plus les temps sont difficiles, plus ces programmes sont nécessaires. Ils permettent de partager les risques et d'avoir des séries plus longues à produire à des coûts unitaires plus bas."

La priorité est "d'éviter les effets domino qui remettraient en question des programmes internationaux de défense", prévient Louis Gallois. Le président exécutif d'EADS se dit "prêt au dialogue" avec les gouvernements européens afin de se coordonner pour "limiter les dégâts".

Si le ciel européen s'assombrit, les marchés à l'exportation restent porteurs. "Nous observons une croissance à l'exportation de 10 % à 20 % hors de la zone euro, dans des pays comme l'Arabie saoudite, le Qatar et le Brésil", constate M. Guillou (EADS).

Cette activité est principalement soutenue par la vente de matériels de sécurité ou d'équipements destinés à la surveillance des frontières. M. Bouvier s'inquiète de "l'écart qui se creuse entre l'Europe et le reste du monde".

Illustration des indécisions liées à cette période d'ajustement budgétaire : le report de l'annonce de l'attribution de la première phase du contrat Scorpion (modernisation des équipements de l'armée de terre), qui était attendue à l'ouverture d'Eurosatory. Les vainqueurs de la compétition sont pourtant connus : Thales, Nexter (ex-GIAT) et Sagem, qui ont été préférés à EADS pour bâtir l'architecture de ce programme.

Si le montant du premier contrat est peu élevé (autour de 20 millions d'euros sur trois ans), il devrait être suivi par des appels d'offres portant sur l'achat de blindés et l'installation de systèmes électroniques et de télécommunications d'un montant de 10 milliards d'euros sur quinze ans. Vu l'ampleur des investissements, Scorpion risque de connaître des décalages de calendrier.

Le ministère de la défense devrait profiter de cette période pour inciter les industriels à se regrouper en France mais aussi à nouer des alliances en Europe. Premier dossier à rouvrir : le rapprochement Thales-Safran dans l'optronique, pour constituer le numéro deux mondial. Les discussions ont échoué voici un mois malgré les pressions du ministre de la défense, Hervé Morin. En guise de sanction, le ministère a décidé de proroger le gel des financements des projets de recherche et de technologie destinés aux deux groupes.

Dominique Gallois

Piqué au tas sur Le Monde - 15-06-2010

 


Eurosatory, la grande braderie

L’armement terrestre et aéroterrestre ne connaît pas la crise. Ou pas trop – pour le moment – si l’on en juge par le nombre record d’exposants (1300) au salon Eurosatory, qui se tient à Paris-Villepinte du 14 au 18 juin. Le nouvel hélicoptère de combat EC645 d’Eurocopter doit y être dévoilé, de même que des nouveaux drones tactiques… Thalès, appuyé par Nexter et Safran, doit être désigné (de préférence à EADS) comme architecte de « Scorpion », le vaste plan de modernisation de l’armée de terre française (qui consommerait 20 milliards d’Euros sur vingt ans)… La présence israélienne à ce salon (58 exposants) est toujours aussi fournie, même si le déplacement à Paris du ministre de la Défense Ehud Barak a été annulé au dernier moment.

Dans le classement des exposants, la France – pays-hôte – figure naturellement en tête (400), devant les Américains (123), les Allemands (118), les Britanniques (88) et donc les Israéliens (58). Au total, plus de cinquante pays sont représentés, y compris la Chine qui dispose d’un pavillon national, tout comme le Brésil et l’Afrique du Sud, ainsi que des pays d’Europe de l’Est, traditionnellement très actifs dans l’armement terrestre (Russie, Ukraine, Bulgarie, Roumanie).

Mais sont présents également des Australiens, des Bosniaques, un groupe saoudien qui produit des blindés, une demi-douzaine d’exposants des Emirats arabes unis – le plus grand importateur d’armes (et d’avions civils) sur ces cinq dernières années… Une cinquantaine de milliers de professionnels sont attendus à Villepinte, transformé l’espace de quelques jours en un vaste centre d’affaires pour la discussion et parfois la signature de contrats d’armement.

