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30/09/2012

Décrypter les rhétoriques de la conspiration - Séminaire de la RDJ


Décrypter les rhétoriques de la conspiration -... par laregledujeu

12:29 | Lien permanent | Commentaires (9) |

24/09/2011

François Duprat, une histoire de l’extrême droite

Propos de Joseph Beauregard et Nicolas Lebourg recueillis par Abel Mestre et Caroline Monnot

Vendredi 8 avril à 18 heures, est mis en ligne sur le site du Monde.fr, un webdocumentaire “François Duprat, une histoire de l’extrême droite”.

Produit par Le Monde.fr, l’INA et 1+1 Production, ce documentaire écrit par Joseph Beauregard et Nicolas Lebourg s’attache à expliquer le parcours politique de François Duprat et le rôle essentiel qu’il a joué au sein de l’extrême droite française. C’est surtout le portrait d’une époque.

Comment présenteriez vous François Duprat ?

Nicolas Lebourg : Né en 1940, assassiné par un attentat à la voiture piégée en 1978, c’est un personnage central de la reconstruction des extrêmes droites européennes après la débâcle des fascismes. Il se reconnaît lui-même comme néo-fasciste. C’est à la fois un réactionnaire obsédé par l’anticommunisme, et un révolutionnaire qui veut changer le monde. Il réinvente l’extrême droite à qui il impose des thèmes novateurs alors, comme l’antisionisme, le négationnisme, le rejet de l’immigration sur une base sociale. Cadre fondateur et dirigeant d’Occident, d’Ordre Nouveau, du Front National, entre autres, il a pourtant été exclu de chacun de ces mouvements à un moment de sa trajectoire. Son trajet personnel ne manque pourtant ni de logique ni de sens quant à ses contemporains, car la duplicité et la dualité que certains pointent chez lui sont aussi les nôtres. En effet, ces allers-retours entre subversion et contre-subversion, sa volonté de balayer l’Etat tout en travaillant volontiers avec l’essentiel de ses secteurs répressifs sont très révélateurs des rapports de la société française à sa démocratie et des jeux de la Guerre froide.

Joseph Beauregard : Cet homme est un jeu de poupées gigognes. C’est un intellectuel néofasciste et un enseignant plutôt de la pédagogie fustigée aujourd’hui comme soixante-huitarde, un commis voyageur des circuits internationaux de l’anticommunisme qui danse bien le rock’n'roll, un numéro deux du Front National qui offre un disque de Maxime Leforestier à sa nièce. Au travers de ses méandres, Duprat raconte quelque chose de vertigineux sur son époque. Il cherche à capitaliser sur toutes les formes de transgression. Nous avons interrogé plus de 130 témoins : les termes les plus récurrents chez eux, quelle que soit leur empathie pour lui, sont la « fascination » qu’il exerce, et la « perversité » qu’ils ressentent. Ils ne font pourtant pas montre d’un jugement moraliste, car l’homme échappe aux schémas ordinaires.

Qu’est-ce que le parcours de François Duprat révèle de son époque ?

Joseph Beauregard : Avec François Duprat on comprend la résurrection idéologique et organisationnelle des extrêmes droites. Comment durant les Trente glorieuses, de l’Épuration à l’élection de François Mitterrand, a couvé la résurrection d’une tendance politique qui paraissait avoir été balayée par l’Histoire. Et on voit bien que c’est une coproduction nationale. Duprat se faufile partout. Il prône la révolution et est accueilli discrètement à l’Hôtel Matignon. Il dit pis que pendre de la gauche, mais a un pied dans les milieux du financement occulte de la gauche non communiste.

Nicolas Lebourg : Il est quelqu’un de très adapté aux jeux à triple tiroirs avec double fond très typiques de la Guerre froide, mais en même temps c’est un homme qui rêve d’un héroïsme fantasmé à partir de la Seconde guerre mondiale au milieu de cette société des années 1960-1970 toujours plus matérialiste. Il se revendique d’une idéologie, le fascisme, qui correspond à « l’âge des masses », à l’ère industrielle et de l’Etat-Nation, alors que lui-même est dans « l’âge des marges », l’internationalisation du politique, les hybridations idéologiques. Il s’engage pour l’Algérie française mais devient très vite un admirateur du régime ba’thiste syrien et de l’essentiel des nationalismes arabes. Il montre bien à quel point le réel est structuré par ses contradictions internes. C’est d’ailleurs peut-être l’une des raisons pour lesquelles il agaçait tant de monde : avec lui il ne reste rien d’une catégorisation simpliste, malgré son discours ultra-radical, totalement clivant, le monde qui se dessine quand on le regarde apparaît en zones de gris.


En quoi ce personnage est-il actuel ?

