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24/06/2009

Otan Preuves Répression Strasbourg Soutien Legal Team

Un billet dans l'Huma :

 

Contre-sommet de l’OTAN : les preuves de la répression

démocratie . L’équipe juridique constituée pour aider les participants livre les résultats de son enquête. non-respect des droits est patent.

Quels furent les traitements infligés aux participants du contre-sommet de l’OTAN, du 3 au 5 avril, à Strasbourg ? Après deux mois de travail, la legal team, l’équipe juridique qui les épaulait, a livré, vendredi, les résultats de son enquête, intitulée Regard sur la répression, avant, pendant et après le sommet de l’OTAN. En 114 pages, témoignages à l’appui, l’équipe juridique revient sur les maltraitances, les « multiples violences policières » et les procès « d’intention ». L’enquête révèle des faits accablants.

« Les filles sont fouillées par des hommes. (…) [Elles] sont obligées de pisser devant les CRS qui regardent leurs fesses. » Le témoin numéro 40 n’est pas le seul à raconter ces fouilles et ces interpellations « hors normes ». Le témoin numéro 35 rapporte également des propos d’un policier : « Tu connais X ? Elle est vraiment bonne, j’enlèverais bien mon uniforme juste pour la sauter. »

Le témoin numéro 19 est une fille, mineure : « Pendant l’interpellation, (…) un CRS tenait à 20 cm de ma tête un objet qui faisait de la chaleur et qui me faisait siffler les oreilles. Ces sifflements sont restés jusqu’à la fin de la soirée. Ils m’ont demandé de me déshabiller à mon arrivée au commissariat, alors que je suis mineure et sans appeler mes parents. »

Nombreux sont les témoignages qui font également état du non-respect des personnes, à l’instar du témoin numéro 60 : « Les droits n’ont pas été énoncés et des mensonges ont été dits à la place (obligation de signer déposition et PV de sortie) (…). »

Au total, la legal team fait état de « 1 700 appels concernant des faits de répression policière, 464 arrestations confirmées, plus d’un millier de personnes prises en charge par l’équipe médicale ».

Dans ce contexte, les organisateurs, notamment le Mouvement pour la paix, déposeront prochainement plainte, et l’équipe juridique prépare, de son côté, une demande de « défichage massif du STIC » (le fichier policier et judiciaire) et « éventuellement des fichiers ADN ».

Cette criminalisation des manifestants est toujours de mise. Actuellement, « sept personnes sont encore en préventive ». Aujourd’hui, trois militants anti-OTAN doivent comparaître, libres, à Strasbourg. Ils ont déjà été jugés le 5 mai dernier. Arrêtés à la sortie d’un hypermarché avec deux bouteilles de pétrole et deux d’alcool à brûler, ils étaient soupçonnés d’avoir voulu fabriquer des cocktails Molotov. La défense avait mis en avant que « l’intention n’était pas caractérisée » et le parquet avait requis dix à douze mois de prison ferme. Finalement le tribunal avait conclu à la nullité pour vice de procédure. Le parquet avait alors fait appel de cette décision.

Joséphine de Boisséson

 

 

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