En dépit de la crise, les dépenses militaires mondiales – toutes spécialités – ont atteint un nouveau record pour 2009, selon le rapport de l’Institut de recherche pour la Paix de Stockholm (SIPRI) publié le 2 juin dernier : 1531 milliards de dollars ont été consacrés au secteur militaire (+ 6 % par rapport à 2008, et + 49 % par rapport à l’année 2000), avec comme champions les Etats-Unis (661 milliards), la Chine populaire (une centaine de milliards), la France (63,9), etc. Les dépenses militaires ont été en hausse en 2009 dans les deux tiers des pays recensés par le SIPRI, la zone Asie-Océanie ayant été la plus active (+ 8,9 %).

Stocks dangereux Retour à la table des matières

Déjà, en mars 2010, l’institut suédois s’était ému de la constitution de stocks d’armes – avions, navires, missiles, etc – jugés « dangereux », notamment dans certaines zones de l’ex-tiers-monde. Il a calculé que le total des transactions sur l’armement a atteint 116 milliards de dollars de 2005 à 2009 (contre 96 milliards sur les cinq ans précédents), donc une augmentation de 22 %. Avec toujours les mêmes grands vendeurs : Etats-Unis (35 milliards, + 17 %), Allemagne (12 milliards, + 100 %), France (9,2 milliards, + 30 %), à l’exception d’un recul sévère du Royaume-Uni (5milliards, - 11 %).

Et du côté des acheteurs, des surenchères régionales ruineuses : la Grèce, sous prétexte de tenir tête à la Turquie, s’équipe au rythme d’un milliard de dollars par an ; la Malaisie a multiplié par huit ses achats, et Singapour est devenu le septième importateur du monde, derrière la Chine, l’Inde, la Corée du Sud, les Emirats arabes unis, la Grèce et Israël. L’Algérie s’est hissée à la 9ème place mondiale, après avoir consacré 3,4 milliards à des achats d’équipements militaires. Sur des volumes plus modestes, le Qatar, la Syrie, Oman enregistrent des progressions plus fortes.

La France, qui a signé 7,95 milliards d’euros de commandes en 2009 pour des équipements de défense à l’export – grâce notamment au contrat sur la vente de sous-marins de type « Scorpene » au Brésil –, espère atteindre les 10 à 12 milliards de commandes en 2010, à condition qu’un au moins des contrats envisagés sur la vente de chasseurs Rafale aboutisse, de même que le projet de vente des Bâtiments de projection et de commandement (BPC) à la Russie. « Nous renouons avec les chiffres des années 2000 malgré la crise », s’était félicité en février dernier Laurent Collet-Billon, le délégué général de l’armement, qui espérait pouvoir devenir le troisième exportateur mondial du genre, derrière les USA, le Royaume-Uni, mais devant la Russie, la Chine ou Israël.

La « war room » de l’Elysée Retour à la table des matières

Mais, en dépit de la mise en place d’une soit-disant « war room » à l’Elysée, pour booster les grands contrats d’armement ou assimilés (comme le nucléaire), et éviter les déconvenues (comme le choix des Marocains en 2007 en faveur du chasseur F16 américain au détriment du Rafale), on a assisté à une suite d’échecs ou de reports retentissants : les réacteurs EPR rejetés par la Corée du Sud ; les atermoiements de la Libye, de la Grèce, de l’Inde et du Brésil à propos du Rafale ; les complexités politiques de l’éventuel accord qui serait passé avec la Russie sur la vente des BPC… tout cela malgré des déclarations arrogantes, des signatures enthousiastes, etc.

Dans l’armement terrestre – la spécialité d’Eurosatory – les Français sont cependant optimistes, après plusieurs années de vaches maigres : croissance de 20 % du chiffre d’affaires en 2009 (5,26 milliards d’euros) par rapport à 2008 ; 2 milliards à l’export ; une forte progression dans les hélicoptères et les véhicules blindés. Le groupement des industries de défense terrestre (GICAT) – qui organise Eurosatory – s’inquiète cependant des conditions d’exécution de la Loi de programmation militaire (LPM) « dans un contexte de restriction budgétaire ».

