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27/05/2010

Accidents du travail : faut-il armer tous les salariés ?

"C'en est trop. On ne peut pas laisser nos collègues tomber comme des mouches !" Après le drame de Villiers-sur-Marne, les salariés du bâtiment expriment leur ras-le-bol. Jeudi dernier, Carmelo M., un maçon de 36 ans père d'une petite fille de 18 mois, est décédé en chutant d'un échafaudage. Au mépris de toutes les consignes de sécurité, son patron l'avait forcé à monter. Une mort inacceptable, qui vient rappeler des statistiques effarantes. Pour la seule année 2008, plus de 700 000 personnes ont été victimes d'un accident du travail, pour 569 décès.

"Si j'avais un taser je ne me ferais pas toutes ces ampoules aux mains avec ma matraque!"

"La sécurité est la priorité des français. Risquer sa vie en venant travailler relève de la barbarie pure et simple". Brice Hortefeux n'a pas mâché ses mots. Tout en précisant que les "coupables seraient inéluctablement interpelés", il entend mener "une guerre sans pitié aux patrons voyous, (...) ces patrons qui volent, ces patrons qui tuent". Mais face à une menace qui a évolué, il faut imaginer des solutions nouvelles. Le criminologue Xavier Raufer se veut précis : "Le capitalisme de papa c'est terminé. Les salariés ont face à eux des patrons sans scrupules qui cherchent le profit immédiat. Soutenus par des mafias internationales, ils n'accordent aucune valeur à la vie". D'où l'idée du ministère du travail de donner aux salariés les plus précaires les moyens de se défendre. "L'idée serait de permettre aux gens de se syndiquer sans représailles, ou alors de posséder une arme non létale comme le code du travail". Une idée d'emblée rejetée par le Medef, qui craint de voir les relations "se tendre" dans les entreprises.

Les accidents du travail touchent toutes les catégories socio-professionnelles.

Les collègues de Carmelo se montrent eux aussi perplexes sur l'efficacité de telles mesures et réclament des "tasers". "Si à l'époque le taser avait existé, le baron Empain pourrait peut être encore se gratter l'oreille gauche". A bon entendeur...

Piqué au tas chez "Le blog de Jean-Pierre Martin, un petit cadre dans une grosse boiboite"

 

07:20 | Lien permanent | Commentaires (0) |

12/04/2010

Deux accidents du travail mortels - Deux traitements différents...

Deux accidents du travail mortels

Le premier, même en étant sourd et aveugle, vous n’avez pas pu y échapper : éditions spéciales, visite et discours ministériel, visite et discours présidentiel, parole largement donnée aux collègues et aux représentants syndicaux dans les médias, présence d’un chef de gouvernement étranger lors des obsèques, promesses de répression accrue contre les coupables, commentaires attendris dans la presse... Rien n’a manqué !

Le second, si vous en avez entendu parler, c’est que vous êtes vraiment bien informé : pas un seul ministre, encore moins de président, pas même un simple sous­préfet, aucune interview des camarades de travail sur les ondes, pas de délégation officielle aux obsèques, impunité garantiepour les coupables, quelques lignes dans la presse locale... Circulez, y a rien à voir !

Pourtant, dans les deux cas, c’est bien la même chose qui s’est produite : un homme est mort des suites de son travail.

Oui, mais voilà, un de ces hommes était un "simple" ouvrier du bâtiment*1, l’autre un policier. Même sans être anarchosyndicaliste, avec cette simple indication sur leurs professions respectives, vous avez compris lequel n’a eu droit à rien.

L’un a été traversé d’une balle, l’autre s’est écrasé au sol : une chute de trente mètres. Horrible, non ? Certes, ce n’était qu’un simple intérimaire, certes, il portait un nom qu’un sénateur UMP pourrait juger pas issu "du corps français traditionnel", mais quand même, quand on voit la débauche de réactions pour le premier, on peut estimer que le
deuxième aurait quand même pu mériter un petit quelque chose . . . comme tous les copains du bâtiment et d’autres industries qui meurent, tous les ans, et qui sont eux victimes de l’exploitation, victimes de leurs conditions de vie, et pourquoi pas finalement eux aussi, « victimes du devoir ».

Justement, c’est bien de ça qu’il s’agit. Les chiffres des amis de la police indiquent que, de 1971 à nos jours, "on peut estimer à 620 environ le nombre de policiers français ayant trouver la mort en service". Un peu plus de 600 morts, en presque quarante ans, ça fait une moyenne de 21 par an. C’est une moyenne sur une longue période (qui inclut manifestement les accidents de la route...) car les choses ont changé et les chiffres actuels sont infiniment plus modestes : 7 morts en 2009.

Comparons. Les chiffres, officiels de la CNAM concernant les ouvriers du bâtiment indiquent, pour la période allant de 1990 à 2008 (je n’ai rien trouvé depuis 1971) un total de 3 420 morts, soit une moyenne de 180 morts par an,... pratiquement 8 à 9 fois plus que les policiers si l’on prend l’hypothèse la plus large ! Et si l’on compare la dernière année connue pour le bâtiment (2008 avec 155 morts) et le chiffre de 7 policiers morts en 2009, on voit qu’il y a pas photo : 22 fois plus de morts dans le bâtiment que dans la police. Et dire qu’aucun ministre ne s’en est aperçu...

Le 17 Mars 2010 Fernandes Morera est mort dans un accident du travail dans l’indifférence générale. Il construisait un bâtiment industriel pour Airbus Blagnac.


Pour lui rendre hommage, rendez­-vous le samedi 17 Avril à 11h30 devant Pôle Emploi, avenue E. Dewoitine à Toulouse

 

http://anarsonore.free.fr/spip.php?article481

15:11 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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