Avertir le modérateur

23/11/2011

Denis Robert : « La fiction est le meilleur chemin pour dire le réel »

Après dix ans de procès, le journaliste Denis Robert est enfin « blanchi ». Posément, sans rancune envers ses anciens détracteurs, il tente de convaincre les politiques de l’urgence à agir contre les dérives du système bancaire.

Regards.fr : Après avoir été blanchi en février par la cour de Cassation, la cour d’appel de Lyon fixera le 29 novembre les préjudices engendrés par Clearstream à votre encontre. Vous êtes soulagé ?

Denis Robert : J’ai gagné sur le plan judiciaire, mais je n’ai pas gagné politiquement, ni médiatiquement. Le scandale Clearstream n’a pas encore véritablement explosé. À quoi sert un journaliste si ce qu’il écrit n’a pas de résonance effective dans le réel ?

Regards.fr : Pourquoi ce silence, selon vous ?

Denis Robert : Il est relatif. Mais l’absence de prise en compte de ce que révèle mon enquête tient à son contenu. Ce que je montre est insupportable pour les banquiers car ça touche le cœur de leur bizness et celui de leurs plus gros clients. Le lobby bancaire est plus puissant que je ne l’imaginais. Ils ont mis en place une sorte de cordon de sécurité autour de mon travail. Dix années de plaintes à répétition et de calomnies. La décision de la cour de cassation réamorce l’histoire. Je vais à Bruxelles dans les jours qui viennent pour rencontrer des eurodéputés. Je suis sollicité par des candidats à la présidentielle. Je ne suis pas pressé. Le temps joue pour moi.

Regards.fr : Les politiques ne s’emparent pas de cette question ?

Denis Robert : C’est un débat qui commence enfin à agiter la gauche. Les candidats à la Primaire socialiste ont parlé de régulation du capitalisme ou de lutte contre les paradis fiscaux mais sans entrer concrètement dans le vif du sujet. Arnaud Montebourg ou Jean-Luc Mélenchon ont tenu les propos les plus offensifs, mais on reste encore trop à la surface des choses. Prenons l’exemple des paradis fiscaux. Nicolas Sarkozy avait promis leur disparition. Quelle blague ! Là, les candidats disent tous : « Il faut lutter contre les paradis fiscaux. » J’ai même entendu : «  Il faut interdire les paradis fiscaux. » C’est juridiquement impossible. C’est comme se saisir d’une savonnette avec un gant de boxe. Les paradis fiscaux sont des leurres. Il est par contre possible de surveiller, voire de stopper les pompes qui alimentent ces paradis fiscaux. On sait que les virements se font pour l’essentiel grâce à une société de routing financier, Swift et grâce aux réseaux informatiques des deux chambres de compensation Euroclear et Clearstream. Il faut contrôler ces structures…

Regards.fr : C’est ce que vous avez indiqué à François Hollande dans la note que vous lui avez donnée ?

Denis Robert : Oui, entre autres. On m’a demandé d’écrire une note. Je l’ai fait bien volontiers. On a trop tendance à considérer l’univers de la finance comme impénétrable ou trop compliqué. Ça ne l’est pas. C’est possible, c’est politique.

Regards.fr : Depuis l’appel de Genève lancé en 1996, c’est un de vos combats moteur ?

Denis Robert : J’ai affiné mes connaissances. En 1996, je n’imaginais pas que l’information financière était autant centralisée. Je ne connaissais pas les chambres de compensation. Je ne savais pas leur importance dans l’organisation du commerce interbancaire. Le juge Garzon, comme les six autres magistrats signataires de l’appel, s’avouait impuissant face aux moyens techniques et à la rapidité des prédateurs financiers. Les fonctionnements judiciaires étaient tellement lourds que les criminels gagnaient toujours. Malheureusement, d’un point de vue judiciaire, la situation n’a pas évolué. Les juges restent toujours cadenassés dans leurs frontières. Par contre, la perception que l’on a de la circulation des valeurs a changé. Il est inutile d’aller chercher des dépositaires dans des paradis fiscaux. Ils sont protégés par ces législations de papier. Le seul moment où les prédateurs financiers sont vulnérables, c’est pendant le temps du transfert de fonds. Et ce temps est électronique. C’est un jeu d’écriture qui s’opère à l’intérieur des chambres de compensation. C’est là qu’il faut taper.

Regards.fr : Vous faites de la pédagogie car souvent le vocabulaire financier est ardu ?

Denis Robert : Quand j’écris, je pense souvent à mon père ou à mes copains qui n’y connaissent rien. Je fais de gros efforts d’écriture et de simplification. Je n’ai pas peur d’être parfois naïf, ou de répéter plusieurs fois la même question quand je ne comprends pas. Cette méthode m’a permis de découvrir le fonctionnement de Clearstream. Au début, son PDG et son staff se sont moqués de mes questions. Ce sont ces questions et leurs réponses qui ont pourtant provoqué leur perte. Aussi puissants qu’ils pouvaient être, ils ont été virés comme des larbins trois mois après la sortie de mon premier livre Révélation$.

Regards.fr : Vous ne lâchez donc pas le morceau ?

Denis Robert : J’aimerais que d’autres prennent le relais. Je sais que des films et des articles sont en préparation en France et à l’étranger. Je suis content de ne pas y participer. Il faudrait maintenant une commission d’enquête et un véritable audit sur Clearstream mais aussi sur Euroclear et Swift. J’ai encore cette ultime étape à franchir.

Regards.fr : Vous avez d’autres projets ?

Denis Robert : Oui, mais j’ai un peu de difficulté à m’y remettre. Je n’ai pas peint une seule toile depuis presque un an. Mon prochain livre – un récit qui n’a pas grand-chose à voir avec la finance- est en rade. J’ai plusieurs films en fabrication. Une série documentaire sur le journalisme est en cours montage. Je prépare un film hommage sur un vieux journaliste qui m’a beaucoup inspiré à mes débuts, Cavanna… J’ai aussi envie de réaliser un film sur des ouvriers qui ont occupé une usine il y a trente ans. Il est important de témoigner de la classe ouvrière. De le faire sans nostalgie. J’ai aussi le dernier tome de ma BD L’ Affaire des affaires qui sort fin novembre. Et une autre BD adaptée de mon dernier roman Dunk est en cours d’écriture.

Regards.fr : Depuis quelques années, vous vous tournez vers la peinture, le théâtre, la BD. Vous êtes fâché avec le réel ?

Denis Robert : Tout a toujours tourné autour de la même question  : « Comment une société aussi riche peut produire autant de pauvreté ? » Mes toiles ou mes BD parlent de ça. La pièce de théâtre que je suis en train de monter au théâtre du Rond-Point aussi. Hunter Thomson disait que la fiction était le meilleur chemin pour dire le réel. C’est assez juste. La saga Clearstream, c’était un combat à mains nues avec le réel. Un affrontement long, excitant mais fatigant. Je suis allé au bout de cette histoire. La cour de cassation a mis un point final à mon travail de journaliste. J’ai maintenant envie de passer à autre chose.

Regards.fr : Vous avez un auteur fétiche ?

Denis Robert : Plusieurs. Mais celui qui m’a amené au journalisme disons littéraire, c’est Truman Capote. La lecture de De Sang-froid a été déterminante. J’ai eu envie de faire comme Truman Capote au début. Je n’y suis pas encore parvenu. Mais sans lui, je serais sûrement resté dans un journal où c’était finalement très confortable.

Regards.fr : Et la peinture ? Quel a été le déclic ?

Denis Robert : Quand on a interdit mon livre Clearstream, l’enquête en 2006, qu’on l’a retiré des rayons, j’ai pris un coup au moral. Le hasard et Facebook m’ont fait croiser la route d’une galerie parisienne. La galerie W. Je me suis dit que là, les policiers ou les censeurs ne viendraient pas m’emmerder. C’est comme ça que ça a commencé. Et ça ne s’est plus arrêté.

Regards.fr : L’enquête, les journaux vous manquent ?

Denis Robert : Parfois. Récemment, il y a eu une page sur moi dans Le Monde avec ce titre : « Le marginal de l’info ». Cette marginalité n’a jamais été un choix de ma part. Le système médiatique et ses influences m’ont mis à l’écart. L’information que j’ai produite n’est plus marginale aujourd’hui.

Regards.fr : Vous êtes conscient d’être devenu une sorte d’emblème, pour tous ceux qui se battent contre les dérives du système, les « indignés » ?

Denis Robert : Pas vraiment, même si je suis souvent sollicité. Je me sens plus utile à écrire, à faire des films qu’à m’engager sur le terrain politique. Au fond, j’ai du mal à y croire. On est dans un pays avec des élections, différents partis, une démocratie qui fonctionne pas trop mal… On n’est pas encore dans un climat insurrectionnel. Ça peut venir assez vite.

Regards.fr : Pour qui allez-vous voter à la Présidentielle ?

Denis Robert : Pour celui ou celle qui réglera le problème des dérives du capitalisme financier. À la gauche de la gauche au premier tour. Et au second tour, sans aucun état d’âme, pour le candidat socialiste qui sera qualifié. S’il l’est… Si ce n’est pas le cas, ça va devenir très compliqué.

Regards.fr : Tous ces gens qui vous font des risettes aujourd’hui après vous avoir lâché pendant les plus dures années, ça vous énerve ?

Denis Robert : Non, pas du tout. Je n’ai de rancoeur pour personne.

piqué au tas sur regards.fr

16:18 | Lien permanent | Commentaires (0) |

19/05/2011

Denis Robert - Tout sur Clearstream

Pour ce nouvel Essai libre,

Guillaume Gandelot s'est porté à la rencontre du journaliste d'investigation Denis Robert. Après 10 ans de bataille judiciaire contre la société luxembourgeoise Clearstream, le journaliste le plus black-listé de France vient aujourd'hui de gagner son procès en cassation et rassemble les trois enquêtes qu'il a publiées à ce jour sur la société occulte dans un livre-somme, "Tout sur Clearstream" (éditions Les Arènes). En contrepoint, son éditeur Laurent Beccaria évoque la question complexe de la "justice de la diffamation" en France pour ce type d'enquête... Un reportage passionnant qui pointe en creux les véritables enjeux du journalisme contemporain.

09:01 | Lien permanent | Commentaires (0) |

04/03/2011

TPI : les services français ont protégé durant des années des criminels de guerre

ancien article sur Probe ici



Coopérer avec la justice internationale ? Oui, mais d’abord protéger les « amis de la France ». Les carnets du général Rondot, saisis par la justice et largement utilisés dans l’enquête sur l’affaire Clearstream, recèlent des informations jamais utilisées jusqu’à aujourd’hui sur l’attitude de la France envers le TPIY et la poursuite des criminels de guerre. Mediapart et Le Courrier des Balkans se sont également procurés une note du général Rondot, qui explique comment les services français ont protégé des inculpés du TPIY, notamment le général croate Ante Gotovina.

Datée du 17 mars 2005, cette note est adressée au chef d’état-major particulier du président de la République, le général Georgelin, avec copie au ministre de la défense de l’époque, Michèle Alliot-Marie. Ce document atteste formellement des liens qu’ont entretenus les services secrets de la DGSE avec les forces croates dès 1991, puis, de 2000 jusqu’en 2005, avec des criminels de guerre recherchés par le TPIY.

Ces documents éclairent d’un jour nouveau le rôle des services français dans les guerres de l’ex-Yougoslavie puis leur collaboration à géométrie variable avec la justice internationale. Dans ses annotations, le général Rondot révèle en particulier comment la DGSE est restée en contact avec le général croate Ante Gotovina, inculpé et recherché par le TPIY, tout au long d’une cavale qui s’est poursuivie de 2001 à 2005.

Plus largement, le général expose comment les services de renseignements français ont suivi de près tous les dossiers concernant les criminels de guerre. Ils n’ont livré qu’au compte-gouttes des informations à la justice internationale, avec une ligne directrice : protéger leurs collaborateurs et leurs partenaires, même quand ceux-ci étaient inculpés.

En conséquence de cette collaboration bien hésitante de pays comme la France avec la justice internationale, le général Mladić court toujours, plus de quinze ans après son inculpation.

Dans les carnets, les mentions concernant les inculpés du TPIY reviennent presque chaque jour. Qu’il s’agisse de Mladić, de Karadžić, arrêté à Belgrade en juillet 2008, ou encore de Goran Hadžić (ancien président de la République serbe de Krajina accusé en 2004 de crimes de guerre et crimes contre l’humanité), lui aussi toujours en cavale, les communications sont constantes entre la ministre de la défense Michèle Alliot-Marie, le président Chirac, et la direction des services.

tLa priorité des priorités a longtemps concerné le général croate Ante Gotovina, ancien membre de la Légion étrangère. Il n’a été arrêté que le 7 décembre 2005. Quelques mois plus tôt, le général Rondot notait : « Cesser de traiter Gotovina ». Avant d’être ainsi « lâché » par la DGSE, l’homme, actuellement en jugement à La Haye pour « violations des lois et coutumes de la guerre » et crimes contre l’humanité, a joui d’une longue protection, qui s’explique par les nombreux services qu’il aurait rendu à la France.

Ante Gotovina, un itinéraire français

PNG - 255.8 ko
Cliquez sur l’image pour accéder à la première page de la note

Ante Gotovina a toujours entretenu des liens étroits avec la France. Né en 1955, il fuit la Yougoslavie de Tito et s’engage le 1er janvier 1973 dans la Légion étrangère sous le nom d’Ivan Grabovac. Affecté au 2ème Régiment étranger de parachutistes basé à Calvi, en Corse, il fait alors une rencontre déterminante : Dominique Erulin. Les deux hommes servent sous les ordres du frère de ce dernier, le colonel Philippe Erulin, qui dirige le 2e REP. Leur fait d’arme est d’avoir sauté sur Kolwezi (Zaïre), en 1978, afin de rapatrier les Européens menacés par des rebelles. Ante Gotovina quitte la Légion en 1978 avec le grade de caporal-chef et obtient la nationalité française en avril 1979.

Après s’être reconverti un temps dans les officines de sécurité, il sombre dans le banditisme puis rejoint la Croatie en juin 1991 (pour lire le détail de cet itinéraire cliquez ici). Il connaît alors une ascension fulgurante jusqu’à devenir général de corps d’armée en 1995 et commandant du district militaire de Split. À ce titre, il participe à l’opération « Tempête » (Oluja) , la « guerre éclair » qui permet à l’armée croate de reconquérir en quelques jours le territoire occupé par les sécessionnistes de la République serbe de Krajina.

PNG - 252 ko
Cliquez sur l’image pour accéder à la deuxième page de la note

Cette opération a en fait été préparée avec les services de renseignements militaires occidentaux, notamment américains et français. Dans la note du 17 mars 2005 que nous révélons, Rondot écrit : « C’est ainsi qu’en août 1995, l’un des personnels [de la DGSE] a suivi le déroulement de l’opération ’Oluja’ de reconquête des Krajinas par l’armée croate. C’est pour des faits remontant à cette période que le général Ante Gotovina est aujourd’hui poursuivi par le TPIY. »


Retrouvez notre dossier :
TPI : Ante Gotovina, criminel de guerre et « ami de la France »

 

 

 

 

 

la suite sur Le Courrier des Balkans

 

10:35 | Lien permanent | Commentaires (0) |

10/02/2011

« Dix ans et toutes mes dents » (par Denis Robert)

Le jeudi 3 février 2011, Denis Robert a été blanchi par la Cour de cassation de sa condamnation pour deux de ses livres (Révélation$ et La Boîte noire) et un documentaire (Les Dissimulateurs), diffusé sur Canal Plus. Une victoire, gagnée contre Claerstream, mais aussi contre ceux qui, à l’instar de Philippe Val et d’Edwy Plenel, avaient tenté de discréditer son travail ou multiplié les soupçons, à l’instar de la presse bien pensante. Nous y reviendrons.