Il a sans doute raison de s’inquiéter. Ce lundi, dans son discours inaugural du salon Eurosatory, le ministre français de la défense, Hervé Morin, a déclaré : « Nous devons encourager les industriels à nouer des partenariats, des regroupements, des coentreprises et il nous faut réfléchir aux complémentarités européennes, la contraction considérable des budgets nous impose d’être déterminés et d’avancer dans ce sens.

Nous devons, pour chaque pays européen, définir quelles sont les compétences et les technologies que nous voulons conserver au niveau national, celles sur lesquelles nous sommes prêts à nous mettre en commun, et enfin celles sur lesquelles nous sommes prêts à nous mettre en situation d’interdépendance. »

Nouvel Angolagate ? Retour à la table des matières

L’ONG Oxfam considère que, pour atteindre ses taux de croissance actuels, « la France brade ses engagements européens sur le contrôle du commerce des armes », continuant d’exporter en direction de pays comme le Tchad, la Colombie ou Israël, notoirement impliqués dans de graves violations des droits humains ou dans des crimes de guerre.

Car, si les ventes augmentent, le contrôle effectif, lui, ne progresse pas. Oxfam estime que, « sans régulation, le commerce des armes n’est rien d’autre qu’un business de la mort ». Le régime d’attribution des autorisations d’exporter du matériel de guerre a été plutôt allégé ces dernières années. L’association considère qu’en l’absence d’une loi sur le contrôle des intermédiaires, passée au Sénat en 2007 mais jamais présentée à l’Assemblée nationale, un « nouvel Angolagate est toujours possible » en France.

Piqué au tas chez le blog du Diplo - Philippe Leymarie - 14/06/2010

 

 



Eurosatory : deux semaines avant les soldes, la France brade ses engagements européens sur le contrôle du commerce des armes

Alors que s’ouvre à Paris lundi 14 juin, sous l’égide du Ministère de la Défense, le salon Eurosatory, Oxfam France rappelle que sans régulation, le commerce des armes n’est rien d’autre qu’un business de la mort : 2 000 personnes meurent chaque jour en raison de la violence armée, soit plus d’un mort par minute.

En 2009, la France a maintenu son rang de 4e exportateur d’armes au monde avec des prises de commande s’élevant à près de 8 milliards d’euros, soit un chiffre supérieur de 21% à celui de 2008. Un chiffre plus élevé serait attendu en 2010.

Mais Oxfam France relève qu’au regard des informations disponibles, notamment dans le rapport annuel du Ministère de la Défense au Parlement sur les exportations d’armement de la France, ni les citoyens ni les parlementaires ne sont en mesure de vérifier la compatibilité de telles exportations avec les engagements internationaux de la France [1].

"Les ventes d’armes françaises sont en augmentation constante mais, contrairement à ce qu’affirme Hervé Morin [2], le contrôle effectif lui ne progresse pas. Le rapport annuel au Parlement demeure opaque, et systématiquement publié avec des mois de retard, sans aucun débat parlementaire sur le sujet. Surtout, la loi française demeure insuffisante et deçà de nos engagements internationaux", souligne Nicolas Vercken d’Oxfam France.

Chaque année, la France continue d’exporter des armes vers des pays en conflits ou suspectés d’être responsables de graves violations des droits de l’Homme ou de crimes de guerres, comme la Colombie, Israël ou le Tchad [3].

"Avant de promouvoir son arsenal militaire et doper ses ventes d’armes en organisant cette grande foire, ’premier salon mondial de la défense terrestre, aéroterrestre et de la sécurité’ qui se définit comme ’un accélérateur de business’ selon ses propres termes, la France devrait d’abord assumer sa responsabilité juridique, morale et politique de promouvoir un contrôle du commerce des armes qui soit davantage soucieux des droits humains, du Droit international humanitaire et du développement économique et social. C’est totalement irresponsable de promouvoir aussi activement nos exportations sans dans le même temps renforcer nos mécanismes de contrôle !", ajoute Nicolas Vercken.

