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22/09/2009

Dernière rafle à Calais...

http://i.telegraph.co.uk/telegraph/multimedia/archive/01486/calais3_1486392c.jpg


AGISSONS PARTOUT !
Appel international à protester contre la destruction des abris des migrants et la jungle à Calais
Rassemblements ce soir :
À Paris, 18 heures devant le ministère du Drapeau et de la Rafle, 101 rue de Grenelle - métro Bac.
À Lille, 19 heures place de la République.

French police detain hundreds of migrants in raid on Calais 'jungle'

French riot police have detained 278 asylum seekers in a dawn raid on a makeshift camp known as "the jungle" in Calais, northern France.

http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/france/6217278/French-police-detain-hundreds-of-migrants-in-raid-on-Calais-jungle.html





A man makes food in his makeshift home
bulldozing_1486676i.jpg

 

 

 

 

 

18:47 | Lien permanent | Commentaires (0) |

21/09/2009

Appel international à protester contre la destruction des abris des migrants et la jungle à Calais !

Toutes et tous à Calais cette semaine pour protester contre le démantèlement de la jungle, des campements et squats !

Actions internationales en solidarité devant les consulats français !


Le gouvernement français, probablement sous la pression du gouvernement Britannique, propose aujourd’hui une « solution » définitive au « problème » des migrants à Calais. Nous appelons toutes les personnes sensibles à la situation dramatique des migrants de Calais à s'opposer à la dite «solution» qui, selon le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale Eric Besson, consistera en l’intervention cette semaine de la police anti-émeute française pour éradiquer la jungle. Nous dénonçons cet acte d'agression digne du gouvernement de Vichy contre des migrants qui ont déjà beaucoup souffert durant leur périple pour arriver à Calais.

Besson a déclaré en mai qu’il voulait débarrasser le calaisis des migrants. Depuis, squats et campements ont maintes fois été détruits dans la région, et c’est maintenant le tour de l’emblématique jungle à Calais même.

Nous ne considérons pas les migrants comme «le problème», et notre solidarité est la seule réponse possible face au sort qui leur est fait.

Nous rejetons la normalisation et l'utilisation abusive des mots «clandestinité» et «illégalité» et partageons l'esprit de l'article 14 de la Convention de Genève de 1951 qui stipule que chaque individu a le droit de demander l'asile où il le veut.

Nous allons aussi au-delà de cette version étriquée de la conception de l’asile, qui exclut les personnes fuyant la violence non étatique, mais aussi les victimes des viols, ainsi que de la violence sociale comme la pauvreté, conséquence des règles commerciales fixées à Washington et Genève. Les guerres que le capitalisme mène contre les peuples, en exploitant leurs ressources et leur travail, sont à l’origine de ces différentes formes de violence.

Nous croyons que tout le monde a le droit de choisir où aller et où vivre, et que cette liberté ne doit pas être réservée seulement à une minorité, parce que nous croyons en l'égalité des droits pour toutes et tous, des droits qui ne doivent pas être donnés ou octroyés par les gouvernements, mais qui doivent être garantis à tout être humain.

Pour les migrants, quitter leur famille, leurs maisons et leur vie, parfois pour toujours, n’est jamais un choix facile, et bien souvent répond à la nécessité. Il s’agit d’un acte de survie familiale, un grand sacrifice dont on ne sait jamais s’il sera couronné d’un succès ou d’un échec. Les migrants sont prêts à risquer leur vie parce que partir représente une chance d’un avenir meilleur. L'échec n'est pas une option, et les gouvernements, malgré tous leurs efforts, ne les arrêteront pas.

Un aspect important de la convention de Genève reconnaît l’absence de passeport n’est pas en soi un acte illégal. Les migrants de Calais n'ont pas eu d'autre choix que de devenir des «clandestins», car il n'y a pas de chemin légal possible pour gagner l'Europe ou le Royaume-Uni par voie terrestre : ce qui explique pourquoi ils se retrouvent entre les mains de passeurs, et subissent les dangers et les dépenses consécutifs.

Les ‘choix’ à Calais : retour volontaire et le système Européen de demandes d’asile

Selon le plan Besson, les migrants n’ont que deux options à Calais. La première option est le retour soit disant « volontaire » qui ne l’est évidemment aucunement. L'approche adoptée à Calais, et de plus en plus à travers les jungles du Nord de la France, consiste à faire fléchir la volonté des migrants, en les soumettant à des niveaux extrêmes de violence policière et d'intimidation. Puis l’OIM propose la solution du "retour volontaire", assisté par le nouvellement arrivé HCR qui donne sa bénédiction.

La seconde option est de demander l'asile en France. La plupart des migrants ont à juste titre très peur car c’est un piège potentiel. En effet, il y a des chances pour que leurs empreintes digitales aient été prises et enregistrées dans la base de données Eurodac ; et selon les accords Dublin II, s’ils ont déjà demandé l'asile en France ou quelque part ailleurs en Europe, et qu’ils sont fichés dans la base de données, ils seront renvoyés vers le premier pays « sûr » où leurs empreintes ont été prises, c'est-à-dire généralement la Grèce ou l’Italie. La Grèce reçoit ainsi de l'argent de l'UE pour chaque cas Dublin II qu’elle reçoit.

En Grèce, il y a environ 0% de chance d’obtenir l’asile pour les Irakiens et les Afghans, et pourtant pour la plupart des pays européens, la Grèce est considérée comme un pays "sûr" pour y renvoyer les migrants. La Norvège et de plus en plus de tribunaux commencent à décréter qu’il est dangereux de renvoyer des migrants en Grèce ; c’est maintenant au tour des gouvernements européens de faire de même.

Les gouvernements britannique et français ainsi que les médias prétendent que les migrants ne sont pas de « vrais réfugiés », car si tel était le cas ils demanderaient l’asile dans l’un de ces pays. Mais qui le ferait, puisque ce serait clairement suicidaire ? A travers ces petits arrangements, les pays de l’UE créent un système qui détruit les chances d’obtenir un statut de réfugié.

La conséquence des accords Franco-Britannique

On pourrait considérer le «problème» des migrants à Calais comme le résultat du refus du Royaume-Uni de rejoindre l'espace Schengen, et à la complaisance française à ce sujet. Il s’agit en effet d’une sorte d’anomalie créée par les accords binationaux franco-anglais. Le problème est aussi plus largement la fermeture des frontières de l'Europe aux migrants, coordonnée à travers le pacte Européen des migrations.

Les accords bilatéraux conclus entre la France et la Grande-Bretagne après la fermeture du camp de Sangatte ont conduit à la mise en œuvre de contrôles aux frontières de plus en plus coûteux et sophistiqués, et au déplacement des contrôles de la frontière britannique sur le sol français. Le gouvernement français a cédé aux injonctions du Royaume-Uni et a accepté sa politique de renforcement des contrôles aux frontières.

En conséquence la file d’attente pour passer la Manche devient plus longue. Alors que les contrôles de plus en plus rigides bloquent les migrants à Calais, on adopte comme « solution » la destruction des jungles. Les migrants sont donc dispersés et expulsés pour effacer le problème. Solution barbare, mais aussi totalement inefficace, puisqu’elle renforce la dépendance aux passeurs.

Lors de la fermeture de Sangatte en 2002, on a voulu faire croire que Nicolas Sarkozy avait résolu le "problème". Bien évidemment les migrants ont continué à venir, et depuis lors, l'objectif a été d'essayer de les rendre invisibles. Pour cela, plusieurs tactiques :

1) Laisser les migrants traverser quand ils sont trop nombreux, pour désengorger.

2) Les soumettre à des intimidations et de la violence, afin qu'ils quittent le calaisis et tentent la traversée ailleurs sur la côte.

3) Détruire les espaces de vie qu’ils aménagent et leurs effets personnels.

A présent, le gouvernement prétend régler la situation, et se justifie à coups de blabla sur les réseaux de passeurs et autres mensonges quant aux habitants du coin qui seraient attaqués quotidiennement et qu’il serait nécessaire de protéger des migrants, de même que les entreprises locales.

De tels mensonges ont déjà été dits à propos d’autres minorités à d’autres époques, pour créer un ennemi et susciter la peur. Pour se couvrir d'un vernis humanitaire, Besson évoque le fait que l'asile a été accordé à quelques 170 migrants de Calais depuis le mois de septembre 2009 … Cependant, aucune des associations en lien avec les migrants à Calais ne peut confirmé cela.

Aujourd’hui, nous sommes sur le point d’assister à un « nettoyage des migrants » sous couvert de souci humanitaire. Besson prétend sous le feu des médias qu’il a trouvé une solution digne mais il n’en est bien évidemment rien.

Les vrais problèmes sont ceux qui font que les migrants sont forcés de quitter leurs foyers ; ceci ne sera jamais résolu tant que les gouvernements et en particulier les gouvernements britannique, américain et français ne changent de politiques envers les pays dits en voie de développement ou sous-développés, en matière économique, écologique et de politique étrangère.

Les migrants ne cesseront pas de venir et ils sont les bienvenus. La liberté de circulation est un droit qui appartient à toutes et tous!

Nous appelons toutes et tous à venir à Calais cette pour exprimer sa solidarité et dénoncer les politiques migratoires actuelles !

Nous exigeons l’abrogation des accords Dublin II, la fin des politiques de migration sélectives et de toute autre législation qui empêche de migrer là où on le désire et là où l’on en a besoin.

Nous appelons à des actions de solidarité devant les ambassades et consulats français, pour protester contre la destruction des camps de réfugiés et migrants par un gouvernement qui aime à rappeler que la France serait la patrie des droits de l'homme.

 

http://luttennord.files.wordpress.com/2009/04/noborder.png?w=380&h=297

 

 

Come to Calais to protest against the destruction of camps and squats of migrants!

International solidarity actions in front of all French embassies in Europe!

 

The French government, no doubt under British pressure, has proposed a definitive ‘solution to the ‘problem’ of the migrants in Calais. We call on all people concerned for the welfare of the migrants in Calais to mobilise and oppose the ‘solution’ which will, according to the Minister of Immigration and National Identity Eric Besson, be carried out this week by the French riot police to eradicate the jungle. We denounce this act of aggression against migrants who have already suffered greatly and endured much in the journeys to Calais.

Besson said in May that he wanted to make the Calais region a migrant free zone. Since then, squats and camps in Calais have been destroyed on multiple occasions. It is now the turn of the Calais jungle.

We do not regard migrants as the ‘problem’, and our solidarity is the only possible response to the situation they have been put in.

We reject the normalisation and abusive misuse of the words ‘clandestine’ and ‘illegal’, and support the spirit of Article 14 of the 1951 Geneva Convention which stipulates the right of each individual to claim asylum anywhere they choose.

However, we go further than this narrow conception of asylum, which excludes people fleeing non-state violence, rape and also ignores those forced to leave through the violence of a poverty imposed on them by the trade rules fixed in Washington and Geneva. The wars that capitalism is waging against people, to secure and exploit their resources and labour, create these forms of violence.

We believe that all people ought to have the freedom to move and to settle, and that this freedom should not be reserved for a minority, because we believe in equal rights for all, rights which should not be given or bestowed by governments but which should be guaranteed to any human being.

For migrants, leaving their homes, families and lives, perhaps forever, is never an easy choice, but often a necessary one. It is an act of survival for the migrants’ families, a great sacrifice with unknown rewards or failures. People are prepared to risk their lives because it represents a chance of a better future. Failure is not an option, and governments, despite all their efforts, will not be able to stop them.

A very important aspect of the Geneva Convention recognises that failure to carry a valid passport is not in itself an illegal act. The migrants in Calais have had no choice but to become ‘clandestine’, there are no legal avenues for them to get to Europe or the UK overland, all legal routes are closed off, which is why they are forced into hands of smugglers and all the dangers and expense that incurs.

The ‘choices’ in Calais: voluntary returns and the European asylum system

With Besson’s plan there are only two choices left open for migrants in Calais. The first is the so-called ‘voluntary’ return, which is clearly no such thing. The approach taken in Calais, and increasingly across the jungles of Northern France, is to grind down the resolve of the migrants by subjecting them to extreme levels of police violence and intimidation. The solution of ‘voluntary return’ is proposed by the IOM and now by the UNHCR, recently present in Calais, to give its ‘blessing’ to this operation.

The second option is to claim asylum in France. Most of the migrants are rightly very afraid since this is a potential trap for them. They are likely to have been fingerprinted and recorded on the Eurodac database, and according to the Dublin II agreements, if they claim asylum in France or anywhere else in Europe and have had their fingerprints previously in a so called ‘safe’ country, usually Greece or Italy, they are likely to be sent back. Greece receives money from the EU commission for each Dublin case it receives back there.

In Greece, Iraqis and Afghans have a 0% success rate of asylum, yet for most European countries Greece is still regarded as ‘safe’ to send people back to. Norway and more and more courts have started to rule that it’s dangerous to send people back to Greece, now other European governments should follow suit.

The British and French governments, as well as the mainstream media, claim that the migrants are not ‘genuine’ refugees as they are not claiming asylum in these countries. But who would when it potentially adds up to an act of suicide? Through these arrangements, the European states have created a system that is destroying peoples’ chances of asylum and obtaining refugee status.

The consequence of Franco-British agreements

One could regard the ‘problem’ of the migrants in Calais as having been entirely created by the British refusal to join the Schengen space, and the French government’s compliance to this. In fact, it is the result of a sort of anomaly created by the ‘special’ bilateral arrangements between France and Britain. The problem also relates more generally to the closure of Europe’s borders to migrants, coordinated through the European pact on Immigration and Asylum.

The bilateral agreements between France and Britain after the closure of Sangatte camp have led to the seemingly endless implementation of more and more expensive and sophisticated borders controls, and to the movement of British border controls onto French soil. As the French government has ceded to the British and accepted to implement its politics of border closure and reinforcement, the obvious consequences are that people are blocked for longer at the border.

So as tighter immigration controls cause the build up of people behind the border, the ‘solution’ taken is destruction of the jungles. The migrants are thus dispersed and deported as a means of making the problem ‘disappear’. Besides the barbarity of these methods, these policies remain fundamentally ineffective, as they force people to become even more dependent on smugglers.

When Sangatte was shut down in 2002, we were told that Sarkozy had solved the ‘problem’ in Calais. Of course the migrants have kept on coming, and the aim has since then been to try to make their presence invisible. Until now the governments had several options to make the migrants disappear:

1) Let people pass when there are too many.

2) Subject them to levels of intimidation and violence, so that they leave and try to pass from somewhere else

3) Destroy their living spaces and belongings

Now the government pretends to resolve the situation, justifying its actions with talks of networks of smugglers, shameless lies claiming that local people are being attacked every day and of the need to protect migrants as well as local businesses.

Such lies have always been expedient for politicians wishing to create a scape-goat, the consequences of such irresponsibility are well known and are very well recorded. To cover his policies with a humane veneer, Besson talks of the 170 migrants who were given asylum in Calais in the run up to the closure of the jungle, a fact which turns out to be a complete fiction: according to associations in Calais precisely none have been given asylum.

Today, we are about to witness a “clearance” of migrants beneath claims of humanitarian concerns. Besson pretends under the bright lights of the media that he has found a dignified ‘solution’ for them, but this is clearly not the case.

The real problems that so often force migrants to leave their homes will never be resolved unless all governments, and particularly the British, American and French governments, examine and change their own warmongering approaches and their economic, political, and ecological foreign policy aims throughout the so called ‘developing’ and ‘undeveloped’ world.

Migrants will not stop coming and they are welcome here. Freedom of movement is everybody’s right!

We call on people everywhere to come to Calais this week to show solidarity and to denounce current migrant politics!

We call for the end of Dublin II, selective migration policies and any other rule that stops people migrating where they choose to or need to!

We call for solidarity actions outside French embassies and consulates, to protest against the destruction of refugee and migrants camps by this country that likes to call itself the home of human rights.

 

http://labrique.lille.free.fr/IMG/jpg/NoBorder-2.jpg

20:46 | Lien permanent | Commentaires (0) |

17/09/2009

Eric "Your not Welcome" BESSON, le ministre qui ment, ferme la "jungle" à Calais ?

 

http://combatsdroitshomme.blog.lemonde.fr/files/2009/08/photo-besson-2.1249935583.jpg

Décidément, le ministre de l’Immigration n’est pas crédible juridiquement. En effet, le juge des référés du Tribunal administratif de Lille vient de décapiter juridiquement le point de recueil des demandes d’asile qui a ouvert ses portes le 5… mai 2009 et qui est présenté à longueur de communiqué comme un élément-phare du règlement de la situation des exilés à Calais (voir ce communiqué du M3INDS du 29 juillet).

