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31/07/2009

Justice de classe : un bloqueur de Rennes 2 condamné

Il est reconnu coupable d'avoir brisé une porte de la fac, en avril, alors que le mouvement étudiant s'étiolait.

Lunettes et queue-de-cheval, Antoine, 21 ans, se présente devant le tribunal correctionnel de Rennes, soutenu par une cinquantaine d'étudiants. Pendant les grèves et les blocages à l'université de Rennes 2, on l'a vu partout. De Noël à Pâques, il était de toutes les AG, de toutes les manifs. Le comble, c'est... qu'il n'est pas étudiant. « Il n'est pas non plus ouvrier et il soutient les syndicats, il n'est pas non plus sans-papiers et il soutient les sans-papiers. Bref, il est engagé, c'est un militant », plaide son avocate, Me Mélanie Le Verger.

Le 6 avril, alors que le mouvement des étudiants de Rennes 2 commence sérieusement à s'étioler, 100 à 150 bloqueurs envahissent la présidence de l'université Rennes 2, dans le quartier Villejean. Discussions interminables, menace d'intervention de la police, bousculades... Une grande porte vitrée est brisée à coups de pieds. « Plusieurs témoins, dont des agents de sécurité et des enseignants-chercheurs, ont identifié ce jeune homme comme le casseur », souligne le procureur.

La défense présente des contre-témoignages. Actuellement en recherche d'emploi, Antoine admet qu'il était bien présent. Mais il nie avoir cassé la porte. « C'était une grande gueule, facilement repérable à cause de sa corpulence. L'université avait besoin de cet exemple pour calmer le mouvement », ajoute Me Le Verger. Mais son client est reconnu coupable, il est condamné à 70 heures de travail d'intérêt général. Et à 250 € d'amende pour avoir refusé, en garde à vue, de livrer son empreinte ADN. Il devra aussi rembourser la porte, 5 035 €.

Michel TANNEAU. ouest france



"Rennes 2 : du travail d'intérêt général pour avoir brisé la porte de l'université" (Le mensuel de Rennes 30/07/09)

Points de vue et débats

Information publiée le jeudi 30 juillet 2009 par Fabula (source : Sorbonnard)


Rennes 2 : du travail d'intérêt général pour avoir brisé la porte de l'université - Le mensuel de Rennes, jeudi 30 juillet 2009.

http://www.lemensuelderennes.fr/article/actualite/rennes-...


Ce jeudi, le tribunal correctionnel de Rennes a condamné un jeune homme de 21 ans à du travail d'intérêt général. Celui-ci avait dégradé une porte vitrée de la présidence de l'université de Rennes 2 en marge du mouvement étudiant.

Son avocate le décrit comme un "militant", "un jeune engagé". Pourtant, Antoine n'est pas très loquace. Pas plus à la barre du tribunal correctionnel de Rennes que face aux policiers, venus le cueillir chez lui un soir d'avril. Ce jeudi, ce jeune de 21 ans, sans emploi ni antécédent judiciaire, a été condamné à 70 heures de travail d'intérêt général, une amende de 250 € et 5 000 € de dommages et intérêts pour s'être soustrait à un prélèvement ADN lors de sa garde à vue et avoir dégradé la porte vitrée des locaux de la présidence de Rennes 2.
C'était le 6 avril dernier. Le mouvement étudiant s'essoufflait. A la fin d'une AG, une centaine de manifestantsavaient tenté d'occuper les locaux de la direction. Ayant trouvé porte close, plusieurs d'entre eux avaient alors tapé dans l'entrée vitrée jusqu'à ce qu'elle cède.

"Je n'ai pas tapé dans la porte"

Antoine faisait partie du lot. Face à lui, le président énumère les témoignages qui le mettent en cause. Il y a les dépositions d'un vigile, du patron de la sécurité de la fac, d'un vice-président et d'un professeur. Tous quatre assurent qu'Antoine a participé aux dégradations. Le jeune homme a aussi été reconnu sur des photos, présentées aux témoins par les enquêteurs. "Ces déclarations sont précises, assure le président du tribunal. Elles disent que vous étiez très virulent et que vous donniez des coups de pied dans la porte." Antoine garde la ligne de sa garde à vue. Il nie tout en bloc. "Ces gens me reconnaissent car j'étais présent à la fac durant le mouvement. J'étais là au moment des faits mais je n'ai pas tapé dans la porte. C'est assez facile de cibler une seule personne... En plus, je suis pas étudiant alors..."

Le procureur ne l'entend pas de cette oreille. "Pourquoi le prévenu se sent-il à ce point concerné par le mouvement universitaire alors qu'il n'est même pas étudiant ? Sa ligne de défense, c'est la théorie de la vengeance. Ce jeune innocent serait victime d'un complot orchestré par le responsable de la sécurité de la faculté. Il aurait téléguidé des témoignages mensongers d'enseignants chercheurs pour lui nuire. Pourquoi ? On ne sait pas. Ces témoignages ne sont pas péremptoires. Ils sont mesurés, concordants et probants."

"Quelle parole croire ?"

"Le procureur dit que ces témoignages sont probants ? Moi, je dis qu'ils sont imprécis, assène la défense. Deux d'entre eux assurent qu'Antoine a fait bélier. Les deux autres avancent qu'il a donné des coups de pied." La jeune avocate du prévenu a apporté une multitude de témoignages "spontanés" de jeunes présents au moment des faits. Tous certifient que son client se trouvait en retrait lorsque les dégradations ont été commises. "Quelle parole croire ?", demande l'avocate. "Les faits se sont déroulés à un moment où le conflit s'enlisait. Antoine n'est pas étudiant. Il était connu du personnel. Son physique ne s'oublie pas. Des agents de sécurité l'appelaient "la baleine". Ce n'est pas un complot ni une vengeance. La fac avait juste besoin d'un coupable pour donner un coup d'arrêt au mouvement."

Massés dans la salle et à la porte d'entrée du tribunal, une cinquantaine de militants ont fait le déplacement pour soutenir leur camarade. L'audience s'est déroulée dans le calme.



Url de référence :
http://www.lemensuelderennes.fr/article/actualite/rennes-...


20090407-rennes-II-universite-m.jpg


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