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06/10/2009

Kazakhstan - Turkménistan les ciments Bouygues et Jacques Merceron-Vicat promètent des bénéfices "en bêton"

http://socio13.files.wordpress.com/2008/12/sarkozy-dassault-bouygues-lagardere.jpg

 

 

05-10-2009 10h51

Total : PLUSIEURS MILLIARDS D’EUROS DE CONTRATS À SE PARTAGER AU KAZAKHSTAN

(investir.fr) Le président français, Nicolas Sarkozy, se rendra demain à Astana, capitale du Kazakhstan, pour concrétiser, par une série de contrats portant sur plusieurs milliards d’euros, l’arrivée des entreprises françaises dans ce pays à forte croissance économique.

Total et GDF Suez devraient ainsi profiter de la visite de Nicolas Sarkozy chez le plus gros producteur d’hydrocarbures d’Asie centrale pour signer une prise de participation dans le champ gazier de Khvalynskoye, en mer Caspienne, pour un montant d’environ un milliard d’euros.

Vinci, à travers un consortium dirigé par sa filiale Spie Capag, va engager des négociations exclusives en vue de la construction d’un oléoduc reliant le champ pétrolier Kashagan et les côtes de la mer Caspienne. Un aboutissement favorable de ces discussions entraînerait la signature d’un contrat de 1,5 à 2 milliards d’euros, dont 1,2 milliard d’euros revenant aux entreprises françaises. L’Elysée précise qu’un tel contrat permettrait de créer ou de préserver plusieurs milliers d’emplois dans le bassin industriel de Dunkerque, chez des entreprises comme ArcelorMittal.

Des contrats dans le domaine de la défense et de l’espace devraient également voir le jour entre ces deux pays liés par un partenariat stratégique depuis juin 2008. EADS, via sa branche Astrium, serait amené à fournir deux satellites d’observation terrestre (un tiré depuis Kourou et le second depuis Baïkonour) et à construire un centre d’intégration pour un montant global de 230 millions d’euros. Eurocopter, autre filiale d’EADS, signera un accord portant sur la construction d’un centre régional d’hélicoptères. Thales fournira par ailleurs 4.500 radios tactiques à l’armée kazakhe. La valeur de ce contrat pilote approche les 100 millions d’euros, pour un programme devant représenter un total de deux milliards d’euros.

Dans le domaine nucléaire, Areva va créer une nouvelle coentreprise avec son partenaire Kazatomprom afin de commercialiser, à terme, 400 à 500 tonnes de combustible pour centrales nucléaires, à destination principalement de la Chine.

Enfin, le groupe Suez Environnement, via sa filiale Degrémont, devrait conclure un accord pour la fourniture d’une usine de traitement des eaux à Astana, pour 150 millions d’euros.

Le titre Thales gagne 2,22%, à 33,50 euros, Total 0,48% à 39,51 euros tandis que l’action EADS cède 0,17%, à 14,46 euros.

DD

(Zonebourse.com) - Encore une fois, Borat a tort de se moquer du Kazakhstan…. Après avoir investi au Sénégal, Vicat, le cimentier familial dirigé par Jacques Merceron-Vicat, vient d’annoncer la conclusion d’un accord avec la société d'investissement Kazkommerts Invest pour créer en commun une société de production et de commercialisation de ciment. Vicat détiendra 60 % de la nouvelle société et son associé Kazakhe, le solde. C'est le dernier épisode du feuilleton : « Vicat mise sur les pays émergents ».

Le projet, qui représente un investissement de 230 millions de dollars (156,2 millions d'euros), prévoit la création d'une nouvelle usine à Mynaral au Kazakhstan. Celle-ci sera construite par une entreprise chinoise et devrait commencer à fonctionner en 2010, pour produire 1,1 million de tonnes de ciment. Premier marché du monde, la Chine consomme environ 40% de la production mondiale de ciment. Ce marché devrait s'accroître annuellement de 5% dans les cinq prochaines années.

