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14/07/2010

J’irai le dire à la Kommandantur

Kommandantur, place de l’Opéra.

Kommandantur, place de l’Opéra. Photographie André Zucca. Bibliothèque historique de la Ville de Paris.

...Révélateur d’une société, un triste phénomène va connaître son âge d’or : la délation, généralement anonyme. Un nombre appréciable de Parisiens va être pris de fièvre épistolaire, les journaux, administrations et autorités d’occupation en reçoivent des sacs entiers, où il est bien difficile de séparer le bon grain de l’ivraie (on y renonce souvent d’ailleurs). La presse de la collaboration va jusqu’à s’en plaindre, c’est dire… Et sans aller jusqu’à la dénonciation, une menace prisée par les plus vils éléments est “J’irai le dire à la Kommandantur. À la Kommandantur, ce genre de dénonciations abusives, pour des motifs souvent futiles, provoque plus le dégoût à l’égard du peuple français qu’autre chose.
Activité, heureusement plus généralisée, est l’écoute de la radio anglaise. Car, chacun sait “Radio Paris ment, Radio Paris est allemand”....

 

 

piqué au tas chez embruns.net

22:42 | Lien permanent | Commentaires (0) |

06/07/2010

Pour contacter le Ministère du Civisme et de la délation

 

Aidez-nous à remettre la France "sur les rails" en signalant tout comportement suspect grâce à ce formulaire*.

Mon : si autre, précisez :

Ses coordonnées :

Prénom : Nom :
Adresse :


Cochez les cases puis cliquez sur "Balancer"

A des habits noirs
Ne paye pas les transports en commun
A au moins une compagne ou un compagnon
Ne regarde pas la télé
A un chien, ou un chat, ou un rat...
N'achète pas de musique
Ne lit pas Christophe B. et Alain B.
N'a pas vu les policiers se faire tirer dessus à Villiers le Bel en novembre 2007
Est "différent"
Lit des livres qui ne s'achètent pas à la Fnac
A des amis en Grèce
Roule avec des pots non homologués ou en voiture volée
Fait des remarques désobligeantes
Ne rit pas aux blagues de Brice Hortefeux
N'est pas pacifiste
Ne croit pas au travail
Croit au bonheur
Autre

Si autre, précisez :

Pour contacter le Ministère du Civisme et de la délation, vous pouvez nous écrire à l'adresse suivante :
contact [at] delation-gouv.fr

Notre ministère est affilié au Gouvernement Provisoire

15:06 | Lien permanent | Commentaires (0) |

11/05/2010

Police: "incitation à la révolte" dénoncée

L'Union Unité police/SGP-FO (premier syndicat de gardiens de la paix) a dénoncé aujourd'hui une "incitation à la révolte" contre la police en évoquant l'action d'un comité de soutien aux personnes poursuivies pour des jets de projectiles contre la police en novembre 2007 à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise).

Dans une lettre au ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, parvenue à l'AFP, le syndicat écrit que, depuis le début du mois, "un comité de soutien aux mis en cause" pour ces faits "effectue une propagande sur Internet qui ne manquera pas de retenir (son) attention".
Ce comité, selon lui, "calomnie l'action de la police" lors des incidents de 2007 et "incite à la révolte" contre elle et "le pouvoir".
Le même comité organise une série de concerts de rap et de rassemblements afin de venir en aide aux mis en examen lors de ces caillassages, selon ce site Internet.
Le syndicat dénonce "cet appel à la libération des inculpés (mis en examen dont un procès est prévu le 21 juin prochain, ndlr)" et "se déclare choqué par la tenue de ces concerts".

Des violences à Villiers-le-Bel, les 25 et 26 novembre 2007, avaient éclaté après la mort de deux adolescents dans la collision de leur mini-moto avec une voiture de police.
Lors de ces violences, une centaine de policiers avaient été blessés par des tirs d'armes à feu et des jets de projectiles et 31 d'entre eux s'étaient constitués partie civile.
De présumés auteurs ont déjà été condamnés pour ces faits, d'autres sont cités à comparaître le 21 juin et sont sous mandat de dépôt en l'attente.

Article du Figaro - 11/05/2010

 

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27.04.2010 - PROBE

Appel à un mois de solidarité avec les inculpés de Villiers-le-Bel


23.04.2010 - PROBE

Les "Tireurs" de Villers le Bel - La délation, nouvel organe de visée ...


DATES DE LA TOURNEE DE SOUTIEN:

Plus de confirmations et noms des groupes très bientôt!

19 Mai - Rouen - Concert: Demon One, DJ Plaiz, Abou2ner, Rdelite + d'autres à confirmer.

21 Mai - Nantes - Discussion: lieu à confirmer

22 Mai - Rennes - Concert: DJ Plaiz, Abou2ner, Rdelite, + d'autres

29 Mai - Villiers-le-Bel - Tournoi de Foot en salle

4 ou 5 Juin - Lyon - Concert

11 Juin - Genève - Concert

19 Juin - Pontoise - MANIFESTATION 15H devant la gare.

 

20:07 | Lien permanent | Commentaires (0) |

15/03/2010

Opération Voisins vigilants

 

Toutes les photos sont tirées du film Dupont Lajoie et ne font pas partie des articles originaux


vendredi 05.03.2010, 05:07 - La Voix du Nord

La commune va participer à l'opération Voisins vigilants qui vise, selon la gendarmerie, à renforcer les liens entre forces de l'ordre et les populations périurbaines. Une décision voulue par le maire, Thierry Lazaro, qui, au terme d'un débat nourri, lundi soir, a décidé de l'expérimenter pendant un an, suite à quoiune décision formelle sera Dupont_Lajoie_01.jpgprise par le conseil municipal.

PAR JEAN BISCHOFF

1 Le principe.- Des habitants, volontaires, dont l'anonymat sera préservé, informeront les gendarmes de tout mouvement suspect dans le quartier. Selon le commandant Gervais, de la compagnie de Lille, à l'origine du dispositif, il s'agit de simples citoyens dont le rôle sera d'officialiser l'habitude qu'ont les habitants des communes rurales d'avertir quand il se passe quelque chose d'anormal.

Ce concept, le neighbourhood watch, est importé des pays anglo-saxons. En France, il n'a été testé qu'à Grasse, dans les Alpes-Maritimes. Dans l'arrondissement, hormis Phalempin, trois autres communes se sont portées volontaires : Santes, Bois-Grenier et Quesnoy-sur-Deûle.

2 Des inquiétudes.- Christophe Courmont, conseiller délégué au logement et élu de la liste Proposer et agir pour Phalempin, a fait part de ses inquiétudes dans une question écrite au maire. Des interrogations centrées sur la pertinence de cette initiative et sur les risques de dérive qu'elle pourrait entraîner. Ces doutes sont partagés par plusieurs élus, dont la deuxième adjointe, Marie-Élisabeth Henry, qui a parlé de risque de « délation ». Bref, sur ce thème, l'unanimité n'est pas encore de mise au sein de l'assemblée communale. Sauf que le panneau prévu pour être implanté à l'entrée des communes participant à l'opération, un oeil grand ouvert sur fond jaune, semble vraiment « trop voyant ».

3 Mauvais souvenirs.- Le maire, Thierry Lazaro, en a évoqué pour justifier son engagement dans cette opération. Des anciens souvenirs par exemple, en jetant un oeil complice à son prédécesseur Albert Lefebvre, pour évoquer le curieux ballet de voitures immatriculées en Belgique et dans la région parisienne, signe tangible d'un trafic de drogue auquel les forces de l'ordre mirent le holà. Un très récent, aussi, avec cet automobiliste qui, après avoir embouti des barrières de la rue du Général-de-Gaulle, avait déguerpi sans demander son reste... Mal lui en a pris, un riverain avait noté l'immatriculation et la couleur du véhicule. Et puis, le maire ou son premier adjoint, Henri Degand, sont un peu las d'aller, nuitamment, rappeler à la raison des noctambules souvent excités... 4 À expérimenter pendant un an.- Le député maire a souligné qu'il s'était engagé en fonction des pouvoirs de police dont il dispose. Si le sujet appelle à débat, même s'il a été discuté en commission, « je ne dis pas qu'il y a plus de délinquance ici qu'ailleurs mais qu'il faut utiliser tous les moyens qui peuvent faire baisser l'insécurité », a-t-il argumenté : « Il ne s'agit pas de faire des voisins des auxiliaires de la gendarmerie ni l'oeil de Moscou. » Puis, plus nuancé, il a conclu : « Je ne sais pas ce que ça apportera en plus j'ai pris cette décision d'autorité à titre expérimental. Entre les partisans et les adversaires du système Voisins vigilants, je propose un axe médian : son fonctionnement sera audité d'ici un an, après quoi la décision de poursuivre ou non sera prise, formellement, en conseil. »

 

"Attention, voisin vigilant"

Par Dominique Albertini, publié le 23/07/2009 12:50 - mis à jour le 23/07/2009 14:23

"Chaînes de vigilance" dans plusieurs communes du sud-est, projet de "service civique" regroupant des volontaires en tenue à Nice... la sécurité publique se met à l'heure du participatif.

"Voisins vigilants", annonce le petit panneau jaune à l'entrée du quartier des Quatre-Chemins, sur les hauteurs de Nice. Cette mention, et le petit oeil stylisé qui l'accompagne, sont là pour convaincre les cambrioleurs de passer leur chemin. Car ici, comme dans plusieurs autres communes de la région PACA, on s'organise pour veiller à la sécurité du quartier. (Yves Lion)

Dans plusieurs communes du sud-est, les voisins s'organisent pour surveiller leur quartier.i_1556_dupont_lajoie__4.jpg

Le principe des "chaînes de vigilance", est simple: constituer un réseau de voisins attentifs à tout risque d'agression ou de cambriolage. Quand l'un d'entre eux observe un comportement suspect, il prévient un voisin "référent" qui évalue la menace et, s'il l'estime nécessaire, relaie l'appel vers la police. Cette organisation permet une circulation rapide de l'information, tandis que le "référent" fait office de "filtre" entre les habitants et la police.

"Taux de réponse faramineux"

"A l'occasion d' une réunion de quartier début 2008, nous avons sollicité les voisins pour expérimenter le système chez nous, et le taux de réponses positives a été assez faramineux", raconte Jean-Marc Baudin, commercial d'EDF en retraite, à l'origine de l'initiative aux  Quatre-Chemins. "Depuis, le sentiment d'insécurité a reculé. Et cela a aussi permis de créer des liens entre les gens: on discute, on s'invite à l'apéro..."

Dans la petite ville de Mougins, on mène l'expérience depuis 2006. Avec des résultats probants dont se réjouit le directeur du commissariat municipal, Marc Paillé: "L'aide de la population nous est très utile dans la surveillance du territoire : dans le quartier où a été mis en place ce dispositif , nous sommes passés de 15 cambriolages en 2006 à 7 en 2008, et, jusqu'à présent, un seul en 2009". Ici, c'est la police qui a proposé aux habitants de mettre en place la chaîne de vigilance, sur l'exemple du village voisin de Saint-Paul-de-Vence. "Là-bas, l'opération a été lancée par une dame ayant vécu plusieurs années aux Etats-Unis."

