Avertir le modérateur

24/06/2009

Plan Colombie Round Up Ultra US AID

 

 

Cuba : Les US financent des groupes anticastristes à l’étranger, par Laura Wides-Munoz - Associated Press.

Traduction "sans oublier une ONG dont le nom commence par R, se termine par F, avec un S au mileu" par Cuba Solidarity Project.
Diffusion autorisée et ma foi même encouragée.
Merci de mentionner les sources.

 

[ Un article à lire entre les lignes - bien sûr - et à compléter de toute urgence par la lecture de l’incontournable "Dissidents ou Mercenaires ? Des Etats-Unis à l’Europe pour briser Cuba" de Hernando Calvo Ospina et Katlijn Declercq.]

 

Les Etats-Unis financent la promotion d’un changement à Cuba via des pays tiers.

 

Associated Press, 22 décembre 2006.

 

Miami : Alors que la maladie du dirigeant cubain Fidel Castro provoque des débats sur le financement gouvernemental des groupes états-uniens qui militent en faveur d’un changement de régime à Cuba, les Etats-Unis financent discrètement depuis des années des groupes en Europe qui militent pour la démocratie à Cuba.

Par le biais de la National Endowment for Democracy (NED), une ONG créée par l’administration Reagan en 1983, plus de 200 000 dollars ont été verses au groupe tchèque "People in Need", qui vient en aide aux journalistes indépendants cubains.

Depuis vingt ans, la NED a accordé prés de 14 millions de dollars à des programmes destinés à promouvoir la démocratie à Cuba, dont beaucoup aux Etats-Unis, mais aussi en Europe et en Amérique latine. Les dons sont passés de 110 000 dollars en 1986 à près de 2,4 millions l’année dernière.

Tout comme le financement par l’Agence US pour le Développement International (USAID) des groupes basés sur le territoire US, le financement de la NED présente un bilan mitigé.

Daniel Erikson, expert des Caraïbes, a déclaré que les efforts n’ont produit que peu de résultats tangibles à l’intérieur de Cuba, mais qu’ils ont permis d’aider des groupes dans des pays tels que la République Tchèque, la Suède et l’Espagne qui peuvent exercer des pressions sur leurs gouvernements respectifs et influencer leur politique à l’égard de Cuba.

"Cuba est devenu un sujet de plus en plus abordé dans les pays de l’Europe de l’Est et de la Scandinavie alors qu’on n’en parlait jamais auparavant," a dit Erikson, membre du groupe de réflexion basé à Washington "Inter-American Dialogue".

Cependant, au mois de Novembre (2006), l’Assemblée Générale des Nations Unies a condamné à une majorité écrasante l’embargo des Etats-Unis contre Cuba, par 184 voix contre 4, et Cuba a été récemment élue membre du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies.

Les critiques affirment que ces efforts reflètent les contradictions de la politique cubaine du gouvernement des Etats-Unis, une politique qui interdit tout financement gouvernemental des groupes basés à Cuba, y compris des groupes anticastristes. Mais la NED, qui est une organisation non gouvernementale, est autorisé à envoyer des fonds à des groupes basés à Cuba - même si l’argent provient des caisses de l’état fédéral.

"Nous poursuivons différents objectifs," a dit Damian Fernandez, qui dirige l’Institut de Recherches Cubaines à l’Université International de la Floride.

Fernandez a dit qu’il préférerait que les Etats-Unis cherchent un terrain d’entente avec des gouvernements plutôt que de financer des organisations indépendantes à l’étranger.

Il y a aussi la question du contrôle de ces fonds. Un récent rapport du Congrès a critiqué le manque de contrôle sur les fonds distribués par USAID aux organisations anticastristes basées aux Etats-Unis. Le contrôle de l’utilisation des fonds à l’étranger est encore plus difficile.

"Ils font appel à des personnalités moins voyantes. Ils distribuent l’argent à l’étranger, ce qui le rend moins voyant" a dit Larry Birns, du "Council on Hemispheric Affairs", une organisation basée à Washington et qui milite pour la levée de l’embargo contre Cuba.

Caleb McCarry, le coordinateur de la transition à Cuba au sein de l’administration Bush, a déclaré que le soutien à de tels groupes, particulièrement ceux des pays de l’Europe de l’Est, constituait un élément clé de la politique des Etats-Unis envers Cuba.

"Les organisations de ces pays, qui ont connu une transition du communisme vers la démocratie, ont beaucoup à offrir en termes d’expérience et de compréhension des problèmes posés par la promotion de la démocratie dans un état policier," a dit McCarry.

D’autres affirment que les Européens de l’Est et les Latino-américains ont plus d’influence à Cuba à cause de leurs relations historiques avec l’île.

La grande majorité des fonds gouvernementaux destinés aux groupes anticastristess est toujours distribuée à des groupes locaux, majoritairement basés à Miami et Washington. Généralement, ces groupes cherchent à aider les opposants au gouvernement Cubain, dont des journalistes, des dissidents et leurs familles, et mènent des recherches sur l’avenir de Cuba après Castro, et ont reçu plus de 65 millions de dollars depuis 1996 de la part de USAID, leur principal donateur. La majorité des fonds distribués par USAID vont à ces groupes, même si une partie des fonds est consacré au financement de programmes à l’étranger. Les dons sont mineurs, et pendant des années l’argent à été distribué presque exclusivement à des groupes crées et basés aux Etats-Unis. La Coalition Internationale pour les Droits de l’Homme à Cuba, qui a reçu 865 000 dollars entre 1986 et 1993 et qui compte des membres en Espagne, en Suède et en Allemagne, fut financée par le puissante Fondation Nationale Cubano-Américaine (autre création de Ronald Reagan - NDT).

Plus récemment, a don de 213 000 dollars fut accordé à un groupe basé à Miami, "International Group for Corporate Social Responsibility", qui fut crée l’année dernière en Espagne et qui compte des membres à travers l’Europe et le continent américain.

Le vice-président de la NED, Barbara Haig, a dit que les dons à des organisations de pays tiers étaient nécessaires puisque les organisations à Cuba n’avaient pas le droit de recevoir des fonds US, et que ceux qui étaient accusés de les recevoir étaient qualifiés de traîtres ou de mercenaires. Elle a dit aussi que les groupes européens s’étaient déjà montrés efficaces avant de recevoir les fonds.

"Le problème de la démocratie à Cuba n’est pas le problème des Etats-Unis. C’est le problème de nous tous," a-t-elle ajouté.

Les fonds de USAID sont de plus en plus souvent accordés à des programmes internationaux. Le groupe " Cuban Democratic Directorate" basé à Miami [1], est l’un des plus gros bénéficiaires et a reçu plus de 6 millions de dollars de USAID et de la NED.

Ce groupe a ouvert des bureaux au Mexique, en Argentine et mène des activités dans plusieurs autres pays d’Amérique latine et d’Europe grâce aux fonds d’USAID. Son budget pour les bureaux à l’étranger a plus que doublé, passant de 200 000 dollars en 2004 à près de 500 000 dollars en 2005, selon les documents du fisc US.

Le groupe a récemment aidé à l’organisation d’une manifestation d’une centaine de jeunes devant l’ambassade Cubaine au Pérou

Le co-fondateur Orlando Guttierrez a dit que son groupe était régulièrement audité par les donateurs et que l’organisation appliquait un contrôle interne strict sur l’utilisation des fonds. Il a dit que le groupe cherchait depuis longtemps à faire connaître à l’extérieur des Etats-Unis les violations des droits de l’homme à Cuba

"Lorsque le régime fut capable de convaincre beaucoup de monde que c’était l’histoire de la pauvre petite Cuba contre les Etats-Unis, beaucoup de gens se sont rangés du côté de Castro contre les Etats-Unis tout en ignorant les violations des droits de l’homme à Cuba" a déclaré Gutierrez.

Laura Wides-Munoz

 

- Source : Bradenton.com www.bradenton.com

- Traduction : Cuba Solidarity Project
http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/

 

Les USA financent Reporters Sans Frontières, par Diana Barahona.

 

Reporters Sans Frontières et Cuba : L’ art de se tirer une balle dans le pied, par Viktor Dedaj.

Edifiant ! : Déclaration du Secrétaire d’Etat adjoint US Robert Noriega à propos de Cuba. A lire jusqu’au bout.

Les Etats-Unis ont payé 10 journalistes pour faire des articles anticastristes, par Abby Goodnough - New York Times.

 

A LIRE : Les dernières mesures des USA contre Cuba, par Wayne S. Smith, ancien responsable de la section des intérêts US à la Havane.

Diffusion autorisée et encouragée.
Merci de mentionner les sources.

 

 

Colombie : les désastres des fumigations anti-cocaïne

Depuis la fin 2000, les populations équatoriennes qui vivent à la frontière de la Colombie ont subi les aspersions massives d'herbicides contre les champs de coca. Ce procédé, décidé par le gouvernement colombien et les Etats-Unis, a entraîné une série de catastrophes sanitaires et contraint à l'exode une partie de la population.

Le long du rio San Miguel, bras d’eau qui serpente doucement dans la végétation amazonienne marquant au passage la frontière entre la Colombie et l’Equateur dans la province du Sucumbios, la vie paraît paisible bien que très modeste. Pourtant à y bien regarder, on remarque de nombreuses habitations de bois désertes le long de la route empierrée. Plus de basses-cours sous ces bâtisses montées sur pilotis : elles ont été abandonnées. Les habitants, bien que pauvres, n’ont plus supporté le climat de violence et les aspersions d’herbicide faites par avion à quelques centaines de mètres et parfois jusque sur leurs maisons. Ici, les feuilles des bananiers s’affalent en frange jaunies, comme moisie. L’intérieur des tubercules de yucas une fois tranchés est marbré de traces noires ....
L’herbicide utilisé pour les fumigations des champs de coca a entraîné la mort de jeunes enfants, provoquant également des allergies de la peau, des baisses de la vue, des difficultés respiratoires et des mutations génétiques. Champs et bétails ont été détruits, entraînant une disette, et au final, l’exode pour certains.  Norma Yela, une paysanne massive de 37 ans, rencontrée à Cuchucho, entourée de ses quatre enfants de 2 à 14 ans, se plaint mais semble résignée à son sort. «Regardez mes pieds, lance-t-elle. J’ai beau y avoir mis des pommades qui coûtent cher mais rien n’y a fait. Chaque jour, chaque nuit, depuis trois ans. Et puis nous avons perdu des animaux, poursuit-elle en se grattant les mollets couverts de croûtes rougies. La dernière fois je crois que c’était vers le 20 décembre 2006, les avionnettes sont passées pendant 10 jours. Nous avions mal à la tête, nos yeux pleuraient, nous ressentions comme une chaleur... » Elle a compté une vingtaine de passages depuis le début des fumigations. Bilan: douze vaches mortes et une grande partie de ses 37 hectares improductifs.

Il y a huit mois, sous la pression du chef de l’Etat équatorien, le balai aérien s’est arrêté près de la frontière mais les dégâts sont là. Entamées en 2000, les fumigations ont été ordonnées par les gouvernements colombien et américain dans le cadre du « plan Colombia » pour éradiquer la culture illégale de la coca, contrôlée par les rebelles des Forces armées révolutionnaires colombiennes. Quand cette guerre contre la drogue, financée par des fonds votés par le congrès des USA, a été initiée, quatre très jeunes enfants équatoriens sont morts dans la province du Sucumbios peu après les premières aspersions.


Une version « dopée » du Round Up de Monsanto

« 23,4 litres d’herbicide par hectare ont été déversés, jusqu’à 200 000 hectares pour l’année 2003 », relate un rapport de l’association environnementaliste équatorienne Accion ecologica qui appuie sur les dommages collatéraux. « Ils ont été estimés de 31 à 40 % en 2002 d’après des analyses de vues de satellites ». Les herbages pour l’élevage, le café et le cacao, les cultures vivrières comme le yuca, le riz, le maïs ou les fruits ont été atteints par les fumigations, déportées par les vents sur les champs des paysans équatoriens. Des avions qui violaient l’espace aérien national ont également fumigé directement leur maison.

Le produit fabriqué par la multinationale de la biotechnologie Monsanto est une version dopée d’un herbicide non sélectif à base de glyphosate couramment utilisé et rebaptisée Round up ultra. « Dans cette concentration supérieure à 26% de ce qui est conseillé sur le notice et par l’Agence de protection de l’environnement des USA, le fabricant a adjoint au glyphosate des combinaisons de tensioactifs utilisés pour permettre à l’herbicide d’adhérer et de pénétrer qui ont été changé à plusieurs reprises. Tel le POEA (Poloxietil Amina) et le cosmoflux 411F », explique-t-on à Accion ecologica. « Un autre agent, l’agent Fusarium oxysporum, un champignon qualifié d’arme chimique, a d’ailleurs été trouvé dans les échantillons d’une mission de vérification de  2002. Or cet herbicide, supposé être apposé sur les végétaux, n’a fait l’objet d’aucune étude d’impact, alors qu’il a été aspergé à 15 ou 60 mètres au-dessus des champs».

Près des sources d’eau, selon le fabricant lui-même, son utilisation est dangereuse. Sur les sols, la littérature scientifique assez copieuse affirme que le glyphosate persiste de 12 à 60 jours, voire permet le retour à la vie au bout de trois ans. Les différents composants détruisent les bactéries fixatrices de nitrogène, augmentent les champignons et parasites pathogènes. Sur les plantes, la combinaison inhibe l’absorption de sodium et potassium. Quant aux animaux, la moitié des insectes sont menacés. Chez les rats, les chiens et les vaches ont été observés des irritations gastro-intestinales et des pertes de poids, des tumeurs et des dommages génétiques, une réduction du sperme. Chez l’humain, les scientifiques ont également enregistré des conséquences dramatiques (aberrations chromosomiques, destructions des globules rouges, coma) allant jusqu’à la mort.

Des dommages à long terme

Plusieurs études et analyses ont été menées par Accion ecologica, avec la collaboration de la Forccofes, la Fédération des organisations des paysans du cordon frontalier équatorien de Sucumbios. En 2006, des écoliers examinés présentaient des taux d’anxiété pouvant atteindre 38% d’entre eux, de déprime jusqu’à 41 % et des problèmes d’apprentissage jusqu’à 70%. Selon une étude faite dans 33 écoles, la destruction des cultures alimentaires a provoqué un taux de dénutrition chronique d’un enfant sur trois , dans un périmètre de trois kilomètres de la frontière, alors qu’elle concerne en moyenne un quart des enfants des régions pauvres rurales du pays. Une enquête de 2003 a établi que les femmes contaminées étudiées présentaient des dommages génétiques dans 36% de leurs cellules sanguines pouvant favoriser l’apparition de cancers et de fausses couches.
Près du rio San Miguel où vivent des Cofanes, Shuars, kischwa, certains chamanes ont fini par quitter leur terre et des villageois les ont suivi. « C’était notre Eden ici, maintenant c’est notre châtiment. Nous savions que les plantes étaient sacrées mais elles sont contaminées et se retournent contre nous », pensent-ils.

Gwénaël le Morzellec, en Colombie
Mis en ligne le : 30/08/2007
© 2009 Novethic - Tous droits réservés

Equateur : plaintes acceptées contre Dyncorp, l'épandeur d'herbicide anti-cocaïne

Bien organisés, les paysans et environnementalistes équatoriens en lutte contre les aspersions d'herbicides anti-coca à la frontière avec la Colombie, commencent à recueillir les fruits de leurs efforts juridiques et de leurs pressions. Un succès du à une forte culture de l'environnement et à une mobilisation locale soutenue.

