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03/05/2011

Bernard S. "connaisseur" : Mort de Ben Laden , ça risque d'être pire qu'avant ...

http://www.manga-sanctuary.com/couvertures/big/un-de-perdu-dix-de-retrouves-livreillustre-volume-1-simple-46200.jpg

Directeur central du renseignement intérieur depuis le 2 juillet 2008, Bernard Squarcini, après avoir été préfet de police à Marseille, est aussi l'un des meilleurs connaisseurs du terrorisme multiforme en France. Il a accepté de répondre aux questions de La Provence.

- Comment la situation va désormais évoluer après la mort de Ben Laden selon vous ?
Bernard Squarcini : Ça risque d'être pire qu'avant. Ben Laden était un symbole des attentats du 11 septembre 2001, mais il n'intéresse plus personne. Il était considéré comme un vieux papi. Mais il a laissé derrière lui des lieutenants, des sous-directeurs, des gens qu'il a formés. Au Caucase, en Indonésie, en Chine et ailleurs. La suite continue. Cela peut contribuer à radicaliser certaines individualités. La mort de Ben Laden est assurément un beau coup pour les Américains, mais cela va rehausser la menace d'un cran. Il faut rester très attentifs. Ce n'est pas bon en termes de sécurité. Il a laissé des petits...

-… Vous étiez au courant de l'opération commando menée par les Américains ?
B.S. : Non, c'était une opération américaine et exclusivement américaine. Nous n'étions pas au courant.

- La mort de Ben Laden risque-t-elle, selon vous, d'aggraver la situation des otages français enlevés au Niger et actuellement détenus au Mali ?
B.S. : Si la France quitte l'Afghanistan, ils sont libérés tout de suite. C'est clair et net.

- Et celle des journalistes français otages en Afghanistan, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier ?
B.S. : Pour eux, la situation est différente. C'est une autre planète. Ce sont des gens du cru qui les détiennent. Il faut arriver à trouver ceux qui siègent dans les conseils tribaux. C'est presque comme mener des négociations dans des assemblées de copropriété...
…
- Comment analysez-vous le risque pour la France et dans une ville comme Marseille ?
B.S. : La menace se relève de plus en plus. Il faut être vigilant et inquiet.
Il faut désormais surveiller tous les intérêts français au Sahel. Ce n'est pas bon pour nos ambassades, ce n'est pas bon pour les vols d'Air France. C'est ce que je disais dès le mois de septembre et d'octobre. Il faut faire du renseignement accru. On est sur des filières, on est sur des réseaux. On va accroître l'acquisition du renseignement opérationnel. On est d'ailleurs actuellement en mission au Maroc. Il faut surveiller le consulat américain à Marseille. Marseille est une ville portuaire. C'est important. Il faut faire preuve d'une vigilance importante.

piqué au tas sur laprovence;fr - 03/05/2011

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22/04/2011

Alain BAUER - Bernard SQUARCINI (Les Experts - Neuilly sur Seine) «Nous sommes plus que jamais dans l'anticipation.»

La France championne des arrestations antiterroristes


20/04/2011

INFO LE FIGARO - Selon un rapport d'Europol, elle réalise plus de la moitié des interpellations d'islamistes radicaux dans l'Union.

La France a réalisé à elle seule plus de la moitié des arrestations d'islamistes radicaux en Europe en 2010: 94 interpellations sur 179 au total. Ce qui en fait, en quelque sorte, le premier rempart contre cette menace sur le territoire de l'Union. Le dernier rapport annuel de l'office européen de police Europol mettra du baume au cœur des agents des services français antiterroristes qui œuvrent en coulisse pour déjouer les complots criminels des mouvements salafistes se revendiquant d'al-Qaida.

Le criminologue Alain Bauer en déduit que «la méthode préventive à la française paie» et que «la réforme des services de renseignement, notamment la création de la DCRI, qui a fusionné RG et DST, témoigne là de sa pertinence, l'Hexagone ayant été préservé, l'an dernier, de la moindre attaque interne». Le préfet Bernard Squarcini, chef de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur), indique, pour sa part, au Figaro que «depuis quelques mois, à la demande du chef de l'État, la France a relevé son niveau de riposte et son format de veille». En clair: «Comme il n'y a plus de différence entre les menaces intérieures et extérieures aujourd'hui, l'antiterrorisme a engagé une réforme de coopération majeure entre ses services de renseignements intérieurs et la Direction générale des services extérieurs (DGSE)», précise-t-il. Cette récente «mutualisation» a permis, poursuit-il, d'être «plus performant en termes de neutralisation préventive».

Mais la vigilance reste de mise. À en croire le rapport du directeur d'Europol, Rob Wainwright, «les groupes terroristes islamistes continuent à planifier des attaques contre les États membres», à l'instar de celles commises l'an dernier au Danemark et en Suède. Ils sont aussi, dit-il, «en train de changer dans leur composition et leur leadership», les réseaux devenant «multinationaux», «leur commandement se faisant de moins en moins depuis un pays extérieur à l'Union», tandis que les individus susceptibles d'agir sont souvent des «acteurs isolés ».

