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23/02/2012

Armement : net rebond des exportations françaises

La France a signé pour 6,5 milliards d'euros de contrats en 2011 contre 5,1 milliards en 2010.

Après un creux, les exportations de matériels militaires français se sont nettement redressées en 2011. «Le montant global devrait s'élever à 6,5 milliards d'euros, ce qui permet à la France de maintenir son rang de quatrième exportateur mondial d'armements», a annoncé mercredi Laurent Collet-Billon, le délégué général à l'armement (DGA).

La vente de deux bâtiments de projection et de commandement (BPC) de classe Mistral à la Russie, le contrat de modernisation des Mirage 2000 en Inde ou encore la vente de gros 4 × 4 protégés Aravis à l'Arabie saoudite ont accéléré de 27% l'activité export par rapport à 2010. Faute de gros contrats, elle était tombée à 5,1 milliards d'euros l'an dernier.

Laurent Collet-Billon relève que «les exportations françaises sont constituées pour les deux tiers de petits contrats qui constituent un socle solide». Plus sophistiqués, les grands contrats s'inscrivent dans des échéances de temps plus longues. Ils sont sujets à des délais et nécessitent de longues négociations très détaillées, d'autant que le pays client ne se contente plus de «signer un chèque», mais souhaite s'approprier une partie du savoir-faire du pays vendeur via des transferts de technologie.

«La performance» de la France est une bonne nouvelle pour les 100.000 emplois dont la moitié directs qui dépendent des contrats exports. Mais elle est encore loin de son objectif de 10 milliards d'euros à l'export, un niveau jugé idéal par le DGA car il serait alors équivalent en valeur à la commande nationale.

Axe franco-britannique

En 2011, la France a dépensé 10,7 milliards d'euros en R & D et en achats d'équipement pour les armées tels que 4 hélicoptères de transport NH 90, 6 engins de combat Tigre, plus d'une centaine de blindés (VBCI) ou encore 4000 équipements Felin pour les fantassins.

En matière de budget, la continuité est cruciale. Il faut maintenir l'effort de R & D afin de préparer les «systèmes de défense» des guerres du futur. Parmi les chantiers ouverts figurent la robotique navale, la cyberguerre ou les drones (avions sans pilote). En raison de budgets de la défense sous tension, une partie de la réponse passe par «une coopération pragmatique» avec nos voisins européens, souligne le DGA.

C'est pourquoi la France et la Grande-Bretagne, les deux premières puissances militaires européennes, ont décidé d'avancer en créant une filière drone - du petit drone tactique en passant par un appareil d'observation et un chasseur sans pilote (lire nos éditions des 17 et 18 février). Cela, en s'appuyant sur leurs champions respectifs - Dassault Aviation et BAE Systems - dans un cadre bilatéral. Avec pour perspective ultérieure d'en faire les deux moteurs des futurs programmes européens.

L'armée française devrait s'équiper, comme son homologue britannique, de drones tactiques Watchkeeper, construits par Thales UK, d'ici à 2013. «Dans quelques semaines, les DGA demanderont à BAE et Dassault de lancer la phase d'évaluation du futur drone d'observation Male», affirme Laurent Collet-Billon, qui indique avoir reçu «la semaine dernière une offre de la part de Dassault» concernant le futur drone intermédiaire sur plate-forme israélienne (Heron TP).

LIRE AUSSI: 

» L'Inde sélectionne le Rafale 

» DCNS prévoit de livrer le premier Mistral russe fin 2014

 

piqué au tas sur lefigaro.fr - 22/02/2012

via une info de yvette

07:15 | Lien permanent | Commentaires (0) |

04/03/2011

Défense Conseil International - Le rayonnement Français à l'International

L'organisation des systèmes de défense au profit des armées amies

DEFENSE CONSEIL INTERNATIONAL a pour mission le transfert des savoir-faire des armées françaises vers celles de pays amis, notamment en soutien des exportations de nos industriels français.
Empreinte d'une culture militaire unique DCI garantit une compréhension globale des besoins de ses clients étrangers et leur propose les solutions les mieux adaptées. Afin d'optimiser l'emploi de ses équipements acquis par les forces armées étrangères, DCI les accompagne sur le long terme dans ses trois domaines de compétence :
la formation ;
l'assistance ;
le conseil.

En conformité avec le "label Armées françaises"

L'originalité et la valeur ajoutée de DCI résident notamment dans l'emploi de spécialistes et d'experts militaires en position statutaire de détachement, garants du "label Armées françaises".
Activité… en quelques chiffres

Un rayonnement international

DCI réalise un chiffre d'affaires de 150 M€ grâce à l'action de plus de 800 collaborateurs qui accompagnent clients et partenaires dans plus de 30 pays :
En Europe : France, Bosnie, Portugal, Espagne, Grèce...
En Asie : Japon, Taïwan, Malaisie, Indonésie, Singapour, Inde, Pakistan.
En Afrique : Algérie, Tunisie, Maroc, Gabon...
En Amérique Centrale et du Sud : Brésil, Chili, Equateur, Mexique...
Au Moyen-Orient : Arabie Saoudite, EAU, Koweït, Qatar, Turquie...

http://www.f-sc.org/index.php?ID=1010570


Depuis 1972, le groupe Défense Conseil International (DCI) propose aux pays étrangers amis de la France une expertise militaire reconnue. Opérateur de référence et prestataire de services du ministère de la Défense, DCI a pour objet essentiel la transmission du savoir-faire des armées françaises.

DCI est une société privée dont l’Etat français est l’actionnaire de référence avec 49,9% du capital de DCI. Son chiffre d’affaires s’élevait en 2008 à 128 Millions d’euros. Il compte aujourd’hui près de 600 salariés, dont près de 250 à l’étranger et dispose d’antennes permanentes aux Emirats Arabes Unis, en Arabie Saoudite, au Koweït, au Qatar et en Malaisie.

Son cœur de métier historique consiste à accompagner les grands contrats d’exportation d’armement signés avec des pays étrangers et amis de la France en assurant la transmission du savoir-faire militaire français sur les équipements vendus.

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10:29 | Lien permanent | Commentaires (0) |

20/09/2010

Le Rafale de Dassault : privatisation des bénéfices et mutualisation des pertes...

Des millions en rafale pour Dassault

Onze avions Rafale auraient dû être vendus à l'étranger d'ici à 2013 selon la loi de programmation militaire. Aucun contrat ferme n'étant en vue, c'est le ministère de la Défense qui va les acheter.

Ce bijou de technologie, selon les experts, qui vaut 90 millions d'euros pièce, a tout de même réussi à battre deux records : celui de n'avoir jamais trouvé d'acheteur autre que le gouvernement français et celui de plomber les finances publiques, dont le déficit est perpétuellement mis en avant par le gouvernement pour sabrer dans toutes les dépenses qui sont, elles, utiles à la population.

Tous les gouvernements, de gauche comme de droite, lui ont servi de représentants de commerce. Il y a un an, Sarkozy avait annoncé, à grand son de trompe, une vente de 36 Rafale au Brésil ; six mois plus tard, il plastronnait : « Je suis confiant, les choses progressent, exactement comme on avait prévu que ça progresserait.» Mais le gouvernement brésilien n'a toujours pas conclu l'affaire. Comme n'ont pas conclu Kadhafi, le Maroc et le Koweït en 2007, l'Arabie saoudite en 2006, Singapour en 2005, la Corée du Sud et les Pays-Bas en 2002. On ne peut remonter plus loin puisqu'il a fallu plus de vingt-cinq ans d'études et de subventions gouvernementales avant que cet avion soit considéré comme opérationnel !

Finalement, le seul contrat signé, c'est celui de l'État avec Dassault : 800 millions pris sur l'argent public iront dans les poches de l'avionneur. Et les patrons viendront nous dire qu'ils prennent des risques et qu'ils ne vivent pas, eux, aux crochets de l'État !

Sylvie MARÉCHAL

piqué au tas sur www.lutte-ouvriere-journal.org - 17/09/2010

 

15:50 | Lien permanent | Commentaires (0) |

13/09/2010

La police s'humanise... elle change de munitions

Jugées "trop dangereuses", la police change de munitions

Les balles traversaient leurs cibles, au risque d’atteindre des passants. 48 millions de cartouches ont été commandées, pour près de six millions d’euros, cinq ans seulement après le dernier marché public.

23 novembre 2006, aux abords du Parc des Princes. Un supporteur du Hapoël Tel Aviv est pris à partie par des fans du PSG. Les insultes antisémites fusent, on craint un lynchage, jusqu’à ce qu’un policier intervienne et tire. Bilan : un blessé grave, atteint au poumon, et un autre, mortellement touché au cœur, par la même balle. Juillet 2008, Paris, XIe arrondissement. Deux policiers se blessent avec leurs propres armes en interpellant un homme qui brandit un couteau. Les balles ont ricoché. Ces deux épisodes dramatiques – parmi d’autres – ont poussé le ministère de l’Intérieur à changer les munitions qui accompagnent la nouvelle arme de la police nationale depuis 2003, le Sig Sauer. En cause, « des balles blindées très perforantes, trop », dit un fonctionnaire. L’énorme opération de remplacement (deux chargeurs de trente coups par fonctionnaire) commencé au printemps s’achève ces jours-ci. Dans une certaine urgence qu’ont déplorée les policiers.

Victimes collatérales

Le budget est conséquent. Attribué en mai 2009, le nouveau marché porte sur 5,8 millions d’euros. Il a été remporté par l’américain Alliant Techsystems [Alliant Techsystems (ATK)] et une filiale française du groupe Beretta (HUMBERT CTTS - distributeur exclusif des armes Beretta). Ils fabriqueront jusqu’à 48 millions de cartouches « Speer Gold Dot haute performance » pour l’ensemble des 250.000 policiers, gendarmes, douaniers et surveillants de prison. Des balles plus chères, mais « optimisées », pour, d’une part, « neutraliser » des personnes armées dans le cadre d’une fusillade et, d’autre part, éviter les victimes collatérales. Contrairement aux blindées, cette balle à pointe creuse, dite « expansive », se déforme en rencontrant un obstacle et sa vitesse est freinée.

Des balles pour la guerre

L’ancienne munition, commandée en 2005, aurait été choisie en dépit du bon sens. « Elle n’était pas du tout adaptée à l’usage police, commente un syndicaliste. Elle était destinée à un usage de guerre, pour blesser. Parce que, sur un champ de bataille, un blessé mobilise trois personnes. Dans la police, nous nous retrouvons dans des situations avec des mecs en face de nous qui prennent quatre à cinq balles et continuent de tirer. Aux Etats-Unis, ça fait trente ans qu’ils utilisent des balles expansives. C’est comme sur le plan routier. En France, on aménage un carrefour quand il a fait vingt morts. C’est un peu la même logique. »

Le marché du Sig Sauer, en remplacement du vieux revolver Manurhin, avait porté sur 260.000 pistolets et 90 millions d’euros, « la plus grosse commande d’armes de service d’après-guerre », s’était réjoui Sauer und Sohn, le fabricant allemand. Le marché des munitions, lancé en 2004, portait alors sur un minimum de 20 millions de cartouches, pour 2,2 millions d’euros. « Quand on change autant d’armes, on réfléchit tout de même un peu aux munitions qui vont avec », s’indigne un autre policier, basé dans le sud de la France. Des essais avaient pourtant eu lieu, avec des centaines de milliers de cartouches tirées. C’était pour tester les revolvers, pas les munitions. Pourtant, les gendarmes, qui ont reçu la même arme en dotation, ont fait un autre choix. Dès le début, ils avaient opté pour des balles avec une ogive plastique [la MEN QD-1 fabriquée chez RUAG Thun - Projectile de 5.9gr donnée à 420m/s ou 520 joules. Le projectile est en alliage cuivre. ], qui limite leur pouvoir de pénétration.


Le Flash-Ball, solution alternative ?

Un policier renvoyé en correctionnelle, un autre mis en examen et deux jeunes gens qui ont perdu partiellement ou totalement l’usage d’un œil. L’utilisation du Flash-Ball n’est pas sans risque, malgré les assurances faites lors de son introduction il y a maintenant plus de dix ans. Ces armes sont non létales et correspondent, selon le fabricant, à un coup de poing asséné par un boxeur professionnel. Elles ne tuent pas mais peuvent faire des dégâts, surtout si elles sont mal utilisées, comme à Montreuil (Seine-Saint-Denis), quand un manifestant de 34 ans en a reçu une en plein visage par un policier qui n’était pas en état de légitime défense. Idem à Toulouse en 2009, quand un étudiant en sociologie a été grièvement blessé à l’œil. Il s’agissait alors de la première génération de Flash-Ball. Depuis, le « LBD 40 », c’est-à-dire un lanceur de balles de défense de 40 mm, a été généralisé. Beaucoup plus précise, l’arme a passé la portée de tir de moins de 10 mètres à plus de 30 mètres. Alors qu’il était en phase de test, à Nantes en 2007, un lycéen de 17 ans a reçu un projectile en pleine tête. Et a perdu lui aussi la vue d’un œil. Le mois dernier, le policier qui tirait a été renvoyé en correctionnelle.


piqué au tas sur www.francesoir.fr - 13/09/2010

 

http://www.firearmstactical.com/images/Wound%20Profiles/9mm%20US%20M882.jpg

11:30 | Lien permanent | Commentaires (0) |

15/03/2010

L'armement, une industrie plus prospère que jamais

Le 15 mars 2010 par Yann Le Houelleur (Usine-Nouvelle)


Dans une étude publiée le 15 mars, l’Institut international de recherches pour la paix fait valoir que les dépenses militaires planétaires ont augmenté de 22 % entre 2005 et 2008 par rapport à la même période antérieure (2000 et 2004).

S’il est une industrie qui a de beaux jours devant elle, c’est bien celle de l’armement. Qu’ils vivent en toute quiétude ou qu’ils soient impliqués dans des conflits avec des pays tiers, les états se montrent toujours plus dépensiers. Basé à Stockholm, l’Institut international de recherche pour la paix (Sipri) publie une étude selon laquelle les ventes d’armes entre 2005 et 2009 ont été supérieures de 22 % à ce qu’elles avaient été entre 2000 et 2004. Rien qu’en 2008, les dépenses militaires mondiales ont atteint 1464 milliards de dollars.

L’aéronautique se taille la part du lion dans ce commerce mondial : 27 % des transferts d’armes sur la période auscultée par le Sipri ont concerné des avions de combat.

L’Amérique latine dépensière


Comment expliquer ceci ? Les marchands d’armes n’équipent pas seulement des nations engluées dans des guerres locales ou régionales; de nombreux pays acquièrent du matériel de guerre pour prévenir des conflits ou pour veiller à leurs ressources naturelles qui pourraient attiser à l’avenir   - justifient leurs dirigeants -   les convoitises de puissances en mal de matières premières. C’est exactement le cas d’un pays comme le Brésil, qui de surcroît se profile comme la superpuissance dans la région sud-américaine, désireux de montrer sa musculature économique au reste du monde. On appelle ceci, dans la presse brésilienne, «le contrat militaire du siècle» En fait, un tel programme s’intitule « FX-2 »: les 36 Rafale que commanderait potentiellement le président Lula s'élèvent à cinq milliards d'euros. Une note salée qui s’ajoute à la commande de quatre sous-marins «made in France».

Plusieurs autres pays sud-américains sont en train de moderniser la flotte de leur forces aériennes : Chili, Venezuela, etc. Pourtant réputée pacifique, l’Amérique du Sud contribue à faire des Amériques la région dont les dépenses en matière militaire ont le plus augmenté entre 2005 et 2009 : + 63 %. Presque la même progression pour le Moyen-Orient : + 62 %. Asie : + 52 %. Moyen-Orient : + 62 %. C’est en Europe que ces dépenses ont le moins flambé : + 16 %.

Les dix premiers

Le Sipri a également établi le palmarès des «Top 100» de l’armement. Les Etats-Unis abritent le siège de cinq parmi les dix premiers constructeurs du secteur. Boeing (1 er du classement) ; Lockheed Martins (3) ; Northrop Grumann (4) ; General Dynamics (5) ; Raytheon (6) ; L-3 Comunications (8). Le Britannique BAE Systems occupe la 2 ème place. Le consortium européen EADS est 7 ème du classement. A la 9 ème place, l’on trouve l’italien Finmecanica, la 10 ème étant occupée par le français Thales.

22:42 | Lien permanent | Commentaires (0) |

12/12/2009

« Opération Parabellum » Enquête sur un trafic d’armes aux sommets de l’État libyen

Luc Mampaey , Federico Santopinto-ITRI-Institut tunisien des Relations Internationales-02-12-09
jeudi 3 décembre 2009

Une affaire pénale a conduit le procureur anti-mafia de Pérouse (Italie) à révéler l’achat de 500 000 fusils d’assaut chinois et de leurs munitions par des négociants italiens à la demande de proches du colonel Kadhafi. L’importance de ce transfert d’armes et la qualité des responsables impliqués à Tripoli laissent à penser que la Libye entend armer discrètement des protagonistes au Proche-Orient ou en Afrique.

En mars 2006, le procureur anti-mafia du parquet de Pérouse (Italie), Dario Razzi, lançait l’Opération Parabellum », une enquête sur un vaste trafic d’armes destinées à la Libye par l’intermédiaire de courtiers italiens et chinois, via des sociétés off-shore. Le procureur Razzi enquêtait initialement sur une affaire de trafic de drogue.

Selon l’enquête du procureur Dario Razzi, de hauts responsables libyens voulaient acheter 500 000 fusils d’assaut chinois SMG T-56 7.62mm (une variante de la Kalachnikov AK-47) et 10 millions de munitions par le biais d’intermédiaires italiens et de leurs sociétés chypriotes et maltaises. La valeur de la transaction, qui, initialement, ne devait pas dépasser 40 millions de dollars, a été fixée par les intermédiaires italiens à 64 millions de dollars, compte tenu des commissions et du coût de la corruption des fonctionnaires libyens. Les médiateurs italiens avaient déjà fait parvenir aux Libyens six T-56 à titre de démonstration. Au moment de leur arrestation, ils étaient sur le point de sceller l’accord de vente pour l’ensemble de la transaction.

L’entreprise chinoise qui produit les T-56 est la China North Industries Corp., connue aussi sous le nom de Norinco. La médiation entre les courtiers italiens et Norinco était assurée par une société chinoise d’import-export, China Jing An, représentée par M. Luming. Selon le rapport d’enquête italien, la China Jing An était aussi en mesure de proposer à la vente d’anciennes armes de la FN Herstal.

La destination de ces grandes quantités d’armes n’est pas établie. Les quantités évoquées dépassent cependant largement la capacité d’absorption légitime de la Libye, un pays de 6 millions d’habitants et d’environ 120 000 hommes et femmes en armes (armée nationale et milices populaires). La justice italienne suspecte la Libye de vouloir réacheminer ces armes vers d’autres pays, et cite notamment la République démocratique du Congo, le Tchad, le Soudan et l’Irak. Les écoutes téléphoniques menées par les enquêteurs italiens révèlent en outre que les intermédiaires italiens étaient parfaitement conscients de ce que la Libye ne pouvait être la destination finale.

Les écoutes téléphoniques indiquent aussi que l’intérêt des commanditaires libyens ne se limitait pas à l’achat des fusils d’assaut chinois. Ils avaient au départ manifesté la volonté d’acquérir un million de Kalachnikov AK-47 russes. Les intermédiaires italiens sont apparus étonnés et embarrassés face à une telle demande. Le choix de se tourner dans un premier temps vers Norinco, en Chine, pour l’achat de 500 000 T56 aurait été dicté par des raisons de disponibilité et de rapidité.

La justice italienne n’aura évidemment à juger que des faits reprochés aux présumés trafiquants italiens : participation à une transaction d’armes sans être inscrits au registre national des entreprises autorisées à acheter et à vendre des armes, ne pas avoir informé le ministère de la transaction en question, être dépourvus des autorisations nécessaires, corruption de fonctionnaires libyens. En effet, bien que les prévenus aient opéré via des sociétés off-shore établies à Malte et à Chypre, la justice estime que l’essentiel de leur activité s’est exercée sur le territoire italien.

Le rôle des intermédiaires italiens
Le 12 février 2007, la justice italienne a procédé à l’arrestation de quatre présumés trafiquants italiens : Ermete Moretti, Gianluca Squarzolo, Massimo Bettinotti et Serafino Rossi. La cinquième personne, Vittorio Dordi résidait en République démocratique du Congo au moment des arrestations. Il a entretemps été extradé vers l’Italie et placé en résidence surveillée dans la province de Piacenza, dans le nord de l’Italie.

Squarzolo était sous contrôle téléphonique depuis 2005, dans le cadre d’une enquête sur un trafic de drogue dans la province de Terni. Il est apparu que Squarzolo, que la justice italienne considère comme un petit trafiquant, était en contact avec Moretti. L’enquête s’est ainsi étendue à ce dernier, propriétaire d’au moins deux sociétés dont il est l’unique administrateur : Middle East Export srl à Milan, et Middle East Engineering ltd basée à Malte.

L’enquête indique que Moretti était en contact avec les milieux militaires libyens, et notamment avec le colonel Tafferdin Mansur. C’est au cours d’un appel téléphonique à Moretti, le 8 mars 2006, que le colonel libyen Mansur fait part à son interlocuteur de sa volonté d’acheter une grande quantité de fusils d’assauts de type Kalachnikov. Moretti s’est saisi de l’affaire et aurait envoyé, en mars 2006, Squarzolo en Libye pour y rencontrer le colonel Mansur afin « d’acheter du ciment », selon les conversations téléphoniques interceptées. Au cours d’une fouille à son retour à l’aéroport de Fiumicino (Rome), les douaniers ont saisi dans les bagages de Squarzolo des catalogues d’armes.

Le rôle de Bettinotti, également en contact avec Moretti, aurait été d’identifier les armes qui correspondaient le mieux aux exigences des Libyens. Bettinotti est un expert en armes et directeur général de Military Industrial Representatives (MIR), basée à La Spezia, en Ligurie, mais qui dispose aussi d’un siège à Malte. Bettinotti serait en outre étroitement lié aux entreprises de Moretti. Quant à Rossi, présenté comme un expert en armes légères, il aurait été au courant des négociations et assistait Bettinotti.

C’est cependant Vittorio Dordi qui semble jouer un rôle clé dans l’affaire. Il ressort des interceptions téléphoniques que Dordi, qui entretenait des liens directs avec les autorités libyennes, s’est rendu plusieurs fois à Tripoli pour discuter de ventes d’armes, dont le million de Kalachnikov et ensuite les T-56 chinois.

Vittorio Dordi, très bien introduit auprès des milieux militaires russes, est le directeur général de Gold Rock Trading Ltd, une société basée à Chypre, mais possédant un bureau à Pontetaro (province de Parme en Italie) et spécialisée dans la vente d’armes de tout type. La Gold Rock serait en outre en partenariat avec la société géorgienne Tam (Tbilisi Aviation Manufacturing), qui produit les Sukhoi 25, et la société russe MI-Helicopters basée à Kazan. Ces trois sociétés ont créé en 2002 une nouvelle société nommée Aerosonic Ltd.

Mais ce sont surtout les relations congolaises de Dordi qui préoccupent les enquêteurs. Selon nos sources, Vittorio Dordi bénéficiait d’amitiés au plus haut niveau à Kinshasa, et aurait d’ailleurs été en possession d’un passeport diplomatique congolais. Selon le compte-rendu des interceptions téléphoniques figurant dans le rapport d’enquête, au moment de quitter le Congo pour rentrer en Italie, un émissaire de la présidence congolaise lui aurait signifié la volonté du président de lui parler personnellement et immédiatement, l’obligeant à retarder son voyage.

