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07/04/2010

Coup de force des antinucléaires à Mont de Marsan

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Leurs intentions étaient connues. Un dispositif policier et militaire avait été déployé. Pourtant samedi 3 avril, 13 militants opposés à la prolifération des armes nucléaires ont pénétré dans la base militaire de Mont-de-Marsan.

Le dossier brûlant du nucléaire militaire revient sur le devant de la scène diplomatique. La conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) se tiendra à New York du 3 au 28 mai 2010. Hier matin mardi, dans le New York Times Barack Obama entendait restreindre l’utilisation des armes nucléaires, y compris pour l’autodéfense.

Le collectif français "non au missile 51" ne pouvait pas espérer un contexte plus favorable. La base nucléaire 118 de Mont de Marsan abrite des missiles nucléaires d’aviation ASMP (Air Sol Moyenne Portée). Une centaine de militants antinucléaires avait déclaré plusieurs jours en amont qu’ils tenteraient de pénétrer la base le samedi 3 avril : « Nous allons mener une inspection-citoyenne dans la base nucléaire puisque la France, violant de manière flagrante le TNP, refuse toujours d’ouvrir ses portes aux inspecteurs de l’agence internationale des énergies atomiques (AIEA) » déclarait Jean Charles Darrieux, un des porte-parole du collectif.

Appuyée par le collectif des désobéissants, la tentative d’intrusion se déroulerait dans le cadre de la journée européenne d’action contre les armes nucléaires. Dès la veille, plus de 500 militaires avaient été déployés dans la base. A l’extérieur un dispositif impressionnant de gendarmes mobiles multipliait les contrôles routiers et quadrillait les abords de la zone contenant les armes nucléaires.

Pourtant, contre toute attente, treize inspecteurs-citoyens ont atteint leur objectif. Par petit groupe de trois, ils sont rentrés dans la base après s’être déjoués de tous les pièges tendus, notamment les grandes barrières de barbelés, les jeeps, les gardes-chiens et l’immense forêt des Landes qui entoure les installations militaires.


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Splinter Cell - Dessin de Ray Clid

« Nous n’avons rien laissé de notre équipement sur notre trajet, ceci nous a permis de rester plus de trois-quart d’heure dans la base sans être remarqué, raconte Vincent, un inspecteur-citoyen intrusif, lorsque nous avons été pris, un gradé a menacé ironiquement de m’enterrer dans la base, mais dans l’ensemble nous avons été bien traités ».

La plupart des militants ont été découvert grâce aux chiens, aucun des treize n’a été maintenu en garde à vue. Ils ont tous été expulsés de la base manu militari mais un groupe d’activistes est parvenu à conserver un support vidéo. A leur sortie, les gendarmes mobiles reconnaissaient eux-mêmes « l’étonnante efficacité » et « ingéniosité » des techniques employées lors de l’action. Après avoir retardé de trois jours le lancement d’essai du M51 en juillet 2007, le collectif « non au missile 51 » s’offre un nouveau coup d’éclat symbolique.

La première frappe à l’esprit

Barack Obama avait appuyé les logiques de "Global Zero" [1]. Il souhaite aujourd’hui restreindre les circonstances dans lesquelles les Etats-Unis seraient à même de faire usage de la bombe atomique.

A la veille du nouveau traité START entre la Russie et les Etats-Unis, Paris est plus que jamais isolé sur la question du désarmement nucléaire. En 2010 la France aura complètement renouvelé son dispositif nucléaire, au travers du programme ASMPA. En juin, elle effectuera son dernier tir d’essai du missile M51.

Le collectif non au M51 souhaite dénoncer la position de la France qui estime toujours que la dissuasion nucléaire est la garantie ultime de sa sécurité et de son indépendance et que le renouvellement et l’intégration de nouvelles technologies à son arsenal nucléaire, n’est pas une entrave aux accords de non-prolifération.

A l’île longue en janvier 2006, Jacques Chirac avait pourtant rompu radicalement avec la logique du nucléaire exclusivement dissuasif, en annonçant que l’arme pouvait à terme être « la garantie d’approvisionnements stratégiques ou la défense de pays alliés ». La position a été maintenue par Nicolas Sarkozy.

Le 24 janvier 2008, cinq haut-gradés européens, dont l’amiral Lanxade ancien Chef d’Etat-Major des Armées françaises, publiaient un manifeste adressé à l’OTAN dans lequel ils se déclarent en faveur de l’emploi pré-emptif de l’arme nucléaire. « Le nucléaire est maintenant une arme de première frappe. Au regard du TNP, il s’agit du rejet brutal de plusieurs principes tacites de l’arme nucléaire, comme son caractère uniquement défensif et son non-usage dans des guerres conventionnelles » conclut Jean-Charles Darrieux.

Enfin, les bases comme la 118 de Mont de Marsan ne sont pas les seules composantes opaques du dossier nucléaire français. Le coût de l’arme atomique reste un secret dans l’hexagone. Difficile à chiffrer, le budget de l’enseignement et de la recherche, des armes et des salaires des militaires est estimé à 15 milliards d’euros. Le coût des têtes nucléaires échappe à tout contrôle.

[1] Global Zero est une initiative internationale débuté en décembre 2008 ayant pour but la l’élimination de l’arme nucléaire. Elle a été lancé à Paris par plus de 100 politiques et leaders militaires.

Article du journal Bakchich Landes / mercredi 7 avril par Joan Sator-Maina

 

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Obama restreint le recours à l'arme atomique des Etats-Unis

Le président américain Barack Obama a dévoilé mardi la nouvelle doctrine nucléaire des Etats-Unis, qui limite les situations dans lesquelles la première puissance mondiale pourrait avoir recours à l'arme atomique.

"Pour la première fois, la prévention de la prolifération et du terrorisme nucléaires sont tout en haut des priorités des Etats-Unis", auparavant plus préoccupés de disposer d'un rempart contre d'autres puissances nucléaires, a déclaré le président, à la tête du plus grand arsenal nucléaire du monde.

Selon cette doctrine Washington s'engage à recourir aux frappes nucléaires seulement "dans des circonstances extrêmes".

Le pays s'engage notamment à ne jamais utiliser l'arme atomique contre un adversaire qui ne la détient pas et qui respecte les règles du Traité de non prolifération nucléaire (TNP).

L'Iran et la Corée du Nord font toutefois figure d'exception à la règle, a prévenu l'administration américaine.

"Le message adressé à l'Iran et la Corée du Nord est le suivant: si vous décidez de respecter les règles du jeu (...) nous respecterons certaines obligations à votre égard", a déclaré le secrétaire américain à la Défense Robert Gates, lors d'une conférence de presse.

"Mais si vous ne respectez pas les règles, si vous proliférez, alors toutes les options sont sur la table", a-t-il dit.

Par ailleurs, si un Etat non-nucléaire lançait une attaque chimique ou bactériologique contre les Etats-Unis ou leurs alliés, "il s'exposerait à la perspective d'une "riposte militaire conventionnelle dévastatrice", a averti Robert Gates.

Washington se réserve en outre le droit de répondre par une frappe nucléaire en fonction de l'échelle d'une telle agression.

La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, s'est enfin employée à rassurer les alliés des Etats-Unis en assurant que son pays continuerait de jouer pour eux un "rôle stabilisateur".

La nouvelle doctrine nucléaire des Etats-Unis marque le coup d'envoi d'une dizaine de jours d'intense diplomatie nucléaire, avec la signature jeudi à Prague par M. Obama et le président russe Dimitri Medvedev d'un nouveau traité START de réduction des armements nucléaires avec la Russie.

Les deux pays ont convenu de limiter leur arsenal à 1.550 têtes nucléaires stratégiques chacun.

Elle survient également une semaine avant le sommet de Washington auquel M. Obama a convié une quarantaine de dirigeants du monde à discuter de sécurité et de non-prolifération, les 12 et 13 avril.

"Notre sommet sur la sécurité nucléaire la semaine prochaine sera l'occasion pour 47 pays de s'engager en faveur de mesures spécifiques afin de sécuriser les matériaux nucléaires, qui pourraient tomber dans de mauvaises mains, partout dans le monde d'ici quatre ans", a déclaré mardi le président.

La doctrine nucléaire américaine révisée -la troisième version seulement sous cette forme depuis la fin de la Guerre froide- affirme que les Etats-Unis "ne produiront pas de nouvelles têtes nucléaires" et "ne conduiront pas d'essais nucléaires", mais elle proclame aussi la nécessité de moderniser ses infrastructures nucléaires.

L'Institut international de recherche pour la paix (Sipri), basé à Stockholm, s'est félicité "que les Etats-Unis agissent pour réduire le rôle des armes nucléaires dans sa politique de sécurité nationale", tout en regrettant qu'ils ne s'engagent pas à ne jamais tirer en premier une arme atomique.

Article actu-orange/AFP du 06/04/2010

 

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