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19/03/2012

Manif antifa - Toulouse

 

Les militants antifascistes mobilisent contre les identitaires

La manifestation antifasciste a réuni plus de 300 personnes hier à Toulouse. Un cortège bruyant, très encadré, qui ne s'est autorisé aucun excès ou dégradation. Les associations de l'ultra-gauche, (CNT, No Pasara, Al, UAT, Libertat sud, etc) ont largement mobilisé hier après-midi à Toulouse. La manifestation visait à s'opposer à la création de « L'Oustal », un local associatif maison « de l'identité toulousaine », selon ses créateurs. « Une succursale du Bloc identitaire », affirment au contraire les organisateurs du rassemblement, très remontés contre cette « organisation » qu'ils jugent « puante, ouvertement raciste, xénophobe et homophobe ! »

Parti de la place Arnaud-Bernard, escorté par un service d'ordre important mais discret (policiers en civil), le cortège a progressé jusqu'au boulevard Armand-Duportal aux sons de slogans assez classiques : « Pas de fascistes dans nos quartiers », « Non au local des identitaires, « Toulouse restera toujours une ville antifasciste » « Toulouse mixité et populaire »…

Une fois arrivé sur les allées de Barcelone, où se trouve le local « L'Oustal », la tension est montée d'un cran. Pas à cause de l'imposant barrage mis en place par les CRS pour empêcher l'accès à l'adresse de toutes les colères. Mais très vite, les manifestants ont remarqué la présence de Matthieu Clique, qui filmait la manifestation depuis un balcon. Cet étudiant de 23 ans est le responsable du local des jeunesses identitaires. Sa présence, tous sourires, caméra à la main, a provoqué la colère de nombreux participants au rassemblement. Les gestes injurieux, les insultes, les provocations ont volé bas sous le regard stoïque des forces de l'ordre. Puis le cortège a repris sa route sans pouvoir emprunter la rue Lejeune, elle aussi barré, cette fois par un cordon de gendarmes mobiles.

Un dernier tour sur les allées de Barcelone, à l'angle du boulevard Leclerc pour raviver les slogans antifascistes et le cortège a repris la direction de Compas Caffarelli via la place Heracles dans le calme. Les manifestants ont même observé un silence total et respectueux lorsqu'ils ont croisé sur le chemin pompiers et équipe du SMUR 31 en train d'essayer de sauver un motard blessé dans un accident de la route (lire ci-dessous).

La manifestation qui, c'est une première, avait fait l'objet d'une déclaration en préfecture et avait son propre service d'ordre, s'est ensuite disloquée sans incident. Il est probable que les rencontres entre les deux camps vont se poursuivre dans les prochaines semaines. Loin de regards et des services d'ordre et pas seulement pour échanger des idées…

 

piqué au tas sur ladepeche.fr/ - 18/03/2012

 

Les militants anti-fascistes ne veulent pas des identitaires à Toulouse

 

Après plusieurs semaines d’invectives et d’échauffourées discrètes dans les rues de Toulouse, les organisations d’extrême gauche anti-fascistes appelaient samedi à manifester publiquement contre l’installation d’un local identitaire sur les allées de Barcelone. La manifestation de 300 personnes, que ses organisateurs voulaient « carrée », s’est déroulée sans heurts.

Depuis février, le ton monte entre militants d’extrême gauche et identitaires d’extrême droite. En cause, l’ouverture de « L’Oustal », un local associatif ayant pour but la promotion de la culture toulousaine et occitane. Une couverture pour les anti-fascistes, qui voient dans cette tête de pont, une provocation du bloc identitaire, organisation nationaliste et xénophobe d’extrême droite. Une manifestation était donc organisée samedi, pour exiger le fermeture du local. Très encadrés par les forces de l’ordre, les trois cents participants ont défilé dans le calme.

Moment fort de la manifestation, l’arrivée sur les allées de Barcelone, où, juchés sur un balcon, des militants identitaires narguent les manifestants. Le tout sous le contrôle des forces de l’ordre, barrant la rue à l’aide de camions anti-émeutes et d’un canon à eau. Mais après les insultes d’usage, le cortège repart rapidement et dans le calme. La voie est libre pour Mathieu Clique, responsable de « l’Oustal », qui se tourne rapidement vers les quelques journalistes s’étant attardés.

Une vision peu rassembleuse de la culture toulousaine et occitane, plus proche du discours du bloc identitaire que des traditionnelles associations promouvant l’occitanie. Un discours qui illustre également une tentative de reprise en main du thème du régionalisme par les mouvements d’extrême droite. Un pari loin d’être gagné. Les associations occitanes ont clairement pris leurs distances avec « l’Oustal« ,  et ont publiquement demandé à ce que l’association ne participe pas à la grande manifestation occitane du 31 mars prochain.

 

 

 

 

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18/03/2012

Les confessions de THIERRY FRAGNOLI, juge anti-terroriste...

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Orphelin à 13 ans de son père routier, Thierry Fragnoli a été élevé par sa mère employée de la ville de Paris et fit des petits boulots (barman, archiviste, aide-soignant, animateur) 


Le 11 novembre 2010 (le choix de la parution de l'article ne trompe personne), il y a donc maintenant plus de deux ans, le juge Thierry Fragnoli se livrait dans un " premier entretien de la série nommé « Parole aux magistrats »" sur le blog "objectif.magistrat.free.fr".

Dans ce petit exercice de style d'autocongratulation et d'autopromition est dressé un portrait très flateur du conmbattant de l'antiterrorisme international :

 

Quel a été votre parcours jusqu’à maintenant ?

Après avoir été juge des enfants à Meaux, j’ai été pendant 3 ans substitut du procureur chargé des mineurs à Créteil ( il y avait une certaine continuité). Puis juge d’instruction à Créteil pendant 3 ans. Et depuis 5 ans je suis juge d’instruction anti-terroriste à Paris.

Autant on peut comprendre la notion de "certaine continuité" au fait de passer substitut du proc. chargé des mineurs, autant on peut avoir un peu de mal à se faire une opinion sur les choix qui on porté à sa validation au poste de juge d'instruction anti-terroriste par le CSM (Conseil supérieur de la magistrature) en 2005... 

Un peu plus loin dans son interview, le juge Fragonli se laisse à quelques confidences, et non des moindres, concernant son rapport au droit :

Quel est votre rapport quotidien au droit ?

Paradoxalement on fait assez peu de droit : quand on doit déterminer qui a posé la bombe, quelle était sa composition et pourquoi elle a été posée, on est loin du droit ! Quand on interroge un témoin, ce n’est pas du droit, c’est aussi du fait. Globalement au pénal on fait moins de droit qu’au civil. Mais évidement parfois il y a des points de droit qui se posent, par exemple avec l’article 421-1  du Code pénal : qu’est-ce que l’intimidation ou la terreur ? La définition de cet article est assez floue, et on peut penser que le législateur a voulu laisser à l’autorité judiciaire le soin d’apprécier  au cas par cas ce qui relevait ou pas du terrorisme, et c’est d’ailleurs ce que l’on nous reproche beaucoup .

tubes_PVC.jpg

Fragnoli exultant lorsqu’il a appris que des tubes en PVC ayant pu servir de perches pour poser les crochets sur les caténaires avaient été retrouvés au fond de la Marne.


C'est certainement de ce "soin d'apprécier" que le juge Fragnoli semble manquer cruellement dans l'affaire de Tarnac (qu'il n'évoque à aucun moment dans l'article).

Ce qu'il dénoce, par contre, c'est une certaine inégalité de traitement dont peut souffrir le juge d'instruction face aux avocats de la défense dans leurs rapports avec la presse.

Qu’est-ce qui est le plus dur ?

C’est l’aspect médiatique de certains dossiers. Les avocats ne sont pas soumis au secret de l’instruction donc ils en profitent pour communiquer des éléments du dossier qui vont dans leur sens alors que le juge, lui, est dans l’incapacité de répondre, de montrer que l’affaire est plus complexe qu’elle n’y paraît. C’est parfois peut être un peu frustrant mais c’est la règle et il faut l’accepter.

Etonnant quand on sait maintenant que ce même juge a envoyé un courriel à ses "amis de la presse libre" :

 via UHD

Mais peut-être va-t-il invoquer :

L’article 11 du Code de procédure pénale prévoit que le parquet a la possibilité de communiquer afin d’éviter la propagation d’informations parcellaires ou inexactes notamment, mais l’expérience montre que le parquet est assez prudent dans l’application de ce texte, peut être parce que les dossiers instruits à l’anti- terrorisme sont des dossiers médiatiquement  sensibles .

Toujours ce même juge qui, encore un an auparavant (2009), c'était déjà illustré lors d'un droit de réponse 

dans un article de karl Laske :

 

Droit de réponse du juge Thierry Fragnoli :

Dans l’un de vos articles de votre édition datée du 2 novembre sur le dossier dit "Tarnac" en cours d’instruction à mon cabinet, vous écrivez, à propos des modifications des mesures de contrôle judiciaire que j’ai refusées : «Il a refusé l’autorisation à Mathieu et Aria de résider provisoirement sur Paris, où leur jeune fils devait subir une greffe de moelle osseuse, les obligeant à repousser la greffe pour qu’elle puisse se dérouler à Rouen, où ils résident.» Sans m’exprimer publiquement sur le fond de ce dossier, étant tenu au secret de l’instruction, je constate, qu’une fois encore, une information tronquée tente de me discréditer personnellement quant au manque d’humanité dont j’aurais fait preuve.

A propos de cet enfant, et de ses problèmes de santé que j’ai toujours pris en considération, j’ai eu à de nombreuses reprises le père au téléphone au cours du mois d’août dernier, avec qui nous avons discuté de son séjour sur Paris compte tenu de la demande qu’il me formulait de résider chez deux des mis en examen du même dossier résidant sur Paris. Je dois vous préciser qu’il est assez inhabituel qu’un magistrat instructeur prenne aussi directement au téléphone un mis en examen.

Compte tenu des interdictions de communiquer entre eux auxquelles étaient soumis les mis en examen du dossier, et que je souhaitais maintenir, il a été trouvé, à l’initiative d’ailleurs du procureur de la République, une solution d’hébergement sur Paris, aux frais de la justice, qu’était chargée de mettre en œuvre une association de contrôle judiciaire désignée à cet effet par une ordonnance spécifique de ma part.

Réponse de Karl Laske : Soyons donc exhaustifs. La solution d’hébergement trouvée par l’association en question - une chambre de 9 m2 dans un centre de réinsertion - ne l’a été que le 10 septembre. Or c’est par un courrier du 9 juillet, lettre de l’hôpital Necker à l’appui, que Mathieu et Aria ont annoncé au juge que leur fils était atteint d’une maladie rare et grave, nécessitant une greffe de moelle osseuse et une chimio. Le 17 août, les parents indiquaient encore, dans une nouvelle lettre au magistrat, n’avoir obtenu aucune réponse des deux associations désignées, et rappelaient le caractère d’urgence du traitement. Le 1er septembre, sans nouvelles, ils engageaient le processus de la greffe au CHU de Rouen. Avec deux mois de retard, dans un établissement qu’ils n’avaient initialement pas choisi, comme nous l’avons écrit. En novembre 2008, Mathieu et Aria, qui, la nuit des sabotages des lignes TGV fêtaient les 30 ans d’un ami, avaient déjà subi quatre-vingt-seize heures de garde à vue, sans avoir pu entrer en contact avec leur fils.

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Submergé par «le tsunami médiatique» comme il dit, le juge Fragnoli prend des coups redoublés


Commentaires de certaines illustrations via article de PATRICIA TOURANCHEAU - Fragnoli, la justice façon «Kill Bill».

Pour aller plus loin :

http://www.liberation.fr/societe/01012396324-fragnoli-la-...

http://www.liberation.fr/societe/0101603995-droit-de-repo...

http://ultrahumandignity.blogspot.fr/

 

Probe

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17/03/2012

La bande à Bauer obtient sa section "criminologie"...

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La criminologie : Nouvelle discipline universitaire en France

Jeudi (15/03/2012], le ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche a officiellement crée une section de « criminologie » au sein du Conseil National des Universités (CNU). La décision, publiée au Journal Officiel, fait suite à l'arrêté du 13 février 2012 qui « consacre l'aboutissement d'un long processus en plusieurs étapes, processus qui a débuté en 2008 ».

La criminologie constitue une discipline scientifique qui aborde le phénomène criminel, ainsi que les réponses que la société lui apporte ou pourrait lui apporter. Elle fait appel à des connaissances et des compétences spécifiques dans des domaines complémentaires tels que les sciences de la société, la philosophie, la médecine ou encore le droit. L'objectif de cette section universitaire consacrée à la criminologie serait donc de permettre la fédération des formations, des recherches et des enseignants-chercheurs.

Cette nouvelle discipline universitaire s'inscrit dans un processus de longue date. Après la remise d'un rapport au ministère en 2010 et suite à une consultation publique sur le site internet du ministère, il est apparu qu'il existe une demande de formation ad hoc en ce domaine, non seulement de la part des étudiants en formation initiale, obligés de s'expatrier s'ils veulent suivre un cursus complet, mais aussi des professionnels des champs concernés desquels sont exigées des connaissances plus pointues.

Les critiques du monde universitaire

La majorité des enseignants en science et en droit (la criminologie était jusqu'à présent une spécialisation) refusent de voir en cette matière une science à part entière. Dans un communiqué publié par le Snesup-FSU, le principal syndicat de l'enseignement supérieur parle d'un « oukase gouvernemental (...) pris en dépit d’une très large opposition des communautés scientifiques concernées en s'appuyant sur une pseudo-consultation publique dont les résultats n'ont cependant jamais été publiés. Cette décision impacte la composition et le fonctionnement de quinze sections du CNU sans que cette instance n'ait été consultée de quelque façon ». Le Snesup s'élève par ailleurs « avec force contre le coup de force du ministère » et demande « que soient abrogés ces deux arrêtés ».

Une dimension politique

La politique en effet eu un rôle à jouer dans cette décision. A l'origine du projet, Alain Bauer, ancien grand maître du Grand Orient de 2000 à 2003 qui s'est depuis rapproché de Nicolas Sarkozy. Devenu son conseiller sur les questions de sécurité et président de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), Alain Bauer a pesé de tout son poids pour la création de cette filière. La communauté universitaire redoute que, sous son influence, le comportement criminel ne soit analysé sous un angle trop statistique et sécuritaire. Elle lui reproche également son manque de crédibilité dans le domaine.

Par Damien Helene

piqué au tas sur francesoir.fr - 16/03/2012

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Les partenaires en crime de l’influent Alain Bauer

Le conseiller de Nicolas Sarkozy a fait plier le monde universitaire en imposant la « criminologie » comme nouvelle filière autonome, avec le soutien de réseaux très à droite.

Il faut reconnaître à Alain Bauer une réelle dextérité politique. Il est passé de gauche à droite dans les années 1990, a surfé sur la vague sarkozyste dans les années 2000. D’un coup de pouce du président, il s’est fait catapulter à la tête de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), puis professeur de « criminologie appliquée » au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam). À cinquante ans, le CV de ce franc-maçon multicartes, conseiller officieux du président, est complètement délirant. Il serait même consultant auprès de la police de New York.

Aujourd’hui, Alain Bauer fait plier l’université française en imposant la « criminologie » comme nouvelle discipline universitaire autonome. Autour de lui, une fine équipe. Avec, en tête, Xavier Raufer et Yves Roucaute. Le premier est un de ces ex de l’extrême droite, passé d’Ordre nouveau au commerce de la peur et à « l’analyse des nouvelles menaces ». Le second, ferme partisan de l’intervention en Irak, était le porte-plume de Claude Guéant, pour son fameux discours sur les « civilisations qui ne se valent pas ».

Au second cercle des soutiens d’Alain Bauer, on trouve aussi deux universitaires qui servent de caution. Car, tout de même, c’est de recherche que l’on parle. Christian Vallar, professeur de droit à l’université de Nice et pilier de la droite dure, façon Club de l’horloge, a été chargé d’une « consultation de la communauté scientifique ». Et Loïc Villerbu, professeur de psychopathologie à la retraite, d’une étude de faisabilité. L’ensemble du monde universitaire s’est soulevé contre cette manœuvre. « C’est une OPA sur le monde de la recherche ! » s’indigne Laurent Mucchielli, sociologue au CNRS. Pour ce spécialiste de la délinquance, l’opération relève d’une vaste imposture intellectuelle : « Alain Bauer n’a pas fait de thèse, n’a pas de doctorat. On est dans le charlatanisme et l’escroquerie. »

Le Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales (Cesdip) est l’équivalent français des instituts de criminologie anglo-saxons. « C’est nous les criminologues. Aucun d’entre eux n’a jamais publié dans les revues internationales, comme Criminology ou The European Journal of Criminology », rappelle Fabien Jobard, chercheur au Cesdip.

Un « Risque social »

Selon la communauté universitaire, la criminologie est un champ d’étude interdisciplinaire. « On ne peut pas fondre dans la même discipline des sciences qui relèvent à la fois du psychisme et du social, qui vont de la psychopathologie aux relations internationales », estime Fabien Jobard, chercheur au Cesdip. Selon lui, un « risque social » existera lorsque 
ces nouveaux criminologues seront chargés par des juges d’expertiser des criminels.

Mehdi FIkri

piqué au tas sur humanite.fr - 15/03/2012

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« Alain Bauer n’a pas fait de thèse, n’a pas de doctorat. On est dans le charlatanisme et l’escroquerie. »

08:18 | Lien permanent | Commentaires (0) |

14/03/2012

Une paire de sandales pour quatre

L’Afghanistan, c’est les talibans, la barbarie contenue par l’Occident, les soldats français qui distribuent des bonbons au mépris de leur vie, les envoyés spéciaux qui crapahutent entre civilisateurs et preneurs d’otages. Celui de CQFD n’a rien vu de tout ça. Le con ! Il est viré.

Il n’en faut pas beaucoup pour sortir les armes. Un khan mongol, Bâbur, a envahi l’Afghanistan parce qu’il avait goûté les melons de Kaboul. Je suis dans le jardin fleuri de la maison où j’habite et mange un melon. Empereur Bâbur, t’es pardonné.

C’est rêche, comme pays. Deux cent six dollars de revenu par an et par habitant, 70 % d’analphabètes, une espérance de vie de quarante-quatre ans pour les hommes, moins pour les femmes. Enfin un peu de justice sur cette planète : l’Afghanistan est le seul pays au monde où les hommes vivent plus longtemps que les femmes.

Dans le jardin, une photographe française me montre des images d’Afghans de Paris. Elle vient juste de les remettre à leurs familles de Kaboul, dont la plupart ont tout vendu pour donner à leur meilleur fils une autre vie. Un jeune homme sourit sur fond de Notre-Dame, belle lumière, cadrage soigné. La photo trouvera une place de choix sur le mur de la grande pièce. Puis elle me sort les tirages qu’elle n’a pas osé montrer aux parents : on y voit le même jeune homme en sans-papiers allongé sur un banc dans par ferriun square de la gare de l’Est, un sac Tati pour oreiller, s’endormant dans le froid avec pour couverture la pression terrible d’incarner l’espoir et les rêves de toute une famille.