"Jouer au cowboy"

De fait, les initiatives du même genre sont nombreuses outre-Atlantique, où l'idée d'autodéfense des citoyens est plus répandue. Et en passe de s'adapter chez nous? les communes de Jonquières, Roquefort-les-Pins, Mornas, Lauris, notamment, ont lancé des opérations similaires. Un complément appréciable à l'action de la police dans des zones parfois isolées: selon des chiffres de l'Observatoire national de la délinquance, le nombre de cambriolages a augmenté de 10% depuis juillet 2008, le sud-est étant l'une des régions les plus touchées.

"Nous n'avons jusqu'à présent pas eu de problème avec ce système", assureMarc Ligot, responsable de l'Observatoire de la tranquillité publique à Nice. "Si jamais l'envie venait à quelqu'un de jouer au cow-boy en organisant des rondes nocturnes, nous lui ferions savoir qu'il n'a pas notre soutien." Une séance de formation sera organisée vers la rentrée pour les habitants. Le système pourrait ensuite être étendu à d'autres quartiers. "La demande est très forte, il faut temporiser pour mieux encadrer", déclare M. Ligot.

lajoie02.jpgLe succès des "Voisins vigilants" pourrait être suivie par une initiative de toute autre envergure. En janvier, le maire de Nice, Christian Estrosi annonçait la mise en place d'un "service civique" verrait des citoyens volontaires et bénévoles mis "à disposition de la collectivité pour procéder à des identifications, des signalements, des surveillances, collecter des informations, intervenir auprès de commerçants...".

Rattachés à un service spécial dépendant du premier adjoint au maire, Benoît Kandel, ces volontaires, non-armés, disposeraient tout de même d'une carte et d'une tenue spécifique facilitant leur identification par le public. A l'heure actuelle cependant, il ne s'agit encore que d'un projet: "Cela fait toujours partie de nos objectifs", affirme M. Kandel. "Mais sa mise en place implique une modification du cadre légal, qui est pour l'instant trop vague et inefficace."

"Mission régalienne d'Etat"

La sécurité publique serait-elle une affaire trop sérieuse pour la confier à la police? Selon le premier adjoint, un tel service s'inscrirait dans une certaine logique des choses:  "La ville ne pourra pas recruter indéfiniment des policiers municipaux. Or, la demande de sécurité se fait de plus en plus forte. Et le citoyen cherchent à devenir des acteurs de cette sécurité. Avec le service civique, nous cherchons à donner un cadre à cette aspiration".

Un projet qui laisse sceptique à l'UNSA Police, le syndicat majoritaire des gardiens de la paix. Si les "Voisins vigilants" sont vus comme un appréciable complément à l'action de la police, l'idée de M. Estrosi suscite la méfiance. "La sécurité doit rester une mission régalienne de l'Etat"déclare Phillipe Capon, secrétaire général de l'UNSA Police. "Faire appel à des groupes de volontaires, et en uniforme, c'est aller à terme vers des milices privées. Je ne suis pas pour la mise en place d'un tel service, mais si c'est le cas, il faudra fixer un cadre de mission très précis. Pourquoi ne pas plutôt se donner les moyens d'une vraie politique de sécurité publique, au lieu de diminuer les effectifs de la police?"

 

Des « voisins vigilants » contre la délinquance

Ce plan repose sur des habitants référents qui s'engagent à prévenir la mairie ou les gendarmes de situations suspectes

 

Depuis le 18 février, l'opération nationale « Voisins vigilants » est expérimentée à Traînel. La compagnie de gendarmerie de Nogent a choisi la commune du nord-ouest aubois pour tester ce plan de lutte contre la délinquance basé sur la « participation citoyenne ». Une convention a été signée avec le maire.
« Au regard de l'évolution de la délinquance, il a été décidé de mettre en place un moyen adapté aux contingences locales reposant sur une adhésion forte et responsable des élus et de leurs administrés », précise le capitaine Jeannesson, commandant de la compagnie. « Ce n'est pas qu'à Traînel il y a une plus grosse délinquance qu'ailleurs. Mais la commune a connu des faits importants : des destructions par incendie et une course-poursuite en voiture qui s'est terminée par des coups. Le village se trouve à proximité de la Seine-et-Marne et l'Yonne, et fait l'objet d'incursions d'habitants de ces deux départements. »

« Pas de l'espionnage »

L'objectif de ce dispositif est d'« apporter une action complémentaire et de proximité aux services de la gendarmerie ». Comment ? Par l'intermédiaire de référents locaux. « Les gens ne pensent pas toujours que ce qu'ils voient ou ce qu'ils entendent a une importance, constate le capitaine Jeannesson. L'idée est d'avoir une personne par quartier ou par rue qui s'interroge sur les situations anormales - la présence d'un véhicule suspect, de personnes qui semblent faire du repérage… - et fassent remonter l'information jusqu'au maire ou la gendarmerie. Ils peuvent aussi nous faire part de questionnements sur l'implantation de signalétique, les documents nécessaires pour l'organisation d'une manifestation… Il s'agit d'une participation active de la population à la tranquillité de son quartier et de sa commune.»
À Traînel, la compagnie peut s'appuyer sur six habitants qui ont souhaité intervenir anonymement. « Ce n'est pas évident de trouver des personnes qui acceptent de s'engager, à cause de la peur de représailles. »
Après quinze jours de fonctionnement, les « voisins vigilants » ont déjà commencé à remplir leur mission. « Le jour même du lancement, on nous a informés de la présence de deux véhicules qui semblaient n'avoir rien à faire dans la commune. Les gendarmes sont intervenus. L'un d'eux est parti, l'autre est en cours de traitement. » Une réunion est prévue dans quelques mois pour faire un premier bilan.

Le maire Didier Droy a accepté le principe pour la sécurité de son village… À condition que le système n'alimente pas un climat de délation. « Il ne faut pas que chacun se dénigre et suspecte son voisin. » « Les référents agissent pour le bien de tous. Il n'est pas question d'espionner les gens ni de faire de la dénonciation outrancière », assure le capitaine Jeannesson. Ce dispositif vient compléter une campagne de sensibilisation menée aussi par la compagnie mais à l'échelle de l'arrondissement, pour lutter contre les cambriolages. « La délinquance, c'est l'affaire de tous.» (L'Est Eclair - Auteur : Laurianne PERMAN Article paru le : 5 mars 2010)

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Dupont Lajoie est un film français d'Yves Boisset sorti en 1975.

Analyse

Georges Lajoie est un cafetier parisien. Chaque année il va en vacances au « Camping du soleil » où il retrouve les familles Schumacher et Colin. Le séjour de ces gens ordinaires est légèrement troublé par la proximité d’un chantier où travaillent des ouvriers étrangers. Des commentaires xénophobes sont prononcés. Une altercation éclate entre Albert Schumacher et deux ouvriers Nord-africains, un soir au bal.

Lors des jeux au camping, Georges Lajoie, peu intéressé, choisit d’aller se balader. Il retrouve, en train de bronzer à l’écart, la fille des Colin, Brigitte, une adolescente de seize ans aux formes naissantes qui navigue entre provocation et innocence. Lajoie, légèrement échauffé par l’alcool, tente de l’embrasser. Lajoie ne saura pas résister bien longtemps à la tentation de cette Lolita et il finira par violer l'adolescente avant de la tuer par accident. Il organise une mise en scène, pour que les soupçons se portent sur les travailleurs étrangers. L’enquête policière les met hors de cause, mais une ratonnade est cependant organisée, il y a un mort et un blessé du côté des ouvriers. Pour minimiser la gravité des faits, la thèse de l’accident est retenue.

Plus tard à Paris, Georges Lajoie, dans son bistrot, raconte à ses clients comment il a maté ces étrangers. L’Algérien rescapé entre, pointe un fusil et tue le cafetier.