Sans dissimuler notre plaisir, nous publions, avec l’autorisation de l’auteur, le texte que Denis Robert a adressé à ses amis. (Acrimed)

Dix ans et toutes mes dents

Note pour mes amis et les amis de mes amis qui ont la mémoire embrouillée et me demandent des détails sur les jugements de la cour de cassation qui viennent de tomber. D’abord vous dire qu’ils mettent un terme une longue bataille judiciaire et qu’ils m’enchantent.

Depuis dix années que Révélation$ est sorti (28 février 2001), de nombreuses plaintes ont été déposées contre mon éditeur, les chaînes qui ont diffusé mes films, de nombreux journaux et contre moi. Une soixantaine en tout, dans plusieurs pays, en comptant les procédures pénales et les constitutions de partie civile.

Parmi ces plaintes, une dizaine émanait de la Banque Générale de Luxembourg et une vingtaine a été lancée par la Menatep une banque russe liée à la mafia. Je peux dire que globalement j’ai gagné tous ces procès.

La Chambre de Compensation luxembourgeoise Clearstream a diligenté une grande partie des autres procédures. Leur stratégie a été essentiellement basée sur la calomnie, une extrême mauvaise foi, le harcèlement, l’acharnement et l’intimidation.

Cette stratégie, loin du droit, échoue lamentablement aujourd’hui, pour laisser place à la justice et au journalisme. Une victoire sans tambour, ni trompette. Une victoire gravée dans le marbre. Un souvenir de victoire bientôt. Peu importe. Cette décision ouvre d’intéressantes perspectives. Clearstream ne pourra plus faire comme avant…

Une vingtaine de plaintes ont été déposées par la multinationale en France, en Belgique, au Luxembourg, occasionnant des centaines de visites d’huissiers à mes domiciles. Passé les limites, je ne compte plus.

J’ai perdu quelques procès (en particulier pour des interviews à des journaux, je pense à Sud Ouest ou VSD). J’en ai gagné (Nouvel Obs, le Point, « Tout le monde en parle » sur France 2). J’aurais pu et j’aurais dû, si j’avais eu les moyens financiers, aller systématiquement pour toutes ces procédures jusqu’à la Cour de Cassation. Je ne l’ai fait que pour trois d’entre elles. Les plus importantes à mes yeux, puisque ces procédures concernaient les deux livres originels « Révélation$ », « La Boîte Noire » et « Les dissimulateurs », mon premier documentaire sur l’affaire.

Passons sur « Clearstream l’enquête » qui a occasionné une condamnation symbolique (mais onéreuse en frais de procédure) à Luxembourg, pour nous intéresser au reste…

Pour « Révélation$ » et « Les dissimulateurs » (mon premier documentaire diffusé en février 2001), j’ai été condamné en diffamation à hauteur d’un euro symbolique de dommages et intérêts en mars 2004, puis (en appel) à 1500 euros en octobre 2008, sans compter les frais de procédure.

Pour « La Boîte Noire » (sorti en octobre 2002), Clearstream a été déboutée et condamnée à me verser 3 500 euros de dommages et intérêts en première instance. Devant la Cour d’Appel (Paris, octobre 2008), j’ai été condamné à 1500 euros, sans compter les frais de procédures et de publication des décisions.

Je me suis pourvu en cassation. J’ai pris cette décision contre l’avis de nombreuses personnes, dont mon éditeur, Les Arènes et la chaîne Canal + qui ont refusé de poursuivre les procédures. Je ne les accable pas. De leur place, il leur était sans doute difficile d’aller au bout de la bataille à mes côtés. Certains auraient lâché avant.

Dans les jours qui ont suivi les décisions de la Cour d’appel, Clearstream a acheté une page dans le Monde pour proposer une transaction qui consistait à accepter ces condamnations contre la non-exécution des arrêts. En gros, le non paiement des sommes auxquelles j’étais condamné.

Il était impensable d’accepter un tel compromis, de renier mon travail, mon enquête. Il était indispensable sur les principes qui fondent ce que doit être le journalisme, de me battre jusqu’au bout pour obtenir une décision reconnaissant le droit. J’étais prêt à aller jusqu’à la Cour Européenne des Droits de L’homme s’il le fallait.

Je savais ce que j’avais vu et fait. J’avais intégré les enjeux de cette bataille. Un système financier sain au départ a été dévoyé, ouvrant d’incroyables possibilités de dissimulation. Mon enquête était, est, restera fondée. Mes écrits reposent sur des documents, des courriers, des listings, des microfiches, des témoignages filmés. Des éléments suffisamment probants qui ont permis de mettre à jour des comptes non publiés produisant de l’opacité, un système d’effacement de traces de transactions, la probabilité très forte d’une double comptabilité, des liens présumés entre Clearstream et l’Eglise de scientologie, l’hébergement de banques mafieuses, l’utilisation de Clearstream pour la mise en œuvre d’opérations occultes, l’absence totale de transparence et de contrôle, la complicité des auditeurs, le licenciement du personnel qui refusait de procéder à des manipulations comptables et de publier des bilans de fait maquillés… Mon enquête et la simple lecture de mes documents montraient, montrent que cette firme abritait plus de 6000 comptes ouverts dans des paradis fiscaux. Parmi ces comptes, des sociétés off shore, mais aussi des filiales de banques respectables. J’ai révélé que des multinationales pétrolières, agroalimentaires ou industrielles avaient également ouvert des comptes discrets à Clearstream. J’en passe et des dizaines.

Au delà du coup de projecteur sur cette firme, l’ensemble de ce travail explicitait les dérives inquiétantes du système financier international et révélait les contours d’une finance véritablement parallèle.

J’en savais beaucoup et je ne voulais pas me taire. Je restais persuadé que les juges de la Cour d’Appel ne m’avaient pas jugé comme il le fallait au vu des éléments du dossier.

L’appui de mes amis du comité et des mille huit cent quatre vingt six personnes ayant soutenu ce qui devenait un combat de longue haleine ont été déterminants.

Canal plus et mon éditeur ont été condamnés à mes côtés, mais Clearstream s’est retournée systématiquement vers moi. Le but n’était pas tant l’argent que la volonté de m’étouffer financièrement, de m’empêcher de poursuivre mes recherches et de me défendre.

Le moment de bascule a été l’affaire pénale dite « Clearteam 2 ». Celle mettant en cause Dominique de Villepin.

Clearstream s’est constituée partie civile dans cette procédure concernant les listings truqués. J’ai été mis en examen pour vol et recel en fin d’année 2006. Dès lors sans que je m’en rende compte, la suspicion a changé de camp. Les communicants de la firme et leurs avocats ont habilement utilisé cette seconde procédure pour influencer les juridictions dans les procès qui m’étaient faits.

Clearstream me présentait comme le pivot de cette nouvelle affaire qui n’avait aucun lien avec les litiges nous concernant. Tenter de ridiculiser mon travail ne suffisait plus, il fallait pratiquer l’amalgame et la confusion.

Combien de fois ai-je entendu les avocats de la firme ou des journalistes malveillants se moquer de « mes erreurs », m’appeler le « falsificateur » ou le « conspirationniste ». Tout cela a joué. Comme ont dû jouer les articles fielleux écrits par des procureurs à moustaches, des éditorialistes à deux balles, des concierges du net. Je sais, je ne devrais pas. Mais bon. Je pense aussi à certains politiques qui m’avaient épaulé et qui soudainement ont baissé les yeux.

J’ai arrêté mon blog. J’ai arrêté le contact frontal. Je suis resté zen. J’ai attendu que ça passe. J’ai été relaxé en janvier 2010. Cette décision pénale est définitive.

Pour le reste, j’ai attendu que des magistrats jugent, tranquillement. Loin du tumulte. C’est ce qui vient de se passer.

La Cour de cassation est la plus haute instance judiciaire française. Le dernier recours avant la Cour européenne des droits de l’homme. Je l’avais envisagé.

Chacun des trois arrêts qui me libère aujourd’hui et accable Clearstream est rédigé dans des termes clairs, précis et sans ambiguïté. La Cour de Cassation « autorise » les propos et les imputations contenues dans mes deux livres et mon documentaire.

La Première Chambre Civile de la Cour de Cassation, se fondant sur l’article 10 de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, a rendu trois arrêts qui sonnent le glas à mes ennuis et ouvrent des brèches importantes chez ceux qui m’attaquaient.

C’est fondamental. Ça fera jurisprudence.

Les arguments retenus par la Cour de Cassation sont intégralement ceux développés par mes défenseurs Michel Zaoui, Bénédicte Litzler au cours des dix années de procédure. Ces arguments ont été plaidés par Denis Carbonnier à la Cour de Cassation. Il s’agit d’une reconnaissance de la qualité de leur travail et du mien.

La Cour de Cassation a annulé mes trois condamnations du 16 octobre 2008 pour diffamation. Elle a explicitement reconnu « l’intérêt général du sujet » et le « sérieux de mon enquête ».

Tout le monde peut maintenant citer partout ce que j’avais écrit.

Dix ans pour mesurer l’aveuglement du dirigeant de Clearstream qui a porté plainte à l’origine contre moi. Ses successeurs n’ont pas démontré plus de clairvoyance puisqu’ils ont régulièrement relayé et encouragé ces plaintes.

Je ne sais pas ce que deviendront les informations contenus dans mes livres et mes films. Je ne sais pas ce que les Allemands qui ont racheté Clearstream en 2002 (suite à mon enquête) et qui ont forcément constaté ces dérives ont fait. La justice luxembourgeoise étant peu équipée pour traiter ces sujets et la justice européenne encore défaillante, je crains que le combat pour mettre un peu de rationalité et de contrôle dans cette banque des banques soit encore long. Pourtant ici plus qu’ailleurs, la question de la régulation du capitalisme se pose. Je rappellerai ce chiffre : Clearstream a annoncé en 2010 plus de dix trillions d’euros de valeurs enregistrées dans ses comptes. Dix mille milliards d’euros.

Pour revenir aux arrêts de la Cour de Cassation, toutes les demandes de Clearstream à mon encontre sont définitivement rejetées. Ils sont condamnés à me verser la somme de 9 000 euros au titre des frais de procédure et à me rembourser le montant de mes précédentes condamnations aujourd’hui annulées.

En ce qui concerne le préjudice financier et moral subi par moi pendant ces années, les trois affaires sont renvoyées devant la Cour d’Appel de Lyon. Je vais demander réparation aux dirigeants de la firme.

Par leur harcèlement, leur entêtement, leurs mensonges, leur acharnement judiciaire, Clearstream et ses communicants sont responsables de dix années à bien des égards perdues.

La crise financière étant passée par là, on voit bien les raisons politiques et financières qui les ont amenés –par tous les moyens- à me faire taire. Ils n’y sont pas parvenus. Au final, toute mon enquête est entièrement validée. Les arrêts sont définitifs et sans recours pour Clearstream.

Merci du fond du cœur à tous ceux qui m’ont soutenu. Et vous êtes nombreux. Je ne me suis jamais senti seul ou angoissé pendant ces années. Et ça je vous le dois.

Denis Robert, Chatel, le 7 février 2011


Note d’Acrimed – Lire ici même « Affaire Clearstream : Le Monde lave plus blanc », août 2008, et « Denis Robert gracié par Clearstream ? Le condamné refuse », novembre 2008.

piqué chez Acrimed - 10/02/2011

11:38 | Lien permanent | Commentaires (3) |

08/02/2011

Quand Philippe Val parle de Denis Robert...

à voir sur Politis :

 

Bravo Denis (ter) : quand Philippe Val parle de Denis Robert...



12:38 | Lien permanent | Commentaires (0) |

15/01/2011

Clearstream : Bernard Squarcini [ex Squale], devrait [au présent du conditionnel] se désister de l'action qu'il a engagée contre Dominique de Villepin [futur président]

Procès Clearstream: le chef de la DCRI devrait se désister contre Villepin

PARIS - Le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, devrait se désister de l'action qu'il a engagée contre Dominique de Villepin, au procès en appel de l'affaire Clearstream en mai, a-t-on appris vendredi auprès de son avocat.

"M. Squarcini envisage de se désister de sa constitution de partie civile contre M. de Villepin", a déclaré à l'AFP Me Patrick Maisonneuve, tout en précisant que son client maintenait son action contre l'ancien responsable d'EADS Jean-Louis Gergorin et le mathématicien Imad Lahoud.
Un tel désistement devrait être acté à l'audience, programmée du 2 au 26 mai. Me Maisonneuve n'a pas souhaité donner les motivations de son client.
Le nom de Bernard Squarcini avait été ajouté sur des listings de la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream, suggérant qu'il détenait des comptes occultes à l'étranger. Comme une quarantaine d'autres victimes, le haut fonctionnaire s'était constitué partie civile.
Le 28 janvier 2010, le tribunal correctionnel de Paris a relaxé l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, poursuivi pour complicité de dénonciation calomnieuse. En revanche, il a condamné Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin, considérés comme les principaux auteurs du complot, à respectivement à 18 et 15 mois de prison ferme, ainsi qu'à une amende de 40.000 euros.
Le parquet avait fait appel de la relaxe de M. de Villepin.
Révélée à l'été 2004, l'affaire Clearstream est une vaste histoire de manipulation où des listings de Clearstream ont été falsifiés. Des noms de personnalités, dont celui de Nicolas Sarkozy, y ont été ajoutés, afin de faire croire qu'ils détenaient des comptes occultes à l'étranger.
Scandalisé par de telles accusations, Nicolas Sarkozy s'était constitué partie civile le 31 janvier 2006. Il est depuis convaincu que Dominique de Villepin était au coeur de ce complot, fomenté selon lui pour lui barrer la route de l'Elysée. Dominique de Villepin, lui, assure s'être fait abuser par Jean-Louis Gergorin. Il n'a toutefois pas fait appel.

piqué au tas sur L'Express.fr - 15/01/2011

09:47 | Lien permanent | Commentaires (0) |

31/01/2010

Carla Bruni-Sarkozy, Clearstream et l'indépendance de la justice...

"Je suis très étonnée par le peu de confiance que, bien sûr, M. De Villepin, mais aussi visiblement les médias accordent à la justice française, le peu d'indépendance qu'on lui attribue"..."Je crois fondamentalement dans l'indépendance de la justice, je crois que nous sommes dans des états de droit et je suis stupéfaite par ce genre d'allégations"... "C'est littéralement stupéfiant", a-t-elle répété, assurant qu'"il s'agit d'une affaire pénale, pas politique"...

Pour l'AFP, Carla Bruni-Sarkozy assure ne pas avoir "les compétences pour commenter cela", Carla Bruni-Sarkozy a ajouté: "cela ne m'intéresse en rien".

Anne-Florence Schmitt, dans une interview du 07.03.2009, nous relate que pour Carla : Daniel Craig n’égalera jamais Sean Connery...

 

Pourtant on vous a connu plus militante dans le passé !!!

En mai 2009, Carla Bruni-Sarkozy s'exprimait sur le sort d'Aung San Suu Suu Kyi, dirigeante de l'opposition birmane et prix Nobel de la paix en 1991 : "c'est une question de simple humanité que de permettre à une femme malade d'être libre pour être soignée en toute confiance, alors que sa vie est clairement en danger".

 

En octobre 2008, l'épouse du Président et sa soeur sont allés voir l'ex-brigadiste italienne Marina Petrella...

«On ne pouvait pas laisser cette femme mourir. La situation était devenue intolérable», a confié Carla Bruni-Sarkozy à libération.fr, se disant «contente» d'une décision officialisée dimanche.

«On a apprécié l'engagement humain de Valeria Bruni-Tedeschi et de sa soeur Carla Bruni-Sarkozy», a réagi de son côté Oreste Scalzone, membre du comité de soutien à Marina Petrella, à l'annonce de cette rencontre.

D'autant plus que c'est la terreur menée contre les grandes familles industrielle italiennes dans les années 1970, qui aurait mené les parents des deux soeurs Bruni, filles de riches industrielles, à fuir l'Italie.

C. L. avec agence

http://jncuenod.blog.tdg.ch/media/00/01/13263130.jpg

 

Et pour le sort de JM Rouillan, Carla, vous avez un conseil ?

00:49 | Lien permanent | Commentaires (0) |

28/01/2010

Relaxe pour Denis Robert

Le Comité de Soutien à Denis Robert
http://lesoutien.blogspot.com
se réjouit du jugement
rendu par le tribunal,
remercie les donateurs
qui ont permis à Denis
d’assurer financièrement sa défense
ainsi que les journalistes
qui nous ont rejoints
pour le soutenir sur ce blog.
http://jesoutiens.blogspot.com/
et reste présent auprès de Denis
pour les procédures en cours et à venir.





Nous vous faisons suivre
ce texte de Denis Robert
écrit à la suite de ce jugement.


J’avais pensé envoyer ce texte:

“La justice a été rendue. Après plusieurs années d'épreuves, mon innocence a été reconnue.

Je pense à cet instant à ma famille qui a connu jour après jour la rumeur et la suspicion.

Je salue le courage du tribunal qui a su faire triompher la justice et le droit sur la politique.

Je suis fier d'être le citoyen d'un pays, la France, où l'esprit d'indépendance reste vivant.

Je n'ai aucune rancœur. Aucune rancune. Je veux tourner la page.

J'ai été blessé par l'image que l'on a voulu donner de la politique
(journalisme),

de l'engagement qui a été le mien, pendant 30 ans.

Et c'est vers l'avenir que je veux me tourner...”

Mais c’est déjà fait, c’est de Dominique de Villepin




Me concernant...

Je suis satisfait.

Heureux pour les centaines de milliers de personnes
qui se sont inquiétées de voir qu’un
journaliste pouvait être poursuivi en France
pour avoir fait son travail.

Ce jugement crée une jurisprudence.
Il dit que les journalistes sont maintenant protégés
par des principes supérieurs qui sont ceux de la liberté d’informer,
la liberté de la presse et la liberté d’expression.
Je rappelle que c’est moi qui aie apporté la preuve
que les fichiers à l’origine de ce scandale étaient des faux
et la démonstration qu’il s’agissait de listings Clearstream manipulés.
Cela a totalement disculpé Clearstream qui – en remerciement -
a porté plainte pour « recel de vol».

Si j’ai été sur le banc des accusés
c’est surtout par la volonté d’une entreprise et de ses dirigeants.

En même temps, je n’ai jamais été autant sollicité,
notamment par des acteurs internationaux
de la vie économique, sociale et politique.
Les demandes viennent de partout, de France mais aussi d’Espagne, d’Allemagne,
des USA, d’Italie. Ils s’intéressent à l’affaire Clearstream, la vraie,
celle d’une multinationale sur laquelle j’ai enquêté depuis 1999.

L’Affaire Clearstream (la 2) aurait pu s’appeler l’affaire Villepin/Sarkozy
ou l’affaire des faux fichiers.
Cela aurait été plus simple pour moi. Mais bon.

Merci à mes copains du comité, merci à vous tous
qui êtes avec moi depuis trois années maintenant.
Ça valait la peine. Ça vaut le coup.

Denis Robert

22:09 | Lien permanent | Commentaires (0) |

24/09/2009

Colonna - Clearstream et les journalistes

Source / auteur : SNJ

Le procès Clearstream ne doit pas être celui du journalisme

mis en ligne jeudi 24 septembre 2009 par jesusparis


Denis Robert est un des premiers protagonistes du procès Clearstream à être entendu ce mardi par le tribunal.

Il a été mis en examen pour « recel de vol et abus de confiance ». Derrière ces incriminations, c’est le vrai travail d’un journaliste opiniâtre et courageux qui est mis en cause et plus particulièrement, pour tout journaliste, le droit d’enquêter et l’obligation de protéger ses sources.

Denis Robert a fait son travail en informant le public sur Clearstream et le blanchiment d’argent à l’échelle mondiale.

Dans ce procès à très grand spectacle, ce n’est pas ce blanchiment qui est traité, mais les complots d’officines peu regardantes sur la vérité et la morale.

Le Syndicat National des Journalistes (SNJ), première organisation de la profession, aux côtés de Denis Robert depuis plusieurs années, lui renouvelle son soutien et appelle l’ensemble de la profession à être très attentive à cette affaire.

http://www.hns-info.net/spip.php?article19431



Source / auteur : Rebellyon info

L’affaire Colonna : bataille de presse et "justice" anti-terroriste

mis en ligne jeudi 24 septembre 2009 par jesusparis


Le sujet du livre est la justice antiterroriste, qui est à la justice ce que la fanfare de la Garde Républicaine est à la musique. Et comment en parle la presse, qui est parfois à l’information objective ce que l’innoubliable Agence Tass fut à la liberté d’expression.

En quatrième de couverture, l’auteur est ainsi présenté : "Gérard Amate n’aime pas l’Etat. Il est libraire à Lyon." En réalité, il bosse à la Gryffe, excellent établissement au demeurant, sis 5 rue Sébastien Gryphe, dans le 3e. On y trouve son livre, ce qui n’est pas le cas dans toutes les librairies lyonnaises : l’ouvrage est mal distribué et superbement ignoré par la presse.

On la comprend.

Il parle d’elle.

Car le sujet du bouquin n’est pas la Corse, ni l’irrédentisme insulaire, et encore moins le terrorisme.

Le bouquin raconte le procès en appel à l’issue duquel Yvan Colonna prit perpette et 22 ans de sûreté, sans preuve, sans aveux, contre l’avis des expertises légales qui l’innocentaient, et contre les dépositions des témoins directs du crime, jurant qu’il n’était pas l’assassin.

Le tout rapporté par différents médias, tels que le Figaro, France-Soir, Libération ou le Nouvel-Obs, sans oublier le Monde et le Parisien.

Sous le scalpel, une vérité apparait : le parti politique le plus acharné à perdre Colonna ne fut pas l’UMP mais le PS.

Et les plus ardents défenseurs de la raison d’Etat contre les immortels principes de 89, et ses libertés démocratiques, furent Libération, le Nouvel Obs, l’Humanité et, en définitive, Le Monde, après quelques hésitations.

Comme on pouvait s’y attendre, "L’Affaire Colonna" fait un tabac en Corse. Il vengera à Lyon ceux qu’une vieille addiction entraine à lire encore le quotidien des Rothschild et de Laurent Barbichette.


19:55 | Lien permanent | Commentaires (0) |

30/06/2009

EADS, Clearstream, les frères Lahoud, Airbus A330, Airbus A310

Marwan Lahoud, directeur de la stratégie et du marketing d'EADS

 

Marwan Lahoud n'est pas impliqué dans l'affaire Clearstream. Mais son frère Imad Lahoud en est un des principaux protagonistes.

source wiki:

Imad Lahoud est le fils de Victor Lahoud, et frère de Marwan Lahoud, ancien CEO de MBDA, la branche missile d'EADS issue de la fusion de l'Aérospatiale et des missiles Matra et nouveau Directeur Général d'EADS, nommé en juin 2007.

 

 

Bien vu EL GRINGO:

 

el gringo

26 fév 2007 23:57:06

 

Le PDG de MBDA Marwan Lahoud (frère d'Iman Lahoud) pourrait devenir le co-numéro deux d'EADS
Le PDG de MBDA Marwan Lahoud pourrait succéder au directeur général délégué Jean-Paul Gut si ce dernier venait à partir du groupe européen. Selon La Lettre de l'Expansion, le co-président exécutif d'EADS Louis Gallois a proposé à Marwan Lahoud de devenir le numéro deux du groupe européen.
Si le départ du directeur général délégué Jean-Paul Gut d'EADS se confirmait, le PDG du missilier européen MBDA Marwan Lahoud pourrait le remplacer. Selon La Lettre de l'Expansion, le co-président exécutif d'EADS et PDG d'Airbus Louis Gallois a proposé à Marwan Lahoud dont le groupe est détenu à 37,5% par BAE Systems, 37,5% par EADS et à 25% par Finmeccanica, de devenir le numéro deux du groupe européen.

Toute la question pour les prétendants à la succession de Jean-Paul Gut dont Marwan Lahoud, est de savoir si le poste sera configuré dans son périmètre actuel, qui est très étendu. Jean-Paul Gut est effectivement en charge du commerce international, de la stratégie et des fusions-acquisitions. Il pilote aussi les projets industriels transversaux pour les business units et est en charge du développement industriel mondial du groupe.

Apprécié par Louis Gallois, le patron de MBDA est aussi évoqué pour succéder à Jean-Paul Béchat à la tête de la présidence du directoire. Il fait partie d'une short-list de trois noms, qui ont été sélectionnés par le président du conseil de surveillance Francis Mer (La Tribune du 14 février). Selon nos informations, le profil de Marwan Lahoud colle très bien aux souhaits de la Délégation générale pour l'armement (DGA), qui table sur un dirigeant plutôt jeune et surtout connaissant le monde de la Défense.
http://www.latribune.fr/info/Le-PDG-de-MBDA-Marwan-Lahoud-pourrait-devenir-le-co-numero-deux-d-EADS-~-ID3E61FCEC16F13276C125728E005A0601-$Db=Tribune/Articles.nsf


Marwan Lahoud était Chief Executive Officer (CEO, l'équivalent de PDG) du leader européen dans le secteur des missiles MBDA (MBDA Missile Systems). Les actionnaires de MBDA, créée en 2002, sont EADS (37.5%), BAE Systems (37.5%) et Finmeccanica (25%).
Il est le frère d'Imad Lahoud, le trader-informaticien au cœur de l'affaire Clearstream 2, directeur scientifique chez EADS. Leur père était un officier supérieur de renseignement libanais proche du général Pierre Rondot, le père du général de division Philippe Rondot (Selon Le Monde du 2 mai 2006). Marwan Lahoud est né le 6 mars 1966.
Ancien élève de l’École polytechnique et de l’École nationale supérieure de l'aéronautique et de l'espace (ENSAE) (Sup-Aéro).
Marwan Lahoud a débuté sa carrière à la Délégation générale pour l'armement (DGA) en 1989.
Chargé de mission au service technique des systèmes de missiles tactiques en 1994, il est nommé peu de temps après adjoint au directeur des missiles et de l’espace.
Fin 1995 il est conseiller pour les affaires industrielles, la recherche et l’Armement dans le cabinet de Charles Millon, ministre de la Défense.
Chargé de mission à la DRH de la Délégation générale pour l'armement, Marwan Lahoud rejoint Aérospatiale en 1998 comme directeur du développement. Il y négocie en 1998 la fusion de l'Aérospatiale avec Matra, première étape de la création du consortium EADS.
En juin 1999, Marwan Lahoud est nommé directeur adjoint au directeur délégué en charge de la coordination stratégique de la société Aérospatiale-Matra et au directeur délégué aux Affaires militaires.
À la création d’EADS en juillet 2000, il est nommé Senior vice-président Mergers and Acquisitions, et, à ce titre, est en charge des opérations de fusions et acquisitions d’EADS, comme la création de la société Airbus, de MBDA, d’Astrium et d’EDSN.
Depuis le 1er janvier 2003, il est le PDG (CEO, Chief Executive Officer) de MBDA.
Il est membre du Conseil de Surveillance de l'Institut Aspen France.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marwan_Lahoud

Imad Lahoud est le fils de Victor Lahoud, militaire de carrière libanais, officier de cavalerie et ancien de l'École d'application de cavalerie de Saumur. Il quitte Beyrouth avec sa famille en 1982 et décède en 1990.
Victor Lahoud a été longtemps présenté dans la presse comme un officier de renseignement ayant participé avec Pierre Rondot, lui-même père de Philippe Rondot, à la création des services de renseignement syriens et libanais sous mandat français. En réalité, le père d'Imad Lahoud a passé quinze mois au 2e bureau libanais en 1971-1972, lors d'une étape normale de carrière. Le créateur des services secrets libanais est le colonel Saad, dont l'adjoint, qui lui a succédé, fut Gaby Lahoud, sans lien de parenté avec Imad. (Le Monde, 30 mai 2006)
Imad Lahoud est le frère de Marwan Lahoud, PDG de MBDA, la branche missile d'EADS issue de la fusion de l'Aérospatiale et des missiles Matra.
La parenté supposée d'Imad et Marwan avec le général Émile Lahoud, président de la République du Liban a été longtemps entretenue par Imad lui-même. Du fait de l'ampleur prise par l'affaire Clearstream 2 en France en avril 2006, la présidence de la République libanaise a dû affirmer dans un communiqué que Imad n'a aucun lien de parenté avec le chef de l'État Émile Lahoud, même si ce dernier a bien un neveu prénommé Imad. (Ironiquement, Imad en arabe signifie aussi général d'armée, la garde du président Lahoud. Émile Lahoud est donc surnommé l'Imad Lahoud, qui veut dire le général Lahoud.)
Imad Lahoud épouse Anne-Gabrielle Heilbronner le 9 juillet 1991. Celle-ci est conseillère chargée du budget et des questions économiques internationales auprès du ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy. Elle était auparavant directrice de cabinet d'Eric Woerth, secrétaire d'État à la réforme de l'État.
Imad Lahoud est ainsi le gendre de François Heilbronner, ancien directeur adjoint et directeur du cabinet du Premier ministre Jacques Chirac (de 1975 à 1976 et 1986) avant d'être nommé PDG du groupe d'assurances GAN.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Imad_Lahoud

Victor Lahoud fut un officier supérieur libanais qui participa avec Pierre Rondot à la création des services de renseignement syriens et libanais sous mandat français.
Victor Lahoud est le père de Marwan Lahoud, PDG de MBDA, la branche missilière d'EADS, et de Imad Lahoud, placé au cœur de l'affaire Clearstream 2 (Affaire du corbeau des frégates de Taiwan).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_Lahoud

 

Effectivement :

Marwan Lahoud, directeur de la stratégie et du marketing d'EADS

"La croissance organique est aujourd'hui prioritaire"

 

En attendant que la reprise se confirme, le numéro 2 d'EADS souhaite protéger la trésorerie du groupe.
Marwan Lahoud EADS

Quel bilan tirez-vous de ce Salon du Bourget ?