De retour à Kaboul, direct chez le merlan. Rhâa ! Le frisson du rasoir wahhabite crissant sur ma nuque infidèle. J’aime bien me faire rafraîchir chez les muslims. Tu t’assoies dans un fauteuil de dentiste russe totalement détruit, tu écoutes une musique lancinante, les coiffeurs sont des pros silencieux au geste assuré, ça ne coûte presque rien et surtout t’es pas obligé de parler. Avant de me raser, Ramiro (je trouve que ça lui va bien comme nom) me masse les mandibules, une main sur la hanche tout en roulant des yeux. Ça a quelque chose de rassurant de savoir que même à Kaboul règne la loi universelle de la physique capillaire régissant le monde mystérieux du cheveu, insensible à la température, indifférent aux contractions de l’espace-temps. Respect Ramiro, ici il en faut beaucoup plus que dans le Marais.

Je rentre dans deux jours et me force à faire prendre l’air à mon Leica. Nico, le Belge pour qui je bosse, m’emmène au célèbre palais du roi Zaher ou de ce qu’il en reste après sa réfection à l’artillerie lourde. Le palais en ruine criblé d’impacts trône au sommet d’une butte, en contre-bas des Hazaras jouent au foot en cette douce fin d’après-midi d’Orient. Les Hazaras, c’est un peu leurs bougnoules, aux Afghans, leurs Untermenschen à eux, ceux qui se font piquer leurs terres, qui accomplissent les tâches les plus dégradantes et les plus dures.

Quatre mômes, des Kouchis – les gitans afghans – nous entourent. Ils ont sept ou huit ans, sont en haillons, sales, très maigres. Sur les quatre, deux n’ont déjà plus des regards d’enfants. Ils viennent mendier. Le plus maigre pleure sur commande, il a une tête vraiment sympa, il part dans des sanglots bien huilés ponctués de hurlements stridents. Nico lui demande en dari combien de temps il peut pleurer sans éclater de rire. Le môme se marre instantanément puis se remet à pleurer, et se remarre. Je fouine dans mes poches, je n’ai que trois billets de monnaie locale. Les trois gosses se jettent dessus, le pleureur n’a pas été assez rapide, il n’a rien et il se remet à chialer mais pour de bon ce coup-ci. On n’a plus d’argent à lui filer, le gosse couine la détresse, on se dirige vers la voiture. Trouver quelque chose, vite. Il n’y a qu’un paquet de clopes, un bidon d’huile et un foulard afghan. On lui donne le foulard.

Pour la première fois, il a quelque chose de neuf et de propre à se mettre. Il se pare avec gravité de ce bout de tissu à un dollar, il se tient droit, il rayonne tel un prophète, fier et paniqué à la fois de ne plus tout à fait ressembler à un gueux.

On les raccompagne, ils s’agrippent à chaque index de nos deux mains. Sur le chemin du retour, une bombe de cinq cents kilos a creusé un cratère parfait de six mètres de diamètre sur trois de profondeur. Ils nous lâchent et vont jouer. Ce qui les fait marrer, c’est de courir à toute vitesse sur les bords du cratère, ils sont très penchés, presque à l’horizontale, ça les amuse, ils adorent ça.

Dans ce jardin d’enfants farci de shrapnels et d’éclats d’obus, ils ne jouent jamais ensemble, mais chacun à son tour, attendant sagement l’unique paire de sandales qu’ils se partagent pour courir.

paru dans CQFD n°97 (février 2012), par Jean-Michel Papazian, illustré par

 

piqué au tas sur cqfd-journal.org

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12/03/2012

Criminologie : le monde universitaire face à la « bande à Bauer »

 

Le Conseil National des Universités va t-il bientôt accueillir malgré l’avis unanime de ses représentants une nouvelle section de « Criminologie » ? Il ne reste plus qu’un bon mois à ses promoteurs pour y parvenir, avant une élection présidentielle qui risque de ruiner leurs efforts et leur stratégie et de rebattre les cartes dans ce domaine comme dans d’autres. Ce projet est en effet trop évidemment politisé pour sortir indemne du changement politique qui semble s’annoncer. Décryptage sans concession, documents à l’appui.

Apparition et montée en puissance politique d’Alain Bauer

A l’origine, on trouve le personnage d’Alain Bauer. L’ancien militant du parti socialiste, rocardien, a opéré un virage à 180 degrés à partir de la fin des années 1990. D’abord sans doute en relation avec des intérêts commerciaux puisqu’il avait fondé une société privée de conseil en sécurité (AB Associates) qui a beaucoup profité du lancement des Contrats Locaux de Sécurité après 1997. Ensuite sans doute pour ses ambitions universitaires. Car cet homme, qui publie des livres à tour de bras mais n’a jamais soutenu le moindre doctorat en sciences sociales ni réalisé la moindre recherche empirique, rêvait apparemment depuis longtemps du titre de « professeur de criminologie ». Il partage ce rêve avec son ami Xavier Raufer (de son vrai nom Christian de Bongain), ancien cadre du parti d’extrême droite Ordre Nouveau (il fut membre de son bureau national et candidat sous cette étiquette aux élections municipales à Paris en 1971) reconverti dans l’analyse des « nouvelles menaces » reliant sécurité intérieure et terrorisme international. En duo, les deux hommes ont d’abord développé une importante stratégie éditoriale avec la complicité des Presses Universitaires de France, occupant le terrain par une avalanche de livres (notamment des « Que Sais-je ? »). C’était de fait un bel affichage que de signer des livres comme « criminologues » dans des collections universitaires. Mais une stratégie de communication ne donne pas un titre universitaire. Lorsque Xavier Raufer signait des interviews dans la presse et des tribunes dans Valeurs actuelles comme « professeur de criminologie à l’Université Paris 2 », il commettait en réalité une infraction au code pénal (Art. 433-17), celle d’usurpation de titre. L’intéressé l’a bien compris, qui finira par soutenir une thèse en 2007, mais en géographie. D’où l’intérêt d’une section de « criminologie » du CNU qui viendrait le qualifier pour concourir à l’obtention d’un poste titulaire dans l’enseignement supérieur. Mais la réputation de Raufer-Bongain n’est plus à faire et la chose sera difficile pour lui si la gauche revient au pouvoir. Alain Bauer le sait sans doute depuis longtemps et a choisi une voie plus directe.

Photo : lepost.fr

Grâce à une incontestable agilité politique et grâce à l’influence et au pouvoir que donnent la position de dirigeant dans la franc-maçonnerie (il fut conseiller de l'Ordre et adjoint de Philippe Guglielmi de 1996 à 1999, puis Grand Maître de 2000 à 2003, avant de démissionner de toutes ses responsabilités nationales en 2005), l’ancien rocardien a réussi à approcher de très près Nicolas Sarkozy à partir de 2002, jusqu’à devenir un de ses conseillers presque officiel sur les questions de sécurité. Le renvoi d’ascenseur ne se fait pas attendre. Lorsque N. Sarkozy créé l’Observatoire National de la Délinquance en 2004, il place Alain Bauer à sa tête. La diffusion de l’information statistique ne risquera pas ainsi de gêner la nouvelle stratégie de communication politique et la nouvelle « politique du chiffre » impulsée par le ministre de l’Intérieur. Les échanges de loyaux services s’intensifient lorsque Nicolas Sarkozy accède à la présidence de la République. Alain Bauer préside notamment la Commission nationale de la vidéosurveillance ainsi que celle du contrôle des fichiers de police, éléments centraux de la politique de sécurité du nouveau gouvernement. De façon encore plus globale et significative, A. Bauer se voit confier par N. Sarkozy dès 2007 une « mission sur la formation et la recherche en matière stratégique ». Ce rapport intitulé Déceler–Étudier–Former : une voie nouvelle pour la recherche stratégique est publié le 20 mars 2008. Il y est question de « rassembler » l’ensemble de la recherche sur les questions de sécurité et de justice pénale dans un unique organisme public placé sous tutelle gouvernementale et installé à l’École militaire de Paris. Tout un symbole... C’est de là que part le projet de créer une nouvelle section du CNU reliant sécurité intérieure et conflits internationaux à travers la Criminologie.

En retour, le décret présidentiel du 25 mars 2009 nomme Alain Bauer professeur de « criminologie appliquée » au Conservatoire national des Arts et métiers (CNAM). Un fait du Prince. Depuis, Alain Bauer est donc le premier « professeur de criminologie » (appliquée) en France. Fin 2011, il signe un nouveau « Que-Sais-Je ? » avec Christophe Soullez (son adjoint à l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, lui aussi criminologue auto-proclamé, auparavant directeur de cabinet de plusieurs collectivités territoriales, notamment dans les Hauts-de-Seine), livre qui célèbre  « la grande réorientation » de la politique de sécurité entreprise à partir de 2002. Un plaidoyer pro domo en quelque sorte.

A la recherche d’alliés dans la stratégie de légitimation universitaire

Photo : lesinrocks.com

Dans cette vaste entreprise de conquête de pouvoir institutionnel et de légitimation scientifique, le duo Bauer-Raufer avait besoin d’alliés dans le monde de la recherche et de l’enseignement supérieur. Les premiers sont naturellement ceux qui partagent la même orientation politique que l’entourage de Nicolas Sarkozy : la « droite dure » ou la droite de la droite. Ainsi lorsque Alain Bauer obtiendra début 2011 du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche (dirigé par Valérie Pécresse) le lancement d’une (pseudo) « consultation de la communauté scientifique » sur le projet de section au CNU, la tâche sera officiellement confiée à Christian Vallar, professeur de droit à l’Université de Nice, qui appartient à la frange la plus dure de la droite niçoise. De même, lorsqu’il s’agit actuellement de réfléchir à un président pour la future section de « criminologie », le petit groupe se tourne vers Yves Roucaute. Professeur de droit à l’Université Paris-Ouest Nanterre La Défense, ce dernier est aussi un soutien officiel de Nicolas Sarkozy en 2007 de même qu’un ardent défenseur de l’intervention américaine en Irak en 2003. Chroniqueur sur le site « La droite libre », Y. Roucaute est aussi l'auteur du « fameux » discours de Claude Guéant prononcé devant les étudiants du syndicat UNI le 5 février dernier, au cours lors duquel il avait notamment déclaré que « toutes les civilisations ne se valent pas ».

Dans le milieu universitaire et scientifique, personne n’est dupe à propos de ce noyautage politique et de cette manipulation de la référence à la « criminologie » par un tout petit groupe de personnes cherchant avant tout à favoriser leurs orientations idéologiques, leurs positions institutionnelles et leurs situations professionnelles. C’est bien pourquoi la « bande à Bauer » n’a jamais trouvé de soutien chez des universitaires ou des scientifiques un tant soit peu reconnus et occupant suffisamment de surface institutionnelle et/ou intellectuelle pour être autre chose que des électrons libres, des seconds couteaux, des hommes plutôt en fin de carrière et en mal de reconnaissance. De ce point de vue, le décalage est véritablement énorme entre d’une part la notoriété et l’influence d’Alain Bauer et de ses alliés auprès du pouvoir politique actuel et d’une bonne partie des journalistes et, d’autre part, la quasi unanimité que son entreprise de légitimation intellectuelle a fait contre elle dans le milieu universitaire où ils cherchent aussi à s’imposer.

Un rejet quasi unanime dans la communauté universitaire et scientifique

Photo : profencampagne.com

Alain Bauer a l’habitude de balayer toute critique en qualifiant les arguments de ses adversaires de propos « militants » ou « politiques ». La ficelle est grosse et le fait erroné. En réalité, la liste est longue des prises de positions hostiles de presque toutes les institutions représentant le milieu académique, regroupant des universitaires qui se situent politiquement aussi bien à droite qu’à gauche. L’entregent, la bonhommie et l’influence du personnage suffisent pourtant souvent à tromper les journalistes et les élus qui ignorent la réalité des condamnations et rejets massifs dont Alain Bauer est l'objet dans la communauté universitaire. Jugeons plutôt :

- Dès la fin de l’année 2008, l’auteur de ces lignes alerte la communauté universitaire et scientifique sur l’importance du rapport Bauer précité (Déceler–Étudier–Former : une voie nouvelle pour la recherche stratégique). L’article, intitulé « Une "nouvelle criminologie" française. Pour quoi et pour qui ? » est publié dans la grande revue des pénalistes : la Revue de sciences criminelles et de droit pénal comparé (fondée en 1936).

- En janvier 2009, un premier manifeste intitulé « Pourquoi nous ne voulons pas de la ‘nouvelle criminologie’ et des projets de contrôle de la recherche sur la ‘sécurité intérieure’ dans lesquels elle s’inscrit » est publié sur le site de l’association « Sauvons la recherche ». Il est signé par quelque 270 membres de la communauté universitaire et scientifique.

- Le 6 février 2009, une tribune publiée par le journal Libération fait état d’une pétition contestant la nomination politique directe d’Alain Bauer à la chaire du CNAM, pétition qui a recueilli près de 400 signatures d’enseignants, d’étudiants et de collaborateurs divers du CNAM.

- Dans un communiqué du 8 mars 2011, l’association pour la « Qualité de la science française » (qui « a pour mission de défendre et de promouvoir la qualité et la créativité de l’enseignement supérieur et de la recherche en France »), résumait les choses en écrivant que ce projet de nouvelle section de Criminologie « semble surtout motivée par le souci d’une minorité d’obtenir ainsi une reconnaissance institutionnelle et scientifique que la communauté universitaire ne lui accorde pas ».

Photo : leblogdupingouin.over-blog.com

De fait, avec l’annonce par le groupe Vallar de son projet d’une section associant de surcroît la « criminologie », la « diplomatie », la « polémologie » et la « stratégie », les communiqués tombent en pagaille dans les semaines et les mois qui suivent :

- Le 14 mars 2011, un Communiqué de l’Association française de criminologie indique que « la criminologie n'a rien à voir avec la stratégie ou la science de la guerre » et que l’association « refuse de prendre part à ces orientations dangereuses et trompeuses ».

- Dans un communiqué du 23 mars 2011, le Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP), plus important centre de recherche français sur les questions de délinquances, dénonce une méthode qui vise au « contournement des textes et des règles qui seules assurent la garantie d’un fonctionnement transparent et démocratique de nos institutions universitaires ». Et il termine en précisant que : « cette mention délirante de la criminologie comme sous-ensemble particulier des sciences de la guerre achève de convaincre, avant même tout débat, que l’entreprise n’a aucun rapport avec la connaissance du crime, son traitement et les réactions sociales qu’il suscite ou appelle ; sauf à considérer que la moindre infraction (de l’absentéisme à l’école à la délinquance sexuelle ou routière) est partie d’un ensemble plus vaste, celui du terrorisme international ».

- Le 24 mars 2011, l’ensemble des animateurs français et étrangers de la revue Champ Pénal. Nouvelle revue internationale de criminologie publié un communiqué exceptionnel dans lequel ils écrivent : « issus de diverses disciplines des sciences de l'homme et de la société et d'horizons intellectuels variés, nous exprimons notre plus vive inquiétude à la lecture de la lettre d'intention diffusée par le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche et signée par MM. Vallar et Villerbu, dernière étape en date d'un processus visant à créer, contre l'opposition de l'immense majorité de la communauté universitaire, une section criminologie étendue à la diplomatie, la polémologie et la stratégie dans les universités françaises. Comme la plupart de nos collègues, nous nous opposons fermement aux orientations qui guident ce processus et ne participerons pas à une consultation que nous refusons de cautionner. Ce qui se dessine vise à développer un savoir de gouvernement inféodé à des présupposés doctrinaux au mieux fortement contestables, au pire tout à fait dangereux ».

- Le 13 mai 2011, une Déclaration est publiée par près de 70 universitaires, dont de nombreux directeurs d'instituts de sciences criminelles des universités françaises, qui écrivent : « Nous contestons à la criminologie toute qualification de ‘discipline’ autonome ou de ‘science’ à part entière. En un siècle d'existence, la criminologie n'a en effet jamais été autre chose qu' un champ d’étude au croisement de nombreuses disciplines ». Ils estiment que « le Rapport remis par Monsieur Alain Bauer en 2008 sur "La formation et la recherche stratégique" est une dénaturation de la criminologie lourde de conséquences négatives. La criminologie ne saurait se réduire à un ensemble de savoirs sur la sécurité intérieure et la sécurité extérieure. Aucun criminologue universitaire ne peut raisonnablement accepter une telle assimilation ». Et ajoutent : « nous réprouvons, plus généralement, l'instrumentalisation de la criminologie à des fins politiques qui vise à apporter une pseudo-caution scientifique à une politique pénale à la dérive ».

- Le 12 avril 2011, un Communiqué de l’Association française de science politique indique que « à quelques mois d’une recomposition de la composition du CNU, à un moment où la campagne électorale qui accompagne ce renouvellement est déjà engagée, l’Association entend combattre toute volonté arbitraire et politique de redécoupage du CNU qui ne pourrait que modifier les équilibres internes aux disciplines reconnues légitimement. Elle appelle surtout l’attention de ses membres sur les risques d’une instrumentalisation politique nocive des savoirs liés au champ des politiques pénales et de la criminologie, mais aussi des relations internationales ».

- En janvier 2012, une Motion de l’Association française de droit pénal exprime « son indignation », « met en garde contre l’instrumentalisation de la criminologie à des fins politiques » et « dénonce tant la méthode qui a présidé à la mise en place de cette nouvelle instance que l’inconsistance de son objet ».

- Enfin, le 28 février 2012, un nouveau communiqué conjoint nous informe qu’une délégation formée de Virginie Gautron, maître de conférences à l’Université de Nantes, Alain Blanc, président de l’Association française de criminologie, Jacques Buisson, président de l’Association française de droit pénal, Fabien Jobard, directeur du CESDIP et Xavier Pin, professeur de droit pénal, a rencontré M. Thierry Rambaud, conseiller au Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche » afin de connaître les intentions du ministère. L’on y apprend notamment que le ministère « refuse de communiquer à la communauté universitaire les résultats de la "consultation publique" ouverte en mars 2011 et clôturée en juin 2011 », qu’il « refuse de nous indiquer le calendrier relatif à la constitution de la section en question », qu’il « n’a pas été en mesure de nous indiquer les besoins actuels en termes d’emploi auxquels répondrait une section CNU de criminologie » et même que « le ministère n’a pas été en mesure de nous indiquer la moindre définition de la discipline évoquée » !

La boucle est ainsi bouclée. S’il fallait encore s’en convaincre, la lecture de la leçon inaugurale d’Alain Bauer au CNAM vaut le détour. Elle a beau être publiée sous forme d’opuscule par les Éditions (dites) du CNRS (sic !), on y vérifie que derrière le mot « criminologie » il n’y a en réalité aucun contenu scientifique, aucune définition ni analyse précise du champ scientifique que recouvrirait une telle discipline en France. Dès lors, quand son auteur déclare le 7 mars 2012 à l'agence spécialisée AEF-Info : « Je souhaite que la criminologie, après plus de 50 ans de bataille, trouve enfin sa place et sorte la France de son isolement parmi toutes les nations développées », on se dit que c’est plutôt deux siècles de retard que la France s’apprêterait à prendre en ce domaine, cette vaste supercherie ramenant les sciences humaines et sociales au stade d’ingénierie politique ou de science du Prince où elles stagnaient parfois encore au début du 19ème siècle.

 

Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS

 

Pour aller plus loin :

- D. Kaminski, « Criminologie plurielle et pourtant singulière », Revue de sciences criminelles et de droit pénal comparé, 2011.

- L. Mucchielli, « L’impossible constitution d’une discipline criminologique en France : cadres institutionnels, enjeux normatifs et développements de la recherche des années 1880 à nos jours », Criminologie, 2004, vol. 37, n°1.

- L. Mucchielli, « Vers une criminologie d’État en France ? Institutions, acteurs et doctrines d’une nouvelle science policière », Politix. Revue des sciences sociales du politique, 2010, n°89.

- L. Mucchielli, « De la criminologie comme science appliquée et des discours mythiques sur la multidisciplinarité et l’exception française », Champ pénal. Nouvelle revue internationale de criminologie, 2010, vol. 7.

- M. Rigouste, Les marchands de peur. La bande à Bauer et l'idéologie sécuritaire, Paris, Libertalia, 2011.

 

via insecurite.blog.lemonde.fr - 11/03/2012

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08/03/2012

Un “Freak” aux Assises identitaires

Par Stéphane François

Les Assises de l’identité auront lieu le 10 mars 2012 sur le thème de la France en danger. Parmi les invités, une personne sort du lot : Jean-Paul Bourre. Il devait y participer, mais a annulé sa participation, en soutien avec l’ostracisme de Philippe Vardon, ce dernier étant en désaccord avec les nouvelles orientations du Bloc identitaire à l’origine de la manifestation. Jean-Paul Bourre est un personnage intéressant. Il s’agit d’une figure atypique de l’extrême droite : il est tout à la fois un occultiste, un ancien « blouson noir », un acteur des contre-cultures, un journaliste rock, un animateur radio, un écrivain (poète, essayiste et romancier) et un compagnon de route de l’extrême droite de très longue date. Cet étrange personnage est surtout connu auprès du grand public pour être le biographe du chanteur américain Michaël Jackson auquel il a consacré, en 1997, un essai, Michael Jackson. Fabrication d’un monstre1. De fait, il est un journaliste musical réputé qui a consacré des biographies à David Bowie, Bob Dylan, John Lennon, etc.2. Retour sur un personnage iconoclaste.

Dès le début des années 1970, il s’engagea dans le combat occidentaliste. Il fut ainsi présenté dans la presse d’extrême droite comme le « barde des arvernes » chantant les louanges de la civilisation blanche. En effet, il défendait dans ses chansons l’Occident, les traditions européennes, notamment nordiques, et prônait une pensée prométhéenne et anti-égalitaire3. À la fin de cette décennie, changeant de registre, il se présenta comme un mage luciférien. Il écrivit d’ailleurs plusieurs ouvrages sur ce sujet, le plus connu étant Les sectes lucifériennes aujourd’hui4. Il développait dans ce texte une vision inégalitaire du monde. Il définissait aussi la magie comme une quête de puissance : « Le luciféranisme n’est pas cette magie diabolique à laquelle les Églises opposent sans cesse le principe du Bien. Ce fut une science authentique de la reconquête des pouvoirs perdus, un véritable savoir permettant à l’homme de transgresser les lois du temps afin de devenir l’‘‘égal des dieux’’.

Selon l’enseignement luciférien, toute forme est divinité. Certaines ont chuté, ce qui explique la nature morcelée de l’homme qui ne se souvient plus de ses origines. Il existe pourtant un enseignement destiné à réveiller la mémoire humaine pour lui rappeler sa nature glorieuse. Cette science fut dite ‘‘luciférienne’’ parce que ses propagateurs s’incarnèrent, selon la tradition kabbalistique, pour apporter le ‘‘feu’’ du Savoir aux hommes. Ils furent les ‘‘porteurs de lumière’’ (conformément à l’étymologie latine du mot ‘‘Lucifer’’, formé de lux : lumière, et de ferre : porter). […] En cela, Lucifer est vu comme un dieu civilisateur, même si, comme pour le Zarathoustra de Nietzsche, sa bonté paraît terrible aux yeux des hommes qui expliquent le monde à partir de valeurs différentes. La science luciférienne remonte à la nuit des temps, elle existait avant même que n’apparaissent les notions de Bien et de Mal […]5 ». Cette vision prométhéiste et nietzschéenne, si elle choquait l’extrême droite catholique, était en parfaite résonnance avec les discours néopaïens inégalitaires et prométhéistes de la Nouvelle Droite, voire avec l’éloge de la puissance de certains milieux révolutionnaires-conservateurs comme Guillaume Faye. De fait, Jean-Paul Bourre souhaitait, à cette époque, réhabiliter le paganisme, dans sa forme magique.

Dans les années 1980, Jean-Paul Bourre devint un journaliste, à la fois dans le magazine musical Rock and Folk et dans le magazine consacré à l’occultisme L’Autre Monde, dont il assuma la fonction de rédacteur en chef. Durant cette même décennie, il retourna dans le giron du christianisme, tendance catholique-traditionaliste. Ainsi, il publia en 1989 un ouvrage à la thématique ouvertement contre-révolutionnaire, Les Chouans et la Guerre sainte6, dont le titre de couverture est légèrement différent : Les Chouans, au nom du Christ-Roi. Il renia aussi ses livres de la période luciférienne, en particulier Le Sang, la mort et le diable7, des livres qu’il renie toujours d’ailleurs. En outre, il fit le pèlerinage de Chartres : « Je me suis inscrit pour le pèlerinage traditionaliste de Chartres organisé par “Chrétienté Solidarité”, l’un des bras militants du Front national. Je m’en foutais. Je voulais des moines tonsurés et des prêtres en soutane. J’ai cousu un cœur chouan sur la manche de ma chemise bleue, sac au dos, et nous partons de N.-D. de Paris jusqu’à N.-D. de Chartres, plus de cent bornes, à pied, rythmées par les chants et les prières.8 » Il défendit aussi, au propre, les chrétiens libanais en allant rejoindre en 1989 le général Aoun : « Je voulais en être, surtout ne pas manquer ça. […] Et puis l’on m’avait dit que certains miliciens des Forces libanaises avaient collé l’image de la Sainte Vierge sur la crosse de leur kalach, Notre Dame du Liban, pure douce, prompte au pardon.9 » Il retranscrivit son expérience au travers d’un livre-hommage à Michel Aoun, Génération Aoun, vivre libre au Liban10. En 1996, il proposait, dans un article publié dans le magazine identitaire-racialiste Réfléchir & Agir, la création d’un nouvel ordre templier11

À ce sujet, un ouvrage proposant une thématique similaire était annoncé en 1990 : Saint Bernard de Clairvaux. La France chrétienne et combattante. Toutefois, il resta un chrétien fort peu orthodoxe : il souhaitait tenir compte des apports du paganisme, en particulier du celtisme et de la tradition indo-européenne, dans le christianisme12 car il était convaincu du rôle déterminant des « celto-nordiques », c’est-à-dire des Indo-Européens, dans l’élaboration de la Bible : il publia plusieurs ouvrages sur cette thématique comme Les Celtes dans la Bible13 ou La Quête du Graal (sous-titre : Du paganisme indo-européen à la chevalerie chrétienne14). Dans Les Celtes dans la Bible, il postule l’idée selon laquelle les Indo-Européens, et plus particulièrement les Celtes, sont à l’origine de la Bible : « Qui oserait reconnaître, aujourd’hui, l’importance des Celtes, dans la révélation du livre sacrée ? … Il lui faudrait d’abord vaincre 2 000 ans de tabous, d’obscurantisme, et retrouver la piste ancienne, effacée, reniée et finalement oubliée par les hommes. Pourtant, l’histoire des civilisations prouve la présence des Celtes, sur les terre de la Bible, 3 000 ans avant J.-C., derrière tous les grands faits bibliques, les extases, les fulgurances, dans le brasier du Sinaï –et tous ces noms, qui apparaissent sur la carte, dans les déserts rouge d’Égypte et de Palestine, lieux saints, villes fortifiées, ou camps nomades, tous d’origine sanskrite, indo-européenne.15 »

En fait, il défendait (défend ?) une conception celtisante/nordiciste du christianisme positif, qui fait du Christ un Indo-Européen (une idée que nous retrouvions chez Jean Mabire et les auteurs folkistes/identitaires français), influencée par les thèses völkisch, comme le montre ses textes. Comme beaucoup d’ésotérisme d’extrême droite, il soutenait l’origine nordique de la « Tradition primordiale »16, à l’instar d’un Evola – qu’il cite d’ailleurs17, et fait une analogie entre le Christ et Odin ; la référence à l’Herborée y est omniprésente : il fait de Noé un Hyperboréen18. De fait, il s’inscrivait alors dans une longue tradition d’auteurs et/ou d’occultistes d’extrême droite qui soutinrent la très raciste théorie d’un Christ « aryen »19. Ces thèses postulent l’idée selon laquelle le Christ, Galiléen, descendrait de l’un des « Peuples de la mer » qui auraient dévasté la Méditerranée aux XIIIe et XIIe siècles avant notre ère, les Hyksos aux origines indo-européennes. Ce type de discours est un héritage direct de la culture ésotérico-raciste völkisch du début du XXe siècle. Cette thématique a, entre autre, été développée par l’écrivain d’extrême droite Jean Mabire, dans Thulé. Le soleil retrouvé des Hyperboréens20, dont Bourre cita les thèses21. Ce dernier reprit aussi les thèses d’un auteur fort apprécié de l’extrême droite, l’Allemand Jürgen Spanuth, qui fit des « Peuples de la mer » des descendants d’Atlantes.

Se considérant toujours comme un compagnon de route du nationalisme, il participa, durant la décennie 1990, aux publications d’extrême droite, faisant paraître plusieurs livres chez deux éditeurs importants de cette nébuleuse, Dualpha et Pardès. Il écrivit, entre autre, des articles dans la revue révolutionnaire-conservatrice Dualpha dirigée par Philippe Randa et a publié/réédité plusieurs ouvrages aux éditions du même nom, fondée par le même Randa, dont Les Chouans et la Guerre sainte et Les Lansquenets, un combat pour l’empire22, et aux éditions associées Déterna, une étude sur le Graal et l’Ordre noire23, un thème très classique dans une certaine littérature de l’extrême droite plus ou moins néonazie24. De fait, Déterna est spécialisée dans la réédition de textes nazis ou néonazis : cette maison édite, ou a édité, en effet, des nazis comme Otto Skorzeny25, Alfred Rosenberg26, Joseph Goebbels27 ou Adolf Hitler28, des collaborateurs comme Marcel Déat29, des antisémites conspirationnistes comme Coston30 ou des militants néonazis, des partisans du « socialisme européen » cher à Déat comme Jean Mabire31… Bourre publia aussi aux Éditions Pardès, un éditeur « traditionaliste-révolutionnaire », c’est-à-dire de la mouvance contre-révolutionnaire et ésotérisante de l’extrême droite32, deux ouvrages qui renouèrent avec ses thématiques des années 1970 : le « B.A.-BA » de l’Envoûtement et, dans la même collection, le « B.A.-BA » du Satanisme33. Toutefois, il s’éloigna de l’extrême droite durant une courte période de cette décennie. Pour concrétiser cette évolution, il publia un livre intitulé Les Profanateurs34, qui laissa un goût amer à ses anciens amis. D’ailleurs, il traita les néo-droitiers de « clowns du cirque Pauwels »35. Vu comme un opportuniste cupide, il se fit de profondes inimitiés dans la mouvance radicale de droite, en particulier chez les nationalistes-révolutionnaires.

Animateur à la radio FM Ici et Maintenant depuis 1982, il invita au début des années 1990 des gudards à participer à son émission, afin qu’ils puissent expliquer l’engagement de certains de leurs camarades auprès des nationalistes croates lors de la première guerre de Yougoslavie. Des anciens gudards revinrent sur cette émission : « Pendant près de trois heures, les quatre gudards présents peuvent discuter librement avec les auditeurs. Ce manque de censure faillit coûter sa place à l’animateur et un juge d’instruction chercha désespérément à savoir qui se cachait derrière les prénoms des intervenants, sûrement pour les féliciter.36 » À la suite de cette émission, il partit lui aussi dans ce pays, et tira de cette expérience, de nouveau, un récit : Croatia37. « Partir en Croatie, écrivait-il, où la guerre vient d’éclater, écrire un livre là-bas, même sans contrat, sans éditeur. M’approcher de ces sources ténébreuses qui me hantent et font de l’ombre dans les moments de bonheur – lourdes inclinaisons, venues sans doute de la lointaine enfance, ou d’une autre vie.38 »

C’est sur cette même radio qu’il développa sa vision de l’immigration, qui est très proche de celle d’un Jean Raspail et de son camp des saints39 ou du Guillaume Faye de la Colonisation de l’Europe40 : une immigration-invasion qui va bouleverser le socle ethnique et civilisationnel de l’Europe. Ce sont ces positions, tenues à l’antenne de son émission radio le 27 octobre 2011, qui provoquèrent la suspension de son émission par le CSA le 24 janvier 2012 : il y parla du « génocide des Français de souche ». D’ailleurs, on retrouva sa signature dans Réfléchir & Agir, un magazine peu connu pour ses propos modérés sur l’immigration, le racisme ou l’antisémitisme41. Ainsi, cette revue affirmait en 2003 que « L’Europe doit choisir sa destinée. Elle doit affirmer clairement à quel héritage elle souhaite être rattachée : soit l’héritage judéo-chrétien dont elle crève aujourd’hui, soit l’héritage indo-européen païen qui lui redonnerait le goût de la volonté de puissance… »42. Comme Réfléchir & Agir, il considère que le paganisme enraciné, défenseur des particularismes, est une arme contre les ravages de la mondialisation. En ce sens, il très proche des positions identitaires et des partisans du « Choc des civilisations » et de la guerre ethnique.

En effet, les différents groupuscules identitaires refusent le métissage, vu comme un ethnocide, et l’immigration, perçue comme une colonisation de l’Europe, avec des slogans explicites comme « pas de kärcher, mais des charters ». Ils refusent aussi l’« ethnomasochisme », c’est-à-dire une culpabilisation permanente des peuples européens vis-à-vis de l’immigration non européenne, et une xénophilie naïve. Néanmoins, leurs principales cibles restent l’islam et l’islamisme. En outre, ces groupuscules défendent une sorte de « socialisme ethniciste », qui peut se résumer de la façon suivante : aider « les nôtres », au sens racial de l’expression, avant « les autres », c’est-à-dire les étrangers. Cette peur du mélange ethnique, se retrouve au niveau géopolitique. Outre le fait que ce courant est favorable à des États fédéralistes, faisant la part belle aux régionalismes enracinés, et qui s’inséreraient dans une Europe des nations, les Identitaires défendent l’idée d’une Europe ethniquement homogène. Fort logiquement, la mouvance identitaire refuse la mondialisation, destructrice d’identité. À l’instar des dernières sorties de Jean-Paul Bourre, les associations identitaires qui l’invitent le 10 mars ont fait leur cheval de bataille la préservation des Européens, au sens ethnique du terme, et des identités historiques et charnelles (local, national, civilisationnel).

À coté de ces centres d’intérêts, Jean-Paul Bourre s’est aussi beaucoup intéressé dans les années 1990 aux aspects virtuels de la contre-culture. Mais de la part d’un occultiste, cela n’est guère étonnant. Ainsi, il s’est passionné pour un jeu en ligne Warcraft43. Plus récemment, il s’est passionné pour un jeu en ligne, Skyrim, à l’imaginaire ouvertement nordiciste. Dans un livre intitulé Génération chaos, il livre certains des aspects qui l’intéressent dans le monde des contre-cultures : « […] aujourd’hui une certaine culture rock – black metal, rock gothic – rassemble tous les radicalismes… du rebelle européen, passionné par Braveheart, au mutant extra-planétaire surgi de Blade Runner. […] Eux proposent de changer le monde immédiatement, sans attendre44 ». En effet, il ne faut pas oublier que Jean-Paul Bourre vient des contre-cultures, notamment rock et beatnik et non de l’extrême droite45. Ces références contre-culturelles sont rares à l’extrême droite. En fait, nous ne les trouvons que chez Guillaume Faye, avec qui il partage un goût immodéré pour les contre-cultures et qui est lui aussi un défenseur des valeurs occidentales. Comme Bourre, Faye a un profil atypique46. Ainsi, ce dernier fait l’éloge dans L’Archéofuturisme de la « mentalité européenne » faustienne qui se manifesterait dans « […] la cathédrale de Reims, l’escalier à triple révolution du château de Chambord, les dessins de Vinci, les BD de Liberatore et de l’école bruxelloise, ou du design des Ferrari ou les réacteurs germano-franco-suédois d’Ariane 5 »47. Comme Bourre, Guillaume Faye a laissé une impression des plus mitigées dans les milieux d’extrême droite, mais pour des raisons différentes.

Jean-Paul Bourre est un personnage entier, complexe, qui défend toujours les jusqu’au-boutistes, les plus radicaux, en l’occurrence identitaires. Il cherche donc toujours à transformer le monde, comme il l’avait exposé dans sa définition du luciféranisme, mais cette fois-ci au travers de la promotion de la « civilisation blanche »… De fait, il se mit à défendre une vision identitaire de l’Europe, et surtout une conception suprémaciste de la civilisation européenne. En ce sens, il est tout à fait logique qu’il soit invité à participer à ces Assises, initiées par le Bloc Identitaire (bloc dans lequel nous retrouvons plusieurs amateurs de contre-culture), mais par rapport aux autres invités, il dénote.

Notes

1 Jean-Paul Bourre, Michael Jackson, fabrication d’un monstre, Paris, Les Belles Lettres, 1997.

2 Jean-Paul Bourre, John Lennon, le Beatles assassiné, Paris, Encre, 1983 ; David Bowie, Paris, Encre, 1984 ; Bob Dylan. Vivre à plein, Paris, Le Cerf, 1986 ; Mythes et légendes du rock, Paris, Bartillat, 2000 ; Sexe, drogue et rock’n’roll, Paris, Scali, 2007.

3 Cf. « Le barde des Arvernes », Eléments, n°12, septembre novembre 1975, p. 21.

4 Jean-Paul Bourre, Les Sectes lucifériennes aujourd’hui, Paris, Belfond, 1978.

5 Ibid., pp. 9-10.

6 Jean-Paul Bourre, Les Chouans et la Guerre sainte, Paris, H. Veyrier, 1989.

7 Jean-Paul Bourre, Le Sang, la mort et le diable, Paris, Veyrier, 1985.

8 Jean-Paul Bourre, Guerrier du rêve, Paris, Les Belles Lettres, 2003, p. 303.

9 Ibid., pp. 320-321.

10 Jean-Paul Bourre, Génération Aoun, vivre libre au Liban, Paris, Robert Laffont, 1990.

11 Jean-Paul Bourre, « Pour un nouvel Ordre templier », Réfléchir & Agir, n° 1, 1996.

12 Jean-Paul Bourre, Chartres. Le guide du pèlerin, Paris, Guy Trédaniel, 1990.

13 Jean-Paul Bourre, Les Celtes dans la Bible, Paris, Robert Laffont, « Les énigmes de l’univers », 1990.

14 Jean-Paul Bourre, La Quête du Graal. Du paganisme indo-européen à la chevalerie chrétienne, Paris, Dervy, 1993.

15 Jean-Paul Bourre, Les Celtes dans la Bible, op. cit., pp.11-12.

16 Sur cette thématique, cf. notre livre La Nouvelle Droite et la « Tradition », Milan, Archè, 2011, ainsi que nos article « La Nouvelle Droite et les Indo-Européens. Une anthropologie d’extrême droite », Terrain, n° 56, mars 2011, pp. 137-151 et « Au-delà des vents du Nord », 2011, http://tempspresents.wordpress.com/2011/04/25/stephane-francois-nordicisme/.

17 Jean-Paul Bourre, Les Celtes dans la Bible, op. cit., pp. 71, 80 et 86.

18 Ibid., p. 64 et suivantes.

19 Voir en particulier le chapitre intitulé « À la cour du Christ polaire », Les Celtes dans la Bible, op. cit., pp. 177-203.

20 Jean Mabire, Thulé. Le soleil retrouvé des Hyperboréens, Paris, Robert Laffont, « Les énigmes de l’univers », 1978.

21 Jean-Paul Bourre, Les Celtes dans la Bible, op. cit., pp. 111 et 165.

22 Jean-Pierre Bourre, Les Chouans et la Guerre sainte, Paris, Dualpha, 1999 et Les Lansquenets, un combat pour l’empire, Paris, Dualpha, 1999.

23 Jean-Paul Bourre, Le Graal et l’Ordre noire, Paris, Déterna, 1999.

24 Stéphane François, Le Nazisme revisité. L’occultisme contre l’histoire, Paris, Berg International, 2008.

25 Otto Skorzeny, Les Commandos du Reich, Paris, Déterna, 2002.

26 Alfred Rosenberg, Le Mythe du XXe siècle, Paris, Déterna, 2005.

27 Joseph Goebbels, Combat pour Berlin, Paris, Déterna, 2006.

28 Adolf Hitler, Ma doctrine, Paris, Déterna, 2011 ; Derniers libres propos suivi du Petit livre brun, Paris, Déterna, 2010.

29 Marcel Déat, Le Parti unique, Paris, Déterna, 2008.

30 Henry Coston, La Franc-maçonnerie sous la IIIe République, Paris, Déterna, 1998.

31 Jean Mabire, La Torche et le glaive, Paris, Déterna, 1999.

32 Pardès est l’éditeur qui a traduit et publié en français les textes politiques et racialistes de l’ésotériste d’extrême droite Julius Evola.

33 Jean-Paul Bourre, Envoûtement, Puiseaux, Pardès, 2000, et Satanisme, Puiseaux, Pardès, 2000.

34 Jean-Paul Bourre, Les Profanateurs. La nébuleuse de tous les périls. Nouvelle Droite, Skinheads, néonazis, Paris, Le Comptoir, 1997.

35 Jean-Paul Bourre, Guerrier du rêve, op. cit., p. 301.

36 Frédéric Chatillon, Thomas Lagane & Jack Marchal (1995), Les Rats maudits. Histoire des étudiants nationalistes 1965-1995, Paris, Édition des Monts d’Arrée, 1995, p. 130.

37 Jean-Paul Bourre, Croatia. Récit, Éditions de la Magrie/Les Nuées volantes, 1994.

38 Jean-Paul Bourre, Guerrier du rêve, op. cit., p. 337.

39 Jean Raspail, Le Camp des saints, Paris, Robert Laffont, 1973.

40 Guillaume Faye, La Colonisation de l’Europe. Discours vrai sur l’immigration et l’Islam, Paris, L’Æncre, 2000.

41 Voir par exemple le dossier « Nos origines raciales », Réfléchir & agir, n° 14, printemps 2003, en particulier, « La question raciale à l’orée du XXe siècle », pp. 30-32 et dans le même numéro, XXX, « Amaudruz-Plantin : les Soljenitsyne du soviétisme occidental », p. 4 ; Camille Galic, « Les racines de notre Europe ? Européennes ! », Réfléchir & Agir, n°15, automne 2011, pp. 12-13.

42 Le CREA, « Sommes-nous des fils de Thulé ou des fils de Jérusalem ?», Réfléchir & Agir, n° 15, été 2003, p. 16.

43 Jean-Paul Bourre, Le Monde de Warcraft. Ma vie au milieu de 9 millions d’accros, Paris, Scali, 2007.

44 Jean-Paul Bourre, Génération chaos, Paris, Les Belles Lettres, 1998, p. 31

45 Cf. ses textes autobiographiques Jean-Paul Bourre, Guerrier du rêve, op. cit. ; Quand j’étais blouson noir, Paris, Scali, 2007.

46 Guillaume Faye a été journaliste à l’Écho des Savanes, le Figaro Magazine, VSD, chargé de cours à l’université, animateur sur des radios libres comme Bourre (La voix du lézard), puis sera Skyman sur Skyrock. Il a aussi participé à Télématin sur France 2,

47 Guillaume Faye, L’Archéofuturisme, Paris, L’Æncre, 1998, p. 31.

 

via Fragment sur les Temps Présent

10:22 | Lien permanent | Commentaires (3) |

06/03/2012

Tarnac... Un " Parti communiste combattant" en France ?


... Or, si jusqu'à présent, en France, on n'avait pas de groupe déterminé à plonger durablement dans la lutte clandestine, si le "vivier" se limitait à quelques centaines d'individus (à comparer avec les cent mille sympathisants du Parti armé italien), l'étendue des personnes arrêtées récemment (Action directe, fin mars 1980; autonomes, auteurs du hold-up La Fayette le 30 mai) oblige à constater des évolutions inquiétantes. On trouve, en effet, dans ces militants tous les divers éléments constitutifs d'un vivier du type italien, par exemple :

- des jeunes bourgeois de bonne famille, décidés à "trahir leur classe";
- des jeunes marginaux mélangeant actes politiques et le "droit commun", pour lesquels il n'y a pas de différence de nature entre ces deux types d'actes.

Témoigne de cet état d'esprit cet extrait d'une brochure intitulée "Insurrection", diffusée sous le manteau il y a quelques mois à Paris et se réclamant de l'autonomie : "Nos actions ont toujours eu une finalité sociale. Les expropriations (nous considérons comme un hold-up la réappropriation de ce que, durant toute une vie, les escrocs légaux nous volent) étaient faites pour assurer notre autonomie : achat de matériel, propagande, aide aux luttes autonomes et aux compagnons en prison, etc.";

- de jeunes immigrés de la seconde génération (dont le déracinement et le ballotage entre deux communautés pose des problèmes dans de nombreuses cités péri-urbaines) (1);
- des "loubards" de banlieue, jusqu'à présent peu sensibles à la politique;
- de ces jeunes ballotés entre le chômage et la condition de "hors-status", travailleurs précaires, intérimaires, "au noir", vacataires, contractuels, etc; dont le nombre augmente sans cesse (en 1978, 22% des inscriptions à l'A.N.P.E. sont des fins de contrats à durée déterminée; 28% en 1979. En 1969, il y avait 850 entreprises de travail intérimaire; il y en a, en 1977, 3 000, réalisant un chiffre d'affaires global de huit milliards de francs (2);
- d'authentiques "Brigadistes", italiens, comme en fait foi la rafle de Toulon, fin mars dernier, qui a permis d'établir les liens existants entre des militants de l'"aire autonome" française et des P.C.C. au-delà des Alpes;
- enfin - last but not least - de plusieurs jeunes femmes laissées orphelines par le féminisme : on sait le rôle de l'élément féminin, notamment en Allemagne dans la Fraction Armée Rouge.

Xavier Raufer
1-21 juillet 1980 Mensuel Est & Ouest - N° 642 - page 27-28

L'exemplaire d'Est & Ouest d'où est tiré cet extrait peut être consulté sur le site de Xavier Raufer (alias Christian de Bongain), militant d'Occident, marchand de peur faisant ses choux gras avec ses analyses, bien connu dans les milieux de la Nouvelle droite en continuelle recherche d'unification. On y reconnait la main, habile, d'un des promoteurs les plus farouche de l'anticommunisme. Tu noteras qu'une brochure, la bien nommée "Insurrection" tombe (déjà) à point. Son "complice", Alain Bauer, aurait-il remis le couvert ?

 

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17:46 | Lien permanent | Commentaires (0) |

03/03/2012

Face au Front National, acceptons le défi du politique

via Fragments sur les Temps Présents

Extraits :

Depuis 30 ans, chaque changement de majorité a vu nos législations sur l’immigration changer. Le FN est un parti sans député, comptant très peu de militants, mais qui pèse avec constance sur les décisions de nos gouvernants. Il faut sortir du schéma de la société industrielle où l’importance d’un parti se comptait par rapport à son nombre de parlementaires, de militants. Or, cette stratégie s’est avérée un suicide pour les droites : quand elles avalisent les positions FN elles légitiment le transfert de ses voix vers lui et en retour l’électorat de gauche se mobilise.

...

Pour les militants politiques qui veulent faire reculer le FN, il faut affronter leurs responsabilités et non adopter des postures. Pour la droite, cela signifie ne pas dissoudre l’échec du libéralisme dans une alliance soit idéologique soit partisane avec l’extrême droite où le discriminant ethno-culturel viendrait sauver le marché (la même politique + la préférence nationale). Pour les socialistes et les écologistes, il leur faut admettre l’attachement des Français à des cadres unifiés avec une fonction sociale de l’État et non se satisfaire d’une société atomisée où la régulation étatique ne toucherait que les « exclus », les « sans ». Quant à la gauche antilibérale, elle a le devoir de restaurer sa propre fonction tribunicienne en s’unifiant électoralement. Elle doit porter cette contestation du peuple français. Sachant que le FN a pu allier ensemble poujadistes et néonazis n’ayant rien de commun, on ne connaît pas de raison sérieuse interdisant la même opération à gauche de la gauche, permettant la même pression législative sur la question sociale que celle que le FN a obtenue sur la question migratoire depuis 30 ans.
...
Faisons un détour par notre histoire récente quant à un tout autre groupe politique, le Parti communiste français. Le PCF a abandonné, en 1976, la dictature du prolétariat comme but. Mais s’il représentait un quart des voix, ce n’était pas au nom de cette utopie, mais parce que là aussi les électeurs en usaient comme d’un vote de lobbying, cette fois non quant au thème de la « préférence nationale » mais quant à celui de la « justice sociale ». Or quelle a été la politique menée à l’encontre du PCF ? On a fait de révolutionnaires rouges des pléthores de conseillers municipaux. Ils ont géré leurs villes avec leurs problèmes de voirie, d’écoles, etc. Ils ont pensé à leur réélection. On a complètement digéré cette contestation par la normalisation.

...

Propos de Nicolas Lebourg recueillis par Gabriel Gérard

08:13 | Lien permanent | Commentaires (0) |

28/02/2012

Jacques Kotoujansky, conseiller santé de Marine Le Pen...

Capture d'écran du site de Jacques Kotoujansky

Le docteur Jacques Kotoujansky gagne à être connu. Ce gynécologue-obstétricien de 58 ans, diplômé de Science-Po Strasbourg, a rejoint le Front national après être passé par le MPF de Philippe de Villiers, le Rassemblement pour l'Indépendance de la France (RIF) de Paul-Marie Coûteaux et le parti de Nicolas Dupont-Aignan (Debout La République). Conseiller municipal de Lasson (Yonne) et candidat frontiste l'année dernière dans son canton, il est aujourd'hui membre du comité d'action programmatique du FN sur la santé.

A l'instar de Jean-Marie Le Pen, Kotoujansky est un adepte des thèses de Thierry Meyssan sur le 11-Septembre. En 2008, il avait envoyé par e-mail à 3000 « cadres politiques, sociaux et culturels de la France » une longue lettre ouverte développant la thèse d'un « complot intérieur » et renvoyant au site conspirationniste ReOpen911.

Le texte avait essaimé sur des sites d'extrême droite (Géostratégie.com, Generationfa8.com...) ou altermondialiste (Bellacio.org). Dans la foulée, on avait applaudit, sur le forum de discussion de ReOpen911, le « courage » de ce « scientifique ». Si Atmoh, le président de ReOpen911, avait appelé à la prudence sur les données invérifiables que comportait la lettre ouverte de Kotoujansky, il n'hésitait pourtant pas à la qualifier de « précieuse ». Quant à Kotoujansky, il était intervenu en personne : « Merci d’avance à tous les internautes et aux amis de ReOpen (à qui je dois presque tout !) qui ont la gentillesse de commenter favorablement mon travail (...) Courage à toutes et tous, on les aura ! ».

''Bienvenue au Front'', de Claire Checcaglini
 
Après avoir donné des conférences sur le 11-Septembre à l'invitation de Terre et Peuple (en janvier 2009) et du Local (en septembre 2010), Jacques Kotoujansky a fondé sa propre association conspirationniste, "Vérité & Liberté", adossée à un site, kotou.fr dédié à la théorie du complot. En août 2011, quelques jours avant la commémoration du dixième anniversaire des attentats, il diffuse une seconde lettre ouverte dans laquelle on peut lire : « Je suis militant au Front National et si je milite au Front, c’est parce que je sais depuis longtemps la vérité sur le 11-septembre, que j’en mesure toutes les conséquences et que le FN est le seul parti en France à même d’assumer les implications de cette vérité, avec les risques que cela comporte ».

Auteure de Bienvenue au FN, journal d'une infiltrée (éditions Jacob-Duvernet, 2012), la journaliste Claire Checcaglini révèle que Jacques Kotoujansky n'est pas seulement un adepte de la théorie du complot sur le 11-Septembre : il nierait également la réalité des chambres à gaz. Au cours d'un dîner organisé pendant les universités d'été du FN à Nice en septembre dernier, il aurait ainsi défendu les thèses négationnistes de Robert Faurisson. Voici le témoignage de Claire Checcaglini :

 


La soirée de gala des universités d'été FN par Mediapart

via conspiracywatch.info (avec les réserves qu'on peut avoir)

 

Infos supplémentaires [Probe] :

Jacques Kotoujansky, Terre et Peuple, île de France,

Conférence du Dr Jacques Kotoujansky, spécialiste auto/proclamé des attentats du 11 septembre 2001 - page de Synthèse nationale.

Jacques Kotoujansky, Terre et Peuple, Synthèse Nationale, Front Comtois,Roland Hélie, Robert Spieler, André Gandillon, Directeur de Militant, Jérôme Bourbon, Jean-Paul Chayrigues de Olmétta,Pierre Vial,Marie-Paule Darchicourt,Yves Darchicourt, enseignant, Marc Rousset,Serge Ayoub,Martin Peltier,Franck Abed, Anne Kling, Jean-Claude Rolinat, Christian Perez, Dr Jacques Kotoujansky, René Delacroix, Olivier Grimaldi,Arnaud Raffard de Brienne, François Ferrier, Pierre Descaves,

Appel national "à la sécession" - page de Front Comtois.

 

On y retrouve :

 

- Roland Hélie, avec Robert Spieler, qui ont lancés la maison d’édition Semis Diffusion, copinant avec Anne Kling (1). Roland Hélie est, depuis novembre 2011, le Secrétaire national de l'Union de la droite nationale (UDN), structure rassemblant la NDP dirigée par Robert Spieler, le Parti de la France de Carl Lang et le MNR fondé par Bruno Mégret.

- André Gandillon, actuel rédacteur en chef de Militant, une revue  " gardien[ne] de la mémoire du nationalisme français, avec l’Œuvre Française, en organisant des commémorations à la mémoire de Brasillach, François Duprat, mais également en l’honneur de La Commune par le biais de l’Association des Amis du Socialisme Français (ceux-ci se revendiquant de l’héritage de la Commune de Paris) ou encore en organisant un banquet annuel. Lors de ces initiatives la Gauche Nationale de Kavan Herbin vient renforcer les maigres troupes de sympathisants de la revue, abaissant sensiblement par la même occasion la moyenne d’âge de toute la petite troupe." (2).

- Jérôme Bourbon, directeur de Rivarol, hebdo d'extrême droite, héritier d'une "tradition polémique et pamphlétaire" qui s'est encore vu condamné par "quelques segments de phrase jugés corrosifs d'Hervé Ryssen sur le «peuple sûr de lui et dominateur».

- Pierre Vial, l'indécrottable amateur de solstice, compagnon de route au GRECE (Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne ) de Guillaume FAYE (dictionnaire fondamental de 177 mots-clés) et Jean-Yves Le Gallou (président de la fondation Polémia et promoteur du Gramscisme technologique). Vial cherche à unifier "un courant identitaire [,] une véritable doctrine de synthèse idéologique et politique qui au-delà de tous les partis (3)

- Serge Ayoub, énergique animateur du club de rencontre "Le Local", également présent à la 5ème journée de synthèse du 11/11/11 à 11h00 (4)

 

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- Olivier Grimald, activiste français d'extrême droite de longue date : il fut notamment membre du mouvement Ordre Nouveau, du Parti des forces nouvelles (dans les années 1970-1980) et du comité Espace nouveau (regroupant dans les années 1990 des dissidents du FN). Il est surtout connu comme étant le président du Cercle franco-hispanique (CFH), dès son apparition en 1982.(5)

- Christian Perez qui cultive les relations du parti Populiste sur Pearltree (6)

- François Ferrier, responsable lorrain de la NDP, ex RPR, ex conseiller régional FN de Lorraine élu en 2004.

- Pierre Descaves, ancien activiste de l'OAS et conseiller régional en 2004 au FN qui, depuis qu'il a "entendu le message christique de Jean-Paul II", s'est rangé des camions et de l'action directe en tentant une reconvertion dans l'écriture. Il rejoint Arnaud Raffard de Brienne autour des Ateliers Fol'Fer (7)

 

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Jacques Kotoujansky, lecteur de Pierre Hillard depuis 2007, s'est aussi essayé au "journalisme citoyen" sur agoravox (8)

 


1 - https://probe.20minutes-blogs.fr/archive/2011/10/22/au-se...

2 - http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article345

3 - http://tempspresents.wordpress.com/2009/03/03/reflexions-...

4 - https://probe.20minutes-blogs.fr/archive/2012/01/04/herve...

5 - http://www.resistances.be/fnaced03.html

6 - http://www.pearltrees.com/#/N-f=1_2287459&N-fa=44899&...

7 - http://www.atelier-folfer.com

8 - http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/traite-europeen-ce-que-veut-l-27636

15:27 | Lien permanent | Commentaires (0) |

24/02/2012

L'héroïque juge Fragnoli met (enfin) la main sur des fers à bêton chez un ferronnier...Étonnant, non ?

Un homme est en garde à vue à la Sous-direction Anti-terroriste depuis jeudi 23 février dans l'affaire dite de Tarnac. Il est soupçonné d'avoir fabriqué les crochets utilisés dans les sabotages de lignes à grande vitesse à l'automne 2008.

Âgé d'une trentaine d'années, proche du groupe de Julien Coupat, il a une formation de forgeron/ferronnier et vit en région rouennaise. Les policiers, accompagnés par le juge d'instruction Thierry Fragnoli, ont effectué une perquisition dans l'atelier de son père qui exerce le même métier que lui et auquel il avait accès. Les enquêteurs y ont trouvé plusieurs fers à béton.

D'après nos informations, cet homme est proche d'autres Rouennais, déjà interpelés et mis en examen dans ce dossier pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste en novembre 2008.

Les enquêteurs, après avoir trouvé dans la Marne des tubes qui auraient pu servir à accrocher les crochets en fer à béton qui ont servi à endommager les caténaires, cherchent à trouver où et comment ont été façonnés ces crochets. Selon la législation anti-terroriste, la garde à vue peut durer jusqu'à 96 heures.

Isabelle Monnin et Olivier Toscer - Le Nouvel Observateur

piqué au tas sur lenouvelsobs.fr - 24/02/2012

http://nosferatuttiquanti.n.o.pic.centerblog.net/obj8o8h1.jpg

 

11:05 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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