Avertir le modérateur

30/07/2010

Guy-André Kieffer, les journalistes, la Côte d'Ivoire et la filière cacao

Côte d'Ivoire: trois journalistes incarcérés après une enquête sur la filière cacao

Ils refusent de livrer leur source et risquent notamment 12 mois de prison ferme et la suspension de leur journal.

Le tribunal correctionnel d'Abidjan a renvoyé mercredi au lundi 26 juillet son verdict pour trois journalistes, arrêtés à la suite de la publication de conclusions d'une enquête sur des malversations présumées dans la filière cacao en Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de fève brune.

Il s'agit du Français Théophile Kouamouo, directeur des rédactions du quotidien Le Nouveau courrier, ainsi que des Ivoiriens Stéphane Guédé et Saint Claver Oula, directeur de publication et rédacteur en chef. Inculpés de "vol de documents administratifs", "diffusion d'information sur un dossier judiciaire non encore évoqué à l'audience publique" et "révélation d'un document couvert par le secret", ils risquent 12 mois de prison ferme, une amende de 10 millions de francs CFA (environ 15 000 euros) et la suspension de leur journal.

Leur enquête devait faire l'effet d'une "bombe", écrivaient-ils la semaine dernière. D'après RFI, "sous le titre Le livre noir de la filière café-cacao, le quotidien privé détaillait "pillages" et "escroqueries" dont se seraient rendus coupables les barons du secteur".

La filière cacao, un sujet sensible

Le journaliste franco-canadien indépendant Guy-André Kieffer a disparu le 16 avril 2004 à Abidjan. Lui aussi enquêtait notamment sur des malversations dans la filière cacao en Côte d'Ivoire.

Selon leur avocat, le procureur Raymond Tchimou, qui a remis récemment au président Laurent Gbagbo les conclusions confidentielles de sa propre enquête sur la filière cacao ivoirienne, a exigé de connaître la source des journalistes.

"Les dossiers sont la propriété du parquet, ils ont été purement et simplement soustraits", a expliqué le procureur Fernand Oulaï. Pour lui, "le parquet a subi un préjudice grave" car une "partie du réquisitoire, point par point, virgule par virgule, a été reproduite par le journal".

Mais les journalistes ont refusé de révéler leur source. "Les journalistes n'ont pas obligation de révéler leur source, il n'y a pas eu de vol", ont répliqué leurs avocats constitués en collectif, évoquant la loi de 2004 sur la presse qui exclut les peines d'emprisonnement pour les journalistes. "On va créer un précédent qui va tuer la presse", ont-ils assuré.

Les organisations professionnelles, parmi lesquelles le Groupement des éditeurs de presse de Côte d'Ivoire (GEPCI) et l'Union nationale des journalistes de Côte d'Ivoire (UNJCI), "soutiennent sans réserve" les journalistes mis en cause "dans leur refus de livrer leur source".

Mercredi, un comité de soutien avait fait le déplacement, la plupart des membres portant des T-shirts à l'effigie des trois journalistes sur lesquels on pouvait lire: "Liberté fragile pour le journalisme d'investigation!"

Piqué au tas sur LEXPRESS.fr avec AFP - 21/07/2010

 

Disparition de Kieffer - Le principal témoin retrouvé au Ghana

En complicité avec ses geôliers, le principal témoin de la disparition de Guy André Kieffer, s’est évadé en février de la prison.
Il a été arrêté au Ghana puis extradé à Abidjan.

Lago Gossé Charles, agent des services secrets à la présidence, a été mis sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan(Maca), le 20 décembre 2007 dans l’affaire de la disparition de « Guy André Kieffer». Il est accusé d’être l’un des témoins-clés de la disparation de ce journaliste franco-canadien. Ecroué sans jugement durant deux ans au bagne de Yopougon, Lago prend des habitudes et tisse des relations avec ses geôliers. Il s’agit des sergents Koulaté Zagba et Yapo Jean-Baptiste. Le 15 juin 2009, le détenu est admis à l’hôpital militaire d’Abidjan(Hma) pour recevoir des soins nécessaires à sa crise d’asthme. « Mes deux gardiens m’ont conduit à l’hôpital. Ils devaient me surveiller. Après les soins, nous sommes retournés à la Maca », affirme Gossé Charles. Mais les contacts entre lui et les gardes pénitentiaires se consolident au fil des mois. Car, explique le principal témoin dans l’affaire de la disparition de Guy André Kieffer, Koulaté Zagba est le cousin de son co-détenu. L’idée de s’évader de la prison bouillonne dans la tête de Charles. Selon lui, il avait un second rendez-vous à Hma avec son médecin traitant.
« Zagba venait tout le temps dans notre cellule. Il était accompagné de Yapo Jean-Baptiste. Pendant trois mois c’est-à-dire fin octobre à début décembre 2009, on a planifié mon évasion. Ils m’ont fait trois propositions. Il y a d’abord la possibilité de fuir en passant par le tunnel. Ou bien, ils me proposaient de sortir par le portail. J’ai rejeté ces deux propositions car j’étais malade et tout le monde me connaît à la Maca. Donc, j’ai opté pour le retrait bancaire. Il s’agissait de leur verser de l’argent. Je signale que ce sont eux-mêmes qui m’ont fait toutes ces propositions », soutient Lago Gossé Charles en ajoutant que sur les 3 millions Fcfa convenus il a remis à Zagba et Yapo la somme de 2,1 millions Fcfa.

Comment s’est déroulée l’évasion

Rendez-vous est pris en février 2010 pour le contrôle médical à Hma. Le détenu escorté par ses geôliers se rend chez son médecin. Ainsi, le plan de l’évasion se met en marche. Après l’examen médical, Charles « convainc » ses gardiens de faire un détour à Adjamé 220 Logements chez son beau-père. Selon lui, il devait leur remettre le reliquat de l’argent demandé. Sur place, Zagba et son collègue autorisent le prisonnier à monter tout seul à l’immeuble où se trouverait le fameux beau-père. Le prisonnier de Kieffer ne se fait pas prier pour prendre la poudre d’escampette. Les gardes pénitentiaires se rendent à l’évidence en début d’après-midi. Mais Lago Charles qui savait ce qu’il faisait traverse la frontière ivoiro-ghanéenne. Il passe trois mois en cavale au Ghana. En avril, il tente de quitter Accra en prenant un vol. Les services secrets ghanéens alertés le capturent à l’aéroport. Entre-temps, les deux geôliers sont écroués à la Maca pour connivence, corruption et évasion de détenu. Intercepté au pays des Black Stars, Lago Charles est extradé à Abidjan où il atterrit directement au violon de la brigade de recherches. Selon lui, il a passé trente-deux jours en garde-à-vue avant d’être conduit à nouveau à la Maca où l’attendaient ses nouveaux co-détenus : Koulaté Zagba et Yapo Jean-Baptiste. «J’ai été copieusement tabassé par les gardes pénitentiaires », lâche-t-il. Hier, Charles, Jean- Baptiste et Zagba ont comparu devant le tribunal des flagrants délits de Yopougon pour répondre des faits qui leur sont reprochés. Le témoin oculaire n’a pas la langue dans sa poche. Il déclare : «Dès mon arrivée à la Maca, j’ai pris des contacts avec le réseau d’évasion. Ce sont mes deux surveillants qui m’ont donné toutes les informations. En trois mois, nous avons planifié ensemble mon évasion depuis ma cellule. Je leur ai remis une enveloppe de 2,1 millions Fcfa. Il était question que je donne le reliquat. Suite à mon rendez-vous à Hma nous nous sommes rendus à Adjamé 220 logements où je devais leur remettre le reliquat avant de prendre la fuite. C’est ce qui a été fait ». La réplique ne s’est pas fait attendre. Elle est venue de l’avocat des deux gardes pénitentiaires mis en cause. «Mes clients ne reconnaissent pas les faits. Ils risquent leur emploi et jouent leur vie. Il n’y a pas de preuve qui atteste que mes clients ont reçu de l’argent. Mme le président, Lago Charles est un menteur notoire. Il a tourné en bourrique le monde entier sur le fait que le corps de Guy André Kieffer se trouve dans la forêt du banco. Les fouilles n’ont rien donné. Il a même cité des personnalités qui seraient impliquées dans la disparition du journaliste. Ce monsieur n’est pas crédible », soutient le conseil. Aux termes d’un débat long et houleux, le tribunal a renvoyé l’affaire au vendredi 30 juillet pour délibération. Bien avant cela, le procureur a requis 12 mois de prison pour les deux geôliers et 6 mois fermes pour le principal témoin de la disparition de Kieffer.

Un compte rendu d’audience de Ouattara Moussa

piqué au tas sur news.abidjan.net - 03/07/2010

 

et toujours rien sur l' assassinat du Directeur d’INTERPOL Côte d’Ivoire, le Commissaire Bridji ZOGOUE ?

09:28 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu