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14/02/2012

Des parents d'élèves ont en effet dénoncé une "manipulation", lors de la visite de Nicolas Sarkozy, mardi 7 février 2012.

sarkozy, lavaur,manipulation

Des parents d'élèves ont en effet dénoncé une "manipulation", lors de la visite de Nicolas Sarkozy, mardi 7 février, à Lavaur (Tarn), sur le thème de la politique familiale. Un parent d'élève affirme sur le site de La Dépêche du Midi qu'on a demandé à des enfants de crier "Vive Sarkozy" en agitant un drapeau tricolore, lors de l'arrivée du chef de l'Etat sur le parvis de l'hôtel de ville. Une note d'information a pourtant bien été remise aux parents. Ces derniers pouvaient s'opposer à la présence de leur enfant lors de la visite présidentielle.


texte via lemonde.fr


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22/09/2011

Les OLIVENSTEINS : Pétain Darlan c'était le bon temps (Démo)

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30/05/2010

La propagande festive de Vichy - Mythes fondateurs, relecture nationaliste et contestation en france de 1940 à 1944

Si l’attitude des Français sous l’occupation fait l’objet de nombreuses études, les vecteurs quotidiens de l’idéologie vichyste n’ont pas encore tous  été recensés. En effet, s’il n’est guère contestable qu’à Vichy « la sauvegarde, mais aussi l’utilisation du moral furent les soucis prioritaires des gouvernants et [que] la propagande devint [...] une arme de choix »[1] , les questions de la perception des choix gouvernementaux par les Français et des réactions aux tentatives d’encadrement social restent posées. Il est donc pertinent, pour mieux comprendre la réalité du régime, de croiser l’étude des relais[2] idéologiques du pouvoir dans la vie quotidienne (l’école, la légion, l’armée, les corporations...) avec celle des supports de propagande d’un régime autoritaire comme les affiches, la presse, la radio ou le cinéma. Or, depuis longtemps, une pratique sociale et culturelle rassemblait ces indicateurs : les fêtes publiques. Elles formaient en effet depuis toujours, et plus encore depuis 1789[3] , un espace de sociabilité éloquent et populaire, malléable selon les choix idéologiques des gouvernements.

Rémi Dalisson - IUFM de Rouen.

L'illustration ne fait pas partie de l'article

 

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27/04/2010

La première police d'Etat - La Police nationale ...de Vichy ...1941-1944.

 

La Police Nationale de Vichy

La loi du 23 avril 1941 portant organisation générale des services de police en France crée une Police d'Etat qui s'appellera la Police Nationale.

L'occupation Allemande et l'absence de Démocratie sous le régime de Pétain permettent au régime de Vichy de proclamer des lois sans l'assentiment du parlement qui, s'il n'est pas dissous, ne sera jamais réunis pour consultation de 1940 à 1944.

Cette loi portant sur l'Etatisation de la Police serait en fait un projet provenant du syndicat des Commissaires du temps des années 20-30.

Cette réforme va aller dans le sens de l'occupant puisque plus tard les accords Bousquet-Oberg en 1942 vont permettre aux autorités Allemandes de se décharger de nombreuses tâches répressives.

Les régimes autoritaires donnent de l'importance à la Police, qui devient le bras armé de l'Etat. D'autant que les clauses de l'armistice privait Pétain d'une véritable armée alors qu'il voulait mettre en marche la Révolution Nationale.

Pétain voulait surtout affirmer son autonomie et sa souveraineté même en zone occupée, le prix à payer, faire à la place de l'occupant les objectifs des nazis. Pour cela il utilisera la Police qui sera une pièce essentielle dans cette stratégie.

Dès 1940, le premier ministre de l'Interieur du Régime de Vichy et le nouveau Directeur de la Sûreté Nationale vont épurer la hiérarchie et poser les bases d'un recrutement et de formation. Ils prévoient la création d'une force civile, les Groupes Mobiles de Réserve (GMR).

Les villes de plus de 10.000 habitants perdent leur Police Municipale (sauf Paris), elle est remplacée par une Police d'Etat ; elle dépend des Préfets de régions et des intendants de régions.

Cette unification des polices s'accompagnait d'avantages matériels et salaires, indéminités, rénovation des locaux visant à attirer des recrues de qualités et accroître le prestige d'un "corps d'élite" dont Vichy entendait en faire un pilier du redressement nationale.

La loi du 17 juillet 1940 et le décret d'application du 21 septembre 1942 permettent de révoquer immédiatement ceux qui ne donneraient pas entière satisfaction dans l'accomplissement de leurs missions, même sans motif légitime ou objectif.

Le nouveau recrutement permettrait de se débarrasser des éléments qui ne correspondent plus à l'idéologie de Vichy. Mais l'impopularité des missions confiées, les exigences de mutation, les salaires trop bas ne permettent pas un recrutement espéré. Peu de candidats et beaucoup de démissions.

Lorsque le STO est mis en place et les policiers en étant exemptés, on peut penser que certains jeunes rentrent dans la police pour y échapper ; et les mouvements de résistance de la police en profite également pour faire recruter des jeunes gens qui servent la cause lorsque cela est nécessaire.

Après la chute du Régime de Vichy et la France étant libérée de son occupant, il aurait été logique que toutes les lois promulguées par ce régime de dictature dussent être caduques. Pourtant à la libération la "Police Nationale" redevient la "Sûreté Nationale", on dissout les éléments les plus compromettants comme les intendants, mais l'Etatisation des Polices Municipales reste.

De même la Vème République fera ce que le Régime de Vichy n'avait osé faire, elle intégrera en 1966 la Préfecture de Police et créera une nouvelle Police Nationale à vocation Républicaine qui est celle que l'on connaît aujourd'hui.


Résumé d'après un article de Jean-Marc Berlière

Serment

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04/01/2010

Henri Guillemin: "Il ne faut pas compter sur l'histoire officielle pour le dire...jamais..."

"ça, il ne faut pas compter sur l'histoire officielle pour le dire"

par Vincent Seriot - vendredi 3 juillet 2009

Henri Guillemin

Henri Guillemin

Cette phrase d'Henri Guillemin résume à elle seule les finalités de son travail d'historien : révéler le dessous des évènements, rendre justice aux oubliés de l'Histoire et démonter la reconstruction des faits par les puissants et l'ordre établi.

Elle est tirée d'un petit document de 1968 où Henri Guillemin relate ses propres souvenirs de 1940, lorsqu'il enseignait à la faculté de Bordeaux. Epoque, dont l'Histoire officielle a vite oublié les complots anti-républicains et les sentiments pro-allemands et italiens d'une bonne partie de milieux économiques et des hauts fonctionnaires français. Henri Guillemin a été l'un des rares visionnaires à dénoncer ces agissements bien avant que des historiens ne puissent les démontrer sur la base d'archives d'époque.

Ce talent de Henri Guillemin se révèle également dans la plupart des dossiers historiques qui lui ont été donnés à traiter. Il montre Napoléon comme le fossoyeur de la République de 1792 et des tentatives de rendre la société française plus égalitaire. Il dénonce le rôle de la grande bourgeoisie lors des évènements de la Commune de 1870, qui s'arrangea avec les Prussiens pour écraser le peuple parisien plutôt que de remettre en cause leurs propres privilèges.

C'est grâce à son exigence de vérité confronté au discours historique officiel que le français Henri Guillemin dût s'installer en Suisse et que le public de la Suisse romande put bénéficier de ses conférences.

 

Présent à Bordeaux, siège provisoire du gouvernement français, lors de la débacle de mai 1940 face à l'armée allemande, Henri Guillemin est témoin de plusieurs scènes qui le confortent dans sa thèse : une partie des élites françaises et du haut-commandement militaire souhaite la défaite et préfère la domination nazie plutôt que le spectre du Front populaire.

Henri Guillemin cite également une anecdote instructive sur son entrevue à Berne avec le controversé conseiller fédéral Pilet-Golaz.

Ce document fait écho au cycle de conférences qu'il fera des années après sur l'Affaire Pétain

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13/12/2009

Le chagrin et la pitié...

