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08/07/2010

Jon Anza : pour la LDH, ''cette affaire ne sent pas bon''

La LDH a pointé jeudi son refus de voir de simples dysfonctionnements juridiques dans le cas de la disparition inexpliquée du militant basque, et soutient la pétition pour ''exiger de la clarté''.

A l'initiative d'une conférence de presse hier jeudi à son siège parisien, la Ligue des Droits de l'Homme a dénoncé "des dysfonctionnements pour le moins troublants" dans la chaîne d'évènements qui se sont enchainés depuis la disparition du militant basque Jon Anza, le 19 avril 2009 à Bayonne, à la découverte le 11 mars 2010, presqu'un an plus tard, du corps dans une morgue de Toulouse, où il fut considéré comme mort sous X durant 10 mois.

Souhaitant tout particulièrement être présent à cette réunion aux côtés des membres du comité de soutien à Jon Anza, le président de la LDH, Jean-Pierre Dubois, a exprimé ses doutes sur un "dossier sensible qui ne sent pas bon".

"Nous sommes devant une série impressionnante d'éléments qui permettent d'être certain que ni les services de police, ni les services judiciaires n'ont correctement fonctionné", a déclaré Jean-Pierre Dubois, président de la LDH, lors d'une conférence de presse.

Estimant que "lorsque certaines affaires concernent le Pays Basque, ou la Corse, apparemment la justice n'arrive pas à fonctionner correctement", il a affiché son soutien avec la pétition lancée hier pour la demande de vérité sur la disparition du militant d'ETA.

L'initiative des avocats de la famille Anza d'une demande de saisine de l'Inspection générale des services judiciaires, adressée le 17 juin à la Garde des sceaux Michèle Alliot-Marie, doit déboucher sur une réponse très attendue par la LDH, a précisé Jean-Pierre Dubois, "la LDH n'a pas oublié le montage politique de Tarnac", a-t-il rajouté.

Si les membres du comité de soutien n'ont pas dévoilé jeudi de nouveaux éléments troublants venant remettre en question l'actuelle version officielle, l'une de ses porte-paroles, Anaïs Fumosa, a déroulé le fil chronologique des évènements, et pointé la responsabilité des différents services de police et de justice.

Alors qu'il était établi que Jon Anza se rendait en train à Toulouse, aucun acte d'enquête n'a été réalisé à Toulouse, a-t-elle expliqué, et aucun hôpital toulousain ne retrouve la trace d'une saisine comme affirme pourtant la Procureur de Bayonne, Anne Kayanakis, chargée de l'enquête pour "disparition inquiétante".

Les avocats de la famille ont également fustigé jeudi une "enquête préliminaire totalement insuffisante", et rejoint le constat porté par la LDH.

"C'est curieux", a précisé Me Julien Brel, avocat de la famille Anza, "les policiers ont sollicité tous les hôpitaux, sauf ceux de Toulouse. En tout cas, ces réquisitions ne se trouvent pas dans le dossier. Le simple envoi de réquisitions au CHU de Toulouse aurait pu nous permettre de retrouver son corps dès le 20 mai 2009".

"Ce caractère répétitif de dysfonctionnements n'est pas acceptable. On ne peut pas nous empêcher de penser qu'il y a derrière une raison d'État", a martelé Anais Fumosas.

"Actuellement, le fonctionnement des services de police et de justice permet toutes les suppositions", a partagé M. Dubois.

pris chez www.eitb.com - 02/07/2010

 

Demande de saisine à la Garde des sceaux

Le président de la Ligue des droits de l'homme veut que « la lumière soit faite ».

 

« La Ligue des droits de l'homme n'a qu'un seul souci, que la lumière soit faite et que la vérité passe », déclare très fermement son président Jean-Pierre Dubois. Et pour montrer sa détermination à ce que cette « affaire qui ne sent pas bon » trouve rapidement une conclusion, il a tenu à être personnellement présent hier dans ses locaux parisiens auprès du collectif Jon Anza et des avocats de sa famille.

Aucun élément nouveau sur les circonstances de la mort du militant basque. Sinon la preuve d'une succession de dysfonctionnements policiers et judiciaires. « Ce caractère répétitif n'est pas acceptable. On ne peut pas s'empêcher de penser qu'il y a derrière une raison d'État », a expliqué lors d'une conférence de presse Me Xantiana Cachenaut. De même son confrère Me Julien Bel a précisé combien l'enquête préliminaire leur a laissé « un goût amer ».

Pourquoi en effet les réquisitions du procureur de la République de Bayonne se sont-elles arrêtées à Saint-Gaudens alors qu'il était évident que Jon Anza avait pris le 18 avril 2009 le train jusqu'à Toulouse où son corps a été retrouvé à la morgue dix mois plus tard ? Anaiz Funosas, membre du collectif Jon Anza, a fait un exposé limpide sur la chronologie de la disparition de leur ami et sur toutes les rumeurs liées aux circonstances de sa mort.

Il est désormais évident que Jon Anza n'avait pas été enterré comme le pensaient ses proches, mais est-on aussi sûr qu'il n'a pas été enlevé, séquestré et torturé par des gardes civils espagnols qui étaient à Toulouse à la même période et ont précipitamment plié bagage en oubliant leurs armes sous le matelas de leur chambre d'hôtel ?

Pétition lancée hier

« La LDH est très attentive aux suites données à cette affaire, elle n'a pas oublié le montage politique de Tarnac (groupe accusé d'avoir préparé des attentats contre le TGV) », précise Jean-Pierre Dubois. Et il répète haut et fort qu'il soutient la pétition lancée hier pour la demande de vérité sur la disparition du militant d'ETA et qu'il attend une réponse rapide à la demande de saisine de l'Inspection générale des services judiciaires adressée le 17 juin à la Garde des sceaux Michèle Alliot-Marie par la compagne, le frère et la sœur de Jon Anza.

« Le simple envoi de réquisitions au CHU de Toulouse aurait pu nous permettre de retrouver son corps dès le 20 mai 2009 », écrivent-ils en pointant les nombreuses défaillances de l'enquête.


pris sur www.sudouest.fr - 02/07/2010 - Régine Magné, Paris

17:51 | Lien permanent | Commentaires (1) |

21/03/2010

Interrogations sur la demande d'information au CHU de Toulouse

17/03/2010 lejpb logoslogan

Goizeder TABERNA

«Agé de 48 ans, s'exprimait en français avec un accent espagnol. Il était de forte corpulence (90 kg). Cheveux coupés courts, poivre et sel, yeux marron, il mesurait 1,70 cm et portait des lunettes à monture noire qu'il était obligé de porter en permanence. Le 29 mars, il portait un blouson en cuir noir, un pantalon de survêtement bleu marine et un T-shirt rayé», se sont les indications données par la police judiciaire de Toulouse pour retrouver la trace de Jon Anza, ce militant basque disparu depuis le 18 avril 2009, dont le corps a été retrouvé la semaine dernière à la morgue de l'hôpital Purpan de Toulouse.

Lancé hier, l'appel à témoin devrait permettre aux enquêteurs de reconstituer l'emploi du temps de Jon Anza du 18 au 29 avril, grande zone d'ombre de l'enquête dirigée par la procureure de Bayonne Anne Kayanakis. Cependant, ce dossier suscite de nombreuses autres interrogations.

L'une d'elle porte sur la transmission des demandes de renseignements entre les différents services qui mènent l'enquête et ceux de l'hôpital. A ce stade de l'investigation, il est tôt pour détecter avec exactitude les lacunes de la chaîne qui aurait dû permettre de retrouver Jon Anza et son corps entre le 29 avril, date à laquelle il entre au Centre hospitalier de Toulouse, et le 20 mai, date d'émission d'une demande de renseignements par les enquêteurs aux hôpitaux.

Absence d'enquête

Toutefois, les questions sont claires. Le Centre hospitalier de Toulouse affirme, certes, que trois signalements d'un corps non identifié avaient été émis, il dément en revanche avoir reçu une demande de renseignement sur la disparition de Jon Anza et, encore moins, d'avoir répondu par la négative. «Nous n'avons jamais répondu à une telle demande», insiste la directrice de la communication du CHU, Marie-Claude Sudre, «il faudrait surtout qu'on nous dise quand et à qui on a formulé la demande». Les responsables de l'hôpital disent avoir vérifié tous les courriers.

Un fax a été envoyé à l'hôpital par les personnes chargées de l'enquête le 20 mai, d'après le Parquet de Bayonne, et le 4 juin un appel téléphonique semble avoir été réalisé dans le but d'obtenir une réponse. La compagne de Jon Anza ayant, de son côté, déjà contacté ce centre en avril, le Parquet n'aurait pas cru bon de réitérer la demande.

Concernant les différents signalements émis par l'hôpital aussi bien au commissariat de police, au Parquet de Toulouse qu'à l'Office central chargé des disparitions inquiétantes, et qui n'ont pas été suivis d'effets, Anne Kayanakis, la procureure de Bayonne, est en «cours de récupération des informations». Dans l'édition d'hier de La Dépêche du Midi, on précisait : «le représentant du parquet qui l'a reçu affirme l'avoir transmis au commissariat central. Aucun pli de ce genre n'a cependant été enregistré à l'hôtel de police».

Plus l'enquête avance, plus l'inquiétude augmente au Pays Basque. Les questions sans réponse engendrent de la colère parmi ceux qui rendent le ministre de l'Intérieur espagnol, A.P. Rubalcaba, et la ministre de la Justice française, M. Alliot-Marie, responsables de la disparition de Jon Anza. Ainsi, pour dénoncer la situation des rassemblements auront lieu à midi au rond-point des Joncaux d'Hendaye, et en soirée à Saint-Jean-Pied-de-Port, Saint-Pée, Ascain, Bayonne, Bassussary, Mauléon, Hasparren, Bidart et Hendaye.

Actions contre la version non-officielle

«Les informations d'El Mundo sur le départ précipité d'une équipe d'agents appartenant à une cellule de renseignement de la garde civile pourraient constituer le premier élément tangible d'une implication espagnole», écrivait hier le journaliste de Libération en charge de ce dossier, Karl Laske. C'est précisément contre ce type d'hypothèse ou accusation que le ministre de l'Intérieur espagnol Alfredo Perez Rubalcaba va entreprendre des poursuites judiciaires, comme il l'a annoncé hier à la Radio nationale d'Espagne. Ces poursuites concernent les personnes qui ont «injurié et calomnié sans aucune preuve» les Forces de Sécurité espagnoles, les accusant de «barbaries» telles que la «torture ou l'enfouissement» de Jon Anza. Ces déclarations sont survenues à la suite d'une manifestation qui a eu lieu dimanche à Donostia, dans lequel les participants ont scandé : «Rubalcaba assassin !». «Tant sa mort que la dissimulation du cadavre découlent d'une décision politique», a dénoncé le porte-parole local du mouvement pro-amnistie. Bien qu'elle reste prudente, la procureure de Bayonne n'a toujours pas écarté la version qui va dans ce sens, soutenue par ETA dans son communiqué du 19 mai 2009.

16:09 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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