Selon l’enquête, Moretti et Bettinotti entretenaient de longue date d’excellents contacts avec les autorités libyennes et n’avaient donc, a priori, pas réellement besoin de Dordi pour conclure la transaction entre la Chine et la Libye. Il n’est dès lors pas à exclure que le rôle de Dordi puisse être plutôt lié aux filières supposées de réacheminement de ces armes après livraison à la Libye, notamment vers des groupes indéterminés en République démocratique du Congo.

Les contacts du GRIP auprès du panel d’experts attaché au comité des sanctions du Conseil de Sécurité des Nations unies, chargé de contrôler l’application des restrictions internationales en matière de vente d’armes en République démocratique du Congo, confirment que ceux-ci s’intéressent de très près à cette affaire, et en particulier au rôle de Vittorio Dordi.

Les autorités libyennes impliquées
Parmi les autorités libyennes suspectées figure le colonel Tafferdin Mansur, haut fonctionnaire du ministère de la Défense. Mansur était le principal contact des présumés trafiquants italiens qui, selon l’enquête, lui auraient régulièrement versé des pots-de-vin. Il est identifié dans l’enquête comme l’acheteur. Il devait en outre organiser le séjour des présumés trafiquants italiens qui se rendaient à Tripoli. Les actes de l’enquête démontrent toutefois que les intermédiaires italiens se rendant à Tripoli étaient toujours accueillis à l’aéroport par des militaires afin de faciliter le passage des contrôles.

Des suspicions pèsent aussi sur le chef d’état-major libyen, Abdulahim Ali al Sied, responsable du bureau des achats du ministère de la Défense de Tripoli. À la demande de Mansur, Sied aurait signé le certificat d’utilisation finale que l’entreprise chinoise Norinco avait demandé avant d’envoyer les six premiers T-56 à des fins d’évaluation.

Parmi les autres autorités libyennes impliquées figurent l’ingénieur Usama Ahnish et un certain Mahmmud, dont le nom de famille est inconnu, apparemment eux-aussi fonctionnaires du ministère libyen de la Défense. Usama Ahnish serait venu en Italie pour présenter l’offre à Moretti, mais aussi se faire rémunérer pour son rôle et les informations fournies. L’enquête a aussi identifié un Libyen du nom de Mohamed el Masdub, titulaire d’un compte auprès de la Banca Popolare di Vicenza sur lequel Moretti aurait versé 50 000 euros depuis sa société de Malte, Middle East Engineering. Il est probable qu’il s’agisse de pots-de-vin destinés à Mansur et Usama. De nombreux autres pots-de-vins auraient ensuite été payés selon le même mode opératoire.

Selon nos sources proches de l’enquête, la principale entreprise publique libyenne, ENG Holding, qui contrôle directement ou indirectement l’essentiel de l’économie du pays, serait aussi impliquée dans l’affaire. ENG Holding est dirigée par un gendre de Kadhafi, Khaled El-Khweldi El-Hamedi, fils d’un membre important du Conseil du commandement de la révolution. L’enquête fait apparaître qu’ENG Holding était au courant de la transaction d’armes avec la Chine.

Khaled El-Khweldi El-Hamedi est aussi à la tête de l’IOPCR, International Organisation for Peace, Care and Relief, la plus grande ONG libyenne dont la vocation officielle est de promouvoir la paix et l’aide humanitaire. ENG Holding et IOPCR sont établies à la même adresse et partagent les mêmes numéros de télécopie et de téléphone. C’est sur leur télécopieur (+218 21 47 80777) que Bettinotti a transmis le bordereau de livraison relatif aux six fusils d’assaut T-56 envoyés à Tripoli afin d’être évalués.


Conclusion

Moretti et Bettinotti ont reconnu leur culpabilité et négocié une peine de quatre années de prison avec la justice italienne. Le procès des autres prévenus italiens est prévu pour le début du mois de décembre 2009. Il mérite un suivi attentif, et promet d’être fort instructif quant aux mécanismes des trafics d’armes qui multiplient courtiers, intermédiaires et sociétés écrans off-shore.

Il conviendrait de rester très attentif aux implications et complicités des personnalités libyennes citées dans le dossier. Leur rang et proximité avec le pouvoir indiquent que cette affaire ne pourrait être ramenée à une banale affaire de corruption de fonctionnaires, à l’insu du « Guide suprême de la révolution » ou de son entourage immédiat.

Luc Mampaey

Chercheur au Groupe de Recherche et d’Information sur la paix et la Sécurité (GRIP) depuis 1994. Ancien sous-officier des forces armées belges, il est docteur en sciences économiques (Université de Versailles Saint-Quentin), ingénieur commercial (HEC Saint-Louis), et titulaire d’un DES en gestion de l’environnement (ULB/IGEAT).

Federico Santopinto

Chercheur au Groupe de Recherche et d’Information sur la paix et la Sécurité (GRIP). Dernier ouvrage publié : Le développement, une arme pour la paix : Les stratégies de la coopération européenne face aux conflits armés africains.

http://issikta.blogspot.com/2009/12/enquete-sur-un-trafic-darmes-aux.html

 

Rudy Demotte, Ecolo, et le choix des armes

11/06/2009 15:39

Le n°1 wallon a attendu le lendemain des élections pour dire oui à la vente de fusils d'assaut au colonel Kadhafi. Il étouffe ainsi le feu de la polémique. Pour preuve: ce n'est que ce jeudi qu'Ecolo a réagi par voie de communiqué.

Fallait-il vendre des armes à Libye? Bien sûr, l'Union européenne a levé l'embargo militaire, en octobre 2004, après que le colonel Kadhafi eut accepté le démantèlement de tous ses programmes secrets d'armement.

A 62 ans, le dirigeant libyen bénéficie d'un retour en grâce auprès des puissances occidentales. Il plante sa tente en face de l'Elysée. Son ministre des Affaires étrangères est même reçu à la Maison Blanche. Et son pays s'est vu élire au Conseil de sécurité de l'ONU, alors que ce dernier lui avait infligé le statut de paria pendant plus de dix ans à cause de ses liens avec le terrorisme.

Belga

Sur le plan intérieur, toutefois, son bilan reste déplorable en matière de droits de l'homme. Selon Amnesty, le "guide de la révolution libyenne" ne tolère toujours aucune contestation de la part de ses compatriotes sous peine de les torturer. Par ailleurs, Luc Mampaey du Grip (Groupe de recherche et d'information sur la paix) rappelle que, depuis 2006, le parquet de Pérouse, en Italie, enquête sur une contrebande de 500.000 fusils d'assaut chinois entre de hauts gradés de l'armée libyenne et des intermédiaires italiens liés à la mafia. Des rapports d'enquête de l'ONU ont également dénoncé des transferts d'armes par la Libye vers le Darfour en guerre.

http://levif.rnews.be/actualite/belgique/72-56-34827/rudy-demotte--ecolo--et-le-choix-des-armes.html#





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30/11/2009

Les petits mots d'un marchand de canon français : « Après c'est un peu comme des pneus, il en faut quatre pour équiper une voiture à nous de convaincre le client d'en prendre plus, que c'est mieux d'en avoir un peu à l'avance... »

Relancée, l'usine d'armement vise désormais le marché à l'exportation

dimanche 29.11.2009, 16:02 - La Voix du Nord

 Le ministre de la Défense Hervé Morin lors de la visite de l'usine au mois de mai. PHOTOBRUNO FAVA Le ministre de la Défense Hervé Morin lors de la visite de l'usine au mois de mai. PHOTOBRUNO FAVA

| PONT-SUR-SAMBRE |

La commande de 1 200 bombes passée dans le cadre du plan de relance a permis à la SAMP d'embaucher huit personnes au lieu d'en licencier sept. Autre retombée, indirecte : la société expose désormais un peu partout dans le monde et suit notamment de près le marché de l'avion de combat Rafale.

 

Depuis la visite en mai du ministre de la Défense Hervé Morin, déplacement au cours duquel il annonçait officiellement l'achat de 1 200 corps de bombes pour l'armée française, la SAMP (1) respire. Grâce à cette commande huit emplois ont été créés. « Cinq ingénieurs premier emploi, deux ouvriers tourneurs et une standardiste », précise le PDG Christian Martin. Non sans préciser qu'il y a quelques mois encore, sept licenciements étaient envisagés. Et que « si on a un contrat à l'exportation demain, on peut embaucher entre trois et cinq personnes de plus ».

Le Brésil, Dubaï...

La fabrication des 1 200 projectiles air-sol d'un poids de 250 kg est en bonne voie et la commande permet d'avoir« une visibilité jusqu'à début 2011 ». Si la société n'a pas conclu d'autres ventes pour l'instant, grâce au plan de relance, elle est aujourd'hui présente avec des stands à l'Étranger. « Je bouge beaucoup », résume M. Martin, tout juste de retour du salon aéronautique de Dubaï, où la France exposait le Rafale dont elle espère vendre 60 exemplaires à l'émirat. Des avions qu'il faudra armer... « Aujourd'hui on va à l'exportation. On est présent là où la France est présente ». Pas difficile de deviner que la SAMP a également des contacts avec le Brésil le président Sarkozy et son homologue Lula se sont rencontrés huit fois cette année et ont souvent parlé Rafal e... En cas de vente d'avions au Brésil ou à Dubaï, la société pontoise devrait tirer son épingle du jeu. « On aura un contrat minimum garanti »lâche le PDG. « Après c'est un peu comme des pneus, il en faut quatre pour équiper une voiture à nous de convaincre le client d'en prendre plus, que c'est mieux d'en avoir un peu à l'avance... » À notre question "La concurrence est-elle rude ?" M. Martin répond « oui, mai on n'a qu'un seul vrai concurrent, des Américains ».

L'achat annoncé de 60 Rafale supplémentaires par l'armée française ne concernerait pas la SAMP qui a déjà reçu sa part du gâteau. La Grèce, en revanche, où Hervé Morin s'est rendu lundi pour promouvoir la vente de 30 avions « est un client potentiel. On y exposera nos produits l'année prochaine ». La vente aux Grecs, ce n'est pas pour demain. « Des négociations, c'est long : ça peut durer des années ».

Pour approcher les États susceptibles d'être intéressés par les bombes de la SAMP, « on suit la tendance politique du gouvernement français. Si politiquement c'est non, c'est non. Dans un deuxième temps, ça suit avec l'avion ». Mais pas toujours. Des contrats peuvent également être signés avec des pays "hors embargo" bien évidemment mais qui n'achètent pas d'avions français. Qui prend les contacts ? « On est complètement autonome : dès qu'on a le feu vert on traite directement avec l'État en question ».

Et si un jour les commandes "explosaient", la SAMP suivrait-elle ? « L'armée a des stocks tampons. Ensuite c'est la géopolitique qui dicte sa loi ». En cas de forte demande « nous avons les outils après la question c'est d'augmenter les effectifs ».

Mais aujourd'hui, pour booster les ventes mieux vaut miser sur le développement du marché à l'exportation. « La France est présente en Afghanistan, mais... elle ne tire pas beaucoup », a observé M. Martin. •

RUFUS DE RIDDER

 

Société des ateliers mécaniques de Pont-sur-Sambre.

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Avesnes_sur_Helpe/actualite/Autour_de_Avesnes_sur_Helpe/Aulnoye_aymeries_et_ses_environs/2009/11/29/article_relancee-l-usine-d-armement-vise-desorma.shtml

 

 

Qu'est ce que la SAMP ?:

La Société des ateliers mécaniques de Pont Sur Sambre (SAMP) est, en 2009, l'unique société du complexe militaro-industriel français produisant des bombes pour avions [2].

Elle construit des corps de bombes de 50 à 500 kg [3] en aciers spéciaux dont actuellement les Mk81 (125 kg), Mk82 (250 kg) et Mk83 (460 kg) conception américaine et conçoit des munitions dont, dans les années 1990, la gamme de bombes lisses de 250 kg EU2 [4]et, à la fin des années 2000, la P250.

Après leur usinage, c'est la société Eurenco, du groupe Société nationale des poudres et des explosifs, qui les remplit d'explosifs. Puis les kits de guidages sont ajoutés pour en faire des armes de précision tels les armements air-sol modulaire [5]. (source Wiki)

 

 

 

Le ministre Hervé Morin fait ses emplettes pour relancer l'usine de Pont

samedi 16.05.2009, 04:47 - PAR RUFUS DE RIDDER

PHOTOS BRUNO FAVA PHOTOS BRUNO FAVA

|  ARMEMENT  |

En achetant 400 tonnes de bombes, l'armée remplit confortablement le carnet de commandes de l'usine d'armement de Pont-sur-Sambre. Hier, Hervé Morin est venu visiter les ateliers et trinquer sur l'avenir de la société; un avenir qui devraitpasser par l'exportation.

Ecoutez le ministre Hervé Morin, lors de son déplacement

Si à Pont on savait que derrière le nom Société des Ateliers Mécaniques (SAMP) se cachait une usine d'armement ce qu'on y fabriquait exactement restait un énigme. La visite du ministre de la Défense, hier matin, a été l'occasion rêvée d'en savoir plus. On a appris d'abord que l'usine allait mal que les commandes faisait défaut, «  surtout depuis une dizaine d'années », précise le Pdg Christian Martin. Ensuite, si la visite du centre d'études a eu lieu en comité restreint, celle de l'atelier situé le long de la voie ferrée, rue Gambetta à Aulnoye, a permis de découvrir toute la gamme des bombes fabriquées. Hervé Morin a écouté attentivement les explications données par les techniciens. Sur un sol secoué par la forge, le ministre a assisté à la naissance d'un nouveau projectile : espèce de suppositoire géant à tête rouge pour être encore bien chaud. Mais si M. Morin était de passage à Pont hier, c'était avant tout pour annoncer de façon officielle l'achat de 1 200 bombes de 250 kg pièce «  pour l'armée de l'air et la marine ». La commande répond à une promesse faite il y a quelques mois dans le cadre du plan de relance pour l'économie, mieux connu sous le nom : plan de relance Sarkozy.

Cinq emplois créés

Christian Martin se réjouit d'avoir, «  aujourd'hui, un carnet de commandes satisfaisant, en fabrication et en étude ». Et d'annoncer que cette vente «  va nous permettre de créer cinq emplois... et de maintenir les sept qui étaient menacés ». L'effectif de l'usine, où travaillent 22 salariés, montera donc à 27 grâce à cette commande. Mais la dépense de 8 millions d'euros ne couvre pas seulement l'achat des bombes de 250 kg (environ 4 millions d'euros) elle inclut le financement d'un contrat d'études pour le développement d'armes nouvelles.

Le ministre dit vouloir mettre tout en oeuvre «  pour empêcher que le savoir-faire disparaisse du pays (...) Partout où on peut, on le fait ». Hervé Morin dit comprendre que «  si les grands groupes arrivent à ouvrir des portes pour les PME c'est beaucoup plus difficile ». Il a promis de «  faciliter les relations directes entre les PME et la DGA (*) et de réduire de 80 à 40 jours, le délai d'autorisation à l'exportation ». Et l'exportation, c'est justement ce que vise avant tout la société pontoise. La commande française peut servir de tremplin pour des contrats alléchants avec des états étrangers... Si on sait aujourd'hui que des avions français larguent des bombes estampillées SAMP sur l'Afghanistan, difficile de savoir qui les achètera demain. Et où elles tomberont. •

> (*) Délégation générale pour l'armement.

 

Pour Hervé Morin, le plan de relance, c'est de la bombe !

Le ministre de la défense Hervé Morin s'est rendu vendredi dans le Nord pour visiter la société SAMP, qui fabrique des bombes d'avion. Cette société, la seule en son genre dans notre pays, était en grande difficulté. Elle n'avait pas reçu de commandes depuis 2004, mais seulement des crédits pour poursuivre des recherches sur de nouvelles bombes pénétrantes P250.

Le plan de relance de l'économie est passé par là. SAMP va donc recevoir 8 millions d'euros du ministère de la Défense pour une commande de 1200 bombes Mk 82 de 250 kg. Cela devrait lui assurer entre un et deux ans de production. Hervé Morin s'est rendu sur place pour en discuter avec le patron et les salariés de l'entreprise.


SAMP, implantée à Pont-sur-Sambre et Aulnoye, est une PME. A peine 22 salariés, dont 60% dans la recherche-développement. La formation représente 3,63% de la masse salariale, un niveau très élevé. La moyenne d'âge est de 44 ans et l'ancienneté dans l'entreprise de 20 ans.

Le ministère de la Défense entend faire un effort particulier en direction des PME. Un bureau spécial a été crée par la DGA pour servir d'interlocuteurs à ces petites et moyennes entreprises.

Le plan de relance va permettre de sauver sept emplois qui auraient dû être supprimés et d'en créer cinq nouveaux, soit un gain de 12 emplois. Vu de Paris, cela n'a l'air de rien, mais la SAMP est implantée dans un bassin d'emploi où le taux de chômage est très élevé, de l'ordre de 14%. Parmi les emplois crées, un poste "commercial export" a été confié à un cadre de 61 ans.

Pour le ministère de la Défense, le plan de relance se chiffre au total à 2,4 milliards d'euros  : 110 millions d'études amont, 240 millions de travaux dans le BTP, 500 millions de factures payées plus vite et 1,6 milliards de commandes nouvelles. Le sauvetage de la SAMP représente donc 0,3 % du plan de relance pour la Défense.


Pour un industriel, fabriquer des bombes n'est pas une sinécure : "Je ne fais pas un produit noble. Quand je vais voir un banquier, toute le monde s'enfuit en courant", assure le patron de la Samp Christian Martin.

Reste que ce type d'entreprises est confronté à deux types de choix stratégiques : comment se diversifier et trouver des marchés à l'exportation ?

La Samp fabrique des corps de bombes en aciers spéciaux : Mk 81 (125 kg), Mk 82 (250 kg) et Mk 83 (500 kg). Après leur usinage, c'est la société Eurenco, du groupe SNPE, qui les remplit d'explosifs. Puis les kits de guidages sont ajoutés.

La Samp développe aujourd'hui des bombes pénétrantes capables de percer du béton et réduisant les dommages collatéraux, pour des emplois en zone urbaine. La vitesse de pénétration est de 292 m/seconde. Dans une bombe de 250 kg, la charge explosive pèse 86 kg. L'idée est de réduire cette charge jusqu'à 28 kg afin de limiter les effets de l'explosion.

Au niveau mondial, les Etats-Unis sont le premier producteur de bombes d'avions. Le prix de base d'un corps de bombe d'emploi général de 250 kg est de 3000 euros et celui de sa charge explosive de 3000 euros également. Les kits de guidage font monter la facture de manière vertigineux.  Paveway 2 : environ 18.000 euros, Enhanced Paveway : 35.000 euros. A2SM : 100.000 euros. C'est le prix à payer pour ne plus recourir aux tapis de bombes.

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02/11/2009

Marchands de canons, après le coucou, les faux culs suisse...


Berne ne vend plus d’armes au Pakistan, juste des obus

MATÉRIEL DE GUERRE | En mars, le Conseil fédéral a gelé l’exportation de biens militaires vers le Pakistan et l’Egypte en raison de l’instabilité politique. Le même jour, il a pourtant avalisé des ventes vers ces pays. Selon lui, la Suisse ne fait qu’honorer des contrats passés auparavant.

Cachemire
© EPA  /  RAJNEESH PARIHAN | Si la Suisse décide de ne plus exporter du matériel de guerre vers un pays (ici un enfant de 5 ans du Cachemire avec un débris d’obus pakistanais), elle peut en revanche continuer à livrer les pièces de rechange, et même des munitions, d’après le Secrétariat d’Etat à l’économie.


Serge Gumy | 02.11.2009 | 00:03

«Dans la presse et lors de débats publics, Doris Leuthard a menti en affirmant que la Suisse n’exporte plus de matériel de guerre vers le Pakistan.» Membre du Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA), Tobia Schnebli fait feu contre la conseillère fédérale en charge de l’Economie. Et pour défendre le oui à l’initiative visant à interdire les exportations de matériel de guerre, sur laquelle les Suisses votent le 29 novembre prochain, il a trouvé hier des munitions dans la NZZ am Sonntag.

Selon l’hebdomadaire zurichois, qui n’a pas la réputation d’être de gauche, le Conseil fédéral a autorisé le 25 mars dernier la vente au Pakistan d’obus destinés à des canons de défense antiaérienne, pour une valeur de 13 millions de francs. Il a aussi donné son feu vert à l’exportation vers l’Egypte de pièces de rechange pour des appareils de visée, pour 3 millions de francs. Deux transactions que confirme le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO).

Une décision passée sous silence
Le problème, c’est que ce même 25 mars le Conseil fédéral annonçait avoir refusé plusieurs demandes d’exportation de matériel vers le Pakistan, mais aussi vers l’Egypte et l’Arabie saoudite, «eu égard au contexte politique insatisfaisant et à la situation des droits de l’homme» qui prévalent dans ces pays. Mais alors, pourquoi le gouvernement a-t-il tout de même avalisé les deux transactions révélées par la NZZ am Sonntag? Et pourquoi n’en a-t-il pas parlé publiquement?

Selon le SECO, le Conseil fédéral a parfaitement respecté la loi fédérale sur l’exportation de matériel de guerre. Celle-ci stipule à son article 23 que «l’exportation de pièces de rechange destinées à du matériel de guerre dont l’exportation a été autorisée sera aussi autorisée, à moins que des circonstances exceptionnelles ne surviennent entre-temps, qui justifieraient la révocation des premières autorisations».

La munition est concernée
«Mais des obus ne sont pas des pièces de rechange!» s’étrangle Tobia Schnebli, du GSsA. Eh bien, si, réplique le SECO: «Si la livraison de matériel de rechange ou de la munition nécessaire n’était plus possible, le matériel de guerre serait alors sans valeur pour le client.» Il risquerait dès lors de réclamer des dommages et intérêts au fabricant. La Suisse n’a fait donc qu’honorer un contrat antérieur au 25 mars 2009.

Berne se défend par ailleurs «d’avoir autorisé en secret de nouvelles demandes d’exportation, comme le prétend le GSsA. La pratique du Conseil fédéral ne contredit ni la loi suisse ni le droit international.» Ces explications ne convainquent pas Tobia Schnebli: «L’administration se trouve une nouvelle fois à la croisée d’intérêts divergents: ceux des entreprises exportatrices d’armes, et ceux de la politique étrangère de la Suisse.»


De nouvelles transactions en perspective

Selon la NZZ am Sonntag, de nouvelles affaires pourraient se conclure entre la Suisse et le Pakistan, malgré le gel des ventes d’armes décidé en mars par le Conseil fédéral. L’entreprise Rheinmetall Air Defence SA – anciennement Oerlikon Contraves – a en effet signé en avril un précontrat de collaboration avec POF, l’entreprise étatique pakistanaise d’armement. Objet de cette collaboration, la fabrication de munitions pour des armes «à caractère exclusivement défensif», selon Rheinmetall Air Defence. A ce jour, aucune demande formelle n’a toutefois été déposée auprès du Seco pour le transfert de cette technologie vers le Pakistan.

http://www.24heures.ch/actu/suisse/berne-ne-vend-armes-pakistan-juste-obus-2009-11-01

 

 

Le Tchad aurait aussi armé son Pilatus PC-9


Un avion d'entrainement militaire de type PC-9 livré en 2006 par la société suisse Pilatus a «vraisemblablement» été armé par les forces tchadiennes, admettent les autorités suisses.

La polémique enfle, quelques jours après la révélation des missions de bombardement que mènent les PC-7 aux couleurs de N'Djamena, notamment au Darfour.

Depuis le début de l'année, les révélations se suivent sur le rôle que les Pilatus PC-7 tchadiens – pourtant achetés comme avions d'entraînement - jouent dans des opérations militaires, notamment au Darfour.

Pour en savoir plus, le Ministère des Affaires étrangères (DFAE) et le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) ont ouvert une enquête. Jeudi, le DFAE a convoqué l'ambassadeur du Tchad en Suisse, mais rien n'a transpiré de cet entretien. La veille déjà, Berne avait demandé des explications à N'Djamena.

Jean-Daniel Gerber, le chef du SECO a confirmé que le Tchad a aussi doté son PC-9 d'un équipement d'armement. «Il n'est pas sûr, mais vraisemblable» que l'avion a été armé. En revanche, il n'y a pas de preuve à ce stade de l'enquête qu'il a été utilisé à des fins militaires.

Berne entend poursuivre les investigations. Plusieurs questions restent en suspens, par exemple s'il est exact que le PC-9 a été envoyé en Israël pour être armé. Des éclaircissements sont aussi nécessaires sur l'activité de deux mécaniciens de Pilatus, rencontrés il y a une année au Tchad.

 

Les Verts montent au créneau

Depuis 1996, les PC-7 et PC-9 ne sont plus considérés comme matériel de guerre mais tombent sous la loi sur le contrôle des biens utilisables à des fins civiles et militaires. Ainsi, leur exportation ne peut être interdite que si le destinataire est sous le coup d'un embargo de l'Union européenne ou de l'ONU.

Le SECO précise tout de même qu'aujourd'hui, il ne serait plus question d'exporter ces appareils vers le Tchad.

Déjà opposés à la décision du Parlement à l'époque, le Parti socialiste, les Verts et le Groupe pour une Suisse sans Armée (GSsA) sont à nouveau montés au créneau mercredi. Ils demandent que ce type d'appareil soit soumis à la loi sur le matériel de guerre.

Vice-président du parti écologiste Ueli Leuenberger juge les explications des autorités «assez légères». «Elles doivent prendre des mesures beaucoup plus strictes pour éviter que des Pilatus se retrouvent dans des zones de crise ou des pays en guerre. Si ces mesures ne sont pas prises, nous pourrions demander l'interdiction totale de l'exportation de ces avions», explique-t-il à swissinfo.

Et de rappeler que les Verts soutiennent l'initiative populaire du GSsA, qui veut interdire toute vente de matériel de guerre. Déposée en octobre 2007, elle attend le verdict du gouvernement, puis du parlement avant d'être soumise à celui du peuple.

«Paradoxe» suisse

De son côté, l'organisation de coopération au développement Swissaid dénonce le «paradoxe» de la politique de la Confédération.

«D'un côté, la Suisse accorde une aide au développement et humanitaire au Tchad et pour le Darfour. Et dans le même temps, des avions suisses sont utilisés pour des attaques aériennes dans le contexte d'une guerre civile, qui, précisément, réduit fortement les efforts de développement», note l'ONG dans son communiqué.

Durant les années 90, le gouvernement suisse avait déjà essuyé un feu de critiques de différentes ONG contre les ventes d'avions Pilatus à des gouvernements comme la junte militaire birmane ou le régime d'apartheid en Afrique du Sud.

«Trop extrême»

Dans le camp de l'UDC (droite nationaliste), on juge que l'interdiction de vendre des Pilatus serait une mesure «trop extrême».

«En soi, le Pilatus n'est pas un avion fait pour bombarder des populations. Ici en Valais, on l'utilise depuis des décennies comme avion à tout faire», rappelle à swissinfo le député Oskar Freysinger.

Le Valaisan admet néanmoins que cet avion «peut être détourné» pour cet emploi, et que manifestement «cela a été fait dans ce cas». Pour lui cependant, il n'est pas possible d'interdire l'exportation de tout ce qui pourrait être détourné. Sans compter que cela entraînerait fermetures d'usines et mises au chômage...

swissinfo et les agences

 

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Berne envisage des sanctions contre N'Djamena

 

 

Légende photo: Ce PC-9 aux couleurs tchadiennes n'a pas seulement servi à l'entraînement. (Keystone)

L'armée tchadienne a bel et bien utilisé un avion d'entraînement suisse Pilatus PC-9 pour des missions de combat. Le gouvernement suisse l'a confirmé pour la première fois vendredi.

Le Tchad a ainsi violé l'accord passé avec la Suisse. Berne envisage d'éventuelles sanctions économiques et politiques contre N'Djamena.

Des éléments «concrets» confirment que le Tchad a utilisé le PC-9 livré par l'entreprise Pilatus (sise dans le canton de Nidwald) en 2006 à des fins militaires, a indiqué vendredi le ministère suisse de l'Economie (DFE).

Lors de sa séance de mercredi, le gouvernement avait chargé le DFE et le ministère des Affaires étrangères (DFAE) «d'étudier s'il y a lieu de prendre des sanctions contre le Tchad». Les services des deux ministères doivent rendre leurs conclusions «dans les prochaines semaines», selon un communiqué du DFE.

Confirmation

Dans ce communiqué, le DFE confirme que le Tchad a utilisé l'avion d'entraînement PC-9 à des fins militaires. En janvier déjà, le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) avait indiqué que l'avion livré au Tchad par Pilatus avait été équipé du système d'accrochage nécessaire à son armement et que l'appareil avait été «probablement» armé.

Le SECO réagissait alors à des informations de médias selon lesquelles l'appareil de la société Pilatus avait été engagé lors de combats dans la région soudanaise du Darfour.

Selon le communiqué diffusé vendredi, «divers indices donnent à penser que l'appareil incriminé a été régulièrement impliqué dans des combats livrés le long de la frontière entre le Tchad et le Soudan». Le Tchad a nié jusqu'ici l'armement et l'utilisation du PC-9 à des fins militaires.



«Violation flagrante»

«L'utilisation de cet avion à des fins militaires est une violation flagrante de la déclaration de destination finale signée par le Tchad» au moment de l'achat, explique le DFE. N'Djamena avait assuré à l'époque que l'avion ne serait utilisé qu'à des fins d'entraînement et qu'il ne serait pas réexporté.

L'appareil de type PC-9 livré en 2006 par l'entreprise Pilatus de Stans n'était pas armé et était destiné uniquement à l'entraînement, rappelle le DFE qui ajoute dans la foulée qu'il va étudier la question d'une adaptation des critères d'autorisation pour l'exportation des avions d'entraînement militaire.

Violents combats

La situation s'est dégradée à la fin janvier au Tchad, une ancienne colonie française. Les rebelles ont tenté de renverser le président Idriss Deby. Des combats violents ont eu lieu à N'Djamena entre les forces gouvernementales et les rebelles au début février.

L'Union européenne (UE) fait actuellement pression pour que N'Djamena négocie avec les groupes rebelles. Bruxelles souligne que l'instabilité nuit aux efforts internationaux visant à venir en aide dans l'Est tchadien au demi-million de réfugiés du Darfour et de Tchadiens déplacés par les troubles.

swissinfo et les agences


La Suisse ne devrait plus livrer aussi facilement ses Pilatus à l'étranger. La loi sera revue

03.04.2008 11:56

La Suisse ne devrait plus livrer aussi facilement ses Pilatus à l'étranger à l'avenir. Après l'affaire du PC-9 tchadien, le CF veut durcir les conditions d'exportations d'avions de ce type. Le Conseil fédéral a chargé le Département fédéral de l'économie de préparer une modification de la loi sur le contrôle des biens, a noté jeudi le DFE.

Actuellement, la vente n'est refusée qu'en cas d'embargo international contre le pays acquéreur. Le CF veut qu'il y ait également un refus quand l'Etat destinataire est en proie à un conflit armé ou en cas de risque d'utilisation des avions contre la population civile.

(SWISS TXT)

Tour de vis aux exportations d'avions

Après la polémique autour de la vente de Pilatus au Tchad, qui a armé cet avion, le gouvernement décide fixer des conditions plus strictes aux exportations d'avions d'entraînement militaires.

Concrètement, ces exportations ne devraient plus être autorisées si l'Etat destinataire est en proie à un conflit armé interne ou international. L'interdiction s'imposerait aussi lorsque le risque existe que les avions soient utilisés contre la population civile.

Actuellement, la loi ne prévoit un refus de vente qu'en cas d'embargo international contre le pays destinataire ou si une décision similaire a été prise dans le cadre de mesures internationales de contrôle des exportations.

Il revient maintenant au Département fédéral de l'économie (DFE) de préparer une modification de la loi sur le contrôle des biens.

 

http://centrafrique-presse.over-blog.com/10-categorie-10337323.html

 

Dimanche 2 mars 2008


Interview de Heinrich Frei à propos des avions Pilatus utilisés au Tchad parue dans le journal suisse Horizons et débats (hd).


undefined L’information selon laquelle un avion Pilatus du gouvernement tchadien a été utilisé lors d’une opération militaire nous a amenés à interviewer Heinrich Frei de Zurich. Depuis plusieurs années, il s’intéresse à la question de la guerre et de la paix et en particulier aux exportations de matériel de guerre de sociétés suisses et à leurs bases juri­diques. Avec d’autres personnes engagées dans le même combat, il documente ces affaires et adresse des mises en garde. Il a été ­membre du Comité du «Groupe de travail pour le contrôle des armements et l’interdiction de l’exportation de matériel de guerre» (ARW). Il fait aujourd’hui partie du «Conseil suisse de la paix» et de l’association «Neue Wege in Somalia»


Horizons et débats
: La présence d’avions d’entraînement militaire PC-9 au Tchad constitue-t-elle une violation de la Loi sur le matériel de guerre?

Heinrich Frei: Les avions de type PC-7 et PC-9 des usines Pilatus de Stans ne re­lèvent plus, depuis 1996, de la Loi sur le matériel de guerre mais de la Loi sur le contrôle des biens [utilisables à des fins civiles et militaires et des biens spécifiques] (LCB). De telles exportations ne peuvent être inter­dites que s’il s’agit d’un membre de l’UE ou d’un pays sous embargo des Nations Unies, ce qui n’était pas le cas du Tchad. C’est du moins ainsi que les autorités fédérales, par la voix du Secrétaire d’Etat à l’économie Jean-­Daniel Gerber et du Département des Affaires étrangères interprètent les lois.

En outre, contrairement à la Loi sur le matériel de guerre, la LCB ne prévoit pas de «certificat d’utilisateur final». Un Etat qui achète des avions Pilatus en Suisse peut les revendre sans devoir informer les autorités suisses. Certes, les usines de Stans ont renoncé depuis un certain temps à livrer de nouveaux avions au régime de Déby. Mais selon un communiqué de Tchad actuel du 2 janvier 2007, le Tchad a déjà acheté trois autres PC-7, probablement pas directement à la Suisse mais par l’intermédiaire d’un Etat tiers. De toute façon, la rupture des relations d’affaires entre Pilatus et le Tchad ne paraît pas très cohérente. Selon la Neue Zürcher Zeitung du 27 janvier 2007, des mécaniciens de Pilatus ont été vus récemment à ­N’Djamena. Probablement qu’ils étaient là pour veiller à la mise en train des PC-9 nouvellement acquis.


L’avion a été armé au Tchad. Pouvait-on s’y attendre ?

Oui. Les PC-7 et les PC-9 sont munis de points d’emport pour y monter des bombes et des canons de bord. Les forces de l’air de petits pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine ne peuvent pas s’offrir des avions de combat et ne sont pas non plus en mesure d’entretenir ces appareils. Aussi achètent-ils des avions légers, dont des Pilatus, certainement pas uniquement à des fins d’instruction mais également pour les combats en cas d’urgence.

Le 7 juillet 2006, on a appris que les ­usines Pilatus étaient sur le point de livrer un avion léger de type PC-9 au régime d’Idriss Déby. Othmar Wyss, responsable des autorisations d’exportation de matériel de guerre du Seco a déclaré à l’époque qu’il supposait que l’avion ne servirait qu’à l’instruction. Cet argument était cousu de fil blanc car les forces de l’air tchadiennes ne possédaient par d’avions de combat qui auraient nécessité la formation de pilotes.

Un ancien directeur des ventes de Pilatus a déclaré à l’époque au Nouveau Quotidien, après que la Birmanie ait utilisé des Pilatus contre des rebelles, que «la plupart des PC-7 exportés n’étaient pas destinés à l’aviation civile mais étaient systématiquement armés avec ou sans l’assistance technique des usines Pilatus». On savait naguère que dans la plupart des pays, lors de la signature de contrats d’achat d‘avions Pilatus, des représentants de sociétés d’armement belges et françaises étaient également présents pour livrer en même temps des systèmes d’armement pour les PC-7 et les PC-9.

Le 25 septembre 1989, le conseiller ­fédéral Villiger a confirmé pour la première fois devant le Conseil national que des ­Pilatus ont été utilisés contre la population civile au ­Guatemala et en Birmanie.

Le 4 février 1993, le Groupe de travail pour le contrôle des armements et l’interdiction de l’exportation de matériel de guerre (ARW) a révélé que des techniciens de Pilatus collaboraient à l’armement d’avions d’entraînement militaire PC-7 et PC-9 en Birmanie.

Le 24 août 1993, les usines Pilatus ont reconnu dans un «livre blanc» que leurs avions d’entraînement ont été utilisés contre des personnes non armées en Angola, en Birmanie, au Guatemala et en Irak.


La firme Pilatus aurait-elle pu empêcher qu’on utilise ses avions dans des opérations militaires ?

Oui, car sans les renforts et les points d’emport montés par Pilatus, on ne pourrait pas accrocher de bombes et de missiles. Avant, les points d’emport étaient ­montés à l’étranger mais les renforts sous les ailes étaient déjà présents. Sans la possibilité de fixer des munitions, Pilatus n’aurait pas pu vendre les PC-9 au dictateur du Tchad. Il en avait besoin pour combattre les rebelles qui menaçaient sa vie et son régime.


Ne devrait-on pas, dans un tel cas, assu­jettir à nouveau les Pilatus à la Loi sur le matériel de guerre ?

Cela relève de la compétence du Conseil ­fédéral et du Parlement, comme l’a déclaré Jean-Daniel Gerber. En 1996, le Conseil fédéral et le Parlement ont décidé d’assujettir les Pilatus à la Loi sur le contrôle des biens par complaisance envers la firme, après tous les scandales qu’il y a eu.

Un crime non prescrit: l’attaque de Halabdja aux gaz toxiques qui a coûté la vie à 5000 personnes

Le 16 mars 1988, les forces de l’air irakiennes ont bombardé Halabdja aux gaz toxiques. 5000 personnes – hommes, femmes, enfants – ont été tuées. L’aviation a utilisé des avions à hélice, dont des ­Pilatus (cf. Tribune de Genève du 14/9/1992: «Un pilote kurde de Saddam dénonce l’utilisation des Pilatus»). Selon les statistiques du commerce extérieur, la firme Pilatus de Stans a livré à l’Irak, dans les années 1980, 53 PC-7 et 22 PC-9 en plus des petit appareils Bravo des usines suisses d’Altenrhein. Oerlikon Bührle a livré à l’Irak des canons de marine de 20 mm (Jane’s Fighting Ships 1994-95), des systèmes de contrôle de tir (via le Brésil pour des lance-roquettes multiples Avibras Astros) et Mowag des blindés 4 x 4 Roland Rad (Jane’s Armour and Artillery 1985-86).

Les Forces de l’air américaines ont bombardé des quartiers d’habitation à Belgrade, Novi Sad, Bagdad, Bassora, Kaboul, etc. et malgré cela les usines Ruag, entreprise appartenant à la Confédération, continuent de leur livrer du matériel.


On dit que les bombes à fragmentation qui ont été larguées depuis les PC-9 viennent également de Suisse. Comment est-il ­possible qu’elles arrivent au Tchad dont on sait que c’est un pays en crise ?

Souvent le matériel de guerre est revendu et on ne peut guère l’empêcher. Les Emirats arabes unis (EAU) ont revendu des blindés suisses au Maroc. Par la suite, ils ont déclaré qu’ils ignoraient avoir besoin d’une autorisation de la Suisse. Or c’est à cela que servent les «certificats d’utilisateur final» que doivent signer tous les pays destinataires. Malgré cela, le Conseil fédéral a autorisé par la suite de nouvelles livraisons de matériel de guerre aux EAU, baril de poudre du Proche-Orient. Depuis assez longtemps, les EAU négocient avec une firme zurichoise la livraison de nouveau matériel de guerre suisse (lance-roquettes anti­char Ruag) pour une valeur de 100 millions de francs. La décision concernant les nouvelles livraisons aux EAU rend également possible ce marché. A la lumière des expériences passées, rien n’est moins sûr que ces lance-roquettes resteront là-bas.


Quels moyens avons-nous d’empêcher que soit contournée la Loi sur le matériel de guerre ?

Depuis des décennies, le Conseil fédéral autorise des livraisons d’armes à des pays qui mènent des guerres: USA, Grande-Bretagne, Etats membres de l’OTAN, violant ainsi cette loi.
Elle est également violée par les ventes d’armements à des Etats ou régions en crise, à des régimes qui foulent au pied les droits de l’homme et à des régions où les hommes vivent dans la misère. Or la majorité du Parlement approuve cette politique laxiste d’exportation de matériel de guerre. Par conséquent, on ne peut pas faire grand-chose au plan parlementaire contre ces violations. Quant aux initiatives visant à interdire ces exportations, elles ont jusqu’ici échoué. En septembre de l’année dernière, la Coalition contre l’exportation de matériel de guerre dont font partie plus de 35 organisations a toutefois déposé une nouvelle initiative «pour l’interdiction d’exporter du matériel de guerre» sur laquelle le peuple va bientôt se prononcer.


Existe-t-il une responsabilité pénale en matière de commerce d’armements ?

Les complices d’un crime doivent s’attendre à des sanctions. Le Code pénal suisse ne prévoit aucune exception à la complicité de crime en temps de guerre. Les délits de complicité de meurtre, d’assassinat, de lésions corporelles graves ou de dommages graves à la propriété tombent sous le coup de ­l’article 25. Est complice «quiconque a intentionnellement prêté assistance à l’auteur pour commettre un crime ou un délit» et également, selon la jurisprudence du Tribunal fédéral «quiconque, en position subalterne, encourage le crime ou le délit.» Il n’existe donc pas d’impunité pour les exportateurs d’armements et leurs complices des milieux politiques et économiques.

Condamnation d’un Hollandais pour crime de guerre

Un tribunal néerlandais a déjà donné ­l’exemple en condamnant à 15 ans de détention pour complicité de crime de guerre un Hollandais qui avait fourni au régime de Saddam ­Hussein du matériel de guerre (substances chimiques pour fabriquer un gaz innervant) (Neue Zürcher Zeitung des 24-25/12/2005). Cependant, le Ministère public de la Confédération n’a jamais ouvert d’instruction pour livraison de matériel de guerre à ­Saddam ­Hussein. Le droit exigerait d’instruire contre des entreprises qui, aujourd’hui encore, avec la bénédiction du Conseil fédéral, fournissent illégalement du matériel de guerre aux Etats-Unis, à la Grande-Bretagne, à l’Allemagne et à d’autres Etats qui mènent des opérations militaires en Irak et en Afghanistan.

Selon les statistiques de la Confédération, la Suisse a, entre 1975 et 2007, exporté du matériel de guerre pour 11,978 milliards de francs, et cela en grande partie vers des Etats en guerre, des régions en crise, des régimes qui violent les droits de l’homme, des pays dont les habitants vivent dans une misère indescriptible.    •

Par Ambenatna - Communauté : blogueur africains
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24/09/2009

Dassault vend rafale désespérément...sarko en VRP...Abu Dhabi en show-room...

 

Rafale: les dessous d'un fiasco

Par Eric Chol, publié le lundi 22 octobre 2007 l'Express

En avril 2007, le contrat était presque signé: le Maroc devait acheter 18 de ses avions de combat vedettes à Dassault. Six mois plus tard, Nicolas Sarkozy a atterri ce lundi au Maroc, pour une visite d'Etat de trois jours, sans espoir de reprendre ce formidable marché aux avionneurs américains. Récit d'un gâchis diplomatico-commercial.

Un certain nombre de contrats seront signés, nous l'espérons... Inch' Allah", avait promis David Martinon, porte-parole de l'Elysée. Pourtant, lorsqu'il s'est envolé pour Marrakech, ce lundi 22 octobre, Nicolas Sarkozy avait bien conscience que ni le lustre qu'entendent donner à son voyage les autorités marocaines, ni les cérémonies prévues pour honorer la "grande amitié" entre le royaume chérifien et la France, ni la série de contrats que le chef de l'Etat devait parapher ne parviendraient à faire oublier l'échec du Rafale. C'était le "contrat imperdable" par définition: le roi du Maroc n'en avait-il pas fait la promesse à Jacques Chirac, au début de 2006? Tellement "imperdable" qu'un protocole d'accord a même été signé entre les deux pays, à la mi-avril 2007: le document de deux pages dort aujourd'hui dans un coffre de la Direction générale de l'armement (DGA). Le contrat de plus de 2 milliards d'euros aurait pourtant soulagé notre balance commerciale si déficitaire. Surtout, il aurait mis fin à une série d'échecs du Rafale sur les marchés extérieurs, en donnant à l'appareil sa première référence à l'exportation. Autant de raisons qui expliquent l'activisme, pendant près de dix-huit mois, des négociateurs français pour arracher cette vente. Sans réussir à empêcher les Américains de surgir en bout de course et d'être désormais sur le point de leur damer le pion, avec leurs bons vieux F16... Aujourd'hui, ils n'ont pas de mots assez durs, en privé, pour fustiger l'incompétence et la légèreté de l'Etat, à l'origine de cet immense gâchis diplomatico-commercial. Retour sur les dessous de ce fiasco.

Dix-huit mois de couacs

Printemps 2006 - Promesse de Mohammed VI auprès du président Chirac d'acheter à la France un escadron d'avion de combat moderne. En juin,Dassault fait une offre ferme de 18 avions au prix de 1,83 milliard d'euros.
Mi-avril 2007 - Protocole d'accord prévoyant la vente de 18 Rafale. Paris découvre que Rabat n'a pas de sponsor, et  renacle à financer les avions. 
Avril 2007 - Le président Chirac refuse de trancher,  laissant le dossier à son successeur.
Fin mai 2007 - Contre-proposition américaine très concurrentielle : 24 avions pour 1,6 milliard d'euros.
10 Juillet 2007 - Sarkozy en Algérie. L'étape marocaine est étrangement annulée.
11 Juillet 2007 - Discours du représentant américain aux Nations-Unies saluant les « efforts sérieux et crédibles » du Maroc sur le dossier du Sahara Occidental.
20 juillet 2007 - L'Elysée donne son feu vert pour financer la vente des 18 avions. Rabat ne donne pas suite.
31 août 2007 - Aide américaine de 697,5 millions de dollars pour le Maroc : le « contrat du défi du millénaire » est  signé à Tétouan, en présence du Roi.
Début septembre 2007 - Ultime proposition française de 18 avions à 1,8 milliard.
Du 22 au 24 octobre 2007 - Visite d'Etat de Nicolas Sarkozy au Maroc. Le contrat Rafale n'est plus au programme.

Mars 2006. En visite en Algérie, le président Vladimir Poutine peut sourire: son allié traditionnel vient de signer l'acquisition de 70 avions de chasse russes. Un réarmement massif, susceptible de remettre en cause l'équilibre de la région. Pour le roi du Maroc, Mohammed VI, il est urgent de moderniser la flotte aérienne de son pays. Sa Majesté s'engage auprès de Jacques Chirac, dont il est très proche, à acheter un escadron d'avions de combat modernes. Un joli marché pour la France, qui entame les négociations. Avec une première interrogation: quel matériel proposer aux Marocains? Des Mirage 2000-5, parfaits pour assurer la police du ciel? Mais son fabricant, Dassault, a arrêté la ligne de production de cet avion il y a cinq ans. La France propose donc de racheter des appareils au Qatar, de les moderniser et de les revendre aux Marocains, pour un prix avoisinant 1 milliard d'euros. Compliquée, l'opération bute sur plusieurs obstacles: les Qataris ne possèdent que 12 avions qu'ils n'ont guère envie de vendre. Côté marocain, on insiste pour acquérir des avions neufs.

La solution "Mirage" est donc abandonnée, et les discussions s'orientent, dès avril 2006, sur le Rafale, certes beaucoup plus cher, mais du dernier cri technologique. Avec, côté français, un argument massue: vu l'efficacité du Rafale, les Marocains peuvent n'acheter que 18 exemplaires, au lieu des 24 avions initialement envisagés. La négociation démarre, ou plutôt les négociations, car le représentant de la DGA et les industriels vont mener chacun de leur côté des pourparlers. Pis: les représentants de Dassault, qui mettent sur la table, en juin 2006, une offre ferme de 1,83 milliard d'euros découvrent qu'un émissaire de la DGA a déjà parlé prix avec le client marocain, évoquant une somme inférieure de 300 millions... De quoi déconcerter le général Ahmed Boutaleb, le patron de l'armée de l'air marocaine, en charge de la négociation. "Nous n'avons pas su arbitrer entre une approche d'Etat à Etat et un contrat purement commercial mené par l'industriel", regrette un haut fonctionnaire. Ce flou artistique provoque, à la fin de l'été 2006, la colère des dirigeants de Dassault... Non sans effet.

Les contrats manqués du Rafale

Printemps 2002: Séoul loves US
Le Rafale a beau sortir vainqueur de la compétition,  la Corée du Sud, qui abrite une base de 40 000 marines,  lui préfère le F 15 de Boeing  (40 appareils). La même année, Dassault essuie un deuxième échec aux Pays-Bas, qui optent pour le Joint Strike Fighter.

Septembre 2005: le bambou singapourien
Singapour écarte le Rafale en faveur du F 15, et  commande  12 appareils (pour1 milliard de dollars). “ Le bambou pousse toujours du côté du plus fort ", conclut le groupe Dassault.

Juillet 2007: le mirage saoudien
L'Arabie saoudite signe le contrat du siècle: 15 milliards de dollars pour 72 exemplaires de l'Eurofighter, l'avion de combat européen (Grande-Bretagne, Allemagne,  Espagne, Irlande), qui bat ainsi le Rafale.
Octobre 2007: la fin d'un contrat “ imperdable "
Lockheed Martin est sur le point d'imposer, au Maroc, le F-16 face au Rafale.

Automne 2007: derniers espoirs?
Vingt ans après son premier vol d'essai, l'avion de Dassault n'a remporté aucune vente à l'exportation. Restent quelques pistes: la Suisse, la Libye, la Grèce et l'Inde.

Un nouveau directeur international est nommé à la DGA début décembre: cet ancien de Bercy, grand spécialiste du monde de la défense et des pays arabes, tente de remettre le contrat sur de bons rails. Pour éviter les ratés précédents, il joue la carte de la transparence: chacune de ses entrevues avec le client marocain donne lieu, dans les vingt-quatre heures, à un compte rendu adressé au ministère de la Défense, à Bercy, au Quai d'Orsay, à Matignon, à l'Elysée, et, bien sûr, aux industriels. Entre-temps, les exigences marocaines ont alourdi la facture, qui dépasse maintenant les 2,6 milliards d'euros... Soit 5 % du PIB marocain! Trop cher. Les équipes constituées autour du Rafale planchent, jour et nuit, pour revoir leur offre technique. Et, fin janvier 2007, Paris est en mesure de présenter une offre plus réaliste au Maroc. Le courant passe mieux entre Paris et Rabat: le roi et Jacques Chirac s'entendent pour boucler la négociation au plus tard le 15 avril, soit quelques jours avant l'élection présidentielle française.

Les réunions vont alors s'enchaîner car tout n'est pas réglé, loin de là. Outre un changement d'interlocuteur au Maroc, les négociateurs français acquièrent la preuve, en mars 2007, que la concurrence américaine tente de s'immiscer dans le jeu. Non seulement Lockheed Martin a demandé à une banque de lui bâtir une proposition pour le Maroc, mais des militaires marocains ont eux-mêmes sollicité le fabricant yankee. Autre épine: la question du financement. Depuis le début des pourparlers, les Français ont cru que le Maroc bénéficierait du soutien d'un généreux sponsor - on évoque l'Arabie saoudite ou des Emirats... Une simple rumeur, ni confirmée ni démentie par Rabat. Mais l'ambiguïté n'a jamais été levée, jusqu'à ce jour de la mi-avril, où le négociateur français reçoit un coup de fil du général Abdelaziz Bennani - le chef des Forces armées royales - lui demandant de se rendre dans la capitale marocaine. Sur place, les deux parties signent un document de deux pages, véritable protocole d'accord, précisant le prix (2,132 milliards d'euros), le nombre d'avions (18) et l'offre technique. Mais sur le papier figure une condition suspensive: l'octroi par la France d'un financement.

Le rouleau compresseur américain

Les Américains ont réduit à néant les espoirs français de vente de Rafale en jouant sur tous les tableaux, économiques et politiques :
- une offre hypercompétitive: 24 F 16  pour 1,6 milliard d’euros, avec un financement étalé sur vingt ans ;
- une enveloppe d’aide au Maroc: un chèque de 697,5 millions de dollars au titre du Millenium Account Challenge, signé le 31 août 2007.
- un appui politique au Sahara occidental: envoi de nombreux hauts fonctionnaires et diplomates américains au Maroc, entre juin et août, pour relayer le message.

Cette fois, le mythe du mystérieux sponsor a vécu! Or Bercy hésite à avancer les fonds: en versant 2 milliards d'euros pour l'achat des jets militaires, la Coface, l'organisme de financements publics, risquerait de déséquilibrer ses comptes et placerait le Maroc - déjà titulaire d'une ardoise de 800 millions d'euros - au même niveau que la Chine. Le ministère des Finances, ennuyé à l'idée de créer "un gros grumeau" marocain, traîne les pieds. Le dossier atterrit à l'Elysée. Mais, à quelques jours du premier tour du scrutin présidentiel, Jacques Chirac refuse de donner sa bénédiction au contrat. Il préfère laisser à son successeur le soin de trancher. Oubliant un peu vite que c'est à lui que Mohammed VI, avec lequel il entretient des relations quasi familiales, avait fait la promesse d'acheter des avions français. "Il fallait boucler cette vente sous Chirac, car nous savions qu'après ce ne serait plus pareil", confie, aujourd'hui, amer, un membre du "Rafale Team". La fenêtre d'opportunité vient de se refermer à moitié. Elle ne s'ouvrira plus.

 

Le jour de sa nomination, François Fillon, nouveau locataire de Matignon, trouve sur son bureau le dossier marocain. Cette fois-ci, la balle est dans le camp de Paris: oui ou non, la France accepte-t-elle d'octroyer au Maroc un financement pour les 18 avions? Il faudra trois mois aux autorités françaises pour arbitrer. Trois longs mois d'indécision, de blocages, de rivalités entre ministères. On se demande s'il ne vaudrait pas mieux garder cet argent public pour d'autres projets civils au Maroc, comme un TGV ou des centrales nucléaires. Matignon réclame des études supplémentaires, n'hésitant pas à mettre en doute l'existence de la concurrence... En face, les Etats-Unis profitent de ce flottement et déposent, fin mai, une offre au Maroc portant sur des avions d'occasion. Quelques jours plus tard, ils reviennent avec une proposition de 24 appareils F16 neufs, au prix de 1,6 milliard d'euros. Washington dépêche, entre juin et août, une kyrielle de membres du gouvernement, de diplomates, de militaires, ainsi que le directeur du FBI, et fait passer au roi un message du président Bush, lui signifiant son soutien actif sur la question du Sahara occidental.

Pourtant, Paris ne semble pas s'émouvoir de cet activisme. Fin juin, Matignon, qui cherche à alléger la note, envoie encore un émissaire au Maroc, pour proposer de réduire le contrat de 18 à 12 avions. Refus du général Bennani, qui comprend mal les atermoiements français. A l'inverse, les Etats-Unis mettent le paquet sur le plan financier. Ainsi, non seulement le Maroc obtient un crédit quasi gratuit de vingt ans, mais l'oncle Sam octroie une aide de 697,5 millions de dollars au titre du "Millenium Account Challenge".
De plus en plus inquiets des lenteurs étatiques, les négociateurs français espèrent encore que le Président, attendu au Maroc à l'issue d'un périple en Algérie, les 10 et 11 juillet, saura convaincre le Roi. Mais quelques jours avant son départ, l'étape marocaine est étrangement annulée, à la demande des autorités locales, pour être reportée au mois d'octobre. On évoque alors un coup de froid entre Paris et Rabat, le roi ayant pris ombrage du déplacement présidentiel en Algérie. "Je suis persuadé qu'il s'agissait en fait d'un coup monté de la part du 'clan américain' au sein des militaires marocains, voulant éviter toute possibilité pour la France de conclure la vente", analyse l'un des proches du dossier.

Les derniers espoirs tricolores s'envolent au milieu de l'été. Certes, l'Elysée donne son feu vert au financement des Rafale vers la mi-juillet, et le vice-amiral Edouard Guillaud, chef d'état-major particulier de Nicolas Sarkozy, téléphone immédiatement au général Bennani pour lui annoncer la bonne nouvelle. Mais la ligne avec Rabat ne répond plus. Tout l'été, les équipes françaises s'activent, jusqu'au sommet de l'Etat, pour rétablir le contact, tandis que Bercy mouline ces chiffres. Début septembre, en guise de baroud d'honneur, deux négociateurs s'envolent pour Rabat, avec une ultime offre à 1,8 milliard d'euros. Cette fois-ci, tout y est: le prix, le financement, le nombre d'avions et, en prime, un accord politique plus global avec le Maroc. Trop tard: le rouleau compresseur américain est déjà passé. Et les "Dassault boys", qui ont assisté, impuissants, à la transformation de l'Etat en une machine à perdre, sont furieux. Fin septembre, le constructeur annule sa participation au salon aéronautique de Marrakech, qui devait constituer un temps fort de la visite présidentielle. Le cœur n'y est plus. Sauf miracle, le contrat imperdable semble, cette fois-ci, bel et bien perdu. En privé, les accusations fusent: "Un avion trop cher", disent les uns; "Une administration incompétente et inefficace", répondent les autres. Chacun attend la fin du voyage de Nicolas Sarkozy pour régler ses comptes. Une chose est sûre: après un tel gâchis, l'ensemble du dispositif des ventes d'armes est à revoir, et très vite. Avec, pourquoi pas, la mise en place d'une war room à l'Elysée. En attendant, le Rafale va devoir trouver une nouvelle piste d'envol. En Libye, par exemple, où il sera présent, du 29 au 31 octobre, au salon aéronautique de Tripoli.

 

 

 

 

 

 

27/05/2009 12:38:22 | La rédaction web de Jeune Afrique | Par : Lauranne Provenzano

Abou Dhabi, nouveau showroom de l'armée française

La France espère vendre 60 Rafales à l'armée émiratie© DR

La visite du président français dans les Emirats Arabes Unis a permis de poser les jalons diplomatiques et politiques d’une coopération durable en matière de défense…et de commerce.

Nicolas Sarkozy a inauguré mardi en fanfare la première base militaire française permanente installée dans le Golfe arabo-persique, à Abou Dhabi.

La « Base de la Paix » accueillera à terme près de 500 soldats français sur trois sites : ladite base, essentiellement navale, située dans le port de commerce d’Abou Dhabi, une base aérienne où seront stationnés au moins trois avions de combat, et un camp d’entraînement préparant au combat en zone urbaine et en terrain désertique.

Lors de son discours d’inauguration, le chef de l’Etat français a rappelé la dimension à la fois "politique, diplomatique et stratégique" de cette base. Politique et diplomatique, car elle découle directement de l’accord de défense qui lie la France et les Emirats Arabes Unis (EAU) depuis janvier 1995. Une coopération qui a d’ailleurs été reconduite lors de la venue de Nicolas Sarkozy lundi 25 et mardi 26 mai. "Soyez assurés que la France sera à vos côtés si votre sécurité devait être menacée", a ainsi affirmé le président français à l'agence officielle WAM.

Stratégique, car la France se positionne désormais dans une zone d’intérêt tactique, le détroit d’Ormuz par lequel passent près de 40% des échanges de pétrole et de gaz de la planète. Par ailleurs, cette implantation marque la volonté de Paris de s'impliquer pour la stabilité d'une région secouée par les ambitions nucléaires de l’Iran, qui contrôle une partie du détroit.

Vitrine d’exposition

Mais surtout, la base d’Abou Dhabi sera une vitrine du savoir-faire à la française, comme le suggère l’entourage présidentiel : "Et puis aussi peut-être que ça a une vocation d'exposition de nos matériels", renchérit un conseiller. En effet, les EAU sont des fidèles de l’industrie militaire française, et figurent parmi les meilleurs acheteurs de nos équipements.

En janvier dernier, l’armée émiratie avait laissé entendre qu’elle souhaitait remplacer sa flotte de 60 Mirages 2000-9 par les Rafales construits par Dassault, et pour l’heure utilisés uniquement par l’armée française. Le contrat porterait sur 6 à 8 milliards d’euros et permettrait de sortir l’équipementier français de la mauvaise passe qu’il traverse dernièrement, crise économique mondiale oblige.

Comme avant-goût, le prince héritier émirati, Mohammed ben Zayed Al Nahyane a assisté mardi après-midi, en compagnie du chef d’Etat français, à une démonstration en vol du Rafale, selon des informations du quotidien français Le Point.

Il n’en demeure pas moins que rien n’a été signé, les Emirats réservant leur réponse pour les mois à venir. C’est que les négociations pourraient achopper sur plusieurs failles : le prix des avions, qu’il est toujours bon de marchander, mais aussi des exigences techniques que la France n’a pas encore remplies. Les EAU demandent que les appareils soient équipés d’un radar à longue portée, et non de celui dont sont munis les Rafales utilisés en France.

La dernière condition, et pas des moindres, serait la reprise par la France des 60 Mirages que possède l’armée émiratie, et pour lesquels Paris devra ensuite trouver un acquéreur…

« Voyage d’échanges et de collaboration »

La visite de Nicolas Sarkozy intervient aussi sur fond de négociations pour la construction de 12 à 16 centrales nucléaires pour un montant d'environ 40 milliards de dollars (30 milliards d'euros). Total, GDF-Suez et Areva ont formé une proposition conjointe, mais restent en concurrence avec des offres américaines et coréennes.

Le président français a également participé à la pose symbolique de la première pierre dans la construction d'une succursale du musée du Louvre à Abou Dhabi, le « Louvre des sables » dans un bâtiment signé Jean Nouvel. « Ensemble, nous sommes engagés dans un extraordinaire voyage d’échanges culturels et de collaboration qui, je crois, renforceront pour toujours, les liens entre nos deux pays.», a prédit Nicolas Sarkozy.

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Serge, sur ce coup là je prend 15% de com...






 

 

 

Kadhafi: comment la France l’a armé dès ses débuts

3 septembre 2009

Les festivités du 40ème anniversaire de l’arrivée au pouvoir du colonel Kadhafi se sont déroulées avec faste cette semaine, sans la présence de chefs d’Etat occidentaux. Toujours aussi provocateur et imprévisible, le chef du régime libyen peine à être fréquentable, malgré ses visites officielles des derniers mois, en France, en Espagne et très récemment en Italie.

le leader libyen dans sa tenue de Guide suprème

Malgré son caractère turbulent, ses idées socialistes mâtinées d’islamisme, ses nombreux revers diplomatiques (son panarabisme n’a guère davantage eu de succès que son panafricanisme), son sponsoring du terrorisme jusqu’aux années 2000, ses lubies économiques, celui qui a été désigné comme le “Guide de la grande révolution de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste” règne sans partage sur son pays pétrolier, avec une longévité digne des dictateurs hors de commun.

Mais la mémoire des Occidentaux est courte. A peine arrivé au pouvoir au terme d’un coup d’Etat assez peu démocratique,  le 1er septembre 1969, le jeune colonel libyen reçut le soutien de la France.

Un accord secret franco-libyen dès novembre 1969

En effet, le président Georges Pompidou donna son feu vert à la signature d’un énorme contrat de ventes d’armes à Kadhafi.  Comme peu de gens le savent (je raconte les coulisses diplomatiques de ces contrats dans le livre “des secrets si bien gardés”), un protocole franco-libyen secret fut signé le 28 novembre 1969 entre le gouvernement français (alors dirigé par Jacques Chaban-Delmas) et le gouvernement libyen.

Selon les archives de l’Elysée que j’ai pu consulter, celui-ci prévoyait notamment la fourniture de 110 Mirage, des avions de combat particulièrement redoutables construits par la firme Dassault. La vente de ces Mirage, alors même que de Gaulle avait bloqué  en 1967 la livraison de 50 Mirage à Israël, provoqua une polémique.

Révélation: la France n’annonça pas publiquement qu’elle vendait également à Kadhafi, dans le cadre de ce même protocole, des hélicoptères, des bombes, des missiles air-air Matra, des systèmes de défense aérienne, des radars de surveillance… Ni que la Libye réclama ensuite des chars, des patrouilleurs,  et même des missiles sophistiqués Excocet ( la France refusa poliment…)

Informé de ces négociations, Israël accusa la France de vouloir armer ses ennemis, Kadhafi n’ayant pas fait mystère de sa volonté de fusionner la Libye avec l’Egypte ( ce qui n’advint finalement pas) et de donner ou coup de main aux Egyptiens pour s’en prendre à l’Etat hébreu.

Les Etats-Unis s’émurent également de ce contrat français, jugé très risqué, alors même que Kadhafi exigeait en même temps le départ des Américains de leur vieille base aérienne en Libye. La communauté juive américaine manifesta bruyamment son opposition à Pompidou, jugé pro-arabe, lors de son voyage aux Etats-Unis en mars 1970, au point de provoquer émeutes et incidents diplomatiques.

Des livraisons plus rapides qu’annoncées

En dépit des explications rassurantes de Pompidou à Tel Aviv et Washington sur l’entrée en vigueur de ce contrat militaire et l’usage contrôle de ces avions, la livraison des Mirage eut bien lieu à partir de 1970. Le calendrier des livraisons fut même beaucoup plus rapide que ce que les Français avaient promis aux Israéliens et aux Américains. Un petit mensonge pour un gros contrat aux retombées économiques importantes.

L’hypocrisie était à son comble: un diplomate français en poste à Washington confia, en avril  1973, à un de ses collègues américains, que les “Français étaient parfaitement au courant que certains pilotes qu’ils entraînaient pour les Mirage étaient égyptiens, et non pas libyens”. Il ne fallait simplement pas que cela se sache, car, selon le diplomate, cela serait “très embarrassant” pour le gouvernement français…

Kadhafi reçu à Paris fin 1973: “il fait impression par sa pureté”

Lorsque le colonel Kadhafi effectua sa première visite officielle à Paris en novembre 1973, il fut reçu comme un roi par le président Georges Pompidou. En pleine crise du pétrole, les conseillers de Pompidou se félicitaient, dans des notes confidentielles, du “bilan positif”  des relations franco-lybiennes et des gros contrats en cours avec Tripoli.“Dans l’ensemble, le protocole du 28 novembre 1969 a été appliqué à la satisfaction réciproque” écrivirent-ils.

Quant à  Kadhafi, les conseillers de l’Elysée jugeaient , juste avant cette visite à Paris, qu’il était solidement en place: “Quatre ans, après le coup d’Etat qui a chassé la monarchie, le colonel Kadhahi a affermi son régime et le conseil de commandement de la Révolution demeure soudé autour de sa personne. En dépit de ses outrances, il fait impression par sa pureté, son dynamisme, son messianiamse arabe.

Nul doute que Kadhafi aurait été enchanté de lire pareille prose à sa gloire, rédigée par l’Elysée, en 1973. Les déconvenues allaient suivre, mais plus tard….

http://www.lesinfos.com/nouzille/2009/09/03/kadhafi-comme...

 

http://www.fessenheim.org/images/upload/kadhafi-sarkozy-nucleaire-epr.jpg

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La Légion étrangère joue à Tripoli le1er septembre 2009 pour les 40 ans de prise de pouvoir de l'ex terroriste Kadhafi, maintenant devenu fréquentable car il "peux" acheter du matériel militaire...alors que la France chasse le terroriste barbu en Afghanistan...

http://a7.idata.over-blog.com/0/33/35/02//Kadhafi---Sarkozy.JPG

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23/07/2009

Après les fons flons du 14 juillet, fin de la lune de miel avec l'Inde...maintenant on flirte avec la Suisse...

Deux jours après la signature, le 20 juillet, d'un accord de défense entre l'Inde et les Etats-Unis, Delhi vient d'annoncer que les premiers essais sur le terrain en vue de l'acquisition de 126 avions de chasse, commenceraient dès le mois d'août. Y a-t-il un lien de cause à effet ? Boeing et Lockheed Martin se réjouissent.

Le marché indien de l'armement est l'un des plus juteux du moment. Delhi envisage de consacrer plus de 30 milliards de dollars sur les cinq prochaines années à la modernisation de son arsenal vieillissant, largement soviétique. Près de la moitié de cette enveloppe est réservée à l'achat de 126 avions de chasse. En lice, le Rafale de Dassault-Aviation, le MiG-35 russe, le Gripen du Suédois Saab, l'Eurofighter Typhoon, et les Américains, avec le F/A-18 Super Hornet de Boeing et le F-16 de Lockheed Martin.

 

Lors de la visite de Hillary Clinton à Delhi, au début de la semaine, le gouvernement indien a accepté de se plier à la législation américaine. Ce qui a entraîné la colère des partis d'opposition. Les compagnies américaines, elles, sont aux anges.

" Nous nous réjouissons à l'idée de travailler avec l'Inde en vue de moderniser ses forces de défense dans la cadre de cet accord", a affirmé la compagnie Boeing dans un communiqué. Jugeant que cet "accord historique" permettra de "partager" plus facilement de la technologie de défense américaine avec l'Inde. Richard Kirkland, le président de Lockheed Martin en Asie du Sud, ne dit pas autre chose : " Cet accord est le coup d'envoi d'une coopération accrue entre les Etats-Unis et l'Inde en matière de défense, et nous sommes prêts à répondre aux besoins des forces armées indiennes", a-t-il dit.

 

 

Prochain "client" potentiel, la Suisse:

 

Remplacement partiel de la flotte de Tiger : remise des modules « portefeuille du programme industriel suisse » et « coopération stratégique ».

Les trois avionneurs EADS, Saab et Dassault ont remis dans les délais à armasuisse les deux derniers modules de leur offre. Ces modules complètent la deuxième offre en vue du remplacement partiel de la flotte de Tiger (programme TTE), qui a été présentée le 17 avril 2009.

Avec l'invitation à présenter une offre remaniée, en janvier 2009, armasuisse a prié les trois fabricants des candidats au remplacement partiel de la flotte de Tiger de présenter des propositions concrètes concernant le portefeuille du programme industriel suisse et la coopération stratégique entre le fabricant, RUAG Aerospace et armasuisse. Le portefeuille du programme industriel suisse sert à garantir le transfert technologique et l'institution d'une coopération industrielle durable. Quant à la coopération stratégique, elle doit permettre de réduire les coûts du cycle de vie et de garantir à long terme l'accès aux technologies du secteur aéronautique, comme soutien aux Forces aériennes suisses.

armasuisse avait accordé aux fabricants un délai supplémentaire pour les deux modules « portefeuille du programme industriel suisse » et « coopération stratégique ». Par ailleurs, des exigences plus sévères que dans le premier appel d'offres avaient été fixées au sujet de la qualité des propositions pour le module « portefeuille du programme industriel suisse ». Le module « coopération stratégique » ne figurait pas encore dans le premier appel d'offres.

Suite des activités
Le Conseil fédéral a fixé le 25 mars le calendrier de la suite des activités pour le remplacement partiel de la flotte de Tiger. Il a chargé le DDPS de présenter en décembre 2009 au Conseil fédéral le Rapport sur la politique de sécurité. Le type de l'appareil destiné au remplacement partiel de la flotte de Tiger devrait être choisi au début 2010. (Infos DDPS).


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