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18/07/2010

Grenoble City is burning II - De l'établissement d'un ordre public à la pacification sociale

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DR. Ordre public. ,,Ensemble des institutions et des règles destinées à maintenir dans un pays le bon fonctionnement des services publics, la sécurité et la moralité des rapports entre les particuliers`` (Cap. 1936). Contraire à l'ordre public; troubler l'ordre public. C'est quand l'État est en danger, c'est quand l'ordre public est troublé, qu'il faut demander à la justice et aux lois un appui contre la révolte (Scribe, Bertrand, 1833, iv, 5, p.198). L'ordre public et la sécurité des citoyens ne demandaient que la garantie des possessions; pourquoi la loi a-t-elle créé des propriétés? (Proudhon, Propriété, 1840, p.203). Le maintien de l'ordre public appartient exclusivement à l'autorité française (De Gaulle, Mém. guerre, 1954 p.560).P. méton. Stabilité sociale, respect des institutions en vigueur, de la hiérarchie sociale. Partisan de l'ordre. La France, sous un ordre apparent, est toujours en révolution (Michelet, Journal, 1856, p.309). Comme ils [des sergents de ville] arrêtaient les voitures pour ne laisser passer personne, le jeune homme traversait, sans en avoir besoin, pensant faire plaisir à ces soutiens de l'ordre (Montherl., Bestiaires, 1926, p.395):
11. «Le parti de l'ordre a toujours été le même» dit Renan. C'est l'organisation des maîtres du monde, profitant de l'ordre établi (...). C'est le parti des plus forts, où toutes les puissances sociales se concentrent. Avec la loi pour théorie, avec la force pour ultima ratio, il fera jouer tous les ressorts pour garder la possession d'État.
Clemenceau, Vers réparation, 1899, p.IV.
En partic. Absence de troubles dans la rue. Maintien de l'ordre; maintenir, faire régner l'ordre; forces de l'ordre (v. force I C 2). Il y eut des scènes sanglantes; des barricades se formèrent, et les troupes envoyées pour rétablir l'ordre furent obligées de faire feu (Chateaubr., Mém., t.3, 1848, p.295). [P. allus. hist.] L'ordre règne à Varsovie. Les Prussiens entreront dans Paris et «l'ordre régnera à Varsovie»! (Flaub., Corresp., 1871, p.216):
12. Vous serez consigné quatre jours pour me poser des questions ridicules! Cette petite exécution fit son effet: on n'insista pas davantage, et les hommes, traînant leurs sabots, leurs gamelles au poing et leurs pains sous l'aisselle, s'en allèrent achever leurs repas où ils purent, sur le pied de leurs lits ou sur l'appui des fenêtres. Une fois de plus l'ordre régnait dans Varsovie.
Courteline, Train 8 h 47, 1888, 1re part., VI, p.74.


Action de pacifier; rétablissement de la paix. Depuis la bataille de Platée jusqu'à la pacification générale, il s'écoula trente années (Chateaubr., Essai Révol., t.2, 1797, p.46). Ainsi fut consommée la pacification de la cité, le mariage des deux ordres, l'unité de Rome (Michelet, Hist. romaine, t.1, 1831, p.150):
1. Grâce au progrès de la pacification, au progrès démocratique, au progrès social, on peut maintenant envisager le jour où les hommes et les femmes qui habitent l'Algérie seront en mesure de décider de leur destin, une fois pour toutes, librement, en connaissance de cause.
De Gaulle ds Doc. hist. contemp., 1959, p.217.
HIST. Édits de pacification. ,,Plusieurs édits des rois, qui avaient pour but d'apaiser les troubles de religion, dans le xvie siècle`` (Littré). Le traité conclu avec les révoltés fut accompagné d'un édit qui révoquait tous les édits de pacification accordés jusque là aux calvinistes (Thierry, Tiers État, 1853, p.138).


Contre l’ordre impérial, un ordre public démocratique et universel

La société mondiale est entrée dans une forme d’impérialisme qui n’est pas seulement le fait d’un gouvernement mais d’un système, celui d’un capitalisme financier multinational et intergouvernemental à la fois. Aucune résistance n’est tolérée à l’ordre ainsi imposé. Incapacité après le 11 septembre 2001 à s’opposer à la guerre en Afghanistan, silence de plomb sur la Tchétchénie, mutisme douloureux sur la Palestine, faiblesse de l’opposition à la guerre contre l’Irak par crainte d’apparaître comme favorable au régime en place à Bagdad, telles sont, sur les conflits les plus graves, les victoires de l’ordre impérial qui prend désormais l’humanité en otage et jette les plus déséquilibrés de ses membres dans l’impasse funeste du terrorisme. Sommes-nous condamnés à laisser faire ou obligés à pousser la seule communauté politique encore en état de s’exprimer, à savoir l’Europe, à s’engager dans la compétition militaire pour revenir (mais dans combien de temps et dans quel but ?) à une situation bipolaire ? Non, car il nous reste une arme trop peu utilisée : celle des idées, donc des valeurs qu’elles expriment.

Le peuple vietnamien, le peuple algérien, les peuples d’Afrique sous colonisation portugaise n’ont pas gagné leurs guerres contre l’Occident sur un rapport de forces matérielles favorable, bien au contraire. Ils les ont gagnées par la force d’une idée, celle d’émancipation, et l’irruption d’un changement de la norme juridique, avec l’affirmation du principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, qui a renversé la validité du colonialisme jusqu’alors reconnue.

Monique Chemillier-Gendreau

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Aux Insoumis de la pacification sociale

Il y a de plus en plus d’indésirables dans le monde, d’hommes et de femmes pour qui cette société n’a prévu qu’un rôle, celui de crever. La société ne nous désire qu’ainsi : morts pour le monde ou pour nous-mêmes.

Parce que l’exploitation, l’enfermement, le contrôle, l’isolement ou la domination ne sont pas que des mots, on peut se briser les os courbé sur une machine à coudre, comme derrière une chaîne de montage ; on peut tourner en rond dans une cage en attendant d’être ligoté dans un charter, comme compter les jours en attendant le prochain parloir derrière l’hygiaphone ; on peut aller chercher des mômes à l’école avec l’angoisse de se faire arrêter à la sortie, comme les y abandonner pour regarder tranquillement sa télé ; on peut s’entasser à dix dans une cave, comme on peut se croire chanceux dans une cage à poule ; on peut échapper à la rafle des flics pour retomber dans les filets de la communauté, comme on peut esquiver le contrôle de la BAC pour finir sous la coupe de ses grands frères ; on peut interpeller les petits voleurs en faisant le vigile, comme on peut dénoncer les incendiaires de poubelle de derrière sa fenêtre.

Dans cette guerre sociale sans trêve, ce n’est pas notre misère commune, mais la vigueur avec laquelle nous la combattons, qui nous permettra d’abattre ce système. Si nous nous sentons en l’occurrence solidaires des sans-papiers révoltés, ce n’est pas pour déverser un racket politique de souteneurs et créer un énième sujet politique qui serait vertueux de par sa condition. Et ce n’est pas non plus pour assister une victime en péril, à la façon des charognards humanitaires. Nous ne sommes pas du côté des indésirables, nous en sommes. L’entr’aide et la lutte ne peuvent ainsi se construire entre nous qu’à partir de bases de réciprocité et d’offensive.

Quand on nous vend l’image de la mère de famille élevant seule ses six enfants, de l’honnête ouvrier qui œuvre – pourtant – à la bonne santé de l’économie nationale, de l’enfant séparé de ses parents mais entouré de camarades de classe aimants, voire de l’universitaire reconnu jusque dans son bled, c’est la tactique du scandale qui pointe sa sale gueule de bonne sœur. S’indigner à grand renfort d’affect sur les « bons sans-papiers injustement réprimés », c’est faire comme si l’occupation policière, les rafles, les camps, les expulsions, mais aussi les marchands de sommeil ou de sueur, étaient des « dérives » à rectifier. C’est oublier que c’est aussi une conséquence très démocratique d’un monde qui transforme tout et tous en marchandise.

Des mutinés du vaisseau des morts

La suite ici : Aux insoumis de la pacification sociale

 

La pacification sociale, c'est l'assassinat !

Pourrions-nous encore nous duper ? L’image trompeuse de la paix sociale se tache de sang. Dans lombre de la course habituelle des choses, lordre prédominant exige une vie après lautre. À present, les lois et ses représentants révèlent assez clairement ce qu’ils étaient depuis toujours par essence : des assassins au nom de l’État. Pendant que les gens flânent apathiquement le long des rues commerciales, un homme se fait tuer lors dune tentative de déportation à Zurich. Au milieu des insignifiances quotidiennes, avec lesquelles les médias nous bourrent, en Bochuz (VD) les matons laissent étouffer un détenu rebelle dans sa cellule brûlante. Près du Fribourg les flics tuent un mec de 18 ans, suspecté davoir volé une voiture, par plusieurs coups de feu dans une embuscade. Mais le rythme monotone du monde du travail ne laisse guère le temps pour réfléchir sur de tels événements. Peu de temps après, deux hommes de plus meurent, cette fois dans une prison de Zurich et de Schaffhouse. Chaque mort en prison est un assassinat, parce quelle est provoquée par une violence extérieure qui se pose au-dessus de nous. Et si ce nest pas la matraque dun maton, cest lexistence réduite à quelques mètres carrés. À Pfäffikon se pend un homme de 40 ans, qui était en prison pour vol. Une personne de plus est grièvement blessée par un feu dans sa cellule. À nouveau un réfugié tombe de la soute dun avion.

 

Et tout ça, ce ne sont que les choses, qui ont surpassé les murs et les medias pendant les trois derniers mois ici en Suisse…

 

Les mesures politiques et juridiques avec lesquelles on prétend soccuper de tels «malheurs», ne servent quà maintenir la paix sociale. Pourquoi sengager encore dans cette duperie qui ne fait rien que nous empêcher de transformer la rage en révolte. En révolte contre cette course bien trop habituelle des choses… La prison, cest la torture, là il ny a pas de question. Et la société qui en a besoin ? Qui accepte et justifie de tels assassinats ?

La suite ici : La pacification sociale, c'est l'assassinat !

http://toofik.com/IMG/jpg/pacification.jpg

Pacification 1 Algerie 1954. Huile sur rhodoïde - 25,3/19,1 cm  2007

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