Le film fut mal accueilli par certains qui n’ont retenu que l’aspect caricatural du sujet, mais il fut un grand succès public. Il est vrai qu’Yves Boisset nous propose une peinture sans complaisance de gens ordinaires qui, dans une sorte d’hystérie collective, se laissent gagner par le racisme le plus primaire. La démonstration est imparable.

Le film n'aborde qu'un cas particulier et ne généralise pas.Pourtant, le tournage et la sortie du film ont été ponctués d'événements très violents provoqués par le groupe d'extrême-droite Charles Martel. Les comédiens d'origine maghrébine ont été victimes d'agressions physiques et morales sur le plateau, les bagarres se sont multipliées dans les cinémas. Le film a même été déprogrammé de certaines salles suite à ces affrontements.

La première partie du film est une mise en place minutieuse des différents protagonistes du film, en l'espace de quelques scènes seulement Boisset définit déjà les contours et la logique des futures actions de ses personnages. Georges Lajoie, dès la toute première scène dans son bistrot, est défini à travers trois traits marquants de son caractère. Tout d'abord son côté passéiste et réactionnaire, hostile aux changements et aux autres et cela à travers sa première réplique à connotation raciste à l'encontre d'un balayeur noir mais aussi avec son comportement vis à vis d'un jeune hippie à guitare. C'est aussi un homme qui clairement a peur de voir son petit monde changer, un homme qui craint pour son bien, il se déclare prêt à tuer pour sa caravane et qui n'aime pas les changements radicaux.

Une fois au camping il suffit à Boisset de suivre un simple dîner entre les différents amis pour croquer avec un trait précis et terriblement efficace les autres personnages du film. Schumacher est un petit bourgeois imbu de sa personne et terriblement fier d'un terroir qu'il étale sous les yeux des autres sous la forme d'un plateau de charcuterie, comme le chantait Brassens c'est "un imbécile heureux qui est né quelque part". Les Colin sont une famille très unie et un rien paillarde, le père est toujours prêt à tirer un coup et offre des soutifs comme on offre des fleurs. La fille des Colin a donc immédiatement cet aspect paillard et sexuel sur le dos lorsqu'elle arrive et rejoint ses parents au bras de deux garçons.

Boisset suit le repas comme on filmerait un repas entre amis avec un caméscope et il capture ainsi avec un naturel confondant des personnages qui deviennent à cet instant des gens profondément identifiables, humains, normaux et quotidiens en tout cas très loin d'être des pantins caricaturaux. C'est une évidence, car aussi énorme soit le trait, ces gens existent bel et bien.

La description des mécanismes de la haine par Boisset est brillante. Il y a une faculté à grossir le trait pour finalement dessiner les contours d'une société qui sera toujours plus sombre et plus extrême que la plus extrême des fictions. Le racisme ça commence toujours comme dans Dupont Lajoie par simplement des mots, des réflexions qu'on balance comme ça l'air de rien avec un petit côté humoristique et presque bon enfant. Boisset montre cela avec une grande intelligence puisque toutes les premières répliques racistes des personnages sont dites comme ça l'air de rien, presque le sourire aux lèvres, histoire de montrer à quel point elles sortent tout naturellement de la bouche des gens. Ainsi lors du repas au camping c'est encore sur un ton flirtant avec l'humour vache que Schumacher declare qu' "un allemand fait en deux heures ce que trente bicots ne sauraient pas faire en une journée", Boisset en plaçant ses mots dans la bouche de ce petit notable par ailleurs assez cultivé démontre aussi que le racisme ordinaire touche toutes les couches de notre société.

La qualité de la distribution n’est pas pour rien dans le succès du film, Carmet en tueur, Lanoux en va-t-en guerre, des acteurs généralement sympathiques interprètent à contre-emploi des personnages odieux. Marielle et Tornade sont tout aussi représentatifs d’une certaine France des années 1970. À noter l’apparition marquante d’Isabelle Huppert, dans le rôle de la victime du cafetier.(Source: Wikiafilm:Dupont_Lajoie )

 

08:49 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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