Autre tendance relevée par les experts d'Europol: «Les connexions croissantes entre terrorisme et crime organisé.» Pour Alain Bauer, «elles se manifestent surtout sous forme de financement des réseaux via les trafics de drogue, d'armes, d'être humains constatés notamment dans la zone sahélienne», qui concentre toute l'attention des services, tant il est vrai qu'al-Qaida pour le Maghreb islamiste (Aqmi) y a étendu son influence. Le terrorisme et le crime auraient donc partie mêlée, ce qui n'est pas totalement nouveau pour la France. La chute du réseau Chalabi, au temps de Charles Pasqua, avait déjà révélé des passerelles avec le banditisme.

Recrutement sur Internet

L'agence européenne de police constate également que «le retour de djihadistes des zones de conflits (tels l'Afghanistan, le Pakistan ou le Yémen) continue de constituer une menace en Europe». Elle cite ainsi l'exemple du démantèlement en mai dernier en France d'un réseau de soutien logistique et de recrutement de moudjahidins, qui avait envoyé neuf Français et Tunisiens sur le front pakistano-afghan entre juillet 2008 et avril 2009. Ils étaient « susceptibles de » passer à l'action une fois revenus en Europe, assure les rédacteurs du rapport. Selon eux, ils étaient en possession de «manuels pour apprendre à éviter d'être détectés par les forces de l'ordre et les services de renseignements». Le petit guide du parfait clandestin.

Dans cette action de recrutement et de prosélytisme, le rôle d'Internet est devenu fondamental, souligne les agents d'Europol, qui ont comptabilisé une vingtaine de forums très actifs sur la Toile. Selon eux, «les administrateurs des sites s'échangent même des instructions sur les procédures à suivre en cas d'arrestation». Preuve que les réseaux s'adaptent et se perfectionnent.

L'agence n'hésite pas non plus à écrire que depuis les révolutions arabes «le flot des migrants d'Afrique du Nord peut avoir une influence sur la sécurité des États de l'Union». Et d'enfoncer le clou: «Il est devenu plus facile pour des terroristes de pénétrer isolément sur le sol européen, au milieu de la masse des migrants.» Le préfet Squarcini le dit: «Nous sommes plus que jamais dans l'anticipation.»

piqué au tas sur le figaro.fr - 20/04/2011

David_BAUER.jpg

Maintenant, Alain et Bernard savent que les envahisseurs sont là, qu'ils ont pris forme humaine et qu'il leur faut convaincre un monde incrédule que le cauchemar a déjà commencé...

 

11:18 | Lien permanent | Commentaires (0) |

07/02/2011

Cécité cognitive chez le squale : la DCRI continue à fournir des "notes blanches"

http://www.nantes.maville.com/of-photos/2008/08/21/SIGE_requin_20080820_px_512__w_ouestfrance_.jpg

INFO LE FIGARO - Selon le contre-espionnage, une centaine d'Européens, dont quatorze Français, entraînés dans les camps djihadistes, pourraient passer à l'action.

Al-Qaida radicalise ses menaces contre la France et n'a jamais tant recruté de «combattants», notamment européens, en vue de mener de prochaines frappes terroristes. Au lendemain du soulèvement en Tunisie et alors que les manifestations se multiplient en Égypte, le contre-espionnage français est plus que jamais en alerte maximale. Quatre notes «blanches» émanant de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), que Le Figaro s'est procurées, en attestent.[couleur par Probe]

Se fondant sur des «éléments recueillis présentement par les services français sur les différents acteurs terroristes de la zone pakistano-afghane», considérée comme «la première pourvoyeuse de menaces susceptible de viser le territoire européen», l'un des documents confidentiels révèle que «la région continue d'attirer les volontaires au combat armé, notamment européens. Ceux-ci sont passés, en moins de trois ans, de quelques cas isolés à plus d'une centaine d'individus.»

Selon cette note de la DCRI, «la présence de 14 Français a été signalée en 2010 dans cette zone». «Plusieurs de ces combattants ont désormais acquis une expérience et une légitimité qui leur permettent de rallier autour d'eux de nouveaux arrivants, préviennent les analystes français du contre-espionnage. Ayant vécu en Europe et nourrissant souvent des griefs personnels à l'encontre de leurs pays d'adoption, ces Européens sont susceptibles de s'impliquer dans des actions terroristes.» À en croire ces experts, celles-ci semblent presque inéluctables. En effet, écrivent-ils, «la volonté d'al-Qaida et, désormais, de certains groupes pakistanais, de conduire des attentats en Occident est avérée: depuis 2009, pas moins de quatre projets aux États-Unis et en Norvège, directement liés aux zones tribales pakistanaises ont échoué ou ont été déjoués».

Le péril islamiste est d'autant plus préoccupant ... [d'où la nécessité d'en remettre une couche (épaisse) afin de faire germer dans les cerveaux des lecteurs/auditeurs lambda l'idée d'un danger à renverser les régimes corrompus !!!] Probe ...

suite de l'article ici : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/02/06/01016-20110206ARTFIG00164-14-francais-s-entrainent-dans-les-camps-d-al-qaida.php

Rappel :

Les RG et la DST ont vécu: désormais, la France n'aura plus qu'une Direction centrale du renseignement ­intérieur. Une révolution.

Deux institutions bien françaises, les Renseignements généraux (RG) et la Direction de la surveillance du territoire (DST), ont cessé d'exister ce 1er juillet. Depuis leur création, voilà plus de soixante ans, ces services de police ont alterné coups d'éclat et coups bas. Récemment encore, ils ont brillé dans la lutte antiterroriste, mais ont été régulièrement soupçonnés de manipulation politique. En arrivant Place Beauvau, en 2002, Nicolas Sarkozy ne cachait pas sa méfiance à l'égard de certaines pratiques archaïques, exigeant, par exemple, la fin des "notes blanches", ces documents anonymes qui mêlent informations d'importance et ragots de caniveau.[couleur Probe]

A peine élu à l'Elysée, en 2007, le président lançait la refonte des services de renseignement policier, pour donner naissance à un organisme unique, la Direction centrale du renseignement intérieur- DCRI (voir l'encadré). Un pendant à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), oeuvrant à l'étranger sous le couvert de la Défense.

piqué dans l'article : La DCRI, nouvelle maison des secrets - Eric Pelletier, Jean-Marie Pontaut 01/07/2008 - www.lexpress.fr

autre rappel :

La polémique sur les écoutes rebondit avec de nouvelles révélations du Canard enchaîné à paraître ce mercredi. Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale, sort du silence. Et réfute l'existence de tout "cabinet noir".

Existe-t-il, à la Direction centrale du renseignement intérieur [DCRI], une équipe qui enquête sur les journalistes, comme l'écrit Le Canard enchaîné ?

Soyons clairs. Nous avons fusionné la Direction de la surveillance du territoire [DST] et les Renseignements généraux [RG] pour en terminer avec certaines pratiques. Nous avons supprimé la section presse des RG, détruit toutes ses archives et dissout la section politique, qui suivait l'activité des partis.

Par ailleurs, lorsqu'il a été ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy a supprimé la pratique des notes blanches [NDLR : notes contenant des informations confidentielles et n'ayant pas d'existence officielle] [couleur Probe]. Il n'existe aucun cabinet noir au sein de la DCRI. Aucun de ses policiers n'est chargé de surveiller les journalistes. Des fonctionnaires rédigent simplement une revue de presse pour le ministère de l'Intérieur. Il arrive, bien sûr, que des journalistes soupçonnés d'espionner au profit d'une puissance étrangère ou de compromettre des secrets liés à la défense nationale soient surveillés. Mais ils le sont comme tout citoyen suspecté de violer la loi.

piqué dans l'article : Péchenard: "Je ne suis pas le chef des barbouzes" Propos recueillis par Jean-Marie Pontaut, publié le 09/11/2010 - www.lexpress.fr

 

Le squale est plutôt myope...

Les requins comptent assez peu sur leur vue pour détecter leurs proies ou percevoir l'arrivée de leurs éventuels ennemis. Leurs yeux sont médiocres. Les squales sont myopes.

L'oeil du requin est construit sur le même plan que celui des autres vertébrés. Le globe oculaire lui-même est protégé par deux paupières rudimentaires. Il est mobile grâce au jeu d'un petit nombre de muscles. L'ensemble est volumineux. La cornée transparente est aplatie et se prolonge par une sclérotique extrêmement résistante, en partie cartilagineuse. Le cristallin, globuleux, est presque sphérique : sa convexité exagérée, ainsi que le fait qu'il se déforme très peu et accommode donc mal, explique la myopie du à squale. La pupille est parfois ronde, parfois ovale, selon les espèces

Les squales distinguent surtout les mouvements, et n'ont une vision nette que des objets rapprochés. Néanmoins, ces animaux sont capables de différencier certaines images visuelles simples, par exemple un panneau à rayures verticales et un panneau à rayures horizontales. Mais ils réagissent surtout aux mouvements. Il semble, du reste, que l'acuité visuelle diffère considérablement selon les espèces. Il existe des requins de grand fond qui ne sont pas loin d'être aveugles. Les requins benthiques (requins-tapis, requins-nourrices, requins de sable) sont eux aussi très mal lotis de ce point de vue. Mais les chasseurs du grand large (requin bleu, requin blanc, requin-tigre... ) y voient nettement mieux. Une mention doit être réservée ici, bien sûr, au requin-marteau : les yeux de ce dernier sont disposés au bout des deux expansions céphaliques.

http://ophtasurf.free.fr/vue/animaux/oeil_requin.htm

10:09 | Lien permanent | Commentaires (0) |

15/01/2011

Clearstream : Bernard Squarcini [ex Squale], devrait [au présent du conditionnel] se désister de l'action qu'il a engagée contre Dominique de Villepin [futur président]

Procès Clearstream: le chef de la DCRI devrait se désister contre Villepin

PARIS - Le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, devrait se désister de l'action qu'il a engagée contre Dominique de Villepin, au procès en appel de l'affaire Clearstream en mai, a-t-on appris vendredi auprès de son avocat.

"M. Squarcini envisage de se désister de sa constitution de partie civile contre M. de Villepin", a déclaré à l'AFP Me Patrick Maisonneuve, tout en précisant que son client maintenait son action contre l'ancien responsable d'EADS Jean-Louis Gergorin et le mathématicien Imad Lahoud.
Un tel désistement devrait être acté à l'audience, programmée du 2 au 26 mai. Me Maisonneuve n'a pas souhaité donner les motivations de son client.
Le nom de Bernard Squarcini avait été ajouté sur des listings de la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream, suggérant qu'il détenait des comptes occultes à l'étranger. Comme une quarantaine d'autres victimes, le haut fonctionnaire s'était constitué partie civile.
Le 28 janvier 2010, le tribunal correctionnel de Paris a relaxé l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, poursuivi pour complicité de dénonciation calomnieuse. En revanche, il a condamné Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin, considérés comme les principaux auteurs du complot, à respectivement à 18 et 15 mois de prison ferme, ainsi qu'à une amende de 40.000 euros.
Le parquet avait fait appel de la relaxe de M. de Villepin.
Révélée à l'été 2004, l'affaire Clearstream est une vaste histoire de manipulation où des listings de Clearstream ont été falsifiés. Des noms de personnalités, dont celui de Nicolas Sarkozy, y ont été ajoutés, afin de faire croire qu'ils détenaient des comptes occultes à l'étranger.
Scandalisé par de telles accusations, Nicolas Sarkozy s'était constitué partie civile le 31 janvier 2006. Il est depuis convaincu que Dominique de Villepin était au coeur de ce complot, fomenté selon lui pour lui barrer la route de l'Elysée. Dominique de Villepin, lui, assure s'être fait abuser par Jean-Louis Gergorin. Il n'a toutefois pas fait appel.

piqué au tas sur L'Express.fr - 15/01/2011

09:47 | Lien permanent | Commentaires (0) |

08/01/2011

La Méditerranée, la Société, la Sécurité ... et Arcosur.

"L'affaire de la S.M.S." en Corse

Par Alain Verdi (édité par Grégoire Bézie)

Le marché de la sécurité des aéroports semble être au coeur de ce dossier.

Le marché de la sécurité des aéroports semble être au coeur de ce dossier.

La Société Méditerranée de Sécurité : un lourd dossier sur fond d'affairisme et de guerre des polices.

Après quatorze mois de cavale, Antoine Nivaggioni avait été mis en examen en janvier 2009 pour escroquerie et abus de biens sociaux dans l’Affaire de la SMS, une société de gardiennage. Remis en liberté suite à une erreur de procédure, son procès devait avoir lieu au printemps prochain. Antoine Nivaggioni a été abattu le 18 octobre 2010 à Ajaccio.

Dans un entretien exclusif, accordé à France 3 Corse en septembre 2009 , Antoine Nivaggioni indiquait que "la chambre de l’instruction (du tribunal de Marseille ndlr) avait décidé de ne pas renouveler le mandat de dépôt".  L’enquête sur le dossier S.M.S. semble bouclée, sauf rebondissement. En ce début du mois d'octobre 2009, on compte 16 mises en examen, dont 15 physiques. Le volet judiciaire de l’affaire a débuté en novembre 2007.

L’enquête est centralisée par la Juridiction Interrégionale Spécialisée de Marseille. De manière incidente, les enquêteurs s’intéressent à deux autres sociétés de gardiennage. Ce dossier déjà lourd a, de plus, mis en lumière une certaine « guerre des polices ». Un élu nationaliste corse et des hommes d’affaires « respectables » se trouvent aussi en marge de cette affaire...

Un lourd dossier

Un lourd dossier.

Quinze personnes physiques mises en examen et une personne morale, la société S.M.S., cela fait une grosse affaire. Les treize personnes ont été poursuivies en plusieurs vagues :

La première opération a lieu fin novembre 2007. Elle débouche sur sept mises en examen. Parmi les personnes poursuivies, on trouve le président du MEDEF du Var, Gérard Cerutti. Il est soupçonné de favoritisme dans les appels d’offres sur le marché de la sécurité de l’aéroport de Toulon-Hyères. Il sera laissé en liberté sous contrôle judiciaire. Six autres personnes sont arrêtées en Corse, mises en examen et placées en détention à la prison des Baumettes à Marseille. Parmi elles, on trouve plusieurs membres de la société S.M.S.

Le 20 décembre 2007, cinq personnes sont mises en cause, « des proches de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Corse-du-Sud et plus particulièrement de son président », Raymond Ceccaldi, dit-on de source judiciaire. Ils sont poursuivies pour délit de favoritisme et laissées en liberté sous contrôle judiciaire. Raymond Ceccaldi est quand à lui mis en examen pour escroquerie en bande organisée, association de malfaiteurs, favoritisme dans l’attribution des marchés de sécurité à l’aéroport d’Ajaccio et de détournement de fonds.  Placé en détention à Marseille, il sera remis en liberté après sept semaines de détention.

Le 21 décembre 2007, une treizième personne est mise en examen pour favoritisme et laissée en liberté sous contrôle judiciaire. Il s’agit de Lucien Perez, membre de la commission d’appel d’offres de la C.C.I.  Dans une affaire incidente, Lucien Perez a déjà été condamné, à 5000 euros d’amende pour prise illégale d’intérêt par le tribunal d’Ajaccio. Il était alors accusé de faire partie de la commission d’appel d’offres  qui a attribué les marchés à la S.M.S. Quelques temps après cette attribution, Lucien Perez était embauché par cette même S.M.S. ce qui est un délit. La justice précise au passage, qu’en rentrant à la S.M.S. son salaire aurait fait un bond…

Le 8 Janvier 2008, surprise au commissariat d’Ajaccio. Francis Pantalacci, président de la commission d’appel d’offres de la C.C.I. de Corse-du-Sud se présente  aux enquêteurs, après un mois de cavale.   Il est aussitôt placé en garde-à-vue, puis fait l’objet d’un mandat d’amené le 10 Janvier. Il est placé en détention à la maison d’arrêt d’Ajaccio, puis transféré à Marseille, où entendu par le juge d’instruction, il est mis en examen, le 13 Janvier, pour « favoritisme et association de malfaiteurs ».

Le 9 janvier 2009, Antoine Nivaggioni est interpellé à Ajaccio par le RAID. Le co-fondateur de la S.M.S. était en cavale depuis 14 mois. L’arrestation s’est faite sans histoire. « Il ne s’agit pas d’une reddition » estimera son avocat Maître Antoine Sollacaro. Pourtant certains observateurs estiment que « cela y ressemble ». Antoine Nivaggioni est, dans un premier temps transféré à Paris pour être entendu par l’Office Central de lutte Contre la Grande Délinquance (ORCB),  puis à Marseille pour être entendu par le juge d’instruction de la J.I.R.S.

Emprisonné à la maison d’arrêt de Luynes dans les Bouches du Rhône, Antoine Nivaggioni est libéré le 13 septembre 2009, suite à une erreur de procédure, dans des conditions juridiques mal définies : « Une erreur rare de la Chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Aix en Provence  » selon l’A.F.P., ou un choix délibéré de cette Chambre selon Antoine Nivaggioni. Mais une libération qui coutera la vie à l’ancien militant nationaliste du MPA (Mouvement pour l’autodétermination). Il échappera à une première tentative d’assassinat en mai 2010 pour finalement tomber sous les balles d’un commando le 18 octobre 2010 à Ajaccio.

La S.M.S. une société sous haute surveillance

Co-fondée par Antoine Nivaggioni, au début des années 2000, la S.M.S. est une société de sécurité reconnue par les autorités. Pour pouvoir travailler sur des secteurs sensibles comme les ports et les aéroports, une société de ce type reçoit l’agrément des autorités préfectorales. L’activité de la S.M.S. s’étendait de la Corse au Var, en passant par les Bouches du Rhône. Plusieurs préfets ont donc eu à s’exprimer sur le dossier d’accréditation de cette société. Les autorités devront, peut être, s’interroger sur les investigations qui ont précédé les autorisations d’activité de la S.M.S. D’autant plus que ses marchés étaient nombreux et souvent… stratégiques : l’aéroport de Toulon-Hyères, celui d’Ajaccio, le port de Marseille, l’hôpital de la Conception à Marseille…. En 2008, la société échappe au redressement judiciaire, elle est placée sous surveillance en attendant l’apurement de son passif. Elle a changé de nom et s’appelle ARCOSUR.

La personnalité d’Antoine Nivaggioni n’a soulevé d’interrogations que dans la presse. Son passé de militant du Mouvement Pour l’Autodétermination et des poursuites dans différents dossiers n’ont pas été jugés comme des obstacles à l’activité de surveillance des lieux publics par les autorités. En juin 2002 Antoine Nivaggioni s’exprime dans les colonnes de Libération : « … nous ne sommes pas une officine nationaliste, mais une société commerciale dynamique ».  Le « dynamisme  » semble avoir fonctionné. Les enquêteurs soupçonnent la S.M.S. d’avoir détourné des fonds qui pourraient s’élever à 1,9 millions d’euros.

Les enquêteurs  pensent que la société est le siège d’une série de malversations : « prêts fictifs, salaires mirobolants et avantages divers bénéficiant, notamment, à A. Nivaggioni ». Des avantages mal perçus par les personnels de la S.M.S. qui ont peu apprécié que leur direction puisse s’octroyer des augmentations qu’elle leur refusait. Outre les « avantages en nature », les enquêteurs parlent de « blanchiment ». Ils soupçonnent la compagne d’Antoine Nivaggioni, incarcérée un temps en novembre 2007, de diriger une société immobilière, la Colomba Mérimée, qui aurait servi de boite à lettre pour les transactions.

De plus, les enquêteurs soupçonnent la société d’avoir « détaché » des employés, payés par la C.C.I. pour effectuer des travaux sur plusieurs chantiers, un stade d’Ajaccio notamment.

Après avoir été entendu par un juge d’instruction de la Jirs, la Juridiction interspécialisée de Marseille, Antoine Nivaggioni est incarcéré le 15 janvier 2009. Il est mis en examen pour : "abus de biens sociaux, blanchiment en bande organisée, escroquerie aggravée, présentation de comptes inexactes, faux et usage de faux et association de malfaiteurs".

En Mars  2007, une « scission » a lieu au sein de la S.M.S. Un des co-dirigeants de la société, Yves Manunta, militant nationaliste de longue date, crée une autre entreprise de surveillance, la Société de Sécurité Méridionale.  Officiellement, la S.S.M. gère le gardiennage et la S.M.S. la sécurité. La S.S.M. a les marchés de l’hôpital d’Ajaccio et de plusieurs grandes surfaces et d’établissements hôteliers. Le nom de cette société n’apparaît pas, pour l’instant, dans l’enquête mais son dirigeant Yves Manunta est mis en examen et incarcéré aux Baumettes dans la première vague de poursuites, fin novembre. Il est libéré, sous contrôle judiciaire le 21 décembre 2007. Les enquêteurs constatent que la « scission » a eu lieu « dans la période où les investigations ont débuté ». Cependant, il faut noter que la S.S.M. a été créée dès 1989. Bien avant la S.M.S. créé en Mars 2000.


La S.I.S.I.S. le gardiennage surveillé

Une autre société de gardiennage insulaire intéresse vivement les enquêteurs de la Jirs. Il s’agit de la Sécurité Incendie Surveillance Intervention Sureté (S.I.S.I.S.), domicilée à Vescovato en Haute Corse depuis 2003.

Les 12 et 13 décembre 2007, plusieurs personnes sont interpellées en Haute-Corse. Trois d’entre elles sont mises en examen à Marseille et placées sous contrôle judiciaire pour « des faits d’abus de biens sociaux, abus de confiance et travail dissimulé ». L’affaire concerne l’entreprise de gardiennage S.I.S.I.S.  Selon l’Agence France Presse (15-12-2007), les personnes mises en examen « sont des proches d’Ange Toussaint Federicci arrêté en janvier 2007 à Paris… » pour la fusillade mortelle d’un bar de Marseille (avril 2006), affaire en relation indirecte avec le dossier de blanchiment du cercle  de jeux Concorde.  Dans ce dossier un insulaire est également recherché. Il s’agit du bonifacien Paul Lantiéri, propriétaire de plusieurs établissements en Corse et sur le continent, dont la brasserie La Rotonde à Aix en Provence.

Le dossier S.I.S.I.S. et le double dossier fusillade/Cercle Concorde ne sont pas juridiquement liés. La S.I.S.I.S. crée en  Octobre 2003 à son siège à Vescovato en Haute-Corse. Cette société gère plusieurs marchés, en Corse et sur le continent, notamment à Marne-La-Vallée. Officiellement, elle aurait  « échangé des marchés avec la S.S.M. entre  la Haute-Corse et la Corse-du-Sud », sans que cela soit confirmé. Les enquêteurs ne font aucun lien entre les trois sociétés de gardiennage, sus citées.


Affaires et guerre des polices

Le 17 Janvier 2008, à Paris, un repas réuni Jean-Christophe Angelini, élu territorial nationaliste « modéré » du PNC (Parti de la Nation Corse) et le patron de la Direction de la Sécurité du Territoire, Bernard Squarcini.  A la sortie du restaurant, Jean-Christophe Angelini est arrêté par les policiers de l’Office Central de la Répression de la Grande Délinquance Financière. Ils agissent sur commission rogatoire des juges marseillais de la Jirs, Charles Duchaine et  Serge Touraine. Selon des écoutes téléphoniques, l’élu nationaliste était informé de la tentative de délivrance d’un vrai faux passeport, fabriqué en préfecture d’Amiens pour permettre la cavale d’Antoine Nivaggioni. Le même jour, plusieurs intermédiaires accusés d’être liés à cette affaire de passeport, sont interpellés. Parmi eux, deux hommes d’affaires connus, responsable de la société Ginger Groupe. Son président Jean-Luc Schnoebelen et son directeur général Eric de Ficquelmont. Ce dernier sera relâché rapidement, Jean-Christophe Angelini et Jean-Luc Schnoebelen sont mis en examen.

L’enquête sur ce « sous dossier » a mis en exergue deux choses : le rôle de deux hommes d’affaires connus et le premier volet d’une « guerre des polices ».

Les hommes d’affaires : Eric de Ficquelmont est un ancien haut responsable du groupe VEOLIA. Jean-Luc Schnoebelen et lui ont investi de l’argent dans le sauvetage de la S.M.S. Tous deux précisent qu’il s’agit d’un investissement « à titre personnel ». Ils sont gérants, aujourd’hui d’ARCOSUR. Ils nient toute implication dans l’affaire du vrai faux passeport.

La guerre des polices : Le patron de la D.S.T. de l’époque (Direction de Suveillance du Territoire), n’a pas été informé de la préparation de l’arrestation de Jean-Christophe Angelini à la sortie de leur déjeuner. Et ça, ça ne passe pas du tout ! Cette « guerre des polices » aura des retombées jusqu’au commissariat d’Ajaccio.  La police judiciaire soupçonne les Renseignement Généraux d’être en rapport avec Antoine Nivaggioni en fuite. Un policier de la P.J. ajaccienne est même soupçonné d’avoir rédigé un tract anonyme mettant en cause le patron des R.G. Bernard Squarcini. Le véhicule du commissaire Robert Saby n°2 de la P.J  d’Ajaccio est plastiqué le 25 Novembre 2008, le policier est muté sur le continent.

Le même mois, un policier de la P.J. d’Ajaccio et un ancien policier des R.G. sont entendus à Marseille par les juges du dossier S.M.S. Rien ne filtre du volet judiciaire de cette guerre P.J.-R.G. On sait seulement que l’ancien policier des R.G. se nomme Didier Vallé, un ancien collaborateur de… Bernard Squarcini. En novembre 2008, le magazine Corsica publie un entretien d’Antoine Nivaggioni durant sa cavale. Le fugitif se disait « prêt  à se rendre », niait « avoir participé à des marchés truqués » et se disait victime « d’une guerre des polices ».

Conclusion : bien plus qu’une simple extorsion de fonds…

L’intitulé des mises en examen de certaines personnes et la juridiction qui gère le dossier, laissent penser que nous nous trouvons en présence d’une « grosse affaire », selon les mots des enquêteurs. Avec l’arrestation d’Antoine Nivaggioni, l’un des principaux protagonistes de cette affaire, on espérait savoir rapidement si l’affaire allait être relancée ou bien si l’enquête serait close. Confère le livre de Justin Florus (pseudo) Guerre des polices et affaires corses, aux éditions Nouveau Monde.

La principale inquiétude de certains observateurs, est que devant le « panel » des personnes mises en examen et les relations de ce dossier avec les sphères de pouvoir politique, Etat, affaires et milieu, l’enquête connaisse finalement le même sort que celle du Crédit Agricole, laissée aux oubliettes de la Justice.

Ces inquiétudes semblent confirmées par la décision de la C.C.S.D.N. (Commission Consultative du Secret de la Défense Nationale).  Le 16 Avril 2009, les members dela Commission ont donné un avis défavorable à la dé-classification de documents concernant le dossier d’Antoine Nivaggioni. Le Ministère de l’Intérieur suit, majoritairement, les avis de la commission. Cet obstacle, mis sur le chemin du juge d’instruction, conforte ceux qui pensent que toute la lumière ne sera pas faite sur ce dossier.

Et les dernières clés pourraient avoir définitivement disparues avec la mort de son principal protagoniste.

piqué au tas sur corse.france3.fr - 02/11/2010

 

Un nationaliste corse au centre d'une guerre des polices arrêté

PARIS - Un nationaliste corse au centre d'une "guerre des polices" a été arrêté vendredi en pleine rue à Ajaccio par une dizaine de policiers,...
PARIS (Reuters) - Un nationaliste corse au centre d'une "guerre des polices" a été arrêté vendredi en pleine rue à Ajaccio par une dizaine de policiers, apprend-on de source policière.
Antoine Nivagionni, ancien gérant de la Société méditerranéenne de sécurité (SMS), soupçonné de détournements de fonds, a été placé en garde à vue. Il devrait être transféré d'ici dimanche à Marseille où l'instruction est conduite pour sa mise en examen.
Le cas de cet homme recherché depuis 14 mois avait conduit à une confrontation entre la police judiciaire d'Ajaccio, en charge de l'enquête et des policiers des ex-Renseignements généraux (RG), aujourd'hui fondus dans la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).
Des écoutes téléphoniques ont en effet montré que les policiers des RG étaient en rapport avec Nivagionni et ils sont donc soupçonnés de l'avoir aidé dans sa fuite.
Les liens entre policiers et suspects sont nombreux dans ce dossier.
Le 17 janvier 2008, un proche d'Antoine Nivagionni, Jean-Christophe Angelini, dirigeant du Parti de la nation corse et élu territorial, avait ainsi été arrêté à Paris alors qu'il sortait d'un déjeuner au restaurant avec Bernard Squarcini, policier proche de Nicolas Sarkozy et patron de la DCRI.
La police judiciaire corse, qui semblait soucieuse de rechercher Nivagionni et ses complices, a fait les frais de cet imbroglio.
Le 25 novembre, le véhicule du commissaire Robert Saby, numéro deux de la PJ d'Ajaccio a été endommagée par un attentat à l'explosif. Robert Saby a ensuite été muté sur le continent.
L'arrestation de Nivagionni a finalement été réalisée par d'autres services que ceux impliqués dans l'imbroglio policier, l'unité d'élite du Raid et la Brigade de recherche des fugitifs.
Le juge d'instruction de Marseille Charles Duchaine va maintenant pouvoir interroger l'ex-fuyard sur le fond de l'affaire, qui menace plusieurs notables corses.
Raymond Ceccaldi, président de la chambre de commerce d'Ajaccio, a été mis en examen et écroué entre le 20 décembre 2007 et le 12 février dans l'affaire. Il est poursuivi pour "favoritisme, escroquerie en bande organisée, détournement de fonds publics et association de malfaiteurs".
Service France

piqué au tas sur www.rmc.fr - 09/01/2009

 

 

 

 

10:11 | Lien permanent | Commentaires (1) |

02/07/2010

Lettre ouverte à M. Squarcini

Mercredi 30 juin 2010

Lettre ouverte à Bernard Squarcini

Cher Bernard Squarcini,

Nous postons cette lettre sur les sites d'information alternatifs Indymedia, étant ainsi assurés qu'elle vous parviendra dans les meilleurs délais.
Nous prenons connaissance ce jour de votre dernière entretien de complaisance, dans Le Figaro. Voyez-vous, cela fait trois ans que nous vous avons sur le dos, et nous commençons à connaître vos manières. En juin 2007 déjà, vous aviez choisi le même journal pour entamer votre campagne de « sensibilisation » à la menace ultra-gauchiste, avec l'assurance que vos balivernes seraient bientôt reprises par les paresseux plumitifs de tant d'autres feuilles, que vous nourrissez des mêmes mensonges de première main. A l'époque déjà, nous en avions tiré la conclusion que des rafles ne sauraient tarder, auxquelles vous prépariez ainsi le terrain. La suite est connue : prison préventive pour des fumigènes, circulaire Dati imposant la saisie du parquet antiterroriste pour de simples tags, affaire de Tarnac, section antiterroriste traquant ceux qui luttent au côté des inculpés de Vincennes ou rouvrant des enquêtes closes remontant au CPE, etc. En bonne logique, nous en déduisons que vous préparez de nouvelles opérations d'ampleur pour une date proche. Faites attention, monsieur Squarcini, vous devenez prévisible.

Naturellement, on n'arrive pas à une telle conclusion sur la simple foi de vos bonnes paroles. C'est le salut de ceux que vous servez qui l'impose. Comme on sait, le roquet qui vous tient lieu de maître ne s'agite que les yeux rivés sur sa réélection en 2012. La présidence du G20 est tout ce qu'il a trouvé pour s'acheter une stature d'homme d'Etat. C'est évidemment vain, étant ce qu'il est. Il faut toute la touchante naïveté du parvenu pour croire que l'on se mettra à le respecter en France sur la rumeur qu'il en imposerait à l'étranger. Or, qui peut ruiner cette apothéose en carton du G20, sinon ceux qui régulièrement, et encore récemment à Toronto, viennent saboter les festivités militarisées des « maîtres du monde »? Qui ? La réponse est simple : ceux que l'on s'apprête à rafler sous quelque prétexte que ce soit. Telle est la « feuille de route » que l'on vous a transmise, et qui se lit aisément entre les lignes de votre dernier interview. Un grand coup de pied s'impose dans la fourmilière « gauchiste » afin de désarçonner préventivement toute velléité de s'attaquer au prochain G20. Les mois qui viennent présentent la configuration idéale : assez éloignés du sommet pour que l'on ne fasse pas trop bruyamment le rapport, et assez proches pour que l'effet de dissuasion fonctionne à plein.

Cela fait trois ans que vous collectionnez des rumeurs, de l'ADN, des textes, des écoutes, que vous infiltrez, fichez, filez, photographiez, interceptez, notez, perquisitionnez; tôt ou tard, il faut bien utiliser l'information recueillie, car l'information aussi se périme; et il faut tout recommencer. Le moment est venu de faire en grand l'usage de tout ce que vous croyez savoir. Nous ne vous croyons pas assez stupide pour rééditer le fiasco de Tarnac; aussi cette fois-ci vous munirez-vous d'éléments plus « probants » et qui sait concerterez-vous cette opération avec quelque police étrangère : les Belges ne ruminent-ils pas depuis de longs mois contre les « vandalo-violents »? la Grèce, l'Italie et l'Allemagne depuis des décennies contre les « anarchistes », « insurrectionnalistes » et autres « autonomes » ? Seulement voilà : votre stratégie est éventée. Vos ficelles sont trop grosses, vos motivations trop transparentes. Une fois de plus, vous allez rafler des gens non pour ce qu'ils auraient fait, mais pour ce qu'ils pourraient faire. Vous allez prétexter on ne sait quel acte passé (dix vitrines cassées à Poitiers, par exemple) pour les empêcher de nuire aux plans de votre infantile monarque. Vous dites que la « détection de la menace » est le « must de votre activité », nous disons que la fusion du judiciaire et du renseignement dans la DCRI fait d'elle un organe de terreur maligne. Pour tout vous dire, nous sommes assez curieux de voir comment vous allez réussir à travestir cette pure opération de police politique en mesure salvatrice pour la démocratie.

A force de vivre sous vos yeux, nous avons fini par pénétrer vos raisons, et nous les avons trouvées bornées. Naturellement, nous comprenons que vos dirigeants soient hantés par le spectre de la Grèce. Nous comprenons aussi leur inquiétude d'être tenus par à peu près tout le monde pour les pourritures qu'ils sont. Comme le reconnaissait récemment Mathieu Kassovitz, le mystère n'est pas qu'une poignée d'« extrémistes » se révoltent, s'émeutent, pillent et cassent, mais que la masse des gens, témoins chaque jour de l'aberration, de la manigance, de l'obscénité qui les gouvernent comme des formidables crimes du régime n'entreprennent rien pour s'en débarrasser. Il devient chaque jour plus difficile de ne pas comprendre pourquoi fracasser des banques ou des sièges de multinationales pétrolières, pourquoi attaquer des commissariats, pourquoi haïr la justice, la politique et le capitalisme. En Grèce, ce ne sont pas des anarchistes qui ont tenté de prendre d'assaut le parlement, mais des grévistes conséquents. Vous semblez croire qu'en nous soumettant à un harcèlement judiciaire et policier, qu'en exaspérant un nombre circonscrit de militants inscrits dans vos fichiers vous arriverez à pousser l'un ou l'autre à quelqu'acte délirant ou indéfendable, à faire naître chez quelqu'un le raisonnement que, quitte à finir en prison, autant que ce soit pour quelque chose de sérieux, et non pour un autocollant sur un distributeur de billet. Malheureusement pour vous, nous sommes assez lucides sur la situation, et aucun d'entre nous n'aspire au rôle héroïque d'avant-garde sacrificielle. L'existentialisme armé des années 70 ne nous tente pas plus que cela, et nous savons être patients. Notre existence témoigne simplement de la profonde maladie qui frappe votre ordre social; vous pouvez bien tenter de nous anéantir, la maladie restera, intacte et toujours aussi mortelle.

Monsieur Squarcini, depuis deux ans qu'existe la DCRI, le flambant « FBI à la française » que vous promettiez n'a réussi à s'illustrer que par deux chefs d'oeuvre : l'affaire de Tarnac et l'enquête sur les rumeurs de vaudeville présidentiel, si l'on excepte sa production cinématographique, tel que le grotesque reportage d'autopromotion diffusé récemment sur France 2. Arrêtez les frais, monsieur Squarcini! Et dissolvez la DCRI avant qu'elle ne soit noyée par le ridicule; le ridicule qu'il y a, par exemple, à se vanter de déjouer des attentats contre vous-mêmes.

En vous souhaitant une prompte retraite, à Gap ou ailleurs.

Comité Central de l'Ultra-Gauche Ultra-Organisée (CCUG-UO).

Indymédia Nantes

09:27 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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