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20/03/2013

"La France orange mécanique", le lobby sécuritaire et la lepénisation des esprits

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l'article complet chez Laurent Mucchielli

07:14 | Lien permanent | Commentaires (0) |

25/02/2013

PANTHÉISME, NÉOPAGANISME ET ANTICHRISTIANISME DANS L’ÉCOLOGIE RADICALE

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par Stephane Francois à lire sur FTP

Pour aller plus loin :

- 2 exemples de déclinaison sur le thème "ethnocide" sur des sites/blogs identitaires

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- Extrait d'un article de soutien à Thierry Sallantin à lire sur BAN PUBLIC

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07:53 | Lien permanent | Commentaires (0) |

19/12/2012

Laurent Ozon souhaite une année 2013 « plus meurtrière encore » aux journalistes

ozon,survivalisme,courant identitaire,néo-païen, amateur de solstice

(la photo ne fait pas partie de l'article original)

 

Aujourd'hui animateur du mouvement Maison commune, après avoir claqué la porte du FN en août 2011, parti dont il a été un membre éphémère de son bureau politique,  Laurent Ozon adresse, en ces termes, ses vœux aux journalistes pour 2013 par l'intermédiaire de sa page Facebook et de son compte twitter.

"L'AFP soulignait ce matin que '2012 est l'année la plus meurtrière pour les journalistes depuis les années 90' avec 88 journalistes tués dans le monde. Un chiffre qui devrait faire réfléchir cette profession.

J'écrivais ce matin, sur mon compte Twitter et sans rire qu'un journaliste de France Info, était, en terme de pouvoir de colonisation, l'équivalent de 50 000 algériens revanchards. C'est un minimum.

Les médias jouent, de fait, un rôle de pouvoir de plus en plus évident et de plus en plus massif pour des intérêts en crise mais qui sont responsables, à l'évidence, de souffrances sans nom.

Il faut le dire clairement, le rôle des journalistes est aujourd'hui d'appuyer une logique de domination qui produit des souffrances et des morts par millions. Ils ne doivent pas s'étonner de se retrouver exposés. Parce qu'ils sont devenus les soldats d'un système d'oppression, ils en récolteront le fruit.

Je prédis que l'année 2013 sera, pour les journalistes mercenaires, plus meurtrière encore et ce sera justice."

Pour situer M. Ozon, voilà ce que nous écriviions l'an passé dans le post intitulé "Le malentendu Laurent Ozon":

Laurent Ozon est "écologiste", mais  dans sa version néo-droitière. Il appartient par ailleurs  au courant identitaire de l'extrême droite (qui dépasse le seul Bloc identitaire) dont le projet politique, ethno-culturel, repose sur le triptyque sur  "langue, sol et sang". Il est localiste, néo-païen, amateur de solstice.

Aujourd'hui, Laurent Ozon fait des conférences sur le "communautarisme blanc européen".

Le 23 juillet 2011, au lendemain des attentats d'Oslo, il avait écrit sur son compte Twitter : "Expliquer le drame d'Oslo : explosion de l'immigration : [multipliée par six]entre 1970 et 2009." Et encore, "Expliquer le drame d'Oslo : de 1970 à 2009, X58[multiplication par cinquante-huit du nombre d'] immigrés d'origine afro-orientale (...).Vers la guerre civile ?"

 

via http://droites-extremes.blog.lemonde.fr - 19/12/12

12:21 | Lien permanent | Commentaires (0) |

14/12/2012

Bruno Tellenne, l'humoriste à droite de la droite...

 

Basile de Koch : l'épingleur épinglé

Le frère de Karl Zéro et ancien nègre de Charles Pasqua attend son procès en appel dans l'affaire des emplois fictifs de l'Essonne. Bruno Tellenne emprunte à Oscar Wilde sa devise : « Tout ce qui vous arrive vous ressemble. » Et quand ce qui lui arrive ne lui ressemble pas, il tente d'y ressembler malgré tout. Pour doubler ses chances de tomber juste, il s'est dédoublé lui-même. Bruno Tellenne, alias « Basile de Koch », aplanit ses paradoxes en s'arrimant à un édifice savamment construit.

Regrettant de ne pouvoir être un « honnête homme du XVIIe siècle », il a choisi de jouer les virus « de ce stupide XXe siècle ». Mais l'anticorps ne fonctionne plus. Dans une boîte de nuit de l'Etoile, Basile de Koch a réuni les fidèles de son groupe d'édition satirique Jalons, spécialiste des pastiches de journaux et des manifestations absurdes, comme celle qui a été organisée en 1985 contre le froid, au métro Glacière. Il s'apprête à célébrer le lancement de son nouvel ouvrage, « Le manifeste foutiste » (1), qui dévoile le « vrai secret du bonheur », décliné en une cinquantaine de commandements. Une foule de cravatés hystériques attend l'entrée en scène de son prince. C'est un héros à triste figure, suant, les yeux clos, qui entreprend, en claudiquant sur un tendon d'Achille sectionné, l'ascension de l'estrade. La stature est imposante, la posture vacille, débraillée, le discours flanche. « Il est déprimé, angoissé, il n'a plus la niaque », confie son épouse et associée, Frigide Barjot.

Depuis ce 14 décembre au tribunal correctionnel d'Evry, qui le condamne à six mois de prison ferme et à plus de 800 000 francs d'amende pour avoir bénéficié d'un emploi fictif au conseil général de l'Essonne, de Koch masque difficilement Tellenne. Xavier Dugoin avoue deux collaborateurs virtuels : Xavière Tiberi et Bruno Tellenne. L'une échappe au jugement, l'autre plonge. « La prison, je ne supporterai pas. Quand on n'a pas voulu faire son service militaire, quand on déteste les ascenseurs, quand on a même arrêté le métro de peur qu'il ne s'arrête tout seul entre deux stations, on n'envisage pas d'un coeur léger d'aller en taule. » Inconcevable, en effet, pour celui qui a érigé, depuis l'enfance, l'insubordination en credo, au point de « se rouler par terre pour ne pas avoir à subir l'embrigadement des scouts ». Il se veut insoumis. Et a pourtant passé plus de quinze ans dans l'ombre des autres. La fonction lui colle à la peau. Nègre. Dix ans à écrire les discours de Pasqua, après ceux de Michel Poniatowski, Raymond Barre, Simone Veil. Mais, s'il a prêté sa plume, il dit n'avoir jamais dérogé à ses convictions.

Refusant d'être un simple pion sur l'échiquier partisan, ce diplômé de droit et de sciences politiques, fils brillant d'un ancien inspecteur des Affaires culturelles auprès de Malraux, a rejeté tous les mandats qui s'offraient à lui. Pour leur préférer le petit royaume de Jalons, où, « président autoproclamé à vie », il est seul maître à bord. « L'esprit public n'est pas capable d'entendre ce que j'ai à dire au premier degré », plastronne-t-il. Alors il choisit le vocabulaire codé de la parodie. Au risque de se heurter, à nouveau, aux écueils de la contradiction. Comme quand il prépare un pastiche du Figaro Magazine en collaboration avec SOS-Racisme, et qu'il officie, simultanément, au ministère de l'Intérieur pour Pasqua. Ou quand il réalise une satire de Voici, en continuant à remplir la chronique « Nightclubbing » de l'hebdomadaire People. « C'est excitant de naviguer au plus près, de voir jusqu'où on peut aller trop loin dans l'apparent paradoxe. »

Le discours politique de Jalons se perd dans un fumeux « tous pareils ». L'appartenance du maître, elle, est indubitable. Bruno Tellenne est de droite. « Mais au niveau philosophique, nuance-t-il. Parce que la pensée rousseauiste, matrice de toutes les utopies de gauche, qui conçoit l'homme comme un bon sauvage corrompu par la société, est radicalement incompatible avec l'ontologie chrétienne fondée sur le péché originel. » Ce fervent catholique, pupille des jésuites du collège Franklin et assidu à la messe dominicale - « celle de 19 heures, parce que le réveil est difficile » -, s'affirme donc de « non gauche ». Au point d'avoir participé aux écrits du Club de l'horloge, pour des personnages comme Yvan Blot et Jean-Yves Le Gallou, alors membres de la droite « civilisée », et partis, depuis, vers l'extrême. Ajouté à l'estampille du Pasqua de l'époque Malik Oussekine et aux affinités non électives des années Assas, ce cheminement vaut à Bruno Tellenne toute l'attention de ceux qu'il appelle les « chasseurs de nazis ». Un ancien de Jalons raconte une soirée du groupe où « les deux filles Le Pen se fendaient la pêche ». Tellenne se défend : « Je n'ai jamais souhaité leur présence. C'était un coup bas. » Lorsque les accusations se font publiques, il attaque. Quand Dechavanne lui attribue une participation à la revue du FNJ Béret Baguette, Tellenne obtient en référé la diffusion immédiate d'un démenti. Il engage une procédure contre L'Evénement du jeudi, qui le qualifiait, en 1995, d'ancien membre d'une association étudiante d'extrême droite. La Cour de cassation a considéré que l'imputation était diffamatoire.

« J'ai toujours eu à souffrir du sectarisme des gens de gauche. » Quand le petit frère, Marc, alias « Karl Zéro », lance « Le vrai journal », il s'adjoint les services de Bruno, pour animer l'improbable « revue de presse de la semaine prochaine ». Surtout pour l'aider à préparer ses interviews poli- tiques. Car le bon élève, c'est Bruno. Le seul des quatre frères de cette famille bourgeoise du 7e arrondissement à avoir obéi à « l'amicale pression » du père, normalien et agrégé de lettres, qui le pousse à s'inscrire en hypokhâgne. Mais les reporters de l'agence Capa, imposés par la direction de Canal, s'insurgent contre cet intrus du bord adverse. Jusqu'à mettre en demeure l'animateur de se débarrasser du frangin. « Quand j'ai un emploi fictif, ils ne sont pas contents, et quand j'en ai un vrai, ils me l'enlèvent ! » Sans rancune pour Karl Zéro, qui n'y est pour rien. D'ailleurs, depuis la mort du père, ils ont promis à « Maman Bonheur », écrivain, qui les suit dans toutes leurs activités, de rester proches. Dans la future version papier du « Vrai journal », Karl avait un temps envisagé de confier à Bruno le cahier « pas sérieux ». Finalement, la collaboration ne se fera pas. Mais c'est l'intention qui compte : « Comme je suis de droite, je suis réduit aux pignolades. » Une de plus qui se serait fondue dans un CV que Bruno-Basile a voulu à son image. A 42 ans, il s'enorgueillit de pouvoir afficher « exempté du service national pour myopie choroïdosale, aboyeur au restaurant de l'hôtel Commodore, prof d'histoire à l'Ecole centrale d'électronique, située... rue de la Lune ! ». Les parodies de Jalons - Le monstre, Laberration, Le cafard acharné - côtoient un titre de responsable ès pages « Idées » du Quotidien de Paris et l'adaptation française de la comédie musicale « My Fair Lady ». Mais aujourd'hui, hormis sa rubrique dans Voici et quelques piges pour Psychologies, il a choisi de se concentrer sur Jalons.

Son plus beau rôle res-te la coéducation à temps plein du « nain », comme il désigne son fils, Bastien, 2 ans. De son passé politique il garde de bonnes relations. Sa meilleure amie est la chef de cabinet de Pasqua. L'ancien patron demande toujours des nouvelles du trublion. Mais il n'a pas apprécié qu'à la barre Bruno ironise : « Après dix années au service de Charles Pasqua, j'étais en surnombre. Avec ses fonctions, l'entourage de Pasqua s'était démultiplié. Des plumes... il en avait absolument partout, si j'ose dire. » La boutade n'était pas non plus du goût de la présidente du tribunal. Pour le procès en appel, les avocats lui conseillent d'adopter profil bas. Ça tombe bien : il n'a plus envie de rire.

Par Lisa Vaturi

 

piqué au tas sur lepoint.fr - 21/04/2000

Les juges dénichent deux salariés insolites chez Xavier Dugoin . Basile de Koch et un vice-président des Hauts-de-Seine, proches de Pasqua, ont été employés par le patron de l'Essonne.

La liste des personnalités du RPR salariées par le cabinet de Xavier

Dugoin, le président du conseil général de l'Essonne, s'allonge. Les juges Chantal Solaro et Dominique Pauthe, lors d'une perquisition effectuée au conseil général de l'Essonne, ont découvert deux nouveaux contrats de travail qui ont vivement retenu leur attention. Sans doute parce qu'ils concernent deux proches de Charles Pasqua, président RPR du conseil général des Hauts-de-Seine. Les deux magistrats enquêtaient à Evry sur des salaires présumés fictifs au bénéfice de Xavière Tiberi, épouse du maire de Paris, et de la propre épouse de Xavier Dugoin, employée par son mari sous son nom de jeune fille, Marie-Aline Hugot. Selon le Parisien, qui révélait ce nouvel épisode de la saga Dugoin dans son édition de samedi, ces contrats entraient dans le cadre des «emplois de cabinet» et ne dépendaient, tout comme les précédents, que du président. La première convention concerne Bruno Tellenne, plus connu sous son pseudonyme Basile de Koch. Frère de l'animateur Karl Zéro, Bruno Tellenne est directeur d'une société d'édition de journaux satiriques. Il fut aussi, pendant plusieurs années, le «nègre» de l'ancien ministre de l'Intérieur, Charles Pasqua, dont il rédigeait les discours. La perquisition effectuée à Evry aura permis de découvrir qu'il ne sera pas resté longtemps au chômage.

Fin 1992, Tellenne quitte Pasqua. Rupture non conflictuelle puisque ce serait l'ancien ministre lui-même qui aurait demandé à Dugoin de récupérer Tellenne. De décembre 1992 à juin 1995, pour 20 000 francs par mois, Bruno Tellenne affirme avoir rédigé les allocutions du patron RPR de l'Essonne. «J'ai écrit les discours de Dugoin après ceux de Pasqua», explique-t-il. Et d'ajouter: «Le niveau intellectuel a un peu baissé, c'est tout!» Pas à une perfidie près, le frère de Karl Zéro précise: «Dans mon cas, cela n'a rien d'un salaire fictif...» Comme Xavière Tiberi, le plumitif ne mettait pas les pieds à Evry, se contentant d'envoyer par fax, trois à quatre fois par mois, le fruit de ses travaux.

Bruno Tellenne, comme d'autres proches du patron de l'Essonne, avait fréquenté, avant le RPR, une droite plus musclée. Un membre du cabinet de Dugoin s'était même étonné, en arrivant à Evry, de retrouver tant «d'anciens» des syndicats étudiants d'extrême droite. Certains avaient gardé l'esprit potache. L'un des «nègres» du président raconte qu'il avait l'habitude de glisser dans les discours de son boss des citations d'Hitler ou de Staline. L'orateur n'y aurait vu que du feu.

L'autre salarié surprise est tout aussi étonnant. Xavier Dugoin avait embauché à ses côtés rien moins que le deuxième vice-président RPR du conseil général des Hauts-de-Seine. Alain Aubert effectuait, paraît-il, une mission de «conseiller politique». On ne connaît ni le montant de ses émoluments ni la teneur de ses conseils.

Rien ne prouve pour l'heure que l'emploi de ces deux personnes entraîne de nouvelles actions judiciaires. L'épouse du maire de Paris, elle, a été mise en examen pour «recel de détournements de fonds publics». Xavière Tiberi aura enfin l'occasion de connaître Evry. Elle doit y être entendue jeudi par le juge Dominique Pauthe.

Par PIVOIS Marc

piqué au tas sur libé.fr - 16/12/1996

20:04 | Lien permanent | Commentaires (0) |

07/06/2012

La correspondante du figaro et de France 24 en Grèce soutient ouvertement les néo-nazis

Dans l'émission C dans l'air, la correspondante de France 24 et du Figaro en Grèce soutient les néo nazis d'Aube Dorée . Pour elle, les ratonnades ont permis de  "nettoyer" les quartiers athéniens, et les squats d'immigrés. Pour elle les ratonnades sont du "travail social". Quant au salut bras tendu d'Aube dorée, ce n'est qu'un sympathique 'salut grec'.

Ces propos n'ont pas suscité de réaction chez le Figaro ni chez France 24 qui continuent à travailler avec Alexia Kefalas.

Cette journaliste bourgeoise, puante dans ses propos, nous montre que la fascisme est souvent la planche de salut du capitalisme qui coule....

via al-montpellier

Le « chantage grec » s’invite au comptoir d’Yves Calvi

par Frédéric Lemaire, le 5 juin 2012

 

Le plateau de l’émission « C dans l’air » diffusée sur France 5 a parfois des airs de vieux bistrot, avec ses habitués – toujours les mêmes –, son taulier affable et plein de bon sens, et ses sempiternelles discussions de café du commerce. L’émission du 22 mai 2012, « Europe, la crise dope les extrêmes », le confirme : dans le rôle des piliers, on retrouve notamment Roland Cayrol, ex-sondeur chez CSA, directeur de recherche au Centre de recherches politiques de Sciences-po (34 participations à l’émission depuis mai 2011), Pascal Perrineau, directeur du Centre de recherches politiques de Sciences-po (26 participations à son palmarès depuis mai 2011) et un petit jeune plein d’avenir, Jérôme Fourquet, ex-diplômé de Sciences-po, sondeur chez IFOP (seulement huit émissions depuis mai 2011) [1].

Invitée pour témoigner de la situation en Grèce, Alexia Kefalas n’est pas tout à fait une habituée du plateau de « C dans l’air », avec (seulement) quatre émissions depuis mai 2011. Mais son CV joue pour elle : correspondante multicarte pour France 2, France 24, Courrier international, TV5 Monde, et journaliste au Figaro ainsi que pour le « quotidien de référence » grec (dixit Calvi), Kathimerini (un journal historiquement conservateur et proche du parti de centre-droit « nouvelle démocratie » [2]), elle fait office de parfaite « représentante » grecque. Le plateau est bouclé : place au débat.

Les connaisseurs de « C dans l’air » le savent : Yves Calvi n’est pas seulement le garant de l’authentique pluralisme de son émission ; c’est aussi un expert dans l’art de poser des problématiques avec finesse : « Partout en Europe, la crise fait monter les partis populistes et extrémistes ; en France, ils viennent de remporter un tiers des suffrages au premier tour de l’élection présidentielles, au Pays-Bas l’extrême-droite provoque des élections anticipées, en Grèce, la gauche de la gauche est en tête des sondages et dans le Pas-de-Calais, le choc entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon aura donc bien lieu. Nous avons donc intitulé cette émission "Europe, la crise dope les extrêmes". »

la suite sur acrimed


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22/04/2012

Le Printemps de la Nouvelle Droite... à combattre !

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"On est la Nouvelle Droite" Gilbert Collard - 22/04/2012 sur France 2

20:30 | Lien permanent | Commentaires (0) |

19/03/2012

Les Identitaires veulent créer deux types de Français

 

Samedi 10 mars se sont déroulées les « Assises de l’identité » durant lesquelles les Identitaires ont repris une proposition avancée par le GRECE: scinder citoyenneté et nationalité.

Environ 500 personnes ont assisté à ces Assises organisées à Paris par une nouvelle association, propulsée par le Bloc identitaire, baptisée Nationalité, citoyenneté, identité (NCI). Les Identitaires et leurs orateurs invités se sont employés tout au long de la journée à pourfendre immigration et islam, perçus comme la source de tous les maux de notre société.

Catherine Blein, organisatrice de la journée et présidente de NCI, outre son rejet du droit de vote des étrangers, a ainsi proposé que les notions de citoyenneté et de nationalité soient scindées. Une idée qu’Alain de Benoist avançait déjà en son temps dans le Manifeste du GRECE. Catherine Blein la reprend en la modifiant dans un sens identitaire :

Les notions de nationalité et de citoyenneté doivent être considérées de façon distincte. La nationalité doit relever de l’appartenance identitaire et de la filiation, la citoyenneté relevant exclusivement de l’appartenance administrative, c’est à dire les Français de papiers. On pourrait être citoyen français, régit par la République française, sans pour autant être de nationalité française.

Une distinction que Mme Blein a fait valoir, à titre d’exemple, pour les Mahorais, les Martiniquais, les Guadeloupéens, mais également les Algériens ou Ivoiriens, qui pourraient être, à ses yeux, citoyens français, sans être Français. Le tout pour accorder à ces derniers « une prééminence réelle de statuts de droits et d’avantages propres sur les simples citoyens ». Bref, avec d’autres mots, de créer deux catégories de Français, dont l’une, supérieure à l’autre, serait héréditaire. Le tout accompagné d’un rejet équivoque des territoires ultramarins, justifié par un ethno-différentialisme affirmé. Une vision qui n’est pas isolée à l’extrême droite. Il n’est pas inintéressant de mettre en parallèle ces propos et ceux de l’ancien gréciste et patron de l’association politico-culturelle Terre et peuple, Pierre Vial. Celui-ci déclarait, il y a une dizaine d’année, dans son livre Une Terre, un peuple (1):

Les DOM-TOM ont une population qui n’est pas, dans son immense majorité, d’origine européenne. C’est pourquoi j’aurai toujours plus de choses en commun avec un Russe, un Irlandais, un Italien ou un Serbe qu’avec un Martiniquais ou un Guadeloupéen, même si ces derniers possèdent la même carte d’identité que moi. Il faut en tirer la conclusion logique si l’on se place dans notre perspective qui est « Une terre, un peuple ». C’est-à-dire exclure ces territoires du cadre européen, pour leur donner un cadre institutionnel spécifique, d’association avec l’Europe sous forme d’accords mutuels où chacun puisse trouver son compte.

De l’ethnodifférentialisme au racialisme, il n’y a qu’un pas, franchi samedi par l’invité vedette des Assises, Jared Taylor, présenté comme « l’homme le plus dangereux des Etats-Unis ». Dans un français parfait, celui-ci a pourfendu « le culte de la diversité », s’excusant d’avoir à employer le mot « race », couramment utilisé dans son pays. Celui qui explique sur le site Internet de sa revueAmerican renaissance, que « le progrès exige l’étude de tous les aspects de la race, que ce soit historique, culturel, ou biologique. Cette approche est connue sous le nom de race realism » a mené une violente charge contre certaines communautés face « aux américains de souche ». Les accusant, rien de moins, que de retard scolaire, culturel, d’avoir provoqué le dépeuplement de villes telles que Détroit…

Un discours conclu sur un appel à l’union des populations blanches à travers le monde: « Ce n’est pas seulement la France qui est en danger: quand vous luttez pour la France, quand vous luttez pour l’Europe, vous luttez aussi pour les enfants de l’Europe qui habitent outre-mer, comme moi, comme les camarades au Canada. Nous sommes tous des compagnons d’armes. »

A côté de lui, Fabrice Robert, président du Bloc identitaire, a tenu un discours presque modéré. Moins idéologique et plus politique, il a pris publiquement acte de la consultation interne de son parti, qui a décidé de n’apporter aucun soutien officiel pour l’élection présidentielle. M. Robert semble mettre de côté pour l’instant la démarche électoraliste: il a ainsi estimé  que « c’est le travail sur les idées associé à de l’action spectaculaire qui caractérisent les Identitaires ». Le président du Bloc a sans les nommer, pris ses distances avec Philippe Vardon et la section niçoise des Identitaires, Nissa Rebella. Ces derniers ont décidé d’apporter, à la différence du Bloc, leur soutien à Marine Le Pen pour la présidentielle et avait conclu une alliance  aux cantonales de mars 2010 avec Jacques Peyrat, le tout béni par le FN: « L’apéro saucisson-pinard a plus fait pour populariser nos idées auprès du grand public que l’élection de quelques conseillers généraux d’opposition », a ainsi tranché Fabrice Robert.

Julien Licourt

(1) Pierre Vial et Olivier Chalmel, Une Terre, un peuple, Ed. Terre et peuple, Paris, 2000, p. 134.

 

via Préférence nationale

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08/03/2012

Un “Freak” aux Assises identitaires

Par Stéphane François

Les Assises de l’identité auront lieu le 10 mars 2012 sur le thème de la France en danger. Parmi les invités, une personne sort du lot : Jean-Paul Bourre. Il devait y participer, mais a annulé sa participation, en soutien avec l’ostracisme de Philippe Vardon, ce dernier étant en désaccord avec les nouvelles orientations du Bloc identitaire à l’origine de la manifestation. Jean-Paul Bourre est un personnage intéressant. Il s’agit d’une figure atypique de l’extrême droite : il est tout à la fois un occultiste, un ancien « blouson noir », un acteur des contre-cultures, un journaliste rock, un animateur radio, un écrivain (poète, essayiste et romancier) et un compagnon de route de l’extrême droite de très longue date. Cet étrange personnage est surtout connu auprès du grand public pour être le biographe du chanteur américain Michaël Jackson auquel il a consacré, en 1997, un essai, Michael Jackson. Fabrication d’un monstre1. De fait, il est un journaliste musical réputé qui a consacré des biographies à David Bowie, Bob Dylan, John Lennon, etc.2. Retour sur un personnage iconoclaste.

Dès le début des années 1970, il s’engagea dans le combat occidentaliste. Il fut ainsi présenté dans la presse d’extrême droite comme le « barde des arvernes » chantant les louanges de la civilisation blanche. En effet, il défendait dans ses chansons l’Occident, les traditions européennes, notamment nordiques, et prônait une pensée prométhéenne et anti-égalitaire3. À la fin de cette décennie, changeant de registre, il se présenta comme un mage luciférien. Il écrivit d’ailleurs plusieurs ouvrages sur ce sujet, le plus connu étant Les sectes lucifériennes aujourd’hui4. Il développait dans ce texte une vision inégalitaire du monde. Il définissait aussi la magie comme une quête de puissance : « Le luciféranisme n’est pas cette magie diabolique à laquelle les Églises opposent sans cesse le principe du Bien. Ce fut une science authentique de la reconquête des pouvoirs perdus, un véritable savoir permettant à l’homme de transgresser les lois du temps afin de devenir l’‘‘égal des dieux’’.

Selon l’enseignement luciférien, toute forme est divinité. Certaines ont chuté, ce qui explique la nature morcelée de l’homme qui ne se souvient plus de ses origines. Il existe pourtant un enseignement destiné à réveiller la mémoire humaine pour lui rappeler sa nature glorieuse. Cette science fut dite ‘‘luciférienne’’ parce que ses propagateurs s’incarnèrent, selon la tradition kabbalistique, pour apporter le ‘‘feu’’ du Savoir aux hommes. Ils furent les ‘‘porteurs de lumière’’ (conformément à l’étymologie latine du mot ‘‘Lucifer’’, formé de lux : lumière, et de ferre : porter). […] En cela, Lucifer est vu comme un dieu civilisateur, même si, comme pour le Zarathoustra de Nietzsche, sa bonté paraît terrible aux yeux des hommes qui expliquent le monde à partir de valeurs différentes. La science luciférienne remonte à la nuit des temps, elle existait avant même que n’apparaissent les notions de Bien et de Mal […]5 ». Cette vision prométhéiste et nietzschéenne, si elle choquait l’extrême droite catholique, était en parfaite résonnance avec les discours néopaïens inégalitaires et prométhéistes de la Nouvelle Droite, voire avec l’éloge de la puissance de certains milieux révolutionnaires-conservateurs comme Guillaume Faye. De fait, Jean-Paul Bourre souhaitait, à cette époque, réhabiliter le paganisme, dans sa forme magique.

Dans les années 1980, Jean-Paul Bourre devint un journaliste, à la fois dans le magazine musical Rock and Folk et dans le magazine consacré à l’occultisme L’Autre Monde, dont il assuma la fonction de rédacteur en chef. Durant cette même décennie, il retourna dans le giron du christianisme, tendance catholique-traditionaliste. Ainsi, il publia en 1989 un ouvrage à la thématique ouvertement contre-révolutionnaire, Les Chouans et la Guerre sainte6, dont le titre de couverture est légèrement différent : Les Chouans, au nom du Christ-Roi. Il renia aussi ses livres de la période luciférienne, en particulier Le Sang, la mort et le diable7, des livres qu’il renie toujours d’ailleurs. En outre, il fit le pèlerinage de Chartres : « Je me suis inscrit pour le pèlerinage traditionaliste de Chartres organisé par “Chrétienté Solidarité”, l’un des bras militants du Front national. Je m’en foutais. Je voulais des moines tonsurés et des prêtres en soutane. J’ai cousu un cœur chouan sur la manche de ma chemise bleue, sac au dos, et nous partons de N.-D. de Paris jusqu’à N.-D. de Chartres, plus de cent bornes, à pied, rythmées par les chants et les prières.8 » Il défendit aussi, au propre, les chrétiens libanais en allant rejoindre en 1989 le général Aoun : « Je voulais en être, surtout ne pas manquer ça. […] Et puis l’on m’avait dit que certains miliciens des Forces libanaises avaient collé l’image de la Sainte Vierge sur la crosse de leur kalach, Notre Dame du Liban, pure douce, prompte au pardon.9 » Il retranscrivit son expérience au travers d’un livre-hommage à Michel Aoun, Génération Aoun, vivre libre au Liban10. En 1996, il proposait, dans un article publié dans le magazine identitaire-racialiste Réfléchir & Agir, la création d’un nouvel ordre templier11

À ce sujet, un ouvrage proposant une thématique similaire était annoncé en 1990 : Saint Bernard de Clairvaux. La France chrétienne et combattante. Toutefois, il resta un chrétien fort peu orthodoxe : il souhaitait tenir compte des apports du paganisme, en particulier du celtisme et de la tradition indo-européenne, dans le christianisme12 car il était convaincu du rôle déterminant des « celto-nordiques », c’est-à-dire des Indo-Européens, dans l’élaboration de la Bible : il publia plusieurs ouvrages sur cette thématique comme Les Celtes dans la Bible13 ou La Quête du Graal (sous-titre : Du paganisme indo-européen à la chevalerie chrétienne14). Dans Les Celtes dans la Bible, il postule l’idée selon laquelle les Indo-Européens, et plus particulièrement les Celtes, sont à l’origine de la Bible : « Qui oserait reconnaître, aujourd’hui, l’importance des Celtes, dans la révélation du livre sacrée ? … Il lui faudrait d’abord vaincre 2 000 ans de tabous, d’obscurantisme, et retrouver la piste ancienne, effacée, reniée et finalement oubliée par les hommes. Pourtant, l’histoire des civilisations prouve la présence des Celtes, sur les terre de la Bible, 3 000 ans avant J.-C., derrière tous les grands faits bibliques, les extases, les fulgurances, dans le brasier du Sinaï –et tous ces noms, qui apparaissent sur la carte, dans les déserts rouge d’Égypte et de Palestine, lieux saints, villes fortifiées, ou camps nomades, tous d’origine sanskrite, indo-européenne.15 »

En fait, il défendait (défend ?) une conception celtisante/nordiciste du christianisme positif, qui fait du Christ un Indo-Européen (une idée que nous retrouvions chez Jean Mabire et les auteurs folkistes/identitaires français), influencée par les thèses völkisch, comme le montre ses textes. Comme beaucoup d’ésotérisme d’extrême droite, il soutenait l’origine nordique de la « Tradition primordiale »16, à l’instar d’un Evola – qu’il cite d’ailleurs17, et fait une analogie entre le Christ et Odin ; la référence à l’Herborée y est omniprésente : il fait de Noé un Hyperboréen18. De fait, il s’inscrivait alors dans une longue tradition d’auteurs et/ou d’occultistes d’extrême droite qui soutinrent la très raciste théorie d’un Christ « aryen »19. Ces thèses postulent l’idée selon laquelle le Christ, Galiléen, descendrait de l’un des « Peuples de la mer » qui auraient dévasté la Méditerranée aux XIIIe et XIIe siècles avant notre ère, les Hyksos aux origines indo-européennes. Ce type de discours est un héritage direct de la culture ésotérico-raciste völkisch du début du XXe siècle. Cette thématique a, entre autre, été développée par l’écrivain d’extrême droite Jean Mabire, dans Thulé. Le soleil retrouvé des Hyperboréens20, dont Bourre cita les thèses21. Ce dernier reprit aussi les thèses d’un auteur fort apprécié de l’extrême droite, l’Allemand Jürgen Spanuth, qui fit des « Peuples de la mer » des descendants d’Atlantes.

Se considérant toujours comme un compagnon de route du nationalisme, il participa, durant la décennie 1990, aux publications d’extrême droite, faisant paraître plusieurs livres chez deux éditeurs importants de cette nébuleuse, Dualpha et Pardès. Il écrivit, entre autre, des articles dans la revue révolutionnaire-conservatrice Dualpha dirigée par Philippe Randa et a publié/réédité plusieurs ouvrages aux éditions du même nom, fondée par le même Randa, dont Les Chouans et la Guerre sainte et Les Lansquenets, un combat pour l’empire22, et aux éditions associées Déterna, une étude sur le Graal et l’Ordre noire23, un thème très classique dans une certaine littérature de l’extrême droite plus ou moins néonazie24. De fait, Déterna est spécialisée dans la réédition de textes nazis ou néonazis : cette maison édite, ou a édité, en effet, des nazis comme Otto Skorzeny25, Alfred Rosenberg26, Joseph Goebbels27 ou Adolf Hitler28, des collaborateurs comme Marcel Déat29, des antisémites conspirationnistes comme Coston30 ou des militants néonazis, des partisans du « socialisme européen » cher à Déat comme Jean Mabire31… Bourre publia aussi aux Éditions Pardès, un éditeur « traditionaliste-révolutionnaire », c’est-à-dire de la mouvance contre-révolutionnaire et ésotérisante de l’extrême droite32, deux ouvrages qui renouèrent avec ses thématiques des années 1970 : le « B.A.-BA » de l’Envoûtement et, dans la même collection, le « B.A.-BA » du Satanisme33. Toutefois, il s’éloigna de l’extrême droite durant une courte période de cette décennie. Pour concrétiser cette évolution, il publia un livre intitulé Les Profanateurs34, qui laissa un goût amer à ses anciens amis. D’ailleurs, il traita les néo-droitiers de « clowns du cirque Pauwels »35. Vu comme un opportuniste cupide, il se fit de profondes inimitiés dans la mouvance radicale de droite, en particulier chez les nationalistes-révolutionnaires.

Animateur à la radio FM Ici et Maintenant depuis 1982, il invita au début des années 1990 des gudards à participer à son émission, afin qu’ils puissent expliquer l’engagement de certains de leurs camarades auprès des nationalistes croates lors de la première guerre de Yougoslavie. Des anciens gudards revinrent sur cette émission : « Pendant près de trois heures, les quatre gudards présents peuvent discuter librement avec les auditeurs. Ce manque de censure faillit coûter sa place à l’animateur et un juge d’instruction chercha désespérément à savoir qui se cachait derrière les prénoms des intervenants, sûrement pour les féliciter.36 » À la suite de cette émission, il partit lui aussi dans ce pays, et tira de cette expérience, de nouveau, un récit : Croatia37. « Partir en Croatie, écrivait-il, où la guerre vient d’éclater, écrire un livre là-bas, même sans contrat, sans éditeur. M’approcher de ces sources ténébreuses qui me hantent et font de l’ombre dans les moments de bonheur – lourdes inclinaisons, venues sans doute de la lointaine enfance, ou d’une autre vie.38 »

C’est sur cette même radio qu’il développa sa vision de l’immigration, qui est très proche de celle d’un Jean Raspail et de son camp des saints39 ou du Guillaume Faye de la Colonisation de l’Europe40 : une immigration-invasion qui va bouleverser le socle ethnique et civilisationnel de l’Europe. Ce sont ces positions, tenues à l’antenne de son émission radio le 27 octobre 2011, qui provoquèrent la suspension de son émission par le CSA le 24 janvier 2012 : il y parla du « génocide des Français de souche ». D’ailleurs, on retrouva sa signature dans Réfléchir & Agir, un magazine peu connu pour ses propos modérés sur l’immigration, le racisme ou l’antisémitisme41. Ainsi, cette revue affirmait en 2003 que « L’Europe doit choisir sa destinée. Elle doit affirmer clairement à quel héritage elle souhaite être rattachée : soit l’héritage judéo-chrétien dont elle crève aujourd’hui, soit l’héritage indo-européen païen qui lui redonnerait le goût de la volonté de puissance… »42. Comme Réfléchir & Agir, il considère que le paganisme enraciné, défenseur des particularismes, est une arme contre les ravages de la mondialisation. En ce sens, il très proche des positions identitaires et des partisans du « Choc des civilisations » et de la guerre ethnique.

En effet, les différents groupuscules identitaires refusent le métissage, vu comme un ethnocide, et l’immigration, perçue comme une colonisation de l’Europe, avec des slogans explicites comme « pas de kärcher, mais des charters ». Ils refusent aussi l’« ethnomasochisme », c’est-à-dire une culpabilisation permanente des peuples européens vis-à-vis de l’immigration non européenne, et une xénophilie naïve. Néanmoins, leurs principales cibles restent l’islam et l’islamisme. En outre, ces groupuscules défendent une sorte de « socialisme ethniciste », qui peut se résumer de la façon suivante : aider « les nôtres », au sens racial de l’expression, avant « les autres », c’est-à-dire les étrangers. Cette peur du mélange ethnique, se retrouve au niveau géopolitique. Outre le fait que ce courant est favorable à des États fédéralistes, faisant la part belle aux régionalismes enracinés, et qui s’inséreraient dans une Europe des nations, les Identitaires défendent l’idée d’une Europe ethniquement homogène. Fort logiquement, la mouvance identitaire refuse la mondialisation, destructrice d’identité. À l’instar des dernières sorties de Jean-Paul Bourre, les associations identitaires qui l’invitent le 10 mars ont fait leur cheval de bataille la préservation des Européens, au sens ethnique du terme, et des identités historiques et charnelles (local, national, civilisationnel).

À coté de ces centres d’intérêts, Jean-Paul Bourre s’est aussi beaucoup intéressé dans les années 1990 aux aspects virtuels de la contre-culture. Mais de la part d’un occultiste, cela n’est guère étonnant. Ainsi, il s’est passionné pour un jeu en ligne Warcraft43. Plus récemment, il s’est passionné pour un jeu en ligne, Skyrim, à l’imaginaire ouvertement nordiciste. Dans un livre intitulé Génération chaos, il livre certains des aspects qui l’intéressent dans le monde des contre-cultures : « […] aujourd’hui une certaine culture rock – black metal, rock gothic – rassemble tous les radicalismes… du rebelle européen, passionné par Braveheart, au mutant extra-planétaire surgi de Blade Runner. […] Eux proposent de changer le monde immédiatement, sans attendre44 ». En effet, il ne faut pas oublier que Jean-Paul Bourre vient des contre-cultures, notamment rock et beatnik et non de l’extrême droite45. Ces références contre-culturelles sont rares à l’extrême droite. En fait, nous ne les trouvons que chez Guillaume Faye, avec qui il partage un goût immodéré pour les contre-cultures et qui est lui aussi un défenseur des valeurs occidentales. Comme Bourre, Faye a un profil atypique46. Ainsi, ce dernier fait l’éloge dans L’Archéofuturisme de la « mentalité européenne » faustienne qui se manifesterait dans « […] la cathédrale de Reims, l’escalier à triple révolution du château de Chambord, les dessins de Vinci, les BD de Liberatore et de l’école bruxelloise, ou du design des Ferrari ou les réacteurs germano-franco-suédois d’Ariane 5 »47. Comme Bourre, Guillaume Faye a laissé une impression des plus mitigées dans les milieux d’extrême droite, mais pour des raisons différentes.

Jean-Paul Bourre est un personnage entier, complexe, qui défend toujours les jusqu’au-boutistes, les plus radicaux, en l’occurrence identitaires. Il cherche donc toujours à transformer le monde, comme il l’avait exposé dans sa définition du luciféranisme, mais cette fois-ci au travers de la promotion de la « civilisation blanche »… De fait, il se mit à défendre une vision identitaire de l’Europe, et surtout une conception suprémaciste de la civilisation européenne. En ce sens, il est tout à fait logique qu’il soit invité à participer à ces Assises, initiées par le Bloc Identitaire (bloc dans lequel nous retrouvons plusieurs amateurs de contre-culture), mais par rapport aux autres invités, il dénote.

Notes

1 Jean-Paul Bourre, Michael Jackson, fabrication d’un monstre, Paris, Les Belles Lettres, 1997.

2 Jean-Paul Bourre, John Lennon, le Beatles assassiné, Paris, Encre, 1983 ; David Bowie, Paris, Encre, 1984 ; Bob Dylan. Vivre à plein, Paris, Le Cerf, 1986 ; Mythes et légendes du rock, Paris, Bartillat, 2000 ; Sexe, drogue et rock’n’roll, Paris, Scali, 2007.

3 Cf. « Le barde des Arvernes », Eléments, n°12, septembre novembre 1975, p. 21.

4 Jean-Paul Bourre, Les Sectes lucifériennes aujourd’hui, Paris, Belfond, 1978.

5 Ibid., pp. 9-10.

6 Jean-Paul Bourre, Les Chouans et la Guerre sainte, Paris, H. Veyrier, 1989.

7 Jean-Paul Bourre, Le Sang, la mort et le diable, Paris, Veyrier, 1985.

8 Jean-Paul Bourre, Guerrier du rêve, Paris, Les Belles Lettres, 2003, p. 303.

9 Ibid., pp. 320-321.

10 Jean-Paul Bourre, Génération Aoun, vivre libre au Liban, Paris, Robert Laffont, 1990.

11 Jean-Paul Bourre, « Pour un nouvel Ordre templier », Réfléchir & Agir, n° 1, 1996.

12 Jean-Paul Bourre, Chartres. Le guide du pèlerin, Paris, Guy Trédaniel, 1990.

13 Jean-Paul Bourre, Les Celtes dans la Bible, Paris, Robert Laffont, « Les énigmes de l’univers », 1990.

14 Jean-Paul Bourre, La Quête du Graal. Du paganisme indo-européen à la chevalerie chrétienne, Paris, Dervy, 1993.

15 Jean-Paul Bourre, Les Celtes dans la Bible, op. cit., pp.11-12.

16 Sur cette thématique, cf. notre livre La Nouvelle Droite et la « Tradition », Milan, Archè, 2011, ainsi que nos article « La Nouvelle Droite et les Indo-Européens. Une anthropologie d’extrême droite », Terrain, n° 56, mars 2011, pp. 137-151 et « Au-delà des vents du Nord », 2011, http://tempspresents.wordpress.com/2011/04/25/stephane-francois-nordicisme/.

17 Jean-Paul Bourre, Les Celtes dans la Bible, op. cit., pp. 71, 80 et 86.

18 Ibid., p. 64 et suivantes.

19 Voir en particulier le chapitre intitulé « À la cour du Christ polaire », Les Celtes dans la Bible, op. cit., pp. 177-203.

20 Jean Mabire, Thulé. Le soleil retrouvé des Hyperboréens, Paris, Robert Laffont, « Les énigmes de l’univers », 1978.

21 Jean-Paul Bourre, Les Celtes dans la Bible, op. cit., pp. 111 et 165.

22 Jean-Pierre Bourre, Les Chouans et la Guerre sainte, Paris, Dualpha, 1999 et Les Lansquenets, un combat pour l’empire, Paris, Dualpha, 1999.

23 Jean-Paul Bourre, Le Graal et l’Ordre noire, Paris, Déterna, 1999.

24 Stéphane François, Le Nazisme revisité. L’occultisme contre l’histoire, Paris, Berg International, 2008.

25 Otto Skorzeny, Les Commandos du Reich, Paris, Déterna, 2002.

26 Alfred Rosenberg, Le Mythe du XXe siècle, Paris, Déterna, 2005.

27 Joseph Goebbels, Combat pour Berlin, Paris, Déterna, 2006.

28 Adolf Hitler, Ma doctrine, Paris, Déterna, 2011 ; Derniers libres propos suivi du Petit livre brun, Paris, Déterna, 2010.

29 Marcel Déat, Le Parti unique, Paris, Déterna, 2008.

30 Henry Coston, La Franc-maçonnerie sous la IIIe République, Paris, Déterna, 1998.

31 Jean Mabire, La Torche et le glaive, Paris, Déterna, 1999.

32 Pardès est l’éditeur qui a traduit et publié en français les textes politiques et racialistes de l’ésotériste d’extrême droite Julius Evola.

33 Jean-Paul Bourre, Envoûtement, Puiseaux, Pardès, 2000, et Satanisme, Puiseaux, Pardès, 2000.

34 Jean-Paul Bourre, Les Profanateurs. La nébuleuse de tous les périls. Nouvelle Droite, Skinheads, néonazis, Paris, Le Comptoir, 1997.

35 Jean-Paul Bourre, Guerrier du rêve, op. cit., p. 301.

36 Frédéric Chatillon, Thomas Lagane & Jack Marchal (1995), Les Rats maudits. Histoire des étudiants nationalistes 1965-1995, Paris, Édition des Monts d’Arrée, 1995, p. 130.

37 Jean-Paul Bourre, Croatia. Récit, Éditions de la Magrie/Les Nuées volantes, 1994.

38 Jean-Paul Bourre, Guerrier du rêve, op. cit., p. 337.

39 Jean Raspail, Le Camp des saints, Paris, Robert Laffont, 1973.

40 Guillaume Faye, La Colonisation de l’Europe. Discours vrai sur l’immigration et l’Islam, Paris, L’Æncre, 2000.

41 Voir par exemple le dossier « Nos origines raciales », Réfléchir & agir, n° 14, printemps 2003, en particulier, « La question raciale à l’orée du XXe siècle », pp. 30-32 et dans le même numéro, XXX, « Amaudruz-Plantin : les Soljenitsyne du soviétisme occidental », p. 4 ; Camille Galic, « Les racines de notre Europe ? Européennes ! », Réfléchir & Agir, n°15, automne 2011, pp. 12-13.

42 Le CREA, « Sommes-nous des fils de Thulé ou des fils de Jérusalem ?», Réfléchir & Agir, n° 15, été 2003, p. 16.

43 Jean-Paul Bourre, Le Monde de Warcraft. Ma vie au milieu de 9 millions d’accros, Paris, Scali, 2007.

44 Jean-Paul Bourre, Génération chaos, Paris, Les Belles Lettres, 1998, p. 31

45 Cf. ses textes autobiographiques Jean-Paul Bourre, Guerrier du rêve, op. cit. ; Quand j’étais blouson noir, Paris, Scali, 2007.

46 Guillaume Faye a été journaliste à l’Écho des Savanes, le Figaro Magazine, VSD, chargé de cours à l’université, animateur sur des radios libres comme Bourre (La voix du lézard), puis sera Skyman sur Skyrock. Il a aussi participé à Télématin sur France 2,

47 Guillaume Faye, L’Archéofuturisme, Paris, L’Æncre, 1998, p. 31.

 

via Fragment sur les Temps Présent

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06/03/2012

Tarnac... Un " Parti communiste combattant" en France ?


... Or, si jusqu'à présent, en France, on n'avait pas de groupe déterminé à plonger durablement dans la lutte clandestine, si le "vivier" se limitait à quelques centaines d'individus (à comparer avec les cent mille sympathisants du Parti armé italien), l'étendue des personnes arrêtées récemment (Action directe, fin mars 1980; autonomes, auteurs du hold-up La Fayette le 30 mai) oblige à constater des évolutions inquiétantes. On trouve, en effet, dans ces militants tous les divers éléments constitutifs d'un vivier du type italien, par exemple :

- des jeunes bourgeois de bonne famille, décidés à "trahir leur classe";
- des jeunes marginaux mélangeant actes politiques et le "droit commun", pour lesquels il n'y a pas de différence de nature entre ces deux types d'actes.

Témoigne de cet état d'esprit cet extrait d'une brochure intitulée "Insurrection", diffusée sous le manteau il y a quelques mois à Paris et se réclamant de l'autonomie : "Nos actions ont toujours eu une finalité sociale. Les expropriations (nous considérons comme un hold-up la réappropriation de ce que, durant toute une vie, les escrocs légaux nous volent) étaient faites pour assurer notre autonomie : achat de matériel, propagande, aide aux luttes autonomes et aux compagnons en prison, etc.";

- de jeunes immigrés de la seconde génération (dont le déracinement et le ballotage entre deux communautés pose des problèmes dans de nombreuses cités péri-urbaines) (1);
- des "loubards" de banlieue, jusqu'à présent peu sensibles à la politique;
- de ces jeunes ballotés entre le chômage et la condition de "hors-status", travailleurs précaires, intérimaires, "au noir", vacataires, contractuels, etc; dont le nombre augmente sans cesse (en 1978, 22% des inscriptions à l'A.N.P.E. sont des fins de contrats à durée déterminée; 28% en 1979. En 1969, il y avait 850 entreprises de travail intérimaire; il y en a, en 1977, 3 000, réalisant un chiffre d'affaires global de huit milliards de francs (2);
- d'authentiques "Brigadistes", italiens, comme en fait foi la rafle de Toulon, fin mars dernier, qui a permis d'établir les liens existants entre des militants de l'"aire autonome" française et des P.C.C. au-delà des Alpes;
- enfin - last but not least - de plusieurs jeunes femmes laissées orphelines par le féminisme : on sait le rôle de l'élément féminin, notamment en Allemagne dans la Fraction Armée Rouge.

Xavier Raufer
1-21 juillet 1980 Mensuel Est & Ouest - N° 642 - page 27-28

L'exemplaire d'Est & Ouest d'où est tiré cet extrait peut être consulté sur le site de Xavier Raufer (alias Christian de Bongain), militant d'Occident, marchand de peur faisant ses choux gras avec ses analyses, bien connu dans les milieux de la Nouvelle droite en continuelle recherche d'unification. On y reconnait la main, habile, d'un des promoteurs les plus farouche de l'anticommunisme. Tu noteras qu'une brochure, la bien nommée "Insurrection" tombe (déjà) à point. Son "complice", Alain Bauer, aurait-il remis le couvert ?

 

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20/11/2011

Les liens belges de «Réfléchir & Agir »

Connue pour son positionnement pur et dur, « Réfléchir & Agir », une publication française confidentielle, bénéficie du soutien de divers leaders d’extrême droite, mais aussi de personnalités moins marquées politiquement.
En Belgique, « Réfléchir & Agir » est liée à plusieurs activistes néofascistes, dont un député fédéral du Front national de Daniel Féret.
Récemment, une interview de Jacques Martin, le père d’Alix, fut publiée dans les colonnes de ce « canard noir ».
Portrait.

C’est en octobre 1993 que sort le premier numéro de « Réfléchir & Agir » . Son style, sa qualité rédactionnelle et sa mise en page sont alors amateurs. Apparue au sein de la mouvance skinhead nationaliste, cette publication française est totalement marginale à l’époque.

Localisés d’abord dans la région parisienne (aujourd’hui sa rédaction est située à Toulouse), ses premiers initiateurs sont idéologiquement proches du Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne (GRECE, la structure phare de la « Nouvelle Droite » intellectuelle). « Réfléchir & Agir » veut armer intellectuellement les jeunes activistes de l’extrême droite. Elle ambitionne même de former une nouvelle « élite nationaliste » et se revendique comme étant une « revue autonome de désintoxication idéologique ». Sa ligne politique est « ouvertement européenne, païenne, identitaire, socialiste et anti-capitaliste ». Tout un programme !

Opérations d’« entrisme »
Comme le GRECE dans les années 1970, elle préconise des opérations d’« entrisme » au sein des grosses structures d’ultradroite afin de les influencer de l’intérieur. C’est dans ce cadre que « Réfléchir & Agir » va apporter un soutien stratégique [maintenant on dirait soutien critique] au Front national de Jean-Marie Le Pen. Un des membres de sa rédaction va même faire partie de la direction d’une section régionale des jeunesses du FN et être élu sur les listes de ce dernier en 1998, aux élections régionales.

Malgré son souhait d’être une revue au service de la cause nationaliste, « Réfléchir & Agir » reste isolée au sein même de l’extrême droite. Elle n’est jamais arrivée à se hisser au sommet de la direction du « mouvement national » et son influence y est nulle. En 1998, seule une cinquantaine de militants apportait un soutien à ce journal qui tirait alors entre 300 et 1000 exemplaires, selon les sources. Son développement a notamment été freiné par les dissensions successives survenues au sein de son noyau dirigeant. La composition de son comité de rédaction se modifie constamment, suite à des départs pour cause de conflits idéologiques.

Concurrencée par d’autres structures, rédactionnelles ou organisationnelles notamment, elle a multiplié les adversaires au cœur même de la galaxie néofasciste. Les portes de grands rassemblements de « sa famille politique » lui ont souvent été fermées. La revue est par exemple totalement ignorée par le FN lepéniste et les ‘’Identitaires’’, le principal mouvement radical en France.

Cependant, elle bénéficie de relations fraternelles avec l’association racialiste « Terre & Peuple » de Pierre Vial (un ancien des directions du GRECE et du FN). Il faut aussi constater que malgré son impact confidentiel, « Réfléchir & Agir » arrive à attirer des plumes réputées de l’extrême droite. La publication est également capable, quelquefois, de bénéficier d’interviews de la part de personnalités venant d’autres bords, voire carrément étrangers à l’extrême droite radicale pure et dure. Mais ces cas restent rares.

Au service de l’ultradroite plurielle
La plupart des noms de personnalités apparaissant dans « Réfléchir & Agir » ont un lien direct avec la droite extrémiste, même si, de prime abord, il est parfois difficile pour le néophyte de le déterminer.

C’est le cas de Jean Parvulesco, un intellectuel d’origine roumaine proche de l’Organisation armée secrète (OAS, extrême droite terroriste pro-Algérie française) dans les années 1960 et éminence grise de la « Nouvelle Droite ». Un entretien de Parvulesco fut publié en été dernier dans « Réfléchir & Agir ». Dans le même numéro, on pouvait lire une interview d’un des experts les plus connus en matière de terrorisme, Xavier Raufer, par ailleur activiste dans les années 1970 de diverses organisations d’extrême droite (1). Michel Mohrt, de l’Académie française fut longuement interviewé dans le numéro daté de l’automne 2004, ainsi que l’écrivain et ancien officier de renseignements Vladimir Volkoff (1933-2005), dans le numéro de l’hiver 2002.

A part ces quelques alibis semblant être « pluralistes », mais toujours situés à droite de l’échiquier idéologique, la revue « Réfléchir & Agir » publie des articles et des entretiens d’intellectuels ou de dirigeants clairement labélisés à l’extrême droite. Quelques cas : l’avocat Eric Delcroix (un partisan de la liberté pour les négateurs du génocide des Juifs), l’écrivain Jean Mabire (spécialiste de la SS et conférencier habituel de Terre & Peuple), Emmanuel Ratier (l’héritier idéologico-méthodologique de l’antisémite Henry Coston), Konk (un dessinateur néofasciste, notamment en Belgique pour le Vlaams Belang), Jean Haudry (un universitaire racialiste fanatique des Indo-européens), Michel Lajoy (un activiste néonazi emprisonné suite à un attentat avorté contre des étrangers), feu « ADG » (un membre de la direction de l’hebdomadaire « Rivarol »), Robert Dun (un ancien de la SS française devenu ensuite une référence pour les jeunes générations néonazies), Alain de Benoist (le patron indéboulonable du GRECE), Guillaume Faye (un dissident du GRECE et l’actuel théoricien de la « guerre raciale »), Pierre Vial (le chef de l’association Terre & Peuple »)…

Le retour d’Olivier Mathieu
Au printemps dernier, « Réfléchir & Agir » avait encore proposé à son maigre lectorat un entretien avec un certain Gaston-Armand Amaudruz, meneur en Suisse du mouvement néonazi local, que la justice de son pays condamna en 2000 pour négationnisme et antisémitisme. Auparavant, Gaston-Armand Amaudruz avait dirigé le Nouvel ordre européen (NOE), un réseau néonazi actif sur l’ensemble du continent et soutenu par feu Léon Degrelle, le « big boss » de Rex, le parti fasciste belge des années 1930.

L’un des responsables actuels de « Réfléchir & Agir », Pierre Gillieth, est quant à lui un ancien collaborateur de diverses redactions d’extrême droite : de « Rivarol », de son supplément « Ecrits de Paris », de « Terre & Peuple – Le magazine » (édité par l’association du même nom), de « Montségur »... Pierre Gillieth est par ailleurs le dirigeant de « Auda Isarn ». Editions toulonaises directement liées à « Réfléchir & Agir », elles ont publié, cette année, un roman d’Olivier Mathieu.

Ce sinistre personnage n’est pas un inconnu, ni en France ni en Belgique. Olivier Mathieu, néonazi français spécialisé dans la négation des crimes de la dictature nazie, s’était exilé, suite à diverses provocations commises outre-Quiévrain, au début des années 1990 en Belgique.


Sur cette photographie exclusive de RésistanceS : stand néonazi tenu à la Foire internationale du livre de Bruxelles, en mars 1989, notamment par Olivier Mathieu (au centre) et Patrick Cocriamont (à droite), actuel député du FN belge (voir plus bas) © Photo : Manuel ABRAMOWICZ – RésistanceS.

Sympathisants belges
En Belgique, « Réfléchir & Agir » fut diffusée dans certaines librairies de la capitale, au milieu des années 1990, par Robert Steuckers, le principal animateur de la « Nouvelle Droite belge » et ancien dirigeant du GRECE dans notre pays jusqu’à son conflit avec la direction parisienne de ce groupement.

Aujourd’hui, ils ne sont qu’une poignée de Belges à soutenir « Réfléchir & Agir ». Parmi eux, se trouve Patrick Cocriamont. Sur le site Internet de ce député fédéral du Front national belge et membre de la bannière wallonne de Terre & Peuple, un lien hypertexte renvoie directement au site de « Réfléchir & Agir » (2).

Dans les années 1980-90, Patrick Cocriamont a fait partie de la direction du Parti des forces nouvelles (PFN), un groupuscule néonazi. C’est le PFN qui accueillit alors dans son exil bruxellois le négationniste Olivier Mathieu, aujourd’hui édité par un des « cadre » de « Réfléchir & Agir » (revoir plus haut dans notre article). Ce monde-là est décidément très petit. Il prouve en tout les cas les liens persistants du Front national belge avec la tendance la plus extrémiste du mouvement dit « national ».

Le père d’Alix interviewé par « Réfléchir & Agir »
Sur le site Internet de « Réfléchir & Agir », figure une page intitulée « Notre clan ». Sur celle-ci est listé l’ensemble des contacts ou des structures pour lesquels le magazine néofasciste exprime sa sympathie. Deux « contacts belges » s’y retrouvent : « Le Bulletin célinien » (mensuel consacré à la mémoire et à l’actualité de l’écrivain antisémite Céline) et l’association « Europa » (la branche belge du réseau Synergies européennes, co-dirigé par Robert Steuckers).

Récemment, c’est une brillante référence de notre monde culturel qui démontra ses liens avec « Réfléchir & Agir ». La revue néofasciste publia dans son n° 21, daté de l’automne 2005, un entretien avec Jacques Martin, le créateur d’Alix, un de nos héros de bandes dessinés. Comme quoi, le cordon sanitaire isolant l’extrême droite sur le plan politique n’est pas respecté par tout le monde…

Alexandre VICK

Notes :
(1) Pour un portrait détaillé du CV militant à l’extrême droite de Xavier Raufer, voir : « Enquêtes sur l’extrême droite » de René Monzat (Le Monde-Editions, Paris, 1992) pages 281 et 282.
(2) Les autres liens français figurant sur le site Internet du député fédéral du Front national Patrick Cocriamont sont ceux de l’association Terre & Peuple, de celui du « docteur Merlin » (un chanteur d’extrême droite païen lié déjà dans les années 80 au Parti des forces nouvelles, dont est issu Cocriamont), de l’hebdomdaire pro-négationniste « Rivarol », de la lettre d’information de délation « Faits & Documents », de radio Courtoisie et du dessinateur Konk.


© RésistanceS – www.resistances.be - Bruxelles – Belgique –15 décembre 2005.

 

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