A ce titre, l’association souligne qu’en France, contrairement à 21 Etats-membres de l’Union européenne, les dispositions législatives qui permettraient de prévenir un nouvel Angolagate n’ont toujours pas été prises. "Un projet de loi sur le contrôle des intermédiaires est dans les cartons de l’Assemblée nationale depuis huit ans. Tant qu’une loi de ce type ne sera pas adoptée en s’assurant qu’elle intègre les activités des Français résidant à l’étranger, un nouvel Angolagate sera toujours possible."

Oxfam France rappelle également que la France est tenue de faire respecter les embargos décidés par les Nations unies ou l’Union européenne mais n’a toujours pas transposé cette obligation en droit interne : un projet de loi relatif à la violation des embargos et autres mesures restrictives [4] a été adopté au Sénat à la fin 2007 mais attend toujours de passer devant l’Assemblée nationale.

Le salon Eurosatory se tient tous les deux ans. L’édition 2010, organisée du 14 au 18 juin, rassemble plus de 1 300 exposants et attend plus de 50 000 visiteurs.

Oxfam France a publié un rapport en 2009 intitulé "Armes et guerres : des choses pas assez sérieuses pour les parlementaires ?" dans lequel sont détaillées toute une série de recommandations en faveur de l’amélioration du contrôle français des exportations.

Contact médias

Notes

[1] Tous les critères de la Position commune sur les exportations d’armement de l’UE devenue juridiquement contraignante depuis décembre 2008.

[2] Dans le dernier rapport annuel au Parlement, Hervé Morin déclarait : "la dynamisation de notre dispositif de soutien s’accompagne d’une amélioration de notre dispositif de contrôle. Soucieux de la stabilité internationale, attentif à la sécurité de nos forces et à celles de nos alliés, notre pays veille scrupuleusement au respect de ses engagements".

[3] Dans les cas d’Israël et du Tchad, les livraisons d’armes françaises ont même cru respectivement de + 97% et + 57%2 en 2008, dernière année en date pour laquelle des chiffres ont été publiés à ce jour.

[4] Projet de loi relatif au régime d’autorisation des opérations d’intermédiation et d’achat pour revente portant sur des matériels de guerre ou assimilés (décret n° 2002-23 du 3 janvier 2002).

Piqué sans demander chez Oxfam France - 11/06/2010

 

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11/04/2010

Nouvelle doctrine nucléaire : Nuke them all...

 

Nucléaire: "toutes les options ouvertes"


"Toutes les options sont ouvertes" avec l'Iran et la Corée du Nord, car ces pays ne respectent pas le traité de non-prolifération nucléaire, a lancé aujourd'hui le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates.

"Puisqu'ils ne respectent pas le traité de non-prolifération nucléaire, toutes les options sont sur la table", a-t-il dit, invité sur CBS à expliquer la doctrine nucléaire que les Etats-Unis viennent de réviser. "Nous n'utiliserons pas d'armes nucléaires en riposte si vous n'avez pas d'armes nucléaires et que vous respectez" le régime de non-prolifération, a insisté aux côtés de M. Gates la secrétaire d'Etat Hillary Clinton.

"Mais nous nous conservons une marge de manoeuvre", a-t-elle ajouté: "Si nous pouvons prouver qu'une attaque biologique a pour origine un pays qui nous a attaqués, alors toutes les options sont sur la table".

Le Guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei, avait auparavant dénoncé dimanche "la menace nucléaire déshonorante" de Barack Obama contre l'Iran.

Les Etats-Unis et d'autres grandes puissances accusent l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire sous couvert d'un programme civil, ce dont la République islamique se défend. Washington espère obtenir bientôt de nouvelles sanctions contre Téhéran à l'ONU.

AFP 11/04/2010- Le Figaro

 

La nouvelle doctrine nucléaire du président Obama

Avec plusieurs semaines de retard, le président Barack Obama a rendu publique le 6 avril la nouvelle doctrine nucléaire des Etats-Unis. La divulgation du document survient à la veille de la signature d’un accord START (Traité de réduction des armes stratégiques) entre Washington et Moscou et à une semaine d’un sommet sur la non-prolifération qui se tiendra aux Etats-Unis les 12 et 13 avril. Le document a donné lieu à des vifs échanges à l’intérieur de l’administration Obama et à des pressions des faucons japonais et du Pentagone pour édulcorer les propositions formulées par le président américain en avril 2009 de « réduire le rôle des armes nucléaires dans notre stratégie de défense nationale ».

