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21/06/2010

Réflexions à chaud sur les émeutes réactionnaires de Belleville

En revenant d’une balade très peu champêtre, nous nous rendons dans le quartier de Belleville à Paris. Quelques heures plus tôt, une manifestation y avait démarré pour dénoncer, selon les mots des organisateurs : « Les violences chroniques dont est victime la communauté chinoise ». En cause : des vols de sacs, agressions, dépouilles. Une manif aux relents bien réactionnaires, comme en témoignent les slogans criés et inscrits sur les banderoles et pancartes :"Sécurité pour tous", "Vive la citoyenneté", "Stop la délinquance", drapeaux français, chinois et européens, hymne national. On ne comprend pas bien de quelle violence il s’agit (ayant plutôt l’habitude de phénomènes de violence intra-communautaire dont nous parlerons plus tard), mais nous comprendrons plus tard ce qui se cachait derrière cette manifestation.


Après la fin officielle de la manif, l’ambiance est très chaude sur place, des gens sont attroupés, des camions de flics arrivent en masse. On entend à droite à gauche des bruits de casse, puis un torrent de violence se déchaîne sur les flics, attaqués à mains nues et au corps à corps par des centaines de personnes, qui leur jettent œufs, pierres et bouteilles de verre. Des voitures sont retournées, des CRS se font charger et sont obligés de reculer.
Face à ce déchaînement de violence anti-flic, nous hésitons à entrer dans la danse, mais nous attendons, par "prudence éthique".

Tout d’un coup, les gens se mettent à courir. Nous pensons que tout le monde fuit une énième charge de keufs, mais nous nous rendons très vite compte qu’il s’agit d’autre chose. Des manifestants étaient en train de poursuivre des gamins, qu’ils ciblaient "noirs et arabes", en leur lançant des bouteilles de verre. Un des gamins tombe à terre, et tente de se réfugier sous le perron d’une porte. Courant à leurs côtés, nous devons alors calmer la fureur des lyncheurs. Ceux-ci lâchent prise, cette fois-ci. Nous comprenons, en écoutant les conversations : que « les flics ne faisant pas leur travail, et laissant les voleurs en liberté, les manifestants auraient décidé de prendre l’affaire en main et de se venger eux-mêmes ». Nous comprenons aussi que tout serait parti du vol du sac à main d’une manifestante par un gamin du quartier, puis de la tentative des manifestants de livrer le gamin aux flics, qui n’en auraient pas voulu. C’est à partir de là que les manifestants ont déchainé leur violence contre les flics. Une violence sans retenue, comme on a pas l’habitude d’en voir. Une violence pour punir les flics de ne pas assez bien faire leur boulot.

Les flics décident de battre en retraite, en noyant la place sous un épais nuage de lacrymo tiré dans le tas. C’est plus d’une cinquantaine de cametards de flics qui disparaissent en un clin d’œil, au moment même où la violence commençait à atteindre un pic. Clairement, les flics ont décidé d’abandonner la place, pour laisser se dérouler des violences inter-communautaires, alors qu’une heure plus tôt, c’est contre les flics que tout le monde s’acharnait. Se crée alors un ballet entre trois à quatre cent membres de la communauté chinoise et quelques gamins noirs et arabes, parfois passés à tabac au sol par plusieurs dizaines de personnes, accusés à la va-vite d’être des voleurs, sous les yeux assoiffés des journaflics ayant flairé l’odeur du sang et des gros-titres, en bon charognards qu’ils sont. Mais précisons qu’à l’heure où nous écrivons ces lignes, rien n’est encore sorti de précis dans les médias sur ce qu’il s’est réellement passé. Nous avons pu observer des sortes de milices improvisées, réunissant plus d’une centaine d’asiatiques, allant dans la cité voisine pour casser du noir et de l’arabe, dans une chasse à l’homme rappelant les pogroms.

Durant ces émeutes, nous avons ressenti chez les émeutiers chinois une haine farouche contre les « voleurs ». Par exemple, après qu’une voiture banalisée de flics fut renversée, et son gyrophare coupé, des personnes ont commencé à fouiller dans le coffre, immédiatement prises à partie et lynchées car accusées d’être des voleurs, par les mêmes personnes qui avaient retourné la voiture. Autant dire que l’incompréhension nous gagne à ce moment.

Cette chaude après-midi, et les évènements qui l’ont marquée, semblent préfigurer un scénario de guerre civile qui se développe de-ci, de-là en ces temps de "crise". L’attitude de la police vient confirmer cette impression, elle qui a quitté les lieux au moment où elle sentait que la rage à son encontre était en train de remplacer la haine ethnique entre les gens. Nous pouvons imaginer que pour le préfet une bonne émeute raciste est préférable à une émeute tournée contre les flics, et autres symboles de l’État et du capital (banques et autres McDonald’s sont restés intacts).
Au fond quel besoin d’une présence policière dans une émeute contre des "délinquants" ?
Précisons que toutes les semaines, des chinois se font rafler par dizaines par les flics, et ce dans l’indifférence générale, sans qu’une seule manifestation aussi importante ne soit appelée. De même, jamais nous n’entendons une quelconque protestation contre l’exploitation de chinois par d’autres chinois. Cette violence-là, celle de l’exploitation, n’est jamais dénoncée.
Impuissants et tristes face à ce spectacle infâme, nous tenons tout de même à exprimer quelques positions claires.

Cette journée a prouvé que toutes les émeutes ne sont pas bonnes, malgré ce que peuvent en penser les quelques hooligans et nihilistes qui y croient encore, par leur apologie de la guerre civile.
En outre, nous croyons qu’il est nécessaire de déserter les guerres entre pauvres, entre ethnies et entre toutes les communautés imaginaires, entre tous les rôles sociaux tout aussi imaginaires : "honnêtes travailleurs chinois" contre "voleurs arabes".
La guerre sociale n’est pas la guerre de tous contre tous, mais la guerre qui de tout temps a opposé la domination à tous ceux qui ne la supportent pas.

Encore et encore, il faudra nous battre contre les cancers nationalistes, ethniques, communautaristes, religieux et politiques.

Des anarchistes.

base de données anarchistes - 20/06/2010

14:38 | Lien permanent | Commentaires (0) |

20/06/2010

Manifestation à Belleville: les Chinois contre l'insécurité

« les petits timoniers » au service des « mécanismes mêmes du Capital »


le_péril_jaune.JPG
Photo piquée au tas chez Bernard Abouaf - Génération Street


Echauffourées à Belleville après une manifestation de Chinois contre l'insécurité

Des échauffourées ont éclaté dimanche dans le quartier parisien de Belleville, en marge d'une manifestation de milliers de ressortissants chinois ou d'origine chinoise. Trois personnes ont été interpellées.

Près de 8500 personnes, selon la police, ont défilé entre la rue de Belleville et la place du Colonel-Fabien, dans le nord-est de Paris.

Il s'agit de la plus importante manifestation de cette communauté jamais organisée en France, selon ses organisateurs. Les manifestants voulaient dénoncer la violence dont la communauté chinoise fait l'objet. «Sécurité pour tous», pouvait-on lire sur les 5000 tee-shirts et autocollants distribués par les organisateurs, un collectif d'associations franco-chinoises.

Depuis plusieurs mois, la communauté chinoise de Paris se dit victime d'agressions et de vols violents perpétrés, selon elle, par des groupes de jeunes vivant à Belleville ou dans d'autres quartiers de l'est parisien. Le collectif réclame «des actions concertées et coordonnées» des autorités pour renforcer la sécurité.


La manifestation s'est dispersée à partir de 16h30. Mais, un peu plus tard, vers 17h35, des incidents ont éclaté dans le secteur de Belleville entre «une cinquantaine de jeunes internes à la manifestation et une dizaine de jeunes extérieurs au cortège», a dit une source policière. Trois voitures, dont une munie d'un girophare bleu, étaient renversées rue de Belleville vers 19h30.

Après des échauffourées et l'intervention de la police, «trois individus ont été interpellés», a indiqué la police, sans pouvoir dire si la situation était redevenue calme dans ce quartier cosmopolite.

piqué au tas chez Le Parisien.freuh - 20/06/2010

 

23:50 | Lien permanent | Commentaires (2) |

20/07/2009

The Clash "Washington Bullets"...again...

 

 

 

 

Oh ! maman, maman, regarde là !

Tes enfants jouent de nouveau dans cette rue

Ne sais-tu pas ce qui s'est passé ici ?

Un jeune de 14 ans a été tué ici

Les Kokane Guns de Jamdown Town

Les clowns tueurs, les hommes de l'argent sale

Ont tiré ces balles de Washington encore une fois

 

Comme chaque cellule du Chili le dirait

Les pleurs des hommes torturés

Rappelle toi Allende, et les jours d'avant,

Avant que l'armée ne vienne

S'il te plaît, rappelle toi Victor Jara

Dans le Stade de Santiago

C'est la vérité - de nouveau ces balles de Washington

 

Et dans la Baie des Cochons en 1961,

la Havane combattit le playboy sous le soleil cubain

Parce que Castro est d'une couleur,

Plus rouge que le rouge,

Ces balles de Washington voulaient que Castro meure

Parce que Castro est de la couleur...

... qui te fera gagner une volée de plomb

 

Pour la toute première fois,

Quand ils eurent une révolution au Nicaragua,

Il n'y eut aucune intervention américaine.

Les droits de l'homme en Amérique

Et bien les gens combattirent le chef

Et le chassèrent... .

Que pouvait-il faire sans les balles de Washington?

 

Et si tu peux trouver un rebelle Afghan

Que les balles de Moscou ont loupées

Demande ce qu'il pense de voter communiste...

... Demande au Dalai Lama dans les hauteurs du Tibet

Combien de moines les chinois ont-ils eu ? ...

... dans un marais déchiré par la guerre, arrête n'importe quel mercenaire et

Cherche les balles Anglaises dans son arsenal

Quoi ?

Sandinista !

 

(merci histogeobox) !!!

18:38 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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