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24/02/2010

PIGS... Le destin des USA est-il de suivre la Grèce dans sa crise ?

Glenn Beck: Is U.S. Doomed to Follow Greece Into Crisis?

Friday, February 12, 2010

 

Grève générale en Grèce contre le plan d'austérité

AP | 24.02.2010 | 10:48

Les salariés du public et du privé ont entamé mercredi une grève générale de 24 heures en Grèce afin de protester contre le plan d'austérité du gouvernement, destiné à assainir les comptes publics du pays.

Cette première grève générale depuis l'élection du gouvernement de centre-gauche en octobre dernier a déjà entraîné l'annulation de tous les vols au départ et à l'arrivée des aéroports grecs. Les trains et les bateaux fonctionnaient au ralenti.

Des millions d'habitants de la banlieue athénienne ont dû trouver des solutions pour se rendre dans la capitale, alors que les écoles et les administrations étaient fermées. Les journalistes suivaient également une grève de 24 heures.

Deux manifestations séparées sont prévues dans le centre d'Athènes, à l'appel des deux principales confédérations syndicales, celle du secteur privé, GSEE, et celle du public, ADEDY, toutes deux férocement opposées aux mesures de rigueur annoncées par le gouvernement de Georges Papandréou. Le Premier ministre socialiste a promis à Bruxelles de ramener le déficit public de 12,7% du PIB à 8,7% cette année. AP

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Grèce : Bruxelles nie toute avance de fonds

[ 22/02/10  - 18H44   - actualisé à 18:56:00  ]

Le "Spiegel" a affirmé lundi qu'un plan de 25 milliards d'euros serait à l'étude. L'idée d'aider un pays qui a fauté continue de hérisser la majorité des Allemands.

Les propos du "Spiegel" n'y ont rien fait. Le journal allemand avait beau avancer, dans son édition de samedi, que les pays de la zone euro travaillaient actuellement à l'élaboration d'un plan visant à débloquer jusqu'à 25 milliards d'euros pour venir en aide à Athènes, les démentis ont fusé. Lundi, à Bruxelles, c'est le porte-parole de la Commission, Amadeu Altafaj, qui a réagi : "Je n'ai pas de commentaire à faire sur un tel plan qui n'existe pas", a-t-il assuré. Et de poursuivre: "Il n'y a pas le moindre euro, car la Grèce n'a pas demandé le moindre euro d'aide financière."

La veille, c'était le ministère allemand des Finances, qui avait également nié un tel projet. Des dénégations qui s'expliquent en partie par le contexte politique allemand: l'idée d'un soutien financier à la Grèce continue d'être très largement rejetée outre-Rhin. Hier, le plus populaire des journaux allemands, "Bild", croyait savoir, en "une", que la facture de la banqueroute grecque pourrait aller "jusqu'à 5 milliards d'euros" pour ses compatriotes (voir photo ci-dessus). D'où la prudence d'Angela Merkel sur ce dossier, qui a obtenu des Européens qu'ils n'affichent qu'une solidarité de principe avec la Grèce, sans évoquer le moindre transfert financier. Hier, un porte-parole du ministère allemand des Finances a même estimé qu'il allait "sans conteste falloir réfléchir" à la question de "nouvelles règles et possibilités de sanction" contre les pays dont les finances dérapent.

Le Premier ministre grec, Georges Papandréou, préférerait pourtant une déclaration forte de ses partenaires européens - donc une annonce chiffrée. Alors que l'Etat grec doit bientôt procéder à une émission de dette, le chef du gouvernement a estimé qu'un soutien plus explicite de ses partenaires lui permettrait d'emprunter sur le marché "à des conditions normales", et non à des taux prohibitifs.

Une pression maximale

En attendant, les Européens maintiennent une pression maximale sur Athènes. Alors qu'une grève générale est prévue demain dans le pays, des membres de l'Union européenne, de la Banque centrale européenne et du FMI doivent se rendre, cette semaine, sur place, pour discuter avec le gouvernement des mesures d'austérité additionnelles qu'il pourrait mettre en oeuvre. Seraient notamment à l'étude une hausse de la TVA ainsi que de nouvelles coupes dans les salaires des fonctionnaires. Dans cette grisaille, le gouvernement grec peut s'accrocher à une lumière: un nouveau sondage vient de confirmer le large soutien populaire dont il jouit actuellement. Trois quarts des Grecs sont opposés aux grèves tant que la crise n'est pas passée, et la même proportion reproche au gouvernement... d'avoir tardé à prendre ses mesures d'austérité.

GABRIEL GRESILLON

Notre dossier

Peur sur les " PIGS"

 

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L'Amérique sous la menace d'une crise grecque

Les Etats-Unis pourraient être confrontés à une crise financière et de confiance aussi grave que celle de la Grèce.

Mercredi 24 Février 2010 SLATE.fr

L'Amérique pourrait bien un jour prochain se retouver dans la même situation que la Grèce. Le Midwest ne sera pas recouvert de ruines anciennes et les Texans ne troqueront pas leur hamburger pour de la feta. Je veux dire que la crise financière grecque est comparable à ce que pourraient connaître les Etats-Unis dans quelques années s'ils continuent à faire les mêmes erreurs que les Grecs au cours des dix dernières années.

Vous n'avez pas suivi cette saga? C'est très simple à résumer: la Grèce a fait faillite. Et bien que la faillite de la Grèce ait défrayé la chronique seulement la semaine dernière (le grave état financier d'Athènes menace la stabilité de l'euro), la vérité, c'est que la Grèce est en faillite depuis plusieurs années. En 2009, son déficit budgétaire représentait 12,7% de son PIB (produit intérieur brut); sa dette globale n'atteignait pas moins de 113,4% de son PIB. Ce ne sont pas des situations qui se créent du jour au lendemain.

Très faibles investissements étrangers

Certains des problèmes que rencontre la Grèce sont très spécifiques. Le système juridique du pays est complètement désuet, la bureaucratie semble tout droit sortie d'un roman de Kafka, et certaines de ses lois sont d'une complexité inutile, pire qu'aux Etats-Unis. A titre d'exemple, le Wall Street Journal nous apprend que la Grèce est pratiquement le seul pays développé à ne pas disposer d'un système de cadastre centralisé et informatisé. Par conséquent, des agriculteurs pourraient exploiter en douce des terrains publics et en devenir finalement les propriétaires de facto. En outre, comparée au reste de l'Europe, l'économie de la Grèce est particulièrement fermée. Les obstacles à l'implantation d'une activité commerciale sont très nombreux, aussi bien sur le plan juridique qu'informel, ce qui explique en partie que le niveau d'investissements étrangers dans le pays soit l'un des plus faible du monde.

La Grèce porte ces fardeaux depuis très longtemps. Pourtant, rien n'a été fait, car ce pays caractérisé par une politique partisane est complètement paralysé. Il suffit de voir ce qui se passe quand le gouvernement tente de réformer la sécurité sociale (repousser l'âge de la retraite, mettre fin aux retraites anticipées): des émeutes généralisées ont eu lieu après l'adoption d'un projet de loi sur la réforme des retraites, et le gouvernement s'est mis à dos la population à tel point qu'il a perdu les élections. On ne peut pas moderniser le système de cadastre grec parce que ceux qui se sont illégalement approprié des terres riposteront. On ne peut pas réduire les barrières à l'investissement parce que les lobbies économiques sont plus puissants que les responsables politiques.

La classe politique grecque est consciente des problèmes économiques de son pays, mais elle nie leur existence. Au mois de janvier, la Commission européenne a publié un rapport dans lequel elle accuse le ministre grec des Finances et le service des statistiques du pays de «graves irrégularités» découlant des «données inexactes» qui ont été fournies. Traduit en langage européen, les commissaires pensent que la Grèce a menti. Le déficit budgétaire de 12,7% devait, selon les prévisions initiales, être de 3,7 %. En outre, beaucoup d'autres chiffres communiqués par la Grèce semblent bien pires en réalité. Aucun pays ne fait des erreurs de calcul comme celles-là par accident.

La Grèce n'est pas seule à présenter une telle faiblesse financière. Plusieurs autres pays européens sont actuellement dans le même cas: on les appelle les PIGS: le Portugal, l'Italie - ou parfois l'Irlande -, la Grèce et l'Espagne. (Outre la simple succession des lettres qui constituent le sigle, «pigs» signifie «cochons» en anglais).

Et l'Amérique?

Sur un plan un peu différent, les Etats-Unis ont une faiblesse qui s'apparente à celle de la Grèce. Bien que ses problèmes soient différents, l'Amérique est elle aussi paralysée politiquement, avec une politique fortement partisane. Impossible de réformer la sécurité sociale américaine. George W. Bush a «essayé» sans conviction; en fait, il a abandonné avant même de commencer véritablement. La réforme santé demeure incertaine. Hillary Clinton n'a pas réussi. Quant à Barack Obama, malgré sa coûteuse tentative d'édulcorer son projet, il risque lui aussi d'échouer sur ce front. On ne peut pas diminuer l'influence des lobbyistes. On ne peut pas dompter la capacité des groupes d'intérêts à influer sur les lois. Certes, les agriculteurs américains ne squattent pas les terrains appartenant au gouvernement fédéral, mais certains d'entre eux dépendent d'énormes subventions perturbatrices, qu'on ne peut apparemment pas réduire.

Heureusement que Washington n'a pas besoin de remettre ses statistiques financières à une entité supranationale comme la Commission européenne. Nul besoin, donc, de mentir aussi franchement sur les chiffres. Mais outre le gros déficit budgétaire des Etats-Unis à l'heure actuelle (9,9% du PIB, et il est en hausse), la Maison Blanche a également un passif rarement reconnu. Les coûts de Medicare et de Medicaid sont en train d'augmenter, de même que le coût des soins réservés aux vétérans. Les marchés considèrent que les immenses dettes liées au sauvetage des établissemenys de crédit immobilier Fannie Mae et Freddie Mac sont pris en charge gratuitement par le gouvernement américain. Et il se peut que ces institutions demandent au gouvernement de les financer de nouveau à l'avenir. Personne ne ment à ce sujet, mais il faut dire qu'on n'en parle pas beaucoup.

Bonne nouvelle, cependant: la faillite du gouvernement américain ne fait pas la une. Et ce n'est pas demain la veille. La simple taille du pays, l'entrepreneuriat propre aux Etats-Unis et leur culture du business relativement ouverte leur permettront d'avancer pendant encore longtemps. Néanmoins, la crise grecque montre que la combinaison dette-impasse politique peut s'avérer fatale. La catharsis que nous ressentons en observant les événements (ce mélange de pitié et de crainte selon Aristote) devrait nous rendre bien plus inquiets que ce que nous l'avons été jusqu'ici.

Anne Applebaum

Traduit par Micha Cziffra

LIRE EGALEMENT: L'arnaque grecque, Tragédie grecque, débandade européenne et Le dollar va-t-il se crasher?

Image de une: le cadran à New York qui mesure en temps réel la dette de l'Etat fédéral américain Shannon Stapleton / Reuters

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11:28 | Lien permanent | Commentaires (2) |

 
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