Au final, et malgré certaines avancées, la nouvelle doctrine américaine reste très en retrait et ne renonce pas à utiliser en premier l’arme atomique, y compris contre un pays qui n’en dispose pas.

Le Monde Diplomatique - 07/04/2010

 

Du côté de chez nous...

 

L’article 49 de la loi organique du 1er août 2001 relative aux lois de finances (LOLF) fixe au 10 octobre la date limite pour le retour des réponses aux questionnaires budgétaires.

À cette date, 26 des 52 questions (50 %) avaient reçu une réponse, les 26 autres étant classifiées, ce qui interdit de publier et de divulguer les éléments qui y sont contenus, « sous peine de contrevenir aux règles en vigueur en matière de protection du secret ».

Le Rapporteur spécial, qui se plaignait d’avoir eu 35 % de ses réponses classifiées en 2007 et 48 % en 2008, avait en conséquence réduit son questionnaire de 60 à seulement 52 questions, écartant les plus sensibles. Mais malgré la réduction questionnaire, le taux de réponses inutilisables a augmenté.

Comme les années précédentes, la classification de ces documents s’avère souvent très discutable dans la mesure où une bonne partie des informations figurant sur ces réponses est publiée soit dans des documents publics, soit même dans la presse. Que les réponses relatives aux grandes orientations de la politique spatiale de la France ou aux effectifs de notre réseau d’attachés de défense soient classifiées peut étonner. Mais que les questions relatives à l’état d’avancement du programme A 400 M ou au taux de disponibilité du Rafale soient également tenues secrètes nous inquiète…

Cette classification restreint l’information et le contrôle du Parlement sur le bon usage des deniers publics. L’interdiction d’évoquer la situation de Nexter, qui fut un gouffre financier à l’époque où cette entreprise s’appelait Giat, n’est pas admissible.

Votre Rapporteur spécial regrette profondément ces dysfonctionnements

...

 

II.– LA DISSUASION

La dissuasion nucléaire occupe une place fondamentale au sein du système de défense français dont elle constitue l’expression ultime. Elle demeure la garantie fondamentale de la sécurité nationale et se situe au cœur des moyens qui permettent à la France d’affirmer le principe d’autonomie stratégique, dont découle sa politique de défense.

Avec 3,05 milliards d’euros de crédits de paiement inscrits en loi de finances initiale, la dissuasion nucléaire représentera, en 2010, 27 % des crédits d’équipements de la défense, signe de sa place prépondérante dans le système de défense français. Si l’on ajoute les crédits dispersés dans les autres programmes mais concourant à la dissuasion nucléaire (recherche, soutien, adaptation des infrastructures…) ce sont près de 3,5 milliards d’euros qui seront dépensés en 2010 pour assurer la dissuasion nucléaire de la France.

...

 

La France disposera à compter de 2010 de quatre SNLE-NG. Pourtant, seuls trois lots de missiles M51 seront nécessaires dans la mesure où il n’est pas envisagé que les quatre bâtiments puissent être en même temps en patrouille. Compte tenu de leur coût, les missiles sont donc retirés du sous-marin qui rentre de patrouille pour armer celui qui va partir.

Les trois lots ont été commandés respectivement en 2004, 2006 et 2009. En 2010, 409 millions d’euros d’autorisations d’engagement et 686 millions d’euros de crédits de paiement seront consacrés au programme M51. En outre, 231,5 millions d’euros d’autorisations de programme et 164 millions d’euros de crédits de paiement seront inscrits pour adapter au missile M51 le premier des trois autres SNLE-NG. Le ministère ne précise pas lequel.

...

Version PDF

http://www.assemblee-nationale.fr/13/budget/plf2010/b1967-tIII-a10.asp

 

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30/11/2009

Les petits mots d'un marchand de canon français : « Après c'est un peu comme des pneus, il en faut quatre pour équiper une voiture à nous de convaincre le client d'en prendre plus, que c'est mieux d'en avoir un peu à l'avance... »

Relancée, l'usine d'armement vise désormais le marché à l'exportation

dimanche 29.11.2009, 16:02 - La Voix du Nord

 Le ministre de la Défense Hervé Morin lors de la visite de l'usine au mois de mai. PHOTOBRUNO FAVA Le ministre de la Défense Hervé Morin lors de la visite de l'usine au mois de mai. PHOTOBRUNO FAVA

| PONT-SUR-SAMBRE |

La commande de 1 200 bombes passée dans le cadre du plan de relance a permis à la SAMP d'embaucher huit personnes au lieu d'en licencier sept. Autre retombée, indirecte : la société expose désormais un peu partout dans le monde et suit notamment de près le marché de l'avion de combat Rafale.

 

Depuis la visite en mai du ministre de la Défense Hervé Morin, déplacement au cours duquel il annonçait officiellement l'achat de 1 200 corps de bombes pour l'armée française, la SAMP (1) respire. Grâce à cette commande huit emplois ont été créés. « Cinq ingénieurs premier emploi, deux ouvriers tourneurs et une standardiste », précise le PDG Christian Martin. Non sans préciser qu'il y a quelques mois encore, sept licenciements étaient envisagés. Et que « si on a un contrat à l'exportation demain, on peut embaucher entre trois et cinq personnes de plus ».

Le Brésil, Dubaï...

La fabrication des 1 200 projectiles air-sol d'un poids de 250 kg est en bonne voie et la commande permet d'avoir« une visibilité jusqu'à début 2011 ». Si la société n'a pas conclu d'autres ventes pour l'instant, grâce au plan de relance, elle est aujourd'hui présente avec des stands à l'Étranger. « Je bouge beaucoup », résume M. Martin, tout juste de retour du salon aéronautique de Dubaï, où la France exposait le Rafale dont elle espère vendre 60 exemplaires à l'émirat. Des avions qu'il faudra armer... « Aujourd'hui on va à l'exportation. On est présent là où la France est présente ». Pas difficile de deviner que la SAMP a également des contacts avec le Brésil le président Sarkozy et son homologue Lula se sont rencontrés huit fois cette année et ont souvent parlé Rafal e... En cas de vente d'avions au Brésil ou à Dubaï, la société pontoise devrait tirer son épingle du jeu. « On aura un contrat minimum garanti »lâche le PDG. « Après c'est un peu comme des pneus, il en faut quatre pour équiper une voiture à nous de convaincre le client d'en prendre plus, que c'est mieux d'en avoir un peu à l'avance... » À notre question "La concurrence est-elle rude ?" M. Martin répond « oui, mai on n'a qu'un seul vrai concurrent, des Américains ».

L'achat annoncé de 60 Rafale supplémentaires par l'armée française ne concernerait pas la SAMP qui a déjà reçu sa part du gâteau. La Grèce, en revanche, où Hervé Morin s'est rendu lundi pour promouvoir la vente de 30 avions « est un client potentiel. On y exposera nos produits l'année prochaine ». La vente aux Grecs, ce n'est pas pour demain. « Des négociations, c'est long : ça peut durer des années ».

Pour approcher les États susceptibles d'être intéressés par les bombes de la SAMP, « on suit la tendance politique du gouvernement français. Si politiquement c'est non, c'est non. Dans un deuxième temps, ça suit avec l'avion ». Mais pas toujours. Des contrats peuvent également être signés avec des pays "hors embargo" bien évidemment mais qui n'achètent pas d'avions français. Qui prend les contacts ? « On est complètement autonome : dès qu'on a le feu vert on traite directement avec l'État en question ».

Et si un jour les commandes "explosaient", la SAMP suivrait-elle ? « L'armée a des stocks tampons. Ensuite c'est la géopolitique qui dicte sa loi ». En cas de forte demande « nous avons les outils après la question c'est d'augmenter les effectifs ».

Mais aujourd'hui, pour booster les ventes mieux vaut miser sur le développement du marché à l'exportation. « La France est présente en Afghanistan, mais... elle ne tire pas beaucoup », a observé M. Martin. •

RUFUS DE RIDDER

 

Société des ateliers mécaniques de Pont-sur-Sambre.

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Avesnes_sur_Helpe/actualite/Autour_de_Avesnes_sur_Helpe/Aulnoye_aymeries_et_ses_environs/2009/11/29/article_relancee-l-usine-d-armement-vise-desorma.shtml

 

 

Qu'est ce que la SAMP ?:

La Société des ateliers mécaniques de Pont Sur Sambre (SAMP) est, en 2009, l'unique société du complexe militaro-industriel français produisant des bombes pour avions [2].

Elle construit des corps de bombes de 50 à 500 kg [3] en aciers spéciaux dont actuellement les Mk81 (125 kg), Mk82 (250 kg) et Mk83 (460 kg) conception américaine et conçoit des munitions dont, dans les années 1990, la gamme de bombes lisses de 250 kg EU2 [4]et, à la fin des années 2000, la P250.

Après leur usinage, c'est la société Eurenco, du groupe Société nationale des poudres et des explosifs, qui les remplit d'explosifs. Puis les kits de guidages sont ajoutés pour en faire des armes de précision tels les armements air-sol modulaire [5]. (source Wiki)

 

 

 

Le ministre Hervé Morin fait ses emplettes pour relancer l'usine de Pont

samedi 16.05.2009, 04:47 - PAR RUFUS DE RIDDER

PHOTOS BRUNO FAVA PHOTOS BRUNO FAVA

|  ARMEMENT  |

En achetant 400 tonnes de bombes, l'armée remplit confortablement le carnet de commandes de l'usine d'armement de Pont-sur-Sambre. Hier, Hervé Morin est venu visiter les ateliers et trinquer sur l'avenir de la société; un avenir qui devraitpasser par l'exportation.

Ecoutez le ministre Hervé Morin, lors de son déplacement

Si à Pont on savait que derrière le nom Société des Ateliers Mécaniques (SAMP) se cachait une usine d'armement ce qu'on y fabriquait exactement restait un énigme. La visite du ministre de la Défense, hier matin, a été l'occasion rêvée d'en savoir plus. On a appris d'abord que l'usine allait mal que les commandes faisait défaut, «  surtout depuis une dizaine d'années », précise le Pdg Christian Martin. Ensuite, si la visite du centre d'études a eu lieu en comité restreint, celle de l'atelier situé le long de la voie ferrée, rue Gambetta à Aulnoye, a permis de découvrir toute la gamme des bombes fabriquées. Hervé Morin a écouté attentivement les explications données par les techniciens. Sur un sol secoué par la forge, le ministre a assisté à la naissance d'un nouveau projectile : espèce de suppositoire géant à tête rouge pour être encore bien chaud. Mais si M. Morin était de passage à Pont hier, c'était avant tout pour annoncer de façon officielle l'achat de 1 200 bombes de 250 kg pièce «  pour l'armée de l'air et la marine ». La commande répond à une promesse faite il y a quelques mois dans le cadre du plan de relance pour l'économie, mieux connu sous le nom : plan de relance Sarkozy.

Cinq emplois créés

Christian Martin se réjouit d'avoir, «  aujourd'hui, un carnet de commandes satisfaisant, en fabrication et en étude ». Et d'annoncer que cette vente «  va nous permettre de créer cinq emplois... et de maintenir les sept qui étaient menacés ». L'effectif de l'usine, où travaillent 22 salariés, montera donc à 27 grâce à cette commande. Mais la dépense de 8 millions d'euros ne couvre pas seulement l'achat des bombes de 250 kg (environ 4 millions d'euros) elle inclut le financement d'un contrat d'études pour le développement d'armes nouvelles.

Le ministre dit vouloir mettre tout en oeuvre «  pour empêcher que le savoir-faire disparaisse du pays (...) Partout où on peut, on le fait ». Hervé Morin dit comprendre que «  si les grands groupes arrivent à ouvrir des portes pour les PME c'est beaucoup plus difficile ». Il a promis de «  faciliter les relations directes entre les PME et la DGA (*) et de réduire de 80 à 40 jours, le délai d'autorisation à l'exportation ». Et l'exportation, c'est justement ce que vise avant tout la société pontoise. La commande française peut servir de tremplin pour des contrats alléchants avec des états étrangers... Si on sait aujourd'hui que des avions français larguent des bombes estampillées SAMP sur l'Afghanistan, difficile de savoir qui les achètera demain. Et où elles tomberont. •

> (*) Délégation générale pour l'armement.

 

Pour Hervé Morin, le plan de relance, c'est de la bombe !

Le ministre de la défense Hervé Morin s'est rendu vendredi dans le Nord pour visiter la société SAMP, qui fabrique des bombes d'avion. Cette société, la seule en son genre dans notre pays, était en grande difficulté. Elle n'avait pas reçu de commandes depuis 2004, mais seulement des crédits pour poursuivre des recherches sur de nouvelles bombes pénétrantes P250.

Le plan de relance de l'économie est passé par là. SAMP va donc recevoir 8 millions d'euros du ministère de la Défense pour une commande de 1200 bombes Mk 82 de 250 kg. Cela devrait lui assurer entre un et deux ans de production. Hervé Morin s'est rendu sur place pour en discuter avec le patron et les salariés de l'entreprise.


SAMP, implantée à Pont-sur-Sambre et Aulnoye, est une PME. A peine 22 salariés, dont 60% dans la recherche-développement. La formation représente 3,63% de la masse salariale, un niveau très élevé. La moyenne d'âge est de 44 ans et l'ancienneté dans l'entreprise de 20 ans.

Le ministère de la Défense entend faire un effort particulier en direction des PME. Un bureau spécial a été crée par la DGA pour servir d'interlocuteurs à ces petites et moyennes entreprises.

Le plan de relance va permettre de sauver sept emplois qui auraient dû être supprimés et d'en créer cinq nouveaux, soit un gain de 12 emplois. Vu de Paris, cela n'a l'air de rien, mais la SAMP est implantée dans un bassin d'emploi où le taux de chômage est très élevé, de l'ordre de 14%. Parmi les emplois crées, un poste "commercial export" a été confié à un cadre de 61 ans.

Pour le ministère de la Défense, le plan de relance se chiffre au total à 2,4 milliards d'euros  : 110 millions d'études amont, 240 millions de travaux dans le BTP, 500 millions de factures payées plus vite et 1,6 milliards de commandes nouvelles. Le sauvetage de la SAMP représente donc 0,3 % du plan de relance pour la Défense.


Pour un industriel, fabriquer des bombes n'est pas une sinécure : "Je ne fais pas un produit noble. Quand je vais voir un banquier, toute le monde s'enfuit en courant", assure le patron de la Samp Christian Martin.

Reste que ce type d'entreprises est confronté à deux types de choix stratégiques : comment se diversifier et trouver des marchés à l'exportation ?

La Samp fabrique des corps de bombes en aciers spéciaux : Mk 81 (125 kg), Mk 82 (250 kg) et Mk 83 (500 kg). Après leur usinage, c'est la société Eurenco, du groupe SNPE, qui les remplit d'explosifs. Puis les kits de guidages sont ajoutés.

La Samp développe aujourd'hui des bombes pénétrantes capables de percer du béton et réduisant les dommages collatéraux, pour des emplois en zone urbaine. La vitesse de pénétration est de 292 m/seconde. Dans une bombe de 250 kg, la charge explosive pèse 86 kg. L'idée est de réduire cette charge jusqu'à 28 kg afin de limiter les effets de l'explosion.

Au niveau mondial, les Etats-Unis sont le premier producteur de bombes d'avions. Le prix de base d'un corps de bombe d'emploi général de 250 kg est de 3000 euros et celui de sa charge explosive de 3000 euros également. Les kits de guidage font monter la facture de manière vertigineux.  Paveway 2 : environ 18.000 euros, Enhanced Paveway : 35.000 euros. A2SM : 100.000 euros. C'est le prix à payer pour ne plus recourir aux tapis de bombes.

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