Selon les chiffres du ministère, 137 personnes s’y sont rendues pour enregistrer une demande, 61 sont placées sous convocation Dublin (soit 44%), 36 admises au séjour (26%) - dont 33 ont accepté la prise en charge de l’hébergement en Centre d’Accueil de Demandeurs d’Asile (CADA) - et 40 demandes sont dans les limbes parce que la préfecture n’a pu relever les empreintes pour Eurodac (29%).

La décision du juge administratif lillois est fondée sur un moyen imparable: l’impossibilité pour le préfet d’un département de déléguer sa compétence au préfet d’un… autre département (une délégation n’est pas horizontale mais verticale).

En l’occurrence l’arrêté interministériel du 12 mars 2009 d’expérimentation de régionalisation de l’asile prévoit que seul le préfet du Nord est compétent pour statuer sur l’admission au séjour au titre de l’asile dans la région Nord-Pas-de-Calais.

“Lorsqu’un étranger se trouvant à l’intérieur du territoire de l’un des départements de la région Nord-Pas-de-Calais (Nord et Pas-de-Calais) demande à bénéficier de l’asile, l’autorité administrative compétente pour l’examen de sa demande d’admission au séjour est le préfet du Nord.
Le préfet du Nord reçoit de l’étranger sollicitant l’asile les pièces produites à l’appui de sa demande en application de l’article R. 741-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Il lui délivre l’autorisation provisoire de séjour prévue au premier alinéa de l’article R. 742-1 du même code et lui refuse l’admission au séjour dans les cas prévus à l’article L. 741-4 du même code”.

Rappelons que l’article R741-1 du CESEDA issu du décret n°2008-223 du 6 mars 2008 - art. 22 a prévu que :

“Lorsqu’un étranger, se trouvant à l’intérieur du territoire français, demande à bénéficier de l’asile, l’examen de sa demande d’admission au séjour relève du préfet de département et, à Paris, du préfet de police.

Un arrêté conjoint du ministre de l’intérieur et du ministre chargé de l’asile peut donner compétence à un préfet de département et, à Paris, au préfet de police, pour exercer cette mission dans plusieurs départements”.

Or, le 6 mai 2009, le préfet du Nord a fait une sub-délégation de signature au préfet du Pas-de-Calais

Le TA de Lille a considéré qu’il ne pouvait légalement le faire (il n’existe aucune subordination hiérarchique entre le préfet du Nord et le préfet du Pas-de-Calais) et que le refus d’admission au séjour au titre de l’asile signé par le préfet du Pas-de-Calais au nom du préfet du Nord était une atteinte grave et manifestement illégale au droit d’asile. Au surplus, le préfet du Nord n’a pas établi avoir publié la délégation (ce qui la rendait inopposable).

Cela veut dire que l’ensemble des refus opposés par le préfet du Pas-de-Calais enregistrés dans ce point de recueil et toutes les procédures “Dublin II” ou les refus d’enregistrement de la demande d’asile (parce que les empreintes ne sont pas lisibles) sont entachés de la même irrégularité.

MAJ: Compte tenu de la rédaction l’article R.741-1 (peut donner compétence “à un préfet“) les ministres de l’Immigration et de l’Intérieur ne peuvent déléguer la compétence en matière d’asile à deux préfets de départements dans une même région. D’ailleurs dans la région du Nord-Pas-de-Calais, ça serait absurde puisqu’il n’y a que deux départements et ça anéantirait donc toute régionalisation.

Les seules solutions seraient donc soit de revenir sur la régionalisation de l’asile dans le NPDC en abrogeant l’arrêté du 12 mars 2009, soit transférer la compétence régionale au préfet du Pas-de-Calais au détriment du préfet du Nord, soit de réorganiser le traitement des demandes d’asile déposées à la sous-préfecture de Calais en les faisant enregistrer par la préfecture du… Nord qui devra délivrer les APS “asile” et opposer les refus.

En attendant dans la mesure où le préfet du Pas-de-Calais n’est pas compétent, le point de recueil n’existe (juridiquement) pas.

Un peu comme le délit de solidarité alors?

http://combatsdroitshomme.blog.lemonde.fr/2009/08/10/jungle-de-calais-le-point-de-recueil-de-demande-dasile-de-besson-decapite-juridiquement-ta-lille-ref-31-juillet-2009-m-a/

 

 


C’est dans un contexte chargé que ce sont inscrits ces trois jours de campagne sur le littoral. Maintien du délit d’aide au séjour irrégulier malgré la mobilisation de nombreux acteurs, réforme de l’accès au droit dans les centres de rétention, interpellations de migrants à Calais suivi de l’annonce du démantèlement de la « jungle » : les politiques actuelles suivent avec constance la même pente glissante sans apporter de réponse aux questions de fond. Aussi pour mieux saisir les enjeux et permettre la mise en place d’une véritable alternative à l’approche sécuritaire actuelle, ce circuit thématique dans l'euro-région m'a emmenée dans plusieurs lieux emblématiques à la rencontre des acteurs de terrain.

Opération policière à la 'jungle' de Calais

Opération policière à la "jungle" de Calais
MaxPPP


Eric Besson, ministre de l'immigration, s'est rendu, jeudi 23 avril, à Calais pour "exposer des solutions" au problème des migrants dans la région. Il doit annoncer, selon son entourage, son intention de fermer "la jungle", cette zone de terrains boisés à proximité du port où s'installent des centaines de clandestins en attente de trouver un camion pour traverser la Manche.

La veille Mr Besson était l'invité de Jean-Jacques BOURDIN, sur RMC, et s'est fendu d'une interview bien lisse, une récitation apprise par coeur qui ne laissait pas de place au doute : le gouvernement, sur le sujet des Migrants ne connait qu'une seule politique, celle du tout répressif à l'encontre des-dits Migrants (délinquants, selon ses propres dires) mais aussi à l'encontre de celles et ceux qui, de bonne volonté viennent en aide par pur esprit de solidarité et d'humanité.

http://images.onlc.eu/crapocreationNDD//124074634362.jpg

Nous nous sommes rendu (Claire, volontaire ATD Quart-Monde, et moi-même, bénévole pour les Enfants de DON QUICHOTTE), du jeudi 23 avril au Dimanche 26 Avril 2009 à Calais afin de soutenir Les Migrants et épauler les associations SALAM et La Belle étoile qui oeuvrent au quotidien sur le terrain.

 

http://www.lepost.fr/article/2009/04/26/1511587_loi-welcome.html

 

 

 

10:30 | Lien permanent | Commentaires (2) |

02/07/2009

Afghan Calais No Border

Super blog de Julie REBOUILLAT !

Articles incisifs et photos géniales !! A diffuser !!! Ca c'est de la vraie info ! Bravo La Mite pour les textes !

 

 

Migrants_Calais22b-da189.jpg

No Border Calais : Epilogue et bilan

Photographe : Julie Rebouillat - Publié le 1er juillet 2009.

Mots clefs liés : No Border Calais

Les camps No border, c’est avant tout créer un espace et un terrain de revendications : liberté de circulation et d’installation pour tous et toutes, fin des frontières et des contrôles migratoires, fin des systèmes de contrôle qui nous divisent entre citoyenNEs et non-citoyenNEs, entre avec et sans papiers.

C’est, notamment, l’occasion de créer un rapport de force avec les autorités, ce que les journalistes du Spectacle nomment « ultra violence ». ça consiste à faire des « actions », symboliques ou non, contre l’Etat, sa police et ses représentants. A Calais, avec la meute de flics, c’était pas simple. Vendredi, quelques-uns ont pourtant bloqué la rocade longeant le camp, avec banderoles et tracts. Au bout de deux minutes, les gardes mobiles ont chargé, obligeant les camarades à se réfugier dans le camp. Les gardes mobiles sont ensuite restés en position, bloquant la circulation pendant deux heures (ils font le travail à notre place).

Le lendemain, après la manif, rebelote. Deux camarades, banderole en main, se sont mis à courir vers la rocade, mais avant même de passer les barrières du camp, ils avaient déjà fait demi tour, content de leur petite simulation. Les flics n’ont rien compris et la rocade fût à nouveau bloquée par leurs soins.

Du côté harcèlement, la liste est longue : la BAC qui profite de la présence des pompiers sur le camp pour essayer d’entrer à plus d’une quinzaine (sans succès), flashball à la main. Et puis le coup de pression du mardi soir : vers 5h du mat, les flics se postent en masse derrière le camp, braque un projecteur, tente une entrée, lampes torches en main. L’alerte est alors donnée dans le camp : tout le monde se réveille et fait front. Les flics se retirent, c’était de la provoc’. Dès lors, chaque soir, les flics braqueront le projecteur sur les campeuses et les campeurs. C’était sans compter le sens de l’humour tenace de la population du no border : le double projecteur qu’on leur a mis dans la face les jours suivant ne les a pas vraiment laissé de marbre.

Sinon, les barrages de keufs posés de part et d’autre du camp ont permis une nouvelle fois au préfet d’interdire la sortie du camp à tout ce qui n’était pas jugés « présentables ». Rappelons ici que l’interdiction de circuler et l’assignation à résidence sont des mesures exceptionnelles qu’un préfet n’a aucun droit de prendre, surtout lorsque les contrôles s’effectuent au faciès, ce qui est tout aussi interdit. Mais qu’importe, l’Etat de droit, c’est dans les films.

Passons rapidement l’encerclement du camp, l’hélicoptère, les contrôles d’identité et les fouilles incessantes. Samedi soir, quand les migrants voulurent regagner leur « jungles » après avoir dansé et chanté toute la soirée, ils durent passer le barrages de flics posté à la sortie du camp, projecteurs braqués. Craignant l’arrestation, nous avons décidé qu’un émissaire avec papier en règle aille discuter avec la flicaille. Flashball braqué, ordres secs et criés comme à un chien, fouille directe, toujours braqué, et puis la promesse de ne pas emmerder les migrants. L’émissaire assiste à leur passage, constate les brusqueries, le mépris et sans doute la peur de se faire planter par un de nous.

Et puis, samedi c’était la manif’. Une promenade avec fouille individuelle à la sortie du camp. Obligation de rester en masse, une promenade de six heures plein soleil dans le désert des zones industrielles ou au milieu des champs. Interdiction de dispersion, retour obligé au camp, toujours en masse. Les barrages de la bleusaille ont empêché systématiquement le contact avec la population, empêchant du même coup les migrants de participer à la manif.

Pour l’anecdote, paraît que certains ont vu des hommes grenouilles patauger dans le port, ces débiles ! Sinon, les black blocks étaient bien là : une pierre a été lancé et fait une belle étoile dans la vitrine d’une boucherie chevaline. La végétalienne qui a fait le coup a une dent contre le commerce carnivore.

Petite réjouissance : un barrage passé en force, direction la mairie. Mais pas le deuxième. Les matraques ont parlé, elles ont gagné. Vu le rapport de force, il n’y avait pas grand-chose à faire, à part peut-être rester au camp à glander ou passer en douce vers le centre ville. Un vieux CGTiste retraité nous avait prévenu. « Autant de flics, J’ai jamais vu ça de ma vie. Vous avez pas intérêt à déconner, sinon ils vont vous massacrer ces bâtards ».

Du côté du camp, on a bien rigolé : les jeunes de la zup défilant dans le camp avec le drapeau noir en gueulant « no border, no nation » ; Les deux adolescentes de la ZUP qui nous ont montré comment éviter les barrages de flics visitant ensuite le camp en prenant un vilain plaisir à gueuler « ça pue le poulet ici ! » à la bleusaille. Idem pour les migrants, qui se sont fait plaisir : « fuck police » et autres jurons. Les réunions traduites kurde, pachtoune, farsi, arabe, anglais et français avaient leur charmes, tout comme les parties de foot multiculturelles, tout comme les danses afghanes. Ça aura été le plus grand succès du camp que d’avoir pu faire se rencontrer des populations habituellement isolées les unes des autres.

Quant aux soi-disant casseurs, black blocks, racailles, et autres « infiltrés » de tout poil, soyons clairs. Hippies ou vieux punk, pacifiste ou anarchiste, jongleur ou musicien, littéraire ou sportif, lorsqu’un commissariat brûle, lorsqu’une ligne de CRS se fait défoncer par des enragés, lorsqu’un pavé fait voler en éclat la vitrine d’une banque ou d’un supermarché, on est tous solidaire pour dire : pan ! dans ta face ! l’Etat, le capital, c’est la gueule à terre qu’on les veut, et c’est dans la joie qu’on les verra flamber sur l’horizon d’une nouvelle liberté. Utopie que tout ceci ? A suivre…

Texte : la Mite

 

suite sur son blog Contre-Faits

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20:34 | Lien permanent | Commentaires (2) |

 
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