Le 22 mai dernier, un premier round juridique a été remporté  quand la Cour du district de Floride a reconnu trois plaintes équatoriennes contre la société aérienne américaine Dyncorp, qui asperge l’herbicide sur les champs illicites de coca colombiens. Utilisé pour financer les Forces armées révolutionnaires de Colombie, la coca est en effet visée par le « Plan Colomba », programme d’éradication de la drogue piloté par les gouvernements colombiens et américains, avec des crédits voté par le Congrès des USA. 
Cette sentence a redonné l’espoir aux paysans équatoriens frontaliers. Enfin, ils peuvent exprimer leur prétention à être indemnisés pour les dommages causés par l’herbicide -du glyphosate amélioré au Cosmo Flux 411 et Cosmo iN D pulvérisé sur leurs villages depuis décembre 2000. La Cour a d’ailleurs jugé que ces trois plaintes des gouvernements des provinces frontalières de Sucumbios, Esmeralda et Carchi pour obtenir des « indemnités pour les dommages économiques, à la santé et à l’environnement » seront jugées à la Cour du district de Colombia à Washington avec deux autres plaintes équatoriennes en souffrance, dont l’une datant de 2001. Les trois plus récentes concernent 1600 villageois et la plus ancienne est portée par 10 000 habitants. (Elle s’est appuyée sur The Alien tort claims act, loi permettant aux citoyens étrangers de poursuivre les sociétés américaines pour des actes commis à l’étranger , mais n’a finalement pas été retenu par la cour de Floride).

Mobilisation soutenue des ONG

Les associations environnementaliste telles Accion ecologica, n’ont eu de cesse de réunir dès les premières séries de fumigations, des études et analyses psychologique, sanitaire, génétique parfois difficilement finançables et réalisables faute de laboratoire nationaux. Les communautés indigènes très organisées ont également mobilisé leurs forces. L’Equateur, pays parmi les plus pauvres d’Amérique du Sud, présente en effet cette particularité d’avoir adopté la convention 169 de l’OIT qui reconnaît les droits collectifs des indigènes. Enfin, des appuis de l’étranger se sont également manifestés.
« Nous sommes restés longtemps dans l’indifférence et sans aides, mais soutenus par Accion ecologica et l’Inredh (1) », lance Mario Shingre, paysan d’une cinquantaine d’années, responsable de la Forccofes dans le bureau situé à Lago Agrio. La modeste Fédération des organisations des paysans du cordon frontalier équatorien de la province du Sucumbios représente près de 10 000 habitants. « Pourtant, nous avons fait plusieurs manifestations à Quito, déposé plusieurs plaintes, gagné un jugement devant l’Etat en 2003 (2), pour que notre pays prenne en compte notre situation. Maintenant, Mario Shingre espère un jugement prochain et « des indemnisations pour les dommages subis depuis 2000, de 19 millions de dollars par an », précise-t-il. Pour les « aspergés contaminés », le vent pourrait donc bien tourner. D’autant que le premier homme du pays, le président, « semble relever la tête devant la Colombie».

Calendriers au rendez-vous

En effet, pour Raphaël Correa, président depuis janvier 2007, favorable à « un socialisme sud américain », l’heure n’est plus au partenariat avec le voisin colombien, gouverné à droite, et allié des Etats-Unis. Dès décembre 2006, il menaçait de saisir la Cour inter-américaine des droits de l’Homme au Costa Rica contre la Colombie sur le différend des fumigations. En réaction, depuis février, le gouvernement colombien a opté pour l’éradication manuelle de la coca à la frontière. Mais cela n’a pas détourné Correa de son objet : il prépare un recours auprès du Tribunal international de la Haye « pour que cesse définitivement les fumigations à 10 km de la frontière et que les victimes soient indemnisées ». 
Ainsi, côté diplomatie, les calendriers semblent être au rendez-vous des paysans et environnementalistes. Dans ce sillage, les déclarations de l’Onu n’ont fait qu’amplifier la « vague anti-fumigation ». Le rapporteur spécial de l’Organisation des Nations Unies dépêché en mai  pour enquêter sur la situation des paysans frontaliers avait déclaré à son retour qu’il fallait « stopper ces fumigations ».  Et l’Onu se montre favorable aux demandes de crédits faites aux institutions internationales.  Correa, à nouveau en campagne pour la réforme de la constitution, les sollicite en effet pour financer son « Plan Ecuador », un programme de développement économique sanitaire et social de la frontière Nord qui se veut le contrepoint du Plan Colombia.

En juillet, le ton a encore monté. Lors du dernier rendez-vous bilatéral des commissions scientifiques sur les fumigations, l’Equateur a présenté  « une interprétation intégrale du problème qui a provoqué émigration, destruction des ressources alimentaires, espèces animales et suppression de toute ressource économique ».  « Nous ne tolèrerons pas qu’au nom de la lutte contre le terrorisme les droits humains ne soient pas respectés », a déclaré un des membres de la commission scientifique ». La voie diplomatique semble s’être épuisée.

Gwénaël le Morzellec
Mis en ligne le : 30/08/2007
© 2009 Novethic - Tous droits réservés

 

 

 

Plan Colombie : la véritable force de déstabilisation de l’Amérique du Sud

mardi 11 mars 2008, par Carlos Martinez

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En passant en revue la façon dont la presse US couvre les récentes tensions entre la Colombie, l’Equateur et le Venezuela, on pourrait conclure que la Colombie est devenue victime de la colère de son proche et malveillant voisin, Hugo Chavez. Une fois encore, la machine à propagande médiatique s’est retournée contre le Venezuela, délaissant une analyse critique de la situation pour un scénario simpliste.

Voir en ligne : http://www.legrandsoir.info/spip.ph...

Des gros titres tels que, « Chavez trouve une nouvelle cause » (Business Week March 4, 2008) perpétuent la fable revendiquée par le gouvernement US selon laquelle le Venezuela est la force déstabilisante de cette région tout en ignorant l’inquiétante action menée par le gouvernement Colombien.

Bien que Chavez ait certainement facilité la polarisation de l’opinion internationale sur sa réaction, le manque de couverture des réponses d’autres présidents d’Amérique du Sud est déconcertant. L’exemple le plus flagrant de cet aveuglement concerne l’Equateur, le pays dont le territoire a été violé lors de l’attaque de la Colombie. Les protestations émises par le Président Equatorien Rafael Correa ont été si succinctement rapportées par rapport aux réactions de Chavez, que cela nous laisse l’impression que l’Equateur n’est que peu concerné par l’action de la Colombie.

Aucune mention n’est faite que ce n’est pas la première fois que l’Equateur supporte les conséquences néfastes de la guerre que mène la Colombie aux “narco-terrorisme“ au travers du Plan Colombie. Pendant des années, le nord de l’Equateur à été soumis à une contamination massive des cultures légales, du bétail et de communautés entières, résultant de la pulvérisation aérienne d’herbicide sur les cultures de coca en Colombie [1]

Une déclaration faite par le porte-parole de la Maison-Blanche, Gordon Johndroe, soutient que la réaction du Venezuela est simplement démesurée face à une opération légitime. “C’est une étrange réaction du Venezuela aux efforts de la Colombie contre les FARC, une organisation terroriste qui retient toujours des Colombiens, des Américains et d’autres otages."

Un tour rapide des réponses des autres pays montrerait en fait que les affirmations du gouvernement US sont profondément biaisées et sans aucun lien avec les opinions internationales. La Présidente du Chili, Michelle Bachelet, a proclamé "Une situation de cette nature nécessite sans aucun doute une explication de la Colombie aux peuples de l’Equateur et du reste de la région". Les gouvernements du Paraguay, du Pérou, et d’Argentine ont tous émis des avis similaires désapprouvant l’intervention de la Colombie. Dans le même temps, le Ministre français des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner, a exprimé sa déception face au meurtre du contact principal de son gouvernement dans les négociations pour libérer l’ancienne candidate aux élections présidentielles de Colombie, Ingrid Betancourt, qui a aussi la nationalité française. Se référant au meurtre du commandant en second des FARCS, Raul Reyes, il a déclaré, "C’est une mauvaise nouvelle que l’homme avec qui nous parlions, avec qui nous avions des contacts, ait été tué."

Alors qu’une certaine presse au Etats-Unis se demande si Chavez utilise cette situation comme une opportunité pour détourner les Vénézuéliens de leurs problèmes sociaux, cette attention excessive qui lui est portée détourne en fait les gens au Etats-Unis d’une réflexion nécessaire sur le rôle de leur propre gouvernement dans la provocation de cette "Crise Andine". Il en résulte que les vraies réalités et les répercussions du soutien du gouvernement US à une solution militaire en Colombie ne sont pas prises en compte.

Enhardi et armé par les milliards de dollars alloués au Plan Colombie, le gouvernement Uribe a décidé d’outrepasser les lois internationales plutôt que d’essayer d’engager une médiation pour discuter avec les FARC. C’est simplement la dernière polémique pour discréditer la Colombie déjà renommée pour détenir le record annuel du nombre de violations des Droits de l’Homme et de meurtres politiques dans l’Hémisphère Ouest [2].

C’est un moment important, non simplement pour parler de Chavez, mais pour appréhender les conséquences du soutien total des Etats-Unis au militarisme du gouvernement Colombien, et les effets déstabilisants que cela crée.


http://www.venezuelanalysis.com/

Traduction Laurent pour le Grand Soir

illustration : Latuff, sur www.narconews.com/Issue30/articulo793.html

Carlos Martinez est le coordinateur à Caracas du Global Exchange Venezuela Program.

 

Notes

[1] http://ipsnews.net/news.asp?idnews=38067

[2] NDT : La Colombie détient aussi le record de l’hémisphère Ouest du nombre d’exilés forcés à l’intérieur de leur propre pays ; autour de 4 millions soit 10% de la population. Officiellement, 25.000 d’entre eux, certainement 240.000, ont trouvé refuge…, en Equateur !

 

 

La piste OGM africaine

par Marion Urban

Article publié le 01/04/2008 Dernière mise à jour le 03/04/2008 à 15:27 TU

Test, officiellement appelé « Trait Bt1 test kit », qui détecte les protéines Yieldgard-Cry1AB contenues dans diverses variétés du MON810, un maïs génétiquement modifié par la firme Monsanto.(Photo : AFP)
La Kenya Biodiversity Coalition, qui regroupe des organisations paysannes et des associations écologistes, a découvert des traces de MON810, une variété de maïs génétiquement modifié de la firme Monsanto, dans des semences commercialisées par une société sud-africaine.

Sur les 43 échantillons de maïs achetés dans les différents points de vente de semences de la vallée du Rift au Kenya en octobre 2007, 19 présentaient des traces suspectes.

Des tests supplémentaires ont été effectués par le laboratoire européen spécialisé, Eurofin. Les semences, commercialisées par la société sud-africaine Pioneer, ont révélé qu'elles étaient contaminées par du MON810, une variété de maïs génétiquement modifié de la firme américaine Monsanto.

La société Pioneer se défend d'avoir exporté délibérément les semences. La vente de la variété PHB 30V53 a été suspendue en attendant une enquête approfondie.

Le Parlement kenyan n'a pas eu le temps de discuter d'un projet de loi sur les cultures OGM en octobre 2007. Mais cette découverte confirme les soupçons des agriculteurs kenyans : ils cultiveraient des OGM sans le savoir.

Source : Clive James/ISAAA

Source : Clive James/ISAAA


Toujours plus d'OGM

L'Afrique du Sud a été la première du continent africain, il y a une dizaine d'années, à planter des OGM.

Selon le rapport 2008 de l'ISAAA *(International Service for the Acquisition of Agri-Biotech Application), l'Afrique du Sud est devenue le 8ème producteur d'OGM du monde, avec 1,8 million d'hectares de maïs, soja et coton.

57% du maïs sud-africain est génétiquement modifié. 80% du soja et 90% du coton.

Il s'agit de variétés résistantes aux insectes. Les variétés présentées par les pro-OGM comme résistantes à la sécheresse, sont encore l'objet d'expérimentations.

L'implantation des OGM en Afrique du Sud a toujours été dénoncée par les mouvements écologiques et alternatifs comme le cheval de Troie, introduit dans la citadelle africaine par les multinationales de la biotechnologie.

L'absence d'information, le manque d'intérêt de l'opinion publique et la faiblesse de nombreuses législations nationales ne permettent pas de surveiller efficacement ce qui se fait en matière de cultures génétiquement modifiées.

Ainsi, la carte des cultures OGM dans le monde, présentée dans le rapport de l'ISAAA, ne correspondrait pas à la réalité africaine. On y voit apparaître la seule Afrique du Sud, alors que des cultures existent -sur de moindres surfaces- dans d'autres pays du continent.

Selon les organisations écologistes, les zones de cultures OGM seraient plus étendues que ne le prétendent les organismes internationaux.Source : Clive James/ISAAA.

Selon les organisations écologistes, les zones de cultures OGM seraient plus étendues que ne le prétendent les organismes internationaux.
Source : Clive James/ISAAA.


Un discours bien rôdé

La première tentative d'introduction d'OGM sur le continent africain au début des années 2000 a été de distribuer de l'aide alimentaire, provenant des surplus des cultures OGM américaines. La Zambie, l'Algérie, le Soudan, l'Ouganda, le Malawi, l'Angola ont résisté, en dépit des menaces du Programme alimentaire mondial de ne plus fournir d'aide. Le Bénin aurait, lui, bénéficié d'aide alimentaire OGM sans le savoir.

Accepter les OGM signifiait alors pour les pays africains de se voir fermer les marchés européens hostiles aux cultures génétiquement modifiées.

Les OGM ont fait du chemin depuis, avec des arguments imparables : augmenter la production et limiter les coûts des intrants. La perspective de cultiver des plantes résistantes à la sécheresse, présentées comme des moyens de combattre les disettes, a relancé l'engouement de certains gouvernements pour la production à grande échelle.

© Arne Hoel/ Banque mondiale

© Arne Hoel/ Banque mondiale

Le Mali cultive du coton Bt malgré l'opposition d'une partie de la population. La société Monsanto aurait conduit des expérimentations clandestines au Sénégal.

L'ISAAA dit dans son rapport, avoir bon espoir de voir céder le Burkina Faso, déjà producteur de coton Bt, sur les autres cultures d'OGM. L'effrondrement des cours mondiaux du coton a peut-être freiner cet enthousiasme, mais il incite les agriculteurs à se reconvertir dans d'autres cultures, comme le maïs, très en vogue avec les agrocarburants.

Les législations nationales qui interdisent souvent l'importation des produits génétiquement modifiés, autorisent la recherche locale.

L'Égypte a une politique pro-OGM. Le colza (canola) est commercialisé. Des essais sont menés sur le melon, le concombre, le maïs, la pomme de terre, les courges, la canne à sucre, la tomate, le coton et le blé, avec le soutien de la coopération américaine (US Aid).

Au Kenya, la plupart des grandes sociétés de biotechnologie (Monsanto et Syngenta) sont présentes et ont fait des essais sur la patate douce, le manioc, le coton, le maïs. Pour cette dernière plante, la version OGM n'a pas résisté au principal ravageur de la région.

 

Pour en savoir plus :

* Rapport de l'ISAAA. 2008

** Rapport de l'association Les Amis de la Terre Qui tire profit des cultures GM ? 2008

08:59 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu