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27/08/2013

Contre l’hégémonie de Google


« Contre l'hégémonie de Google », Multitudes 1/2009 (n° 36), p. 62-70.
URL :
www.cairn.info/revue-multitudes-2009-1-page-62.htm.
DOI : 10.3917/mult.036.0062.


Au premier regard, l’ouvrage La face cachée de Google est l’une des charges les mieux argumentées contre l’emprise et les méthodes de Google sur le Net. Le collectif italien Ippolita y analyse notamment son « système de gestion des connaissances incroyablement invasif », ses stratégies qui « combinent un marketing agressif et une gestion sage et circonspecte de sa propre image », mais aussi et surtout son système de « création de contenus standards délégués aux utilisateurs ». Mais le propos de ce groupe informel, composé selon les moments de trois à huit « amateurs » libertaires, plus ou moins « hacktivistes » et férus de technologie, va mille fois au-delà de Google, qui n’est pour eux qu’un parfait exemple d’une dérive vers toujours plus de passivité sur Internet. Leur dessein est de nous inciter, nous autres internautes trop endormis, à jouer et à nous jouer des faiseurs de miracles que sont Google ou les nouvelles multinationales du Web 2.0. La meilleure illustration en est sans doute l’idée qu’ils ont trouvée à propos des « biscuits », ou « cookies » pour ceux qui préfèrent l’anglais opérationnel. Ces petits fichiers de texte espions, rappelons-le, sont envoyés discrètement depuis le serveur du site visité vers le disque dur de l’utilisateur, afin que son profil soit identifié par ce même site, au travers des informations qu’il a bien voulu laisser, mais aussi de ses parcours mis en mémoire. À que cela ne tienne, Ippolita a créé les « scookies », soit un système permettant aux internautes de s’échanger entre eux leurs biscuits numériques pour mettre un zeste de chaos dans l’organisation si magnifiquement « profilée » du moteur de recherche, de ses robots et de ses pubs si bien personnalisées.

2 Voici le compte-rendu d’une libre conversation aux multiples entrées avec Karlessi (c’est un pseudo), membre (forcément non encarté) du collectif sans cartes d’Ippolita.

à lire sur Cairn

 

12:03 | Lien permanent | Commentaires (0) |

26/04/2013

La DCRI met en place une démarche éco-responsable en convoquant par mail deux anciens journalistes d'Owni...

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Andréa et Pierre sont soutenu par le fanzine anti-répression Télérama 

18:07 | Lien permanent | Commentaires (0) |

27/07/2011

Bruxelles veut s'immiscer dans la lutte contre les mouvances radicales

Les attentats survenus en Norvège relancent l'opportunité d'une action européenne visant à lutter contre les groupuscules extrémistes.

La Norvège n’est pas dans l’UE mais les attentats dont elle a fait l’objet trouvent une résonance à Bruxelles. La surveillance des mouvances et des individus menaçant la sécurité publique nationale incombe bien sûr aux Etats membres, mais l’Europe peut intervenir en tant que coordinatrice des missions de contrôle.

A cette fin, Bruxelles souhaiterait créer un réseau d’échange d’information, afin de “surveiller la croissance de la radicalisation des discours sur Internet”, rappelle Michele Cercone, porte-parole de la Commission. Avant de commettre son acte funeste, l’auteur présumé Anders Behring Breivik avait mis en ligne son manifeste de 1500 pages, où il décrivait minutieusement le protocole meurtrier auquel il s’est livré.

Reste que la Commission peine à intervenir sur ces sujets. En septembre dernier, elle avait proposé la mise en place de contrôles plus stricts des sites internet mettant en vente des produits potentiellement utilisables dans la fabrication de bombes artisanales, à l’instar des engrais agricoles, dont le suspect norvégien aurait fait usage pour concocter ses bombes.

Ces propositions s'étaient à l'époque heurtées aux réticences des Etats, qui refusaient de livrer les données personnelles de leurs internautes.

"Les événements en Norvège vont sans doute relancer les négociations," a affirmé le porte-parole, "le contexte n'est plus le même", a t-il ajouté.

Signe d'une inflexion, le 25 juillet, le premier ministre espagnol, José Luis Zapatero, a déclaré "attendre une réponse politique de l'UE", après le drame d'Oslo. La commissaire aux Affaires intérieures Cécilia Malmström est en contact avec le ministre de la justice norvégien, mais le fruit de ces échanges reste à ce stade inconnu.
Sophie Forcioli

piqué au tas sur EurActiv France - 26/07/2011

14:16 | Lien permanent | Commentaires (0) |

12/08/2010

Quelques uns des« Six de Pau » condamnés. La lutte continue.

Publié jeudi 12 août 2010


Le tribunal de Pau vient de rendre son délibéré.
Nous étions nombreux à refuser d’y croire : le tribunal est entré en voie de condamnation de cinq parmi les « six de Pau ».
Certes, les peines sont symboliques, mais le juge a suivi le raisonnement liberticide du pouvoir. Il serait interdit de penser à une époque historique du passé quand on se trouve face à une situation qui y fait irrésistiblement penser, et de le dire. Certaines allusions sont autorisées. D’autres ne le sont pas. La situation qui a produit ces réactions, elle, est la même et elle est scandaleuse.
On se rappelle que Monsieur le préfet des Pyrénées-Atlantiques s’était senti outragé par la simple expression par des citoyens de leur indignation devant l’arrestation de familles étrangères pour la simple raison qu’elles étaient en situation administrative irrégulière, et encore plus devant la rétention d’enfants.
Ces personnes avaient exprimé de la façon la plus spontanée que ces situations leur faisaient penser à des périodes historiques douloureuses de notre pays. Le fait même de penser à cela ne pouvait être toléré par le gouvernement qui a demandé à tous ses préfets de poursuivre celles et ceux qui le disent.
Il s’agissait donc bien d’un procès politique destiné à impressionner les défenseurs des libertés et plus particulièrement ceux qui refusent de voir des enfants enfermés, fussent-ils étrangers.
Il s’agit de tenter de décourager l’expression de la solidarité. Cette solidarité qui est d’autant plus nécessaire à cause des décisions scandaleuses prises début juillet par Monsieur le président de la République à propos des gens du voyage et des étrangers, considérés a priori comme des fauteurs de trouble et des auteurs de délits. C’est la raison pour laquelle nous ne pouvons pas accepter sereinement ce verdict. Nous ne pouvons pas accepter de nous laisser impressionner.
RESF 64 adresse son salut le plus amical aux « six de Pau » et reste à leur côté pour les soutenir dans les décisions qu’ils vont prendre. RESF 64 souhaite vivement que les procès semblables suivants aboutissent à une relaxe entière.
Plus que jamais, nous serons là pour défendre les enfants des familles étrangères venues trouver refuge ou asile chez nous, et pour faire vivre les traditions de solidarité de notre peuple et de notre République.

RESF 64, Pau, le 12 août 2010

 

Cinq internautes condamnés pour outrage au préfet des Pyrénées-Atlantiques

Le tribunal correctionel de Pau vient de condamner cinq internautes des "six de Pau" à 1000 euros d'amende avec sursis. Ils avaient comparé la politique d'expulsions du préfet à celle de Vichy

Les six internautes poursuivis pour outrage, lors de leur procès du 10 juin à Pau. Photo Thierry Suire

Les six internautes poursuivis pour outrage, lors de leur procès du 10 juin à Pau. Photo Thierry Suire

 

Le tribunal correctionel de Pau vient de condamner cinq internautes à 1000 euros d'amende avec sursis pour outrage envers le préfet des Pyrénées-Atlantiques. Seule Valérie Martinez, qui était également poursuivie, a été relaxée. On suppose que le président du tribunal, Marc Magnon, a estimé que le commentaire qu'elle avait fait sur internet ne relevait pas de l'outrage, au contraire de ses co-prévenus. Mais le même président n'a pas donné publiquement les motivations de sa décision.

En juin dernier, ces six citoyens avaient comparu après avoir posté des mails d'indignation, suite à l'expulsion en juillet 2008 d'une famille d'origine albanaise. Des mails qui, pour la plupart, évoquaient un rapprochement entre la politique d'expulsions actuelle de sans papiers et la période noire de Vichy, Le dix juin dernier à Pau, les débats avaient porté sur la notion de libre expression, et la possibilité, ou non, au regard de la loi, de prononcer des vocables en référence à Vichy. "Mots interdits", avait dénoncé Me Massou dit Labaquère, l'avocate de quatre des internautes venus des quatre coins de la France pour assister à l'audience. De son côté, Me Blanchetier, l'avocat du préfet Philippe Rey (absent à l'audience) avait parlé du "choc" du représentant de l'Etat "en se voyant comparé en bourreau nazi".

Le tribunal de Pau a donc considéré qu'il y avait bien "outrage à personne dépositaire de l'autorité publique", et a suivi, à l'exception de la relaxe, les réquisitions du procureur de la République. Les "six de Pau", comme les avaient nommés leurs soutiens, nombreux au moment de l'audience mais absents cet après-midi pour le délibéré, se retrouvent donc cinq à être condamnés à verser solidairement un euro de dommages et intérêts au préfet.

Le syndicat Unité-SGP Police, dont des représentants palois sont venus écouter le délibéré se sont immédiatement félicités de la décision du tribunal. "Tous les fonctionnaires, policiers, préfets ou autres travaillent dans l'intérêt général dans le cadre d'un état républicain. Ils appliquent et font appliquer les lois démocratiquement votées. Ils ont droit au respect", a commenté Joseph Cilluffo, secrétaire départemental du syndicat policier.

De son côté, RESF 64 estime que "certes, les peines sont symboliques, mais le juge a suivi le raisonnement liberticide du pouvoir. Il serait interdit de penser à une époque historique du passé quand on se trouve face à une situation qui y fait irrésistiblement penser, et de le dire. Certaines allusions sont autorisées, d'autres ne le sont pas", écrit le Réseau éducation sans frontières dans un communiqué.

piqué sur www.sudouest.fr - 12/08/2010

 

18:31 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Travail policier et relai journalistique

L’annonce de la querelle judiciaire du Premier Flic de France contre Indymedia Grenoble et le Jura Libertaire, si elle n’a pas manqué d’alerter aussitôt nos camarades, a fait l’objet d’un traitement pour le moins différencié parmi les journalistes régionaux.

 

Pour ce qui concerne le JL, il n’a pas répondu aux sollicitations médiatiques. Mais, alors que sur l’antenne régionale de France 3 Albert Ziri donnait dignement la parole à la défense («On peut attaquer tout le monde pour tout et n’importe quoi : on peut attaquer les Guignols de l’Info, on peut attaquer n’importe quel journaliste parce qu’il fait un petit dessin de Mahomet qui ne plait pas à une communauté ; mais encore faut-il après que l’infraction soit constituée, c’est-à-dire qu’on ait dépassé le cadre de la liberté d’expression (…) C’est très dangereux pour la démocratie parce qu’un ministre n’a pas à s’occuper de ce genre de choses à mon sens ; ça regarde le procureur de la République territorialement compétent s’il estime que sur Internet des blogueurs dérapent et manifestement dépassent le cadre de la liberté d’expression de la loi de 81, c’est à lui d’engager des poursuites», déclare Me Randall Schwendorffer, avocat à Besançon), Julien Vandelle, dans les colonnes du Progrès, sortait quant à lui un papier dont la teneur a nécessité une réponse de la part du groupe Lucio de la F.A. et de libertaires locaux.

 

Une plainte comme celle d’Hortefeux n’est pas seulement menaçante pour celles et ceux qui sont viséEs par elle, mais dangereuse d’emblée par le tranquille acquiescement qui la porte : ceci suffit à mesurer l’horizon qui s’offre aux menées répressives. Voilà pourquoi nous publions ici le scan de l’article de départ, ainsi que le texte intégral de la réponse qu’il a suscitée … et ce que cette réponse devient dans les pages du Progrès.

 

Le Jura Libertaire, 11 août 2010.

 


Le Progrès, 28 juillet.


 

Communiqué de presse à l’attention du journal le Progrès

 

Nous souhaitons, libertaires du Haut-Jura et groupe Lucio de la Fédération anarchiste revenir sur l’article de J. Vandelle («Plainte d’Hortefeux : le Jura Libertaire est né à Saint-Claude») dans le Progrès du 28 juillet dernier et dans lequel nous sommes cités.

 

Nous tenons à repréciser les éléments suivants :

 

En tant qu’anarchistes, nous ne nous reconnaissons pas dans le terme nébuleux «anarcho-autonome» émanant directement des directives ministérielles adressées aux services de renseignements et aux parquets dès 2008. Nous sommes néanmoins solidaires avec les personnes et les actions ciblées par ce vocable.

Nous ne rectifierons pas ici les approximations et les erreurs relatives à l’organisation du mouvement libertaire local.

 

Concernant la plainte du ministre de l’Intérieur contre les sites Internet «Le Jura libertaire» et Indymedia Grenoble pour atteinte à l’honneur de la police, nous constatons une fois de plus que toute vérité n’est pas bonne à dire surtout lorsqu’elle concerne des fonctionnaires de police assermentés et armés.

La police fait son travail et use de la violence légale pour réprimer la révolte sociale légitime.

Cette violence est l’expression et le soutien de la politique antisociale, autoritaire et liberticide menée contre les classes populaires et les plus faibles.

Le pouvoir a besoin de l’épouvantail de l’ennemi intérieur qui selon les besoins du moment correspondra aux clichés de l’immigré polygame, du gitan voleur de poules en grosse cylindrée, de l’assisté fraudant les minima sociaux ou de l’anarchiste poseur de bombes.

Dans ce contexte, ce sont les sites d’information alternative ainsi que les groupes «anti-répression» qui sont visés par cette plainte.

L’article de J. Vandelle évoque la condamnation d’un compagnon pour outrage suite à une plainte de Sarkozy mais omet de dire qu’elle a été allégée en appel et que de son côté M. Hortefeux vient d’être condamné pour injure raciste il y a deux mois.

 

Nous luttons pour construire une société libre, égalitaire, sociale et fraternelle et nous ne sommes pas disposés à négocier notre capacité d’indignation, de révolte ni notre droit à penser, à nous exprimer et à agir.

 

Groupe Lucio de la Fédération anarchiste,
Des libertaires du Haut-Jura,
8 août.

 

 

Haut Jura : les libertaires ne veulent pas «négocier leur capacité de révolte»

 

Les libertaires du haut Jura et groupe Lucio de la fédération anarchiste tiennent à repréciser quelques éléments, suite à l’article paru dans nos colonnes le 27 juillet, évoquant la plainte du ministre de lIntérieur, Brice Hortefeux. «En tant quanarchistes, nous ne nous reconnaissons pas dans le terme nébuleux “anarcho-autonome” émanant directement des directives ministérielles», écrivent-ils dans un communiqué. Concernant la plainte du ministre de lIntérieur contre le site Internet «Le Jura Libertaire» et Indymedia Grenoble pour atteinte à lhonneur de la police, «nous constatons une fois de plus que toute vérité nest pas bonne à dire, surtout quand elle concerne des fonctionnaires de police assermentés et armés. Cette violence est lexpression et le soutien de la politique antisociale, autoritaire et liberticide menée contre les classes populaires et les plus faibles […].»

 

Le groupe Lucio rappelle également que la peine de leur compagnon, Romain Dunand, poursuivi par Nicolas Sarkozy, avait été allégée en appel. Condamné à 800 euros damende en première instance, la 11e chambre de la Cour dappel de Paris avait assorti 600 euros du sursis ; reconnaissant que le militant était «naturellement en droit dexprimer des opinions politiques», mais estimant quil avait «excédé les limites de la liberté dexpression politique». Et de conclure : «Nous luttons pour construire une société libre, égalitaire, sociale et fraternelle et nous ne sommes pas disposés à négocier notre capacité dindignation, de révolte, ni notre droit à penser, à nous exprimer et à agir».

 

Le Progrès, 11 août.

piqué avec camaraderie et fraternité au Jura Libertaire - 11/08/2010

 

09:24 | Lien permanent | Commentaires (0) |

26/05/2010

Zéro est arrivé - la fin de la diffamation sur internet ?

"... Je pense qu'on ne doit pas encourager des comportements déloyaux. L'objectif de cette loi est simplement d'imposer une certaine transparence, lutter contre les dérives. Tant que les gens racontent leurs vies ça ne dérange personne. Par contre, quand ils mettent en cause de manière diffamatoire telle ou telle personne, là ça pose problème." Jean-Louis Masson - sénateur

Pris au tas chez TFouane - 26/05/2010)

 


14:36 | Lien permanent | Commentaires (0) |

26/04/2010

Repression en Allemagne via Internet

Allemagne : La police perquisitionne un provider alternatif de gauche

La police berlinoise a aujourd’hui lundi 26 avril 2010 perquisitionné le provider berlinois SO36. Le but de l’action était de le rendre responsable de la page antimilitariste bamm.de. Ce site est celui de la fédération berlinoise et brandebourgeoise de la société allemande pour la paix-association des objecteurs de guerre (DFG-VK) qui se trouve à l’adresse http://www.bamm.de et hébergée par SO36.net Concrètement ce sont des serveurs de SO36.net ainsi que l’appartement d’une des personnes en charge du travail de maintenance et officiellement responsable pour le domaine bamm.de auprès de l’agence des domaines DENIC. Les agents de la police criminelle berlinoise ont saisi plusieurs serveurs. Peu de temps après le procureur s’est ravisé et a fait ramener les serveurs sans que les données ne soient copiées. Cependant dans l’appartement perquisitionné deux ordinateurs et plusieurs disques durs ont été saisis. C’est dans le même but que la police a perquisitionné la librairie Schwarze Risse à Mehringhof Berlin lundi dernier. Ce qui provoque la colère officielle est un flyer « faisons la fête quand ils tombent » qui appelle à sabrer le champagne lors de la mort de soldats allemands. Cette action a été mise en avant comme satirique par la DFG-VK et déclarée dès lors terminée. La police tient la DFG-VK responsable « de refuser le droit à l’existence des soldats de la Bundeswehr stationnés et par cet appel festif de mettre en cause le sentiment de sécurité des soldats et de leurs proches. » C’est un scandale que les personnes critiques à l’égard de l’implication militaire de l’Allemagne soient confrontées à la répression d’Etat, alors qu’au même moment le procureur abandonne les poursuites contre l’officier Klein responsable du bombardement de Kundus. SO36.net est un Provider internet de gauche non commercial qui met à disposition des infrastructures et des services techniques pour des individus et des groupes politiques. Depuis longtemps SO36.net est dans le viseur des autorités, car il s’engage pour garantir des communications libres et gratuites. La dernière fois le serveur SO36.net a été perquisitionnée dans le cadre de la procédure 129a le 9 mai 2007 dans le cadre du contre sommet du G8 à Heiligendamm. Avec cette action la police criminelle de Berlin blesse une fois de plus le droit fondamental de la liberté d’expression ainsi que le secret des communications. L’opposition à la guerre en Afghanistan ainsi que l’hébergement de sites politique, n’est pas seulement légitime, il est nécessaire.

23:38 | Lien permanent | Commentaires (0) |

02/03/2010

L’Allemagne censure la surveillance du Net et du téléphone

BUG BROTHER

La conservation des données de connexion (”logs“) a été jugée anticonstitutionnelle, ce mardi 2 mars, par la cour constitutionnelle allemande.

La loi, adoptée en 2008, obligeait les fournisseurs d’accès à l’internet, et les prestataires de téléphonie, à conserver les traces de ce que font leurs abonnés sur les réseaux de télécommunication (y compris leur géolocalisation), pendant 6 mois.

Elle visait à transposer la directive européenne sur la conservation des données, adoptée en 2006, afin de :

* pouvoir tracer et identifier la source d’une communication;
* pouvoir tracer et identifier la destination d’une communication;
* pouvoir identifier la date, l’heure et la durée d’une communication;
* pouvoir identifier le type de communication;
* pouvoir identifier la machine utilisée pour communiquer;
* pouvoir identifier la location des équipements de communication mobile.

A l’époque, le Comité des libertés civiles, Justice et Affaires intérieures du Parlement européen avait recommandé de ne l’autoriser qu’en cas de mandat judiciaire et de la limiter aux seuls crimes graves, de ne transférer les données aux autorités nationales que sur demande expresse, et au cas par cas, recommandations qui n’avaient pas été prises en compte par la Commission européenne.

La cour constitutionnelle allemande a pour sa part estimé que la loi n’était pas suffisamment transparente, qu’elle violait le secret des correspondances et n’encadrait pas suffisamment l’utilisation qui serait faite de ces données, que les mesures de sécurité censées les protéger étaient insuffisantes, que les motifs invoqués (la lutte contre la criminalité, le terrorisme et les menaces en terme de sécurité) n’étaient pas suffisamment clairs, ni proportionnés en terme de protection de la vie privée, et appelle donc à une destruction “sans délai” des données d’ores et déjà archivées.

Elle a également estimé qu’il s’agissait là d’une “intrusion particulièrement sévère (dans la vie privée, ndlr), d’une ampleur que notre système légal n’avait jamais connu jusqu’à ce jour“.

L’agence AP souligne que la cour constitutionnelle allemande n’a pas contesté la nécessité de la directive européenne mais précisé que le problème tenait davantage à son interprétation par le parlement allemand.

Près de 35 000 personnes, dont plusieurs personnalités politiques, journalistes, avocats, médecins, avaient saisi la cour constitutionnelle à ce propos, dans ce qui constitue le plus important recours collectif (”class action“) de l’histoire allemande.

Trois pays considèrent la cybersurveillance comme contraire à leurs constitutions

Les cours constitutionnelles de Bulgarie et de Roumanie avaient elles aussi considéré comme anticonstitutionnelles la législation sur la conservation des données de connexion, l’Irlande ayant, quant à elle, déposé plainte contre la directive de 2006 devant la Cour européenne de justice.

En décembre dernier, deux organisations de défense des libertés, l’association européenne EDRI (European Digital Rights) et le groupe de travail allemand sur la rétention de données (AK Vorrat) appelaient l’Union européenne à abroger la directive de 2006 sur la rétention des données de communication (2006/24/EC).

« EDRI et ses membres mènent des campagnes depuis plusieurs années contre cette directive, sur la base du fait qu’une telle rétention de données est nécessairement un acte arbitrairement intrusif.

Les données de communication sont bien plus que de simples journaux de communication comme dans le cas de la téléphonie fixe, révélant à qui et quand nous avons téléphoné.

Les données de trafic permettent maintenant de produire de véritables cartes des relations interpersonnelles, des activités et des intentions des personnes », rappelle au nom d’EDRI la présidente d’IRIS, Meryem Marzouki.

« Avec la mise en place croissante de bases de données massives au niveau national, et les projets actuels tendant à leur interopérabilité au niveau de l’Union européenne et à leur plein accès pour des objectifs de police, la directive sur la rétention des données ouvre la voie à de futures extensions de finalités, où des données auparavant collectées pour les besoins de la fourniture d’un service deviennent utilisées pour la surveillance des citoyens et leur contrôle social, quand il ne s’agit pas d’objectifs de renseignement. Cela n’est pas acceptable dans une société démocratique, et il faut y mettre fin immédiatement ».

En France, les particuliers peuvent eux aussi désormais saisir le Conseil constitutionnel

Ce jugement de la Cour constitutionnel allemande intervient alors que, depuis le 1er mars, tout justiciable peut désormais contester une loi et en demander l’abrogation en saisissant indirectement le Conseil constitutionnel à l’occasion d’un procès, saisine baptisée « question prioritaire de constitutionnalité » dont la procédure, cela dit, relèverait du parcours du combattant.

En décembre 2001, suite à l’adoption, en urgence, de la Loi Sécurité Quotidienne (LSQ) par le gouvernement Jospin qui, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, décida, bien avant la directive européenne, de placer l’internet sous cybersurveillance, des dizaines de collectifs et associations de défense des droits de l’homme avaient ainsi préparé une Saisine citoyenne du Conseil constitutionnel.

Le sénateur socialiste Michel Dreyfus-Schmidt, au moment de voter la LSQ, avait lui-même reconnu, avec un lapsus lourd de sous-entendus, le caractère anticonstitutionnel de cette loi, qui n’en a pas moins servi de socle pour une partie de la vingtaine de lois sécuritaires adoptées depuis lors : « Il y a des mesures désagréables à prendre en urgence, mais j’espère que nous pourrons revenir à la légalité républicaine avant la fin 2003 » (date à laquelle un rapport devait être fait pour estimer la pertinence, ou non, de la LSQ).

L’eurodéputée Alima Boumediene-Thiéry et le sociologue Fabien Jobard, de leur côté, dénonçaient la façon cavalière qu’avait eu le Parlement d’adopter cette LSQ :

Plutôt que de prendre les quelques jours nécessaires au débat parlementaire et au contrôle par le juge, le gouvernement a préféré marchander avec les parlementaires la non saisie du Conseil constitutionnel, et clore par une manigance d’alcôve des manoeuvres procédurales indignes des textes qu’il a fait adopter. La sécurité est-elle élevée, comme on le voulait, au rang de bien public ? Non : le gouvernement préfère en faire sa petite chose, camouflée par des procédures iniques, couvertes d’un voile de honte.

En France, précise la CNIL, les opérateurs de communications électroniques sont tenus de conserver les données relatives au trafic pendant un an, et les opérateurs ne doivent conserver que “les seules données techniques” :

* informations permettant d’identifier l’utilisateur [par exemple : adresse IP, numéro de téléphone, adresse de courrier électronique] ;
* données relatives aux équipements terminaux de communication utilisés ;
* caractéristiques techniques ainsi que de la date, de l’horaire et de la durée de chaque communication ;
* données relatives aux services complémentaires demandés ou utilisés et à leurs fournisseurs ;
* données permettant d’identifier le ou les destinataires de la communication.
* ils n’ont aucune obligation de constitution de fichiers nominatifs des utilisateurs : les organismes fournissant une connexion Wi-Fi peuvent choisir d’offrir cette prestation sans procéder à l’identification des personnes. Ils ne sont alors tenus que de détenir les données techniques créées par l’utilisation de leurs services ;
* ils ne peuvent conserver les informations relatives au contenu des communications : le texte d’un SMS, l’objet d’un e-mail…

Voir aussi le texte complet de la saisine citoyenne initié en 2001, “Saisissons-nous de la sécurité !“, par Alima Boumediene-Thiéry et Fabien Jobard, et “Sécurité, sur tous les murs, j’écris ton nom…“, tribunes appelant, en 2001, à une saisine citoyenne, la couverture qu’en avait dressé le bulletin lambda, et notamment le reportage photo qu’il avait consacré à la cérémonie d’”enterrement des libertés” qui avait suivi cette saisine citoyenne et, sur ce blog :
Comment contourner la cybersurveillance ?
Le FBI menace les acheteurs de DVD
Bajolet a-t-il dénoncé des agents de la DGSE ?
Quand Francis Delattre légalisait les fichiers policiers
Les pédophiles n’ont rien à craindre de la LOPPSI. Les internautes, si.

jean.marc.manach (sur Facebook) & @manhack (sur Twitter)

17:50 | Lien permanent | Commentaires (0) |

26/11/2009

Les nettoyeurs du Net

Quand on tape sur Google”Paul Lambert” (le nom a été changé à la demande de notre interlocuteur), la première page de résultats affiche une liste de textes informatifs sur l'usine de biocarburants qu'il a créée en Italie. Les clients, les fournisseurs, les candidats à l'embauche et les concurrents qui cherchent à se renseigner sur cet homme d'affaires découvrent un site d'entreprise très bien fait, des articles élogieux sur ses procédés innovants, des évaluations signées par des experts en marketing et en développement durable.

Or, il y a quelques mois, la situation était très différente. Sur les dix premiers résultats Google, six étaient des documents rappelant que, dans les années 1980 et 1990, l'homme était un trafiquant d'armes international, et qu'il avait été mêlé à deux scandales politico-financiers. A l'époque, il avait même écrit un livre sur son métier. Puis il s'était expatrié et avait refait sa vie.

Par quel miracle, en quelques mois, “Paul Lambert” s'est-il refait une virginité numérique ? Il a fait appel aux services de Hington & Klarsey, une jeune agence basée en Angleterre, spécialisée dans la gestion de la “e-reputation”. L'équipe, qui réunit des informaticiens, des juristes et des gens de communication, a mis au point un procédé très efficace. Elle mène des recherches pour identifier les auteurs des textes visés et les responsables des sites qui les publient. Puis elle leur demande de supprimer les contenus compromettants, ou au moins de les modifier, en remplaçant le nom de leur client par ses initiales. Xavier Desfeuillet, directeur exécutif de Hington & Klarsey, se dit partisan de la manière douce : “Nos arguments sont avant tout d'ordre moral. Nous expliquons aux éditeurs que ces informations sont sans valeur, car obsolètes. Elles nuisent à notre client sans rendre service à quiconque.” Ainsi, il réussit à convaincre le quotidien L'Humanité de supprimer de ses archives en ligne un article sur son client, datant de 1993.

Bien sûr, ce système est imparfait. L'une des affaires impliquant “M. Lambert” fut évoquée lors d'une enquête parlementaire, dont le compte rendu reste publié sur un site officiel. Par ailleurs, des blogueurs militants, qui ont republié certains articles et rédigé des commentaires, refusent de les effacer, et s'insurgent contre cette forme de censure.

Dans d'autres cas, l'agence ne parvient pas à identifier les propriétaires du site, ou n'obtient aucune réponse car ils vivent dans un pays lointain. Certains essaient aussi d'extorquer de l'argent pour effacer un contenu dérangeant. Quand le “nettoyage” s'avère impossible, les agences ont recours à une autre technique, le “noyage” : on neutralise les documents gênants en les faisant reculer dans la hiérarchie des résultats des moteurs de recherche. Qui se soucie de ce que Google publie en quatrième ou en cinquième page ?

L'agence crée alors une série de sites dont l'adresse contient le nom du client, ce qui les propulse en tête du classement. Pour plus de crédibilité, elle leur accole des mots-clés comme “news”, “market” ou “audit” … Il faut ensuite les remplir de “contenu positif” rédigé dans un style neutre et professionnel, souvent accompagné de photos et de vidéos. Vient enfin l'étape cruciale du référencement : l'agence possède des centaines de pages Web apparemment indépendantes, dont la fonction essentielle est de publier des liens en direction des sites dont on veut faire la promotion. Ceux-ci sont alors repérés en priorité par les algorithmes de Google.

Ces prestations haut de gamme sont réservées aux chefs d'entreprise, aux stars du show business et aux hommes politiques, car elles peuvent coûter des dizaines de milliers d'euros. Pour les citoyens ordinaires, d'autres agences proposent des services plus modestes, à des tarifs abordables. Aux Etats-Unis, la gestion de “e-reputation” est en train de devenir une industrie, fonctionnant sur le modèle des compagnies d'assurances. Pour un abonnement de 15 dollars par mois, la société californienne Reputation Defender effectue ainsi sur Internet une veille permanente pour le compte de ses clients. A chaque fois que leur nom ou leur photo apparaît sur un nouveau site, elle les avertit. Si le client estime que ce contenu est dérangeant, la société lance une offensive pour le faire effacer. Elle facture 29 dollars par document supprimé.

Michael Fertik, le patron de Reputation Defender, affirme posséder plusieurs milliers de clients modestes : psychologue accusé d'avoir acheté son diplôme, parents découvrant que leur fils raconte des secrets de famille sur des forums… Il note aussi la multiplication des affaires impliquant des images. La mode des photos érotiques prises dans l'intimité du couple se répand dans la jeunesse occidentale. Quand la passion s'estompe, les images restent à l'abandon sur un disque dur, mais en cas de crise ou de dispute, elles surgissent au grand jour : par vengeance, des hommes éconduits ou trompés les affichent sur Internet. Parfois, la femme contre-attaque en publiant des textes assassins sur son compagnon. Du coup, les deux parties deviennent clientes de Reputation Defender.

En France, une start-up baptisée Reputation Squad vient de se lancer sur le même créneau. Parmi ses premiers clients, un homme qui fut victime d'une escroquerie, largement couverte par les médias. Des années après l'affaire, son nom figure toujours dans de nombreux articles sur Internet. Personne ne lui reproche rien, mais il exècre ce statut d'éternelle victime.

Quand les documents sont diffamatoires ou attentatoires à la vie privée, les agences peuvent utiliser des méthodes plus musclées. La société parisienne Les Infostratèges n'hésite pas à envoyer aux blogueurs et modérateurs de forums des rappels à la loi et des menaces de poursuites. Avec les sites des médias classiques, c'est plus compliqué, mais Didier Frochot, le juriste des Infostratèges, imagine déjà une réforme ambitieuse : “Les sites officiels comme Legifrance (qui publie sur Internet les arrêts de différents tribunaux) anonymisent leurs archives au bout de deux ans, pour accorder aux justiciables un droit à l'oubli. Les médias devraient faire la même chose. S'ils n'arrivent pas à s'autodiscipliner, il faudra faire voter une loi contraignante.” M. Frochot a saisi la CNIL de cette question, sans résultat à ce jour.

Certaines victimes s'adressent, plus classiquement, à des avocats, qui apprennent sur le tas le métier de nettoyeur du Net. Me Blandine Bonvoisin, avocate à Lille, a récemment reçu dans son cabinet une employée de banque en plein désarroi. Son fils de 15 ans, qui s'était amusé à taper le nom de sa maman sur Google, est tombé par hasard sur un film pornographique datant de 1987, dont elle était la vedette. Côté familial, le mal est fait, mais l'ex-actrice craint à présent que ses collègues ne fassent la même découverte. L'avocate estime que le recours aux tribunaux sera suffisant : “La plaignante doit prouver qu'elle subit un préjudice, mais dans le cas d'une oeuvre pornographique, ce sera facile. Par ailleurs, à l'époque du tournage, ma cliente n'a pas pu céder ses droits pour une exploitation via Internet, car il n'existait pas.”

 

 

Les avocats s'estiment très efficaces dans les cas de non-respect de la présomption d'innocence. En 2002, la responsable d'une association est mise en examen dans une affaire d'abus de confiance. Garde à vue, licenciement… Son nom est cité dans les médias, et les articles les plus accusateurs sont repris et commentés sur des forums. En 2006, elle bénéficie d'un non-lieu, mais personne n'en parle. Résultat, deux ans plus tard, quand on tapait son nom sur Google, on tombait sur des articles non datés, donnant l'impression qu'elle était toujours au centre d'une affaire en cours : “Je cherchais du travail, se souvient-elle ; à cause d'Internet, les recruteurs étaient tous au courant de mon passé judiciaire. Bien qu'innocentée, j'étais terrassée par la honte.” Elle crée sa propre entreprise, mais sa réputation sur Internet lui fait perdre plusieurs clients. En 2008, elle a enfin assez d'argent pour faire appel à une avocate.

Pour des raisons techniques, le problème risque de s'aggraver très vite. Des nouveaux logiciels de reconnaissance visuelle vont bientôt permettre de retrouver toutes les photos d'une personne sur Internet à partir d'une seule image de son visage. Les moteurs de recherche, qui ne scannent aujourd'hui qu'une partie des serveurs accessibles via Internet, s'enfoncent de plus en plus profondément dans les bases de données, et vont dénicher des documents jusque-là épargnés, notamment dans les réseaux sociaux et les archives à l'abandon. Des étudiants qui avaient publié dans les années 1990 des blagues de potaches sur le réseau universitaire Usenet, oublié de tous, découvrent aujourd'hui avec horreur qu'ils ont refait surface sur les forums de Google Groups.

A l'époque, les documents Usenet étaient archivés par une société privée, dont le fonds a été racheté par Google. Une jeune Française a récemment essayé de supprimer de Google Groups des messages très intimes laissés dix ans plus tôt sur Usenet, en vain. Elle fait alors appel à une avocate, qui écrit à Google, sans résultat. Elle va jusqu'à porter plainte, mais le juge décide que le droit français n'est pas applicable à un service appartenant à une société californienne. En désespoir de cause, elle saisit la CNIL, qui lui répond que ce jugement est regrettable, mais qu'elle n'y peut rien. Puis un jour, la jeune femme constate que les messages ont mystérieusement disparu. Malgré tout, elle a résilié son abonnement Internet.

Yves Eudes
LE MONDE | 23.11.09 | 13h58

Article paru dans l'édition du 24.11.09

 

«Nettoyez» votre réputation sur le Web

06/04/2009 10:34

Si l'on tape votre nom ou celui de votre entreprise dans Google et que tous les premiers résultats qui apparaissent renvoient une image négative de vous, il y a comme un problème. D'où l'apparition de sociétés qui vous proposent d'améliorer votre «web-réputation».

Une vieille photo d'une soirée d'étudiants un peu trop arrosée sur Facebook, un commentaire maladroit sur un forum de discussion, une vidéo compromettante sur YouTube, des amis peu fréquentables dans ses réseaux sociaux... Toutes ces traces encombrantes que les internautes sèment sans trop y penser sur la Toile peuvent avoir des conséquences fâcheuses lors d'un entretien d'embauche ou de négociations commerciales, voire même lors d'un premier rendez-vous amoureux. Aujourd'hui, le fait de «googler» une personne avant de la rencontrer est devenu monnaie courante, ce qui signifie qu'il vaut mieux faire en sorte de ne pas avoir trop de casseroles qui traînent sur le Web.

Ce simple constat a donné des idées à certains entrepreneurs : on voit fleurir ces derniers temps des sociétés spécialisées dans le «nettoyage de réputation» sur Internet. La plus connue à ce jour est sans doute le site américain ReputationDefender, fondé par le jeune avocat Michael Fertik en 2006.

Créée à Louisville dans le Kentucky, la société a déménagé dans la Silicon Valley, où elle emploie 55 personnes, et a réalisé un chiffre d'affaires de l'ordre de 5,5 millions de dollars en 2008. «Cela représente une croissance de 100 % par rapport à 2007», souligne son fondateur.

A noter par ailleurs que ReputationDefender est parvenue à lever 2,6 millions de dollars auprès de plusieurs venture-capitalists en août 2008 et que pour soutenir sa croissance rapide en Europe, elle vient d'ouvrir un bureau à Munich, en Allemagne. La Belgique fait également partie de la quarantaine de pays où le site compte aujourd'hui des clients.

Un rapport mensuel sur votre réputation virtuelle

«L'idée de créer ce service m'est venue en lisant un article sur les coups bas que se font les adolescents sur Internet, raconte Michael Fertik. Bien sûr, quand j'avais leur âge, il m'arrivait aussi de colporter des ragots sur d'autres élèves ou même de faire circuler des papiers se moquant de mes camarades à travers la classe mais les dégâts ne duraient que quelques heures au maximum. La différence, c'est qu'aujourd'hui, ce genre de propos peut rester de manière permanente sur le Web. Autrement dit, si on ne fait rien pour les retirer, ils peuvent se transformer en tatouages virtuels pour la vie.»

La principale solution proposée par ReputationDefender s'appelle «MyReputation». Pour 14,95 euros par mois, celle-ci permet à l'utilisateur de recevoir un rapport mensuel sur tout ce qui se dit à son sujet sur la Toile, avec une identification des éléments les plus susceptibles d'occasionner des dégâts à son image. Mais ne suffit-il pas de taper son nom dans Google pour arriver gratuitement au même résultat ? «Non, car nous utilisons des outils bien plus sophistiqués que cela, répond Michael Fertik. Notre force, c'est le software . Mes employés sont avant tout des techniciens, pas des juristes.» Selon lui, c'est pour cette raison que Reputation Defender garde une longueur d'avance sur ses concurrents. «C'est facile de dire que l'on contrôle la réputation des internautes, mais c'est beaucoup plus difficile de le faire réellement», affirme-t-il.

Impossible de tout contrôler

Une fois qu'un élément potentiellement nuisible a été repéré par ReputationDefender sur le Web, le site propose à l'internaute de le «détruire» pour 29,95 euros supplémentaires. C'est d'ailleurs de cette manière que la société a acquis une certaine notoriété aux Etats-Unis dès 2006, lorsque les parents de Nikki Catsouras, une jeune fille qui s'était tuée au volant de la Porsche de son père en Californie, ont fait appel à Michael Fertik pour que celui-ci fasse retirer de la Toile les photos du crash. Il s'agissait en effet d'images particulièrement horribles, prises par des policiers sur les lieux de l'accident, et que ceux-ci avaient envoyées à des collègues par e-mail. Il n'en fallait pas plus pour créer un effet boule de neige, les photos en question se retrouvant rapidement un peu partout sur le Net, permettant même à Nikki Catsouras d'acquérir une notoriété posthume sous le nom de «Porsche Girl».

A priori , le travail de ReputationDefender dans cette sordide affaire, qui a notamment abouti à des sanctions au sein de la police, n'a pourtant pas été d'une grande efficacité puisqu'aujourd'hui encore, on trouve ces fameuses images de Nikki Catsouras décapitée après une recherche de seulement quelques secondes sur Google. «En réalité, notre action a bel et bien été très efficace dans la mesure où nous sommes parvenus à faire retirer les photos de plusieurs centaines de sites, répond Michael Fertik. Le problème est que par la suite, les parents de Nikki Catsouras ont continué à donner des interviews malgré mes mises en garde, ce qui a inévitablement amené les photos à se multiplier à nouveau sur Internet.» Cela dit, il est bien obligé de reconnaître qu'il est «impossible» de contrôler complètement ce qui se passe sur le Web et il précise que ReputationDefender rembourse ses clients en cas d'échec.

Surveiller l'activité de ses enfants

Deux autres produits proposés par la société californienne s'appellent «MyChild» et «MyPrivacy». Pour 14,95 euros par mois, le premier permet aux parents de faire surveiller l'activité de leurs adolescents sur Internet, tandis que pour 9,95 euros par mois, le second promet aux internautes de faire retirer leurs données personnelles des nombreuses bases de données commerciales. Avec là aussi une efficacité toute relative. Le magazine Forbes soulignait en effet récemment que la majorité de ces gigantesques bases de données ne donnent aucune suite aux demandes de suppression des listes envoyées par ReputationDefender, même si Michael Fertik affirme avoir conclu des accords avec quelques-unes d'entre elles.

Pour les particuliers fortunés qui veulent à tout prix soigner leur image virtuelle, la start-up californienne vient par ailleurs de lancer le service «MyEdge» qui permet aux abonnés de s'assurer que lorsqu'on tape leur nom dans un moteur de recherche, tous les premiers résultats qui apparaissent sont des informations positives les concernant, ou en tout cas des infos sur lesquelles ils ont un certain contrôle. Une sorte «d'assurance Google» qui, en fonction du degré d'efficacité recherchée, coûte tout de même entre 99 et 599 euros par an.

Les informations scandaleuses font recette

La société Hington Klarsey, créée il y a un an à Londres, paraît a priori plus crédible que ReputationDefender. Il faut dire que, contrairement à la start-up californienne, elle ne s'adresse pas aux particuliers (à l'exception de certaines célébrités du showbiz, du monde sportif ou même de la sphère politique) mais à des entreprises. Le prix aussi est sensiblement différent puisqu'on parle ici de montants qui oscillent de 20.000 à plus de 100.000 euros. «Si nos coûts sont élevés, c'est parce que la quinzaine de personnes qui travaillent pour nous sont des personnes extrêmement compétentes et bien formées», souligne le directeur général Xavier Desfeuillet.

Hington Klarsey propose notamment à ses clients de stopper les rumeurs qui circulent à leur sujet sur Internet, de désindexer des pages web obsolètes, d'influencer de façon positive leur réputation en ligne, mais aussi et surtout de contrer les campagnes de dénigrement à leur encontre.

«Avec le sexe et les jeux en ligne, les informations scandaleuses font partie des trois principaux vecteurs qui permettent à un site ou à un blog de doper son audience, affirme Xavier Desfeuillet. Ceux-ci ont donc tout intérêt à relayer ces informations, généralement sans prendre la peine de les vérifier, pour générer du trafic, et donc aussi des clics et de l'argent. Bien sûr, l'information peut toujours être démentie par la suite via des médias plus traditionnels mais en attendant, le mal est fait. Et le préjudice moral et financier peut être très important pour l'entreprise visée. Nous avons eu un client qui a perdu 18 % de son chiffre d'affaires à la suite d'une campagne de dénigrement sur le Web.»

Privilégier la technique du «contre-dénigrement»

Xavier Desfeuillet est plutôt un adepte des méthodes douces. Pour lui, il ne sert à rien de lancer des procédures judiciaires tous azimuts, d'autant plus que souvent, les courriers d'avocats se retrouvent eux aussi sur Internet, ce qui contribue à détériorer encore un peu plus l'image de marque de la société. Il estime qu'il ne sert à rien non plus de vouloir effacer ce qui se trouve déjà en ligne car «même quand la source s'est tue, la diffusion de l'information reste massive et transnationale». Pour lui, mieux vaut donc agir de manière discrète, en pratiquant ce qu'il appelle le «contre-dénigrement». Comment ? Notamment en entretenant de bonnes relations avec des blogueurs et des «référenceurs» Internet influents, afin de les amener à contrebalancer les informations scandaleuses, ce qui freinera leur propagation. «Pour réagir correctement sur Internet, il suffit de connaître les bons acteurs», affirme-t-il. Comme Reputation Defender, Hington Klarsey agit également en amenant un maximum d'informations neutres ou positives vers les premières pages des moteurs de recherche, car «personne ne va au-delà de la troisième ou quatrième page sur Google».

Mais surtout, Xavier Desfeuillet incite ses clients à régler avant toute chose leurs problèmes avec leurs clients mécontents, car ce sont eux qui constituent souvent la source des mauvaises réputations sur Internet en exprimant leur insatisfaction sur des tas de forums. «Pour une marque, régler ces problèmes n'a pas un coût direct énorme mais cela peut aider à restaurer la confiance des consommateurs», dit-il, en précisant que la résolution de ces litiges doit ensuite être rendue extrêmement voyante, afin de créer une «opinion contradictoire». «Nous ne réparons plus les problèmes lorsque nous savons que cela va à nouveau péter dans deux mois, dit-il. Il nous est déjà arrivé de défendre des causes indéfendables par le passé, mais cela s'est toujours terminé par un échec. S'il y a vraiment un problème avec une entreprise, il est impossible de noyer ce problème sur Internet.»

Cortix a demandé à être retiré de Wikipédia

Les entreprises préfèrent en général ne pas faire savoir qu'elles ont fait appel aux services de Hington Klarsey. Parfois, il arrive pourtant que les méthodes douces puis les menaces ne marchent pas, et que l'affaire sorte tout de même sur la place publique par le biais d'une action en justice.

C'est ce qui s'est passé avec la société française Cortix, pour laquelle Hington Klarsey a finalement entamé plusieurs procédures pour diffamation contre les sites et les blogs qui remettaient en cause les pratiques commerciales de cette entre- prise spécialisée dans la création de sites web. Avec notamment à la clé une décision assez spectaculaire de la part du tribunal de commerce de Paris, à savoir la fermeture pour 30 jours de la page concernant Cortix sur Wikipédia. «Personnellement, je préfère régler les problèmes sans élever la voix plutôt que de brandir des pages et des pages d'arguments juridiques, raconte Xavier Desfeuillet. Mais dans ce cas-ci, nous avons décidé d'aller jusqu'au bout car nous trouvions qu'il était intolérable que certaines informations mentionnées sur Wikipédia étaient prises pour argent comptant. Il fallait donc montrer les dents.» Mais avec quelle efficacité ? Ces actions en justice n'ont pas réussi à empêcher que l'on trouve encore relativement facilement sur le web les articles qui évoquent les dysfonctionnements chez Cortix, démontrant une nouvelle fois à quel point il est difficile de gérer sa réputation sur le Web. En attendant, les sociétés Reputation Defender et Hington Klarsey continuent à croître rapidement, imitées par des tas d'autres sites promettant de veiller sur votre «buzz digital». Une nouvelle profession est née.

Mathieu Van Overstraeten

http://trends.rnews.be/fr/economie/e-trends/12-1722-47697...

06/04/2009 10:34

 

23:08 | Lien permanent | Commentaires (0) |

22/09/2009

A partir du 23 septembre Bakchich en kiosque les mercredis !

 

 

07:16 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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