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12/12/2010

Four Lions

 

Animateur de télé provoc', le britannique Chris Morris est devenu l’ennemi public n°1 avec son premier long-métrage, We Are Four Lions, une tentative de démystification du terrorisme par l’absurde.

Après avoir provoqué une controverse sans précédent en Grande-Bretagne, la petite bombe comique de Chris Morris, We Are Four Lions, s’apprête à envahir les écrans US dans un climat quelque peu tendu. Cette histoire de quatre terroristes islamistes bien décidés à se faire sauter dans le centre de Londres repose la question des limites de la satire.

Un problème résumé par le New York Times qui, près d’une décennie après les attentats du 11 septembre, rappelle que "le terrorisme et la guerre contre le terrorisme sont toujours des sujets plus ou moins interdits pour les comédies". Son réalisateur, élu "The Most Hated man in Britain", évoque au contraire une libération positive de la parole.

 

Réalité ou fiction ?

Si le terrorisme a déjà été l’objet de quelques comédies (Harold et Kumar s’évadent de Guantanamo, Team America : World Police), le film de Chris Morris a provoqué une polémique jusqu’ici inédite. En cause, la similitude des personnages et des situations comiques de Four Lions avec les attentats du 7 juillet 2005 (7/7) perpétrés par des islamistes dans le centre de Londres, qui ont fait 56 morts. Le premier long métrage de Chris Morris relate en effet l’histoire de quatre islamistes, originaires du nord de la Grande-Bretagne, qui préparent –difficilement– une série d’attentats lors du marathon de Londres.

Pour les familles des victimes, mobilisées à l'occasion de la sortie de Four Lions, Chris Morris évoque "spécifiquement cette attaque". Elles dénoncent les correspondances entre ses personnages et les terroristes du 7/7 : "quatre garçons du Nord, tous avec de forts accents du Yorkshire, qui voyageaient jusqu’à Londres", relevait ainsi aux micros de la BBC Graham Foulkes, père d’une victime des attentats. Il réclame l’interdiction du film en Grande-Bretagne et en appelle au boycott des exploitants, rejoint par des groupes Facebook pro boycott.

"Ce n’est pas parodier ni créer de satire sur les terroristes. C’est faire de l’argent sur une attaque spécifique", a lancé Graham Foulkes.

Le terrorisme par l’absurde

Pour sa défense, Chris Morris a tenu à rappeler que le projet de Four Lions (dont le scénario a été finalisé en 2007) avait été lancé avant les attentats du 7/7 qui ont touché Londres.

Cet habitué de la controverse avec son hilarant journal télévisé fake, The Day Today (crée avec Armando Iannucci, réalisateur d’In The Loop), a mené une enquête pendant plus de trois ans sur les réseaux islamistes britanniques. Dans une interview accordée au Sunday Times, il explique ainsi avoir rencontré des pratiquants, des imams, des experts en terrorisme et des cadres des services secrets, pour un film qui ne s’annonçait pas a priori comme une comédie.

"J’ai voulu comprendre ce qui était en train de se passer, a-t-il expliqué au New York Times. A partir du moment où j’ai commencé à me renseigner, j’ai trouvé certaines choses très drôles."

Et We Are Four Lions est devenu au fil de ses recherches une comédie absurde sur une bande de paumés ordinaires reconvertis terroristes. L’occasion aussi, de démystifier un peu la figure de l’islamiste radical dans un pays en pleine parano, et de railler l’impuissance du politique (les services secrets britanniques ne sont pas vraiment épargnés par Chris Morris).

 

Rejeté par les puissantes BBC et Channel 4 pour son contenu, le premier film de Chris Morris a finalement été financé par Film 4 Production et Warp Films. Une bonne intuition puisque malgré (grâce à ?) la controverse, We are Four Lions (qui bénéficie d’un accueil critique très favorable) a cartonné au box-office anglais, en dépit d’un nombre restreint de copies.

Reste alors à savoir comment il sera reçu aux Etats-Unis où, selon le site spécialisé Chud, il y aura "beaucoup d’Américains pour trouver cette idée insupportablement choquante et boycotter le film". En France, la question est reportée au 8 décembre, date de la sortie de We are Four Lions.

piqué au tas sur www.lesinrocks.com

"We are four lions", le djihad version burlesque



Cette comédie qui a suscité la polémique en Grande-Bretagne s’empare du sujet sensible du terrorisme


L'un des terroristes particulièrement peu futé dresse un corbeau auquel il voue une grande affection à lancer des bombes sur les immeubles... (photo UFO Distribution) 

WE ARE FOUR LIONS de Chris Morris
Film britannique, 1 h 41


La question, maintes fois posée, surgit une nouvelle fois avec We are Four Lions : peut-on rire de tout ? D’abord un constat s’impose : on rit bel et bien avec cette comédie consacrée à un groupe d’islamistes de Grande-Bretagne décidés à commettre des attentats mais sans s’accorder sur la cible : pharmacie, boîte de nuit ou… mosquée.

Dans un mélange d’humour anglais absurde et de burlesque façon Monty Python, Chris Morris montre atermoiements et préparatifs de futurs terroristes particulièrement peu futés. Lors d’un entraînement au Pakistan, Omar, le meneur, tire accidentellement sur un village en visant un drone américain et tue Ben Laden. En Angleterre, l’un dresse un corbeau auquel il voue une grande affection à lancer des bombes sur les immeubles…

Le rire n’est cependant pas exempt d’une gêne puisqu’il porte sur des hommes qui imposent un sort peu enviable aux femmes, haïssent les homosexuels et se préparent à tuer au nom de leur foi. En Grande-Bretagne, la sortie de ce film, bien reçu par la critique et le public qui l’a plébiscité malgré une distribution dans un nombre limité de salles, a provoqué une polémique sans précédent.

"Dans le terrorisme, la bêtise dépasse l’idéologie"

Des familles de victimes des attentats du 7 juillet 2005 dans le centre de Londres (56 morts) y ont vu la transposition déplacée de ce drame – ce dont le réalisateur se défend, rappelant que le projet était antérieur.

Après trois années de recherches, de rencontres avec des experts, des imams, des policiers et des membres des services secrets, Chris Morris, satiriste à la télévision, a écrit un scénario selon lui guère éloigné de la réalité : « Dans le terrorisme, la bêtise dépasse l’idéologie. »

Mais il est vrai que personne ne sort indemne de ce film, ni le collègue bien intentionné d’Omar, ni les policiers présents au moment des attentats, ni les services secrets chargés d’enquêter sur l’affaire.
Corinne RENOU-NATIVEL

piqué au tas sur www.la-croix.com

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