Nicolas Lebourg : Duprat a été à l’avant-garde de propositions politiques d’une importance cruciale aujourd’hui. La fusion de l’antisémitisme, de l’antisionisme, du négationnisme et du conspirationnisme est une offre idéologique à l’échelle mondiale désormais. Sa stratégie consistant à faire exploser les droites après leur avoir fait avaliser des thèmes de discrimination nationale, et ainsi relégitimer l’extrême droite, est-celle qui a permis le 21 avril 2002 et explique une bonne part de notre actualité politique.

Joseph Beauregard : C’est d’ailleurs lui l’inventeur de cette formule si souvent reprise par Jean-Marie Le Pen « l’électeur préfère toujours l’original à la copie ». Moins que théoricien, comme on le présente toujours, il est avant tout un tacticien très conscient que sa première force c’est la faiblesse morale de ses adversaires, leur enfermement dans un temps électoral court alors que les révolutionnaires tablent sur un temps long.

Il s’est passé trente-trois ans depuis l’attentat à la voiture piégé qui le visait. Les conditions de cette mort n’ont pas été éclaircies. Que faut-il en penser ?

Joseph Beauregard : D’emblée, évacuons une rumeur coriace : en aucun cas, comme il a souvent été dit, il n’y a pas eu d’enquête. La police, le juge d’instruction, ont fait leur devoir. Ils l’ont fait, c’est vrai, sans le soutien des services de renseignement qui auraient pu leur être utiles. Aujourd’hui, je regrette humblement que madame Alliot-Marie, lorsqu’elle était ministre de l’Intérieur, ait apposé son veto à la dérogation que nous avions obtenu d’accès aux archives sur l’assassinat. C’est conforme avec son refus en tant que ministre de la Justice de donner suite à la demande de la fille de Robert Boulin, ministre assassiné à la même période, de faire rouvrir cette autre enquête. Mais je crois que c’est regrettable pour notre démocratie. Pour notre part, nous avons repris toutes les hypothèses qui avaient été soulevées, publiquement ou non, et les avons étudiées sereinement. L’essentiel d’entre elles sont balayées par la démonstration logique et des aspects factuels.

Nicolas Lebourg : D’abord, malgré tous les fantasmes liés à cet assassinat, totalement hors norme par son mode opératoire dans la vie politique française, nous nous sommes refusés à tout sensationnalisme autour de cela. Pour une raison très simple : l’éthique. La veuve de François Duprat était une militante engagée, sur des idées qui ne sont pas les nôtres, mais elle mérite le respect. Nous ne nous imaginions pas faire montre de légèreté là-dessus, n’en déplaise au voyeurisme de notre époque. Ensuite, nous ne sommes pas investis d’une charge de police ou de justice, or pour qu’une démocratie fonctionne il faut qu’elle soit structurée… Néanmoins, pour que cette démocratie existe, qu’elle ne soit pas dans une dérive bureaucratique ou qu’elle ne devienne pas le théâtre d’ombres de dominants, il faut exercer une pression sur elle, il faut qu’il y ait une tension permanente. C’est pourquoi nous poursuivons toujours cette décision du ministre de l’Intérieur devant le Tribunal Administratif. C’est ce qui explique l’importance de travailler sur la vie et la mort de Duprat. Sans toutefois donc confondre les fonctions d’histoire du temps présent et d’enquête judiciaire. N’ayant ni les moyens ni la légitimité à refaire cette enquête, il était plus pertinent d’essayer de comprendre ce que cette mort occultée pouvait dire sur notre société et nos institutions. Notre pays était alors très tolérant avec les manques de tempérance et de transparence. Le manque d’émoi face à l’assassinat de Duprat et à l’échec de l’enquête sur son assassinat témoignent que le goût pour l’arbitraire et l’autoritaire dépasse amplement la zone de l’extrême droite radicale.

Votre webdocumentaire va être diffusé à parti du 8 avril, en même temps que devait sortir en librairie votre biographie de François Duprat

Joseph Beauregard : Ce « webdoc » n’est pas une adaptation du livre mais plus une histoire de l’extrême droite dont la figure de François Duprat est le fil rouge. Les deux objets sont complémentaires, l’un situant l’homme dans sa profondeur, l’autre correspondant à une critique politique de son action menée. Chaque élément correspond ainsi à sa propre logique et cela évite les « parasitages » entre ces deux démarches. Nous étions particulièrement soucieux de proposer un élément analysant un homme en mouvements dans son temps, sans jugement, et, d’une autre manière, d’assumer notre libre choix de la critique de son action et ses pensées.

Nicolas Lebourg : Au bout de cette longue enquête, le manuscrit et le webdocumentaire ont été validés à la réception par l’éditeur et les producteurs. Cependant le premier mars 2011, l’éditeur nous a fait savoir qu’il réorganisait son planning de parution. L’ouvrage serait renvoyé à janvier 2012. Lemonde.fr n’a pas souhaité surseoir à la diffusion du webdoc et l’a programmé à compter du 8 avril 18 heures.

Première parution : « François Duprat, une histoire d’allers-retours entre subversion et contre-subversion« , Droite(s) extrême(s) lemonde.fr, 7 avril 2011.

 

sur le site du "Monde.fr", un webdocumentaire "François Duprat, une histoire de l'extrême droite". (Il est visible ici).

via tempspresents et droites-extremes

09:03 | Lien permanent | Commentaires (0) |

26/02/2010

Regards sur les théories du complot et les "sites passerelle" - 1

Extraits de discussions sur le blog Rouge & Noir.

Probe a choisit de présenter les posts de wiecha à la suite et celui d'AnarSonore :

 

wiecha 20/01/2010

On peut effectivement commencer sur les théories du complot.

Sans nommer qui que ce soit, pour l'instant, donc sur la méthode.

Un élément commun à tous les conspirationnistes, essentiel à capter pour les combattre sans perdre son temps, qu'il s'agisse d'égarés ou au contraire de militants, c'est l'inversion de la charge de la preuve.

Le discours complotiste est toujours articulé de la même manière, qu'il s'agisse de dénoncer les illuminatis, les islamistes, les sionistes, les extra terrestres , les franc maçons et bien d'autres, qu'il s'agisse du complot pour faire sauter les tours, pour propager un poison mortel dans les vaccins, ou pour remplacer les humains par des reptiliens. Cette dernière hypothèse peut faire ricaner avec condescendance, mais le fait est qu'elle tourne dans nombre de milieux, que ceux qui la propagent tiennent des conférences assez fréquentées au point que les fascistes plus classiques doivent s'acharner à la démonter sur certains de leurs forums.

Bref, le complotiste commence par énoncer sa thèse, le complot, avec ses objectifs et ses auteurs.
Ensuite, seulement, il énonce un certain nombre de faits, généralement beaucoup à la fois qui iraient dans son sens, toujours selon lui.
Puis face au contradicteur, il lui demande de prouver qu'il a tort.

La première réaction de bonne foi consiste souvent à entrer dans le débat sur ces bases: à prendre fait après fait pour en donner d'autres explications, à essayer de trouver des faits contradictoires, à montrer que tel fait peut s'expliquer totalement autrement, et ainsi de suite.

Mais c'est de cette manière que les réseaux conspirationnistes ont réussi à s'imposer dans les débats, un peu partout sur internet et surtout dans la tête des gens. Sur la base évidente pour tous, que les versions officielles du capitalisme ne sont qu'un point de vue orienté et subjectifs, sur la base évidente que la stratégie des différentes entités qui constituent la bourgeoisie n'est évidemment pas toujours explicitée de manière publique.
Leur objectif a été rempli au sens ou il n'a jamais été question pour eux de débattre d'une hypothèse, mais d'orienter les débats sur leurs terrains, et selon leurs méthodes.

Beaucoup de militants ont ainsi perdu de vue l'essentiel: c'est à celui qui avance une théorie de démontrer rationnellement qu'elle est vraie, et non à son contradicteur de démontrer qu'elle est fausse.

Car, dans ce dernier cadre de débats, on est forcément piégés: avec la méthode conspirationniste exposée ci dessus, chacun peut faire le test. Et bâtir sa théorie du complot, par exemple que les bergers allemands contrôlent le monde depuis au moins deux siècles par injonctions télépathiques.

Et la démonter , si elle est bien foutue prendra un temps énorme: sur mon site internet, je posterai une dizaine d'articles par jour minimum; tous les faits divers impliquant des bergers allemands que je pourrai trouver. Des biographies des personnages historiques ayant eu ce type de chiens ( quitte à mentir d'ailleurs, mes contradicteurs devront alors se faire chier à prouver que untel avait en fait un chat ou détestait les chiens ). Je montrerai la corrélation entre les périodes de leur vie ou ils ont eu un berger allemand et les décisions qu'ils ont prises. Naturellement, vu le nombre de personnes possédant un berger allemand , je sélectionnerai celles dont les opinions et les activités correspondent à l'objectif que j'ai assigné aux "comploteurs ": la destruction de la race humaine, ou de celle des épagneuls bretons.
J'y adjoindrai des articles spécialisés dans l'anatomie canine, dans la sociologie animale, de préférence très longs et inacessibles à des personnes ne maitrisant pas les connaissances scientifiques des méthodes en question, rédigés par des "scientifiques reconnus". J'en ferais un résumé , en expliquant qu'à la page 53 de l'article, l'auteur évoque très précisément un élément qui peut aller dans mon sens.

Et naturellement à ceux qui me diront que ma théorie est farfelue, je répondrais en préalable qu'il est tout de même étrange de se préoccuper de la démolir et de la discréditer si elle est aussi farfelue que ça. Bien évidemment, j'aurai pris soin de me faire exclure de quelques conférences et forums vétérinaires, ce qui me permettra de démontrer l'acharnement de la censure à mon égard.Et j'aurai avec mes camarades également foutu le bordel par exemple au Noel de la SPA, je me serais fait jeter par la police et j'aurai mis la vidéo. Avec un exposé, là très précis et très argumenté des divers scandales ayant touché la SPA ces dernières années, et de comment certains de ses animateurs s'en sont mis plein les poches

Ca parait très con avec les bergers allemands, mais c'est exactement de cette manière que fonctionnent toutes les entreprises conspirationnistes, on peut le vérifier sur les sites innombrables consacrées à la grippe A ou au 11 septembre. Et c'est aussi avec ce type de stratégies que l'extrême droite a fait son trou à l'extrême gauche, et par ricochet dans le mouvement social. Sur les médias qui ne lui appartiennent pas, l'extrême droite postera l'article sur la SPA, pour les bergers allemands, sur les massacres d'enfants palestiniens pour les juifs, sur l'assassinat des femmes en afghanistan pour les islamistes.

Le truc, c'est de toujours choisir les sujets qui font l'actualité et ceux dont on pense qu'ils préoccupent les gens et qu'ils sont les plus à même de les révolter.

Après la question suivante est " A quel besoin répond la théorie du complot et quelle proposition sociale porte-t-elle implicitement qui en fasse un élément essentiel des stratégies de conquête du pouvoir ?"

 

wiecha 21/01/2010

Oui, mais le problème qui se pose à nous concrètement, c'est la raison pour laquelle tant de gens , et surtout de prolétaires, éprouvent un attrait pour ces théories et les choisissent clairement comme une alternative à la lutte des classes. Contrairement à l'idée qu'on pourrait en avoir, qu'en ont certains militants, l'adhésion partielle ou totale à ces théories n'est pas un "sas" vers la lutte , même si les gens sont en contact avec des idées et des pratiques qui pourraient les y conduire.

Et démonter les foutaises serait bien un jeu d'enfant, si et seulement si il n'y avait pas autre chose derrière. En réalité, l'utilité de la méthode ci-dessus n'est malheureusement presque jamais de retourner l'interlocuteur, elle est juste utile pour ne pas être retourné soi même, c'est à dire pour rompre le débat en connaissance de cause, et ne pas laisser pourrir ta réunion, ton site, ton collectif.

Quand la démonstration rationnelle ne fonctionne pas , c'est souvent qu'elle ne répond pas à la bonne question, c'est à dire que les gens qui se font happer , finalement , trouvent un bénéfice autre dans l'adhésion que le fait d'avoir accédé à une "vérité utile". Et c'est ce qui se produit.
Je vois quelques pistes à creuser en profondeur

- la théorie du complot est une auto justification de sa propre passivité: souvent tu y as droit dans les actions dans un lieu public de la part de gens qui ne s'y joignent pas, mais viennent te dire " je suis avec vous, mais ça ne sert à rien". Concrètement, ils ne sont pas avec nous, puisqu'ils ne font rien qui les mette concrètement dans la lutte. Mais créer une opposition fantasmatique et secrète permet d'éluder cette dimension: si je ne crie pas avec vous contre le directeur de la CAF, ce n'est pas parce que j'ai peur, ce n'est pas parce que ça nécessiterait de me mettre en danger, mais parce que le directeur de la CAF n'est rien, et le gouvernement non plus d'ailleurs, et les patrons encore moins. Les vrais " responsables" sont cachés, occultes et donc la seule lutte possible, c'est leur dévoilement.

- cette dimension du "dévoilement" est primordiale, et ça explique aussi son essor concomittant à celui de l'internet: il y a des gens aujourd'hui, plein, qui se voient comme des Resistants, des vrais, alors que leur seule activité est de l'ordre du discours. Les théories du complot se sont dévéloppées parallèlement au durcissement de l'affrontement de classe, à la difficulté croissante de faire grève ou autres sans répression, aux échecs des derniers mouvements de masse en terme de satisfaction des revendications.

La théorie du complot , à l'inverse de celle de la lutte des classes, ne propose d'office aucun espoir: elle n'est pas une explication dynamique du monde avec deux forces qui s'affrontent, mais celle ou ceux qui agissent et ceux qui subissent sont toujours à la même place. Dans le cadre du "système" fantasmé, il n'y a que des défaites, aucune riposte qui fasse sens dans le déroulement des évènements historiques. Au contraire, même les révolutions, même les mouvements de masse, ne sont pas ce qu'ils paraissent: ils sont eux aussi manipulés dès le début par des forces obscures , ils sont même souvent provoqués pour aboutir à l'objectif inverse de ce qu'ils prétendent être, la continuation de la domination.

L'adhésion et la propagation de ces théories me semblent donc correspondre au sentiment de défaite ressenti par les prolétaires, et lui donner une jusitification. Et elles offrent un dérivatif à ce sentiment, à peu de frais, l'impression de se réapproprier du sens simplement en dénonçant de prétendus coupables. Et toutes ces théories, parce qu'elles sont fascistes, donnent évidemment la possibilité concrète de chatier un coupable à sa portée, car aucune d'entre elles n'omet de désigner parmi les coupables, une minorité quelconque à l'intérieur du prolérariat, toutes ouvrent une possibilité de pogrom.


wiecha 21/01/2010

S'il suffisait de ces quelques lignes, à mon avis nous n'en serions pas là.
On effleure à peine le sujet à mon avis, c'aurait été peut-être suffisant en 2002-2003, au moment ou une des têtes de pont était l'angle des théories du complot. Et encore.

Quant à l'esprit d'analyse et de synthèse, c'est flatteur, mais la réalité est moins glorieuse: c'est juste le résultat de deux ans de boulot, de recherche, de contacts à droite à gauche, avec tous ceux, et pas des anarchistes malheureusement, qui ont une raison ou une autre de ressentir l'urgence antifasciste. Des années passées à voir certains médias "amis" et pas des moindres colporter les pires saloperies racistes ou antisémites, des années passées à constater l'inexorable avancée de l'idéologie fasciste sous toutes ses formes, des hommages à peine voilés à Vichy du pouvoir en place, à l'emploi banalisé dans les mouvements d'extrême gauche, de la CIP à l'Appel d'un terme comme "oligarchie".

Les facsistes ont réussi jusqu'ici toutes leurs offensives idéologiques: on peut prendre l'exemple de la liberté d'expression, par exemple, devenue l'étendard de tout le monde, mais qui sert aujourd'hui essentiellement à faire que, massivement, des racistes et des antisémites trouvent un fervent soutien un peu partout, chacun considérant leur "droit à s'exprimer" comme une priorité et le contenu de leurs discours, très secondaire, comme si appeler au meurtre et à la haine , finalement , n'avait rien à voir avec les meurtres et avec la haine.

Surement que tu regardes pas la télé et tu as bien raison, mais moi je suis accro à la télé. Et donc je peux te dire qu'ils se sont adaptés et qu'ils ont accès aux médias de masse, même sans parler de l'internet, mettons ça de côté pour l'instant.

Désolé de citer concrètement, mais là je ne peux pas faire autrement. Actuellement, le blog phare de l'extrême droite identitaire c'est fdesouche. Au minimum 3000 à 6000 visites par jour. Il y a quelques temps de ça, cette équipe a publié une vidéo qui montrait une agression dans un bus, vidéo qui ne pouvait sortir que de bases de données policières, évidemment. La vidéo a été regardée des milliers de fois sur le net, et elle est arrivée en une sur tous les 20H. Et pas un reportage n'omettait de citer le blog en question. Il se trouve que le jeune homme agressé a eu l'immense courage de publier un texte ou il expliquait qu'il n'estimait pas avoir été la victime d'une agression "anti blanche", qu'il n'estimait pas que cette histoire permette à qui que ce soit de dire quoi que ce soit sur la banlieue ou l'immigration. Ca personne à la télé n'en a entendu parler.

Dieudonné quant à lui est certainement le candidat aux européennes qui a été le plus médiatisé et de manière à ce que tout le monde regarde le reportage, pas avec les trucs relou du style " martin dugenou nous explique sa conception de l'Europe ". La diabolisation a bon dos.

Il y a quelques jours, RTL affichait sur son site, en une, une vidéo intitulée "le débat Marine le Pen Besson". Déjà tout un programme.
Mais cette vidéo a interpellé des spectateurs. En effet elle était tronquée ne présentant que les morceaux ou Marine Le pen parle, et avec des commentaires écrits à son avantage. De plus elle mettait en lien sur You Tube d'autres videos du même auteur, encore plus explicites.

Au bout de plusieurs heures et de 12 000 vues environ, RTL s'est excusée parlant d'une "erreur".

Juste deux exemples, à mon avis très clairs sur ce qui est en train de se passer. Moi, je ne vois pas les choses comme une hiérarchie des dangers, je vois des forces qui avancent ensemble, pour l'instant, dont l'une ou l'autre peut prendre le dessus.

L'antifascisme est passé de mode, depuis longtemps maintenant, et effectivement, on te renvoie souvent SOS, l'épouvantail pour faire monter la gauche...On te répète "le vrai danger est ailleurs", comme s'il y avait UN vrai danger et pas plusieurs.

Mais si dans sa dernière période, la République de Weimar avait en commun bien des discours avec le NSDAP, si elle a encouragé sa montée, et pensé pouvoir le contrôler et l'utiliser uniquement pour briser la révolution sociale, la République de Weimar et le 3ème Reich étaient deux choses différentes. Il fallait bien abattre la première pour espérer faire la révolution sociale, mais il fallait bien en même temps empêcher que son écroulement soit l'avènement de la dictature nazie.

