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04/07/2009

Les Etats-Unis réinventent le Macchartisme - Glenn Beck de Fox TV n'a pas lu l'Insurrection qui vient...(réactualisé)

 

Le journaliste politique Glenn Beck livre sur la chaîne américaine Fox News son analyse du livre «L'insurrection qui vient», dont la version traduite en anglais sort le 9 août. Selon lui, il s'agit d'«un livre dangereux» qui «appelle à la révolution violente» et que les Américains doivent prendre très au sérieux.

The Coming Insurrection : panique à Fox News

Trouvé dans la bibliothèque de Julien Coupat à Tarnac lors de son arrestation, et considéré par ses accusateurs comme une pièce à conviction, L’insurrection qui vient, publié en 2007 à La Fabrique, a connu depuis un succès inattendu. La traduction anglaise paraîtra en août aux Presses du Massachusetts Institute of Technology (MIT), et elle semble bien partie pour susciter autant d’émoi aux Etats-Unis qu’en France (1). Le 1er juillet, sur Fox News, le chroniqueur Glenn Beck brandit le brûlot du Comité invisible en le qualifiant de « livre dangereux ». Sur fond d’images d’émeutes dans les banlieues françaises ou ailleurs, il en extrait quelques citations terrifiantes et annonce que Julien Coupat est en passe de pénétrer clandestinement sur le territoire américain. Il conclut en soupirant que, partant en vacances le soir même, il va maintenant devoir... lire ce livre, « pendant que toute sa famille lira des choses amusantes », afin de pouvoir, à son retour, dire à son public « ce qu’il y a dedans » !

« En dépit des exorcismes, le spectre de la révolution, l’immense espoir qu’un jour tout pourrait changer, filtre de la conscience collective et naît de l’enchaînement des événements. Les colères soulevées par la crise économique inquiètent les commentateurs conservateurs. Conscients que leur modèle idéologique s’effrite, ils scrutent avec inquiétude les signes du surgissement... Un autre monde ? La course folle du capitalisme vient en tout cas de fissurer celui que nous connaissons », écrivions-nous en ouverture de notre dossier de mai, « Comment naissent les révolutions », désormais accessible en ligne.

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-07-03-The-Co...

 

«L'extrême gauche appelle activement à la violence. [...] Ils veulent abattre le capitalisme et le mode de vie occidental. Cela a commencé en France et s'est étendu à des pays comme le Grèce ou l'Islande, des pays où les gens n'ont plus de travail, plus d'argent et plus de patience. [...] L'Europe est au bord de la destruction depuis plusieurs années. Maintenant, le phénomène est sur le point d'arriver aux Etats-Unis.»

Le présentateur révèle que Julien «Coupé», l'un des auteurs présumés du livre, a visité le Canada avec son amie en janvier 2008 et s'est «glissé» de l'autre côté de la frontière pour visiter New York. «Qui s'inquiète de la frontière canadienne? Au fait, nos frontières sont sûres, pas vrai?» ironise-t-il.

Conclusion de Glenn Beck, qui avoue tout naturellement n'avoir pas encore lu le livre: «Je ne demande pas à une interdiction de ce livre. Il est important que vous lisiez ce livre. Vous savez ce que les gens pensent, vous savez qui sont les ennemis, et vous êtes prêts.»

Slate : http://www.slate.fr/story/7605/lam%C3%A9rique-doit-se-pr%...

 

 

 

 

 

 

Autre analyse mais même conclusion sur Libération :

http://www.liberation.fr/brut-de-net/06011086-fox-news-fa...

 

Voilà une pub inattendue pour la sortie américaine imminente du livre qui a empêché Michèle Alliot-Marie de dormir... Le très droitier Glenn Bleck a consacré sa chronique du 1er juillet sur la chaîne conservatrice Fox News à l'Insurrection qui vient, que le gouvernement français soupçonnait Julien Coupat d'avoir écrit.

La traduction anglaise -The Coming Insurrection- doit être publiée aux Etats-Unis début août, aux presses du Massachussets Institute of Technology. Et Glenn Beck voit là de "gros problèmes en perspective", tant les "désaffiliés" du monde entier ont tendance à se rebeller ces derniers temps.

Lors de son show -en version traduite par Libé ci-dessus- Glenn Beck lit des extraits du livre sur fond d'images d'émeutes en France et de manifestations au Japon ("Ils ne font pas ça, normalement, les Japonais!", s'étrangle-t-il).

Pour le chroniqueur -qui annonce emmener le livre en vacances- il est urgent de lire l'Insurrection qui vient "afin de connaitre ses ennemis".

 

Comme part hasard, le ROS Italien vient de mettre la main sur les auteurs d’un vaste complot :

 

Présentés comme appartenant à «la mouvance anarchiste», ils ont été arrêtés alors qu’ils s’apprêtaient à saboter une ligne de train en Italie. Ils doivent être inculpés pour «association subversive» «dans un but terroriste».


Deux jeunes Italiens, présentés comme appartenant à «la mouvance anarchiste», ont été arrêtés vendredi 3 juillet en Italie, alors qu’ils s’apprêtaient à saboter une ligne de train. C’est la section anti-terroriste de la gendarmerie italienne (Ros) qui a effectué cette arrestation, a-t-elle elle-même annoncé.

Ils ont été interpellés à 5h (3h GMT), sur un pont au-dessus de la ligne ferroviaire Orte-Ancône (nord-est). Ils étaient à bord d’une voiture volée qui contenait des crochets artisanaux en fer pouvant servir à provoquer un court-circuit sur le réseau d’alimentation de la ligne, a indiqué à l’AFP un porte-parole du Ros, sous le couvert de l’anonymat.

«Nous sommes intervenus un peu avant qu’ils ne mettent leur projet de sabotage à exécution», a affirmé le porte-parole.

Une quarantaine de perquisitions

Dans le même temps, les gendarmes ont procédé, sur instruction du parquet de Pérouse (nord-ouest), à une quarantaine de perquisitions chez des sympathisants du groupement «anarcho-insurrectionnel» auquel appartiendraient les deux jeunes arrêtés, selon les mêmes sources.

Pour ce qui est des deux jeunes interpellés dans la voiture près de la ligne Orte-Ancône, l’un d’eux est né à Rome en 1982 et l’autre à Pérouse en 1987, a précisé le porte-parole, qui n’a pas fourni plus de précision sur leur identité.

«Dans un but terroriste»

Les deux jeunes seront inculpés pour «association subversive» et «atteinte à la sécurité des transports publics dans un but terroriste», a-t-il indiqué. 37 autres personnes de ce mouvement «anarcho-insurrectionnel» ont été inculpées d’«association subversive» à l’issue des perquisitions, selon le porte-parole. Mais ces dernières ont été laissées en liberté, a-t-il souligné.

Le mouvement «anarcho-insurrectionnel» est un mouvement subversif interdit, a précisé le porte-parole des Ros qui a précisé qu’à ce stade l’enquête ne faisait pas apparaître de liens avec l’étranger.

Le G8 en toile de fond

La police et la gendarmerie italiennes sont en état d’alerte maximale en raison de l’imminence de la tenue du 8 au 10 juillet du sommet du G8 à L’Aquila dans les Abruzzes (centre) et de l’arrivée en Italie de 39 chefs d’État ou de gouvernement étrangers.

Le 11 juin dernier, les forces de l’ordre avaient déjà arrêté six personnes qu’elles soupçonnaient de préparer un attentat contre le G8.

La sécurité des transports ferroviaires est également au centre des préoccupations des autorités italiennes après la catastrophe de Viareggio (nord-ouest) qui a fait lundi 21 morts dans l’explosion accidentelle d’un wagon-citerne chargé de GPL (gaz de pétrole liquéfié).

Cette affaire intervient alors qu’en France se poursuit l’enquête controversée de la section sur les neuf inculpés de Tarnac, soupçonnés eux aussi par les enquêteurs d’avoir voulu saboter des lignes ferrovières en France.

Leur presse (Le Nouvel Observateur), 3 juillet.

 

 

Après le fantôme des Brigades rouges ressuscité il y a trois semaines, c’est maintenant aux «anarcho-insurrectionnels» d’occuper la scène répressive, en remake de «Tarnac».

Dans la nuit américaine du spectacle, toutes les vaches sont grises.

À bas l’État ! Et gare à ses flics de tout poil — en face comme parmi nous !

Avait posté hier le visionnaire « Le Jura Libertaire ».

 

 

Herr Grimaud, 23 mars 2009

Des sorcières aux autonomes : les hérétiques, de l’Antiquité à nos jours

 

Un lien entre le traitement fait aux supposés tenants de la sorcellerie, dans le passé, et celui réservé aux prétendus membres de la mouvance anarcho-autonome, aujourd’hui ? Allons donc, faut pas pousser mémé dans les orties… Pourtant : si. Et je vous le prouve, au long d’un rappel historique s’appuyant sur le travail de Norman Cohn. Sortez vos balais et vos chapeaux pointus, fini de rire !
Retour aux sources : cette bonne vieille Antiquité

La sorcellerie telle qu’elle est conçue et imaginée au Moyen-âge est un héritage de l’Antiquité. Les accusations de démonolâtrie et d’infanticides rituels sont prononcés pour la première fois à l’encontre des chrétiens, à l’époque une secte dissidente du judaïsme refermée sur elle-même et qui prétend que son Dieu est le seul labellisé 100% divin. C’est l’aspect mystérieux et confidentiel de cette secte, la confusion par rapport à l’Eucharistie (manger le corps du christ sous forme de pain) et à l’Agape (nom donné au repas que prenaient les premiers chrétiens pour commémorer la cène et pendant lequel ils échangeaient le baiser de la paix) qui conduisent de nombreux observateurs de l’époque à décrire les chrétiens comme participant à des orgies incestueuses et cannibales et à des sacrifices rituels. Certaines descriptions carrément grotesques en deviennent comiques, notamment l’accusation d’adorer un Dieu à tête d’âne et de lui baiser l’anus (dans le monde antique, si certains dieux ont effectivement des parties animales, peu sont aussi mal considérés que l’âne). Les chrétiens étant une secte marginale, ils servent de boucs émissaires et agrègent tous les fantasmes morbides de l’époque.

Le système religieux romain est une concrétion à même d’assurer l’unité de l’empire et la « pax romana ». Au fur et à mesure que l’empire s’étend, les Dieux et les peuples sont pareillement intégrés. Parallèlement, la société romaine évolue vers une déification de l’empereur. A ce stade, le monothéisme des premiers chrétiens est considéré comme une atteinte à la société dans son ensemble, d’où les persécutions dont ils sont victimes.

La religion catholique finit par sortir de son ornière et, bien entendu, il n’est plus question de ces accusations lorsque la religion chrétienne, prosélyte et universelle, devient religion d’empire.

Paradoxe historique

L’évolution que connait l’idée de sorcellerie au cours du Moyen-âge est parallèle à la diabolisation des hérétiques. En pratique, il s’opère un retournement historique audacieux : les chrétiens accusent ceux qui dévient du dogme de ce qu’on leur reprochait à l’origine. D’où : ces accusations sont toujours une manière d’exclure les personnes incriminées de la société humaine en les accusant de transgresser l’ensemble des tabous communément admis (inceste, partouze, manger les bébés, zoophilie…). C’est valable pour les Vaudois, les Cathares et les Fraticelli. Ça a également été le cas pour les Templiers, qui n’ont eu d’autre tort que d’avoir une immense fortune aiguisant l’appétit de ce psychopathe de Phillipe le Bel. Ces affaires démontrent l’utilisation machiavélique qui a pu être faite de ce type d’accusations.

Par la suite, il s’opère une confusion entre la perception paysanne de la sorcellerie (qui s’exerce sous forme de « malleficum » : maléfices ayant pour objet de nuire à quelqu’un), la conception du magicien (lettré qui fait appel à des forces démoniaques sur la base de rituels établis par écrits) et ces hérésies dont les adeptes, par la force des choses, ont une pratique collective et secrète de leur foi. Si le fait de transformer ces derniers en adorateurs du démon bons pour le feu relève incontestablement de la manipulation, une grande part des procès individuels et collectifs dans les villages relèvent du fanatisme religieux, de l’obscurantisme et de la connerie humaine. Avec ce constat : les personnes taxées de sorcellerie s’étaient souvent, au cours des années, mis une grande part de la population du village à dos ; cette accusation matérialisait ainsi un consensus villageois pour se débarrasser de quelqu’un.

Méthode inquisitoriale

En ce qui concerne la justice, la méthode inquisitoriale est une innovation intéressante de la période. Auparavant, le procédé de droit utilisé était largement issu du droit germain : la méthode accusatoire imposait au plaignant d’engager personnellement sa responsabilité dans la plainte déposée. Et s’il n’apportait pas la preuve matérielle de ses accusations, c’est lui qui se mangeait un châtiment équivalent. Ce système avait l’avantage de limiter les procédures aux cas où les personnes étaient prêtes à prendre ce risque considérable pour obtenir justice.

A contrario, la méthode inquisitoriale consiste en une mise en accusation par la puissance publique. Cette dernière se charge d’obtenir des aveux par la torture et de brûler l’accusé s’il revient sur ses aveux. Pratique, n’est-ce pas ? D’où la possibilité d’obtenir ce qu’on veut de qui ont veut, de suggérer et de voir immédiatement la personne contresigner.
(Pour information, la raison qui sous-tendait l’utilisation de la torture dans les procès en sorcellerie est la suivante : les personnes étant sous l’emprise du démon, seule une torture bien menée pouvait permettre de rompre le lien entre la victime et les puissances infernales ; la torture était donc vivement recommandée par Dieu lui-même, puisque les aveux pouvaient permettre de sauver l’âme du pauvre pêcheur(resse).)

La grande chasse au sorcière des XVIe et XVIIe siècles, et les procès de masse qui ont eu lieu, proviennent de l’exigence de délation de la part des autorités, persuadées d’avoir affaire à une force occulte organisée. Sous la torture, les gens dénonçaient n’importe qui. Pour exemple, dans la petite ville de Wiesensteig, en Allemagne, 63 femmes ont été brûlées pour la seule année 1562 ; et en une année, des villages ont perdus prés de 10 % de leur population.

Ésotérisme et falsification historique

Question : y avait-il une organisation structurée de sorciers ? L’auteur de Démonolâtrie et sorcellerie au Moyen-Âge, fantasmes et réalités, Norman Cohn, pose que l’amalgame opéré entre hérésie et sorcellerie, entre des pratiques individuelles et des pratiques collectives, a conduit de nombreux auteurs modernes à verser dans cette erreur historique postulant l’existence de « covens », ces sociétés secrètes de sorciers(ères) se livrant à des sabbats, réunions périodique comportant leur lot d’activités plus ludiques les unes que les autres. Telles qu’invocation du démon ou du diable en personne, grosse partouze et dévoration de bébés…

Les principales sources d’information à ce sujet sont les comptes-rendus de procès d’inquisition. Au vu des méthodes employées, on peut se poser des questions sur la crédibilité de ces témoignages. Et supposer que ces compte-rendus sont surtout des projections d’inquisiteurs obsédés par leurs propres démons. Ainsi de cet abbé persuadé que des diablotins s’acharnaient sur lui, lui donnant des gaz et le faisant dormir pendant la messe…

Ce qui est amusant, c’est que l’ouvrage de référence en la matière, celui de madame Murray, publié au début XXe siècle, a conduit à la renaissance du mouvement païen et à la constitution de la Wicca, néo-paganisme moderne né dans les années 30 sous l’influence de l’ouvrage de Murray et d’un individu nommé Gardner. Pourtant, aucune preuve historique sérieuse n’existe pour confirmer ce postulat de l’existence d’une société secrète de sorciers. Par ailleurs, sa théorie se fonde largement sur l’oeuvre d’ethnologie de Frazier, le « Rameau d’Or », qui ramène la plupart des croyances antiques à la fertilité. Pour Murray, les cercles de sorcières étaient des cercles de femmes adorant une sorte de religion primitive de la terre et de la fertilité, en opposition au patriarcat du catholicisme.

A la suite de Murray, de nombreuses théories historiquement invérifiables ont été échafaudées, comme celle de Michelet, postulant que les cercles de sorciers étaient en fait des réunions de personnes en rébellion contre l’autorité de la religion et des seigneurs. Il est intéressant de constater que ces théories suivent très fidèlement le Zeitgeist du moment : celle de Michelet par son enthousiasme pour l’émancipation des classes laborieuses et le féminisme naissant ; celle de Murray par Frazier ; enfin, celle de Rose par l’époque psychédélique (il postule de grandes réunions de défonces à base de décoctions de plantes et des orgies avec des gens déguisés en animaux).

Les liens à établir avec notre époque, maintenant, chez nous

D’après Norman Cohn, les historiens ont gravement sous-estimé les capacités de l’imagination humaine : les récits de sorcellerie sont manifestement des compilations de faux documents et de délires montés de toute pièce. Il en ressort aussi un archétype au sens Jungien [1] de la société secrète, que l’on retrouve dans l’antisémitisme au XXe siècle (notamment à travers le Protocole des sages de Sion), mais également dans le traitement du terrorisme et la paranoïa sécuritaire actuelle.

La continuité est de deux ordres.

- Sur la forme : le traitement fait aux « terroristes » présumés dans les prisons israëliennes ou américaines est du même ordre que celui réservé aux hérétiques du Moyen-âge ; de même, alors qu’au Moyen-âge existaient des manuels de la « question » pour faire avouer l’hérétique, des manuels de torture ont été réalisés à destination des marines américains.
On peut constater aussi que la procédure inquisitoriale a déteint sur la conception juridique actuelle, en tout cas en matière de lois antiterroristes. Une des principales caractéristique de la procédure inquisitoriale comme des lois antiterroristes est l’absence presque totale de protection de l’accusé. La puissance publique accuse, cherche les preuves, condamne et applique la sentence. En pratique, elle part de sa propre conviction, sans qu’elle soit motivée par une plainte ou une dénonciation (comme c’est le cas en droit romain, par exemple), et cherche ce qui peut étayer sa thèse. Pour moi, les hérétiques du XXe siècle sont les personnes suspectées de terrorisme (étant donné qu’une infime part de ces dernières sont effectivement des terroristes actifs).

- Sur le fond : il apparaît clairement que le fantasme terroriste, bien qu’il soit en partie fondé sur la réalité, est largement amplifié et manipulé par les autorités capitalistes, occidentales et impérialistes (pas de raisons d’exclure le gouvernement chinois du cercle très ouvert des enfoirés). Sans revenir sur les différentes théories qui font du terrorisme une manipulation d’Etat, l’opportunité de l’ennemi intérieur et extérieur est évidente dans une situation de contestation politique grandissante et généralisée. Les masses terrorisées se concentrent alors sur le danger le plus immédiat : celui qu’on leur fait manger à l’heure du journal télévisé en accompagnement des petits pois.

[2]

D’une certaine manière, les membres de la mouvance anarcho-autonome incarnent les sorciers du XXIe siècle, et il est difficile de dire si l’acharnement dont elle est victime (si tant est qu’elle soit autre chose qu’un fantasme du pouvoir) est de la manipulation ou du fanatisme dogmatique. Dans l’affaire de Tarnac, on a pu voir la preuve de cette procédure inquisitoriale dans la recherche de pièces à conviction : harnais, horaires de trains et, pour montrer que Julien Coupat était le chef de la « bande », ce qui justifie encore son incarcération, un dessin d’enfant sur lequel il figure au-dessus (tout simplement parce-que l’enfant l’avait tout d’abord oublié).
Et si la soi-disant mouvance anarcho-autonome représente la sorcellerie du XXIe siècle, il n’y pas loin à chercher pour trouver l’Eglise prosélyte et universaliste, avec ses conciles (G8) et ses instances prétendant gouverner le monde (OTAN, ONU, FMI, OMC), par la force s’il le faut. Si au niveau franco-français, les autonomes font une bel épouvantail, à l’échelle du monde c’est l’ensemble des mouvements alternatifs et de contestation qui sont régulièrement attaqués.

La dérive sécuritaire paranoïaque me paraît n’être rien de plus qu’une énorme baudruche remplie de ces gaz fétides que produisent la peur et le fanatisme. Ça me fait bien marrer quand des gens disent : « Ça n’arriverait pas chez nous, on est pas des barbares »… Alors que « chez nous », on revient à grand pas aux bonnes vieilles méthodes médiévales de traitement de la contestation.


[1] Soit une « image primordiale » renfermant un thème universel, commun à toutes les cultures humaines mais figuré sous des formes symboliques diverses, et structurant la psyché inconsciente

[2] Affiche de Matt Mahlen.

Un article issu de : Des sorcières aux autonomes : les hérétiques, de l'Antiquité à nos jours

À voir en ligne ici : http://www.article11.info/spip/spip.php?article331

 

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15/06/2009

Ronde nere fascisme italie msi non oxi 28 octobre

 

ronde nere.JPG

 

Presentazione delle «ronde nere» al convegno nazionale dell'Msi a Milano. Il gruppo si chiamerà «Guardia nazionale italiana» (Gerace)

 

 

Italie : vers un retour du fascisme ? C’est hebdomadaire catholique Famiglia Cristiana ("Famille chrétienne") qui a lancé le pavé dans la mare. Dans un éditorial du 13 août, ce journal, vendu à plus d’un million d’exemplaires par abonnement et dans les paroisses, s’interroge : "Espérons que les soupçons d’une renaissance du fascisme, en Italie, sous d’autres formes se révéleront infondés."

Les campagnes électorales d’avril dernier et la victoire d’une droite dure se sont en effet immédiatement traduites par une vaste offensive xénophobe. Les Roms de nationalité italienne ou venant d’autres pays européens ont été désignés comme la source de tous les maux du pays. Cette entreprise incluait une vague de violences contre des camps de Roms, sous l’impulsion notamment de membres de l’extrême droite et d’éléments de la pègre et de la part du gouvernement une campagne de fichage des Roms.

La fiche a été établie à Naples , où le recensement a débuté, avant de s’étendre à Milan et à Rome. Dans ces trois villes, le gouvernement considère que la présence des Roms « crée des troubles ». Leurs préfets respectifs ont été nommés commissaires à "l’urgence nomade" puis convoqués au ministère de l’intérieur pour mettre au point les détails de l’opération. Le fichage comprend, à côté des empreintes digitales et de la photo, des cases "ethnie" et "religion". Ce fichage a provoqué un tollé dans le pays, et alerté l’Union européenne ainsi que des organisations internationales comme l’Unicef et Amnesty international. Malgré les polémiques, le ministre de l’intérieur Roberto Maroni, à l’origine du projet, déclare ne pas vouloir "reculer d’un millimètre". Selon ce haut responsable de la Ligue du Nord, populiste et xénophobe, le recensement est indispensable pour connaître la situation des camps et des nomades qui vivent en Italie, adultes et enfants. Selon lui, "il ne s’agit pas d’un fichage ethnique", mais d’"une garantie supplémentaire pour la protection des droits des occupants des camps nomades".

Il a du reculer sur un point : contrairement à ce qui avait été annoncé dans un premier temps, les empreintes des enfants n’ont pas été relevées. Maroni, qui espérait pouvoir appliquer le fichage aux mineurs, a dénoncé l’"hypocrisie" des réactions à ce sujet. Les empreintes, a-t-il défendu, devaient ainsi servir à vérifier s’ils étaient envoyés mendier par leurs parents. Dans ce cas-là, les enfants auraient pu être retirés à leur famille.

La conférence épiscopale italienne a fait part de sa "forte préoccupation". L’opposition qualifie le fichage de "raciste". Amos Luzzatto, ancien président de l’union des communautés juives, a déclaré que cette décision ravivait en lui le souvenir de ce qu’il a vécu lors de la proclamation des lois raciales de 1938 par Mussolini. Parallèlement, depuis le 4 août plus de trois mille soldats ont commencé à se déployer dans les principales villes italiennes .Leur champ d’action inclut la lutte contre la criminalité, l’immigration clandestine et la menace terroriste.

Le nouveau gouvernement a aussi donné toute liberté aux maires pour prendre des mesures restreignant les libertés dans leurs villes, produisant ce que l’on appelle maintenant les "maires-shérifs" . Avant même le décret autorisant ces dérives locales, le maire de Rome, G. Alemanno (droite) avait prohibé les pique-niques sur les places ou près des monuments du centre historique de la capital et surtout tenté d’interdire aux pauvres de fouiller dans les poubelles. Les associations caritatives romaines organisant les soupes populaires, en majorité catholiques, ont immédiatement protesté, Don Ciotti, de l’association Abele a déclaré : « ceux qui font les poubelles doivent avoir une chance de survivre" ; face au scandale, Alemanno a du reculer.

Le maire de la capitale est d’ailleurs particulièrement représentatif des dangers de la situation actuelle. Giovanni Alemanno a mené une campagne virulente pour battre son adversaire, Francesco Rutelli, maire et ministre de la Culture sortant, en ciblant ses attaques sur l’insécurité et l’immigration. Il a promis l’expulsion de 20 000 immigrés clandestins ayant eu affaire à la justice.

Cet ex-ministre de l’Agriculture de précédents gouvernements Berlusconi, est issu de l’ancien parti MSI, héritier du mouvement fasciste. Il avait participé avec G. Fini, au « recentrage »politique d’Alliance Nationale mais il a gardé des liens étroits avec la frange radicale qui maintient l’ancien cours néo-fasciste.

Ainsi c’est tardivement, sous la pression de la communauté juive de Rome, qu’il a été contraint de récuser son alliance avec la Destra (la Droite), une scission du parti de Fini se revendiquant ouvertement du fascisme, dirigée par Francesco Storace, tout en lâchant : « A propos de Storace, les juifs exagèrent ».

Alemanno, surnommé lors de ses années de jeunesse fasciste "il picchiatore " (le "tabasseur"), avait déjà suscité une vive émotion sur des plateaux de télévision, en exhibant la croix celtique qu’il porte en permanence au cou.

Le même Alemanno a également proposé après son élection de nommer plusieurs rues de la capitale d’après des hommes politiques du siècle dernier, parmi lesquels son mentor Giorgio Almirante, ex-membre de la République sociale de Saló (Etat fasciste du centre et du nord de l’Italie fondé par Mussolini en 1943) et fondateur du néofasciste Mouvement social italien (MSI). La communauté juive de Rome a vivement critiqué cette initiative en rappelant les collaborations, en 1942, d’Almirante à la revue antisémite La défense de la race et les articles dans lesquels ce dernier affirmait que « le racisme doit être la nourriture de tous […]. Autrement nous finirons par faire le jeu des métis et des juifs… ». Le président de la communauté juive de Rome a proposé que le nom de son grand-père mort à Auschwitz, Riccardo Pacifici, soit écrit en lieu et place de Giorgio Almirante. Alemanno, n’a pourtant pas abandonné son projet de lui attribuer une rue. Il a simplement concédé « qu’il cherchera une discussion claire afin d’obtenir le consensus de la communauté juive pour consacrer une via Almirante ». Avant de rectifier : « Nous n’avons jamais pensé déléguer la question à la communauté juive, c’est moi qui décide. »

Les anciens/nouveaux dirigeants italiens entretiennent indubitablement des rapports troubles avec l’histoire de leur pays.

La République italienne est née en s’opposant au fascisme, sur les cendres de la monarchie fasciste de Vittorio Emmanuele III.

Il est d’usage commémorer, chaque 25 avril - jour de la fête nationale -, la sortie de cette période totalitaire.

Berlusconi, en quinze années de vie politique et deux mandats de premier ministre, n’a jamais pris part aux commémorations de la fête nationale italienne. Il a tenu à effectuer, le 25 avril 2008, un geste explicite : alors que le Président de la République célébrait la victoire des alliés sur les nazis, il recevait en consultation officielle dans ses bureaux le sénateur Ciarrapico, qui a fait toute sa campagne électorale sur sa nostalgie pour le régime mussolinien et qui a déclaré haut et fort qu’il n’était aucunement question pour lui de renier le fascisme. Cet homme d’affaires plusieurs fois condamné par la justice, a longtemps dirigé une maison d’édition dont l’activité principale était la publication d’ouvrages fascistes et révisionnistes

Grâce à son appui et aux moyens qu’il a déployé la majorité de droite compte dans ses rangs Alessandra Mussolini, petite-fille du Duce et garante de sa "mémoire idéologique et politique". Déjà euro-députée, elle est remplacée au Parlement européen par le chef des « Naziskins » de Forza Nuova, Roberto Fiore, adorateur proclamé du Duce et de Franco et longtemps exilé en Angleterre pour fuir la justice. La présence au gouvernement de plusieurs ministres de la Ligue du Nord qui a recours à une thématique de droite très radicale est un élément particulièrement préoccupant pour l’avenir. Il est à noter que ce parti qui s’appuie sur une thématique régionaliste et populiste a conquis des voix dans l’électorat ouvrier d’une gauche en déshérence. Le rôle joué par le parti Allianza Nazionale (ex MSI) de Fini, issu du néo-fascisme, accentue la coloration extrémiste d’une droite italienne qui cherche à détruire l’indépendance et le statut de la justice. La violence contre les Roms et les immigrés annonce elle d’autres affrontements ?

http://www.betapolitique.fr/Italie-danger-fasciste-10649.html

 

11/11/2008
Q I (2)
L’Italie toujours séduite par Mussolini


(MFI) Un nombre croissant d’Italiens avouent leur admiration pour Benito Mussolini, estimant que le régime du dictateur qui s’était allié avec Hitler n’a pas été totalement négatif. Parmi ces « nostalgiques » du fascisme, les jeunes sont de plus en plus nombreux.

Le 28 octobre dernier, des milliers de nostalgiques de Benito Mussolini se sont retrouvés – comme chaque année – dans sa ville natale de Predappio, dans le Nord-Est de l’Italie, pour commémorer sa prise de pouvoir, le 28 octobre 1922. Autrefois, le rassemblement ne réunissait qu’une centaine de personnes, souvent âgées, qui préféraient être discrètes. Cette année, ils étaient plus de 10 000, vêtus de la même chemise noire que le dictateur, défilant en faisant le salut fasciste, un drapeau italien à la main. Comme le déclarait au quotidien La Stampa le maire de centre-gauche de la ville, Giuliano Brocchi : « Pendant de nombreuses années, on ne voyait que des nostalgiques d’un certain âge. Aujourd’hui, ceux-ci ont cédé la place à des jeunes de plus en plus nombreux, très revendicatifs, se disant fiers d’être fascistes. C’est inquiétant. »
Le « pèlerinage » suit toujours le même itinéraire : défilé à travers les rues de la ville jusqu’au cimetière de San Cassiano où se trouve la tombe de celui qui dirigea l’Italie d’une main de fer de 1922 à 1943, messe de commémoration puis garde d’honneur et chants fascistes. Les deux magasins de souvenirs de Predappio vendent des briquets, cendriers et autres t-shirts à l’effigie du Duce, mais aussi des matraques et des poings américains sur lesquels est inscrit le nom de Mussolini. « Nous recevons beaucoup de clients pour l’anniversaire de sa naissance le 29 juillet, de sa mort le 28 avril et de la marche sur Rome le 28 octobre. Mais il y a du monde toute l’année ; les affaires marchent de mieux en mieux », reconnait le propriétaire d’un magasin, cité par La Stampa. Visiblement, le culte du Duce se porte bien.

La tentation de réviser l’histoire

Cette année, la commémoration prend un relief particulier du fait de la dérive autoritaire que connaît l’Italie depuis le retour au pouvoir de Silvio Berlusconi en avril 2008. Entre la remise en cause de l’indépendance des magistrats et la rigueur des lois contre les immigrés, entre les dérapages verbaux du Premier ministre et la multiplication des attaques contre les étrangers, certains n’hésitent pas à comparer le berlusconisme au fascisme. Pour Angelo d’Orsi, professeur de sciences politiques à l’université de Turin : « Silvio Berlusconi est l’héritier du Duce. Certes, le pays ne va pas sombrer dans la dictature. Mais Berlusconi est l’inventeur d’un totalitarisme d’un nouveau genre qui prend la forme d’un contrôle des médias, d’une confiscation de l’Etat à des fins personnelles, d’une gestion politique qui oscille entre menaces et séduction. Il met au pas les juges, manipule l’opinion publique, se fait le chantre de l’ordre… Tout cela est loin des normes démocratiques. » On assiste en outre à une tentative de réviser l’histoire. Lors des célébrations de l’anniversaire de l’armistice, le 8 septembre dernier, Ignazio La Russa, le ministre de la Défense, a rendu hommage aux combattants de la république de Salo, qui restèrent fidèles à Mussolini et au nazisme après le renversement d’alliances : « Ils ont combattu avec la conviction qu’ils défendaient leur pays. Je ne considère pas et je n’ai jamais considéré le fascisme comme le mal absolu. » Fureur dans les rangs de la gauche et des associations de défense des Droits de l’homme.

« Un régime qui avait aussi ses bons côtés »

Pas étonnant dans ces conditions qu’un nombre croissant d’Italiens – parmi lesquels des stars du sport ou de la chanson – reconnaissent ouvertement admirer Benito Mussolini et estimer qu’il ne faut pas porter un jugement trop sévère sur cette période, que tout n’était pas si négatif. « Les gens oublient volontairement l’utilisation d’armes chimiques lors de la guerre d’Ethiopie en 1936, les lois raciales contre les juifs, le pacte d’Acier avec Hitler, la participation de l’Italie à la Seconde guerre mondiale aux côtés de l’Allemagne nazie. Ils ne retiennent que l’ordre, la sécurité, le nationalisme, une certaine prospérité, les ambitions de grande puissance de l’Italie. C’est leur moyen de réagir à la mondialisation, à la crise économique, à la société multiculturelle, à la peur du lendemain », déplore l’historien Gianni Malteze, interviewé dans La Repubblica.
Signe des temps : les maires (de droite comme de gauche) des villes de fondation – ainsi qu’on appelle les cités construites sous Mussolini et dont l’architecture était censée symboliser l’ordre fasciste – ont obtenu pour la première fois de larges subventions pour réhabiliter des lieux qui interpellent les mémoires. « Il y a dix ans, nous n’obtenions pas un centime », reconnaît l’un des élus, cité par Le Monde. Pour le maire de Pienza : « L’histoire a condamné le fascisme. Rénover ces villes, c’est servir leurs habitants, pas cautionner un régime qui a bafoué la démocratie et les droits humains. » Mais le premier magistrat de la commune de Sabbioneta est plus ambigu : « Le regard sur le fascisme a changé. Il n’y a pas eu que des moments noirs sous Mussolini. » Parallèlement à Predappio, un commerçant, interviewé par La Stampa, admet que « vivre dans une ville associée à Mussolini et au fascisme est parfois embarrassant. Mais c’est bon pour les affaires, et les admirateurs du Duce sont très polis ; ils ne causent jamais le moindre problème ».

Jean Piel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.rfi.fr/fichiers/MFI/PolitiqueDiplomatie/2675.asp

 

 

28 Octobre on fêtera en Grèce le Non ΟΧΙ, c’est la deuxième fête Nationale après celle du 25 Mars.. Il s’agit d’une date historique, le 28 Octobre 1940 la Grèce disait Non à Mussolini et rentrait en guerre.
Chaque année on assiste à des défilés mais contrairement à la fête Nationale du 25 Mars où le grand défilé à lieu à Athènes, pour le 28 Octobre il a lieu à Thessalonique

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