« C'était un Paris de folle gaieté, Maxim's tournait à plein. Tout le monde a honte d'en parler aujourd'hui. »

 



 

 

 

Collaboration et Résistance dans la France de Vichy

Le Chagrin et la Pitié de Marcel 0phuls

 

Par Richard Phillips

16 août 2001

 

Le Chagrin et la Pitié : Chronique d'une ville française sous l'Occupation, film documentaire épique de quatre heures et demie sur l'occupation allemande de la France pendant la seconde guerre mondiale, fut projeté récemment au festival du film de Sydney. Sorti il y a trente ans à Paris, ce film qui est maintenant distribué en DVD, est considéré à juste titre comme un des documentaires les plus importants du cinéma et parmi les rares films qui révèlent la collaboration de la classe dominante française avec l'Allemagne nazie de 1940 à 1944.

 

Ce film d'Ophuls révèle non seulement la répression politique et l'antisémitisme de la France de Vichy et l'opposition croissante contre ce régime, mais il remet aussi en cause la mythologie d'après-guerre, créée autour du mouvement gaulliste de la France Libre. Ce n'est pas un compte-rendu complet de la période, il y a des omissions importantes, mais néanmoins le film représente une introduction remarquable à cette période.

 

Marcel Ophuls, fils unique du cinéaste et metteur en scène Max Ophuls et de l'actrice Hilde Wall, naquit en Allemagne en 1927 et vécut une partie de la période traitée par le documentaire. Sa famille déménagea pour aller vivre en France en 1933, où son père continua à réaliser des films, servit dans l'armée française en tant que simple soldat de 1939 à 1940 et participa aussi à la production d'émissions de radio antinazies. La famille s'enfuit de Paris en 1940, peu de jours avant que l'armée allemande ne prenne la ville, pour l'Espagne et puis les Etats Unis en 1941.

 

Marcel Ophuls rentra en France en 1950 et travailla comme assistant au tournage du Moulin Rouge de John Huston (1953) et du Lola Montès de son père (1955). Après quelques longs métrages de fiction sans succès au début des années 60, Marcel se tourna vers le documentaire et réalisa Munich ou le passé pour cent ans (1967) et le Chagrin et la Pitié (1969). Il enchaîna avec La mission de Mai Lai (1970), sur la guerre du Vietnam; A sense of loss (1972), sur le conflit de l'Irlande du Nord; et The memory of justice (1976) qui traite des procès de Nuremberg, du colonialisme français en Algérie et de l'intervention américaine au Vietnam. Après douze ans sans faire de film, il réalisa Hôtel Terminus: Klaus Barbie et son temps (1988), qui remporta un Acadamy Award, Jours en novembre (1992) et plus récemment Veillée d'armes: Histoire du journalisme en temps de guerre (1994).

 

Le Chagrin et la Pitié est divisé en deux parties et se concentre sur la vie à Clermont-Ferrand, une ville de 150 000 habitants en Auvergne, près de Vichy. La première partie, l'Effondrement, ébauche la crise politique de la bourgeoisie française - sa désagrégation face à l'armée allemande et la division de la France en deux, la zone occupée et la zone non occupée. Le Choix, la deuxième partie, traite de l'opposition au régime, de la désagrégation de ce régime et de sa défaite.

 

La zone occupée fut gouvernée directement par les nazis et comprenait l'intégralité des côtes atlantiques et de la Manche, ainsi que les régions les plus riches de l'ouest du nord et du nord-est de la France. La zone non occupée, qui était gouvernée par un régime bonapartiste pro-nazi conduit par le maréchal Philippe Pétain, un officier français de la première guerre mondiale, avec comme premier ministre Pierre Laval, comprenait le centre, le sud et le sud-est de la France. Les nazis, selon Pétain et ses partisans, défendaient la civilisation contre le communisme. Le slogan fondamental du gouvernement de Pétain était « Travail, Famille, Patrie ».

 

Combinant des entretiens approfondis avec des participants de l'époque, 36 au total, et des extraits de films d'actualités et d'archives, pour confirmer ou pour infirmer leurs témoignages, le Chagrin et la Pitié construit un portrait en mosaïque de la période. Les gens interviewés, dont bon nombre le sont par Ophuls lui-même, comprennent des militaires allemands, des collaborateurs et des aristocrates français de tendance fasciste, des démocrates libéraux, des diplomates et des espions britanniques, des patrons d'usine, des indécis de la classe moyenne, des enseignants et des marchands ainsi que des paysans résistants.

 

Le film commence avec Helmut Tachsend, grand fumeur de cigares, ancien capitaine de la Wehrmacht et occupant, qui maintient que le peuple français accueillit à bras ouverts les nazis. Interviewé aux noces de son fils, Tachsend se vante de ses exploits pendant la guerre. Le documentaire alterne les propos de Tachsend et les actualités de propagande nazies dénonçant la France comme « une honte pour la race blanche » car elle avait des soldats vietnamiens et africains dans son armée.

 

Ophuls utilise des extraits de films d'archives, dont des discours de Pétain et de Laval, et des commentaires de collaborateurs qui en toute franchise lui disent qu'ils avaient soutenu Pétain croyant que celui-ci écraserait les militants communistes, mettrait un coup d'arrêt à l'agitation ouvrière et assurerait une position forte pour la France dans une Europe nouvelle dominée par les Allemands. Par contre, un gradé allemand raconte à Ophuls plus tard dans le film qu'il fut soulagé quand les nazis furent vaincus. « Si Hitler avait gagné », dit-il, « je serais probablement toujours soldat aujourd'hui, en train d'occuper l'Afrique, l'Amérique ou ailleurs ».

 

Répression politique et antisémitisme français.

 

Mises à part quelques perturbations mineures pendant les premières semaines de l'occupation allemande en juin 1940, la vie sociale de la grande bourgeoisie et des couches supérieures des classes moyennes parisiennes reprit son train habituel: défilés de mode, théâtre, opéra, courses hippiques. Comme l'explique une des personnes interviewées: « C'était un Paris de folle gaieté, Maxim's tournait à plein. Tout le monde a honte d'en parler aujourd'hui. »

 

Sur cette toile de fond, Ophuls représente la vague de répression menée par le gouvernement nazi et le régime de Vichy contre la grande masse du peuple. Les partis politiques furent interdits, les grèves rendues illégales, des milliers de travailleurs aux idées socialistes, de juifs, de gitans et de réfugiés de l'Espagne fasciste furent persécutés, emprisonnés et puis transportés dans les camps de concentration allemands. Il y eut un grand battage dans tout le pays pour promouvoir des théories pseudo-scientifiques raciales et la propagande antisémite, y compris le film français Le Péril Juif, qui représentait les juifs comme des sous-hommes.

 

Une des personnes interviewées, Claude Lévy, qui a écrit une des études les plus complètes sur la persécution des juifs en France et qui fut un résistant actif dès l'âge de seize ans, fournit des détails sur la rafle du vél' d'Hiv (vélodrome d'Hiver), quand la police française rafla près de 13 000 juifs parisiens, dont 4 051 enfants, et les enferma dans le stade du vélodrome d'Hiver à la mi-juillet 1942. Cinq jours plus tard, ces prisonniers furent embarqués dans des wagons à bestiaux et transportés au camp de concentration de Drancy près de Paris et puis au camp de la mort d'Auschwitz. En fait, des fonctionnaires français déportèrent environ 75 000 juifs, dont 12 000 enfants, vers des camps nazis entre 1941 et 1944 où ils furent exécutés.

 

Bon nombre des gens interviewés, cependant, feignent l'ignorance ou la perte de mémoire quand Ophuls les interroge sur ces événements. Le gendre du premier ministre Laval maintient que son beau père était contre le racisme et deux professeurs qui avaient vécu ces événements prétendent n'avoir aucun souvenir de lois interdisant aux juifs d'exercer dans les établissements scolaires en France. Ophuls interroge Marius Klein, marchand français qui, craignant boycotts, attaques à l'incendie ou déportation, maintint, tout au long de l'Occupation, une annonce dans le journal local déclarant qu'il n'était pas juif.

 

Le documentaire d'Ophuls montre aussi de brefs extraits de Jacques Doriot, ancien dirigeant du Parti communiste français (PCF) élu à la Chambre des députés mais qui rompit avec le parti en 1934 et qui par la suite forma en 1936 le Parti populaire français d'extrême droite. Doriot soutenait les nazis et collaborait directement avec l'armée d'occupation allemande.

 

Vers la fin du Chagrin et la Pitié, Andrew Harris, un des réalisateurs du film, conduit un entretien, à faire frémir, avec l'aristocrate français et brute fasciste Christian de la Mazière. De la Mazière avait été l'un des 7 000 français qui s'étaient inscrits à la division Charlemagne, unité spéciale de SS assignée au front de l'est. De la Mazière explique que, quoique fasciné par les éléments mystiques et religieux du fascisme, son attrait principal résidait pour lui dans sa détermination à étouffer toutes les idées et toutes les organisations socialistes.

 

« Il faut comprendre la France à l'époque où j'ai grandi », explique-t-il. « En 1934 toute école était un champ de bataille et on parlait de révolution partout - en France, en Espagne et en Afrique du nord. Il fallait choisir entre un parti révolutionnaire ou l'autre et mon parti révolutionnaire fut le fascisme. Un garçon élevé dans mon milieu, comment pouvait-il ne pas être anticommuniste ? »

 

Le Chagrin et la Pitié prête très peu attention au mouvement de La France Libre de de Gaulle, la force créée par un petit groupe d'éléments de la classe dominante opposés aux nazis. Dans la France de l'après-guerre, de Gaulle et le mouvement de la France Libre furent promus comme figures de proue de la Résistance antinazie, mais contrairement à la version officielle, de Gaulle, qui avait fui en Angleterre en juin 1940, avait très peu de soutien populaire à l'intérieur de la France. Mis à part un soutien limité de la part de gouverneurs coloniaux en Syrie, à Madagascar et en Algérie, ce chef auto-proclamé dépendait quasi totalement des armées britannique et américaine.

 

Plutôt que de détruire directement la mythologie de de Gaulle, Ophuls insiste sur le sacrifice et l'héroïsme de simples travailleurs et paysans qui se battirent contre l'armée allemande et le régime de Vichy pendant de longues années sans aide de l'extérieur. De Gaulle n'apparaît que brièvement dans des extraits de films d'actualités et aucun des résistants interviewés n'a de lien avec lui ni avec la France Libre. Le film contient aussi des commentaires cinglants de résistants contre des membres de la bourgeoisie qui prétendirent après-coup avoir combattu les fascistes.

 

Denis Rake, espion britannique et artiste de boîte de nuit qui travaillait à Paris pendant l'Occupation, explique: « La bourgeoisie ne m'a pas aidé énormément. Les ouvriers français étaient formidables - nourriture, cigarettes, ils vous donnaient leur dernier centime si vous en aviez besoin. »

 

Louis Grave, un fermier qui dirigea de sa cave, avec son frère Alexis, un groupe de résistants, donne le récit discret mais profondément émouvant de leurs activités clandestines. Grave fut dénoncé par un voisin du village, arrêté par les autorités et envoyé au camp de concentration de Buchenwald. D'anciens résistants locaux réunis dans la cuisine de la ferme des Grave décrivent la répression et les tortures infligées contre les amis et les familles soupçonnées de s'opposer aux fascistes. Ces héros sans prétentions disent à Ophuls qu'ils ne ressentent aucun désir de se venger de ceux qui avaient collaboré ou donné des résistants aux autorités, la question principale, expliquent-ils, c'est d'empêcher que des forces similaires ne resurgissent aujourd'hui.

 

Le Chagrin et la Pitié se termine sur un extrait de film d'archives du chanteur Maurice Chevalier qui tente de justifier un concert qu'il donna en Allemagne nazie. Il faut comprendre, déclare-t-il, avant de nous proposer une interprétation de Sweeping the Clouds away, que cette visite n'avait pas pour but de divertir les troupes allemandes mais de donner du courage aux prisonniers français d'un camp de concentration. Cela fait frémir.

 

Le film d'Ophuls accusé d'être « antipatriotique »

 

Le Chagrin et la Pitié souleva une grande polémique en France. Il avait été prévu de le diffuser en deuxième volet d'un documentaire en trois parties sur l'histoire contemporaine française, cependant l'ORTF, l'organisation de radio-télévision française contrôlée par l'état, refusa de le programmer quand il fut achevé en 1969. Le film ne sortit qu'en avril 1971, presque deux ans plus tard, dans un petit cinéma du quartier latin de Paris.

 

Comme une bonne partie de la production artistique faisant suite à la révolte des étudiants et la grève générale de mai-juin 1968, le film d'Ophuls cherchait à miner la crédibilité du gouvernement de droite de Charles de Gaulle qui prétendait avoir dirigé la Résistance. Comme l'expliqua plus tard Andrew Harris: « Ce qui m'agaçait, ce n'était pas la résistance mais le résistancialisme, qui ne représentait pas la réalité de l'Histoire et dont on a encombré la littérature, le cinéma, les conversations de bistrot et les manuels d'histoire ».

 

En fait, Ophuls et les producteurs du documentaire, Andrew Harris et Alain de Sédouy, qui avaient soutenu activement les mouvements de mai-juin 68, s'étaient heurtés à la direction de l'ORTF pendant la grève et furent licenciés du réseau avant que le Chagrin et la Pitié ne soit terminé. Ophuls partit travailler pour la télévision allemande et le film fut mené à terme avec un financement suisse et allemand.

 

Les politiciens gaullistes et des sections de l'intelligentsia française furent outrés par le film et l'accusèrent d'être « antipatriotique ». Le patron de l'ORTF, Jean-Jacques Bresson, ancien résistant, affirma à un comité du gouvernement que le film « détruit des mythes dont les Français ont encore besoin ».

 

Un critique alarmé déclara que le film minait les efforts de la France pour « reprendre son rang » et que « toute complaisance dans la honte, toute purge de grande envergure dans le but de se débarrasser de tous ceux qui, d'une façon ou d'une autre, avaient mal agi, n'auraient servi que les desseins de ceux parmi les alliés de la France qui voulaient la reléguer à un rôle mineur dans l'ère de l'après-guerre » (retraduit de l'anglais)

 

D'après lui, le danger résidait en ce que « des publics étrangers, surtout dans les pays qui eurent des raisons de s'indigner des actions de la France après la guerre, ou de soupçonner que la version officielle soit une tentative de réhabilitation, ne seraient que trop heureux d'accepter Le Chagrin et la Pitié comme l'entière vérité. » (retraduit de l'anglais)

 

Cependant, le documentaire resta en salle à Paris pendant 87 semaines et fut largement représenté dans les festivals du film et dans les cinémas sérieux en Europe et aux Etats Unis pendant toute la décennie. Les entretiens approfondis et in situ et l'utilisation mesurée et souvent ironique de film d'archives influença toute une génération nouvelle de réalisateurs de films documentaires et de fiction. En 1981, plus de dix ans après sa création, le film d'Ophuls fut finalement diffusé à la télévision et attira une audience de 15 millions de téléspectateurs.

 

De graves omissions sur le rôle du stalinisme.

 

Il est nécessaire, cependant, d'émettre des avertissements sur le documentaire d'Ophuls. Deux questions essentielles ne sont pas examinées dans le film: Pourquoi n'y eut-il pas de résistance initiale de masse de la classe ouvrière contre l'occupation allemande ? Comment fut-il possible que Charles de Gaulle et son mouvement de la France Libre, qui avait peu de soutien populaire au début des années quarante, put prendre le pouvoir après l'effondrement de l'occupation allemande?

 

Il est impossible de répondre à ces questions sans examiner le rôle du Parti communiste français (PCF), ce que le documentaire d'Ophuls ne fait pas et ce qui laisse la porte ouverte à des conclusions pessimistes. Un critique a prétendu, par exemple, que le Chagrin et la Pitié prouve « la capacité tellement humaine d'abandonner tout sens moral quand les forces militaires et la propagande rendent cela plus commode ».

 

En fait, l'occupation allemande de la France et l'émergence du régime de Vichy ne furent pas la conséquence de « défaillances humaines » mais le résultat final de la politique contre-révolutionnaire de la bureaucratie stalinienne en Union Soviétique et suivie par ses organisations satellites en France et ailleurs, lesquelles étouffèrent l'action indépendante de la classe ouvrière contre le fascisme.

 

A la suite de la montée au pouvoir d'Hitler en Allemagne en 1933, rendue possible par la politique de Staline qui divisa et paralysa la classe ouvrière allemande, la bureaucratie soviétique s'allia ouvertement avec les rivaux impérialistes de l'Allemagne. Dans le but de donner des preuves de loyauté à leur nouveaux partenaires les staliniens supprimèrent les luttes révolutionnaires pays après pays.

 

Le socialisme fut retiré de l'ordre du jour avec la politique du Front populaire, adoptée en 1935 par l'Internationale Communiste, laquelle subordonnait la classe ouvrière à des alliances avec divers partis politiques bourgeois. C'est sous cette bannière que la révolution espagnole et la lutte contre les fascistes de Franco furent sabotées et trahies.

 

En France, le PCF encouragea les travailleurs à soutenir le gouvernement du Front populaire qui vint au pouvoir sous la direction du dirigeant du Parti socialiste, Léon Blum et qui comptait aussi le Parti Radical, bourgeois, sous la direction d'Edouard Daladier. Tout en prétendant que ce régime représentait un « moindre mal », la direction du PCF mina le mouvement de grèves et d'occupations de juin et juillet 1936 et la grève générale de novembre 1938. Dans cette situation révolutionnaire, les staliniens s'opposèrent à toute lutte de la classe ouvrière pour défendre ses propres intérêts, ce qui créa une vaste désorientation politique.

 

Les défaites de la classe ouvrière ne firent que renforcer la réaction. En France, Daladier, auparavant salué comme « progressiste » par les staliniens, accéda au poste de premier ministre en 1938 et se mit à faire marche arrière sur les conquêtes du mouvement de grève de 1936. Le gouvernement de Daladier attaqua les syndicats et s'adapta à ceux qui cherchaient un rapprochement avec les nazis.

 

Loin de renverser sa politique désastreuse, la bureaucratie soviétique chercha à se préserver en arrivant à un accord avec Hitler, une démarche qui paralysa toute lutte contre le fascisme et qui conduisit directement à la seconde guerre mondiale. Le 21 août 1939, la bureaucratie soviétique signa le pacte de défense mutuelle, l'infâme pacte germano-soviétique, en déclarant que l'Allemagne d'Hitler était amie de l'URSS. Les partis communistes partout dans le monde, y compris le PCF, approuvèrent cette politique et ordonnèrent à leurs adhérents de s'opposer à toute guerre menée contre l'Allemagne.

 

Ceci explique comment, lorsque les troupes d'Hitler saisirent la France en juin 1940 il n'y eut pas de résistance organisée de la part de la classe ouvrière. Le PCF, quoique menant une existence clandestine, ayant été proscrit en septembre 1939 par le gouvernement de Daladier, ne tenta nullement de s'opposer aux forces d'occupation ni au gouvernement de Vichy. En fait, le PCF, plus à droite que de Gaulle, accusa ce dernier de collaborer avec les anglais.

 

Le PCF ne commença à s'intéresser à la Résistance qu'un an plus tard en juin 1941, quand l'Allemagne envahit l'Union Soviétique. La bureaucratie stalinienne, ayant antérieurement décrit la Grande-Bretagne et les Etats-Unis comme des ennemis de l'URSS, subitement redéfinit ces puissances impérialistes comme alliées. Le PCF se mit à collaborer avec les forces de de Gaulle et ordonna à ses cadres de s'incorporer à la Résistance et prit le contrôle des organisations les plus importantes. Dans les mois précédant le jour J, le PCF dominait le Conseil National de la Résistance (CNR) composé de six hommes, le Comité Militaire d'Action (COMAC), et le comité de pilotage pour la Libération de Paris (CPL).

 

Bien que les travailleurs aux convictions socialistes voyaient en l'effondrement de l'occupation allemande l'opportunité d'en finir avec le capitalisme, le PCF avait d'autres projets. Conformément aux assurances données aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne par Staline à la conférence de Téhéran de 1943, laquelle organisa la configuration de l'Europe de l'après-guerre, les staliniens français aidèrent à imposer l'installation de de Gaulle au pouvoir, puis à contenir et disperser la Résistance. En échange, les staliniens français reçurent des postes ministériels importants dont le ministère de la production et du travail, de l'économie nationale et de la défense, dans le premier gouvernement d'après-guerre de de Gaulle.

 

Comme de Gaulle le reconnut plus tard dans ses mémoires, le dirigeant du PCF, Maurice Thorez « aida à en finir avec les derniers vestiges de la milice patriotique que certains cherchaient obstinément à maintenir dans une nouvelle clandestinité...[et] parmi les travailleurs il ne cessa de prôner le slogan: travailler au maximum et produire, à tout prix ». (retraduit de l'anglais).

 

Bien qu'il n'analyse pas ces questions essentielles et par conséquent ne fournisse pas une présentation complète de cette époque, le Chagrin et la Pitié fournit tout de même un compte-rendu précieux de la vie sous l'occupation allemande en France et un point de départ utile pour des réalisateurs de documentaires à l'avenir qui tenteraient d'analyser cette période cruciale. Il mérite, certes, un public plus large que celui qui assiste à des festivals du film.

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18/07/2009

Collaboration

Une rafle est une opération policière d’arrestation de masse.

En 1941 -1942, les allemands n’avaient pas les effectifs nécessaires pour procéder à des rafles massives.

Ils devaient s’en remettre à la collaboration de la police et de la gendarmerie française pour arrêter les juifs et résistants.

 

 

 

 

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En application des accords policiers Oberg-Bousquet, c'est la police française qui a assuré seule la rafle du vel' d'Hiv à Paris, aucun Allemand ne participant techniquement à l'opération. Les personnes raflées furent dirigées vers des camps, dont Drancy, où la surveillance était assurée par la gendarmerie française.

 

 

 

La rafle, d’abord prévue aux 13 et 14 juillet est reportée aux 16 et 17, pour éviter qu’elle ne coïncide avec le jour de la fête nationale.

 

Rafle du vel d'hiv 1.jpg

 

 

Au mois de décembre 1940, le maréchal Pétain nommait le général Dentz haut-commissaire et commandant en chef au Levant. L’auteur décrit l’ambiance visqueuse qui animait alors la petite colonie française du Mandat où, avec autant d’enthousiasme qu’en Métropole, on célébrait le culte du Maréchal.

 

La région aurait pu demeurer à l’écart du tumulte de la guerre et continuer de pratiquer tranquillement la Révolution nationale si Vichy n’avait autorisé secrètement les Allemands à installer des escales aériennes en Syrie. L’auteur met ici au jour un épisode peu connu de la Seconde Guerre mondiale et de l’histoire du régime de Vichy : jamais sans doute ne fut-il aussi proche d’une entrée en guerre aux côtés de l’Allemagne; le 15 mai 1941, dans un télégramme à Dentz, le Maréchal lui ordonnait de donner "la mesure de notre désir de collaboration à l’ordre nouveau"… (p. 136).

 

Cette attitude décida les Britanniques à se rendre maîtres des possessions françaises au Levant. En juin-juillet 1941, une courte guerre, dont M. Albord nous offre un récit détaillé, opposa les troupes vichystes à celles du Commonwealth et de la France libre. En cette occasion, l’armée de Vichy montra qu’elle n’avait pas su tirer les leçons de la campagne de 1940 et continua de mener une guerre de position fondée sur l’alignement en front de résistance étiré (p. 161).

 

 

 

Le gouvernement de Vichy fut le principal acteur de la collaboration lorsque son vice-président, l'amiral Darlan, signa avec l'ambassadeur Otto Abetz les trois protocoles de Paris du 28 mai 1941.

Ces textes, qui instituèrent une collaboration militaire entre les forces armées allemandes et françaises (Protocole I pour la Syrie-Liban, Protocole II, pour Bizerte et la Tunisie, Protocole III, pour l'A.O.F. et l'A.E.F., et protocole complémentaire, sur les moyens demandés par l'État français pour combattre toute riposte alliée) furent personnellement approuvés par Pétain dans son télégramme du 15 mai 1941 au général Dentz, haut commissaire en Syrie. Ces dispositions furent appliquées totalement en Syrie-Liban et partiellement en Afrique du Nord par la livraison à l'ennemi de pièces d'artillerie lourde et de munitions, que celui-ci allait pouvoir utiliser contre les soldats français à Bir Hakeim puis pendant la campagne de Tunisie.

 

 

 

 

 


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