Je précise que je parle de cet exemple, uniquement sur la question des analogies et des comparaisons entre la République et le fascisme, et pas du tout pour faire un lien direct et caricatural entre la France d'aujourd'hui et l'Allemagne du début des années 30

 

wiecha 22/01/2010

Sauf qu'à force de citer Mein Kampf et la Gestapo à tout bout de champ, on en oublie que le nazisme n'est pas le sarkozysme, et que les néo nazis en tant que tels sont une réalité bien vivante et en pleine expansion.

A vrai dire, je me demande parfois quels mots nous allons utiliser dans le futur, et quelles comparaisons. C'est aussi à mon avis, un des grands problème du discours radical aujourd'hui, la surenchère verbale. Là dessus, les textes de Ni Patrie, Ni Frontières sont assez intéressants, notamment ceux écrits lors du sommet de Vichy, et ceux qui évoquent la réalité des dictatures à l'étranger.

Après, à vrai dire je ne tiens pas à orienter le débat dans cette direction. Par expérience, et pour avoir été convaincue comme toi, de l'aspect "secondaire" des mouvements fascistes extra-gouvernementaux, je sais que j'aurai du mal à te convaincre. Question d'expériences concrètes liées aussi à leur champs d'implantation, à une sensibilité plus ou moins grande à certains évènements précis, à certains glissements, qui dépendent de beaucoup de facteurs.

Moi, ce qui m'importe surtout, c'est de trouver des pistes spécifiques par rapport à ce combat, qu'il soit considéré comme secondaire ou pas et de faire tourner l'information et la réflexion, comme on peut le faire sur d'autres sujets. Pas mal de gens partagent cette préoccupation, à ce que je peux voir. Et si nous la laissons à d'autres, et bien comme sur d'autres sujets, nous n'aurons plus ensuite qu'à dénoncer l'"imposture social démocrate , qui sous couvert d'antifascisme...".

Parce qu'il y a ça et là, plein de jeunes qui ne supportent pas le retour des skin heads, plein de moins jeunes qui sont anti-républicains, anti-capitalistes, et anarchistes, mais qui pour autant, éprouvent le besoin d'agir et de réfléchir contre la montée des groupes fascistes.

Si, par exemple, ton voisin est au Bloc Identitaire, quotidiennement et immédiatement, c'est un peu plus emmerdant quand même que s'il est au Modem.Et quand la probabilité de ce voisinage s'accroit , c'est un vrai souci.

 

AnarSonore 22/01/2010

Contribution trouvée sur luftmenschen

Mondialisation.ca: analyse antifasciste d'un site passerelle

Parmi les stratégies actuellement utilisées par les fascistes, celle de l’utilisation des médias a priori ennemis pour augmenter leur audience est essentielle. Elle passe par la création d’initiatives virtuelles et concrètes autour de thèmes devenus communs au discours d’extrême gauche et d’extrême droite, même si ce que recouvrent les analyses des uns et des autres n’est pas similaire. Cette stratégie passe notamment par l’utilisation d’Internet, et des sites passerelles, c'est-à-dire des sites se présentant comme des sites alter mondialistes.

Un exemple pratique.

Lors de leurs dernières réunions (1), les modérateurs d’Indymedia LILLE ont pris la décision de ne pas censurer a priori les textes venant du site mondialisation.ca, et de l’étudier prochainement de plus près…. Ce projet d’étude approfondie trouve ses sources dans la polémique ouverte par des contributeurs réguliers d’Indymedia Lille; ceux-ci ont dénoncé la reprise de textes d’un site qui publie notamment et fréquemment les textes de membres du Reseau Voltaire. Ceux par exemple de Sylvia Cattori, mais aussi ceux d’Arno Mansouri, responsable de la Maison d’éditions Demi lune, qui publie Thierry Meyssan.

Il y a deux approches, vis-à-vis d’un site comme Mondialisation.ca : ce site fonctionne sur la publication en rafales de textes venus d’à peu près partout et sur de nombreux sujets. Et dont les auteurs sont aussi bien des gens du Reseau Voltaire que de respectables professeurs d’université, souvent les deux. Mais aussi des membres d’ATTAC, un président d’une association déclarant se battre contre le nucléaire, les deux responsables d’un comité pour l’annulation de la dette.

La première approche consiste à considérer que la publication d’écrits fascistes, la collaboration d’auteurs clairement liés à l’extrême droite, et à sa fraction « national révolutionnaire » (Les amitiés du Reseau Voltaire avec la mouvance Dieudonné Soral et leurs voyages communs, notamment au Liban sont désormais suffisamment connus) n’est pas un élément suffisant pour considérer le site comme fasciste. Elle consiste à prendre les textes publiés un par un, et à se déterminer au coup par coup. A examiner minutieusement chaque écrit publié , et ce n’est pas une mince affaire. A se poser la question précise de tel ou tel texte : sur la Palestine, dit-il des choses vraiment choquantes, peut-on dire « camp d’extermination ….lente » sans être antisémite ? Et le trafic d’organes prétendument pratiqué par Israel, est-ce seulement une rumeur, doit on faire la distinction entre les textes qui évoquent l’armée et ceux qui mettent tous les Israeliens dans le même sac ?

Et sur la grippe H1N1, comment faire la distinction entre un texte qui évoque à juste titre le profit effectué par les labos et celui qui sombre dans le conspirationnisme ?

Cette approche évidemment est particulièrement lourde et fastidieuse pour des sites d’open publishing. En toute logique, puisqu’elle est stupide, pour ne pas dire plus.

La seconde approche est extrêmement simple. Elle consiste à dire qu’un site qui publie des articles d’auteurs liés à l’extrême droite est un site contrôlé par l’extrême droite, que l’ensemble des animateurs en soit conscient ou non. Jusqu’à nouvel ordre, naturellement : il arrive à chacun de faire une erreur et de retirer UN texte particulièrement manipulateur.

C’est l’approche anti-fasciste.

Evidemment, cette approche et cette analyse déclenchent les quolibets et le mépris de ceux qui sont bien résolus à plonger jusqu’à l’abîme dans la prétendue complexité des choses. C’est la grande mode militante du moment, celle qui a poussé à s’interroger pendant cinq ans sur les « motivations » et les « raisons » du discours antisémite de Dieudonné, celle qui consiste à poser des questions idiotes en les appelant dérangeantes, du genre « les antisémites au fond ne sont-ils pas des antiracistes ? » , ou « ne devrait-on pas avoir le droit de tout dire, même des appels aux meurtres, tant qu’on ne tue pas soi même ? ».

L’approche antifasciste consiste à dire qu’un fasciste est un fasciste, point barre. Un fasciste est une personne dont l’objectif est d’imposer l’ordre fasciste. Le reste, ce sont pour lui des moyens, et le fascisme est à ce niveau, l’idéologie utilitariste par excellence. Le fascisme est ce courant qui s’est appuyé et s’appuie simultanément sur le scientisme et sur l’irrationnel, sur l’apologie de l’individu Roi et sur la négation de tout droit individuel. Le fascisme , parce qu’il n’existe que par la guerre de tous les prolétaires contre les autres prolétaires, a pris, sur tous les conflits mondiaux, des opinions contraires, dont le seul point commun est l’apologie de toutes les guerres sauf de la guerre sociale. Le Front National, en plusieurs dizaines d’années d’histoire et à quelques mois d’intervalle a ainsi été tantôt férocement pro-israélien ou inconditionnellement pro-palestinien, tout en étant toujours simultanément raciste et antisémite.

Donc, la logique antifasciste consiste à aller chercher les intérêts de classe présents dans chaque expression de la pensée et de la pratique d’un groupe. Chercher les intérêts de classe, cela signifie entre autres de ne pas distinguer la parole et les actes.

Aussi face à un site comme mondialisation.ca , site de culture européenne, animé en grande partie par des français et des québecois, il y a une rubrique qui attire immédiatement l’œil, celle intitulée « élections européennes ».

Elle attire l’œil, parce qu’elle détonne par son côté prosaïque et concret des autres rubriques, globales et nobles, telles que « société et culture », « économie mondiale », « politiques et religions ». Nobles dénominations, qui jointes aux fonctions de la plupart des auteurs dans les hautes sphères de la production intellectuelle capitaliste donnent au site l’apparence d’un cercle de pensées détaché des basses contingences matérielles et politiciennes.

La modération d’Indymedia Lille n’a pas vu cette rubrique, parce qu’elle refuse l’analyse antifasciste, parce que la présence de contributeurs fascistes sur ce site ne lui suffit pas à le qualifier. Difficile de trouver ce que l’on ne cherche pas.

Si elle avait opéré un simple click sur cette rubrique, ici elle serait tombée sur l’évidence...même pas dissimulée.

Le premier texte visible dans les Actualités de cette rubrique s’appelle Mouvement des Patriotes Français pour l’indépendance et la démocratie (2)

Le deuxième est signé Libertas

Un troisième est signé par un responsable de Libertas Christophe Beaudouin

Deux autres sont signés par deux militants d’un parti dénommé UPR avec un lien vers le site de ce parti

Evidemment, ‘l’antifasciste mal dégrossi’ sait déjà ce qu’il en est quand un mouvement en Europe utilise le mot « patriote » dans son intitulé, en ce début du 21ème siècle.

Ainsi espérons nous humblement épargner quelques journées de fastidieuses lectures aux modérateurs d’Indymedia Lille .

Libertas est un mouvement européen fondé en 2008 : en France, sa représentation locale aux élections a été incarnée par le MPF de Philippe de Villiers et le Mouvement Chasse Pêche Nature et Traditions. Le porte parole du mouvement, Christophe Beaudoin, est également auteur sur le site Mondialisation.ca.

Le Mouvement des Patriotes pour l’Indépendance et la Démocratie a été crée par un ex du MPF de Philippe de Villiers. Nous laissons aux adeptes de la prétendue complexité le soin de parcourir l’intégralité de son site, au cas ou des analyses intéressantes de la question palestinienne y figureraient. Pour les autres, la mention des sujets évoqués, reprise des communiqués d’un ex du Front, diatribe contre l’islamisation de la France, petite histoire des Rois de notre beau pays, suffiront. On peut cependant y ajouter quelques liens amis, parmi lesquels Radio Courtoisie.

Quant à l’UPR, elle est dirigée par François Asselineau. Elu au Conseil de Paris depuis de nombreuses années, il a quitté l’UMP pour créer l’UPR. Il a également rempli la fonction de directeur de cabinet de Charles Pasqua. Il participe à des émissions sur Radio Courtoisie, entre autres.

Les trois partis politiques précédents sont les seuls à être cités dans la rubrique Elections Européennes, manifestement beaucoup moins « ouverte » que les autres catégories du site.

Immense interrogation des tenants de la pensée « complexe », en réalité décomplexée : comment un site peut-il à la fois défendre les peuples opprimés, et notamment les Palestiniens, contre les offensives « sionistes » , contre l’ "arrogance de l’Occident Impérialiste et Mondialiste et de son valet/maître israelien", et concrètement faire la promotion de mouvements d’extrême droite dénonçant l’ « islamisation de la France », « l’invasion des clandestins », et ainsi de suite ?

Comment peut-il publier des textes d’ATTAC et des textes du MPF ?

Réponse des bourins antifascistes : il est de notoriété publique, que les racistes sont forcément des antisémites et inversement.

Tactiquement parlant, les fascistes peuvent bien trouver utile de brandir des portraits du Che et de faire mine de pleurer toutes les larmes de leurs corps sur les Arabes qu’on tue à quelques milliers de kilomètres, si ça peut attirer le chaland sympathisant de l’extrême gauche, et faire monter l’animosité contre les Juifs d’ici.

Mais lorsqu’il s’agit concrètement de récupérer les bénéfices de ces manipulations, on passe aux choses sérieuses, notamment en période électorale.

Historiquement, et en termes d’analyse de classe, l’alliance ou la collaboration au sein de mouvements fascistes, d’intellectuels reconnus professionnellement par le capitalisme et se croyant de gauche avec des fractions de la paysannerie aisée et des petits commerçants n’est pas une nouveauté.

Le fait que des professeurs d’université « altermondialistes » se retrouvent à animer un site qui lance des appels au vote quasi directs pour des partis d’extrême droite, notamment « Chasse , Pêche Nature et Tradition » est certes odieux, mais donc pas si étonnant que ça.

Là ou les choses s’aggravent et concernent directement tous ceux qui participent aux luttes sociales, c’est lorsque ce types de sites sont directement repris et mis en lien par Indymedia.

Indymedia en effet, est un média issu des luttes, et il doit son succès à tous les mouvements de classe, antiracistes, antisexistes, antifascistes, qui ont publié des articles au fil des années.

Mondialisation.ca appartient à ses animateurs mais Indymedia appartient à tout le mouvement, sans lequel il ne serait qu’une coquille vide.

Les modérateurs , investis d’un mandat , doivent le respecter, et ne le font pas chaque fois qu’ils mettent en lien mondialisation.ca, chaque fois qu’ils relaient un site à vocation électoraliste de l’extrême droite. Et ce d’autant plus que la simple liste des auteurs aurait du les alerter.

Naturellement, l’analyse antifasciste exposée ci-dessus n’est pas valable que pour mondialisation.ca. Un site qui relaie les thèses de l’extrême droite, ou aide à leur diffusion en faisant de la pub à leurs médias est un média fasciste par la force des choses.

En l’état actuel, la modération d’Indymedia Lille se réserve la possibilité de publier mondialisation.ca. La conclusion est nous l’espérons provisoirement, évidente.

Les liens vers des sites d'extrême droite ont été désactivés, pour ne pas augmenter leur référencement, en y insérant une étoile

(1) compte rendu public ici
http://lists.indymedia.org/pipermail/im ... 18-ni.html
(2) http://mo*ndialisation.ca/index.php?con ... &aid=13313
(3) http://.mo*ndialisation.ca/index.php?context=va&aid=
(4) http://mo*ndialisation.ca/index.php?con ... &aid=15348
(5) http://.mo*ndialisation.ca/index.php?co ... &aid=15477
http://.mon*dialisation.ca/index.php?co ... &aid=15708

 

 

 

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