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25/07/2010

La révolte des autonomes

extrait:

22 janvier 78 : Week-end contre l’Europe des polices à l’université de Strasbourg : les trois présidents d’université communiquent : « Il n’est pas question que les facultés strasbourgeoises hébergent les participants à ce rassemblement ». Le rassemblement est interdit. Le veille, FR3 région mettait en garde la population contre la venue de « deux mille étrangers, armés et casqués » un commerçant ironisera : « Ce serait la première fois que les barbares viennent de l’Ouest ». Le rassemblement sera empêché par un quadrillage policier sans précédent.

 

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Autonomes* : de la révolte à l’auto construction

1977/1981 Chronique du mouvement autonome parisien

*Petit Larousse Autonome, adj.(du grec autos, soi-même, et nomos, loi) Qui jouit de l’autonomie. Région autonome. Elève autonome. Gestion autonome : organisation d’une entreprise telle que chaque secteur, chaque atelier est indépendant des autres. Adj. et nom : se dit de certains contestataires, génération de la mouvance d’extrême gauche, qui rejettent toute organisation politique.

Parmi la génération des vingt trente ans qui se revendiquent aujourd’hui de « l’autonomie » peu connaissent l’histoire du mouvement autonome qui a défrayé la chronique avant l’ère Mitterrand et qui a été très peu documenté. Tout au plus quelques grandes lignes qui constituent une sorte de « contre culture » de la révolte trop souvent assimilée au catastrophique groupuscule « Action directe ». Les « autonomes » d’aujourd’hui sont plus préoccupés par la construction réelle de leur autonomie. On en trouve beaucoup dans le monde rural, le plus souvent en réseau, s’occupant de construire leur habitat avec des matériaux naturels, de produire leur alimentation tout en essayant de trouver des énergies alternatives. Ils tentent ainsi de « se construire eux mêmes » .

L’extrême gauche est en crise. Dissolution de la « Gauche prolétarienne » maoïste et de son journal La Cause du peuple. En 1976, des assemblées générales à Jussieu réunissent des centaines de militants qui veulent poursuivre le combat, auxquels s’ajoute une nouvelle génération d’étudiants pauvres et de chômeurs. L’émergence du mouvement des radios libres, de revues comme Camarades, Matin d’un blues, l’ouvertures de squatts politiques créent des pôles de « recomposition du mouvement ». S’organiser pour satisfaire ses besoins quotidiens sur l’habitat, les transports, la nourriture et les loisirs entraînent autant d’ « auto-réductions », c’est-à-dire le non paiement. Pour ces personnes, les luttes urbaines se font sur le terrain social, pour soi-même et pour l’expression d’une révolte qui prend de multiples visages (comme le montre la chronologie qui suit).

L’expression politique de cette mouvance justifie son existence en expliquant que l’automatisation de la production entraîne forcément un chômage de masse qui ne pourra que s’amplifier. L’Etat devra alors redistribuer un revenu garanti à chaque individu pour qu’il puisse choisir librement ses activités. Ce revenu garanti entraînera de fait une hausse des salaires provenant du travail aliéné. Cela ne pourra advenir que par une lutte sans merci avec l’Etat. En attendant cette démocratie sociale, les autonomes prendront l’argent là où il se trouve : dans les banques. Toutes les actions qu’ils médiatisent en utilisant le plus souvent la violence sont faîtes pour donner des orientations afin que quiconque s’y reconnaissant crée son groupe autonome selon ses affinités.

Il y aura donc un mouvement organisé et un mouvement diffus.

Une enquête réalisée en octobre 1979 par la revue Les dossiers de l’étudiant (cité par Laurent Greilsamer dans « Les autonomes de l’An III », Le Monde du 16/10/79)

indique que 0,9% de la population scolarisée après le baccalauréat se déclare autonome (soit 9 778 personnes), 13,1% sympathisants (soit 136 428 personnes) 30% indifférents, 33,8% en désaccord, alors que 22,3% ignorent tout de ce qu’ils représentent. 24,5% des étudiants estiment qu’il est normal de « piquer de la nourriture dans un grand magasin », 8% de « braquer une banque » 28,8% de ne pas payer ses impôts, 64,1% de refuser de faire son service militaire et enfin 6,7% qu’il est « normal » de casser une vitrine.

Note d’intention du réalisateur

J’ai côtoyé le mouvement autonome parisien, notamment en participant au « Collectif de défense militante » qui s’occupait de la défense des autonomes emprisonnés, j’ai ensuite collaboré au magazine Gueule (ex La Gueule Ouverte). Il s’agit de faire un documentaire historique se servant du principe de la chronologie, en sollicitant l’INA pour les archives télévisuelles et les agences de presse pour les photos. Trois intellectuels reconnus s’exprimeront sur le sujet :

Yann Moulier-Boutang, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et directeur de publication de la revue Multitudes analysera la dernière révolte des banlieues.

Antonio Negri, philosophe, (L’Anomalie sauvage : puissance et pouvoir chez Spinoza PUF 1982, Le pouvoir constituant : essai sur les alternatives de la modernité PUF 1997) dernier ouvrage paru en collaboration avec Michael Hardt Empire (Harvard University Press, Exils, 10/18) (600 000 exemplaires vendus) développera son point de vue sur la notion de forces sociales constituantes d’une alternative à la machine capitalistique.

Bernard Nadoulek, fondateur du journal Matin d’un Blues en 1977, dernier ouvrage paru L’épopée des civilisations (Eyrolles 2005) s’exprimera sur l’emploi de la violence (de la part du pouvoir et/ou du « contre pouvoir » comme forme de non résolution des problèmes sociétaux

Un certain nombre de protagonistes de ce mouvement seront interviewés sur cette époque. Ils sont aujourd’hui directeur de radio associative, professeur, infographiste, écrivain, journaliste, vidéaste, animateur d’association de lutte contre le chômage, travailleur précaire, artiste. En épilogue de ce film, ils s’exprimeront également sur les questions posées à l’époque qui ne sont toujours pas résolues à ce jour.

Dans les balbutiements des radios pirates, une coordination se crée « l’Association pour la libération des ondes (ALO) ». « Le point de vue de l’autonomie sur cette question des moyens de communication de masse est que cent fleurs s’épanouissent, que cent radios transmettent.. » (La révolution moléculaire. Félix Guattari)

Fin 76 debut 1977 : à la faculté de Tolbiac, des inorganisés se baptisent « collectif étudiants autonomes », après le détournement du réseau de haut-parleurs baptisé « Radio Tolbiac en Lutte, RTL » qui dénoncent notamment les restaurants universitaires « trop chers et pas bons » « une soixantaine d’entre eux s’emparent de deux cent repas à Censier pour les distribuer. Une bombe ? Vingt minutes plus tard, un millier de repas est donné à Jussieu…. L’idée fait boule de neige : des commandos de la gratuité fleurissent alors à la pitié Salpétrière, à Villetaneuse, à Strasbourg et à Aix-en-Provence » ( « La galaxie des autonomes », Le Monde du 25/01/78) Mars 1977 : au siège de la BNP, une grève est lancée au centre de traitement informatique par un collectif autonome qui opère au sein de la CFDT, un an plus tard, la confédération « lassée », suspendra provisoirement sa section BNP. 23 mars 1977 : assassinat de Jean Antoine Tramoni par « Les Noyaux Armés pour l’Autonomie Populaire ». Tramoni était le meurtrier en 1972 de Pierre Overney, militant maoïste chez Renault. 31 juillet 1977 : Malville la manifestation préparée depuis des mois s’annonce comme un événement significatif. L’extrême gauche et la coordination des comités Malville souhaitent « une manifestation non-violente-offensive », la majorité des opposants à la construction du surgénérateur espèrent qu’une grande manifestation pacifique suffira à faire reculer le projet, alors que les divers groupes de la mouvance autonome et libertaire ne croient qu’à l’affrontement avec la police pour au moins signifier leur opposition radicale. Les médias avaient préparées l’opinion en annonçant l’arrivée de groupes autonomes étrangers réputés violents. Les CRS purent ainsi tirer des grenades offensives sur les manifestants : un mort, deux amputations et cinquante mille manifestants trempés par une pluie battante. Libération avec Claire Brière pouvait alors écrire : « L’heure du Peace and Love écologique contre le nucléaire c’est fini ». 23 octobre 1977 : occupation de Libération par plus d’une centaine d’autonomes qui exigeait la parution d’un quatre pages dans le journal pour expliquer leur vision de l’affaire Baader que Libération avait censurer selon eux. L’assemblée parisienne des groupes autonomes déclare à cette occasion : « Cette occupation signifie clairement a toutes les puissances de ce monde de Paris à Moscou en passant par Pékin et Rome, qu’elle se donnera tous les moyens pour favoriser le mouvement prolétarien écrasé en France en 68 par les bureaucrates syndicaux et gauchistes ». 19 novembre 1977 : manifestation contre l’extradition de Klaus Croissant, l’avocat de Baader. Des centaines d’autonomes font dégénérer le cortège, cassent des vitrines, s’affrontent avec les CRS notamment aux cris de « Libérez Croissant, extradez Krivine » 24 novembre 1977 : au petit matin la police expulse les occupants des squatts de la rue Vercingétorix, de la rue de l’Ouest, de la rue du Château et du passage de Vanves dans le 14ème à Paris alors que le Conseil de Paris venait de « suspendre les expulsions jusqu’au 31 mars 1978 ». Le soir, une manifestation d’un millier de personnes revendiquent « le droit de vivre dans le 14 ème » . Vers 20 H, des groupes autonomes attaquent les CRS avec des cocktails molotovs, des petites barricades sont dressées afin de revenir dans les immeubles évacués. Les locaux de la SEMIREP (Société de rénovation du secteur Plaisance) sont incendiés.(Le Monde du 26/01.78) En province 24 décembre 1977, Grenoble : au cours d’une manifestation pour la libération de Joël Larrive et Patrick Bunoz, accusés d’avoir voulu faire sauter la clôture entourant la centrale nucléaire en construction à Malville, une vingtaine de personnes du groupe « Tornade blanche » détruisent les marchandises des « Dames de France » à l’eau de Javel. Parmi eux, Jeanne, 28 ans, institutrice durant deux ans : « J ‘ai l’impression que la marchandise m’a toujours étouffé : j’en veux pas… » (Libération 17/01/78).

la suite ici

23:08 | Lien permanent | Commentaires (0) |

02/06/2009

There is No Authority But Yourself

There is No Authority But Yourself is a Dutch film documenting the history of anarchist punk band Crass. The 'anarcho-punk' band Crass never compromised, was very political and never had faked some sort of appearance. They were honest. Real. And extremely popular. Some of the members are still living together in Dial House, a quiet place in the countryside just outside London. 'Permaculture' workshops ('living ecologically and sustainable') are organized there. Penny Rimbaud (drummer) en Gee Vaucher (art works) are still living up to Crass' ideals. They are trying to live an authentic life 'outside the framework'

 


 

 

20:05 | Lien permanent | Commentaires (0) |

La résilience...Quel rôle joue-t-elle dans les chemins vers l’autonomie ?

Nous nous penchons sur la résilience car une question brûle nos lèvres : Quel rôle joue-t-elle dans les chemins vers l’autonomie ?

Nous passons tous par des tumultes et bien que cela puisse paraître difficile à vivre sur le moment, avec le recul nous constatons que nous avons progressé et que nous nous sommes construits un peu plus. Cependant, seuls, nous pouvons faire un bout de chemin mais les liens affectifs et sociaux sont primordiaux pour le développement de l’être humain tout comme ils sont l’essence même de la résilience.

La résilience et son origine

L’expression de résilience prend sa source en physique. Il définit l’aptitude d’un corps (matériau) à résister au choc et à reprendre sa forme initiale.

Quand il est passé dans les sciences sociales, le terme de résilience a désigné « la capacité d’une personne ou d’un système social à vivre et à se développer positivement malgré des conditions de vie difficiles, et ce de manière socialement acceptable. » En d’autres termes, « la capacité à réussir, de manière acceptable pour la société malgré l’adversité. » [1] Sur le plan psychique, le terme de résilience désigne la possibilité pour un individu de développer des mécanismes de résistance et de survie malgré les déséquilibres de l’existence, des circonstances difficiles, des malheurs, un choc traumatique ou un environnement défavorable, voire hostile.

Deux regards sur la résilience

Dans le livre Un merveilleux malheur [2] , Borys Cyrulnik exprime l’émerveillement, l’étonnement d’écrivains ou spécialistes face aux enfants qui « ont su triompher d’épreuves immenses et se faire une vie d’homme malgré tout. » La résilience est le signe clairvoyant de l’inattendu et de l’espoir.

Boris Cyrulnik définit la résilience comme "l’art de naviguer dans les torrents". Personne ne peut prétendre être à l’abri des épreuves de la vie mais tous, sommes potentiellement capable de rebondir et de les surmonter. Toutefois, Stefan Vanistendael présente la résilience comme étant indissociable de la résistance à la destruction (capacité de la personne à protéger son intégrité lorsqu’il est forcé à de fortes pressions) et la capacité à se construire une vie riche en dépit de circonstances difficiles.

Il est parfois étonnant de constater dans une fratrie où les adversités sont présentes, que les frères et sœurs construisent leurs vies différemment. La sœur s’en sortira tandis que les autres enfants reproduiront les schémas biaisés, voir destructeurs sur eux ou leur famille. Mais en fin de compte, qu’est-ce qui fait qu’un jeune plutôt qu’un autre est résilient ?

Pour réponse, voici certains éléments de la personnalité qui peuvent renforcer la double capacité de résistance et de construction appelés, les éléments de constructions [3] :

a) Les réseaux informels de soutien (relations familiales et amicales) qui reposent sur une relation d’acceptation inconditionnelle de l’individu par au moins un adulte. Cette acceptation constitue probablement la base sur laquelle tout le reste va s’édifier.

b) La découverte d’un sens, d’une logique, d’une cohérence. Cet aspect est lié à la vie spirituelle et à la religion.

c) Des aptitudes sociales et le sentiment de maîtriser quelque peu les événements de la vie et de pouvoir résoudre les problèmes.

d) Une image positive de soi (l’estime de soi)

e) Le sens de l’humour ou un environnement dans lequel l’humour peut s’épanouir. Une attitude positive et réaliste envers soi et face aux circonstances.

Ces points-ci sont des ressources qui vont permettre à l’enfant, au jeune, d’accroître sa résilience. Il est fort possible que ces ressources soient présentes dans l’environnement de l’enfant, mais sans le connaître vraiment. Il s’agit donc de le mettre en relation avec celles-ci. Si ces ressources font défaut dans son milieu, il est question de se demander comment nous pouvons les intégrer dans diverses structures ; les écoles, les structures sociales afin que l’enfant, le jeune, puissent en profiter.

Le rôle de la résilience

Il fut une époque où la fatalité était le créneau des psychologues, des psychiatres, de la société. Boris Cyrulnik fut le premier, dans le monde francophone à parler d’enfants qui, doués d’une grande force intérieure, s’en sont sortis suite à des traumatismes, des adversités. Ces enfants qui auraient dû tomber sans jamais se relever ; ces enfants sont devenus, les enfants de l’inattendu.

Là où rien ne ferait penser qu’un jeune puisse un jour prendre sa vie en main au gré de l’adversité, il est néanmoins, des jeunes qui rebondissent plus au haut que l’épreuve, qui en ressortent plus forts, plus vaillants et régénérés. L’inattendu et l’espérance triomphent de la fatalité et pour certain, il a suffit juste d’une force extérieure, une personne qui croit en lui pour que ses capacités de résilience se mettent en route.

 

[1] Stefan Vanistendal, La résilience ou le réalisme de l’espérance. Blessé, mais pas vaincu. Edition Les Cahiers du Bice, Genève, 3ème Edition 1998, p.9

[2] Boris Cyrulnik, Un merveilleux malheur. Editions Odile Jacob, Paris 1999

[3] Stefan Vanistendal, La résilience ou le réalisme de l’espérance. Blessé, mais pas vaincu. Edition Les Cahiers du Bice, Genève, 3ème Edition 1998, p.16

19:55 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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