Avertir le modérateur

01/05/2010

"Bavure" française en Afghanistan : 4 enfants tués ...

A l'issue de trois semaines d'enquête, l'armée française a reconnu jeudi avoir tué accidentellement quatre jeunes civils afghans lors d'un tir de missile terrestre antichar visant des insurgés.

Hervé Morin, le ministre de la Défense est ce vendredi en visite à Mexico. Il a dit "regretter profondément" ce "dramatique et terrible concours de circonstances". Ce dernier date pourtant du 6 avril dernier et se tenait à des milliers de kilomètres de là. Après trois semaines d'enquête, l'armée française a reconnu jeudi avoir tué par erreur quatre jeunes civils afghans à la suite d'un tir de missile terrestre antichar à destination d'insurgés.

L'enquête a été officiellement et publiquement "close" lors du point-presse hebdomadaire du ministère de la Défense. Celle-ci a permis d'établir que c'est bien "le tir français" d'un missile Milan (Missile d'infanterie léger antichar) qui avait provoqué la mort de ces quatre jeunes. Retour en arrière. Ce 6 avril, une opération associant des soldats français et afghans dans la vallée de Bedraou parvient à repérer "un renforcement insurgé" préparant "une manœuvre de débordement", selon les termes de l'amiral Christophe Prazuck, porte-parole de l'état-major des armées.

"Polycriblés"
"Sept insurgés armés à 1500 mètres derrière un mur" sont signalés. Une heure plus tard, "aucun mouvement civil" n'ayant été détecté, "le commandant du bataillon de Kapisa" autorise le tir de missile. Quelques semaines plus tard, ce sera l'interrogatoire sur son lit d'hôpital du seul survivant d'un groupe de cinq adolescents, caché des tireurs par des arbres, qui permettra d'établir les circonstances de la mort des quatre civils, "polycriblés" par des éclats alors qu'ils se trouvaient à "une quinzaine de mètres" à peine des insurgés visés.

Le fameux "concours de circonstance" évoqué par Hervé Morin. Selon le porte-parole de l'état-major, "il y a régulièrement dans cette province de Kapisa des combats assez durs, dans une région où la population est assez dense, avec donc des règles d'ouverture du feu très strictes qui jusqu'à présent avaient permis d'éviter un incident malheureux". Le ministre de la Défense a, lui, tenu à préciser que "l'armée française a respecté de toute évidence toutes les procédures" d'engagement lors de cet incident et que les soldats français "n'ont pas fauté".

"A notre connaissance"
Christophe Prazuck : "A notre connaissance, c'est la première fois qu'un tel évènement se produit pour les militaires français." Il n'en demeure pas moins que la mort de civils n'en finit plus de faire monter la pression entre le président afghan, Hamid Karzai, et les forces internationales. Le 12 avril dernier, l'Otan a encore tué quatre civils en ouvrant le feu sur un autobus.

"Les morts résultant des activités des insurgés sont trois fois plus importantes que celles causées par les forces pro-gouvernementales" en 2009, se défend l'ONU dans une étude récente. Dans laquelle on apprend également que 2412 civils ont été tués en Afghanistan cette même année. Une hausse de 14% par rapport à 2008 et le bilan le plus lourd depuis le début de la guerre en 2001.

Hamza Hizzir, avec agence Metrofrance.com

 

BAVURE - L'armée française admet avoir tué par erreur quatre jeunes civils afghans

Cette fois, l'armée française a acquis la certitude que c'est bien le tir d'un missile antichars Milan qui a causé la mort de quatre jeunes civils afghans, le 6 avril dernier. Cette annonce a été faite jeudi par l'amiral Christophe Prazuk, porte-parole de l'état-major des armées, à l'issue d'une enquête de trois semaines conduite conjointement par l'IJC (ISAF Joint Command) et par le représentant du chef d'état-major des armées en Afghanistan, le colonel Jacques Lapassé. Selon l'état-major des armées, les faits se sont produits lors d'une opération associant des soldats français et afghans dans la vallée de Bedraou. À cette occasion, les troupes engagées venant des deux GTIA de Kapisa et de Surobi font l'objet de prises à partie sporadiques et détectent un renforcement des insurgés, qui laisse prévoir "une manoeuvre de débordement", explique l'amiral Prazuk. Un groupe d'intervention constitué par les servants d'un poste de tir de missiles Milan et des tireurs d'élite repère "sept insurgés armés" à 1,5 km de leur position, cachés derrière un mur. Suivant les procédures, et après avoir constaté qu'aucun mouvement de civil ne s'était produit au bout d'une heure, ils demandent l'autorisation de tirer un missile Milan, que leur "accorde le commandant du bataillon de Kapisa".

Environ une heure après ce tir, une voiture se présente au camp de Tagab, et demande à voir des médecins. À bord du véhicule se trouvent cinq jeunes civils, âgés de dix à quinze ans, "polycriblés" par des éclats. Évacués par hélicoptère vers l'hôpital de Kaboul, quatre jeunes décèdent des suites de leurs blessures. Le cinquième, toujours hospitalisé, est hors de danger. Son témoignage a été très précieux lors de l'enquête. Le porte-parole a indiqué lors d'un point de presse tenu au ministère de la Défense qu'il y a "régulièrement dans cette province de Kapisa (est) des combats assez durs, dans une région où la population est assez dense, avec donc des règles d'ouverture du feu très strictes qui jusqu'à présent avaient permis d'éviter un incident malheureux".

On indique à l'état-major des armées que les familles des victimes seront suivies par la PRT (Provincial Reconstruction Team), et indemnisées. Il n'en demeure pas moins que les victimes civiles afghanes du conflit sont de plus en plus nombreuses. Un récent rapport de l'UNAMA, la mission de l'ONU en Afghanistan, estime que 2.412 civils ont été tués en Afghanistan en 2009 . En hausse de 14 % par rapport à 2008. Selon ce rapport, ces décès de civils sont imputables pour un quart à l'IASF et aux forces gouvernementales afghanes, et pour les trois quarts aux insurgés.

Publié le 29/04/2010 à 18:56 - Modifié le 30/04/2010 à 07:32 Le Point.frJean Guisnel

 

NATO Investigates 3 Afghan Civilian Deaths

KABUL, Afghanistan — The French military took responsibility on Friday for killing four Afghan children during a missile strike in early April, and NATO said it was investigating allegations of a military convoy gunning down two Afghan women and a girl in southeastern Afghanistan.

The reports underscore concern over rising civilian deaths caused by the American-led military coalition as troops step up operations across the country. Last June, the new NATO and American commander, Gen. Stanley A. McChrystal, instituted guidelines credited with reducing civilian casualties caused by Western military forces.

That downward trend has abruptly been reversed: In the first three months of 2010, at least 72 Afghan civilians were accidentally killed by troops, compared to about 30 killed in the same period last year, according to a NATO official in Kabul.

The latest allegations of civilian deaths were in some dispute. On Friday, Afghan officials said international forces killed two Afghan women and a girl riding in a car in Zabul Province as they approached a military convoy stopped on the road to remove a buried bomb.

A spokesman for the Interior Ministry in Kabul, Zemary Bashary, said “foreign forces” had killed the women in Zabul.

Mohammed Jan Rasool Yar, a spokesman for the Zabul governor, said the Afghan authorities had not determined which military unit shot the women. He said the driver of the car, a man, was wounded and hospitalized.

As troops defused the bomb, Mr. Yar said, a Toyota approached. They “tried to stop them, but they did not stop,” he said, and troops opened fire.

But while a NATO spokesman in Kabul said early Saturday morning that one military convoy had fired warning shots at a civilian car, he said that the driver stopped and there were no casualties. The spokesman said that NATO forces were continuing to investigate the allegations of civilian casualties in Zabul, but that they had no confirmation of any involvement by NATO troops.

Also on Friday, the French military said its own investigation found that its forces killed four children during a fight with insurgents on April 6 in Kapisa Province, north of Kabul.

According to Rear Adm. Christophe Prazuck, a French military spokesman, French and Afghan forces were setting up a combat outpost when insurgents attacked in the Bedrau Valley. Forces at a checkpoint returned fire and drove them back, he said.

As the militants regrouped, French observers spotted seven insurgents hidden behind a wall, and troops fired one antitank missile.

Thirty minutes later, a civilian vehicle arrived at the checkpoint with four children, ages 10 to 15, said to have been wounded in the attack, and another child who had already died. Three of the wounded children died shortly thereafter.

“The children were near the insurgents and beneath a tree,” Admiral Prazuck said. “No civilian activity had been observed.”

A French military investigation concluded in recent days. No further investigation or punitive measures are planned, Admiral Prazuck said.

Late Wednesday night, a relative of an Afghan member of Parliament was shot and killed during an operation involving NATO forces in Nangarhar Province, setting off angry demonstrations the following morning that blocked the main road to Kabul for an hour amid chants of “Death to America.”

The lawmaker, Safia Sidiqi, said troops came to her house just before midnight. She was in Kabul at the time, but she said her brother had called her to say there were thieves outside the house. She said she had called the provincial police and was told that American troops were conducting an operation.

“They came to my house intentionally and killed one of my family members,” she said. “The Americans knew this was my house.”

NATO officials said troops from a joint NATO-Afghan force had killed “one armed individual” while pursuing a “Taliban facilitator.” In a statement, NATO said the man had been shot and killed after aiming his weapon at the troops and ignoring commands and hand signals to lower his gun.

Richard A. Oppel Jr. reported from Kabul, and Scott Sayare from Paris. Sharifullah Sahak contributed reporting from Kabul.

20:53 | Lien permanent | Commentaires (3) |

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu