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03/03/2012

Face au Front National, acceptons le défi du politique

via Fragments sur les Temps Présents

Extraits :

Depuis 30 ans, chaque changement de majorité a vu nos législations sur l’immigration changer. Le FN est un parti sans député, comptant très peu de militants, mais qui pèse avec constance sur les décisions de nos gouvernants. Il faut sortir du schéma de la société industrielle où l’importance d’un parti se comptait par rapport à son nombre de parlementaires, de militants. Or, cette stratégie s’est avérée un suicide pour les droites : quand elles avalisent les positions FN elles légitiment le transfert de ses voix vers lui et en retour l’électorat de gauche se mobilise.

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Pour les militants politiques qui veulent faire reculer le FN, il faut affronter leurs responsabilités et non adopter des postures. Pour la droite, cela signifie ne pas dissoudre l’échec du libéralisme dans une alliance soit idéologique soit partisane avec l’extrême droite où le discriminant ethno-culturel viendrait sauver le marché (la même politique + la préférence nationale). Pour les socialistes et les écologistes, il leur faut admettre l’attachement des Français à des cadres unifiés avec une fonction sociale de l’État et non se satisfaire d’une société atomisée où la régulation étatique ne toucherait que les « exclus », les « sans ». Quant à la gauche antilibérale, elle a le devoir de restaurer sa propre fonction tribunicienne en s’unifiant électoralement. Elle doit porter cette contestation du peuple français. Sachant que le FN a pu allier ensemble poujadistes et néonazis n’ayant rien de commun, on ne connaît pas de raison sérieuse interdisant la même opération à gauche de la gauche, permettant la même pression législative sur la question sociale que celle que le FN a obtenue sur la question migratoire depuis 30 ans.
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Faisons un détour par notre histoire récente quant à un tout autre groupe politique, le Parti communiste français. Le PCF a abandonné, en 1976, la dictature du prolétariat comme but. Mais s’il représentait un quart des voix, ce n’était pas au nom de cette utopie, mais parce que là aussi les électeurs en usaient comme d’un vote de lobbying, cette fois non quant au thème de la « préférence nationale » mais quant à celui de la « justice sociale ». Or quelle a été la politique menée à l’encontre du PCF ? On a fait de révolutionnaires rouges des pléthores de conseillers municipaux. Ils ont géré leurs villes avec leurs problèmes de voirie, d’écoles, etc. Ils ont pensé à leur réélection. On a complètement digéré cette contestation par la normalisation.

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Propos de Nicolas Lebourg recueillis par Gabriel Gérard

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02/10/2011

Sur un fascisme imaginaire : à propos d'un livre de Zeev Sternhell

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Julliard Jacques. Sur un fascisme imaginaire : à propos d'un livre de Zeev Sternhell. In: Annales. Économies, Sociétés,
Civilisations. 39e année, N. 4, 1984. pp. 849-861.
doi : 10.3406/ahess.1984.283100
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1984_num_39_4_283100

Extrait :

Voici un livre qui dès sa parution donné lieu un ample débat et des controverses passionnées : articles dans les quotidiens, les hebdomadaires, les mensuels, interviews, polémiques, procès même. Ce n'est pas un mince mérite : l'historiographie française aborde souvent les sujets d'histoire contemporaine avec tant de retenue et de timidité qu'il faut l'intervention d'historiens étrangers - Zeev Sternhell, excellent connaisseur de la France, est Israélien - pour que soient débloqués des problèmes considérés comme tabous. D' ores et déjà, on peut dire que sur la question du "fascisme la française", le livre de Zeev Sternhell, nourri d'innombrables lectures et d'une grande érudition, jouera le rôle de brise-glace tenu naguère par Robert Paxton à propos du vichysme. Rien d'étonnant, dans ces conditions, que le débat politique s'en soit emparé avant les historiens eux-mêmes : la généalogie du fascisme est un formidable thème polémique où chacun des camps s'efforce de rejeter sur l'autre sa part de responsabilité dans cette tératologie politique.


Au fait, qu'est-ce que le fascisme ? On n'entrera pas, que l'on se rassure, dans un débat qui remplit des rayons entiers de bibliothèque. Contentons-nous de remarquer que le mot connaît, dans usage courant, trois acceptions différentes, et qu'une des difficultés de son emploi est justement constituée par les confusions et empiétements permanents entre ces trois sens. Fascisme désigne d'abord (sens n°1) le régime mussolinien, tel il prévalu de 1922 à 1943. C'est alors un terme spécifique qui appartient en propre Italie contemporaine. Par extension, on s'est habitué à désigner (sens n°2) sous le terme générique de fascisme tous les régimes de nature analogue, surgis entre les deux guerres mondiales, sans que l'Italie mussolinienne fasse ici fonction archétype : ce serait plutôt le régime hitlérien (1933-1945) qui servirait de modèle - un modèle jamais égalé. Enfin (sens n°3) dans le langage politique courant, le mot fasciste est devenu une injure passe-partout, destinée disqualifier adversaire: un fasciste est un violent, le plus souvent raciste, hostile aux règles de la démocratie libérale. Il y a naturellement beaucoup de points communs à ces trois acceptions mais non recouvrement absolu: ainsi l'Italie fasciste s'abstint jusqu'en 1938 d'antisémitisme; une fois installé, le régime y fut plutôt moins sanglant que beaucoup de gouvernements contemporains, par exemple du tiers monde actuel, auxquels on hésiterait à accoler l'étiquette de fasciste, même en un sens polémique. Pour toutes ces raisons, et malgré qu'on en ait, le mot possède une charge émotionnelle très forte, avec pour arrière-plan les pires horreurs du nazisme. Lorsque Zeev Sternhell fait de Barrés ou de Sorel les ancêtres de l'idéologie fasciste en France, et pis, d'Emmanuel Meunier une sorte de compagnon de route des idéologues fascistes, il ne suggère évidemment pas que ces hommes ont une responsabilité, même indirecte, dans les chambres gaz; et pourtant, si le débat sur le sujet atteint d'emblée un tel degré de tension, c'est parce que, au-delà de la discussion scientifique, l'enjeu politico-éthique d'un pareil qualificatif est extrêmement lourd. Si, par hypothèse, Sternhell s'était contenté de décrire les tendances antidémocratiques et antilibérales qui se sont fait jour dans la pensée politique française, sans affirmer qu'elles constituaient la matrice d'une véritable idéologie fasciste, la nature du débat en eût été changé.

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27/09/2011

Les Sciences sociales au prisme de l’extrême droite. Enjeux et usages d’une récupération idéologique

Nicolas Lebourg (CRHiSM/Université de Perpignan-Via Domitia),
« La fonction productrice de l’histoire dans le renouvellement du fascisme à partir des
années 1960 », in Sylvain Crépon (SOPHIAPOL, Paris X) et Sébastien Mosbah-
Natanson (IRISES / Paris Dauphine et CIRST/UQAM) dir.,
Les Sciences sociales au prisme de l’extrême droite. Enjeux et usages d’une récupération
idéologique, L’Harmattan, collection Les Cahiers politiques de l’ IRISES / Paris
Dauphine (UMR 7170), Paris, 2008, pp.213-243.

http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/48/18/69/PDF/Nico...

Extraits :

Inventer l’histoire


« Inventer » c’est là l’acte du mystificateur, mais aussi celui de l’archéologue qui découvre un objet. Inventrice historiquement, la praxis néo-fasciste peut : a) se saisir de matériaux qui lui permettent de forger de toutes pièces une tradition historique valorisante ; b) s’immiscer dans les thématiques de mémoire de la société pour se positionner a contrario du lieu où la place l’histoire politique ; c) se découvrir ainsi une
nouvelle vision politique historique sans pour autant s’extraire de la problématique sociale mémorialiste.

...

Le renouvellement idéologique du fascisme par l’usage de l’histoire est donc autant affaire de culture, et de ses matériaux, que du politique, et de ses actions. La culture politique néo-fasciste est une culture rhizome, apte à se saisir d’éléments politologiques et historiques en diverses nations. L’utopie d’un horizon palingénésique et la représentation sphérique du temps, concepts-phares de la Révolution Conservatrice, sont présents : le fascisme doit renaître, en étant lui-même, car en étant différent de son
incarnation historique première. Nonobstant, au-delà de la réflexion sur le caractère cyclique du temps fasciste, ce rapport à l’histoire n’est pas sans éveiller l’écho d’une sentence de Benjamin : « l’histoire est l’objet d’une construction dont le lieu n’est pas le temps homogène et vide, mais le temps saturé d’‘àprésent’. Ainsi, pour Robespierre, la Rome antique était un passé chargé d’‘à-présent’ qu’il arrachait au continuum de l’histoire »51. Pour faire vivre leur culture politique, les néo-fascistes recherchent dans leurs
lectures historiques de quoi saturer leur temps communautaire d’‘à-présent’, refaisant jaillir Sparte ou la République de Salo aux marges de la société de consommation et à l’encontre du présentisme établi.
D’aucuns objecteront que philosophiquement et historiquement ces perspectives sont tendancieuses… Effectivement : le but des militants n’est pas de complaire à l’analyse académique, mais de mettre en place un système politico-culturel de rupture avec le paradigme libéral justifiant l’existence de leur courant et lui donnant sens.
Cette attitude ne se limite pas à l’ère post-1960. Déjà, Déat, Doriot ou Valois se légitiment en produisant un ensemble de signes où s’entremêlent éléments extra-nationaux et affirmation d’une tradition nationale spécifique, au cours plus long que celui des modèles italien ou allemand. Valois affirme tout à la fois que le fascisme trouve sa source chez les Jacobins, est idéologiquement entier dans la France de l’avant
1914, et que c’est l’expérience de la Grande guerre qui a fait des fascistes ce qu’ils sont... C’est-à-dire que, puisque le fascisme est empirisme, ses adeptes français sont résolument libres de composer leurs discours en puisant des signes selon leurs desiderata, dans un axe qui est plus celui d’une esthétique que d’un programme. Ainsi, sur les bases du « nationalisme des nationalistes », le fascisme français se produit, tout au long du XXè siècle, par cette hybridation de signes, globalement extra-nationaux, pouvant être puisés dans une offre culturelle connaissant une explosion depuis les années 1960.

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26/09/2011

Georges Valois [Alfred-Georges Gressent] ou l'illusion fasciste

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Guchet Yves. Georges Valois ou l'illusion fasciste. In: Revue française de science politique, 15e année, n°6, 1965. pp. 1111-1144.
doi : 10.3406/rfsp.1965.392901
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsp_0035-2950_1965_num_15_6_392901

 

doc pdf: Georges Valois ou l'illusion fasciste.pdf

 

Georges Valois est généralement représenté (par et sur les sites des amateurs de solstices) comme une personne ayant eu "une trajectoire des plus originale".

Outre le document pdf à consulter, voici un texte piqué au tas sur les cahiers du CESAT (http://www.cesat.terre.defense.gouv.fr/IMG/pdf/Cahiers_23.pdf) datant de mars 2011, permettant de préjuger du fait que Valois, résitant-déporté, reste dans l'air du temps chez nos penseurs-théoriciens de la contre-insurrection et autres marchands de peur.

Quelques extrais :

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Lecteur [Georges Valois] de Proudhon, Sorel et Nietzsche, il a été, de 1906 à 1924, le disciple de Maurras avec lequel il s’est ensuite brouillé, puis l’ami de Déat comme de Mendès-France. Au coeur de cette vie trépidante, une expérience centrale: la Grande Guerre et Verdun. Inutile de dire que Valois n’était pas homme à y faire de la figuration: il fut vite à la tête d’un de ces corps francs plus souvent aux avant-postes ou dans les lignes ennemies qu’au fond des abris. C’est donc un «officier de la guerre, dont l’éducation militaire s’est faite à la guerre, et dont l’esprit est libre de tout préjugé d’école», selon ses propres termes, qui publie début 1918 «Le cheval de Troie – Essai sur la philosophie et sur la conduite de la guerre». L’essentiel de l’ouvrage est écrit entre le printemps et l’automne 1917, soit à une période où l’armée française se remet peu à peu du désastre du Chemin des Dames et des mutineries qui l’ont suivi, et au moment où les Empires centraux accumulent les succès sur le front italien et sur le front russe.

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Aux origines de la guerre totale

L’expression «guerre totale» a été popularisée par Léon Daudet dans L’Action française du 11 mars 1916, puis dans un ouvrage paru en 1918 dont l’éditeur n’était autre que Valois. Daudet y définissait la guerre totale comme la mobilisation de tous les moyens civils au bénéfice de l’effort militaire et en imputait la paternité à la mégalomanie allemande. Valois n’est pas plus tendre avec l’Allemagne, qu’il appelle «l’ennemie du genre humain». Mais quelles qu’aient été les responsabilités immédiates de Berlin dans le déclenchement, puis la radicalisation du conflit, notre stratège-philosophe voit en la guerre totale l’aboutissement logique de tendances beaucoup plus anciennes, beaucoup plus profondes et beaucoup plus générales: «Rousseau et Kant sont aux origines philosophiques du système d’idées qui a entraîné l’Europe au service militaire obligatoire», lequel a débouché sur la Grande Guerre. Cette thèse avait déjà été soutenue par Maurras, mais Valois en donne une démonstration particulièrement convaincante.

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Le grand mérite du «Cheval de Troie» est de remonter au principe de ces fatalités, c’est-à-dire au lien intime entre l’idée nationale dans sa version révolutionnaire (Valois se réclamant évidemment d’une autre conception de la nation), l’armée de conscription et la guerre totale. À cet égard, les analyses valoisiennes confirment le célèbre chapitre premier de «Vom Kriege», dans lequel Clausewitz montre que la violence d’un conflit tend à être proportionnelle à l’implication de la population. Cette implication est maximale lorsqu’on adopte l’équation citoyen = soldat: plus rien ne peut alors arrêter la tuerie et l’emballement des passions, sinon la capitulation sans condition d’un des protagonistes. L’armée de métier, a contrario, est conçue pour mener des guerres limitées et dépassionnées, dans lesquelles l’action de combat se borne à préparer de futures négociations.

En ce sens, une lecture à rebours du «Cheval de Troie» aide à comprendre la grammaire des conflits dans lesquels sont aujourd’hui engagées les armées occidentales.

 

autre extrait d'un texte trouvé sur le net (cnt.ait.caen.free.fr) qui permet de répondre à quelques questions concernant l'entrisme récents dans les SEL ou AMAP :

Le plan de Nouvel âge

[NDLR : Epoque Republique Syndicaliste]

de Georges Valois, 17 février 1936

(extraits)

Un Nouvel âge :

La machine et l’énergie naturelle libèrent l’homme du travail.

L’Humanité est entrée dans un nouvel âge. Elle possède déjà l’équipement de cet âge nouveau. Elle n’en a encore ni le droit, ni les institutions. Ce que l’on appelle la crise n’est rien d’autre que la manifestation de la contradiction entre cet équipement nouveau et les vieilles institutions, qui rendent impossible la répartition des produits de la machinerie universelle.

A cette « crise », le vieux droit, les vieilles institutions ne peuvent apporter aucune solution. Parce que, littéralement, « le monde change de base ».

Le nouvel âge, c’est l’âge caractérisé par le fait que l’humanité a trouvé les moyens de capter l’énergie dans la nature inanimée.

C’est la révolution scientifique et technique la plus grande de toute l’histoire. Elle change tous les moyens d’action de l’homme. Elle l’oblige à changer la structure de toutes ses sociétés.

Aristote avait dit : « Si le ciseau et la navette pouvaient marcher seuls, l’esclavage ne serait plus nécessaire ». La prévision d’Aristote est réalisée. Non seulement l’esclavAGe n’est plus nécessaire. Mais le servage, le salariat devront disparaître. L’homme, obligatoirement cessera d’être un producteur, un travailleur. Il doit devenir inventeur, ingénieur, organisateur, distributeur - mais non travailleur.

Le problème posé à l’humanité désormais, c’est non pas comment contraindre l’homme à travailler, mais comment, par la machine et l’énergie prise à la nature, libérer l’homme du travail, et tirer de toute la machine une masse croissante de produits ?

Le problème est simple. Il est insoluble dans le régime économique et le régime juridique existants. Les machines et l’énergie sont des propriétés privées entre les mains des minorités qui ont cru augmenter leurs profits en les exploitant. Mais l’exploitation rationnelle des machines et de l’énergie a engendré en même temps le chômage des travailleurs et l’abondance des produits destinés à ces mêmes travailleurs dont la puissance d’achat totale baissait par le chômage.

D’où le fait universel que l’on appelle la crise. Fait connu et qui se reproduisait périodiquement depuis l’industrialisation. Mais jusqu’ici, les « crises » étaient annulées par de nouveaux emplois pour les travailleurs éliminés de telle ou telle industrie. Cette fois, l’annulation est impossible, la cadence du progrès est trop rapide, la puissance de production est trop grande. L’humanité est arrivée au moment où elle est obligée de distribuer des loisirs.

L’abondance et ses effets dans le régime actuel.

Nous ne décrirons pas ce que l’on appelle aujourd’hui « l’abondance ». Sur ce point, nous renvoyons aux ouvrages de Jacques Duboin et de Gustave Rodrigues en premier lieu. Nous n’en rappelons que les conclusions essentielles :

1 : Les possibilités de la production humaine sont aujourd’hui telles que, dès maintenant, elles dépassent les moyens de répartition, créant ce que les observateurs peu éclairés appelent la surproduction.

2 : Il n’y a pas surproduction lorsque les besoins humains ne sont pas satisfaits. Il y a une production qui dépasse les moyens d’achat. Les produits et animaux que l’on détruit depuis des années (café, sucre, blé, animaux de boucherie) ou que l’on stocke inutilement (tissus, cuirs, ect.) pourraient être consommés; mais ils ne peuvent être achetés.

3 : La disparition de cette possibilité d’achat vient du chômage causé lui-même par la substitution accélérée du travail mécanique au travail humain. Il y a augmentation croissante des produits et diminution constante des consommateurs possibles.

4 : Cette contradiction met tous les producteurs, agricoles et industriels, dans une situation sans issue, en effet :

a - s’ils utilisent à plein rendement tous les moyens de production, ils créent l’abondance, mais cette abondance n’étant pas vendable, le système actuel des prix s’effondre, la vente s’opère en solde au-dessous du prix de revient, et c’est la ruine.

b - s’ils réduisent leur production, s’ils mettent les machines au ralenti, ils ne peuvent plus amortir ni leurs investissements en matériel, ni leurs capitaux d’exploitation, et c’est la ruine.

Selon l’expression de Gustave Rodrigues, le régime actuel « produit de l’abondance et distribue de la misère ». Il y a discussion sur les solutions proposées. Que faire des chômeurs, des produits invendus ? On a proposé des artifices, réduction du temps de travail sans réduction des salaires, grands travaux (CGT), restauration du pouvoir d’achat des travailleurs et du profit de l’industrie par le « prix social », arbitrairement fixés corporativement (Comité du Plan).

Ces artifices, inventés pour ne pas détruire la structure du régime sont en réalité inapplicables dans une société capitaliste qui est obligée, par sa nature et son fonctionnement, d’une part, de réduire la somme de salaire incorporée dans tout travail, d’autre part de n’entreprendre que des travaux rentables.

L’économie distributive : ses objectifs.

La révolution à accomplir est celle qui fera passer l’humanité de l’économie échangiste à l’économie distributive. Il ne s’agit pas seulement du régime capitaliste lui-même, c’est le régime économique fondé depuis des millénaires sur l’échange entre individus qui est condamné par l’évolution scientifique, technique, économique et sociale.

Le socialisme échouerait s’il se bornait à un « changement de propriétaire », il ne s’agit plus de socialiser les moyens de production et « d’échange ». Nous avons à supprimer les organes d’échange et à créer les organismes de distribution.

Chaque homme, héritier du bien social, a droit aux produits des biens sociaux.

Toute la législation sortie de la Révolution française a été faite pour l’individualisme économique où chacun était libre de faire ce qu’il voulait de sa force de travail ou de ses capitaux. Cette législation est faite pour l’échangisme et la libre concurrence. Elle ne reconnaît de droit aux produits qu’à celui qui dispose d’un moyen d’échange, tiré du travail, des capitaux ou du revenu.

Le rôle historique de la législation révolutionnaire et napoléonienne a été de briser la structure de l’économie corporative, féodale, royale et chrétienne, qui était une économie à privilèges; où le droit de produire était concédé par le prince, limité par les corps professionnels, et soumis à une morale religieuse qui comprimait les appétits du consommateur.

Le droit économique proclamé par la Révolution, appelé par la révolution industrielle commençante agonise aujourd’hui dans les contradictions économiques analysées plus haut. Un nouveau mode de production le détruit. Ce nouveau mode de production appelle un nouveau droit

Ainsi l’analyse de la réalité nous permet de découvrir le fondement juridique de la nouvelle économie :

a) droit de la collectivité ou des collectivités à l’exploitation des moyens de production;

b) droit égal de tout individu à participer à la conduite de cette exploitation;

c) droit égal de tout individu à bénéficier des résultats de cette exploitation;

Ce qui nous conduit tout naturellement à la distribution gratuite des produits.


La nouvelle République

Ni technocratie, ni socialisme d’Etat, ni démocratie de producteurs, mais démocratie sociale de consommateurs par fédération de communes, puis de peuples, jusqu’à l’humanité organisée.

Il ne s’agit plus de socialiser les institutions de l’économie actuelle, d’un seul coup ou par étapes, il s’agit de créer une économie entièrement nouvelle. Il ne s’agit pas non plus de substituer progressivement ou d’un seul coup l’Etat-patron à la poussière de patron du capitalisme. Il s’agit de créer une démocratie sociale effective, directe, avec gestion à la base, comme l’exige le droit nouveau.

Contre tout étatisme.

Jusqu’ici la plupart des écoles socialistes ont été impuissantes à concevoir la réalisation pratique du socialisme sous une autre forme que celle de l’étatisation. Or l’étatisme est contraire à la conception fondamentale du socialisme qui voulait substituer justement l’administration des choses au gouvernement des hommes. L’étatisme aboutit à une répartition des choses par voie d’autorité et à travers un inévitable gouvernement des hommes. C’est très exactement ce que tout humanisme nous interdit de réaliser.

La solution pratique : la démocratie de consommateurs.

Il est simple de substituer l’Etat-patron et dictateur à tous les patrons du capitalisme. Il l’est beaucoup moins de trouver les nouvelles formes de la vie sociale.

L’erreur commise jusqu’ici par le socialisme non étatique, par le syndicalisme révolutionnaire, par les anarchistes et communistes libertaires a été de penser qu’il fallait réaliser la démocratie dans l’usine par l’élection directe des responsables par les travailleurs.

Une démocratie de producteurs, générale ou cellulaire, est impraticable pour une raison fondamentale, les nécessités de la production exigent à la direction l’unité de responsabilité;

Toutes les difficultés tombent à partir du moment où l’on conçoit la société socialiste comme une démocratie de consommateurs.

Cette démocratie de consommateurs qui sera beaucoup plus une démocratie sociale directe qu’une démocratie économique n’aura pas pour objectif de diminuer la production, de « résorber le chômage », de donner du travail aux hommes. Elle aura au contraire comme objectif d’augmenter indéfiniment la masse des produits consommables, d’accroître à cette fin la puissance mécanique, et de diminuer parallèlement le temps de travail.

La société sera désormais conçue comme une fédération de coopératives communales avec gestion à la base.

L’économie distributive

La commune représente la collectivité.

Pour l’économie distributive, l’ensemble des moyens de production est la propriété indivise des sociétés humaines. C’est éminemment une propriété sociale, d’origine sociale et à destination sociale. La part individuelle y est minime, la part sociale s’accroît sans cesse.

Quels organes sociaux peuvent recevoir et gérer cette propriété collective ? Est-ce l’état, ou les sociétés de producteurs, ou les sociétés de consommateurs ?

Pour les raisons qui ont été dites, nous écartons l’Etat, bien qu’on puisse le concevoir comme gérant temporaire, ou même comme gérant permanent de certaines portions de la propriété sociale.

Puisque nous voulons organiser la démocratie à la base, nous devons chercher l’organe social primaire capable de recevoir l’héritage commun de l’humanité. A proprement parler, il n’y a pas d’organe social capable d’hériter; la propriété sociale, demeurant sociale, ne peut que conférer un droit à chaque individu humain, le droit au bénéfice de tous les moyens de production. Par le seul fait de sa naissance, tout individu entre en possession de ce droit. Ce n’est donc pas comme producteur que l’homme entre en possession de ce droit. C’est comme consommateur. Qui le gère pour son compte ? Pratiquement, le seul organe social qui paraît apte à la gestion, c’est le groupe humain primaire : la commune.

La commune sera ainsi la coopérative générale des consommateurs, chargée de gérer directement la portion de propriété sociale qui est sur son territoire. C’est la commune qui sera ainsi héritière, comme gérante - non comme propriétaire - de certaines fonctions exercées aujourd’hui par les propriétaires des entreprises : droit de désigner des responsables, droit de répartir les produits du travail.

La coopérative communale sera administrée par un conseil d’administration. Les administrateurs ne devront pas être permanents. Les coopérateurs et leurs délégués seront amenés à la désignation des plus compétents non en vertu de leur propre compétence, mais à cause de leur intérêt. Ils seront dans la même situation que les actionnaires des sociétés capitalistes qui reconnaissent la compétence des administrateurs aux revenus qu’ils leurs assurent. Dans la coopérative communale, les citoyens reconnaîtront la compétence des administrateurs à la somme des produits qu’ils leur feront distribuer.

Les conseils d’administration des coopératives primaires délégueront des membres au conseil d’administration des magasins de gros intercommunaux.

Les conseils des magasins de gros enverront à leur tour les délégués comme membres de conseils d’administration des usines, lesquels nommeront les directeurs-gérants.

Ces directeurs représentent l’usine dans les syndicats d’industrie. Dans chacun de ces syndicats d’industrie, les syndicats du personnel seront représentés, comme ils le seront dans le conseil intérieur de l’usine.

A proprement parler, il n’y aura plus de salaires; tout être valide devra un temps de service déterminé, pour lequel il recevra une indemnité fixe; l’émulation, l’acceptation de responsabilités spéciales devront être assurées par des indemnités complémentaires.

Les indemnités de service étant versées à tous, il restera dans toutes les exploitations des excédents de production de toute nature. Sur ces excédents, un premier prélèvement sera fait pour les services non directement productifs, travaux publics, habitations, enseignement, justice, malades et retraités. Un second prélèvement sera fait pour le renouvellement du matériel. Les soldes, qui constitueront ce que l’on appelle aujourd’hui le bénéfice net, tous impôts déduits, et qui vont aux actionnaires, iront aux coopératives qui, partout, remplaceront juridiquement et réellement les actionnaires. Ces soldes seront en marchandises et iront tout naturellement d’abord aux coopératives nationales ou régionales pour arriver aux coopératives primaires, et enfin à chaque individu.

L’emploi des moyens monétaires actuels n’aura plus aucun sens. Le système monétaire actuel lié à l’économie échangiste; c’est une survivance des temps barbares.

Dans l’économie distributive, on devra partir de ce principe qu’il faut distribuer chaque année tous les produits consommables dans l’année, mais que l’on ne peut distribuer que cela; que, en conséquence, la quantité de bons (ou de billets) à mettre en circulation doit représenter finalement cette masse de produits, ni plus ni moins.

En conséquence, à toute mise en circulation de produits devra correspondre une mise en circulation égale de bons et billets dont une partie ira aux citoyens à titre de première indemnité, une autre partie aux services publics, et le solde aux coopératives pour répartition entre elles, et enfin pour attribution à chaque membre des coopératives primaires communale.

Ainsi, chaque individu sera titulaire, à sa coopérative de base, d’un crédit en produits qu’il emploiera à sa convenance.

Essayons de nous représenter aussi précisément que possible le mécanisme de l’économie distributive.

A la base est l’individu avec ses droits dont il ne consent que des délégations. La formation sociale primaire est la commune, gestionnaire des droits sur la propriété sociale dont l’individu hérite et dont il bénéficie dans l’indivision. Par l’application de ce premier principe, la traditionnelle organisation de l’Etat régalien est renversée. Quelles que soient les centralisations nécessaires, elles seront toujours contrôlées à la base.

La commune est l’organisme primaire de gestion coopérative de tous les biens et services. Elle doit avoir son conseil communal général et ses quatre sections, économique, culturelle, sociale et administrative. Le rôle du Conseil communal est d’assurer la liaison de tous pour toutes les gestions communales et la liaison du corps communal avec les autres corps. Les membres de la commune nomment le Conseil de gestion de chaque section.

Au premier jour du règne de l’abondance, le vieux système monétaire est supprimé. A la place des billets de banque représentant l’or enfermé dans les caves de la Banque ou représentant une toute petite quantité de marchandises, il est décidé, par l’assemblée des Communes, que désormais, il sera créé exactement autant de certificats de production que les exploitations sortiront de produits. Ni plus ni moins. Ces certificats de production seront chiffrés au moyen d’une nouvelle unité de mesure (l’heure-travail par exemple) en francs qui, au lieu de francs-or seront francs-marchandises, on dirait mieux des francs-produits.

Toute usine, toute exploitation ayant achevé une production, la livrera à ses usagers, leur présentera un certificat global de production, indiquant le nombre d’heures-travail incorporées dans la livraison (tous amortissements compris). Les usagers donneront leur signature pour certifier l’existence des produits reçus.

L’exploitation portera alors son certificat au Bureau central comptable de la commune ou de sa profession (Bureau remplaçant les banques locales actuelles), et le bureau donnera sa signature pour certifier que l’usine et les usagers ont créé un authentique certificat de production.

Cette authentification faite, l’exploitation recevra de l’Institut national comptable (remplaçant la banque actuelle d’émission), des coupures du certificat global de production. Ces coupures remplaceront les billets de banque actuels. Mais au lieu d’être émis en représentation d’apports d’or, ils seront émis en représentation des produits créés dans la proportion de 90 % (on retiendra 10 % pour les pertes éventuelles de produits dans la circulation).

Les exploitations ayant produit auront donc, soit entre leurs mains soit dans les Bureaux comptables, le montant des Certificats.

Comme le lecteur l’aura compris, ce que nous décrivons ci-dessus n’est rien d’autre que le mécanisme de la circulation des billets de banque actuels, mais circulant cette fois en représentation des produits créés, et arrivant entre les mains du consommateur, non parce qu’il est un travailleur, mais parce qu’il est cohéritier dans l’indivision de toute la machinerie gérée par les communes.

La vie nouvelle

Nous sommes dans une société sans classes et sans élite. Chacun, selon ses moyens. Chacun de nous, associé par les liens les plus forts à la vie communale, ne pourra changer de milieu social qu’en agissant sur son propre milieu. Nul n’aura plus le désir de gagner un autre milieu social pour y « paraître ». On ne « paraîtra » qu’en acquérant quelque prestige parmi les siens.

La commune est la société humaine de base. En dehors d’elle, tous les liens sociaux se forment par délégation et fédération. Fédération de communes pour la Région. Fédération de régions pour la Nation. Fédération de nations pour les grands systèmes continentaux. Fédération humaine enfin.

A l’échelon national, l’Etat, ou ce qui en subsistera. Plus exactement, l’organisme de liaison et de coordination des services généraux et des plans propres à un groupe ethnique ou à une fédération de peuples. Pour le gérer, l’assemblée des Communes.

Le couple humain n’est fondé que pour le renouvellement de l’individu. L’enfant qui vient de lui est un individu qui a, dès sa naissance, ses propres droits d’individu. Il n’appartient qu’à lui-même. Il n’est ni à l’Etat, ni à la collectivité, ni à ceux qui lui donnent le jour. Chaque enfant devra prouver dans la commune les moyens d’être lui-même, dans les conditions qui avaient été réservées jusqu’ici aux enfants des aristocraties.

Le plan de transition

Nos objectifs généraux étant définis, nous savons désormais que notre objet est à la fois celui du syndicalisme, celui de la coopération et celui du socialisme, c’est-à-dire l’organisation d’une démocratie sociale à partir de la base. Le premier acte de la révolution doit être la socialisation de la Banque de France, des Banques et des industries de base. Il s’agit de socialiser et non de nationaliser. Elle indique que l’on ne se borne pas à transférer la propriété de ces organismes à l’Etat, mais qu’on va l’intégrer dans un nouveau régime économique et social.

Le grand acte du nouveau régime sera la proclamation du droit nouveau qui ne reconnaîtra ni l’individualisme, ni la libre concurrence, ni l’échangisme, qui déclarera seules légitimes gestionnaires de l’économie les collectivités, communes syndicats, coopératives et leurs fédérations et confédérations, et qui définira leurs fonctions.

 autre texte :

Persée : Critique fasciste de la raison réactionnaire : Lucien Rebatet ...

 extrait :

Cette dissidence a pour incontestable figure de proue un célèbre inconnu : Lucien Rebatet (1903-1972), condamné à mort pour avoir incarné, dans un livre dont la parution en 1942 constitua un véritable événement, ce fascisme du deuxième type, un livre qui se présente aussi comme le parricide intellectuel contre son vieux maître, Charles Maurras. Par lui, nous pouvons accéder à cette critique de droite de la pensée réactionnaire, elle aussi mal connue.
Il est proposé ici de repérer les glissements progressifs, organisés autour de cette critique, où s'origine la dérive fasciste d'un natio naliste nourri à la mamelle maurrassienne.

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26/02/2010

Regards sur les théories du complot et les "sites passerelle" - 1

Extraits de discussions sur le blog Rouge & Noir.

Probe a choisit de présenter les posts de wiecha à la suite et celui d'AnarSonore :

 

wiecha 20/01/2010

On peut effectivement commencer sur les théories du complot.

Sans nommer qui que ce soit, pour l'instant, donc sur la méthode.

Un élément commun à tous les conspirationnistes, essentiel à capter pour les combattre sans perdre son temps, qu'il s'agisse d'égarés ou au contraire de militants, c'est l'inversion de la charge de la preuve.

Le discours complotiste est toujours articulé de la même manière, qu'il s'agisse de dénoncer les illuminatis, les islamistes, les sionistes, les extra terrestres , les franc maçons et bien d'autres, qu'il s'agisse du complot pour faire sauter les tours, pour propager un poison mortel dans les vaccins, ou pour remplacer les humains par des reptiliens. Cette dernière hypothèse peut faire ricaner avec condescendance, mais le fait est qu'elle tourne dans nombre de milieux, que ceux qui la propagent tiennent des conférences assez fréquentées au point que les fascistes plus classiques doivent s'acharner à la démonter sur certains de leurs forums.

Bref, le complotiste commence par énoncer sa thèse, le complot, avec ses objectifs et ses auteurs.
Ensuite, seulement, il énonce un certain nombre de faits, généralement beaucoup à la fois qui iraient dans son sens, toujours selon lui.
Puis face au contradicteur, il lui demande de prouver qu'il a tort.

La première réaction de bonne foi consiste souvent à entrer dans le débat sur ces bases: à prendre fait après fait pour en donner d'autres explications, à essayer de trouver des faits contradictoires, à montrer que tel fait peut s'expliquer totalement autrement, et ainsi de suite.

Mais c'est de cette manière que les réseaux conspirationnistes ont réussi à s'imposer dans les débats, un peu partout sur internet et surtout dans la tête des gens. Sur la base évidente pour tous, que les versions officielles du capitalisme ne sont qu'un point de vue orienté et subjectifs, sur la base évidente que la stratégie des différentes entités qui constituent la bourgeoisie n'est évidemment pas toujours explicitée de manière publique.
Leur objectif a été rempli au sens ou il n'a jamais été question pour eux de débattre d'une hypothèse, mais d'orienter les débats sur leurs terrains, et selon leurs méthodes.

Beaucoup de militants ont ainsi perdu de vue l'essentiel: c'est à celui qui avance une théorie de démontrer rationnellement qu'elle est vraie, et non à son contradicteur de démontrer qu'elle est fausse.

Car, dans ce dernier cadre de débats, on est forcément piégés: avec la méthode conspirationniste exposée ci dessus, chacun peut faire le test. Et bâtir sa théorie du complot, par exemple que les bergers allemands contrôlent le monde depuis au moins deux siècles par injonctions télépathiques.

Et la démonter , si elle est bien foutue prendra un temps énorme: sur mon site internet, je posterai une dizaine d'articles par jour minimum; tous les faits divers impliquant des bergers allemands que je pourrai trouver. Des biographies des personnages historiques ayant eu ce type de chiens ( quitte à mentir d'ailleurs, mes contradicteurs devront alors se faire chier à prouver que untel avait en fait un chat ou détestait les chiens ). Je montrerai la corrélation entre les périodes de leur vie ou ils ont eu un berger allemand et les décisions qu'ils ont prises. Naturellement, vu le nombre de personnes possédant un berger allemand , je sélectionnerai celles dont les opinions et les activités correspondent à l'objectif que j'ai assigné aux "comploteurs ": la destruction de la race humaine, ou de celle des épagneuls bretons.
J'y adjoindrai des articles spécialisés dans l'anatomie canine, dans la sociologie animale, de préférence très longs et inacessibles à des personnes ne maitrisant pas les connaissances scientifiques des méthodes en question, rédigés par des "scientifiques reconnus". J'en ferais un résumé , en expliquant qu'à la page 53 de l'article, l'auteur évoque très précisément un élément qui peut aller dans mon sens.

Et naturellement à ceux qui me diront que ma théorie est farfelue, je répondrais en préalable qu'il est tout de même étrange de se préoccuper de la démolir et de la discréditer si elle est aussi farfelue que ça. Bien évidemment, j'aurai pris soin de me faire exclure de quelques conférences et forums vétérinaires, ce qui me permettra de démontrer l'acharnement de la censure à mon égard.Et j'aurai avec mes camarades également foutu le bordel par exemple au Noel de la SPA, je me serais fait jeter par la police et j'aurai mis la vidéo. Avec un exposé, là très précis et très argumenté des divers scandales ayant touché la SPA ces dernières années, et de comment certains de ses animateurs s'en sont mis plein les poches

Ca parait très con avec les bergers allemands, mais c'est exactement de cette manière que fonctionnent toutes les entreprises conspirationnistes, on peut le vérifier sur les sites innombrables consacrées à la grippe A ou au 11 septembre. Et c'est aussi avec ce type de stratégies que l'extrême droite a fait son trou à l'extrême gauche, et par ricochet dans le mouvement social. Sur les médias qui ne lui appartiennent pas, l'extrême droite postera l'article sur la SPA, pour les bergers allemands, sur les massacres d'enfants palestiniens pour les juifs, sur l'assassinat des femmes en afghanistan pour les islamistes.

Le truc, c'est de toujours choisir les sujets qui font l'actualité et ceux dont on pense qu'ils préoccupent les gens et qu'ils sont les plus à même de les révolter.

Après la question suivante est " A quel besoin répond la théorie du complot et quelle proposition sociale porte-t-elle implicitement qui en fasse un élément essentiel des stratégies de conquête du pouvoir ?"

 

wiecha 21/01/2010

Oui, mais le problème qui se pose à nous concrètement, c'est la raison pour laquelle tant de gens , et surtout de prolétaires, éprouvent un attrait pour ces théories et les choisissent clairement comme une alternative à la lutte des classes. Contrairement à l'idée qu'on pourrait en avoir, qu'en ont certains militants, l'adhésion partielle ou totale à ces théories n'est pas un "sas" vers la lutte , même si les gens sont en contact avec des idées et des pratiques qui pourraient les y conduire.

Et démonter les foutaises serait bien un jeu d'enfant, si et seulement si il n'y avait pas autre chose derrière. En réalité, l'utilité de la méthode ci-dessus n'est malheureusement presque jamais de retourner l'interlocuteur, elle est juste utile pour ne pas être retourné soi même, c'est à dire pour rompre le débat en connaissance de cause, et ne pas laisser pourrir ta réunion, ton site, ton collectif.

Quand la démonstration rationnelle ne fonctionne pas , c'est souvent qu'elle ne répond pas à la bonne question, c'est à dire que les gens qui se font happer , finalement , trouvent un bénéfice autre dans l'adhésion que le fait d'avoir accédé à une "vérité utile". Et c'est ce qui se produit.
Je vois quelques pistes à creuser en profondeur

- la théorie du complot est une auto justification de sa propre passivité: souvent tu y as droit dans les actions dans un lieu public de la part de gens qui ne s'y joignent pas, mais viennent te dire " je suis avec vous, mais ça ne sert à rien". Concrètement, ils ne sont pas avec nous, puisqu'ils ne font rien qui les mette concrètement dans la lutte. Mais créer une opposition fantasmatique et secrète permet d'éluder cette dimension: si je ne crie pas avec vous contre le directeur de la CAF, ce n'est pas parce que j'ai peur, ce n'est pas parce que ça nécessiterait de me mettre en danger, mais parce que le directeur de la CAF n'est rien, et le gouvernement non plus d'ailleurs, et les patrons encore moins. Les vrais " responsables" sont cachés, occultes et donc la seule lutte possible, c'est leur dévoilement.

- cette dimension du "dévoilement" est primordiale, et ça explique aussi son essor concomittant à celui de l'internet: il y a des gens aujourd'hui, plein, qui se voient comme des Resistants, des vrais, alors que leur seule activité est de l'ordre du discours. Les théories du complot se sont dévéloppées parallèlement au durcissement de l'affrontement de classe, à la difficulté croissante de faire grève ou autres sans répression, aux échecs des derniers mouvements de masse en terme de satisfaction des revendications.

La théorie du complot , à l'inverse de celle de la lutte des classes, ne propose d'office aucun espoir: elle n'est pas une explication dynamique du monde avec deux forces qui s'affrontent, mais celle ou ceux qui agissent et ceux qui subissent sont toujours à la même place. Dans le cadre du "système" fantasmé, il n'y a que des défaites, aucune riposte qui fasse sens dans le déroulement des évènements historiques. Au contraire, même les révolutions, même les mouvements de masse, ne sont pas ce qu'ils paraissent: ils sont eux aussi manipulés dès le début par des forces obscures , ils sont même souvent provoqués pour aboutir à l'objectif inverse de ce qu'ils prétendent être, la continuation de la domination.

L'adhésion et la propagation de ces théories me semblent donc correspondre au sentiment de défaite ressenti par les prolétaires, et lui donner une jusitification. Et elles offrent un dérivatif à ce sentiment, à peu de frais, l'impression de se réapproprier du sens simplement en dénonçant de prétendus coupables. Et toutes ces théories, parce qu'elles sont fascistes, donnent évidemment la possibilité concrète de chatier un coupable à sa portée, car aucune d'entre elles n'omet de désigner parmi les coupables, une minorité quelconque à l'intérieur du prolérariat, toutes ouvrent une possibilité de pogrom.


wiecha 21/01/2010

S'il suffisait de ces quelques lignes, à mon avis nous n'en serions pas là.
On effleure à peine le sujet à mon avis, c'aurait été peut-être suffisant en 2002-2003, au moment ou une des têtes de pont était l'angle des théories du complot. Et encore.

Quant à l'esprit d'analyse et de synthèse, c'est flatteur, mais la réalité est moins glorieuse: c'est juste le résultat de deux ans de boulot, de recherche, de contacts à droite à gauche, avec tous ceux, et pas des anarchistes malheureusement, qui ont une raison ou une autre de ressentir l'urgence antifasciste. Des années passées à voir certains médias "amis" et pas des moindres colporter les pires saloperies racistes ou antisémites, des années passées à constater l'inexorable avancée de l'idéologie fasciste sous toutes ses formes, des hommages à peine voilés à Vichy du pouvoir en place, à l'emploi banalisé dans les mouvements d'extrême gauche, de la CIP à l'Appel d'un terme comme "oligarchie".

Les facsistes ont réussi jusqu'ici toutes leurs offensives idéologiques: on peut prendre l'exemple de la liberté d'expression, par exemple, devenue l'étendard de tout le monde, mais qui sert aujourd'hui essentiellement à faire que, massivement, des racistes et des antisémites trouvent un fervent soutien un peu partout, chacun considérant leur "droit à s'exprimer" comme une priorité et le contenu de leurs discours, très secondaire, comme si appeler au meurtre et à la haine , finalement , n'avait rien à voir avec les meurtres et avec la haine.

Surement que tu regardes pas la télé et tu as bien raison, mais moi je suis accro à la télé. Et donc je peux te dire qu'ils se sont adaptés et qu'ils ont accès aux médias de masse, même sans parler de l'internet, mettons ça de côté pour l'instant.

Désolé de citer concrètement, mais là je ne peux pas faire autrement. Actuellement, le blog phare de l'extrême droite identitaire c'est fdesouche. Au minimum 3000 à 6000 visites par jour. Il y a quelques temps de ça, cette équipe a publié une vidéo qui montrait une agression dans un bus, vidéo qui ne pouvait sortir que de bases de données policières, évidemment. La vidéo a été regardée des milliers de fois sur le net, et elle est arrivée en une sur tous les 20H. Et pas un reportage n'omettait de citer le blog en question. Il se trouve que le jeune homme agressé a eu l'immense courage de publier un texte ou il expliquait qu'il n'estimait pas avoir été la victime d'une agression "anti blanche", qu'il n'estimait pas que cette histoire permette à qui que ce soit de dire quoi que ce soit sur la banlieue ou l'immigration. Ca personne à la télé n'en a entendu parler.

Dieudonné quant à lui est certainement le candidat aux européennes qui a été le plus médiatisé et de manière à ce que tout le monde regarde le reportage, pas avec les trucs relou du style " martin dugenou nous explique sa conception de l'Europe ". La diabolisation a bon dos.

Il y a quelques jours, RTL affichait sur son site, en une, une vidéo intitulée "le débat Marine le Pen Besson". Déjà tout un programme.
Mais cette vidéo a interpellé des spectateurs. En effet elle était tronquée ne présentant que les morceaux ou Marine Le pen parle, et avec des commentaires écrits à son avantage. De plus elle mettait en lien sur You Tube d'autres videos du même auteur, encore plus explicites.

Au bout de plusieurs heures et de 12 000 vues environ, RTL s'est excusée parlant d'une "erreur".

Juste deux exemples, à mon avis très clairs sur ce qui est en train de se passer. Moi, je ne vois pas les choses comme une hiérarchie des dangers, je vois des forces qui avancent ensemble, pour l'instant, dont l'une ou l'autre peut prendre le dessus.

L'antifascisme est passé de mode, depuis longtemps maintenant, et effectivement, on te renvoie souvent SOS, l'épouvantail pour faire monter la gauche...On te répète "le vrai danger est ailleurs", comme s'il y avait UN vrai danger et pas plusieurs.

Mais si dans sa dernière période, la République de Weimar avait en commun bien des discours avec le NSDAP, si elle a encouragé sa montée, et pensé pouvoir le contrôler et l'utiliser uniquement pour briser la révolution sociale, la République de Weimar et le 3ème Reich étaient deux choses différentes. Il fallait bien abattre la première pour espérer faire la révolution sociale, mais il fallait bien en même temps empêcher que son écroulement soit l'avènement de la dictature nazie.

Je précise que je parle de cet exemple, uniquement sur la question des analogies et des comparaisons entre la République et le fascisme, et pas du tout pour faire un lien direct et caricatural entre la France d'aujourd'hui et l'Allemagne du début des années 30

 

wiecha 22/01/2010

Sauf qu'à force de citer Mein Kampf et la Gestapo à tout bout de champ, on en oublie que le nazisme n'est pas le sarkozysme, et que les néo nazis en tant que tels sont une réalité bien vivante et en pleine expansion.

A vrai dire, je me demande parfois quels mots nous allons utiliser dans le futur, et quelles comparaisons. C'est aussi à mon avis, un des grands problème du discours radical aujourd'hui, la surenchère verbale. Là dessus, les textes de Ni Patrie, Ni Frontières sont assez intéressants, notamment ceux écrits lors du sommet de Vichy, et ceux qui évoquent la réalité des dictatures à l'étranger.

Après, à vrai dire je ne tiens pas à orienter le débat dans cette direction. Par expérience, et pour avoir été convaincue comme toi, de l'aspect "secondaire" des mouvements fascistes extra-gouvernementaux, je sais que j'aurai du mal à te convaincre. Question d'expériences concrètes liées aussi à leur champs d'implantation, à une sensibilité plus ou moins grande à certains évènements précis, à certains glissements, qui dépendent de beaucoup de facteurs.

Moi, ce qui m'importe surtout, c'est de trouver des pistes spécifiques par rapport à ce combat, qu'il soit considéré comme secondaire ou pas et de faire tourner l'information et la réflexion, comme on peut le faire sur d'autres sujets. Pas mal de gens partagent cette préoccupation, à ce que je peux voir. Et si nous la laissons à d'autres, et bien comme sur d'autres sujets, nous n'aurons plus ensuite qu'à dénoncer l'"imposture social démocrate , qui sous couvert d'antifascisme...".

Parce qu'il y a ça et là, plein de jeunes qui ne supportent pas le retour des skin heads, plein de moins jeunes qui sont anti-républicains, anti-capitalistes, et anarchistes, mais qui pour autant, éprouvent le besoin d'agir et de réfléchir contre la montée des groupes fascistes.

Si, par exemple, ton voisin est au Bloc Identitaire, quotidiennement et immédiatement, c'est un peu plus emmerdant quand même que s'il est au Modem.Et quand la probabilité de ce voisinage s'accroit , c'est un vrai souci.

 

AnarSonore 22/01/2010

Contribution trouvée sur luftmenschen

Mondialisation.ca: analyse antifasciste d'un site passerelle

Parmi les stratégies actuellement utilisées par les fascistes, celle de l’utilisation des médias a priori ennemis pour augmenter leur audience est essentielle. Elle passe par la création d’initiatives virtuelles et concrètes autour de thèmes devenus communs au discours d’extrême gauche et d’extrême droite, même si ce que recouvrent les analyses des uns et des autres n’est pas similaire. Cette stratégie passe notamment par l’utilisation d’Internet, et des sites passerelles, c'est-à-dire des sites se présentant comme des sites alter mondialistes.

Un exemple pratique.

Lors de leurs dernières réunions (1), les modérateurs d’Indymedia LILLE ont pris la décision de ne pas censurer a priori les textes venant du site mondialisation.ca, et de l’étudier prochainement de plus près…. Ce projet d’étude approfondie trouve ses sources dans la polémique ouverte par des contributeurs réguliers d’Indymedia Lille; ceux-ci ont dénoncé la reprise de textes d’un site qui publie notamment et fréquemment les textes de membres du Reseau Voltaire. Ceux par exemple de Sylvia Cattori, mais aussi ceux d’Arno Mansouri, responsable de la Maison d’éditions Demi lune, qui publie Thierry Meyssan.

Il y a deux approches, vis-à-vis d’un site comme Mondialisation.ca : ce site fonctionne sur la publication en rafales de textes venus d’à peu près partout et sur de nombreux sujets. Et dont les auteurs sont aussi bien des gens du Reseau Voltaire que de respectables professeurs d’université, souvent les deux. Mais aussi des membres d’ATTAC, un président d’une association déclarant se battre contre le nucléaire, les deux responsables d’un comité pour l’annulation de la dette.

La première approche consiste à considérer que la publication d’écrits fascistes, la collaboration d’auteurs clairement liés à l’extrême droite, et à sa fraction « national révolutionnaire » (Les amitiés du Reseau Voltaire avec la mouvance Dieudonné Soral et leurs voyages communs, notamment au Liban sont désormais suffisamment connus) n’est pas un élément suffisant pour considérer le site comme fasciste. Elle consiste à prendre les textes publiés un par un, et à se déterminer au coup par coup. A examiner minutieusement chaque écrit publié , et ce n’est pas une mince affaire. A se poser la question précise de tel ou tel texte : sur la Palestine, dit-il des choses vraiment choquantes, peut-on dire « camp d’extermination ….lente » sans être antisémite ? Et le trafic d’organes prétendument pratiqué par Israel, est-ce seulement une rumeur, doit on faire la distinction entre les textes qui évoquent l’armée et ceux qui mettent tous les Israeliens dans le même sac ?

Et sur la grippe H1N1, comment faire la distinction entre un texte qui évoque à juste titre le profit effectué par les labos et celui qui sombre dans le conspirationnisme ?

Cette approche évidemment est particulièrement lourde et fastidieuse pour des sites d’open publishing. En toute logique, puisqu’elle est stupide, pour ne pas dire plus.

La seconde approche est extrêmement simple. Elle consiste à dire qu’un site qui publie des articles d’auteurs liés à l’extrême droite est un site contrôlé par l’extrême droite, que l’ensemble des animateurs en soit conscient ou non. Jusqu’à nouvel ordre, naturellement : il arrive à chacun de faire une erreur et de retirer UN texte particulièrement manipulateur.

C’est l’approche anti-fasciste.

Evidemment, cette approche et cette analyse déclenchent les quolibets et le mépris de ceux qui sont bien résolus à plonger jusqu’à l’abîme dans la prétendue complexité des choses. C’est la grande mode militante du moment, celle qui a poussé à s’interroger pendant cinq ans sur les « motivations » et les « raisons » du discours antisémite de Dieudonné, celle qui consiste à poser des questions idiotes en les appelant dérangeantes, du genre « les antisémites au fond ne sont-ils pas des antiracistes ? » , ou « ne devrait-on pas avoir le droit de tout dire, même des appels aux meurtres, tant qu’on ne tue pas soi même ? ».

L’approche antifasciste consiste à dire qu’un fasciste est un fasciste, point barre. Un fasciste est une personne dont l’objectif est d’imposer l’ordre fasciste. Le reste, ce sont pour lui des moyens, et le fascisme est à ce niveau, l’idéologie utilitariste par excellence. Le fascisme est ce courant qui s’est appuyé et s’appuie simultanément sur le scientisme et sur l’irrationnel, sur l’apologie de l’individu Roi et sur la négation de tout droit individuel. Le fascisme , parce qu’il n’existe que par la guerre de tous les prolétaires contre les autres prolétaires, a pris, sur tous les conflits mondiaux, des opinions contraires, dont le seul point commun est l’apologie de toutes les guerres sauf de la guerre sociale. Le Front National, en plusieurs dizaines d’années d’histoire et à quelques mois d’intervalle a ainsi été tantôt férocement pro-israélien ou inconditionnellement pro-palestinien, tout en étant toujours simultanément raciste et antisémite.

Donc, la logique antifasciste consiste à aller chercher les intérêts de classe présents dans chaque expression de la pensée et de la pratique d’un groupe. Chercher les intérêts de classe, cela signifie entre autres de ne pas distinguer la parole et les actes.

Aussi face à un site comme mondialisation.ca , site de culture européenne, animé en grande partie par des français et des québecois, il y a une rubrique qui attire immédiatement l’œil, celle intitulée « élections européennes ».

Elle attire l’œil, parce qu’elle détonne par son côté prosaïque et concret des autres rubriques, globales et nobles, telles que « société et culture », « économie mondiale », « politiques et religions ». Nobles dénominations, qui jointes aux fonctions de la plupart des auteurs dans les hautes sphères de la production intellectuelle capitaliste donnent au site l’apparence d’un cercle de pensées détaché des basses contingences matérielles et politiciennes.

La modération d’Indymedia Lille n’a pas vu cette rubrique, parce qu’elle refuse l’analyse antifasciste, parce que la présence de contributeurs fascistes sur ce site ne lui suffit pas à le qualifier. Difficile de trouver ce que l’on ne cherche pas.

Si elle avait opéré un simple click sur cette rubrique, ici elle serait tombée sur l’évidence...même pas dissimulée.

Le premier texte visible dans les Actualités de cette rubrique s’appelle Mouvement des Patriotes Français pour l’indépendance et la démocratie (2)

Le deuxième est signé Libertas

Un troisième est signé par un responsable de Libertas Christophe Beaudouin

Deux autres sont signés par deux militants d’un parti dénommé UPR avec un lien vers le site de ce parti

Evidemment, ‘l’antifasciste mal dégrossi’ sait déjà ce qu’il en est quand un mouvement en Europe utilise le mot « patriote » dans son intitulé, en ce début du 21ème siècle.

Ainsi espérons nous humblement épargner quelques journées de fastidieuses lectures aux modérateurs d’Indymedia Lille .

Libertas est un mouvement européen fondé en 2008 : en France, sa représentation locale aux élections a été incarnée par le MPF de Philippe de Villiers et le Mouvement Chasse Pêche Nature et Traditions. Le porte parole du mouvement, Christophe Beaudoin, est également auteur sur le site Mondialisation.ca.

Le Mouvement des Patriotes pour l’Indépendance et la Démocratie a été crée par un ex du MPF de Philippe de Villiers. Nous laissons aux adeptes de la prétendue complexité le soin de parcourir l’intégralité de son site, au cas ou des analyses intéressantes de la question palestinienne y figureraient. Pour les autres, la mention des sujets évoqués, reprise des communiqués d’un ex du Front, diatribe contre l’islamisation de la France, petite histoire des Rois de notre beau pays, suffiront. On peut cependant y ajouter quelques liens amis, parmi lesquels Radio Courtoisie.

Quant à l’UPR, elle est dirigée par François Asselineau. Elu au Conseil de Paris depuis de nombreuses années, il a quitté l’UMP pour créer l’UPR. Il a également rempli la fonction de directeur de cabinet de Charles Pasqua. Il participe à des émissions sur Radio Courtoisie, entre autres.

Les trois partis politiques précédents sont les seuls à être cités dans la rubrique Elections Européennes, manifestement beaucoup moins « ouverte » que les autres catégories du site.

Immense interrogation des tenants de la pensée « complexe », en réalité décomplexée : comment un site peut-il à la fois défendre les peuples opprimés, et notamment les Palestiniens, contre les offensives « sionistes » , contre l’ "arrogance de l’Occident Impérialiste et Mondialiste et de son valet/maître israelien", et concrètement faire la promotion de mouvements d’extrême droite dénonçant l’ « islamisation de la France », « l’invasion des clandestins », et ainsi de suite ?

Comment peut-il publier des textes d’ATTAC et des textes du MPF ?

Réponse des bourins antifascistes : il est de notoriété publique, que les racistes sont forcément des antisémites et inversement.

Tactiquement parlant, les fascistes peuvent bien trouver utile de brandir des portraits du Che et de faire mine de pleurer toutes les larmes de leurs corps sur les Arabes qu’on tue à quelques milliers de kilomètres, si ça peut attirer le chaland sympathisant de l’extrême gauche, et faire monter l’animosité contre les Juifs d’ici.

Mais lorsqu’il s’agit concrètement de récupérer les bénéfices de ces manipulations, on passe aux choses sérieuses, notamment en période électorale.

Historiquement, et en termes d’analyse de classe, l’alliance ou la collaboration au sein de mouvements fascistes, d’intellectuels reconnus professionnellement par le capitalisme et se croyant de gauche avec des fractions de la paysannerie aisée et des petits commerçants n’est pas une nouveauté.

Le fait que des professeurs d’université « altermondialistes » se retrouvent à animer un site qui lance des appels au vote quasi directs pour des partis d’extrême droite, notamment « Chasse , Pêche Nature et Tradition » est certes odieux, mais donc pas si étonnant que ça.

Là ou les choses s’aggravent et concernent directement tous ceux qui participent aux luttes sociales, c’est lorsque ce types de sites sont directement repris et mis en lien par Indymedia.

Indymedia en effet, est un média issu des luttes, et il doit son succès à tous les mouvements de classe, antiracistes, antisexistes, antifascistes, qui ont publié des articles au fil des années.

Mondialisation.ca appartient à ses animateurs mais Indymedia appartient à tout le mouvement, sans lequel il ne serait qu’une coquille vide.

Les modérateurs , investis d’un mandat , doivent le respecter, et ne le font pas chaque fois qu’ils mettent en lien mondialisation.ca, chaque fois qu’ils relaient un site à vocation électoraliste de l’extrême droite. Et ce d’autant plus que la simple liste des auteurs aurait du les alerter.

Naturellement, l’analyse antifasciste exposée ci-dessus n’est pas valable que pour mondialisation.ca. Un site qui relaie les thèses de l’extrême droite, ou aide à leur diffusion en faisant de la pub à leurs médias est un média fasciste par la force des choses.

En l’état actuel, la modération d’Indymedia Lille se réserve la possibilité de publier mondialisation.ca. La conclusion est nous l’espérons provisoirement, évidente.

Les liens vers des sites d'extrême droite ont été désactivés, pour ne pas augmenter leur référencement, en y insérant une étoile

(1) compte rendu public ici
http://lists.indymedia.org/pipermail/im ... 18-ni.html
(2) http://mo*ndialisation.ca/index.php?con ... &aid=13313
(3) http://.mo*ndialisation.ca/index.php?context=va&aid=
(4) http://mo*ndialisation.ca/index.php?con ... &aid=15348
(5) http://.mo*ndialisation.ca/index.php?co ... &aid=15477
http://.mon*dialisation.ca/index.php?co ... &aid=15708

 

 

 

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30/01/2010

Pourquoi Benito Mussolini marche maintenant sur l'iPhone...



ARTE - Le Fascisme Italien En Couleurs 2/3
http://www.dailymotion.com/video/x5wywn_arte-le-fascisme-...

ARTE - Le Fascisme Italien En Couleurs 3/3
http://www.dailymotion.com/video/x5wxnr_arte-le-fascisme-...

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18/09/2009

les milices aux Etats-Unis...Minutemen - Milice du Montana - Patrouille "citoyenne"...

Vidéo sur ces "miliciens" qui protègent...les Minutemen...soi-disant héros...

 

Les milices, une vieille histoire aux Etats-Unis, comme en France...

 

Publié le 6 février 2003
par REFLExes

 

Les milices, un phénomène relativement nouveau aux États-Unis, prennent leurs racines dans les vieilles traditions de liberté et des armes à feu. La tradition de liberté remonte aux fondements de la Constitution américaine qui garantit théoriquement la liberté d’expression (dans le premier amendement). Le droit de porter des armes à feu est également garanti par la Constitution.

Au cours de ce siècle, il y a eu des précurseurs des milices : les Minutemen pendant les années 1960 et les survivalists de l’ère Reagan. Le but premier de ces deux mouvements était de défendre l’Amérique contre le communisme.

Les Minutemen se décrivaient dans une brochure comme une « organisation nationale de patriotes américains […] dernier rempart contre le communisme ». Par l’intermédiaire de la plus puissante association du lobby des armes à feu, la National Rifle Association, les Minutemen ont accumulé de nombreuses adhésions et un formidable arsenal. Leurs liens politiques avec la droite allaient de la société anticommuniste John Birch à diverses fractions du Ku Klux Klan, en passant par l’Église de Jésus Christ Christian qui a évolué en Aryan Nations dirigée par Richard Butler.

Le mouvement survivalist, moins bien organisé, était basé sur une philosophie du « retour aux collines », grâce auxquelles les « patriotes américains survivront dans les déserts pendant l’invasion soviétique » pour après revenir combattre et gagner la guérilla contre « l’ennemi rouge ». Cette idée a été résumée dans le film L’Aube Rouge, réalisé en 1984 à l’apogée de la paranoïa de Reagan sur la guerre froide. Les survivalists ont donné naissance à des magazines et des boutiques consacrés à la protection de l’Amérique contre l’invasion russe. Les milices d’aujourd’hui puisent clairement leur inspiration dans ces deux mouvements, mais il n’y a pas autant d’anticommunistes (l’URSS est en morceaux) que d’anti-Clinton.

Le mouvement a sûrement commencé avec le projet de loi Brady qui est passé pendant la première année de la présidence de Clinton. Le projet de loi Brady limite l’achat des armes à feu en insistant sur une période de cinq jours de « calme » entre la demande d’une arme et du permis et l’obtention de ceux-ci. Ce projet a été largement vu par le lobby des armes comme une transgression au droit de porter des armes. C’est pourquoi Clinton a été décrit comme un « fasciste » par les milices, ainsi que le gouvernement qu’elles considèrent comme un tyran qui essaye de contrôler tous les aspects de la vie des gens.

Les milices ont tendance à mettre sur le dos du gouvernement tous les problèmes de la société américaine. Alors qu’en Europe, on a tendance à considérer que le gouvernement est capable de résoudre les problèmes, aux États-Unis, c’est le gouvernement qui est perçu comme le problème. Les milices croient donc que c’est leur devoir de protéger l’Amérique de son gouvernement.

Le mouvement des milices s’est rapidement déployé, il a des centres dans au moins vingt États, de la Pennsylvanie à la Californie. Une grande partie est concentrée au nord-ouest du Pacifique, dans les cinq États suivants : Idaho, Oregon, Montana, Washington et Wyoming. Comportant quelques-unes des plus spectaculaires beautés naturelles de l’Amérique, ces cinq États ont un intérêt particulier pour l’extrême droite. Ils sont ce que l’extrême droite appelle la « solution des 10% » ; en d’autres termes, ces cinq États, constituant 10% des cinquante États qui composent l’Union, sont revendiqués comme un « pays blanc » pour la population « aryenne » américaine. Bien évidemment, ils sont les cinq États qui ont le plus faible mélange ethnique de tous les États-Unis : seulement 5% des habitants de ces États peuvent être considérés comme une « minorité ».

L’Idaho est le lieu où est basé Aryan Nations, l’organisation néo-nazie quasi religieuse du pasteur auto-proclamé Richard Butler. C’est aussi dans cet État que l’ex-paramilitaire Bo Gritz, un proche collègue du membre du KKK David Duke, a monté une communauté survivalist appelée Almost Heaven. Robert Jay Matthews s’est basé juste de l’autre côté des frontières de l’État, à Washington, et a fondé la plus meurtrière des organisations terroristes néo-nazies qu’ait jamais vue l’Amérique : The Order, qui est responsable de plusieurs vols importants de lingots d’or, de nombreux meurtres dont celui de l’animateur de radio Alan Berg, et d’une bataille à mort avec la police ; après, le groupe a été pris dans une rafle. L’Oregon a été le foyer de quelques-uns des gangs de skins les plus vicieux de l’histoire américaine : à Portland, le réfugié éthiopien Mugleta Seraw a été tué par des skins qui l’ont battu à mort avec des battes de base-ball : cette triste histoire a été connue dans tout le pays. Février 1994, Montana. La milice du Montana a été fondée par deux frères (John et David Trochmann) et a recruté des centaines de supporters. Les frères Trochmann sont des héros du mouvement des milices qui est connecté au niveau national sur Internet et aux radios à ondes courtes. Ils insistent sur le fait que le contrôle de l’armement signifie « le contrôle du peuple », et sur le fait que cela constitue une large partie d’un programme gouvernemental plus large. Selon les Trochmann, le gouvernement américain est en guerre contre son propre peuple. Cette « guerre » est caractérisée par ce qu’ils appellent une taxation excessive, le projet d’une carte d’identité nationale et des lois de plus en plus restrictives (comme le projet de loi Brady). Ainsi, les Trochmann proclament que la seule solution est le combat. À un meeting typique des milices du Montana, David Trochmann tient un stand où il vend des manuels de l’armée américaine sur la survie et les combats lors des guérillas, et des gourdins de l’armée allemande qui envoient des décharges électriques de 160 000 volts. De plus, des sachets de nourriture séchée et congelée sont offerts en cadeau à ceux qui se préparent à attendre dans les collines jusqu’à ce que l’ennemi soit battu.

Mais la milice du Montana est plus qu’un groupe de fêlés se préparant à une guerre mythique contre Clinton : les connections avec l’extrême droite sont solides, et le fascisme est le cœur de l’idéologie sous-jacente du mouvement. John Trochmann a déjà été invité par l’Aryan Nations de Richard Butler, et il a encore parlé à leur congrès en 1990. En 1992, il a été impliqué dans l’incident Weaver. Randy Weaver était un suprémaciste blanc de l’Idaho qui a refusé de se rendre au FBI sous la menace ; il s’est finalement rendu une fois que sa femme et son fils ont été tués lors de tirs des tireurs d’élite du FBI. Le cas Weaver est considéré par de nombreux membres des milices comme une preuve que le gouvernement veut soumettre le « peuple » en le désarmant et en le renversant.

En ce moment, John Trochmann proclame qu’il n’est plus intéressé par le fascisme ; mais sur les stands de son frère durant les meetings, on voit des livres qui nient l’Holocauste et de la propagande fasciste (vidéo, etc.). Des théories sur la conspiration abondent à propos d’un gouvernement du monde socialiste qui contrôlerait Clinton et aurait pour but de réduire les Américains en esclavage. John Trochmann dit détenir des documents qui prouvent que les États-Unis seront morcelés en dix régions et que des camps de concentration sont en train d’être construits pour les dissidents (blancs). Selon lui, les responsables de ce plan diabolique sont des banquiers juifs renommés : les Warburg et les Rothchild. Quelle surprise ! Les vétérans antiracistes des États-Unis qui enquêtent sur les milices ont dit clairement que les Trochmann et leurs collègues à travers tous les États ne font que rénover le vieux message antisémite. Les milices sont tout bonnement une nouvelle façon d’attirer des gens vers l’extrême droite américaine. Il est certain que la majorité de ceux qui ont signé sont des gens ordinaires qui sont concernés par leur liberté et leurs droits. Mais d’autres trouveront un nouveau foyer dans le mouvement suprémaciste blanc qui se trouve à la frontières du mouvement des milices.

Un rapide coup d’œil sur la littérature des milices disponible sur Internet montre, tout du moins publiquement, que les milices sont simplement des défenseurs des armes à feu qui craignent Dieu et se sentent menacés par l’administration démocrate. Le manuel des Minutemen du Michigan, qui sont aussi connus pour être la milice régionale du Michigan Nord, est composé de huit pages pleines de détails intéressants. Après avoir présenté les amendements constitutionnels qui affirment le droit du citoyen à porter des armes, il y a une longue partie sur les dessous historiques des milices. On peut également lire une présentation de leurs buts : « [Les milices existent] pour établir une structure dirigiste porteuse de cohésion, capable d’instruire et d’allouer des tâches au fur et à mesure que les besoins surviennent ; pour entraîner ses membres dans les nombreuses disciplines nécessaires au fonctionnement des milices tant collectivement qu’individuellement ; pour éduquer ses membres sur des parties de l’histoire, sur les lois et principes provenant de la connaissance donnée par les grandes archives historiques du pays et de la Bible qui a été le plus grand et l’unique guide qui a influencé toutes les grandes nations désirant être libres ; pour informer ses membres des événements locaux, nationaux et globaux mettant en péril la Constitution et touchant la direction du pays ; pour encourager ses membres à se lever contre la tyrannie, le globalisme, le relativisme moral, l’humanisme et le Nouvel Ordre mondial qui menace de nuire à notre mode de gouvernement et aux États-Unis ».

Ce texte semble rempli d’une innocence honnête, mais il faut le décoder. L’expression « le Nouvel Ordre mondial » n’a rien à voir avec la vision de l’ancien président George Bush d’un monde post-guerre froide. C’est en fait un discours suprémaciste à peine voilé sur la « conspiration juive ». Les références au relativisme moral et à l’humanisme sont une attaque contre les standards modernes et l’éducation chrétienne non-fondamentaliste qui est généralement enseignée dans les écoles américaines. La Bible dont il est question est la Bible de qui ? Il ne s’agit certainement pas de celle de la plupart des chrétiens. La Bible des suprémacistes blancs est généralement une Bible qui apprend que les Blancs sont le « peuple élu », et non les Juifs, et que toutes les autres races sont des « mud races » [1] ou des sauvages à peine humains. Proclamer que cette « Bible » est celle qui a guidé toutes les grandes nations nie le fait que de nombreuses sociétés pré-chrétiennes étaient plus avancées que celle-ci à certains égards, et que certaines sociétés post-chrétiennes l’ont été également, comme l’empire maure, qui était musulman, et qui a dominé la Méditerranée. On peut donc déduire de ce manuel que l’idéologie raciste et suprémaciste blanche est sous-jacente au mouvement des milices.

Les organisations antiracistes des États-Unis ont raison de craindre une montée des milices : ce mouvement vise bien plus que le contrôle sur les armes à feu et le droit de porter des armes. Il est en train d’élargir l’intérêt que suscite l’idéologie fasciste dans une société qui s’est lassée du Klan et qui ne tolérera plus de violences racistes. Il est en train de renverser le gouvernement ce qui, en soit, n’est pas une mauvaise idée. Mais par quoi ces milices souhaitent-elles le remplacer ? Leur idéal est une société dans laquelle les non-Blancs et les autres minorités seraient les esclaves de leurs maîtres « aryens ».

Paru dans REFLEXes n° 46, mai 1995

 

[1] « mud » signifie boue, gadoue

 

 

 

La fronde des Freemen au MontanaDepuis une semaine, le FBI cerne la ferme de ces militants anti-Etat.

 

http://www.liberation.fr/monde/0101179198-la-fronde-des-freemen-au-montanadepuis-une-semaine-le-fbi-cerne-la-ferme-de-ces-militants-anti-etat
01/04/1996

SABATIER Patrick

Washington, de notre correspondant

«Vous allez voir. Ce sera pire que Waco!» Cet avertissement, lancé vendredi par Daniel Petersen au juge de Billings (Montana), devant lequel il comparaissait pour être inculpé, a ravivé chez tous les Américains les craintes d'une répétition du drame qui s'était terminé il y a deux ans par la mort de 80 personnes: les agents fédéraux avaient donné l'assaut contre la ferme texane où s'étaient retranchés les adeptes du culte davidien. Cette fois, la crise a pour cadre les plaines à blé du Montana, où entre 20 et 60 personnes lourdement armées défient depuis une semaine les agents du FBI venus tenter d'arrêter 13 d'entre eux. Les rebelles appartiennent au mouvement des Freemen (hommes libres), qui a installé une sorte de gouvernement parallèle dans une ferme du nord-est du Montana, rebaptisée Justus, à 50 km du bourg de Jordan. La crise larvée durait depuis près d'un an, ­ depuis que les principaux dirigeants du mouvement avaient été poursuivis pour fraude, refus de payer leurs impôts et menaces à l'encontre de fonctionnaires fédéraux. Elle est entrée dans une phase aiguë lundi dernier, quand les policiers ont arrêté deux de leurs dirigeants, Daniel Petersen et Leroy Schweitzer.

«Le gouvernement continue de rechercher une solution pacifique», a promis vendredi à Washington, Janet Reno, l'Attorney General (équivalent du ministre de la Justice). «Nous ne voulons ni affrontement armé ni siège en règle.» De fait, les agents du FBI se sont faits discrets et n'exercent qu'une surveillance assez lâche sur la ferme des Freemen. Le gouvernement craint une répétition des drames de Ruby Ridge (Idaho) ­ où la femme et le fils du dirigeant extrémiste Randy Weaver avaient été tués en août 1992 ­, et de Waco, en avril 1993. Weaver et David Koresh, le gourou des Davidiens, sont des martyrs aux yeux des mouvements d'extrême droite. Déjà deux membres d'une milice de l'Oregon ont été interceptés alors qu'ils tentaient de gagner Justus avec des armes et des provisions. John Trochmann, le fondateur de la Milice du Montana, un des groupes les plus importants de la mouvance extrémiste, est intervenu dans la crise, pour «surveiller» l'action des autorités fédérales. Il a appelé ses hommes à ne pas se rendre (pour le moment) à Justus. Randy Weaver, pour sa part, s'est proposé comme «médiateur» entre le gouvernement et les Freemen.

Ceux-ci sont un mélange détonant d'idéologues extrémistes, de fermiers ruinés et de fous de la gâchette. Leur credo, dérivé d'interprétations fumeuses de l'Ancien Testament, de la Magna Carta anglaise et de la Constitution des Etats-Unis, est mêlé de propagande antisémite et raciste, et de paranoïa millénariste annonçant une «guerre sainte contre les forces de Satan» et la grande bataille finale, l'Armageddon. Les Freemen rejettent tout gouvernement comme illégitime et refusent de payer leurs impôts. Ils ont mis à prix la tête des shérifs et des juges locaux, et promis de les pendre. Mais l'essentiel de leur activité a été la fabrication de faux instruments financiers (chèques, ordres de virement, etc.) et de faux documents légaux, grâce auxquels ils seraient parvenus à détourner ou escroquer près de 2 millions de dollars (11 millions de francs) en un an.

Les Freemen ont accumulé à Justus un arsenal imposant, stocké provisions, essence et munitions pour tenir un siège de plusieurs mois, et endoctriné des centaines de personnes. Ils entretiennent aussi des liens avec la myriade d'autres groupes paramilitaires suprématistes blancs «chrétiens» dont sont sortis Timothy McVeigh et Mike Nichols, les deux auteurs présumés de l'attentat d'Oklahoma City, qui avait fait 168 victimes, le 19 avril 1985.

 

 

 

Article de Sara Daniel:

http://www.sara-daniel.com/reportage.php?page=101

Voyage au sein de l'ultradroite américaine

 

On prenait les maniaques des armes à feu et du treillis pour des illuminés. Depuis le carnage d’Oklahoma City et l'attentat contre le train Miami-Los Angeles, revendiqué par "les fils de la Gestapo", on découvre que les milices armées constituent une menace majeure pour la démocratie américaine. Enquête chez ces petits Blancs qui ont déclaré la guerre à l’Etat fédéral



Voyage au sein de l’ultradroite américaine C'est le petit livre rouge des milices, le catéchisme de l'ultradroite américaine. Tim McVeigh, l'auteur présumé de l'attentat d'Oklahoma City, ne se séparait jamais de son exemplaire des "Turner Diaries". L'action du livre se déroule en novembre 1989. La loi Cohen vient d'interdire aux citoyens de posséder des armes à feu, les Noirs sont chargés de faire respecter la loi. Un homme, Earl Turner, résiste. Après avoir fait sauter un bâtiment du FBI et dirigé une attaque au mortier sur le Congrès, il deviendra le héros d'une guerre raciale mondiale qui s'achèvera par la destruction de Toronto, où les juifs du monde entier ont trouvé refuge. Ecrit par le nazi William Pierce, "Turner Diaries" ressemble à la centaine d'autres ouvrages paranos et délirants dont les milices du Montana à la Floride se faxent les meilleurs extraits. "Sa spécificité, c'est qu'il préconise la propagande par l'action", explique ce milicien d'Arizona en brandissant son exemplaire où il a surligné au Stabilo Boss jaune les passages où l'on égorge des Noirs, ainsi que les récits de hold-up ou d'attentats à la bombe – soit les neuf dixièmes du livre. Cette apologie de la résistance par les armes à un prétendu complot mondial aura conduit à deux attentats terroristes en moins de six mois aux Etats-Unis. Après l'explosion du bâtiment fédéral d'Oklahoma City, le 19 avril dernier, le déraillement criminel du train Miami-Los Angeles à l'ouest de Phoenix, Arizona, le 9 octobre, a fait 1 mort et 112 blessés. Dans la carcasse calcinée, Roberto Concepcion, un des barmen du train, a trouvé une feuille tapée à la machine où étaient énumérés les griefs traditionnels de l'ultradroite à l'encontre du FBI et du gouvernement fédéral. Evoqué aussi, bien sûr, le point culminant du martyrologue des milices: l'assaut contre la secte des davidiens, à Waco. La feuille était signée "les fils de la Gestapo". Avec sa barbe de patriarche et son air de doux dingue, John Trochmann, leader de la milice du Montana, a été convoqué au Sénat devant une commission réunie pour juger du degré de dangerosité des milices, et qui l'écoutait abasourdie. Poliment, il leur a expliqué l'imminence de l'invasion d'une armée sous commandement de l'ONU, aidée par des gangs de banlieue qui jusqu'ici se cachent dans les forêts de la nation en attendant le signal. Il leur a montré les photos de missiles russes sur leurs rampes de lancement au Texas, et le plan de partage des Etats-Unis tel qu'il figurait au dos d'une boîte de corn flakes Kix, sans qu'on puisse lui faire préciser pourquoi les armées du nouvel ordre mondial avaient choisi ce support original. Magnanime, il leur a accordé le bénéfice du doute: "Vous-mêmes, messieurs, devez être manipulés..." Les agents du grand complot contre l'Amérique authentique ont-ils déjà engagé les hostilités? Beaucoup le pensent dans cette frange de laissés-pour-compte du rêve américain qu'on a baptisée "white trash" ("le déchet blanc"). Anciens militaires ou chômeurs, qui survivent avec les 300 dollars mensuels de leur chèque d’aide sociale, ils passent leur journée à décortiquer dans les journaux ou sur Internet les informations les plus insignifiantes. Pour ces groupes isolés, dont la surinformation renforce la paranoïa parce qu'ils interprètent chaque nouvelle à travers le prisme de leur théorie de la conspiration, tout peut être le signe des intentions malignes du gouvernement. Pour Tim McVeigh, le signe aura peut-être été l'exécution en Oklahoma, le jour même de l'attentat, de Richard Snell, ce suprématiste blanc accusé d'avoir tué un policier noir et un commerçant juif. Pour "les fils de la Gestapo", l'annonce d'un verdict racialement orienté ou d'une marche de Noirs sur Washington. "La prochaine fois que vous viendrez en Arizona, j'espère que je pourrai vous montrer notre beau désert." En s'excusant maladroitement auprès des victimes, le gouverneur Fife Symington avait l'air consterné. Cette fois encore l'extrémisme milicien avait désigné le désert d'Arizona comme son berceau. Selon Michael Reynolds, de Klan Watch, il y aurait en Arizona plus de 22 milices violemment antigouvernementales, attirées par la tradition locale du culte de la liberté et le fait qu'on puisse y être ouvertement armé. Déjà Kingman, une petite ville de 31000 habitants dans la vallée Hualapai, au nord-ouest de l'Etat, avait fait parler d'elle lorsqu'on avait appris que Tim McVeigh y avait élu domicile pendant près d'un an. C'est à Kingman qu'avec ses complices Nichols et Fortier il aurait fait les derniers préparatifs en vue de l'attentat, aidé par une population sympathisante et peut-être par une des milices les plus secrètes et les plus dangereuses du pays: les Patriotes de l'Arizona. Alors la ville se terre, dégoûtée par le portrait que la presse a brossé de ses habitants. C'est l'article d'un journaliste australien qui a le plus choqué: "Kingman, c'est le cauchemar américain de base, fait de pauvreté et de saleté, un microcosme de l'extrémisme de droite, où tous les détritus blancs qui n'ont pu se faire une place en Californie ont échoué..." Au croisement de l'Interstate 40 (celle qui mène à Oklahoma City) et de la route 93, Kingman, ville de roulottes sédentaires, est un lieu de passage. Ses motels à 20 dollars abritent les petits voyous de Las Vegas venus "se perdre dans le désert". Devant le moins cher de tous, l'Imperial Motel, où McVeigh a passé deux semaines enfermé dans sa chambre, un garçon d'une vingtaine d'années sirote un Coca. Il faisait partie d'un gang à Las Vegas. Sa fiancée a été tuée sous ses yeux. Il prétend connaître quelques personnes qui ont été mêlées aux attentats: "Je ne suis qu'un OG (old gangster), mais tout ça je l'ai lu dans la Bible. Les attentats à la bombe, c'est le Nouvel Ordre mondial. Ça ne fait que commencer." Helmut Hoffer, le patron du motel, n'aime pas les fédéraux. Il n'a que des compliments à faire sur McVeigh: "Si tous les clients étaient aussi propres, aussi polis... Il faisait son lit tous les matins à la militaire: quand la femme de ménage a voulu changer les draps, elle a eu du mal à les décoller." Extrémiste ou pas, à Kingman on met un point d'honneur à défendre le droit des citoyens à posséder autant d'armes qu'ils le désirent, en vertu du deuxième amendement de la Constitution. Quand le shérif Caroll Brown, originaire de Caroline du Nord, est venu s'installer à Kingman, il a mis un temps à s'adapter. "Ici, c'est une région d'armes. Ça n'a rien à voir avec la côte Est. Là-bas, quand on trouve quatre ou cinq pistolets, cinq ou six fusils dans une maison, on dit: "C'est un arsenal". Par ici, c'est vraiment pas une affaire." Dans ce bled, on n’aime pas que les fédéraux viennent fouiner dans la vie des gens: "Dans ces endroits, poursuit Brown en montrant les roulottes qui s'étendent à perte de vue jusqu'aux montagnes, vous pouvez vivre comme vous l'entendez. Beaucoup préfèrent tirer l'eau de leur puits et ne pas avoir l'électricité pour ne pas payer de taxes." Avec leurs drapeaux confédérés, ou ceux qui demandent qu'on ne les "serre pas de trop près" surmontés d'une tête de mort, les roulottes rafistolées ne sont pas vraiment accueillantes. Mais, selon le shérif, qui a eu l'occasion de voyager en Europe, cette volonté d'indépendance vis-à-vis du gouvernement, c'est la caractéristique des Etats-Unis. L'esprit des plaines de l'Ouest: "A l'étranger, j'ai vu des flics qui avaient des mitraillettes en bandoulière. C'est cet Etat policier que nous voulons éviter. De là à devenir un rat du désert..." Le regard du shérif se perd dans les montagnes Aquarius qui se dressent au bout de la plaine. Jamais il n'aurait évoqué le nom de leur hôte le plus tristement célèbre, de peur de donner le coup de grâce à la réputation de sa ville d'adoption. Il refusera même de m'indiquer le chemin de sa roulotte. Mais depuis longtemps la notoriété de Jack Maxwell Oliphant, "le grand-père des milices d'Arizona", a franchi les limites de l'Etat. Fondateur des Patriotes de l'Arizona, l'homme a passé quatre ans en prison à la fin des années 80, avec trois de ses complices, pour avoir organisé l'attaque d'un fourgon blindé qui transportait la recette d'un casino de Laughlin (Nevada). Le magot de 10 millions de dollars aurait servi à financer les camps d'entraînement de la milice. Des agents infiltrés l'ont entendu préparer des attentats contre une synagogue et contre le bâtiment fédéral de Phoenix. Aujourd'hui, le FBI le soupçonne d'être au courant des faits et gestes de tous les groupuscules d'extrême droite de la région. Jack Oliphant, 71 ans, veut mettre le plus de distance possible entre lui et une civilisation corrompue. Il vit à 60 kilomètres à l'est de Kingman, dans les montagnes Aquarius, son pitbull, sa femme Margo, et un couguar dans le jardin. Il n'y a pas de chemin pour aller à son ranch, qu'il a baptisé Hephzibah, d'après la Bible. Pour y arriver, il faut affronter la montagne aride à pic avec un 4x4, ouvrir trois barrières et déranger deux troupeaux de vaches. "Vous êtes venue voir l'homme le plus dangereux des Etats-Unis?" Etonné d'être débusqué dans son refuge, Oliphant est plutôt accueillant, un peu cabotin. Nous devrons pourtant nous replier fissa dans la voiture lorsqu'un de ses voisins, venu en visite, un vétéran de la guerre du Viêt Nam qui a quelques packs de Budweiser dans le nez et n'aime pas les journalistes, menacera d'aller chercher son fusil. "Je suis le prisonnier de guerre d'un gouvernement dirigé par des banquiers sionistes", commence Oliphant, un mégot piqué dans la pointe dorée qui lui tient lieu de dent unique. Ses jeans troués, sa chemise et même sa peau sont recouverts d'une fine pellicule de poussière de la montagne. Jusqu'en 1976, Oliphant a sillonné le pays pour appeler à la révolte contre le gouvernement et prévenir ses concitoyens de l'imminence d'une guerre raciale qui préfigurerait l'Apocalypse. Puis il s’est retiré dans les montagnes, mais ses fidèles l'ont suivi et ont installé leurs trailers autour du ranch: "Je les ai entraînés à la guerre de maquis. C'est ça qui a fait flipper le FBI", explique-t-il. A cette époque, Jack avait acheté une concession dans une petite mine d'or de la région. Un jour, en voulant régler une dispute entre propriétaires pour un arpent de terre, il a saisi son fusil par le mauvais bout. Le bras de Jack a été déchiqueté: "Même si j'ai appris à tirer de la main gauche, ça m'a calmé." De temps en temps, les skinheads du pays viennent lui rendre visite. "De là à me présenter comme le complice de McVeigh... C'est vrai, j'ai dit que si l'explosion avait eu lieu de nuit, il aurait été un héros. Mais, contrairement à ce que prétend le FBI, je ne le connaissais pas." Quelques semaines après l'attentat d'Oklahoma, lorsqu'il a appris par le bouche-à-oreille que les fédéraux le recherchaient, Jack s'est présenté de lui-même à leurs bureaux de Kingman. C'est un agent noir qui l'a interrogé. "J'ai pas pu m'empêcher de lui demander s'il savait ce que devenait un nègre qui allait à l'université? Quand j'ai répondu: "Un nègre instruit", il s'est mis à rigoler. Lui aussi trouvait ça loufoque que ce soit un Noir qui s'occupe de mon cas à moi, Jack Oliphant..." Des voisins, Steve, 35 ans, beau-fils de l'allumé du Viêt Nam, et Mike, 60 ans, le secrétaire de Jack, nous rejoignent dans la voiture. Steve est venu rapporter un livre, "le Complot des trente", une nomenclature des piliers du nouvel ordre mondial: l'ONU, la Fed... Les annotations des dizaines de personnes qui ont eu le livre entre les mains se superposent dans la marge. Depuis qu'il a raccroché les armes, Jack fait club de lecture pour les isolés de la montagne; il s'emploie à éveiller les consciences aux signes du complot mondial. Pour acheter les livres de la collection Palladin, un fleuron du genre, on se cotise. Quelques titres: "le Livre de cuisine de l'anarchiste", qui explique la fabrication de bombes artisanales; "Comment faire disparaître un corps sans laisser de traces"; ou encore "Comment détruire des ponts". Quand le sujet est trop salé, le catalogue Palladin précise: "Pour étude théorique seulement." "Jack m'a ouvert les yeux", murmure Steve en regardant le vieil homme manchot. "Une milice bien contrôlée étant nécessaire à la sécurité d'un Etat libre, le droit du peuple de posséder et de porter des armes ne doit pas être transgressé." Le shérif Brown l'avait dit: en Arizona, le deuxième amendement de la Constitution a été érigé en commandement biblique. La fraction la plus dure de la National Rifle Association, le lobby des armes aux Etats-Unis, ne s'était pas trompée en organisant à Phoenix un des congrès les plus importants de son histoire. C'était en mai dernier, un mois après l'attentat d'Oklahoma City – 167 morts. L'organisation était accusée d'avoir, par sa rhétorique extrémiste, créé un climat de sédition. Wayne Lapierre, son président, avait dû expliquer pourquoi il avait traité les agents du FBI de "voyous fascistes aux bottes militaires" – ce qui avait conduit George Bush à rendre sa carte de la NRA. Après quatre jours de réunion, Tanya Metaxa, la Calamity Jane de l'association, présente les Katona, couple vedette du congrès, symbole de l'arbitraire fédéral, héros des citoyens prêts à prendre les armes pour défendre leurs droits. Louis Katona, agent immobilier de Bucyrus, Ohio, et flic à mi-temps, collectionnait les armes. Dans sa cave il en avait pour plus de 300000 dollars, qui devaient servir selon lui à financer l'éducation de ses enfants. Un jour, comme le raconte la NRA dans de pleines pages de publicité dans les journaux, "des agents fédéraux, criant et jurant, se sont rués chez lui pour confisquer ses armes. Ils ont attrapé sa femme enceinte et l'ont jetée contre le mur. Quelques jours après elle faisait une fausse couche". En fait, trois spécialistes appelés à examiner le dossier médical de la femme de Katona concluront que la fausse couche a eu lieu bien avant le raid. Mais, fausse couche ou pas, l'histoire fait tilt dans ce public de Blancs qui, depuis la loi Brady imposant un délai de trois jours avant l'acquisition d'une arme, pense que le gouvernement veut les désarmer par tous les moyens pour finir par leur imposer des lois de plus en plus arbitraires. La parano est telle qu'un membre du comité de la NRA me racontera comment ses impôts servent à détourner des camions entiers de homards du Maine vers les prisons quatre-étoiles du pays... Pour eux, l'histoire de Katona est un exemple de plus dans la liste des exactions commises par l'Etat fédéral. Comme celle de Randy Weaver, qui a perdu sa femme et son fils de 14 ans lors d'un raid mené par l'ATF, une branche du FBI. Ou encore l'assaut contre les disciples de David Koresh, devenu le martyr des milices. Un mois après l'attentat d'Oklahoma City, alors que son auteur présumé est devenu l'ennemi public numéro un, des jeunes en treillis distribuent à la sortie du stand d'exposition des armes de la NRA des tracts intitulés "Pourquoi McVeigh n'est pas un terroriste". Le manifeste, d'une violence extrême, est signé par "la Milice constitutionnelle de 1791". Son siège se trouve à Cornville, une petite ville du désert à mi-chemin entre Phoenix et Sedona, dans une roulotte exiguë, sur un terrain vague. A l'intérieur, sur le sol, des coussins éventrés, deux chiens, une perruche, deux drapeaux américains et un fusil. Sur les tables, deux ordinateurs allumés, une télé, une CB et deux fax qui ne cessent de crépiter. Dans la pénombre on distingue une grosse femme assise sur son lit, elle porte un tee-shirt où est inscrit: "Waco, réveille-toi l'Amérique!" La fondatrice de la milice, Sheila Reynolds, vient de subir une opération des cordes vocales. Avec la voix métallique de Dark Vador dans "la Guerre des étoiles", elle donne un compte rendu de sa journée à Frank, 30 ans, chef de la sécurité. Le matin, elle a échangé des fax avec Clive Doyle, un rescapé de l'incendie de Mount Carmel, à Waco, afin d'organiser une collecte en faveur des davidiens. Puis elle a téléphoné à son ami John Trochmann, de la milice du Montana. La discussion a porté sur la question de savoir si, au nom du deuxième amendement, on devait autoriser les particuliers a acquérir des armes nucléaires. L'après-midi, elle a envoyé un E-mail (message par Internet) à son ami Jack Mac Lamb, fondateur de la Police contre le Nouvel Ordre mondial de Phoenix, pour faire le point sur l'état des traités des forces de l'Antéchrist: le Gatt et l'Alena. Frank écoute respectueusement. Sheila est le cerveau de l'organisation. Lui en est le bras armé. Le week-end avec son "unité", il s'entraîne à la guerre dans le désert. Il marmonne, il a des sautes d'humeur. On ne peut s'empêcher de penser que McVeigh doit lui ressembler. Avec sa voix d'ordinateur, Sheila appelle sa fille, une petite blonde de 17 ans, diaphane, aussi frêle que sa mère est massive. "Présente-toi", ordonne la mère. Cathy s'exécute. Elle raconte comment elle a claqué la porte de l'école après un cours d'éducation sexuelle où on ne prônait pas l'abstinence avant le mariage. Avec ses amis et voisins, ils ont pensé créer une communauté religieuse. Et puis l'exemple de Waco les en a dissuadés. Alors Cathy reste avec sa mère impotente à la voix métallique. Huis clos dans une roulotte au milieu du désert. La jeune fille étudie par correspondance. Elle veut devenir infirmière. Son ordinateur est resté allumé. On peut y lire: "Pourquoi McVeigh n'est pas un terroriste." C'est une gamine de 17 ans qui est à l'origine d'un des pamphlets les plus violents jamais écrits par les milices... Quelques jours avant que le train Miami-Los Angeles ne déraille, un avertissement est arrivé sur le fax de Sheila Reynolds. Il mettait en garde contre "un possible attentat du gouvernement fédéral contre le peuple d'Arizona dans un avenir proche". Certaines milices avaient reçu un message similaire avant l'attentat d'Oklahoma City. La petite Cathy a dû y voir un signe annonciateur de l'Armaguedon, la grande bataille de l'Apocalypse, où les forces du Bien affronteront celles de l'Antéchrist et délivreront enfin sa mère de cette voix de rocaille.

 

Sara Daniel
Le Nouvel Observateur

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15/06/2009

Ronde nere fascisme italie msi non oxi 28 octobre

 

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Presentazione delle «ronde nere» al convegno nazionale dell'Msi a Milano. Il gruppo si chiamerà «Guardia nazionale italiana» (Gerace)

 

 

Italie : vers un retour du fascisme ? C’est hebdomadaire catholique Famiglia Cristiana ("Famille chrétienne") qui a lancé le pavé dans la mare. Dans un éditorial du 13 août, ce journal, vendu à plus d’un million d’exemplaires par abonnement et dans les paroisses, s’interroge : "Espérons que les soupçons d’une renaissance du fascisme, en Italie, sous d’autres formes se révéleront infondés."

Les campagnes électorales d’avril dernier et la victoire d’une droite dure se sont en effet immédiatement traduites par une vaste offensive xénophobe. Les Roms de nationalité italienne ou venant d’autres pays européens ont été désignés comme la source de tous les maux du pays. Cette entreprise incluait une vague de violences contre des camps de Roms, sous l’impulsion notamment de membres de l’extrême droite et d’éléments de la pègre et de la part du gouvernement une campagne de fichage des Roms.

La fiche a été établie à Naples , où le recensement a débuté, avant de s’étendre à Milan et à Rome. Dans ces trois villes, le gouvernement considère que la présence des Roms « crée des troubles ». Leurs préfets respectifs ont été nommés commissaires à "l’urgence nomade" puis convoqués au ministère de l’intérieur pour mettre au point les détails de l’opération. Le fichage comprend, à côté des empreintes digitales et de la photo, des cases "ethnie" et "religion". Ce fichage a provoqué un tollé dans le pays, et alerté l’Union européenne ainsi que des organisations internationales comme l’Unicef et Amnesty international. Malgré les polémiques, le ministre de l’intérieur Roberto Maroni, à l’origine du projet, déclare ne pas vouloir "reculer d’un millimètre". Selon ce haut responsable de la Ligue du Nord, populiste et xénophobe, le recensement est indispensable pour connaître la situation des camps et des nomades qui vivent en Italie, adultes et enfants. Selon lui, "il ne s’agit pas d’un fichage ethnique", mais d’"une garantie supplémentaire pour la protection des droits des occupants des camps nomades".

Il a du reculer sur un point : contrairement à ce qui avait été annoncé dans un premier temps, les empreintes des enfants n’ont pas été relevées. Maroni, qui espérait pouvoir appliquer le fichage aux mineurs, a dénoncé l’"hypocrisie" des réactions à ce sujet. Les empreintes, a-t-il défendu, devaient ainsi servir à vérifier s’ils étaient envoyés mendier par leurs parents. Dans ce cas-là, les enfants auraient pu être retirés à leur famille.

La conférence épiscopale italienne a fait part de sa "forte préoccupation". L’opposition qualifie le fichage de "raciste". Amos Luzzatto, ancien président de l’union des communautés juives, a déclaré que cette décision ravivait en lui le souvenir de ce qu’il a vécu lors de la proclamation des lois raciales de 1938 par Mussolini. Parallèlement, depuis le 4 août plus de trois mille soldats ont commencé à se déployer dans les principales villes italiennes .Leur champ d’action inclut la lutte contre la criminalité, l’immigration clandestine et la menace terroriste.

Le nouveau gouvernement a aussi donné toute liberté aux maires pour prendre des mesures restreignant les libertés dans leurs villes, produisant ce que l’on appelle maintenant les "maires-shérifs" . Avant même le décret autorisant ces dérives locales, le maire de Rome, G. Alemanno (droite) avait prohibé les pique-niques sur les places ou près des monuments du centre historique de la capital et surtout tenté d’interdire aux pauvres de fouiller dans les poubelles. Les associations caritatives romaines organisant les soupes populaires, en majorité catholiques, ont immédiatement protesté, Don Ciotti, de l’association Abele a déclaré : « ceux qui font les poubelles doivent avoir une chance de survivre" ; face au scandale, Alemanno a du reculer.

Le maire de la capitale est d’ailleurs particulièrement représentatif des dangers de la situation actuelle. Giovanni Alemanno a mené une campagne virulente pour battre son adversaire, Francesco Rutelli, maire et ministre de la Culture sortant, en ciblant ses attaques sur l’insécurité et l’immigration. Il a promis l’expulsion de 20 000 immigrés clandestins ayant eu affaire à la justice.

Cet ex-ministre de l’Agriculture de précédents gouvernements Berlusconi, est issu de l’ancien parti MSI, héritier du mouvement fasciste. Il avait participé avec G. Fini, au « recentrage »politique d’Alliance Nationale mais il a gardé des liens étroits avec la frange radicale qui maintient l’ancien cours néo-fasciste.

Ainsi c’est tardivement, sous la pression de la communauté juive de Rome, qu’il a été contraint de récuser son alliance avec la Destra (la Droite), une scission du parti de Fini se revendiquant ouvertement du fascisme, dirigée par Francesco Storace, tout en lâchant : « A propos de Storace, les juifs exagèrent ».

Alemanno, surnommé lors de ses années de jeunesse fasciste "il picchiatore " (le "tabasseur"), avait déjà suscité une vive émotion sur des plateaux de télévision, en exhibant la croix celtique qu’il porte en permanence au cou.

Le même Alemanno a également proposé après son élection de nommer plusieurs rues de la capitale d’après des hommes politiques du siècle dernier, parmi lesquels son mentor Giorgio Almirante, ex-membre de la République sociale de Saló (Etat fasciste du centre et du nord de l’Italie fondé par Mussolini en 1943) et fondateur du néofasciste Mouvement social italien (MSI). La communauté juive de Rome a vivement critiqué cette initiative en rappelant les collaborations, en 1942, d’Almirante à la revue antisémite La défense de la race et les articles dans lesquels ce dernier affirmait que « le racisme doit être la nourriture de tous […]. Autrement nous finirons par faire le jeu des métis et des juifs… ». Le président de la communauté juive de Rome a proposé que le nom de son grand-père mort à Auschwitz, Riccardo Pacifici, soit écrit en lieu et place de Giorgio Almirante. Alemanno, n’a pourtant pas abandonné son projet de lui attribuer une rue. Il a simplement concédé « qu’il cherchera une discussion claire afin d’obtenir le consensus de la communauté juive pour consacrer une via Almirante ». Avant de rectifier : « Nous n’avons jamais pensé déléguer la question à la communauté juive, c’est moi qui décide. »

Les anciens/nouveaux dirigeants italiens entretiennent indubitablement des rapports troubles avec l’histoire de leur pays.

La République italienne est née en s’opposant au fascisme, sur les cendres de la monarchie fasciste de Vittorio Emmanuele III.

Il est d’usage commémorer, chaque 25 avril - jour de la fête nationale -, la sortie de cette période totalitaire.

Berlusconi, en quinze années de vie politique et deux mandats de premier ministre, n’a jamais pris part aux commémorations de la fête nationale italienne. Il a tenu à effectuer, le 25 avril 2008, un geste explicite : alors que le Président de la République célébrait la victoire des alliés sur les nazis, il recevait en consultation officielle dans ses bureaux le sénateur Ciarrapico, qui a fait toute sa campagne électorale sur sa nostalgie pour le régime mussolinien et qui a déclaré haut et fort qu’il n’était aucunement question pour lui de renier le fascisme. Cet homme d’affaires plusieurs fois condamné par la justice, a longtemps dirigé une maison d’édition dont l’activité principale était la publication d’ouvrages fascistes et révisionnistes

Grâce à son appui et aux moyens qu’il a déployé la majorité de droite compte dans ses rangs Alessandra Mussolini, petite-fille du Duce et garante de sa "mémoire idéologique et politique". Déjà euro-députée, elle est remplacée au Parlement européen par le chef des « Naziskins » de Forza Nuova, Roberto Fiore, adorateur proclamé du Duce et de Franco et longtemps exilé en Angleterre pour fuir la justice. La présence au gouvernement de plusieurs ministres de la Ligue du Nord qui a recours à une thématique de droite très radicale est un élément particulièrement préoccupant pour l’avenir. Il est à noter que ce parti qui s’appuie sur une thématique régionaliste et populiste a conquis des voix dans l’électorat ouvrier d’une gauche en déshérence. Le rôle joué par le parti Allianza Nazionale (ex MSI) de Fini, issu du néo-fascisme, accentue la coloration extrémiste d’une droite italienne qui cherche à détruire l’indépendance et le statut de la justice. La violence contre les Roms et les immigrés annonce elle d’autres affrontements ?

http://www.betapolitique.fr/Italie-danger-fasciste-10649.html

 

11/11/2008
Q I (2)
L’Italie toujours séduite par Mussolini


(MFI) Un nombre croissant d’Italiens avouent leur admiration pour Benito Mussolini, estimant que le régime du dictateur qui s’était allié avec Hitler n’a pas été totalement négatif. Parmi ces « nostalgiques » du fascisme, les jeunes sont de plus en plus nombreux.

Le 28 octobre dernier, des milliers de nostalgiques de Benito Mussolini se sont retrouvés – comme chaque année – dans sa ville natale de Predappio, dans le Nord-Est de l’Italie, pour commémorer sa prise de pouvoir, le 28 octobre 1922. Autrefois, le rassemblement ne réunissait qu’une centaine de personnes, souvent âgées, qui préféraient être discrètes. Cette année, ils étaient plus de 10 000, vêtus de la même chemise noire que le dictateur, défilant en faisant le salut fasciste, un drapeau italien à la main. Comme le déclarait au quotidien La Stampa le maire de centre-gauche de la ville, Giuliano Brocchi : « Pendant de nombreuses années, on ne voyait que des nostalgiques d’un certain âge. Aujourd’hui, ceux-ci ont cédé la place à des jeunes de plus en plus nombreux, très revendicatifs, se disant fiers d’être fascistes. C’est inquiétant. »
Le « pèlerinage » suit toujours le même itinéraire : défilé à travers les rues de la ville jusqu’au cimetière de San Cassiano où se trouve la tombe de celui qui dirigea l’Italie d’une main de fer de 1922 à 1943, messe de commémoration puis garde d’honneur et chants fascistes. Les deux magasins de souvenirs de Predappio vendent des briquets, cendriers et autres t-shirts à l’effigie du Duce, mais aussi des matraques et des poings américains sur lesquels est inscrit le nom de Mussolini. « Nous recevons beaucoup de clients pour l’anniversaire de sa naissance le 29 juillet, de sa mort le 28 avril et de la marche sur Rome le 28 octobre. Mais il y a du monde toute l’année ; les affaires marchent de mieux en mieux », reconnait le propriétaire d’un magasin, cité par La Stampa. Visiblement, le culte du Duce se porte bien.

La tentation de réviser l’histoire

Cette année, la commémoration prend un relief particulier du fait de la dérive autoritaire que connaît l’Italie depuis le retour au pouvoir de Silvio Berlusconi en avril 2008. Entre la remise en cause de l’indépendance des magistrats et la rigueur des lois contre les immigrés, entre les dérapages verbaux du Premier ministre et la multiplication des attaques contre les étrangers, certains n’hésitent pas à comparer le berlusconisme au fascisme. Pour Angelo d’Orsi, professeur de sciences politiques à l’université de Turin : « Silvio Berlusconi est l’héritier du Duce. Certes, le pays ne va pas sombrer dans la dictature. Mais Berlusconi est l’inventeur d’un totalitarisme d’un nouveau genre qui prend la forme d’un contrôle des médias, d’une confiscation de l’Etat à des fins personnelles, d’une gestion politique qui oscille entre menaces et séduction. Il met au pas les juges, manipule l’opinion publique, se fait le chantre de l’ordre… Tout cela est loin des normes démocratiques. » On assiste en outre à une tentative de réviser l’histoire. Lors des célébrations de l’anniversaire de l’armistice, le 8 septembre dernier, Ignazio La Russa, le ministre de la Défense, a rendu hommage aux combattants de la république de Salo, qui restèrent fidèles à Mussolini et au nazisme après le renversement d’alliances : « Ils ont combattu avec la conviction qu’ils défendaient leur pays. Je ne considère pas et je n’ai jamais considéré le fascisme comme le mal absolu. » Fureur dans les rangs de la gauche et des associations de défense des Droits de l’homme.

« Un régime qui avait aussi ses bons côtés »

Pas étonnant dans ces conditions qu’un nombre croissant d’Italiens – parmi lesquels des stars du sport ou de la chanson – reconnaissent ouvertement admirer Benito Mussolini et estimer qu’il ne faut pas porter un jugement trop sévère sur cette période, que tout n’était pas si négatif. « Les gens oublient volontairement l’utilisation d’armes chimiques lors de la guerre d’Ethiopie en 1936, les lois raciales contre les juifs, le pacte d’Acier avec Hitler, la participation de l’Italie à la Seconde guerre mondiale aux côtés de l’Allemagne nazie. Ils ne retiennent que l’ordre, la sécurité, le nationalisme, une certaine prospérité, les ambitions de grande puissance de l’Italie. C’est leur moyen de réagir à la mondialisation, à la crise économique, à la société multiculturelle, à la peur du lendemain », déplore l’historien Gianni Malteze, interviewé dans La Repubblica.
Signe des temps : les maires (de droite comme de gauche) des villes de fondation – ainsi qu’on appelle les cités construites sous Mussolini et dont l’architecture était censée symboliser l’ordre fasciste – ont obtenu pour la première fois de larges subventions pour réhabiliter des lieux qui interpellent les mémoires. « Il y a dix ans, nous n’obtenions pas un centime », reconnaît l’un des élus, cité par Le Monde. Pour le maire de Pienza : « L’histoire a condamné le fascisme. Rénover ces villes, c’est servir leurs habitants, pas cautionner un régime qui a bafoué la démocratie et les droits humains. » Mais le premier magistrat de la commune de Sabbioneta est plus ambigu : « Le regard sur le fascisme a changé. Il n’y a pas eu que des moments noirs sous Mussolini. » Parallèlement à Predappio, un commerçant, interviewé par La Stampa, admet que « vivre dans une ville associée à Mussolini et au fascisme est parfois embarrassant. Mais c’est bon pour les affaires, et les admirateurs du Duce sont très polis ; ils ne causent jamais le moindre problème ».

Jean Piel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.rfi.fr/fichiers/MFI/PolitiqueDiplomatie/2675.asp

 

 

28 Octobre on fêtera en Grèce le Non ΟΧΙ, c’est la deuxième fête Nationale après celle du 25 Mars.. Il s’agit d’une date historique, le 28 Octobre 1940 la Grèce disait Non à Mussolini et rentrait en guerre.
Chaque année on assiste à des défilés mais contrairement à la fête Nationale du 25 Mars où le grand défilé à lieu à Athènes, pour le 28 Octobre il a lieu à Thessalonique

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