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13/03/2011

Nucléaire sans danger ... 9 mars 2011, le tribunal administratif de Strasbourg rejette la demande de fermeture de la centrale nucléaire de Fesseheim

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Fessenheim pas obligée de fermer

« Les conclusions à fin d'annulation de l'Association trinationale de protection nucléaire ne peuvent qu'être rejetées », a estimé, hier, le tribunal administratif. Le collectif, regroupant des organismes alsaciens, suisses et allemands, réclame la fermeture immédiate de la centrale nucléaire de Fessenheim. Lors d'une audience, le 16 février, son avocate Corinne Lepage estimait, entre autres, que le site pose des problèmes de sécurité en cas de séismes et d'inondations. Elle soulignait, aussi, que depuis son ouverture en 1977, aucun arrêt concernant ses rejets chimiques dans l'eau n'avait été modifié. Autant de points que le tribunal n'a pas suivi, préférant se référer à l'avis du rapporteur public pour qui la démarche de l'association est « inefficace » et repose sur des arguments injustifiés.
« Certes, le tribunal a rejeté notre requête, mais il reconnaît que des incidents se multiplient à la centrale et qu'il y a des rejets chimiques, a réagi, hier, Jean-Marie Brom, le porte-parole de l'Association trinationale. Il dit d'une certaine façon qu'il est impossible d'appliquer le simple principe de précaution juste parce que c'est une centrale nucléaire. » Pour le militant, difficile donc de ne pas voir dans cette décision une histoire « politique ». « Comment la France pourrait vendre ses centrales à l'étranger, tout en reconnaissant qu'elles ne sont plus fiables après 30 ans ? », avance-t-il. L'Association pourrait envisager d'autres actions en justice. En outre, des opérations de sensibilisation de l'opinion publique sont prévues, notamment pour les 25 ans du drame de Tchernobyl, le 26 avril.P. W.

piqué au tas sur www.20minutes.fr/article - 10/03/2011

Pas de fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim

L'ATPN qui demandait la fermeture de la plus vieille centrale nucléaire de France, exposée à des risques sismiques et d’inondations, a été déboutée le 9 mars par la justice, ouvrant la porte à la prolongation pour 10 ans de réacteurs de la centrale.

Le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté le 9 mars la demande de fermeture immédiate de la plus ancienne centrale nucléaire française à Fessenheim (Haut-Rhin), formulée par l'Association trinationale de protection nucléaire (ATPN).

Le collectif qui rassemble des associations et communes françaises, allemandes et suisses, avait saisi en décembre 2008 le tribunal après le rejet en octobre de la même année par le ministère de l'Ecologie de sa demande. L'ATPN dénonce la vétusté de la centrale, mise en service depuis 1977. Selon le collectif, la centrale serait incapable de faire face à des risques sismique et d'inondation et rejette des effluents radioactifs en violation de la loi sur l'eau de 1992, avait expliqué lors de l'audience, Corinne Lepage, l'avocate de l'ATPN et eurodéputée (ADLE/Cap 21).

Si le tribunal administratif de Strasbourg a reconnu que Fessenheim n'était pas en règle avec les prescriptions de la loi sur l'eau de 1992, il a toutefois estimé que les plaignants n'avaient pas apporté ''la preuve du risque grave que font courir ces rejets dans les eaux'', a déploré Mme Lepage, ce qui ne justifie pas l'arrêt définitif de la centrale.

Alors que l'association ATPN mentionne un certain nombre d'incidents survenus récemment, tous sont de niveau 0 ou 1 sur une échelle allant jusqu'à 7. Selon Reuters, le tribunal a indiqué qu'ils n'ont "aucune pertinence ou aucune importance du point de vue de la sûreté", s'appuyant sur les avis de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Le tribunal ''a considéré que les arguments avancés par EDF étaient suffisants ce que bien évidemment l'association conteste'', a déclaré l'avocate qui envisagerait de faire appel.

Le jugement ''reconnaît l'illégalité des rejets chimiques de la centrale, l'absence de cadre législatif autour de ces effluents, sans pour autant s'inquiéter des répercussions sur l'environnement'', a dénoncé l'association Stop-Fessenheim, membre de l'ATPN. L'association locale a fait part de ''sa grande inquiétude quant au fait que, ni le risque sismique particulier auquel la centrale est exposée de par son implantation sur une zone tectonique à potentialité élevée, ni les risques d'inondation liés à son niveau de construction en-deçà de la ligne d'eau du Grand Canal d'Alsace riverain, n'ont été retenus comme dangers suffisants pour obtenir la fermeture de la plus vieille centrale française en activité. Centrale qui d'ailleurs compte bien plus d'incidents que toutes les autres centrales nucléaires françaises''.

Pour le groupe politique Europe Ecologie/ Les Verts, ''cette procédure est en tout cas exemplaire du manque de transparence sur l'énergie nucléaire et de l'influence de ses thuriféraires, en dépit du bon sens (…) La centrale, ces dernières années, a connu de longues et nombreuses périodes d'arrêt qui montrent bien à quel point l'Alsace et les régions voisines peuvent s'en passer !'', estime le parti.

Les deux réacteurs de la centrale bientôt prolongés pour 10 ans ?

"Le tribunal a rejeté la requête et estimé qu'aucun des facteurs de risque ne justifiait la fermeture demandée", s'est de son côté félicité auprès de l'AFP, l'avocat d'EDF Emmanuel Guillaume.

Cette décision judiciaire rejoint les conclusions exposées par le rapporteur public lors de l'audience le 16 février dernier. Elle intervient alors que l'ASN doit rendre en avril son avis autorisant ou non une prolongation de l'exploitation du réacteur n°1 de 900 mégawatts (Mwe) de la centrale pour dix ans supplémentaires. Ce réacteur figure parmi les 34 plus anciens de France (durée de vie moyenne de 27 ans) sur les 58 que compte la France. Un deuxième réacteur de la centrale sera, à son tour, arrêté au cours du deuxième trimestre 2011 par l'ASN qui procédera à de nouvelles visites décennales.

Rachida Boughriet

piqué au tas sur www.actu-environnement.com - 11/03/2011

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La Centrale Nucléaire de Fessenheim et le risque sismique

On pose souvent la question de savoir si la centrale nucléaire de Fessenheim est protégée contre le risque de tremblement de terre.

La réponse d’EDF est – comme pour l’ensemble des problèmes de sécurité – que ces risques ont été pris en compte lors de la construction de la centrale et que la structure des bâtiments et l’ancrage des éléments critiques ont été calculés pour resister au tremblement de terre «de référence», c’est à dire, pour l’Alsace, le séisme de Bâle en 1356.

Cette réponse appelle plusieurs remarques:
- Il est vrai que dès l’origine, la conception de la centrale a pris en compte un risque sismique. Il est tout autant exact que depuis 1977, des travaux sont régulièrement entrepris à la centrale de Fessenheim pour «renforcer la sécurité sismique». La question peut donc se poser de savoir à quel moment la centrale sera réellement sûre face au risque sismique. De deux choses l’une, la centrale est effectivement en sécurité, et il n’y aurait aucune justification à entreprendre des travaux de mise en sécurité, ou les travaux menant à renforcer cette sécurité sont le signe que la centrale n’est effectivement pas sûre.

- On peut trouverun bon exemple dans le cas des travaux décidés en 2000: à la suite d’une inspection, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a été informée de la découverte «d’une errreur de conception affectant la résistance au séisme des réservoirs PTR et ASG de la centrale de Fessenheim». Il s’agit de réservoirs d’eau de secours, et en cas de tremblement de terre, ces réservoirs auraient pu être endommagés et inneficaces en cas d’incident. Les travaux de consolidation ont été décidésw en avril 2001, et ce n’est qu’au cours de l’été 2000 que l’anomalie relevée a pu être considérée comme corrigée. Ce qui veut dire que durant plus de vingt ans, la centrale nucléaire de Fessenheim ne répondait pas aux normes parasismiques décidées en 1977. Comment, dans ces conditions, peut-on raisonnablement prétendre que tous les risques ont été evalués?

- Et s’il est à peu près évident qu’il est impossible de garantir que la centrale de Fessenheim, malgré les précautions prises, malgré les travaux de consolidation ou de réparation entrepris, soit sûre à 100% vis-à-vis d’un tremblement de terre – il faudrait en effet attendre un tel évènement pour avoir la réponse – la question se pose de savoir si les effets d’un tel tremblement de terre ont été rigoureusement analysés et compris: les études ont tenu compte du tremblement de terre de Bâle, d’une magnitude de 7,4 et dont l’épicentre était situé à une trentaine de kilomètres de la centrale de Fessenheim. Il a été jugé que dans le cas d’un séisme identique (même épicentre, même magnitude), la centrale subirait des effets de magnitude 6,4. Ce qui est probablement justifié du point de vue technologique, mais complètement aberrant sur le plan scientifique: on ne peut savoir aujourd’hui où se situerait l’épicentre du prochain séisme (à 100 kms de la centrale ou à 2 kms?) ni de quelle magnitude il serait. La sécurité de la centrale de Fessenheim est de ce fait parfaitement illusoire, puisqu’elle ne tient compte – en le minorant – que d’un exemple historique dont personne ne peut dire s’il se reproduira à l’identique. Un peu comme si un pompier, parce qu’il n’a jamais vu qu’un feu de cheminée jugeait inutile de prévoir un équipement capable d’éteindre l’incendie d’une maison entière, accident jugé improbable puisque n’étant jamais arrivé...

- Le problème de base est que les techniciens, tout comme les scientifiques, sont encore dans l’ignorance de beaucoup de paramètres concernant les tremblements de terre. Il n’y a qu’à juger de l’ampleur des dégâts du Tsunami de fin 2004 pour s’en convaincre. Avec le peu de connaissances actuelles, on évalue aussi complètement qu’il est possible les conséquences d’un séisme, et l’on prend les mesures de sauvegarde possibles, compte tenu du coût de ces mesures. Car il ne faut jamais oublier que la protection contre l’accident, qu’il soit sismique ou d’une autre nature, est un équilibre entre ce qui est possible de faire techniquement et le coût que l’on veut bien assumer: la centrale de Fessenheim pourrait être bien mieux protégée contre les tremblements de terre, mais pour une telle dépense qu’elle ne pourrait être économiquement rentable. Et d’un autre côté, il est impossible d’évaluer le coût financier d’une catastrophe à Fessenheim, que cette catastrophe soit due à un séisme ou à une toute autre raison.

Que peut-on en conclure? La réponse, au moins pour cette question, est claire : compte tenu de la méconnaissance du rique sismique, compte tenu des dépenses qu’il aurait fallu supporter pour mettre la centrale en totale sécurité – si cela était possible – la logique aurait du être de ne pas construire de centrale nucléaire dans le fossé rhénan.

Et la même logique impose aujourd’hui d’arrêter cette centrale.

Jean Marie Brom

pris sur www.fessenheim.org - 22/03/2007

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