Renforcement dans les pays émergents

« Cela faisait plus de trois ans que nous cherchions à nous implanter dans ce pays qui est contraint d'importer massivement du ciment faute de structure de production », souligne Jean-Pierre Souchet, directeur financier de Vicat. « Cette acquisition correspond à notre stratégie de nous développer dans les pays émergents, Egypte, Sénégal, Mali, mais aussi en Malaisie et Inde », indique-t-il.

Pour mémoire, Vicat avait annoncé en décembre dernier 150 millions d’euros d’investissement au Sénégal. 150 millions d’euros, c’est à peu près l’équivalent des 230 millions de dollars annoncés aujourd’hui dans cet Etat l’ex-URSS.

Promesses d’Asie centrale

Le Kazakhstan dispose de richesses (pétrole, gaz et uranium) on ne peut plus convoitées et d’une situation géographique stratégique, entre Russie et Chine.


Poutine le sait bien, qui renouvelle les opérations de « charme » envers ce pays. Les Etats-Unis aussi, puisque que Condoleezza Rice a fait « ses armes » dans le monde pétrolier au sein de l’opérateur américain Chevron en négociant les contrats d’exploitation de cette ancienne république soviétique. Ces activités lui ont d’ailleurs permis de rencontrer Dick Cheney à cette occasion, lorsqu’il présidait aux destinées de Halliburton.

Grâce à ses importantes ressources naturelles (pétrole, uranium, or), le Kazakhstan connaît une forte croissance et des besoins en construction (et donc en ciment et béton), lesquels augmentent de 10 % à 15 % par an.

L’entreprise Vicat, née à Grenoble est quant à elle toujours contrôlée par les héritiers des fondateurs. La famille Merceron-Vicat – dont est issu Louis Vicat, l'inventeur du procédé industriel de la fabrication de ciment – détient 57 % de l'entreprise et est encore aux commandes : Jacques Merceron-Vicat en est le PDG depuis 1984.

Le groupe Bouygues en Asie Centrale
Le 22 octobre 2004

Au Turkménistan, après la mosquée de Gueok-Tepe et le Palais présidentiel, Bouygues Construction a été chargé de construire le Théatre d’arts dramatiques, le Musée des beaux-arts d’Ashkabad, ainsi que la mosquée de Kiptchak. Cette nouvelle mosquée réalisée par le groupe français pour le président à vie du Turkménistan, Niazov, dans son village natal de Kiptchak, doit être inaugurée ce vendredi. Le coût de ce projet remporté par la société française au Turkménistan est de 139 millions de dollars...

Le secteur du Bâtiment-travaux publics est le second domaine dans lequel d’importants contrats ont été signés entre les Républiques d’Asie centrale et la France.

Kazakhstan

Le groupe Bouygues a réalisé plusieurs chantiers dans les ex-républiques de l’Union Soviétique, comme le complexe présidentiel du Kazakhstan. Les ventes françaises au Kazakhstan, d’un niveau élevé (1,2 milliards de francs) sont en grande partie dues à un seul très grand contrat : la construction du palais présidentiel réalisé par la société Bouygues pour un montant de près de 500 millions de francs.

L’Ouzbékistan

Un contrat d’une ampleur identique a été conclu en Ouzbékistan pour la construction d’un hôtel 4 étoiles à Tachkent.

Turkménistan

Le Centre des Congrès et des Beaux-Arts a été construit par la société Bouygues à Ashkabat/ Turkménistan entre 1997 et 1999. De même, au Turkménistan, Bouygues a construit le Théatre d’arts dramatiques et la mosquée de Geoh-Tepe.

Celui qui se fait appeler Turkmanbashi ’le Père des Turkmènes’ dispose d’un palais présidentiel et d’une nouvelle gigantesque mosquée Kiptchak, dans son village natal, dans la banlieue d’Achkhabad dont la construction a coûté quelque 139 millions de dollars au budget national. Bouygues Construction, déjà présent sur de nombreuses constructions au Turkménistan, a construit la mosquée Kiptchak de 17.500 m2, avec des minarets atteignant 90 mètres, dans ce village où en 1940 est né le président Niazov. Elle doit pouvoir accueillir un millier de fidèles.

vendredi 22 octobre 2004
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Martin Bouygues entre le président turkmène Berdymoukhammedov et Sarkozy

Martin Bouygues, PDG du groupe de communication et de BTP du même nom, a été l’un des témoins de mariage de Nicolas Sarkozy et de sa compagne Cécilia. M. Bouygues est le parrain de leur fils Louis.

Le président turkmène Gourbangouly Berdymoukhammedov a félicité lundi Nicolas Sarkozy pour son élection à la tête de l’Etat français et exprimé son "attachement" à la poursuite de la coopération entre la France et ce pays très fermé d’Asie centrale.

Le président turkmène "adresse au président élu ses voeux de bonne santé, de bien être et de succès" au poste de président, selon un communiqué cité par l’agence officielle turkmène.

"J’exprime mon attachement au développement futur (de nos relations) pour le bien des peuples du Turkménistan et de la France", ajoute le leader turkmène, dont le pays entretient de longue date des relations commerciales avec la France.

Le géant français du bâtiment, Bouygues, y honore des contrats pour une valeur totale de un milliards de dollars.

Bouygues a ainsi construit quelques-uns des projets les plus décriés et mégalomaniaques de l’ancien président à vie Saparmourat Niazov, disparu en décembre, notamment le mausolée dans lequel il a été inhumé, et la plus grande mosquée d’Asie centrale, dont les murs sont recouverts de versets du Coran et de citations de Niazov.

Martin Bouygues, PDG du groupe de communication et de BTP du même nom, a été l’un des témoins de mariage de Nicolas Sarkozy et de sa compagne Cécilia. M. Bouygues est le parrain de leur fils Louis.

dimanche 6 mai 2007
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envoyé par rougememoire.


Textes adoptés
Jeudi 17 septembre 2009 - Strasbourg Edition provisoire
Kazakhstan: le cas d'Evgeniy Zhovtis


Résolution du Parlement européen du 17 septembre 2009 sur le cas d'Evgeniy Zhovtis au Kazakhstan

Le Parlement européen ,

—  vu ses résolutions antérieures sur le Kazakhstan et les républiques d'Asie centrale,

—  vu sa résolution du 20 février 2008 sur une stratégie européenne en Asie centrale(1) ,

—  vu la stratégie de l'Union européenne pour un nouveau partenariat avec l'Asie centrale, adoptée par le Conseil européen le 23 juin 2007,

—  vu le document de stratégie régionale pour l'aide à l'Asie centrale de la Commission (2007-2013),

—  vu les conclusions de la dixième réunion du Conseil de coopération UE-Kazakhstan,

—  vu les conclusions de la huitième réunion de la commission de coopération parlementaire UE-Kazakhstan, qui s'est tenue à Bruxelles le 31 mars 2008,

—  vu l'accord de partenariat et de coopération conclu entre la Communauté européenne et le Kazakhstan, qui est entré en vigueur le 1er juillet 1999,

—  vu l'article 122, paragraphe 5, de son règlement,

A.  considérant que les relations et la coopération entre l'UE et la République du Kazakhstan ne cessent de se développer à tous les niveaux et que ce pays joue un rôle crucial pour la stabilité et la sécurité de l'Asie centrale ainsi que pour le développement économique de l'ensemble de la région,

B.  considérant qu'en 2010 le Kazakhstan assumera la présidence de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), que cette fonction accroîtra la visibilité et la responsabilité de ce pays dans le domaine de la démocratie et des droits de l'homme; considérant que l'OSCE a déjà exhorté le Kazakhstan à approfondir les réformes démocratiques avant d'assumer la présidence de l'organisation,

C.  considérant qu'en dépit de cette fonction internationale importante, la situation intérieure du Kazakhstan s'est assombrie au cours des derniers mois à la suite du durcissement des restrictions à l'encontre des médias et d'une série de poursuites judiciaires controversées,

D.  considérant que le 3 septembre 2009, Evgeniy Zhovtis, directeur du Bureau international du Kazakhstan pour les droits de l'homme et l'état de droit et défenseur éminent des droits fondamentaux, a été déclaré coupable d'homicide involontaire pour avoir heurté un piéton et causé sa mort alors qu'il était au volant de sa voiture le 26 juillet 2009, et qu'il a été condamné à quatre ans d'emprisonnement dans un centre de répression,

E.  considérant que le 27 juillet 2009, Evgeniy Zhovtis avait été cité comme témoin dans l'enquête de police diligentée le jour même, qu'en cours d'enquête son statut de témoin a été modifié et qu'il a été déclaré suspect le 28 juillet 2009 mais que, en violation de la loi kazakhe, son avocat n'en a été informé que le 14 août 2009,

F.  considérant que selon le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme de l'OSCE, "les droits d'Evgeniy Zhovtis à un procès équitable, comme le garantissent la constitution kazakhe, les engagements contractés par le pays dans le cadre de l'OSCE et les normes internationales fondamentales, ont peut-être été bafoués par des procédures contestables",

G.  considérant que lors de réunions de l'OSCE, Evgeniy Zhovtis avait exposé en détail les violations des droits de l'homme dans son pays, suscitant des doutes quant à l'opportunité de confier au Kazakhstan la présidence d'une organisation attachée à faire respecter les principes démocratiques,

H.  considérant que de sérieux doutes ont été exprimés dans le passé au sujet des procès menés à l'encontre d'autres défenseurs kazakhs des droits de l'homme, parmi lesquels Ramazan Yesergepov et Sergei Duvanov, et des peines d'emprisonnement prononcées,

I.  considérant qu'en juin 2008 puis à nouveau en mai 2009, dans la perspective de la présidence de l'OSCE que son pays assumera, le ministre kazakh des affaires étrangères, M. Marat Tazhin, a promis d'œuvrer en faveur du renforcement et du respect des droits fondamentaux au Kazakhstan,

J.  considérant que l'article 2 de l'accord de partenariat et de coopération UE-Kazakhstan prévoit que la démocratie, les principes du droit international et les droits de l'homme doivent être respectés,

1.  se garde certes de remettre en cause l'indépendance du système judiciaire, élément-clé de toute démocratie, mais se déclare vivement préoccupé par la façon dont l'enquête concernant cet incident tragique et le procès qui s'en est suivi ont été menés et appelle l'attention sur les allégations selon lesquelles des éléments présentés par l'avocat d'Evgeniy Zhovtis n'ont pas été admis comme preuves au cours du procès;

2.  appelle les autorités kazakhes à réaliser immédiatement une deuxième enquête, complète et impartiale, dans le plein respect des principes de transparence et de l'état de droit, sur les circonstances de l'incident, ainsi qu'à réexaminer la condamnation d'Evgeniy Zhovtis et la sentence prononcée contre lui;

3.  exhorte les autorités kazakhes à faire officiellement toute la lumière sur le cas d'Evgeniy Zhovtis et à accorder à ce dernier les garanties d'une procédure régulière, y compris le droit de recours, conformément au droit kazakh;

4.  rappelle les vives réserves exprimées par des organisations de défense des droits de l'homme, peu convaincues de l'engagement réel du gouvernement kazakh sur la voie du progrès, lors de l'annonce, en 2007, de la décision visant à confier à ce pays la présidence de l'OSCE, et attend des autorités kazakhes qu'elles ne ménagent aucun effort pour améliorer la situation et pour réaliser des progrès tangibles sur la voie de la démocratisation et du respect des droits de l'homme avant d'assumer la présidence de l'OSCE;

5.  invite à cet égard la Commission à renforcer l'aide et la coopération de l'UE avec le Kazakhstan dans ces domaines afin de mieux préparer le gouvernement kazakh à s'acquitter de cette importante fonction internationale;

6.  demande instamment au Conseil de soulever avec fermeté cette affaire avec les autorités kazakhes et, en particulier, d'évoquer le cas d'Evgeniy Zhovtis dans le cadre du dialogue UE-Kazakhstan sur les droits de l'homme, lors de la deuxième série de discussions fixée au 21 octobre 2009 ainsi qu'à l'occasion de la réunion du conseil de coopération UE-Kazakhstan prévue pour la mi-novembre 2009;

7.  demande instamment à la Commission d'intensifier ses projets et ses programmes au Kazakhstan dans le cadre de l'Instrument européen pour la démocratie et les droits de l'homme;

8.  charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, au Secrétaire général des Nations unies, au Représentant spécial de l'UE pour l'Asie centrale, à l'OSCE, au Conseil de l'Europe ainsi qu'au parlement, au gouvernement et au président du Kazakhstan.

(1) JO C 184 E du 6.8.2009, p. 49.

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03/06/2009

« Ces expéditions de zozos ne servent plus à rien »

Douze mercenaires recrutés à Paris par Ratsiraka sont partis du Bourget le 18 juin. Et ont été bloqués le jour même en Tanzanie.

« Nous devions simplement former des équipes au contrôle des bagages, du fret et des passagers. Comme à Roissy... » Luc Marquès de Oliveira, l’homme qui a envoyé une équipe de mercenaires le mois dernier à Madagascar, ne manque pas d’humour. Joint par Libération, il explique que le président Didier Ratsiraka l’a contacté à la mi-juin : l’ex-homme fort de l’île était de passage à Paris, pour « travailler à la recherche d’une solution à la crise malgache ». Ratsiraka lui fournit un « schéma directeur » pour monter « une opération de type "sûreté et sécurité" des aéroports de Toamasina [ex-Tamatave, ndlr] et d’Antsiranana [ex-Diego Suarez, ndlr] ». Il s’agissait plutôt d’envoyer une équipe de spécialistes pour tenter de renverser la situation militaire sur l’île au profit de Ratsiraka. Les deux villes en question étaient alors les dernières qui échappaient encore à l’autorité du nouveau chef de l’Etat, Marc Ravalomanana (lire ci-contre).

Selon nos informations, ces mercenaires ne partaient pas pour Madagascar pour s’y battre, mais pour entraîner et encadrer un bataillon de 150 à 200 militaires malgaches, dévoués à Ratsiraka. « Assurer la sécurité d’un aéroport ? Vous voulez rire ! Ces hommes ne sont pas des vigiles », commente un proche du dossier. En tout cas, ce contrat est une bonne affaire : environ trois millions d’euros sur une durée de dix-huit mois. De quoi mettre du beurre dans les épinards de la société de Luc Marquès de Oliveira. Nageur de combat. Marquès n’envisageait pas de participer directement à l’expédition. Pour former son équipe, il fait appel à Marc Garibaldi, un jeune collaborateur de Bob Denard, puis du général Jeannou Lacaze, ancien des services français et ex-chef d’état-major des armées. L’ancien aspirant Garibaldi recrute - en « trente-six heures », selon Marquès - une douzaine de « professionnels ». Beaucoup sont issus du 11e Choc, le bras armé de la DGSE, l’un d’entre eux étant même un ancien nageur de combat. Ratsiraka ne s’adresse pas à Marquès par hasard. Celui-ci dirige une petite entreprise de sécurité installée à Courbevoie (Hauts-de-Seine), Active Protection International Service (APIS). Il connaît surtout très bien Madagascar. Ancien de la DGSE, Luc Marquès y a été en poste, s’occupant un temps de la garde présidentielle (GP). D’aucuns racontent qu’il a été un moment très lié à la fille du chef de l’Etat. Puis, il est retourné sur l’île comme consultant en sécurité pour surveiller l’opposition malgache. Parachutiste au 1er RPIMa dans les années 70, Marquès rejoint le GO (groupement opérationnel), une unité discrète utilisée par le Sdece (l’ancêtre de la DGSE). Membre du service Action, il sert au Liban - où il aurait participé à la traque des frères Abdallah impliqués dans des actes terroristes - et au Tchad. Après avoir quitté l’armée dans les an nées 80 avec le grade d’adjudant, il se lance dans les affaires au Tchad. Il y ouvre une boulangerie industrielle et une cimenterie. Rentré en France, il rejoint la société de sécurité de Philippe Legorjus, l’ancien commandant du GIGN, qui l’envoie notamment en Birmanie pour le compte de Total. Il crée ensuite sa propre société, Argos, et forme les miliciens congolais de Denis Sassou N’Guesso, les Cobras, dans un camp baptisé Trocadéro. Ses missions le conduisent également en Ethiopie, en Erythrée et au Burundi.

Le 18 juin, les douze mercenaires quittent Paris. Ils embarquent à bord d’un Falcon 900 de la société privée Aéro Services Executive, l’avion d’affaires qu’utilise Ratsiraka pour ses déplacements officiels. Leur équipée va tourner à la pantalonnade. A l’escale de Dar-es-Salaam (Tanzanie), leur avion n’obtient pas l’autorisation de poursuivre sa route vers Madagascar, à la suite d’une discrète mais efficace intervention du Quai d’Orsay. Bloqué, le Falcon n’a plus qu’à faire demi-tour. Les autorités françaises sont au courant de l’expédition depuis le début. Dès leur embarquement sur l’aéroport du Bourget (Seine-Saint-Denis), les mercenaires étaient surveillés par la DPSD (Direction de la protection et de la sécurité de la défense, ex-Sécurité militaire), qui les aurait même filmés.

Gros chèque. A leur retour à Lyon-Satolas, le 20 juin au matin, un comité d’accueil des « Services » les attend pour « leur remonter les bretelles », selon un proche du dossier. « Nos hommes ont été débriefés », confirme Luc Marquès. Ils repartiront libres, n’ayant commis aucune infraction au regard du droit français. Et avec un gros chèque en poche. « Marquès sait se montrer grand seigneur ! », ajoute la même source. « Il n’y aura pas d’épisode n° 2 », confie le patron de l’APIS, quelques jours après le retour de Ratsiraka en France. D’autant que les troupes loyales à son rival Ravalomanana ont entre-temps pris le contrôle de l’ensemble de l’île... Et que le nouveau Président est désormais reconnu par Paris, Londres et Washington. « Nous avons voulu faire un exemple », explique le porte-parole du Quai d’Orsay, François Rivasseau. « Ces expéditions de zozos ne servent plus à rien », juge pour sa part un professionnel du renseignement.

http://www.malagasy.org/article.php3?id_article=525

 

 

Oléoduc contesté, mais protégé
Même le Washington Post, jadis partisan du pipeline Tchad-Cameroun, vient de changer de position (08/12/2000) en constatant
qu’Idriss Déby s’est servi des royalties pour acheter des armes.
Cela n’empêche pas les constructeurs de recruter des services de sécurité très branchés. Bouygues et Cie ont retenu la
société Geos, matrice du futur mercenariat français “officieux” (à l’instar de MPRI aux USA). Y officie l’ancien patron du
renseignement militaire (DRM), Jean Heinrich. La firme Spie a eu recours aux services de PHL Consultants, de l’exsupergendarme
Philippe Legorjus. Bolloré étrenne un nouveau venu, Sécurité sans frontières, dont le conseil de surveillance est
présidé par… son “Monsieur Afrique”, Michel Roussin – ex-n° 2 de la DGSE. Idriss Déby, enfin, a embauché pour surveiller le
tronçon tchadien un ex-capitaine de la DPSD (Sécurité militaire)… (La Lettre du Continent, 16 et 30/11/2000).

 

 

L'affaire Moigne met en lumière certaines pratiques d'officines privées (LEMONDE)

L'affaire Moigne met en lumière certaines pratiques d'officines privées

L'enquête sur les malversations du commissaire Patrick Moigne, mis en examen vendredi 14 mars pour avoir monnayé des informations confidentielles à des tiers, met en lumière le rôle et les pratiques d'officines privées de renseignement. Le chef de la brigade des fraudes aux moyens de paiement (BFMP) de la police judiciaire de Paris aurait ainsi vendu des informations relatives au groupe pétrolier Total à une société d'"intelligence économique". Un secteur où le ministère de l'intérieur a prévu de faire le ménage, dans la future loi d'orientation et de programmation sur la sécurité intérieure, en introduisant des contrôles plus stricts.

Les policiers ont un nom pour désigner la vente de ces informations qui passent par le privé : la "tricoche". Dans le dossier Moigne, le commanditaire s'appelle Jacques Leroy, à la tête de sa propre société, JLR Conseil. Ce dernier a reconnu, lors de ses auditions, avoir eu "connaissance de futures opérations de police et de futures gardes à vue dans au moins une affaire sensible" et cité Total, selon une information confirmée par le parquet de Paris. Le groupe pétrolier, qui s'est refusé à tout commentaire, fait l'objet de plusieurs informations judiciaires, notamment pour la corruption présumée de fonctionnaires étrangers en Irak dans le cadre de l'opération "pétrole contre nourriture", mais aussi dans deux autres affaires en Iran et au Cameroun. Or le premier dossier est suivi par la brigade financière et les autres par la brigade de répression de la délinquance économique (BRDE), qui font toutes deux partie, avec la BFMP, du pôle financier de la PJ de Paris, où M. Moigne travaillait.

Jacques Leroy est lui-même un ancien policier de la brigade financière de Paris. Mis en examen pour "corruption active d'une personne dépositaire de l'autorité publique" et interpellé en même temps que M. Moigne, le 13 mars, c'est un proche de Philippe Legorjus, ancien chef du GIGN. Les enquêteurs s'intéressent de près à l'ancien gendarme qui avait créé, après son départ de l'armée, en 1995, la société Atlantic Intelligence. Cette entreprise de renseignements privés devenue leader sur son marché, a eu, parmi ses premiers clients, Total et a employé M. Leroy. Lors de l'audition de ce dernier par les enquêteurs, le nom de M. Legorjus ainsi que celui d'une de ses plus fidèles collaboratrices ont été cités.

M. Legorjus a lui-même recruté en 2004 Jacques Leroy, qui a quitté Atlantic Intelligence en 2006 tout en continuant à travailler pour elle, en sous-traitance, via sa propre société. Aujourd'hui, l'ancien gendarme ne dirige plus Atlantic Intelligence, qui a changé de nom pour devenir Risk & Co. Même s'il en contrôle toujours un tiers des parts, il a été poussé vers la sortie par Bruno Delamotte, propriétaire de la société BD Consultant avec laquelle il avait fusionné. "Je ne connais absolument pas Patrick Moigne et le seul gestionnaire de Total depuis deux ans, c'est Delamotte", affirme M. Legorjus.

Entre les deux hommes, les relations se sont dégradées au point que Bruno Delamotte n'hésite pas à dire qu'"un vrai ménage a été fait". "Nous avons signé un protocole d'accord pour racheter les parts de M. Legorjus suite à des divergences stratégiques et parce que nous n'étions pas d'accord sur les méthodes et les pratiques", dit-il, tout en confirmant avoir toujours pour client Total, sur la "sécurité de projets au Yémen et au Niger".

Ce n'est pas la première fois que des officines privées "d'intelligence économique" font parler d'elles. Sous cette appellation floue, qui désigne pour l'essentiel la collecte d'informations sensibles mais aussi, de plus en plus, la sécurité des entreprises à l'étranger, tout un marché s'est développé. Il est devenu le premier secteur de reconversion de policiers et de gendarmes, voire des anciens du RAID ou de la DGSE, "chassés" pour leur savoir-faire en matière d'investigation et surtout leur carnet d'adresses. Le groupe Geos - qui n'est en rien soupçonné de malversations -, par exemple, s'est attaché les services de plusieurs anciens fonctionnaires, dont l'ex-patron de la DST, Louis Caprioli, comme "conseiller spécial". M. Delamotte a travaillé deux ans au secrétariat général de la défense (SGDN) où ce civil était chargé des questions de blanchiment d'argent.

Face à ces liaisons parfois dangereuses, la sous-direction des affaires économiques de la PJ de Paris tente de se protéger. Son directeur, Patrick Hefner, émet un avis défavorable chaque fois qu'un ancien de la maison lui fait part d'une demande d'agrément transmise à la préfecture de police pour ouvrir une de ces officines. Depuis un an, assure un policier, les locaux du pôle financier sont interdits aux "retraités" et toutes les informations demandées à la brigade financière et de la BRDE sont consignées sur un registre.

Isabelle Mandraud

 

 

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