On s'attendait à un salon de crise. Il s'est révélé surprenant par le niveau des prises de commandes et l'intensité des contacts même s'il ne faut pas se griser. Pour Airbus, 127 commandes pour un montant total de 12,9 milliards de dollars au prix catalogue, ATR a confirmé avec 14 commandes, Eurocopter a vendu des hélicoptères et Astrium des satellites. Ce n'est absolument pas comparable à ce que nous avons connu ces quatre dernières années. Mais quelle est la norme et quelle est l'exception ? Je note que les commandes proviennent à la fois de nouveaux et d'anciens clients.

De nouvelles compagnies aériennes ?

Non ce sont de nouveaux clients pour nous. Ces clients viennent essentiellement d'Asie du Sud-Est et du Moyen-Orient, deux zones où l'on sent une activité économique plus soutenue. Nous sommes également aidés par les déboires de Boeing qui ne cesse de retarder le premier vol du 787 Dreamliner et qui a connu en 2008 la plus grave grève de son histoire.

Air France juge que la surcapacité des compagnies du Moyen Orient constitue une bulle. Cela ne vous inquiète pas ?

Tous nos clients sont en compétition. Je suis donc prudent quant aux propos exprimés par les uns sur les autres. On évoque le risque de bulles pour les compagnies du Golfe depuis des années. Elles sont établies, performantes et indiscutables. Je les considère pour ma part comme de très bons clients, très fiables.

Le bilan du salon du Bourget dépasse-t-il vos attentes ?

Oui d'une certaine manière. Mais restons prudents, on ne peut pas dire que c'est le début du rebond, l'histoire le dira. Nous attendons toujours les effets de ce ralentissement des commandes; nous les verrons dès 2010. N'oubliez pas que les commandes d'aujourd'hui sont les livraisons de 2013-2014 pas avant, la crise sera terminée j'espère à cet horizon. L'impression est que les compagnies aériennes commencent déjà à penser à l'après crise.

A cette échéance, pensez-vous à de nouvelles restructurations dans l'industrie aéronautique européenne civile et militaire ?

En Europe, la création d'EADS et de la société Airbus a largement achevé la consolidation européenne en matière aéronautique. Maintenant notre défi est ailleurs: l'industrie aéronautique européenne doit montrer son aptitude à se globaliser en préservant ses racines. Il ne faut jamais oublier que les clients européens financent une partie de la R&D de nos activités militaires et que pour l'aviation civile, ils ont prêté de l'argent à travers les avances remboursables, dont ils ont été dûment remboursés.

A posteriori, quelle leçon tirez-vous du dossier Thales ?

Nous avons toujours estimé que rapprocher EADS et Thales avait beaucoup de sens. Le choix des actionnaires de Thales a été différent. La vie ne s'arrête pas pour EADS même si nous le regrettons.

EADS détient une participation de 46 % dans Dassault Aviation. Allez-vous céder cette participation ?

Il n'y a aucune raison que la substitution de Dassault à Alcatel au sein de l'actionnariat de Thales change la nature de notre participation dans Dassault Aviation. Ce sont deux sujets séparés. Il n'y a pas de projet de cession de nos 46 % dans Dassault. Ni totale, ni partielle.

Cette participation est-elle considérée comme stratégique ou financière ?

Notre participation est suffisamment importante pour qu'elle ait une valeur, qui ne soit pas uniquement financière. A la fin des fins, toute participation se retrouve au bilan et cela se mesure financièrement. Honnêtement, je ne sais pas faire la différence entre participation financière et participation stratégique.

Avez- vous le projet de cession de Composites Aquitaine ? Pour renforcer Aerolia ?

Notre stratégie consiste à nous séparer d'un certain nombre d'activités d'aérostructures car si nous voulons développer la prochaine génération d'avions, nous devons constituer des entités autonomes investissant à nos côtés. Nous ne voulons plus être seuls ou quasiment seuls à financer le développement des prochains avions. Notre approche est celle du partage des risques dans les aétrostructures. Nous avons créé Premium Aerotec et Aerolia, détenues à 100 % par EADS, et nous ne cachons pas notre volonté de trouver des investisseurs prêts à entrer dans leur capital. Nous avons déjà cédé Laupheim, Socata et Filton. Composite Aquitaine relève de la même stratégie même si la crise actuelle ne rend pas les cessions faciles. La décision à ce sujet interviendra dans les prochaines semaines.

Quand sera-t-il possible d'ouvrir le capital d'Aerolia et Aerotec ?

Nous allons les faire vivre suffisamment longtemps pour qu'elles aient une histoire, qu'elles existent en tant qu'entités séparées. Quand la crise sera passée et l'intérêt du marché se manifestera, nous ouvrirons le capital. A quel horizon ? C'est comme si vous me demandiez « quand voyez-vous la sortie de crise ? ». Nous cherchons quelqu'un prêt à investir à nos côtés durablement, un investisseur patient.

Pas comme un fonds....

...Il y a des fonds patients. N'oubliez pas une chose: la notion de fonds n'est plus la même aujourd'hui avec la crise que ce qu'elle était à l'époque dorée du profit rapide. La crise a eu ce mérite de remettre l'industrie au centre de l'économie et l'industrie aéronautique est une industrie d'avenir. On ne désinventera pas l'avion car c'est le moyen de transport le plus rapide et le plus sûr. Pour l'activité économique mondiale comme pour le loisir, l'aviation commerciale continuera de croître dans les décennies à venir.

Quelles sont les zones de croissance futures d'EADS ? Préparez-vous cette croissance ?

Nous croyons à la croissance de l'aviation commerciale sur le long terme même si aujourd'hui, une inflexion se fait sentir. De toute façon, nous tablons sur un rééquilibrage de nos activités civiles et de défense. Nous voulons croître dans la défense, la sécurité et les services, des activités en croissance plus rapide que celle de l'aviation commerciale. En 2020, nous aurons un groupe équilibré. Cet objectif demeure. Ce qui change, ce sont les moyens d'y parvenir durant la crise

C'est-à-dire ?

La croissance organique est aujourd'hui prioritaire par rapport aux acquisitions car nous voulons protéger notre trésorerie garante de la solidité de l'entreprise en temps de crise.

Pourquoi voulez-vous prendre du temps ? N'est-ce pas souvent en période de crise qu'on peut faire de bonnes affaires...

Les valorisations sont basses mais vous n'achetez pas parce que ce n'est pas cher, vous achetez parce qu'il y a un potentiel de création de valeur important. N'ayant pas de signes avant-coureurs de la sortie de crise, nous ne pouvons pas avoir de certitudes suffisantes que la création de valeur va être au rendez-vous. C'est une des raisons pour lesquelles nous temporisons.

Aux Etats-Unis les valorisations sont basses et le dollar faible...

...Alors qu'il nous pénalise en exploitation, nous avons toujours pensé qu'en termes d'acquisition, l'euro fort était un avantage. Mais nous avons connu un euro plus fort. Je ne fais pas de rhétorique. Tout est dans cette nuance, dans l'équilibre et le bon timing, là est le secret de la réussite.

Mais des groupes, comme Safran, investissent quand même...

Aujourd'hui Safran est peut-être l'exception qui confirme la règle. On voit peu d'acquisitions. Parlez aux banquiers d'affaires : la chasse au mandat est ouverte. Aujourd'hui, les banques pensent que leur activité va repartir mais à ce stade, elles font essentiellement du marketing.

N'avez-vous pas l'impression d'être freinés par des actionnaires qui ne veulent pas prendre de risques parce qu'ils veulent sortir ?

Je ne m'aventurerai pas sur ce terrain là. Quand le sujet des acquisitions est débattu en conseil d'administration, administrateurs et management disent la même chose: "soyons prudents".

N'ont-ils pas refusé une augmentation de capital pour financer les développements ?

Certains de nos actionnaires ont indiqué leur opposition à une augmentation de capital. C'est leur droit. De toutes façons il n'y a pas aujourd'hui de besoin. Mais je ne suis pas convaincu que, si nous avions une bonne opportunité, cela les gênerait. Dans le passé, nous avons fait des choses astucieuses, au premier rang desquelles la création du groupe EADS. A nous d'être inventif à nouveau.

Comment allez-vous financer le lancement de l'A350 sachant qu'EADS devrait obtenir 3,3 milliards d'euros d'avances remboursables ?

Dans toutes les hypothèses que nous faisons sur le financement de l'A350 (11 milliards d'euros, ndr), nous n'avons pas besoin d'augmenter notre capital. Et dans nos plans, il n'est absolument pas prévu de faire appel au marché. Nous souhaitons obtenir des avances remboursables compatibles avec les règles du commerce international.

Pourquoi l'Espagne a-t-elle refusé de participer à la réunion des ministres Airbus au salon du Bourget pour concrétiser ces avances remboursables ?

C'est plus un épisode qu'autre chose dans la longue négociation que nous avons avec le gouvernement espagnol. Louis Gallois a changé l'organisation dans le souci d'aller vers plus d'efficacité. Il a notamment décidé d'intégrer la division avions militaires basée en Espagne au sein d'Airbus. Cette opération procède à une rationalisation industrielle naturelle. Nos discussions avec le gouvernement espagnol portent sur un certain nombre de garanties d'interaction entre l'entreprise et l'Espagne.

L'A400M est un programme mort-né ?

Non, c'est un avion militaire qui va voler pendant cinquante ans. Il va être à la pointe de ce qui se fait en matière de transport. Son potentiel commercial est important: 400 appareils à l'export en plus de ceux destinés au marché domestique. Nous sommes en passe de surmonter les difficultés qui ont entraîné un dérapage dans le calendrier initial. Jusqu'à ce jour, il n'est pas de problème que nous n'ayons surmonté. Une négociation est en cours avec les Etats.

Vous avez intégré le High Level Group franco-allemand destiné à élargir la coopération militaire. De quoi s'agit-il ?

Ce groupe a été monté à l'initiative des directeurs nationaux de l'armement français et allemand, qui ont décidé de créer un groupe de quatre personnes - eux-mêmes et deux industriels à savoir Friedrich Lursen en Allemagne et moi-même. Nous devons proposer des initiatives nouvelles en matière de coopération entre la France et l'Allemagne en matière d'armement et de défense. Ce groupe s'est réuni une fois et nous avons décidé d'explorer un certain nombre de pistes sur les activités de R&D que nous pourrions mener en commun, sur tous les aménagements réglementaires qu'on pourrait faire de part et d'autre du Rhin pour faciliter la coopération d'armement.

On n'y parlera pas fusion-acquisition ?...

Commençons par le commencement. Dans certains domaines, les industriels ne travaillent même pas encore ensemble. La coopération en matière d'armement entre la France et l'Allemagne a beaucoup diminué, tant en nombre qu'en qualité, au cours de ces dix dernières années. Nous devons juste faire en sorte que les deux industries et les deux institutions d'armement travaillent ensemble à nouveau.

L'irruption de l'aéronautique chinoise dans la production d'avion de plus de 150 places remet-elle en cause la chaîne d'Airbus à Tianjin ?

Non, la chaîne à Tianjin a sorti son premier avion. C'est un programme fondamental pour nous. S'agissant du projet chinois, il faut accepter la concurrence. Pour le moment, on ne sait pas grand-chose. Quelles sont les qualités, les capacités de cet avion ? Va-t-il être en compétition avec nous sur le marché chinois? En dehors du marché chinois? Tout cela est assez prématuré.

Ce que l'on sait de l'accident de l'A330 d'Air France laisse à penser que l'avion s'est disloqué en vol... Comment cela peut-il arriver sur un Airbus moderne ?

Ancien ingénieur d'essais, je connais un tout petit peu la façon dont on mène ce type d'enquêtes. L'erreur que vous commettez dans votre question réside dans ce "laisse à penser". Il faut vraiment attendre d'avoir des certitudes avant d'en arriver aux conclusions. Or, ces certitudes se construisent patiemment, avec l'ensemble des informations recueillies et notamment celles contenues dans les boîtes noires. Cette approche rationnelle n'occulte pas la douleur que nous ressentons tous face au terrible drame humain d'un tel accident.

Pourquoi est-on encore obligé de retrouver les boîtes noires pour comprendre. La technologie ne permettait-elle pas aujourd'hui de transférer à distance toutes les informations contenues ?

Technologiquement c'est effectivement possible, mais ce n'est pas le cas avec les boites noires qu'il y avait à bord.

Et si on ne les retrouve pas ?

L'expérience montre que, ces trente dernières années, à force de patience, on a toujours compris ce qui s'est passé après un accident d'avion.

Au sein d'EADS, il existe des divergences sur l'opportunité de créer une société européenne chère à Louis Gallois alors que les Allemands préféreraient l'introduction de filiales en bourse... Quel scénario est le plus probable ?

Je récuse cette vision des choses. Personne ne remet en cause la cohérence du groupe EADS. Aujourd'hui, la crise, nous permet d'apprécier le caractère contre-cyclique de nos activités. Transformer EADS en société européenne apporterait-il un plus par rapport à ce que nous avons aujourd'hui? Cette question est à l'étude mais n'est pas tranchée. Nous en reparlerons fin 2009, début 2010. Nous travaillons collectivement, de façon harmonieuse. Je ne dis pas que nous sommes d'accord tout le temps. Personne n'est d'accord tout le temps. Mais on peut parler d'effet Gallois, car il sait faire travailler une équipe.

EADS est-elle une société suffisamment intégrée ?

Il y a toujours des marges de progrès. Mais n'oublions pas qu'en période d'expansion, quand tout monte, on peut se permettre une certaine compétition interne, car les pertes qui en découlent sont largement compensées par les parts de marché gagnées. En revanche, en période de crise, il faut resserrer les rangs. C'est là le sens de l'action lancée par Louis Gallois avec "Future EADS".

Mais ne fallait-il pas aller plus loin en donnant à EADS un siège social à Toulouse ?

Cette question a été soulevée mais aujourd'hui elle n'est pas politiquement acceptable. Notre groupe a encore besoin d'avoir deux sièges (Paris et Munich) et les conséquences négatives sont compensées par le soutien des deux gouvernements. A mon avis, à long terme, tout cela évoluera.

Vous vous êtes montré très discret, ces derniers mois, pourquoi ?

Etre ou ne pas être discret ? Ce n'est pas une question que je me pose. Pour la stratégie, mon job relève de la préparation. J'aide Louis Gallois vis-à-vis du conseil d'administration. Pour ce qui est des ventes à l'export, ma mission est de préparer et d'accompagner les prises de commandes des divisions, de proposer et conduire une stratégie par pays. L'objectif est que les affaires se fassent, que les contrats soient signés. Je ne suis pas dans un rôle de leadership. Cela me convient très bien d'autant plus que la coopération avec les divisions se passe parfaitement, mieux que cela même.

Avec Louis Gallois, ça fonctionne ?

Oui. C'est lui qui m'a fait venir ici. Alors que j'envisageais de quitter le groupe, il m'a retenu. C'est avec lui que je travaille depuis 2007 et tout va bien.

Propos recueillis par H. Alich (Handelsblatt), Michel Cabirol et Pierre Kupferman

 

 

09:44 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu