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25/11/2011

MANUEL DE COMMUNICATION-GUÉRILLA - chez ZONES

d'après une suggestion de Ramiro

http://www.decitre.fr/gi/19/9782355220319FS.gif

Vient de paraître, un "Manuel de Communication-Guerilla", classique de la subversion carabinée, paru en Allemagne en 1997. Tandis que la politique radicale traditionnelle mise sur la force persuasive du discours rationnel, la communication-guérilla ne s’appuie pas sur des arguments, des chiffres et des faits, mais cherche à détourner les signes et les codes de la communication dominante. Elle travaille à intensifier la charge subversive du non-verbal, du paradoxe, du faux, du mythe. A retrouver en librairie et à lire en ligne ici.

 

Un livre à brûler ?

En décembre 1994, mon ami Peter Tatchell fit irruption dans la cathédrale de Westminster à Londres en pleine messe. Ses camarades et lui lâchèrent des préservatifs gonflés à l'hélium, qui s'envolèrent avec une grâce toute poétique vers le dôme de l'édifice. Et ils se mirent à chanter : "La capote sauve des vies !"

Les prêtres et leurs ouailles, arrivant aussitôt, virent cette abomination, horresco referens. Armés de leurs goupillons, ils sautillaient, tentant, mais vainement, d'attraper les capotes qui flottaient dans les airs, imperturbables, au-dessus de leur tête. Certains prélats demandèrent aux policiers d'utiliser leurs pistolets pour abattre ces baudruches qui les narguaient, mais les bobbies s'y refusèrent, ne voulant pas dégrader les voûtes de la sainte cathédrale. Bref, il n'y avait qu'une solution : attendre que, d'eux-mêmes, les préservatifs retombent, au fil des heures. Les journalistes présents eurent tout le loisir de prendre en photo ces prêtres sautillants, ennemis des capotes, qui furent la risée de tout le royaume.

Peter me raconta fièrement cette anecdote, à la veille de la première Gay Pride à Moscou, en 2006. La manifestation ayant été réprimée par les autorités, nous réfléchissions aux manières alternatives d'intervenir malgré tout dans l'espace public... A l'évidence, cet épisode de Westminster mériterait de figurer en bonne place dans le Manuel de communication-guérilla, publié en Allemagne en 1997, et qui vient d'être traduit en français sous le label "Zones", aux éditions La Découverte.

Livre culte, ce manuel n'est-il pas plutôt un livre à brûler ? S'appuyant sur des théoriciens comme Umberto Eco, Guy Debord ou Roland Barthes, les auteurs déconstruisent la "grammaire culturelle" de nos institutions sociales, et affirment que "la soumission à la normalité relève d'un choix et non d'une nécessité naturelle". Dès lors, ils proposent un certain nombre de techniques destinées à déjouer, voire à saboter l'ordre public.

Parmi les procédés mis en avant, la distanciation, qui met en oeuvre une critique des normes, souvent humoristique, et la suridentification, qui constitue au contraire une adhésion exagérée - ainsi, quand, dans un meeting, des perturbateurs mêlés parmi la foule, ne cessent d'applaudir l'orateur à tout rompre, et à contretemps, cassant ainsi la liturgie du rite social. D'autres groupes, en leur temps, organisèrent des manifestations pour "applaudir les banquiers". Le manuel évoque aussi le banditisme antipub, les pancartes facétieuses "free shopping day" devant les magasins (bordel garanti !), et les auteurs nous invitent à subtiliser les poupées Barbie des rayons jouets des grandes surfaces, pour les glisser parmi les steaks des rayons surgelés !

La force de cette communication-guérilla réside "dans sa mobilité, dans son aptitude à porter des coups avec un temps d'avance sur ses adversaires. Car le pouvoir se caractérise aussi par sa lenteur : tenu de camper sur une position stratégique, il a la tête lourde et des jambes de plomb". Dès lors, les auteurs apparaissent comme des gâcheurs, oui, des gâcheurs qui ruinent les efforts des dominants, des garnements insolents qui font de la subversion politique un des beaux-arts, et qui allument, non sans gourmandise, la mèche de la subversion. Un livre à ne pas mettre entre toutes les mains !

piqué au tas sur lemonde.fr - 27/10/11

17:40 | Lien permanent | Commentaires (0) |

05/08/2010

A propos de « Les terroristes disent toujours ce qu’ils vont faire »

http://www.lepolitique.com/actu/affiches/histoire/giscard.jpg

[illustration ne faisant pas partie de l'article]

 

 

par Yves, le mercredi 4 août 2010

 

« Les ter­ro­ris­tes disent tou­jours ce qu’ils vont faire », Alain Bauer et François-Bernard Huyghe, Editions PUF, 2010, 29 euros

Sous-titré « Terrorisme et révo­lution par les textes » et prét­endant nous offrir un tra­vail aussi appro­fondi que « Al-Qaida dans le texte : Ecrits d’Oussama ben Laden, Abdallah Azzam, Ayman al-Zawahiri et Abou Moussab al-Zarqawi » recueil publié aux PUF sous la direc­tion de Gilles Keppel et Jean-Pierre Milleli, ce livre est bien davan­tage une ana­lyse de ce que fut « l’euro­ter­ro­risme d’extrême gauche » qu’une com­pi­la­tion de textes des grou­pes pra­ti­quant l’action armée en Europe, des années 1960 à nos jours. D’ailleurs, il n’est pas sûr qu’une telle com­pi­la­tion aurait eu un grand intérêt, tant ces textes sont écrits dans une langue de bois et un style illi­si­bles.

Un ouvrage grand public

Les fins connais­seurs de l’his­toire grou­pus­cu­laire europé­enne relè­veront cer­tai­ne­ment des erreurs dans le récit des mul­ti­ples scis­sions des grou­pes d’extrême gauche (nous en avons trouvé quel­ques-unes, dont l’effet négatif est ren­forcé par les fautes d’ortho­gra­phe, coquilles ou mots man­quants – les PUF se refu­sant sans doute à employer des cor­rec­teurs...).

Objection plus impor­tante, cer­tains remet­tront sans doute en cause les clas­si­fi­ca­tions idéo­lo­giques établies par les auteurs, clas­si­fi­ca­tions qui leur sem­ble­ront injus­tes ou inexac­tes. Soucieux de pro­duire un livre déli­bérément péda­go­gique et grand public, Bauer et Huyghe n’ont pas voulu écrire une minu­tieuse his­toire cri­ti­que des faits et des théories poli­ti­ques rele­vant de l’ « euro­ter­ro­risme d’extrême gauche ».

Une tâche impos­si­ble

Il est de toute façon impos­si­ble (sauf si l’on pioche sans ver­go­gne dans les archi­ves poli­cières – de toute façon fermées puis­que trop réc­entes – et les tém­oig­nages d’indi­ca­teurs) de dres­ser en 200 pages (les 90 pre­mières pages for­mant l’intro­duc­tion et les 10 der­nières une annexe sur les théo­riciens et arti­sans du tyran­ni­cide à tra­vers l’his­toire et sur les « sectes tueu­ses » avant le XXe siècle) un pano­rama com­plet de tous ces grou­pes, de l’his­toire de leurs mili­tants, sans oublier l’évo­lution du contexte poli­ti­que, social et idéo­lo­gique des années 60 à aujourd’hui en France, en Italie, en Allemagne, en Belgique, etc. D’ailleurs les auteurs évitent de se pen­cher en détail sur les causes socia­les pro­fon­des du ter­ro­risme d’extrême gauche dans les mét­ro­poles « impér­ial­istes ».

La guér­illa n’est pas le ter­ro­risme

Bauer et Huyghe établ­issent une différ­ence entre ter­ro­risme et guér­illa. « Le ter­ro­risme, mét­hode asymét­rique de lutte du faible au fort, s’ins­crit dans la gamme d’actions de contrainte, quel­que part au-dessus de la pro­tes­ta­tion ou de la mani­fes­ta­tion qui dégénèrent, quel­que part en des­sous de la guerre civile ou de la révo­lution où les masses s’affron­tent de façon per­ma­nente ». On a affaire à du ter­ro­risme quand des « orga­ni­sa­tions clan­des­ti­nes » se lan­cent dans des « atten­tats » sur « des cibles sym­bo­li­ques dans un but poli­ti­que, entraînant ou ris­quant d’entraîner mort d’homme ». Ils font remar­quer que l’usage de termes comme guér­illa urbaine ou mét­ro­po­lit­aine est « une façon pom­peuse d’éviter les termes (...) d’atten­tats » car « la guér­illa est un phénomène trop lié au ter­ri­toire (voire sa conquête) pour être confondu avec le ter­ro­risme, suite dis­conti­nue d’actions menées par sur­prise, pres­que tou­jours sur des cibles urbai­nes, par des acteurs mobi­les ».

Ils tra­cent ensuite un por­trait assez « jour­na­lis­ti­que » des prin­ci­paux grou­pes ter­ro­ris­tes européens (Fraction Armée Rouge (1), Brigades rouges, Cellules com­mu­nis­tes com­bat­tan­tes, Action directe), mêlant récits auto­bio­gra­phi­ques (sur­tout ceux tra­duits en français donc en petit nombre et pas tou­jours les plus intér­essants, notam­ment pour ce qui concerne l’Italie) de quel­ques « ex », rés­ultats des enquêtes poli­cières et judi­ciai­res (évid­emment sujet­tes à cau­tion), et un flo­rilège de cita­tions qui illus­trent, certes, le point de vue cri­ti­que déf­endu par les auteurs mais dont on ne peut pas dire qu’elles tra­his­sent les idées de ceux qui ont « pensé » et pra­ti­qué l’« euro­ter­ro­risme d’extrême gauche ».

Notre compte rendu se comp­tera de rele­ver les points les plus intér­essants, sans entrer dans une polé­mique sté­rile avec les posi­tions poli­ti­ques des auteurs, dont il nous faut quand même com­men­cer par pré­ciser les fonc­tions.

Deux réacs poly­va­lents

Alain Bauer est un habi­tué des pla­teaux de télé­vision, des émissions sen­sa­tion­na­lis­tes et un « spéc­ial­iste des ques­tions de sécurité » ; il ensei­gne ou a ensei­gné dans des ins­ti­tu­tions aussi émin­emment sym­pa­thi­ques que le Centre natio­nal de for­ma­tion judi­ciaire de la Gendarmerie natio­nale, l’Ecole natio­nale supéri­eure de la Police en France ou l’Académie de Police cri­mi­nelle de Chine ! Il conseille ou a conseillé les gérants du pou­voir éco­no­mique (Air France ; Générale des Eaux, devenu aujourd’hui Vivendi ; Groupe SARI du pro­mo­teur Christian Pellerin, etc.) et poli­ti­que (Rocard) fonc­tions qui ne peu­vent que nous le rendre à la fois sus­pect et anti­pa­thi­que. Sans comp­ter la société dont il est le PDG (AB asso­cia­tes SA) dont les « domai­nes de compét­ence » sont, d’après son site, les « diag­nos­tics de sécurité », « l’insé­curité intéri­eure et la déf­ense natio­nale ». Et nous ne men­tion­ne­rons pas tout ce que raconte le Réseau Voltaire sur Alain Bauer, car nous ne sommes pas en mesure de vérifier les infor­ma­tions de ce site expert en théories du com­plot et pour qui Bauer serait un cheval de Troie de l’impér­ial­isme amé­ricain – un comble pour un mon­sieur qui se ver­rait plutôt comme un chevè­nem­ent­iste, ou un « vall­sien » bon teint !

De toute façon, ce ne sont pas non plus ses fonc­tions d’ex-Grand maître, entre 2000 et 2003, du Grand Orient de France qui le feront remon­ter dans notre estime, la franc-maç­on­nerie ayant tou­jours pra­ti­qué la col­la­bo­ra­tion de classe et les magouilles poli­ti­ques. Certains ne man­que­ront pas de sou­li­gner que son itinér­aire – de la MNEF à la franc-maç­on­nerie en pas­sant par FO – res­sem­ble furieu­se­ment à celui de cer­tains mili­tants par­ti­sans de l’entrisme dans ces ins­ti­tu­tions, mais ce n’est sans doute qu’une mal­heu­reuse coïn­cid­ence…

Quant à son par­te­naire d’écri­ture, François Bernard Huygue, il a deux cas­quet­tes, l’une d’uni­ver­si­taire, doc­teur en scien­ces poli­ti­ques, l’autre de gérant de la Sarl « Huyghe Infostratégie » qui four­nit des « pres­ta­tions intel­lec­tuel­les et de conseil à des orga­ni­sa­tions et à des entre­pri­ses dans le domaine de l’intel­li­gence éco­no­mique, de la stratégie de l’infor­ma­tion, de l’édition, de la sécurité ». Cette double acti­vité res­sem­ble fort à celle (plutôt banale aux Etats-Unis) d’un intello proche des ser­vi­ces de ren­sei­gne­ments ou des direc­tions des gran­des entre­pri­ses, mais nous igno­rons ses sym­pa­thies poli­ti­ques exac­tes et n’avons lu aucun de ses ouvra­ges. Cependant un rapide coup d’œil sur son site (http://www.huyghe.fr/index.htm) laisse penser que les pas­sa­ges les plus intér­essants et les plus sub­tils de ce livre ont été écrits par Huyghe et non par Bauer.

la suite sur mondialisme.org

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28/06/2009

guerilla idéaliste

 



 

20:01 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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